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Chroniques d'un citoyen Lambda sur l'actualité
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LECTURES CROISÉES ESTIVALES ET BIZARRES

July 12, 2017 By: Citoyen Hmida Category: Livres

L’été est un bon moment pour lire : on choisit en général de gros pavés, sans aucun intérêt litéraire, des trucs que tout le monde a prétendu avoir lu et qu’on n’a ps le temps d’ouvrir en temps normal…

Pour la part, j’ai chosi quelques livres dont j’ignorais tout, seul le titre m’a inspiré!

J’ai commencé justement par un pavé dont l’action se déroule à Belfast, en 24 heures chrono, le temps pour un nancien voyou irlandais, devenu grand voyou aux USA pour finir comme bénéficiaire d’un programme de protection de témoins après avoir balancé ces anciens acolytes.

Ce thriller est un très mauvaise lecture que je déconseille très vivement, mais que je me suis imposé jusqu’à la dernière page pour voir jusqu’où Adian MacKINTY pouvait pousser le bouchon : dans ce “RETOUR DE FLAMMES“, les cadavres jonchent le sol de capitale irlandaise, dans l’indifférence la plus totale des autorités, malgré les explosions, les fusillades, les enlèvements, les poursuites infernales dans une ville dont on se demande si elle est habitée ou s’il s’agit d’un décor de cinéma.

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Bien que classé dans la SERIE SOIRE des éditions GALLIMARD, cette publication parue en 2009 est à jeter à la poubelle, avec une pensée et des regrets pour le nombre d’arbes abattus pour “commettre” ce livre.

Ensuite, j’ai enchaîné avec un petit livre d’une centaine de pages, exactement 115, que mon ainée avait oublié : or, je fais confiance à son gout littéraire. L’auteur Lui XINWU serait, d’après la quatrième couverture, “l’un des plus grands écrivains chinois contemporains, foi d’éditeur.

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LA CENDRILLON DU CANAL, suivi de POISSON A FACE HUMAINE, publiée par FOLIO 2 en août 2012 sont deux textes d’une simplicité désarmante, mais très touchante, de la vie dans Pékin, après la révolution culturelle imposée par Mao et avec la mise en place de la logique de “l’économie de marché”.

Il ne s’agit pas de nouvelles, ni de romans courts, ni de récits : l’un est l’autre de ces textes fait penser à un documentaire, réalisé avec une petite camera à laquelle rien n’échappe de la réalité quotidienne pékinoise, mais qui n’est guidée par aucun fil rouge et qui n’a rien à prouver, seulement témoigner.

Ces deux productions font-elles de Lui XIMU un grand écrivain ? Peut-être car on dévore ces deux récits avec délectation, sans être perturbé ni par un misérabilisme où il aurait été facile d’entrainer le lecteur ni par une intrigue qui se révèle inutile pour supporter le récit.

Un genre donc à découvrir avec un certain plaisir!

Pour finir ces vacances en bord de mer, j’ai plongé les yeux ouverts dans “DESORDRES” de Jonathan GILLOT un thriller paru en juin 2016 chez les éditions Ex Aequo

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Roman de politique-fiction assez troublant : des fanatiques “nationaux-souverainistes” français s’emparent une petite ville de province, prennent les habitants en otages et tentent de négocier avec le pouvoir républicain.

Le roman est mené tambour battant, avec son lot de violence, de suspens, de rencontres humaines et de situations peut-être surréalistes mais il faut garder en tête l’avertissement de Jonathan Gillot : “les point de vue exprimés dans cette fiction se sont pas nécessairement ceux de l’auteur, mais bien souvent ses pires craintes”.

En ces temps troubles où les extrêmes de tout bords prennent le pas sur les idéologies traditionnelles et équilibrées, la survenance d’événements comme ceux relatés dans DESORDRES n’est pas exclue.

En tous cas, le roman est un bon compagnon des moments de bronzage au bord le plage§

BONNES VACANCES A TOUS ET A TOUTES et surtout ne bronzez pas idots!

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FACE BOOK ……Attention danger !

July 04, 2017 By: Citoyen Hmida Category: Livres

Voilà un roman qui tombe à pic en cette période estivale mais troublée à la fois, car il joint l’agréable à l’utile !

Jérôme DUMOUNIN nous introduit dans “FAUX PROFIL“, paru en 2012 chez les éditions GRASSET, dans un monde qui nous parait actuellement si familier et pratiquement aussi important que le vrai monde réel, le monde des réseaux sociaux et surtout celui de FACE BOOK.

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En effet, pour une grande partie de nos contemporains le monde facebookien représente leur vrai monde, celui où ils évoluent avec une aisance beaucoup plus naturelle que celle qu’ils ont des difficultés à montrer dans la réalité, un monde où ils nouent et dénouent des amitiés virtuelles mais parfois plus durables et apparemment plus sincères que celles de la vraie vie, un monde où ils puisent l’essentiel de leur perception du monde en général, des informations sur ce qui se passe dans la réalité!

Ce roman pose justement le problème de l’importance démesurée que prend ce monde sur la réalité vraie et concrète!

Il met en scène une bande d’amis, tout à fait normaux, bien ancrés dans la vie réelle, ayant chacun un métier, une vie sentimentale, des passions, des problèmes concrets, mais qui, par ailleurs, sont plongés dans le monde de FACE BOOK où ils vivent une partie de leur temps.

Réunis autour du profil très particulier et très attachant à la fois de CYRIL, ils finissent par tomber sous le charme de ses interventions pertinentes, intelligentes, brillantes et parfois très percutantes, à la limite de l’agressivité, mais une agressivité empreinte de culture.

Autour donc de ce CYRIL que personne ne connait personnellement, mais que tout le groupe adule, au même totre que les cinq mille amis déréglementaires” que Face Book lui permet de réunir, se crée un mythe qui donne naissance aux sentiments les plus inattendus.

Certains membres du groupe finissent même par “aimer” vraiment CYRIL au sens le plus concret du terme, à en tomber littéralement amoureux comme dans la vraie vie.

Heureusement, une réaction salutaire finit par se produire et une partie du groupe d’amis “ré&els” décide d’enquêter sur ce CYRIL et finit par découvrir…..

Non, je ne vous dirais pa ce qui sera découvert, je ne “sploilerai” (gâcherai) la fin de ce roman mais je vous dirai quand même si vous êtes un fan de Face Book, faites quand même attention à ces fameux amis que vous pouvez y rencontrer!

PAS DE FATALITÉ DE LA MONTAGNE !

June 25, 2017 By: Citoyen Hmida Category: Livres, Société

Je suis immergé depuis une bonne semaine – et surement pour un long moment encore – dans la lecture de “LES JBALA DU RIF – Des lettrés en montagne” de Jacques Jawhar VIGNET-ZUNZ, paru en 2014 chez les éditions “La Croisée des Chemins“.

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Quand j’écris “immergé”, le mot est pris dans son sens le plus concret.

En effet les 409 pages de cet imposant ouvrage constituent un océan de renseignements sur les JBALA, cette population de montagne qui vit sur la partie occidentale et centrale du Rif, entre le détroit de Gibraltar et la trouée de Taza.

L’auteur nous présente ici le fruit d’un travail de trente ans en tant qu’ethnologue du CNRS (Centre National de Recherche Scientifique, Paris) et de l’INREMAN (Institut d’Etudes et de Recherches sur le Monde Arabe et Musulman, Aix-en-Provence.

Il serait prétentieux de ma part de tenter une présentation même sommaire de cette somme, tant sa lecture est ardue mais tellement enrichissante mais aussi tellement passionate, surtout en cette période où le Rif est au centre des préoccupations du Maroc et des marocains.

Cpendant, je crois qu’une fois que j’aurais refermé cet ouvrage, en plus de mille et cent informations que j’y aurai puisées, une phrase restera gravée dans mon esprit, à savoir : IL N’Y A PAS DE FATALITÉ DE L’ARCHAÏSME, DU RETARD ET DE LA MARGINALITÉ DU MILIEU MONTAGNARD”.

Cette conclusion à laquelle est arrivé l’auteur découle, non pas d’élucubrations d’un illuminé, idéaliste et rêveur, mais d’observations et de constats réalisés sur le terrain dans la zone qu’il a étudiée et qu’il a croisés avec d’autres études effectuées en Libye et en Kabylie qui présentent des similitudes de relief et de populations avec le Rif marocain.

Ne serait-ce que pour cette phrase, je conseillerais à tous ceux que la situation actuelle du Rif intéresse ou éventuellement préoccupe préoccupe, de consulter cet ouvrage.

AL MOUNFARIJA ( المنفرجة ) : poème de l’espoir et de l’espérance

June 20, 2017 By: Citoyen Hmida Category: Poésie

J’avais promis dans un de mes derniers billets de revenir sur le poème AL MOUNFARIJA ( المنفرجة ).

Le citoyen lamda que je suis ne connaissait que la version popularisée par notre grand chanteur national Abdelhadi BELKHAYAT et comme nombre de marocain/es novices en matière de chants religieux, je pensais que la composition musicale qui portait ces paroles était de ce grand artiste qui nous a donné tant de morceaux plus beaux les uns que les autres.

Or, la lecture du dernier roman de Mahi BENBINE (le fou du roi), où il parle de son père qui était bouffon du défunt roi Hassan II, m’a poussé à en savoir plus sur AL MOUNFARIJA. Et j’ai appris quelques détails que je partage avec vous.

Le texte du poème – de la qacida – est de l’imam Abu Al Fadhl Yûsûf Ben Mohamed Ben Yûsuf Al Tozirî Al Tilimsânî (né à Tozeur en Tunisie en 433 de l’Hégire – 1041 et décédé à Bejaïa, en Algérie en 513 de l’hégire – en 1119) et il avait le ” pouvoir » d’apaiser les malheurs comme celui d’exaucer les vœux de celui qui la réciterait “.

Mais selon la version romancée du père de Mahi BINBINE – poète lui-même et surtout grand connaisseur de la littérature orale arabe – le texte de ce poème aurait été écrit par un joaillier, un peu poète, à qui un sultan aurait ordonné de tailler pour le lendemain matin une émeraude d’une rare finesse en vue de l’offrir à son épouse qui allait accoucher. Le joaillier, par une malencontreuse maladresse, aurait brisé l’émeraude en deux morceaux pratiquement égaux.

Craignant les foudres colériques du sultan, le joaillier-poète a passé la nuit à composer ce poème et avant le lever su soleil, un émissaire vient lui annoncer que l’épouse du sultan avait accouché de DEUX JUMEAUX et qu’il devait donc présenter à son souverain DEUX JOYAUX…Il a pu ainsi tailler les deux pierres identiques et réaliser deux bijoux identiques.

Ce poème l’avait sauvé …

Depuis, ce texte est récité dans les mosquées et les soirées religieuses pour rendre grâce à Allah de nous donner espoir et de nous permettre l’espérance! La récitation est facilitée par le rhyme assez particulier de la métrique choisie par Abu Al Fadl.

Dans la tradition marocaine, nous continuons encore, à certaines occasions, à réciter AL MOUNFARIJA sans aucune référence musicale, en respectant juste le rythme du texte.

Quant à la composition musicale, elle serait due à un maître libyen du “maalouf” (genre de musique arabo-andalouse très apprécié dans l’est algérien, en Tunisie et en Libye) Hassan LARIBI qui a présenté son oeuvre musicale au public d’Alger lors du festival international des musiques anciennes organisé en 2006.

Il semblerait que feu le roi Hassan II, quand il a découvert la version chantée de cette qacida, aurait demandé à Abdelhadi BENKHYAT d’en réaliser une orchestration moderne, ce que donna la version que nous connaissons tous.

PS : Pour avoir le texte original de ce poème, sa traduction en français et son explication et pour d’autres renseignements qui ont nourri ce billet, voir ce lien

MAL NOMMER LES CHOSES ……OU NE PAS LES NOMMER DU TOUT (2/2)

June 17, 2017 By: Citoyen Hmida Category: Général

……SUITE et FIN

Ne pas évoquer un événement n’implique pas sa disparition, comme par enchantement ! >On ne peut nier un fait, en détournant le regard, en se bouchant les oreilles et en n’en parlant pas

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La réalité et la vérité sont têtues et elles finissent par s’imposent, aux puissants comme aus faibles, aux grands comme aux petits, aux gouvernants comme aux gouvernés!

Ne pas nommer une chose n’a rien d’intelligent ni d’efficace : la situation à Al Hoceima depuis octobre 2016 n’est pas normale, c’est le moins que l’on puisse dire et ne pas en parler officiellement ne change rien à l’affaire!

Or, c’est cette solution stupide et même répréhensible que le gouvernement, avec tous les organes et institutions qui gravitent autour, a choisi : ne pas nommer les manifestations d’Al Hoceima par le MOT qui leur convient ! C’est-à-dire “MANIFESTATIONS”! D’autant que les manifestations sont une forme d’expression populaire reconnue par la loi!

Mais reprenons l’affaire depuis le début !

1/ LES MEDIAS OFFICIELS : La mort tragique de Mouhcine FIKRI a été occultée, cachée, poussée du bout du pied dans le rayon des non-événements par les médias officiels jusqu’à la visite du ministre de l’intérieur à Al Hoceima.

L’impact de cette mort sur la population a été totalement “zappée” par les télévisions de l’état (AL OULA et 2M) et par la seule chaîne privée Midi1TV : tout le paquet a été mis sur la visite du ministre, ses rencontres et ses déclarations!

Les médias officiels et la presse en général, n’ont pas vu une ville et ses environs en ébullition, peut-être parce que cette ébullition était pacifique et ordonnée.

Mais n’accablons pas notre presse en général et nos médias publics en particulier : nous la connaissons et ils ne vont pas, en cette occasion précisément, se sentir pousser les ailes de la prise de l’initiative ou celles de l’objectivité et surtout celles de la compétence.

La MAP n’a rien dit parce que le gouvernement dont elle est le porte-parole n’a rien dit.

2/ LE CHEF DU GOUVERNEMENT : Le chef de gouvernement de l’époque, le sieur Abdelillah BENKIRANE, n’a pas jugé nécessaire de nommer ce qui se passait à Al Hoceima. Il a dû considérer que les événements se déroulant dans des localités échappant à son parti : rappelons que 36 des 39 communes de la province d’Al Hoceima sont gérées par des conseils non-PJD contrairement au reste de la région de Tanger-Tétaoun-Al Hoceima. Par ailleurs, la présidence de la région lui échappait également!

Donc, et comme à son habitude, M. Benkirane, secrétaire général du PJD et accessoirement chef du gouvernement, n’a accordé aucune importance aux éventements du Rif. Nous nous rappelons qu’à la fin de sa mandature, il avait présenté le bilan des ministères relevant de son parti, passant sous silence le bilan – bien mince par ailleurs – de ses alliés de la coalition. Donc pour lui, la région de Tanger-Téaouan-Al Hoceima et surtout la province d’Al Hoceima ne devait bénéficier d’aucun intérêt de sa part.

Il s’est donc contenté de ne pas nommer ce qui survenait dans cette partie du royaume, ni par des mots dénigrants ou réprobateurs! Non, il était occupé à autre chose et a négligé le problème.

3/ LES MINISTRES : que devaient-ils et que pouvaient-ils faire come ministres chargés des affaires courantes. ILs avaient surtout envie de ne voir, ne rien entendre et ne rien dire et par voie de conséquence ne rien faire qui puisse nuire à leur reconduction comme ministre. A par le ministre de l’intérieur, qui est intervenu “sur instructions royales”, les ministres ont été aux abonnés absents jusqu’à ce la situation n’enlise et n’enveniment. Ils arrivèrent en groupe, leurs attachés-cases pleins de projets qui étaient oubliés dans les tiroirs depuis 2015! Trop tard, Mokhtar, comme dirait l’autre!

4/ LE PARLEMENT : comme d’habitude, notre parlement n’a réagi qu’après-coup! Complètement bloqués par l’incapacité de Benkirane à former un gouvernement, nos parlementaires ont failli à leur rôle en choisissant le silence, donc le déni de la situation : les élus de tous bords n’ont parlé que ces dernières jours pour tirer à boulets rouges sur le gouvernement! Mais où étiez-vous donc, messieurs et mesdames les représentants de la nation, quand un agitateur dénonçait ce même gouvernement et le faisant seul en héros, il a fini par semer le chaos dans sa ville et la zizanie dans le pays!

5/ LES PARTIS POLITIQUES LES SYNDICATS : normalement, ce sont les courroies de transmission démocratiques entre la population et les pouvoirs publics. Or, guidés par des con sidérations que j’ignore, aucun parti politque ni aucun syndicat ne s’est exprimé de façon claire et nette sur les événements qui nous intéressent. N’avaient-ils plus prise sur la population? Leur organisation locale n’encadre-t-elle pas suffisamment la base? Les dirigeants nationaux des partis et des syndicats ont-ils estimé que les événements d’Al Hoceime ne pouvaient pas les servir ou pire ont-ils jugé qu’ils pouvaient au contraire les conforter dans leurs positions respectives et œuvrer à la réalisation des ambitions personnelles des uns et des autres.

Dans cette affaire, les institutions en charge d’après la constitution de “l’encadrement et à la formation politique des citoyennes et citoyens, à la promotion de leur participation à la vie nationale et à la gestion des affaires publiques” ont lamentablement dans leur rôle : leur silence trop lent est aussi incompréhensible que leurs soudaines imprécations sous la coupole du parlement!

Quant aux syndicats, ils furent inexistants…Autant que les chambres ou organisations professionnelles …

Personne n’a parlé…Personne n’a mis un mot sur ce qui se passait sous ses yeux!

6/ LA JUSTICE Durant toute la période de contestation “pacifique”, les meneurs du Haraq ont maintes fois défié la justice par leur propos….mais liberté d’expression oblige, en 2017, au Maroc, la justice n’a pas son mot à dire quand il s’agit de MOTS…

Mais la justice aurait pu plus entreprenante dans la recherche de la vérité dans l’affaire Fikir : elle n’a vu et entendu qu’une partie de la vérité et elle a dit son mot sans nommer les vraies raisons du drame!

7/ LA SOCIETE CIVILE : Al Hoceima, comme la plupart des petites villes du pays, compte des dizaines, peut-être des centaines d’associations allant des associations de parents d’élèves à des antennes d’ONG ayant pignon sur rue à l’échelle nationale et même internationale.

Qu’a fait cette société civile si prolifique et parfois si entreprenante quand il s’agit de rechercher des fonds pour tels ou tels projets souvent fumeux sinon imaginaires?

Dans ce secteur aussi, à part les sempiternelles interventions des droits-de-lhommistes autoproclamés, le silence a été la règle! Par prudence, par ignorance ou par négligence?

8/ INSTRUMENTALISATION DES MOTS : Ainsi, le silence assourdissant des principaux acteurs et protagonistes ayant légitimement voix au chapitre a-t-il laissé la voie libre à d’autres intervenants qui se sont appropriés les MOTS pour qualifier à leur manière la situation dans la région du Rif !

Les facilités de la communication électronique ont permis en quelques semaines de transformer des revendications sociales et économiques tout à fait légitimes en une espèce de révolte, soutenue par des sources plus que douteuses et provocant ainsi un choc non pas de civilisation, mais un choc de communication dont les stigmates risquent de durer longtemps après la cicatrisation des blessures des uns et des autres!

9/ ET MAINTENANT ? Maintenant que le mal a pris, que le presque irréparable a été commis, que la violence semble être devenue la règle là où les uns se disaient “pacifiques” et les autres “garants de l’ordre public”, maintenant que la parole et même les paroles, comme par hasard, se sont libérées, tout le monde, dans une unanimité douteuse comme le sont toutes les unanimités, réclame non plus la réalisation des revendications légitimes des populations d’Al Hoceima mais la libération de ce qu’on appelle à tort – OUI A TORT – les prisonniers politiques!

Je veux terminer ce billet par des paroles de Léo Férré qui dit dans sa chanson “est-ce ainsi que les hommes vivent” :*

“Moi si j’y tenais mal mon rôle
C’était de n’y comprendre rien”.

En effet, nous autres citoyen/nes, nous tenons mal notre rôle dans cette grave crise : c’est que nous n’y comprenons rien! Mais cela ne nous empêche pas d’essayer d’y voir clair!

MAL NOMMER LES CHOSES…..ET NE PAS LES NOMMER DU TOUT (1/2)

June 16, 2017 By: Citoyen Hmida Category: Société

Albert Camus l’avait dit : “Mal nommer les choses, c’est ajouter au malheur du monde“! On pourrait ajouter que “ne pas les nommer du tout contribue à rendre le malheur encore plus insupportable”

Et ce qui arrive dans notre pays est la preuve la plus évidente de cette double affirmation, et je me réfère bien entendu aux événements que connait la ville d’Al Hoceima et par ricochet un certain nombre d’autres localités à travers le royaume!

Dans cette région éloignée et mal connue, les uns ont mal nommé ce qui s’y passait et les autres ne l’ont pas du tout nommé contribuant les uns et les autres à pousser insidieusement le pays dans son ensemble vers l’inconnu.

Depuis la mort tragique de Mouhcine FIKRI, nous qualifions les faits de vocables qui ne correspondent pas à la réalité et nous contribuons ainsi à créer la confusion, puis l’incompréhension et finalement l’affrontement!

1/ Mouhcine FIKRI, que Allah ait son âme, n’était pas un petit vendeur de poissons ni un pauvre pêcheur! Toute le ville d’Al Hoceima le savait et savait la vérité. Mais nous avons jusqu’à ce jour continuer à en parler comme tel.

2/ Sa mort était accidentelle mais elle avait un ou plusieurs responsables, à différents niveaux! Mais nous avons continué à en parler comme si c’é”tait un crime sordide, prémédité et même organisé.

3/ Les manifestations qui ont suivi cette mort affreuse, tragique ont chevauché cet événement pour se parer de la qualification de “revendications sociales, économiques et culturelles”. Les questions sociales, économiques et culturelles d’Al Hoceima ont-elles jamais été la priorité de feu Mouhcine FIKRI ? Je n’en sais rien mais je peux me permettre d’en douter. Et profiter de sa mort pour en parler me semble discutable.

4/ Les manifestations se répétant sont devenues dans le langage médiatique, notamment européen et dans le langage des internautes “la révolte du Rif”. Pourtant, le mot “révolte” a un sens bien précis que l’on a allègrement dépassé sans souci pour la vérité.

5/ Réclamer l’ouverture d’un hôpital d’oncologie alors que cette unité existe et fonctionne depuis deux lustres au lieu de réclamer tout simplement son extension et l’amélioration de ses équipements, relève de la confusion volontaire des mots et des choses.

5/ La présence – certes massive – des forces de l’ordre (et non pas de forces militaires) s’est très vite transformée en “force de répression” pour ne pas dire en “force d’occupation”.

6/ Les slogans lancés par les manifestants, qui n’avait rien de spontané, et plus encore les déclarations de leur leaders ont contribué par leur imprécision sémantique à semer le trouble : l’administration marocaine, qui est la même de Casablanca jusqu’aux coins les plus reculées du royaume, a été qualifiée dans le meilleur des cas de “militarisation de la ville” et au pire de “colonisation“. Les mots ont un sens et déformer ce sens participe à la déformation de la vérité et contribue à l’installation du chaos. On en arrive ainsi à comparer un simple agitateur de quartier de leader et à le comparer à Abdelkrim Al Khattabi?

7/ L’interruption d’un prêche du vendredi, acte d’une très grande gravité dans une société musulmane puni par ailleurs par la loi, est vu par son auteur comme un acte normal et même nécessaire du moment qu’il le considère comme un acte de lutte contre le mal – “mounkar

8/ La liberté que donne la toile et les réseaux sociaux a grandement contribué à cette incompréhension des faits et à leur interprétation erronée par ceux-là qui les organisaient comme par ceux qui sont sensés les contrôler et les endiguer : une manifestation est dite pacifique – “silmiya” – par les uns et qualifiée de trouble à l’ordre public par les autres et elle devient “révolte du peuple riffain contre la tyrannie” par certains.

9/ Les personnes arrêtées par la police – comme cela se produit dans tous les pays du monde quand une manifestation dégénère – sont auréolées du titre de “prisonniers politiques” ! Beaucoup parmi les personnes qui utilisent ces mots n’en connaissent la définition exacte et semblent avoir oublié que les prisonniers politiques l’étaient pour leurs “idées” et non pas pour leurs “actes”.

10/ Les séances des tribunaux, que ce soit au niveau de l’instruction ou au niveau des jugements, ne sont que “simulacre de justice”, que des actes exécutés par “une justice aux ordres”, malgré la présence de dizaines d’avocats dont les déclarations se contredisent d’ailleurs à ce sujet.

Je peux continuer ainsi l’énumération de faits réels, concrets et vérifiables, mais que chacun qualifie de la manière qui lui convient, qui lui permet leur utilisation à son profit mais malheureusement au détriment de la vérité.

Si l’on nommait chaque chose par le mot qui lui correspond, je suis certain que la crise n’aurait pas atteint le niveau artificiel qu’elle a atteint.

Mais ne pas nommer les choses du tout est encore plus grave et ce sera l’objet de mon prochain billet.

A SUIVRE ……

Mahi BINBINE entre le bouffon et le martyr.

June 11, 2017 By: Citoyen Hmida Category: Livres

Mahi BINBINE a publié en mars 2017 chez les éditions LE FENNEC son dernier roman “LE FOU DU ROI

livre mahi binebine

Il faut signaler que la sortie nationale de cet ouvrage a été concomitante, comme pour les dernières publications de Binbine, à sa parution en France aux éditions STOCK

le fou stock

Que dire de ce roman?

La première impression est que l’auteur a semble l’avoir enfanté dans une infinie douleur pour plusieurs raisons.

En effet, ce n’est pas aisé de parler d’un père dont le vie consiste essentiel à divertir un roi.

Le récit de la vie quotidienne du défunt roi Hassan II y est abordée par le biais de ce que rapporte le père de l’auteur, qui n’est finalement que le bouffon attitré du souverain. Mahi BENBINE édulcore donc la rôle de son père et romance jusqu’à l’extravagance certaines situations, leur faisant perdre toute crédibilité. Après tout, Mahi est conteur, fils de conteur!

Ensuite, ce roman représente pour l’auteur l’occasion d’aborder le cas de son frère militaire victime expiatoire de la vengeance d’un roi, enfermé durant une vingtaine d’années dans le sinistre bagne de Tazmamart à la suite de la tentative du coup d’état de juillet 1971. Et renié par son père, qui ne pouvait agir autrement sans entraîner toute sa famille dans un trou sans fond.

Mahi BINBINE aurait pu s’approprier la mémoire de son frère et en tirer des passages bouleversants! Mais Mahi BINBINE n’est pas Tahar BENJELLLOUN et il a suffisamment de talent pour évoquer en quelques pages la douleur de la mère et le pardon du fils, sans condamner ni même juger!

De ce livre, je retiendrai pour ma part l’évocation par le père BINBINE du poème “AL MOUNFARIJA” : ces pages m’ont incité à faire des recherches sur ce texte qui m’a toujours intrigué, surtout dans ses diverses formes chantées. J’en parlerais peut-être prochainement.

Il faut lire le livre de Mahi BINBINE, il est très bien écrit, comme les derniers romans de l’auteur que j’avais évoqués ici et .

Un livre écrit avec le cœur, une oeuvre thérapeutique pourrait-on dire. L’auteur précise en effet dans sa présentation en quatrième de couverture : “cela fait des années que je cherche à raconter cette histoire, qui a la fantaisie du conte lointain et la gravité d’un drame humain“.

UNE PROPOSITION POUR SAUVER AL HOCEIMA ET POURQUOI PAS LE RIF

June 04, 2017 By: Citoyen Hmida Category: Société

A propos de la situation à AL HOCEIMA, le collectif MATKICH BLADI a émis une idée qui, à prime abord, m’a semblé simpliste car elle consistait essentiellement en une solution financière : débloquer un MILLIARD DE DIRHAMS destinés à un fonds d’urgence de manière à résoudre la crise actuelle.

UN MILLIARD de dirhams ….Comme on dit chez moi, “mat jamwou ghir al foum” …Où trouver UN MILLIARD de dirhams, par ces temps de crise financière et économique!

Et à supposer qu’on le trouve, CE MILLIARD de dirhams, qui gérera le fonds qui abritera cette nouvelle ligne budgétaire?

La défiance est telle entre la population, les élus locaux, régionaux et nationaux, l’administration locale, régionale (elle n’existe à ce jour que sur le papier) et l’état de manière générale, représentés par ses ministres et les autres structures (les offices par exemple) que toute velléité de mettre en place un quelconque programme semble vouée à l’échec.

Et à quels projets réserver ce montant? Qui les fixera? Qui en établira la priorité? Qui en définira les conditions d’exécution?

Donc l’impasse est totale….NON, PAS TOTALE …et même avec un peu d’imagination, un peu de patriotisme, un peu de sérieux, beaucoup de confiance dans ce pays et ses hommes, il se peut que cette soit inexistante!

L’équation est simple : UN MILLIARD + PROJETS + CONFIANCE = DÉVELOPPEMENT

Le MILLIARD de dirhams peut être levé en quelques jours par UN EMPRUNT NATIONAL GARANTI PAR L’ETAT lancé auprès des nos compatriotes de la diaspora originaires du RIF !

Ils peuvent très bien réserver une partie de leurs transferts à cet EMPRUNT NATIONAL : au lieu d’alimenter des comptes rémunérés auprès des banques marocaines, leur épargne servira à réunir ce MILLIARD DE DIRHAMS.

Ce geste patriotique, et aussi régionaliste pourquoi le cacher, sera hautement appréciée par les populations qui se rendront compte que les fils/filles, frères/sœurs, cousins/cousines, installé outre-méditerranée ou ailleurs, se sentent impliqués non seulement dans les affaires familiales mais aussi dans celles de la région!

BANK AL MAGHRIB est suffisamment préparée pour lancer cet emprunt, en récolter les suscriptions, et surtout abriter les fonds et les gérer selon les directives qu’elle recevra.

Si le MILLIARD DE DIRHAMS n’est finalement qu’un problème d’ordre financier, son utilisation est autrement plus problématique !

Une commission, un comité, un groupe de travail, un haut-commissariat, appelez cela comme voudrez, bref une instance devra être désignée à cet effet et surtout être INDÉPENDANT DE TOUTE INFLUENCE politique, ethnique et économique donc relever DIRECTEMENT ET UNIQUEMENT DU CHEF DE L’ETAT.

Cette structure devra présenter dans un délai raisonnablement court une liste de projets viables, sûrs, rentables, pourvoyeurs d’emplois et de revenus réguliers, destinés à créer de la richesse pour la population et à dégager des profits à même de permettre le remboursement de l’emprunt qui les financerait.

Ainsi, les fils de la région prendraient sur eux-mêmes de fiancer directement et sans passer par l’état des projets d’investissement productifs qu’ils auront choisi et qu’ils auraont à coeur de mener à bien pour récupérer leur mise.

L’état et le pouvoir central aura comme obligation d’apporter son concours pour favoriser la réalisation de ces projets, par sa contribution aux infrastructures, par l’instauration d’une fiscalité incitative, par le respect de la légalité dans les activités et par la protection de la sécurité des biens et des personnes.

Mais il ne faut pas oublier un élément que, jusqu’à ce jour, personne n’a soulevé ou n’a voulu clairement évoquer : le Rif en général et Al Hoceima en particulier vit et dépend de la culture du cannabis, du kif et de tout ce qui en découle . Le problème doit être réglé de manière radicale et définitive pour permettre la mise en place d’un programme de développement sain et transparent.

Cela peut sembler utopique, mais en fait, cette proposition, pour fantaisiste et personnelle qu’elle soit, s’inscrit dans la droite ligne de la régionalisation avancée et de la prise en main des populations d’une région donnée de leur destin.

ETAT DE DROIT ET DES INSTITUTIONS ou TERRITOIRE DE FACTIONS ET DE GROUPUSCULESS

June 02, 2017 By: Citoyen Hmida Category: Politique intérieure

Depuis plusieurs mois la situation de la ville d’Al Hoceima connait une tension, chaque jour, chaque semaine, chaque mois plus forte et chaque mois, chaque semaine, chaque jour, cette tension a été entretenue et amplifiée au point d’en arriver au point d’une rupture apparemment irréversible.

En fait, cette tension aurait dû être absorbée par les amortisseurs naturels que sont les représentations populaires locales, régionales et nationales.

Or, aucune de ces courroies de transmission, légalement habilitées, ne semblent avoir réussi à recevoir et à transmettre à qui de droit les doléances de la population !

Cette tension aurait pu être mise en lumière par les partis politiques : c’est leur rôle d’encadrer la population, de la guider, de la mobiliser et en fin de compte de rendre compte à la nation des situations graves ou présentant des risques de gravité. Ni les partis de la majorité ni ceux de l’opposition ne se sont manifestés et ils ont attendu que les prétentions et les appétits personnels des leurs dirigeants soient satisfaits pour enfin se prononcer et de la manière la plus maladroite qui soit.

Cette tension aurait pu être anticipée et atténuée par le pouvoir central.

Or, et on l’oublie souvent soit par méconnaissance ou par mauvaise foi, le pouvoir exécutif est resté en état de vacance (sans S, dans le sens de “momentanément dépourvu de titulaire”) depuis le lancement de campagne électorale, c’est-à-dire depuis septembre 2016 jusqu’à il y quelques semaines.

Monsieur BENKIRANE avait abandonné sa casquette de chef de gouvernement et s’était coiffé de son casque de chef de parti pour sillonner le Maroc et battre la campagne pour ses amis et pour lui-même oubliant la gestion du pays ou la délaissant aux soins de certains ministres dont celui de l’intérieur.

Ensuite Monsieur BENKIRANE s’est enfermé pendant plus de cinq très longs mois dans son entêtement et son incapacité de former un gouvernement, bloquant même le fonctionnement de l’institution parlementaire et continuer par la force des choses à détourner le regard des problèmes du pays : le vote de texte sur l’entrée du Maroc à l’U.A. n’a pu être obtenu que par une pirouette, la loi de finances n’a pas été votée en temps voulu et bien sûr les problèmes quotidiens du pays ont été remisés au rayon des affaires sans intérêt.

L’actuel chef de gouvernement semble vouloir prendre les choses en main : ce n’est pas trop tard malgré les apparences et malgré les critiques acerbes qu’il subit.

Cette négligence des élus, locaux, régionaux ou nationaux, cette incurie des partis politiques, cette insouciance COUPABLE du gouvernement, ont laissé la population à la merci du premier venu, habile orateur, tribun émérite mais grand mégalomane devant l’éternel.

L’intelligence de la foule étant inversement proportionnelle à son nombre et le jeu des réseaux sociaux amplifiant de manière exponentielle cette foule, donc diminuant tout ainsi exponentiellement la capacité des uns et des autres d’appréhender les tenants et les aboutissants de la crise, ont abouti à la crise actuelle : des revendications socio-économiques, justes et légitimes, se sont transformées en discours confus, mal exprimés et mal perçus, aboutissant à des actes répréhensibles.

Une crise, somme toute normale, s’est mue en crise majeure dont la solution semble à ce jour échapper à tous les protagonistes!

Faut-il pour autant faire appel à des nouveaux intermédiaires pour jouer les pompiers de service!

La société civile s’est proposée pour jouer ce rôle d’intermédiaire !

Après un groupe d’intellectuels et d’acteurs de la société civile, allant de Ahmed ASSID à Mohamed NACH-NASH en passant par Salah EL OUADIE, on vient d’apprendre que l’association BAYAT AL HIKMA vient de lancer “un appel de 53” .

Pour sa part, le P.A.M. dont on a souvent critiqué le silence et l’absence sur le terrain tout au long de cette crise, propose un “débat national sur le Harak“.

On vient d’apprendre que le collectif “Matkich Blaki” propose la création d’un fond d’urgence fixé à un milliard de dirhams en faveur d’Al Hoceima, bien que la ville ne connaisse pas de catastrophe naturelle, motif généralement retenu pour la création de ce genre de fonds.

Certes tout cela semble louable, mais pour qu’il ait débat, pour qu’il est intermédiation, il faut qu’il ait DIALOGUE : dialogue de qui avec qui en l’occurrence?

Nasser ZEFZAFI serait-il légitime à représenter la population d’Al Hoceima ? Au nom de quoi ? De son art oratoire? De son passé personnel ? De son indéniable talent de meneur de foule ? De sa capacité à trouver chaque jour un nouveau motif de s’emmurer dans un processus qui a abouti à l’impasse actuelle?

D’autres noms apparaissent, sortis ex nihilo mais déjà auréolés d’une gloire que rien ne justifie à ce jour, seront-ils plus légitimes à représenter les habitants d’Al Hoceima?

Il se trouve que ni l’éloquence ni la rhétorique, pas plus que la surenchère et la démagogie, ne sont les fondements de la représentativité légitime populaire : seule l’élection permet au peuple de désigner ceux ou celles qui le représenteront dans le cadre d’institutions constitutionnelles acceptées par référendum.

Si l’on admet que n’importe qui puisse considérer que l’état et les instituions publiques ne sont pas DIGNES d’être ses interlocuteurs, alors il met en marge des lois et ouvre la voie aux dérives les plus folles. Et toute reconnaissance de la légitimité d’une tette position aboutit ipso facto à la reconnaissance de l’anarchie et à la négation de l’état de droit et des institutions.

La situation à Al Hoceima est grave et c’est au gouvernement et aux représentants légitimes du peuple de trouver une solution qui puisse redonner confiance aux habitants afin qu’ils échappent à l’influence d’individus dont je ne remets pas en cause la bonne foi mais dont je doute très fortement des moyens utilisés.

ETAT D’EXCEPTION ? MAIS POURQUOI DONC …

May 29, 2017 By: Citoyen Hmida Category: Politique intérieure

J’ai lu avec intérêt mais aussi avec effarement le billet sur Face Book, rédigé par notre ami Mohamed TAKADOUM, dans lequel l’auteur demande l’établissement de l’état d’exception prévu par la constitution de 2011.

Il prétend que toutes les conditions sont réunies pour la mise ne oeuvre de l’article 59 de ce texte qui prévoit cette possibilité “lorsque l’intégrité du territoire national est menacée ou que se produisent des événements qui entravent le fonctionnement réguliers des institutions constitutionnelles”.

Peut-on dire objectivement que aujourd’hui en cette fin mai 2017, l’intégrité de notre territoire national soit menacée plus qu’hier ou plus qu’il y a un an ?

Nous avons une armée qui défend nos frontières et qui est la garante de cette intégrité territoriale. Et je ne pense pas la menace soit plus forte ou moins forte que depuis des années.

Nous avons des services qui veillent à la sécurité des citoyens et la sûreté de l’état : leur tâche est difficile, compliquée et elle se réalise dans la discrétion et l’efficacité.

Peut-on prétendre que le fonctionnement régulier des institutions constitutionnelles soient entravés par des événements quelconques ?

Le parlement dans ses deux chambres se réunit, ses commissions fonctionnent, les élus de la nation votent des textes, avec un absentéisme condamnable mais qui n’entravent aucunement le fonctionnement de institution parlementaire.

Le gouvernement gouverne et gère les problèmes quotidiens du pays : jusqu’à présent .aucun événement n’est venu perturber ou entraver l’action gouvernementale. Cette action pouvrrait et devrait être plus efficace, plus efficiente, plus visible, peut-être mieux expliquée, certes mais elle n’est pas entravée par quoique ce soit!

Le pays fonctionne : l’eau et l’électricité sont distribuées, les trains circulent avec du retard mais ils circulent, les écoles accueillent les élèves, les hôpitaux ne désemplissent pas même si les malades ne sont pas traités de la manière la plus convenable, les gens paient leurs impôts et les fonctionnaires sont payés, le pain ne manque pas, bien au contraire chaque jour des tonnes de pain rassis finissent des les entrepôts en vue d’être transformés en aliments pour le bétail, les voitures roulent sur les routes et autoroutes provoquant autant d’accidents que d’habitude, les aéroports sont ouverts, les autocars transportent toujours autant de voyageurs avec autant de légèreté dans le respect du code de la route, les tribunaux jugent même si les jugements ont toutes les difficultés du monde à être exécutés. Les banques sont ouvertes et de nouvelles instituions financières s’installent dans le pays!

Les partis politiques même s’ils ne sont plus crédibles tiennent leur congrès et élisent leurs dirigeants qui espèrent un jour devenir ministres, car c’est entre autre une de leurs priorités.

Les élus locaux se réussissent, délibèrent, se partagent le gâteau communal ou municipal comme ils l’ont fait depuis que l’administration locale existe au Maroc : ils s’arrangent pour être réélus malgré tout ce qu’on peut leur reprocher!

Bien sûr rien n’est parfait dans ce pays, et rien ne le sera jamais mais de là à dire que la seule solution srait l’état d’exception, il y a un pas que je n’envisage pas.

Justifier l’état d’exception par les événements récents d’Al Hoceima, car c’est de cela dont il s’agit, reviendrait à considérer que UNE PERSONNE ET UNE SEULE peut entraver le fonctionnement de notre pays!

Bien sûr que mon propos n’est pas minimiser ou de mépriser ce qui se passe dans la région du Rif, que je connais parfaitement et pour laquelle j’ai une estime et tendresse particulières.

Il convient de reconnaître que ce qui arrive à Al Hoceima est la conséquence d’une mauvaise gestion d’une situation relativement délicate donnée.

Le gouvernement a manqué de savoir-faire dans le domaine de communication!

Les élus ont failli à leur devoir en evitant de se mouiller face à un problème où ils sont partie prenante.

Les partis politiques étaient trop occupés à se partager la galette héritée des élections d’octobre 2011.

Tout cela relève d’une mauvaise gouvernance et n’entrave en rien le fonctionnement régulier des institutions constitutionnelles.

Que le roi intervienne en tant qu’arbitraire suprême, soit !

Mais qu’il suspende la constitution, ce n’est ni le moment ni l’occasion ! Ce serait céder à la tentation de l’autoritarisme et ouvrir la voie aux critiques les plus vives et qui seraient dans ce cas justifiées!

L’état d’exception n’a pas été envisagé durant les premiers mois de l’année 2011 : la réponse au mouvement dit du 20 Février qui a touché une grande parti du pays a été donnée dans le calme et la continuité de ce qu’est le Maroc.

L’état d’exception n’a pas été évoqué durant les longs mois qu’a duré la difficile et presque impossible gestation du gouvernement Benkirane, suite aux législatives d’octobre dernier. L’impossibilité du chef du P.J.D. à former un gouvernement – je n’entre pas ici dans la responsabilité de tel ou tel dans ce blocage – a laissé le pays sans réelle autorité centrale, le parlement au chômage technique et le pays face à une grave crise institutionnelle.

Cette situation aurait pu faire capoter les efforts de notre diplomatie, menée tambour battant et sur le terrain par le souverain, si un compromis “historique” n’avait pas été été trouvé pour faire fonctionner le parlement dans les délais en vue de se prononcer sur le retour au sein de l’U.E.

Ce n’est donc pas les manifestations de Al Hoceima et des villages qui l’entourent, ni les sit-ins organisés à Tanger, Rabat et Casablanca aux cris de “Makhzen dégage, Rif dignité” qui entraveront le fonctionnement normal des institutions constitutionnelles!

Mais si nos hommes politiques continuent leur action nombriliste, consistant à s’assurer une place au soleil au détriment de leur vraie mission qui est d’encadrer le peuple et de le mobiliser, oui…..le fonctionnement des institutions constitutionnelles sera entravé.

L’absentéisme éhonté des parlementaires et leur déconnexion totale avec leur base finiront par entraver le fonctionnement de la représentation nationale.

L’incurie de certains ministres, leurs déclarations à l’emporte-pièces, le manque total et incompréhensible de toute politique de communication, le comportement de certains agents d’autorité qui encore aujourd’hui n’ont rien compris au “nouveau concept de l’autorité” peuvent contribuer au blocage de l’action gouvernementale.

Tant que des juges seront soupçonnés et d’autres arrêtés pour des faits de corruption, l’institution judiciaire – érigée en pouvoir au même titre que le pouvoir exécutif et dotée de son indépendance – risque en effet de voir son fonctionnement normal entravé.

Les collectivités locales, communes, municipalités, pourtant rompues à l’exercice du pouvoir semblent tournéer en rond non pas par manque de moyens mais par manque de sérieux des élus, plus intéressés par leurs propres intérêts que par celui de leurs électeurs! Pourtant, ce secteur public fonctionne cahin-cahin, selon le sens de la responsabilité et le degré d’abnégation et de dévouement au peuple de beaucoup d’élus.

Les régions, crées et mises en place en 2015, semblent ne pas être encore en mesure de fonctionner normalement : elles ne sont pas bloquées, leur fonctionnement n’est pas entravé, il est juste retardé. Le gouvernement n’a pas encore pris les décrets d’application de la loi sur la régionalisation. Ce n’est pas normal mais cela ne constitue pas un motif valable pour évoquer l’état d’exception.

Alors pourquoi nous embarquer dans un état d’exception, dont le souvenir est encore douloureux dans la mémoire de ceux qui ont vécu le précédent décrété en 1965 et qui a duré jusqu’en 1972.

Ce n’est pas l’état d’exception qu’il faut à ce pays, mais juste UN FONCTIONNEMENT NORMAL ET SÉRIEUX de ses institutions, donc avant tout UN COMPORTEMENT NORMAL ET SÉRIEUX DE TOUS SES RESPONSABLES, POLITIQUES, GOUVERNEMENTAUX, ADMINISTRATIFS, JUDICIAIRES, ELUS LOCAUX, PROFESSIONNELS et NATIONAUX.

UNE NYMPHOMANE QUI NE M’A PAS INTÉRESSÉ, MAIS …

May 26, 2017 By: Citoyen Hmida Category: Livres

DANS LE JARDIN DE L’OGRE“, le premier roman de Leïla SLIMANI, paru en 2014 chez les éditions GALLIMARD, a connu un certain succès d’estime auprès de la critique parisienne et laissait prévoir que l’auteure avait de l’avenir.

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Cela n’a pas été démenti : deux ans plus tard, elle recevait le rpix Goncourt pour son second ouvrage “CHANSON DOUCE” que j’avais évoqué ici même il y a quelques mois.

Que dire du premier roman de Leila SLIMANI?

Pour ma part, pas grand chose! L’histoire de cette nymphomane parisienne ne m’a pas intéressé, je ne suis pas senti concerné par ses problèmes personnels.

Cela ne signifie pas que le livre soit inintéressant : il est très bien écrit et comme dit le critique BILLOT dans STYLIST : “Leila Slimani fait grimper la température et signe un premier livre étourdissant”.

Leila SLIMANI a donc choisi sa voie et elle tient le cap : parisienne d’adoption, elle connait bien sa ville et ses habitants et en parle avec beaucoup de talent. Bravo donc !

Espérons qu’elle continue dans cette veine-là et qu’il ne lui vienne pas à l’esprit d’aborder les problèmes de la femme marocaine : ce qu’elle écrit à ce jour est très bon, elle a son public, nombreux et fidèle et c’est très bien ainsi.

UN ROMAN FÉMINISTE QUI NE DIT PAS SON NOM …

May 19, 2017 By: Citoyen Hmida Category: Livres

Khadija MENEBHI n’est pas une inconnue dans la sphère publique marocaine : acteure de la société civile, chercheuse, professeur, doublement compétente en des matières aussi diverses que la philosophie et les mathématiques, elle vient de signer son premier roman : “LES DÉDALES DE LA MÉDINA” paru en mars 2017 aux éditions AKHIR-SAA.

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Après ses deux premières parutions, (MORCEAUX CHOISIS DU LIVRE DE L’OPPRESSION EN 2003 et RECIT DE FEMMES EN 2013), qui sont avant tout des témoignages, Khadija MENEBHI s’essaie à la fiction mais sans s’éloigner de ce qu’elle sait faire le mieux : témoigner, dénoncer et militer.

L’héroïne – ou plutôt les héroïnes – de son roman sont des femmes de caractère, fortes : Lla Fatna véritable chef de famille, ses filles auxquelles elle a transmis les genes de sa force, ses futures brus victimes de la vie mais pas victimes immolées sans défense, Mahjouba, la marieuse, celle qui tire les ficelles de la vie sociale d’une partie de la médina. Les autres femmes du derb, pour analphabètes qu’elles soient, ne manquaient pas de culture, parfois musicale souvent religieuse. Le récit a pour cadre la médina de Marrakech dans la période qui a suivi immédiatement l’indépendance.

Les hommes traversent le récit comme des ombres, “qu’on ne voyait pas”, à l’instar du mari de Lla Fatna, “totalement sous sa coupe” ou de ses fils qui ne contestaient jamais les décisions de leur mère.

Khadija MENEBHI nous présente donc – même si c’est à travers des clichés éculés et de lieux communs mille fois repris dans la littérature francophone marocaine – un roman qui se veut engagé, le roman d’une femme qui a pris en main son destin et celui de sa famille

Cette oeuvre se lit avec intérêt et un certain plaisir jusqu’à la page 97 où une regrettable et malencontreuse erreur technique nous prive de la lecture de 16 pages (pp. 98-99, 102-103, 106-17, 110-111, 114-115, 117-119, 122-123 et 126-127). Seize pages sur 142, cela rend toute lecture de la suite absolument incompréhensible.

Faut-il le regretter ? Certainement, car un livre est un objet sacré, comme toute création intllectuelle et il ne doit pas être mutilé!

Ces seize pages manquantes auraient-elles rendu meilleure l’oeuvre de Khadija MNEBHI ? Je ne peux en juger et c’est dommage.

Ce genre d’incident porte préjudice à l’auteure et à son effort; il montre les carences du monde de l’édition et ne contribue pas la promotion de la lecture dans notre pays.

LECTURES ………..pour relever un défi lancé par ma cadette!

May 15, 2017 By: Citoyen Hmida Category: Livres

Dernièrement, ma fille cadette m’a reproché la dureté de mon appréciation de l’oeuvre littéraire de notre ancien prix Goncourt national Tahar BENJELLOUN. En effet, le travail de cet auteur n’est pas ma tasse de thé et je le fais savoir quand j’en ai l’occasion.

Elle m’a même lancé un défi : elle se proposait de me présenter “sous couvert d’anonymat” un texte de Tahar Benjelloun, me laissant le soin de porter un jugement disons….”à l’aveugle“. Un peu comme un juré de “THE VOICE” !

Mais j’ai préféré choisir moi-même deux livres de l’écrivain marocain, j’ai opté pour deux titres assez anciens qui m’étaient complètement inconnus et dont je n’avais par conséquece la moindre idée. Il s’agit de “L’ANGE AVEUGLE“, un recueil de nouvelles ayant pour thème central la mafia sicilienne, paru aux éditions du Seuil en 1992 et de “LES RAISINS DE LA GALÈRE“, un roman sur les immigrés algériens en France et leurs difficultés, publié en 1996 par les éditions Fayard -Libres.

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Premier constat que je veux objectif mais sans aucune réserve : notre auteur sait écrire et il domine à la perfection la langue écrite française. . Cela semble évident pour un écrivain, conu et reconnu, mais ce nest pas toujours le cas! Alors, j’en donne ici acte, pour ce que vaut mon constat : Tahar Benjelloun est un grand écrivain, si l’on retient une des acceptions de ce mot retenue par le C.N.R.T.L. En effet, c’est “une personne habile dans l’art d’écrire “.

Dans ces deux ouvrages, très différents dans le genre, très éloignés dans le sujet, le lecteur éprouve un plaisir certain à dérouler les pages, tant la fluidité et le justesse de la langue sont présentes.

La petite beurette, ambitieuse et battante, héroïne de LES RAISINS DE LA GALÈRE, est très convaincante et presque attendrissante.

Le recueil de nouvelles sur la mafia, s’il se laisse lire, ne laisse par contre aucune trace affective : cet ouvrage de commande, malgré une interlocution bien pompeuse, reste lisse et sans intérêt.

Deuxième constat, moins enthousiaste, et qui est constitue la pierre d’achoppement de ma froideur pour ne pas dire maon inimité envers l’oeuvre de Tahar Benjelloun dans son ensemble : dans ces deux livres que j’ai choisis totalement au hasard – le seul critère étant que je ne ne les connaissais pas – Tahar BENJELLOUN exploite le travail des autres pour produire et signer ses œuvres.

LES RAISINS DE LA GALÈRE reprend la galère des enfants d’immigrés que lui a lui racontée SAADIA et qu’un rapport de chercheurs sur le terrain a consigné dans un rapport éponyme. L’auteur le reconnait en quelques lignes à la fin du livre.

L’ANGE AVEUGLE pour sa part compile de manière “littéraire” – puisque c’est ainsi qu’un faut qualifier le travail d’un écrivain – des témoignages, des articles de presse, ou des déclarations.

Il faut se rendre à l’évidence que Tahar BENJELLOUN a très souvent procédé de la sorte : il a toujours su raconter (ou parfois juste re-conter) ce que l’on lui a conté, parfois sous le sceau de la confidence, d’autre fois sous le sceau du secret, souvent sous celui de l’amitié, de la confiance ou de la tendresse. On peut apprécier l’exercice, mais sa répétition devient gênante.

Ceux qui connaissent bien l’oeuvre de Tahar Benjelloun et sa genèse ne me contrediront pas.

Je n’ai jamais pu apprécier cette manière de procéder : bien écrire ne suffit pas à faire un grand écrivain, bien que Tahar Bejelloun prétende que “la fonction principale de la littérature est de cambrioler le réel apparent”.

FAMINE ..MISÈRE..HIER OU AUJOURD’HUI ?

May 12, 2017 By: Citoyen Hmida Category: Livres

Soufiane MARSNI, après avoir publié deux recueils de nouvelles en 2003 et 2009, signe son premier roman “LA GRANDE FAMINE” publié en ce début 2017 chez les éditions MARSAM.

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D’emblée, l’auteur plante le décor de son roman par cette la première phrase : “La grande famine qui frappa le Maroc dans les années quarante provoqua une émigration massive vers les villes“.

Cette période de l’histoire de notre pays est assez mal connue de nos concitoyens, les plus âgés préférant l’oublier, les plus jeunes l’ignorant complètement. Qu’un romancier s’y intéresse est tout à son honneur car c’est un moyen intelligent et peut-être ludique de revisiter notre passé somme toute récent mais occulté.

Le roman relate l’histoire d’une famille de paysans du Maroc profond, chassée de son douar à la suite de la famine provoquée par la réquisition des récoltes par l’occupant français. Ces paysans déracinés vont tenter de s’installer dans la périphérie de Casablanca où le père croit pouvoir trouver du travail.

Dépendant des “bons” donnant droit à de misérables rations alimentaires, cette famille connaîtra l’enfer de la faim et de l’humiliation. La mère restée seule avec ses filles, après la mort accidentelle du père dans un chantier où il était employé comme journalier, usera de tous moyens et de tous les stratagèmes pour subvenir aux besoins de sa progéniture. L’auteur a su rendre, avec un certain talent, toute la misère qui écrase ses personnages.

Ainsi, certains passages du roman rappellent-ils très vaguement quelques pages de “LES RAISINS DE LA COLÈRE” de John STEINBECK, sans en atteindre ni l’intensité ni le pathétisme, notamment celles où l’auteur décrit le voyage de la famille vers la grande métropole.

Mais la technique narrative choisie par l’auteur finit par montrer ses limites : en nous décrivant le Maroc “dial 3am al boun”, Soufiane MARSNI nous parle en fait du Maroc d’aujourd’hui, de ses bidonvilles, des ses moqaddems qui y font la loi, des distributions de denrées de première nécessité lors des campagnes caritatives ramadanesques, des écoles publiques en déliquescence, du travail au noir, de l’exploitation des petites bonnes, bref des maux qui minent encore actuellement notre société.

Pourquoi alors évoquer ce Maroc des années quarante qui mérite d’être décrit, étudié, analysé, en calquant des situations actuelles : la misère d’hier est-elle plus acceptable de celle d’aujourd’hui?

Malgré son style fluide et précis, j’ai le sentiment que Soufiane MERSNI nous a un peu floués, surtout que son récit se perd, dans les derniers pages, dans un dédale assez confus de situations intemporelles qui n’ont qu’un rapport tout relatif avec le Maroc des années noires ! Mais son roman a le mérite d’ouvrir la voie de l’imagination vers ce Maroc occulté officiellement et oublié individuellement.

Emmanuel MACRON, nouveau président de la République Française.

May 07, 2017 By: Citoyen Hmida Category: Politique française

Ce dimanche 7 mai 2017 restera gravé ans l’histoire de la république française pour plusieurs raisons! Emmanuel MACRON est élu président de la républiique franse contre Marine Le Pen avec un score clair et net 65.5 % des voix, malgré une très forte abstention et un paquet de bulletins nuls ou blancs.

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D’abord, depuis aujourd’hui la France aura le plus jeune président de la république depuis que la république existe en France.

Ensuite, Macron est à ce jour le plus jeune président d’une grande grande puissance mondiale!

Et surtout, le nouveau président n’a pas de passé politique : s’il a été très proche d’un président socialiste, avant d’être son ministre, il n’a jamais été encarté au parti socialiste.

Donc, on peut se poser la question de savoir si la France a un président “apolitique” ou au-dessus de la politique politicienne habituelle? C’st à lui de le démontrer dans les jours, les semaines à venir à l’occasion de la désignation de son premier ministre et de la préparation des législatives.

Mais il faut surtout ne pas oublier la genèse du mouvement “En Marche” qui a porté Emmanuel Macron au pouvoir suprême.

Il y a quelques temps le nouveau président français était un total et parfait inconnu même pour les personnes les plus au fait de la politique française.

Et c’est autour de sa personne et non pas autour de so programme – on lui assez reproché de ne pas en avoir – qu’il a pu réunir les votes.

En plus d’être un inconnu, il n’est pas un tribun particulièrement doué, comme l’est Jean-Luc Mélanchon par exemple: la seule fois où il s’est laissé aller sur une tribune face à un public acquis, il a frisé le ridicule.

Si Emmanuel Macron a réussi son coup, ce n’est pas parce qu”‘il était soutenu par telles ou telles personnalités, par tel ou tel lobbie, par telle banque ou telle média!

Emmanuel MACRON a réussi son pari parce la France a besoin et envie de changement !

Marine LE PEN représente en partie le changement voulu par les français, mais elle n’a ni le talent, ni la classe, ni la formation, ni la personnalité de Emmanuel MACRON.

Ce changement se réaliser-t-il?

Les partis politiques se relèveropnt-ils de leur désastre actuel?

Verra-t-on un nouvaeu paysage politiquer français?

Autant de questions qui raveveront mon intérêt pour la politique intétrieure frnçaise!

  • Quelques citations

    Tout homme va au-delà de son pouvoir jsuqu'à ce qu'il ait un contre-pouvoir dressé face à lui.


    THUCUDIDE
    La corruption est en force, le talent est rare. Ainsi, la corruption est l'arme de la médiocrité qui abonde, et vous en sentirez partout la pointe
    Honoré de Balzac
    'La vie ne vaut rien, mais rien ne vaut une vie'



    André Malraux
    Agir en primitif, prévoir en stratège.




    René CHAR
    "Malheur au pays dont les juges méritent d'être jugés"
    Talmud
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