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Chroniques d'un citoyen Lambda sur l'actualité
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UN LIVRE SUR L’ISLAM DANS SA PREMIERE GRANDEUR

August 08, 2017 By: Citoyen Hmida Category: Coups de coeur, Histoire, Livres

Ce petit livre posthume de Maurice LOMBARD, historien et professeur à l’Ecole Pratiques des hautes Etudes, Paris et à l’ Ecole Normale Supérieure de Paris, est assez étonnant car il traite de l’islam et la civilisation qui accompagné d’une manière tout à fait originale.

En effet, L’ISLAM DANS SA PREMIÈRE GRANDEUR – paru chez Flammarion en 1971, soit six ans après la disparition de l’auteur, aborde la période glorieuse de l’islam en mettant en exergue les aspects économiques et culturels.

ISLAM

La période étudiée par Maurice LOMBARTD couvre trois siècles qui ont marqué l’apogée du monde musulman , c’est à dire de la moitié du VIIIème siècle au milieu du XIème).

Et ce qu’il y a de remarquable dans cet ouvrage, c’est que dans son approche de l’histoire de l’âge d’or de l’islam, Maurice LOMBARD évoque l’espace où évolue la nouvelle religion, du monde iranien à l’émirat de Cordoue, il décrit les réseaux qui le cimentent par l’entremise de la langue arabe et les différentes parlers vernaculaires.

Il soulève la problématique de la puissance monétaire et de celle de l’espace urbain, et touche même l’organisation du travail.

Il conclut par l’importance des échanges, de leur objet et des circuits qu’ils empruntent.

Jamais il n’est question dans le travail de l’auteur de guerres et de conquêtes sanglantes, ni de batailles, ni de massacres : l’auteur établit juste le lien entre ce qu’était le monde avant l’islam et ce qu’il est devenu après la révélation de la religion de Mohamed.

Cet ouvrage nous apporte donc une nouvelle vision de ce fut le monde et la civilisation musulmane du temps de sa vraie splendeur !

A lire et à méditer.

MA LECTURE DES RÉACTIONS DU GOUVERNEMENT AU DISCOURS DU TRÔNE

August 05, 2017 By: Citoyen Hmida Category: Politique intérieure

Le chef du gouvernement, Saad Eddine EL OTHMANI, a été relativement réactif au discours du trône dans lequel le souverain a fustigé un certain nombre d’acteurs de la scène nationale, notamment, l’administration publique.

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Dès jeudi dernier, c’est-à-dire moins d’une semaine après l’intervention royale, sévère et critique, le conseil du gouvernement présidé par son chef, a tracé les axes de son plan d’action pour la mise en exécution des directives royales.

Pour ma part, je rejette d’emblée la lecture “makhzanienne” que certains ont voulu donner à la réaction du chef de gouvernement : Si EL OTHMANI n’est pas un homme du “makhzen” (j’utilise sciemment ce vocable galvaudé qui désigne je ne sais trop quoi mais qu’une partie de nos observateurs les plus avertis aiment à brandir comme un épouvantail politique). L’homme sage du P.J.D., qui a toujours évolué en dehors des arcanes du palais et loin de son influence, ne peut être taxé de “makhzanien”, n’en déplaise à certains de ses propres partisans qui lui en veulent d’avoir pris la place de leur champion Abdelillah BENKIRANE.

Je considère que le chef du gouvernement s’est comporté en ce qu’il n’a jamais cessé d’être : un médecin qui s’est lancé dans la politique!

Comment donc expliquer l’ordonnance (dans le sens médical du terme) proposé par le docteur Saad Eddine EL OTHMANI? Car je trouve qu’il s’agit d’un véritable traitement que le chef de gouvernement, médecin et psychiatre, a prescrit à son équipe et à son administration pour les guérir des diverx maux diagnostiqués par le chef de l’état.

Ce traitement “médical” comprend plusieurs degrés, du plus facile et le plus visibles (refonte des C.R.I.) au plus difficile et au moins concret (mesures de simplification des procédures administratives) en passant par des pharmacopées plus ou moins compliquées et surtout plus ou moins efficaces ( bonne gouvernance et réforme de l’administration).

Qu’attendre donc de cette série de décisions, on ne peut peut parler de mesures, puisque rien de concret n’a été décidé, rien de palpable n’a été engagé, rien de pratique n’a été mis en chantier.

Est-ce un coup d’épée dans l’eau ? J’espère que non, car ni le peuple ni le roi n’accepteront que le gouvernement et ses moyens d’action administrative continuent à remuer de l’air chaud et brasser du vide, tout en vidant les caisses de l’état.

On peut comprendre qu’il n’y ait pas eu de réactions intempestives contre tel ou tel ministre – les marocains attendaient des limogeages tonitruants – car cela aurait pu paraître comme des règlements de compte!

Mais, avec le temps et dans le cadre du plan d’action mis en place par le Chef du Gouvernement, il est certain que la rédition de comptes des grands responsables de ce pays est devenue nécessaire et qu’elle doit s’accompagner de mesures coercitives et de sanctions exemplairs, mais justes et conformes à la loi!

Encore une fois, le Maroc est à la veille d’une nouvelle expérience et encore une fois il nous faudra attendre le résultat de cette expérience avant d’en tentr encore une autre.

Ainsi va la Maroc ….

A QUOI NE SERVENT PLUS LES PARTIS POLITIQUES ?

August 01, 2017 By: Citoyen Hmida Category: Politique intérieure

Le titre de ce billet ne comporte pas de faute : je me demande à quoi les partis politiques ne servent plus!

Pendant des années, j’avais la profonde conviction que les formations politiques avaient un rôle dans la vie d’un état, d’un peuple, d’une nation, qu’elles avaient un fonction sociale, qu’elles servaient à quelque chose, ne serait-ce qu’à entretenir le rêve dans un avenir meilleur.

Chaque parti avait son idéologie, sa stratégie, ses moyens d’action, ses partisans, ses militants, ses sympathisants! Chaque citoyen, chez nous comme dans les grands pays démocratiques, était fier d’appartenir ou de s’apparenter, de près ou de loin, à tel ou tel parti et chacun était en mesure d’expliquer pour quelle raison il avait choisi de croire et de suivre tel parti.

Au Maroc, les gens étaient soit sincèrement istiqlaliens, soit tout aussi farouchement partisan du Parti de feu Hassan Ouazzani, soit plutard tout aussi profondément de gauche, soit franchement d’extrême-gauche avec les risques énormes, pour ces derniers, quant à leur liberté et leur intégrité physique.

En France, un communiste était convaincu que le grand soir était pour bientôt et que tous les prolétaires du monde devaient se donner la main alors que les personnes de droite avaient une toute autre vision du monde à laquelle ils croyaient dur comme fer.

L’Espagne, même du temps du dictateur Franco, a connu des partis forts et structurés : le Parti communiste d’Espagne en est l’exemple à retenir.

Mais avec le temps, la finance et l’économie prenant le pas sur les centres de décisions politiques d’une part et d’autre la mondialisation écrasant toute velléité d’indépendance des états, on a vu le rôle des partis politiques se diluer petit à petit!

Par ailleurs, la chute du Mur de Berlin ayant fait chuté le mur des idéologies, il devenant de plus en plus difficile de se dire “être de gauche” ou “être de gauche”!

Etle comble pour les pays de culture musulmane, la religion a insidieusement phagocyté le monde de la politique et l’islamisme a remplacé toutes les autres idéologies pour le bonheur des élites de la classe moyenne qui ont vu là l’occasion d’arriver au pouvoir dont la politique puis l’économie et la finance leur interdisaient l’accès.

Ici, la foi a remplacé l’idéologie comme ailleurs l’indifférence a pris le pas sur l’engagement.

C’est ainsi que les partis politiques ne servent plus à rien ….

Encadrer la population ? A quoi bon, s’ils ne parviennent pas à la faire rêver ou s’ils ne lui promettent que le paradis déjà promis par ailleurs par une autorité bien plus forte que les partis!

Militer ? Inutile, puisque ici le militantisme se mesure au nombre de prières et aux signes extérieurs d’appartenance à telle ou telle obédience religieuse et là-bas les gens sont plus préoccupés, au pire, par le chômage, la crise, l’insécurité et au mieux, par les questions sociales (mariage pour tous, homophobie) que par les questions idéologiques.

Les partis n’ayant plus rien à proposer se servent donc plus à rien !

Chez nous, je lance le défi à tout à un chacun de faire le tri entre les différentes offres politiques que les 35 partis politiques nous proposent !

Du plus ancien au plus récent, du plus à droite au plus à gauche, du mieux implanté à celui qui ne compte comme adhérents que les membres de ses instances dirigeantes, nos 35 partis nous offrent LE VIDE LE PLUS TOTAL!

Ne servant plus à rien, ne répondant pas à ce que la constitution de 2011 attend d’eux dans son article 7, il ne leur reste que deux solutions :

1/ se saborder dignement et repartir sur des bases saines et nouvelles.

2/ disparaître définitivement du champ politique nationale et laisser le peuple prendre en main son destin.

Mais aucune de ces deux solutions extrêmes ne peut être envisagée : trop d’intérêts sont en jeu, trop de personnes sont impliquées dans cette mascarade politique que vit le Maroc, trop de temps a été perdu ne laissant aucune chance au rétablissement de la confiance du peuple dans ses élites politiques!

Que faire alors ? That’s the question !

P.S. : dans mon billet, je n’ai pas mis en cause le coté personnel des responsables des partis politiques, pas plus leur amour du pouvoir et de ce qui va avec que leur goût pour le confort de leur situation et les avantages qu’ils peuvent en tirer pour eux et pour leurs proches. Considérons cela comme le coté humain de la chose et que cela n’a rien à avoir avec la politique!

DES ROMANS QUI SONT FAITS POUR MOI ….

July 31, 2017 By: Citoyen Hmida Category: Coups de coeur, Livres

Après mes déceptions extrêmes orientales, je me suis tourné vers des lectures moins exotiques, du moins en apparence !

Du Japon et de Chine, j’ai glissé vers l’Afghanistan contemporain dont les médias nous rabâchent les oreilles sans nous en parler vraiment, sans nous éclairer sur les afghans en fait. J’ai choisi de lire (ou de relire) “LES CERFS-VOLANTS DE KABOUL” de Khaled HOSSEINI, paru chez BELFOND 10/18 en mars 2014.

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Et comme toujours, j’ai appliqué ma manière lire en me lançant dans la découverte simultanée d’un autre roman : “L’ARRACHEUSE DE DENTS” de Fanz-Olivier GIESBERT, paru chez les éditions Gallimerd en avril 2016.

ARRACHEUSE

Comment résister à un titre comme celui-ci, à une jaquette aussi inattendue et aussi à un auteur que je n’aime pas du tout dans son rôle de journaliste mais que j’ai voulu découvrir en tnt qu’auteur.

Je ne fus pas déçu : F.O.G. m’a promené dans une période de l’histoire de France que je croyais connaitre – la Révolution de 1789, la Terreur, la répression des royaliste en Vendée, avec les grands personnages de l’époque – Louis VXI, Danton, Robespierre, La Fayette, et autres Marivaux et Charlotte de Corday, et même Napoléon Bonaparte.

L’auteur, par un tour de passe-passe assez bien réussi, m’ emmené aussi dans les Etats Unis des années qui ont suivi la guerre de Sécession, avec un détour sur l’Atlantique avec une cargaison d’esclaves et tous les problèmes et péripéties que cela suppose.

Il m’a fait connaitre ou redécouvrir les chefs indiens comme Sitting Bull ou Crazy Horse les héros de la lutte des indiens d’Amérique contre les envahisseurs blancs, qui leur ont pris leurs terres, leurs richesses et même leur âme, en les massacrant et surtout en les humiliant, comme le firent ces généraux américains génocidaires, devenus des héros de la mythologie américaine blanche, comme Custer, Sheridan et même le futur président Grant.

Bref, L’ARRACHEUSE DE DENTS – dentiste artisanale de son état, mais grande aventurière devant l’éternel et surtout devant les hommes – est un excellent roman pour les vacances, mené tambour battant, à la hussarde!

Entre deux aventures palpitantes et particulières de Moïzette – surnom de l’héroïne de F.O.G. – je revenais au récit de Khaled HOSSINI.

Impossible de résumer ce livre assez étrange, où le récit d’un Afghanistan d’une autre éposque se mêle à la description d’un pays dévasté par l’intégrisme et l’obscurantisme, où l’amitié est entre deux enfants est au centre de l’intrigue.

Roman dense et pesant à la fois : le sentiment de culpabilité du narrateur vis à vis de son ami laisse un arrière-goût d’inachevé pour le lecteur qui peut trouver la construction de récit très bien menée ou complètement mièvre. On peut s’attacher aux différents personnages ou pas du tout : mais le fond du décor où se déroule le récit, donc l’Afghanistan avant l’invasion russe, pendant cette occupation et après la prise du pouvoir des Talibans est remarquablement reproduit.

Personnellement, je me suis laissé entraîné dans cet Afghanistan, même si l’histoire est parfois assez invraisemblable.

Mais peut pardonner à l’auteur ses insuffisances narratives à la lecture de ses descriptions d’une précision et d’une émotion remarquables.

Pour clore ces lectures exotiques, il me fallait un roman historique : j’apprécie ce genre car il instruit et divertit à la fois. Documentaire et fiction, il suffit d’y croire, de ne pas trop en demander en ce qui concerne la réalité des dialogues et parfois des situations et vous voilà embarqués pour un voyage, utile et agréable dans le passé.

J’ai donc choisi une vieille parution : “MOI ZENOBIE, REINE DE PALMYRE” de Bernard SIMIOT, édité par Albin Michel en 1978.

ZENOBIE

PALMYRE …Cette ville dont on a tellement entendu parler, ces derniers mois, à l’occasion de la guerre civile qui ravage la Syrie depuis bientôt sept ans!

Palmyre, merveille architecturale perdue dans le désert syrien et que les fous d’Allah de DAECH ont voulu rayer de la carte de la civilisation humaine!

Lire l’histoire de Palmyre raconté par Bernard SIMIOT, c’est comme regarder un excellent peplum, tourné avec tous les accessoires nécessaires, tous les décors fidèlement reconstitués, tous les dialogues bien écrits, tous les personnages parfaitement joués.

ZENOBIE, petite fille de l’aristocratie palmyrienne assujettie à Rome, rêvant de devenir reine, deviendra reine et défiera et Rome et les Perses.

Ce n’est pas de la grande littérature, je vous l’accorde, c’est de la lecture pour les vacances et c’en est une excellente!

Ainsi donc, mon voyage dans cet orient qui m’est plus proche s’est achevé avec le mois de Juillet.

Bon été à ceux qui ne sont pas encore partis en vacances! Bonnes lectures surtout!

DES LIVRES QUI NE SONT PAS FAITS POUR MOI ….

July 26, 2017 By: Citoyen Hmida Category: Coups de griffes, Livres

Je fais souvent confiance aux goûts littéraires, très hétéroclites, de mon aînée et grâce à elle, j’ai découvert beaucoup d’auteurs dont j’ignorais tout, jusqu’à l’existence.

Récemment, j’ai pris sur les étagères de sa bibliothèque trois ouvrages qu’elle avait classés dans la catégorie “asiatique”, en me disant “voilà, tu es paré en termes de lecture pour l’été”.

Il s’agissait en fait de deux romans japonnais et d’un troisième chinois! Je n’avais jamais auparavant approché la littéraire extrême-orientale, à part un petit livre dont j’avais parlé récemment ici même. :

LES BÉBÉS DE LA CONSIGNES AUTOMATIQUE du japonais Ryû MURAKAMIJ’ai lu2014 – 509 pages.

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KAFKA SUR LE RIVAGE de Haruki MURAKAMI, l’auteur japonnais qu’on ne présente plus, – 10/18 Belfond2011 – 638 pages.

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LE CLAN DU SORGHO ROUGE , du chinois Mo YAN, prix Nobel de littérature en 2012, éditions du Seuil – Points2016 – 542 pages.

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A mon grand désarroi, je ne suis pas arrivé à entrer dans dans aucun de ces romans.

L’histoire des deux gamins japonnais, abandonnés par leurs parents, recueillis par des bonnes sœurs puis adoptés par une famille, ne m’a pas convaincu….Et dès les premières pages, j’ai eu du mal à me concentrer sur leur aventure et leurs aventures à venir ne n’ont pas intéressé.

Question de style de l’auteur? Peut-être… Question de situation romanesque ? Surement …Question d’environnement ? Sans aucun doute, car j’ignore tout du monde nippon et Ruy Murakami en parle d’une manière trop abrupte pour qu’un novice comme moi s’y retrouve!

En tous cas, après plusieurs tentatives, je me suis résigné à fermer ce roman….de façon définitive. Je ne saurais jamais rien des aventures rocambolesques de Hashi et Kiku, dans ce Japon que je n’ai pas su appréhender.

Le second roman japonnais dont j’ai tenté la lecture s’est avéré aussi hermétique à ma façon de lire et de prendre les romans.

Je n’aime pas spécialement les romans d’initiation, ou les romans d’apprentissage, comme définit l’éditeur ce livre: “œuvre majeure, qui s’inscrit parmi les plus grands romans d’apprentissage de la littérature universelle”.

Je n’y ai trouvé rien de majeur, ni d’universel, ni même d’intéressant …Je ne doit pas être fait pour lire Haruki Murakami. Peut-être n’y suis-je pas préparé intellectuellement ou et-ce une simple question de goût!

Donc exit Sinshi (monsieur en japonnais) Murakami, je ne terminerais pas votre roman fût-il “parmi les plus grand de la littérature universelle”.!

Pensant avoir plus d’atomes crochus avec la Chine, je me suis attelé à lire “Le clan du sorgho rouge ” : le mot attelé n’est pas innocent ! J’ai tiré sur les pages de ce roman, de toute la volonté, j’ai tiré, tiré, tiré mais je n’arrivais à avancer dans “cette écriture épique où la violence des affrontements libère des forces sacrées”.

Pour moi, la lecture d’un roman doit d’abord être un plaisir, un moment ludique, une évasion, pas la plongée dans le glauque, le sanguinaire, le morbide aussi héroïque et tragique soit-il.

Donc très peu pour moi …Aux connaisseurs, aux experts de lire Mo Yan. Les prix Nobel de littérature, surtout quand ils sont légérement “téléguidés”, ne m’ont jamais spécialement impressionné!

POURQUOI JE SUIS SUR LES RÉSEAUX SOCIAUX..

July 24, 2017 By: Citoyen Hmida Category: Dans la blogama, Général, Presse, audiovisuel, NTC

Je fréquente les réseaux sociaux depuis de longues, très longues années…J’ai commencé par les discussions sur les forums puis j’ai découvert le BLOG

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Cela a été une révélation : depuis novembre 2005, je tiens un blog, ce blog hppt.www.citoyenhmida.org que je bichonne d’année en année, de mois en mois, de semaine en semaine et il fut un temps où je l’alimentais pratiquement chaque jour!

Tout y passait! L’actualité bien sûr, mes coups de gueule, la politique intérieure ou étrangère, le sport, les livres, mes coups de cœur, l’enseignement, la presse, la justice, l’économie et les finances, et enfin et surtout tout ce qui me passe par la tête, selon mon humeur….

Mes billets ont tenté d’être toujours sincères mais peut-être pas objectifs>! Que suis-je et qui suis-je pour prétendre à l’objectivité? Je voulais juste dire ce que je voulais, à ma manière, sans être sous la pression de quiconque, sans chercher à plaire à personne et sans essayer de déplaire à personne!

Ni gourou, ni guide, ni meneur ni suiveur, j’ai tenu à être juste une voix libre au milieu d’un monde virtuel où la virtualité et surtout l’anonymat confinent à l’héroïsme de salon, avec une grosse dose de posture salonnarde et une tranche d’hypocrisie matinée d’engagement politique et social.

Puis j’ai découvert TWITTER…
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C’est un monde beaucoup plus réactif et où il est nécessaire de bien cibler son sujet pour être crédible, de bien maîtriser la langue car la concision est nécessaire et surtout difficile, et surtout de s’ouvrir sur le monde beaucoup plus facilement que par l’entremise d’un blog.

Ainsi avec twitter, on peut toucher directement un éventail de personnes extrêmement large et être en contact direct avec d’autres dont on n’aurait pas révé lire en direct les messages.

Les américains l’ont vite compris et leurs présidents eux-même ont usé et usent de ce média de manière très importnte, mais peut-être pas de la manière la plus intelligente. On a vu ce qu’a réalisé Barak OBAMA grâce à Twitter et qu’en fait actuellement Donald TRUMP.

Au niveau national, on a pu juger de la grande utilité de TWITTER lors de certaines mobilisations, le DANIELGATE mais on a pu aussi noter des dérives malheureuses comme certaines campagnes menées contre tel ou tel personnage public!

TWITTER permet aussi de mesurer le degré d’ouverture, plutôt d’étroitesse, d’esprit de certains noms par ailleurs fort respectables : il suffit que vos commentaires ne plaisent pas pour que vous voyez bloqué. Ainsi des personnes, censés être des chantres de la liberté d’expression et les défenseurs de la diversité d’opinions, m’ont bloqué pour la simple raison que j’ai “osé” répondre à leurs twitts de façon directe, sans détour et surtout sans aucune complaisance!

Mais Twetter restera pour moi le média qui a permis deux opérations caritatives formidables initiées par une personne qui m’est très proche et que j’admire énormément pour ce qu’elle fait (sans le lui dire la plus part du temps) : les opérations #100DHpouraider et #100DHpourétudier!

Finalement, TWITTER demeure un réseau social où je me sens à l’aise.

Et depuis quelque mois, je fraie avec FACE BOOK que j’avais longtemps snobé – il n’y a pas d’autre terme – parce je croyais ce média un peu trop “djeune”, trop exhibitionniste, pas du tout en harmonie avec mon âge et ma manière de voir et de vivre les choses!

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Là j’ai pu rencontrer des personnes de mon âge, chose que je croyais impensable, des personnes partageant la même vision du monde que moi, un peu nostalgique forcément, un peu passéiste et surtout très sereine et très optimiste, malgré tout ce que le monde connait en ces temps difficiles.

J’au ainsi ainsi intégrer de groupes, m’y faire des interlocuteurs et y trouver ma place!

Ainsi continuerai-je donc à naviguer sur ces trois réseaux sociaux, en évitant de me tremper dans des polémiques tériles mais en engageant des discussions fructueuses et enrichissantes, en abordant librement et sans préjugés ni a priori ni tabous les sujets qui m’interpellent, en refusant toute mode ou toute dictature intellectuelle d’où qu’elle vienne, toute propagande quelque en soit l’origine.

Libre j’ai été sur mon blog, libre j’ai continué à l’être sur twitter, libre je le serai sur Face Book!

LECTURES CROISÉES ESTIVALES ET BIZARRES

July 12, 2017 By: Citoyen Hmida Category: Livres

L’été est un bon moment pour lire : on choisit en général de gros pavés, sans aucun intérêt litéraire, des trucs que tout le monde a prétendu avoir lu et qu’on n’a ps le temps d’ouvrir en temps normal…

Pour la part, j’ai chosi quelques livres dont j’ignorais tout, seul le titre m’a inspiré!

J’ai commencé justement par un pavé dont l’action se déroule à Belfast, en 24 heures chrono, le temps pour un nancien voyou irlandais, devenu grand voyou aux USA pour finir comme bénéficiaire d’un programme de protection de témoins après avoir balancé ces anciens acolytes.

Ce thriller est un très mauvaise lecture que je déconseille très vivement, mais que je me suis imposé jusqu’à la dernière page pour voir jusqu’où Adian MacKINTY pouvait pousser le bouchon : dans ce “RETOUR DE FLAMMES“, les cadavres jonchent le sol de capitale irlandaise, dans l’indifférence la plus totale des autorités, malgré les explosions, les fusillades, les enlèvements, les poursuites infernales dans une ville dont on se demande si elle est habitée ou s’il s’agit d’un décor de cinéma.

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Bien que classé dans la SERIE SOIRE des éditions GALLIMARD, cette publication parue en 2009 est à jeter à la poubelle, avec une pensée et des regrets pour le nombre d’arbes abattus pour “commettre” ce livre.

Ensuite, j’ai enchaîné avec un petit livre d’une centaine de pages, exactement 115, que mon ainée avait oublié : or, je fais confiance à son gout littéraire. L’auteur Lui XINWU serait, d’après la quatrième couverture, “l’un des plus grands écrivains chinois contemporains, foi d’éditeur.

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LA CENDRILLON DU CANAL, suivi de POISSON A FACE HUMAINE, publiée par FOLIO 2 en août 2012 sont deux textes d’une simplicité désarmante, mais très touchante, de la vie dans Pékin, après la révolution culturelle imposée par Mao et avec la mise en place de la logique de “l’économie de marché”.

Il ne s’agit pas de nouvelles, ni de romans courts, ni de récits : l’un est l’autre de ces textes fait penser à un documentaire, réalisé avec une petite camera à laquelle rien n’échappe de la réalité quotidienne pékinoise, mais qui n’est guidée par aucun fil rouge et qui n’a rien à prouver, seulement témoigner.

Ces deux productions font-elles de Lui XIMU un grand écrivain ? Peut-être car on dévore ces deux récits avec délectation, sans être perturbé ni par un misérabilisme où il aurait été facile d’entrainer le lecteur ni par une intrigue qui se révèle inutile pour supporter le récit.

Un genre donc à découvrir avec un certain plaisir!

Pour finir ces vacances en bord de mer, j’ai plongé les yeux ouverts dans “DESORDRES” de Jonathan GILLOT un thriller paru en juin 2016 chez les éditions Ex Aequo

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Roman de politique-fiction assez troublant : des fanatiques “nationaux-souverainistes” français s’emparent une petite ville de province, prennent les habitants en otages et tentent de négocier avec le pouvoir républicain.

Le roman est mené tambour battant, avec son lot de violence, de suspens, de rencontres humaines et de situations peut-être surréalistes mais il faut garder en tête l’avertissement de Jonathan Gillot : “les point de vue exprimés dans cette fiction se sont pas nécessairement ceux de l’auteur, mais bien souvent ses pires craintes”.

En ces temps troubles où les extrêmes de tout bords prennent le pas sur les idéologies traditionnelles et équilibrées, la survenance d’événements comme ceux relatés dans DESORDRES n’est pas exclue.

En tous cas, le roman est un bon compagnon des moments de bronzage au bord le plage§

BONNES VACANCES A TOUS ET A TOUTES et surtout ne bronzez pas idots!

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FACE BOOK ……Attention danger !

July 04, 2017 By: Citoyen Hmida Category: Livres

Voilà un roman qui tombe à pic en cette période estivale mais troublée à la fois, car il joint l’agréable à l’utile !

Jérôme DUMOUNIN nous introduit dans “FAUX PROFIL“, paru en 2012 chez les éditions GRASSET, dans un monde qui nous parait actuellement si familier et pratiquement aussi important que le vrai monde réel, le monde des réseaux sociaux et surtout celui de FACE BOOK.

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En effet, pour une grande partie de nos contemporains le monde facebookien représente leur vrai monde, celui où ils évoluent avec une aisance beaucoup plus naturelle que celle qu’ils ont des difficultés à montrer dans la réalité, un monde où ils nouent et dénouent des amitiés virtuelles mais parfois plus durables et apparemment plus sincères que celles de la vraie vie, un monde où ils puisent l’essentiel de leur perception du monde en général, des informations sur ce qui se passe dans la réalité!

Ce roman pose justement le problème de l’importance démesurée que prend ce monde sur la réalité vraie et concrète!

Il met en scène une bande d’amis, tout à fait normaux, bien ancrés dans la vie réelle, ayant chacun un métier, une vie sentimentale, des passions, des problèmes concrets, mais qui, par ailleurs, sont plongés dans le monde de FACE BOOK où ils vivent une partie de leur temps.

Réunis autour du profil très particulier et très attachant à la fois de CYRIL, ils finissent par tomber sous le charme de ses interventions pertinentes, intelligentes, brillantes et parfois très percutantes, à la limite de l’agressivité, mais une agressivité empreinte de culture.

Autour donc de ce CYRIL que personne ne connait personnellement, mais que tout le groupe adule, au même totre que les cinq mille amis déréglementaires” que Face Book lui permet de réunir, se crée un mythe qui donne naissance aux sentiments les plus inattendus.

Certains membres du groupe finissent même par “aimer” vraiment CYRIL au sens le plus concret du terme, à en tomber littéralement amoureux comme dans la vraie vie.

Heureusement, une réaction salutaire finit par se produire et une partie du groupe d’amis “ré&els” décide d’enquêter sur ce CYRIL et finit par découvrir…..

Non, je ne vous dirais pa ce qui sera découvert, je ne “sploilerai” (gâcherai) la fin de ce roman mais je vous dirai quand même si vous êtes un fan de Face Book, faites quand même attention à ces fameux amis que vous pouvez y rencontrer!

PAS DE FATALITÉ DE LA MONTAGNE !

June 25, 2017 By: Citoyen Hmida Category: Livres, Société

Je suis immergé depuis une bonne semaine – et surement pour un long moment encore – dans la lecture de “LES JBALA DU RIF – Des lettrés en montagne” de Jacques Jawhar VIGNET-ZUNZ, paru en 2014 chez les éditions “La Croisée des Chemins“.

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Quand j’écris “immergé”, le mot est pris dans son sens le plus concret.

En effet les 409 pages de cet imposant ouvrage constituent un océan de renseignements sur les JBALA, cette population de montagne qui vit sur la partie occidentale et centrale du Rif, entre le détroit de Gibraltar et la trouée de Taza.

L’auteur nous présente ici le fruit d’un travail de trente ans en tant qu’ethnologue du CNRS (Centre National de Recherche Scientifique, Paris) et de l’INREMAN (Institut d’Etudes et de Recherches sur le Monde Arabe et Musulman, Aix-en-Provence.

Il serait prétentieux de ma part de tenter une présentation même sommaire de cette somme, tant sa lecture est ardue mais tellement enrichissante mais aussi tellement passionate, surtout en cette période où le Rif est au centre des préoccupations du Maroc et des marocains.

Cpendant, je crois qu’une fois que j’aurais refermé cet ouvrage, en plus de mille et cent informations que j’y aurai puisées, une phrase restera gravée dans mon esprit, à savoir : IL N’Y A PAS DE FATALITÉ DE L’ARCHAÏSME, DU RETARD ET DE LA MARGINALITÉ DU MILIEU MONTAGNARD”.

Cette conclusion à laquelle est arrivé l’auteur découle, non pas d’élucubrations d’un illuminé, idéaliste et rêveur, mais d’observations et de constats réalisés sur le terrain dans la zone qu’il a étudiée et qu’il a croisés avec d’autres études effectuées en Libye et en Kabylie qui présentent des similitudes de relief et de populations avec le Rif marocain.

Ne serait-ce que pour cette phrase, je conseillerais à tous ceux que la situation actuelle du Rif intéresse ou éventuellement préoccupe préoccupe, de consulter cet ouvrage.

AL MOUNFARIJA ( المنفرجة ) : poème de l’espoir et de l’espérance

June 20, 2017 By: Citoyen Hmida Category: Poésie

J’avais promis dans un de mes derniers billets de revenir sur le poème AL MOUNFARIJA ( المنفرجة ).

Le citoyen lamda que je suis ne connaissait que la version popularisée par notre grand chanteur national Abdelhadi BELKHAYAT et comme nombre de marocain/es novices en matière de chants religieux, je pensais que la composition musicale qui portait ces paroles était de ce grand artiste qui nous a donné tant de morceaux plus beaux les uns que les autres.

Or, la lecture du dernier roman de Mahi BENBINE (le fou du roi), où il parle de son père qui était bouffon du défunt roi Hassan II, m’a poussé à en savoir plus sur AL MOUNFARIJA. Et j’ai appris quelques détails que je partage avec vous.

Le texte du poème – de la qacida – est de l’imam Abu Al Fadhl Yûsûf Ben Mohamed Ben Yûsuf Al Tozirî Al Tilimsânî (né à Tozeur en Tunisie en 433 de l’Hégire – 1041 et décédé à Bejaïa, en Algérie en 513 de l’hégire – en 1119) et il avait le ” pouvoir » d’apaiser les malheurs comme celui d’exaucer les vœux de celui qui la réciterait “.

Mais selon la version romancée du père de Mahi BINBINE – poète lui-même et surtout grand connaisseur de la littérature orale arabe – le texte de ce poème aurait été écrit par un joaillier, un peu poète, à qui un sultan aurait ordonné de tailler pour le lendemain matin une émeraude d’une rare finesse en vue de l’offrir à son épouse qui allait accoucher. Le joaillier, par une malencontreuse maladresse, aurait brisé l’émeraude en deux morceaux pratiquement égaux.

Craignant les foudres colériques du sultan, le joaillier-poète a passé la nuit à composer ce poème et avant le lever su soleil, un émissaire vient lui annoncer que l’épouse du sultan avait accouché de DEUX JUMEAUX et qu’il devait donc présenter à son souverain DEUX JOYAUX…Il a pu ainsi tailler les deux pierres identiques et réaliser deux bijoux identiques.

Ce poème l’avait sauvé …

Depuis, ce texte est récité dans les mosquées et les soirées religieuses pour rendre grâce à Allah de nous donner espoir et de nous permettre l’espérance! La récitation est facilitée par le rhyme assez particulier de la métrique choisie par Abu Al Fadl.

Dans la tradition marocaine, nous continuons encore, à certaines occasions, à réciter AL MOUNFARIJA sans aucune référence musicale, en respectant juste le rythme du texte.

Quant à la composition musicale, elle serait due à un maître libyen du “maalouf” (genre de musique arabo-andalouse très apprécié dans l’est algérien, en Tunisie et en Libye) Hassan LARIBI qui a présenté son oeuvre musicale au public d’Alger lors du festival international des musiques anciennes organisé en 2006.

Il semblerait que feu le roi Hassan II, quand il a découvert la version chantée de cette qacida, aurait demandé à Abdelhadi BENKHYAT d’en réaliser une orchestration moderne, ce que donna la version que nous connaissons tous.

PS : Pour avoir le texte original de ce poème, sa traduction en français et son explication et pour d’autres renseignements qui ont nourri ce billet, voir ce lien

MAL NOMMER LES CHOSES ……OU NE PAS LES NOMMER DU TOUT (2/2)

June 17, 2017 By: Citoyen Hmida Category: Général

……SUITE et FIN

Ne pas évoquer un événement n’implique pas sa disparition, comme par enchantement ! >On ne peut nier un fait, en détournant le regard, en se bouchant les oreilles et en n’en parlant pas

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La réalité et la vérité sont têtues et elles finissent par s’imposent, aux puissants comme aus faibles, aux grands comme aux petits, aux gouvernants comme aux gouvernés!

Ne pas nommer une chose n’a rien d’intelligent ni d’efficace : la situation à Al Hoceima depuis octobre 2016 n’est pas normale, c’est le moins que l’on puisse dire et ne pas en parler officiellement ne change rien à l’affaire!

Or, c’est cette solution stupide et même répréhensible que le gouvernement, avec tous les organes et institutions qui gravitent autour, a choisi : ne pas nommer les manifestations d’Al Hoceima par le MOT qui leur convient ! C’est-à-dire “MANIFESTATIONS”! D’autant que les manifestations sont une forme d’expression populaire reconnue par la loi!

Mais reprenons l’affaire depuis le début !

1/ LES MEDIAS OFFICIELS : La mort tragique de Mouhcine FIKRI a été occultée, cachée, poussée du bout du pied dans le rayon des non-événements par les médias officiels jusqu’à la visite du ministre de l’intérieur à Al Hoceima.

L’impact de cette mort sur la population a été totalement “zappée” par les télévisions de l’état (AL OULA et 2M) et par la seule chaîne privée Midi1TV : tout le paquet a été mis sur la visite du ministre, ses rencontres et ses déclarations!

Les médias officiels et la presse en général, n’ont pas vu une ville et ses environs en ébullition, peut-être parce que cette ébullition était pacifique et ordonnée.

Mais n’accablons pas notre presse en général et nos médias publics en particulier : nous la connaissons et ils ne vont pas, en cette occasion précisément, se sentir pousser les ailes de la prise de l’initiative ou celles de l’objectivité et surtout celles de la compétence.

La MAP n’a rien dit parce que le gouvernement dont elle est le porte-parole n’a rien dit.

2/ LE CHEF DU GOUVERNEMENT : Le chef de gouvernement de l’époque, le sieur Abdelillah BENKIRANE, n’a pas jugé nécessaire de nommer ce qui se passait à Al Hoceima. Il a dû considérer que les événements se déroulant dans des localités échappant à son parti : rappelons que 36 des 39 communes de la province d’Al Hoceima sont gérées par des conseils non-PJD contrairement au reste de la région de Tanger-Tétaoun-Al Hoceima. Par ailleurs, la présidence de la région lui échappait également!

Donc, et comme à son habitude, M. Benkirane, secrétaire général du PJD et accessoirement chef du gouvernement, n’a accordé aucune importance aux éventements du Rif. Nous nous rappelons qu’à la fin de sa mandature, il avait présenté le bilan des ministères relevant de son parti, passant sous silence le bilan – bien mince par ailleurs – de ses alliés de la coalition. Donc pour lui, la région de Tanger-Téaouan-Al Hoceima et surtout la province d’Al Hoceima ne devait bénéficier d’aucun intérêt de sa part.

Il s’est donc contenté de ne pas nommer ce qui survenait dans cette partie du royaume, ni par des mots dénigrants ou réprobateurs! Non, il était occupé à autre chose et a négligé le problème.

3/ LES MINISTRES : que devaient-ils et que pouvaient-ils faire come ministres chargés des affaires courantes. ILs avaient surtout envie de ne voir, ne rien entendre et ne rien dire et par voie de conséquence ne rien faire qui puisse nuire à leur reconduction comme ministre. A par le ministre de l’intérieur, qui est intervenu “sur instructions royales”, les ministres ont été aux abonnés absents jusqu’à ce la situation n’enlise et n’enveniment. Ils arrivèrent en groupe, leurs attachés-cases pleins de projets qui étaient oubliés dans les tiroirs depuis 2015! Trop tard, Mokhtar, comme dirait l’autre!

4/ LE PARLEMENT : comme d’habitude, notre parlement n’a réagi qu’après-coup! Complètement bloqués par l’incapacité de Benkirane à former un gouvernement, nos parlementaires ont failli à leur rôle en choisissant le silence, donc le déni de la situation : les élus de tous bords n’ont parlé que ces dernières jours pour tirer à boulets rouges sur le gouvernement! Mais où étiez-vous donc, messieurs et mesdames les représentants de la nation, quand un agitateur dénonçait ce même gouvernement et le faisant seul en héros, il a fini par semer le chaos dans sa ville et la zizanie dans le pays!

5/ LES PARTIS POLITIQUES LES SYNDICATS : normalement, ce sont les courroies de transmission démocratiques entre la population et les pouvoirs publics. Or, guidés par des con sidérations que j’ignore, aucun parti politque ni aucun syndicat ne s’est exprimé de façon claire et nette sur les événements qui nous intéressent. N’avaient-ils plus prise sur la population? Leur organisation locale n’encadre-t-elle pas suffisamment la base? Les dirigeants nationaux des partis et des syndicats ont-ils estimé que les événements d’Al Hoceime ne pouvaient pas les servir ou pire ont-ils jugé qu’ils pouvaient au contraire les conforter dans leurs positions respectives et œuvrer à la réalisation des ambitions personnelles des uns et des autres.

Dans cette affaire, les institutions en charge d’après la constitution de “l’encadrement et à la formation politique des citoyennes et citoyens, à la promotion de leur participation à la vie nationale et à la gestion des affaires publiques” ont lamentablement dans leur rôle : leur silence trop lent est aussi incompréhensible que leurs soudaines imprécations sous la coupole du parlement!

Quant aux syndicats, ils furent inexistants…Autant que les chambres ou organisations professionnelles …

Personne n’a parlé…Personne n’a mis un mot sur ce qui se passait sous ses yeux!

6/ LA JUSTICE Durant toute la période de contestation “pacifique”, les meneurs du Haraq ont maintes fois défié la justice par leur propos….mais liberté d’expression oblige, en 2017, au Maroc, la justice n’a pas son mot à dire quand il s’agit de MOTS…

Mais la justice aurait pu plus entreprenante dans la recherche de la vérité dans l’affaire Fikir : elle n’a vu et entendu qu’une partie de la vérité et elle a dit son mot sans nommer les vraies raisons du drame!

7/ LA SOCIETE CIVILE : Al Hoceima, comme la plupart des petites villes du pays, compte des dizaines, peut-être des centaines d’associations allant des associations de parents d’élèves à des antennes d’ONG ayant pignon sur rue à l’échelle nationale et même internationale.

Qu’a fait cette société civile si prolifique et parfois si entreprenante quand il s’agit de rechercher des fonds pour tels ou tels projets souvent fumeux sinon imaginaires?

Dans ce secteur aussi, à part les sempiternelles interventions des droits-de-lhommistes autoproclamés, le silence a été la règle! Par prudence, par ignorance ou par négligence?

8/ INSTRUMENTALISATION DES MOTS : Ainsi, le silence assourdissant des principaux acteurs et protagonistes ayant légitimement voix au chapitre a-t-il laissé la voie libre à d’autres intervenants qui se sont appropriés les MOTS pour qualifier à leur manière la situation dans la région du Rif !

Les facilités de la communication électronique ont permis en quelques semaines de transformer des revendications sociales et économiques tout à fait légitimes en une espèce de révolte, soutenue par des sources plus que douteuses et provocant ainsi un choc non pas de civilisation, mais un choc de communication dont les stigmates risquent de durer longtemps après la cicatrisation des blessures des uns et des autres!

9/ ET MAINTENANT ? Maintenant que le mal a pris, que le presque irréparable a été commis, que la violence semble être devenue la règle là où les uns se disaient “pacifiques” et les autres “garants de l’ordre public”, maintenant que la parole et même les paroles, comme par hasard, se sont libérées, tout le monde, dans une unanimité douteuse comme le sont toutes les unanimités, réclame non plus la réalisation des revendications légitimes des populations d’Al Hoceima mais la libération de ce qu’on appelle à tort – OUI A TORT – les prisonniers politiques!

Je veux terminer ce billet par des paroles de Léo Férré qui dit dans sa chanson “est-ce ainsi que les hommes vivent” :*

“Moi si j’y tenais mal mon rôle
C’était de n’y comprendre rien”.

En effet, nous autres citoyen/nes, nous tenons mal notre rôle dans cette grave crise : c’est que nous n’y comprenons rien! Mais cela ne nous empêche pas d’essayer d’y voir clair!

MAL NOMMER LES CHOSES…..ET NE PAS LES NOMMER DU TOUT (1/2)

June 16, 2017 By: Citoyen Hmida Category: Société

Albert Camus l’avait dit : “Mal nommer les choses, c’est ajouter au malheur du monde“! On pourrait ajouter que “ne pas les nommer du tout contribue à rendre le malheur encore plus insupportable”

Et ce qui arrive dans notre pays est la preuve la plus évidente de cette double affirmation, et je me réfère bien entendu aux événements que connait la ville d’Al Hoceima et par ricochet un certain nombre d’autres localités à travers le royaume!

Dans cette région éloignée et mal connue, les uns ont mal nommé ce qui s’y passait et les autres ne l’ont pas du tout nommé contribuant les uns et les autres à pousser insidieusement le pays dans son ensemble vers l’inconnu.

Depuis la mort tragique de Mouhcine FIKRI, nous qualifions les faits de vocables qui ne correspondent pas à la réalité et nous contribuons ainsi à créer la confusion, puis l’incompréhension et finalement l’affrontement!

1/ Mouhcine FIKRI, que Allah ait son âme, n’était pas un petit vendeur de poissons ni un pauvre pêcheur! Toute le ville d’Al Hoceima le savait et savait la vérité. Mais nous avons jusqu’à ce jour continuer à en parler comme tel.

2/ Sa mort était accidentelle mais elle avait un ou plusieurs responsables, à différents niveaux! Mais nous avons continué à en parler comme si c’é”tait un crime sordide, prémédité et même organisé.

3/ Les manifestations qui ont suivi cette mort affreuse, tragique ont chevauché cet événement pour se parer de la qualification de “revendications sociales, économiques et culturelles”. Les questions sociales, économiques et culturelles d’Al Hoceima ont-elles jamais été la priorité de feu Mouhcine FIKRI ? Je n’en sais rien mais je peux me permettre d’en douter. Et profiter de sa mort pour en parler me semble discutable.

4/ Les manifestations se répétant sont devenues dans le langage médiatique, notamment européen et dans le langage des internautes “la révolte du Rif”. Pourtant, le mot “révolte” a un sens bien précis que l’on a allègrement dépassé sans souci pour la vérité.

5/ Réclamer l’ouverture d’un hôpital d’oncologie alors que cette unité existe et fonctionne depuis deux lustres au lieu de réclamer tout simplement son extension et l’amélioration de ses équipements, relève de la confusion volontaire des mots et des choses.

5/ La présence – certes massive – des forces de l’ordre (et non pas de forces militaires) s’est très vite transformée en “force de répression” pour ne pas dire en “force d’occupation”.

6/ Les slogans lancés par les manifestants, qui n’avait rien de spontané, et plus encore les déclarations de leur leaders ont contribué par leur imprécision sémantique à semer le trouble : l’administration marocaine, qui est la même de Casablanca jusqu’aux coins les plus reculées du royaume, a été qualifiée dans le meilleur des cas de “militarisation de la ville” et au pire de “colonisation“. Les mots ont un sens et déformer ce sens participe à la déformation de la vérité et contribue à l’installation du chaos. On en arrive ainsi à comparer un simple agitateur de quartier de leader et à le comparer à Abdelkrim Al Khattabi?

7/ L’interruption d’un prêche du vendredi, acte d’une très grande gravité dans une société musulmane puni par ailleurs par la loi, est vu par son auteur comme un acte normal et même nécessaire du moment qu’il le considère comme un acte de lutte contre le mal – “mounkar

8/ La liberté que donne la toile et les réseaux sociaux a grandement contribué à cette incompréhension des faits et à leur interprétation erronée par ceux-là qui les organisaient comme par ceux qui sont sensés les contrôler et les endiguer : une manifestation est dite pacifique – “silmiya” – par les uns et qualifiée de trouble à l’ordre public par les autres et elle devient “révolte du peuple riffain contre la tyrannie” par certains.

9/ Les personnes arrêtées par la police – comme cela se produit dans tous les pays du monde quand une manifestation dégénère – sont auréolées du titre de “prisonniers politiques” ! Beaucoup parmi les personnes qui utilisent ces mots n’en connaissent la définition exacte et semblent avoir oublié que les prisonniers politiques l’étaient pour leurs “idées” et non pas pour leurs “actes”.

10/ Les séances des tribunaux, que ce soit au niveau de l’instruction ou au niveau des jugements, ne sont que “simulacre de justice”, que des actes exécutés par “une justice aux ordres”, malgré la présence de dizaines d’avocats dont les déclarations se contredisent d’ailleurs à ce sujet.

Je peux continuer ainsi l’énumération de faits réels, concrets et vérifiables, mais que chacun qualifie de la manière qui lui convient, qui lui permet leur utilisation à son profit mais malheureusement au détriment de la vérité.

Si l’on nommait chaque chose par le mot qui lui correspond, je suis certain que la crise n’aurait pas atteint le niveau artificiel qu’elle a atteint.

Mais ne pas nommer les choses du tout est encore plus grave et ce sera l’objet de mon prochain billet.

A SUIVRE ……

Mahi BINBINE entre le bouffon et le martyr.

June 11, 2017 By: Citoyen Hmida Category: Livres

Mahi BINBINE a publié en mars 2017 chez les éditions LE FENNEC son dernier roman “LE FOU DU ROI

livre mahi binebine

Il faut signaler que la sortie nationale de cet ouvrage a été concomitante, comme pour les dernières publications de Binbine, à sa parution en France aux éditions STOCK

le fou stock

Que dire de ce roman?

La première impression est que l’auteur a semble l’avoir enfanté dans une infinie douleur pour plusieurs raisons.

En effet, ce n’est pas aisé de parler d’un père dont le vie consiste essentiel à divertir un roi.

Le récit de la vie quotidienne du défunt roi Hassan II y est abordée par le biais de ce que rapporte le père de l’auteur, qui n’est finalement que le bouffon attitré du souverain. Mahi BENBINE édulcore donc la rôle de son père et romance jusqu’à l’extravagance certaines situations, leur faisant perdre toute crédibilité. Après tout, Mahi est conteur, fils de conteur!

Ensuite, ce roman représente pour l’auteur l’occasion d’aborder le cas de son frère militaire victime expiatoire de la vengeance d’un roi, enfermé durant une vingtaine d’années dans le sinistre bagne de Tazmamart à la suite de la tentative du coup d’état de juillet 1971. Et renié par son père, qui ne pouvait agir autrement sans entraîner toute sa famille dans un trou sans fond.

Mahi BINBINE aurait pu s’approprier la mémoire de son frère et en tirer des passages bouleversants! Mais Mahi BINBINE n’est pas Tahar BENJELLLOUN et il a suffisamment de talent pour évoquer en quelques pages la douleur de la mère et le pardon du fils, sans condamner ni même juger!

De ce livre, je retiendrai pour ma part l’évocation par le père BINBINE du poème “AL MOUNFARIJA” : ces pages m’ont incité à faire des recherches sur ce texte qui m’a toujours intrigué, surtout dans ses diverses formes chantées. J’en parlerais peut-être prochainement.

Il faut lire le livre de Mahi BINBINE, il est très bien écrit, comme les derniers romans de l’auteur que j’avais évoqués ici et .

Un livre écrit avec le cœur, une oeuvre thérapeutique pourrait-on dire. L’auteur précise en effet dans sa présentation en quatrième de couverture : “cela fait des années que je cherche à raconter cette histoire, qui a la fantaisie du conte lointain et la gravité d’un drame humain“.

UNE PROPOSITION POUR SAUVER AL HOCEIMA ET POURQUOI PAS LE RIF

June 04, 2017 By: Citoyen Hmida Category: Société

A propos de la situation à AL HOCEIMA, le collectif MATKICH BLADI a émis une idée qui, à prime abord, m’a semblé simpliste car elle consistait essentiellement en une solution financière : débloquer un MILLIARD DE DIRHAMS destinés à un fonds d’urgence de manière à résoudre la crise actuelle.

UN MILLIARD de dirhams ….Comme on dit chez moi, “mat jamwou ghir al foum” …Où trouver UN MILLIARD de dirhams, par ces temps de crise financière et économique!

Et à supposer qu’on le trouve, CE MILLIARD de dirhams, qui gérera le fonds qui abritera cette nouvelle ligne budgétaire?

La défiance est telle entre la population, les élus locaux, régionaux et nationaux, l’administration locale, régionale (elle n’existe à ce jour que sur le papier) et l’état de manière générale, représentés par ses ministres et les autres structures (les offices par exemple) que toute velléité de mettre en place un quelconque programme semble vouée à l’échec.

Et à quels projets réserver ce montant? Qui les fixera? Qui en établira la priorité? Qui en définira les conditions d’exécution?

Donc l’impasse est totale….NON, PAS TOTALE …et même avec un peu d’imagination, un peu de patriotisme, un peu de sérieux, beaucoup de confiance dans ce pays et ses hommes, il se peut que cette soit inexistante!

L’équation est simple : UN MILLIARD + PROJETS + CONFIANCE = DÉVELOPPEMENT

Le MILLIARD de dirhams peut être levé en quelques jours par UN EMPRUNT NATIONAL GARANTI PAR L’ETAT lancé auprès des nos compatriotes de la diaspora originaires du RIF !

Ils peuvent très bien réserver une partie de leurs transferts à cet EMPRUNT NATIONAL : au lieu d’alimenter des comptes rémunérés auprès des banques marocaines, leur épargne servira à réunir ce MILLIARD DE DIRHAMS.

Ce geste patriotique, et aussi régionaliste pourquoi le cacher, sera hautement appréciée par les populations qui se rendront compte que les fils/filles, frères/sœurs, cousins/cousines, installé outre-méditerranée ou ailleurs, se sentent impliqués non seulement dans les affaires familiales mais aussi dans celles de la région!

BANK AL MAGHRIB est suffisamment préparée pour lancer cet emprunt, en récolter les suscriptions, et surtout abriter les fonds et les gérer selon les directives qu’elle recevra.

Si le MILLIARD DE DIRHAMS n’est finalement qu’un problème d’ordre financier, son utilisation est autrement plus problématique !

Une commission, un comité, un groupe de travail, un haut-commissariat, appelez cela comme voudrez, bref une instance devra être désignée à cet effet et surtout être INDÉPENDANT DE TOUTE INFLUENCE politique, ethnique et économique donc relever DIRECTEMENT ET UNIQUEMENT DU CHEF DE L’ETAT.

Cette structure devra présenter dans un délai raisonnablement court une liste de projets viables, sûrs, rentables, pourvoyeurs d’emplois et de revenus réguliers, destinés à créer de la richesse pour la population et à dégager des profits à même de permettre le remboursement de l’emprunt qui les financerait.

Ainsi, les fils de la région prendraient sur eux-mêmes de fiancer directement et sans passer par l’état des projets d’investissement productifs qu’ils auront choisi et qu’ils auraont à coeur de mener à bien pour récupérer leur mise.

L’état et le pouvoir central aura comme obligation d’apporter son concours pour favoriser la réalisation de ces projets, par sa contribution aux infrastructures, par l’instauration d’une fiscalité incitative, par le respect de la légalité dans les activités et par la protection de la sécurité des biens et des personnes.

Mais il ne faut pas oublier un élément que, jusqu’à ce jour, personne n’a soulevé ou n’a voulu clairement évoquer : le Rif en général et Al Hoceima en particulier vit et dépend de la culture du cannabis, du kif et de tout ce qui en découle . Le problème doit être réglé de manière radicale et définitive pour permettre la mise en place d’un programme de développement sain et transparent.

Cela peut sembler utopique, mais en fait, cette proposition, pour fantaisiste et personnelle qu’elle soit, s’inscrit dans la droite ligne de la régionalisation avancée et de la prise en main des populations d’une région donnée de leur destin.

ETAT DE DROIT ET DES INSTITUTIONS ou TERRITOIRE DE FACTIONS ET DE GROUPUSCULESS

June 02, 2017 By: Citoyen Hmida Category: Politique intérieure

Depuis plusieurs mois la situation de la ville d’Al Hoceima connait une tension, chaque jour, chaque semaine, chaque mois plus forte et chaque mois, chaque semaine, chaque jour, cette tension a été entretenue et amplifiée au point d’en arriver au point d’une rupture apparemment irréversible.

En fait, cette tension aurait dû être absorbée par les amortisseurs naturels que sont les représentations populaires locales, régionales et nationales.

Or, aucune de ces courroies de transmission, légalement habilitées, ne semblent avoir réussi à recevoir et à transmettre à qui de droit les doléances de la population !

Cette tension aurait pu être mise en lumière par les partis politiques : c’est leur rôle d’encadrer la population, de la guider, de la mobiliser et en fin de compte de rendre compte à la nation des situations graves ou présentant des risques de gravité. Ni les partis de la majorité ni ceux de l’opposition ne se sont manifestés et ils ont attendu que les prétentions et les appétits personnels des leurs dirigeants soient satisfaits pour enfin se prononcer et de la manière la plus maladroite qui soit.

Cette tension aurait pu être anticipée et atténuée par le pouvoir central.

Or, et on l’oublie souvent soit par méconnaissance ou par mauvaise foi, le pouvoir exécutif est resté en état de vacance (sans S, dans le sens de “momentanément dépourvu de titulaire”) depuis le lancement de campagne électorale, c’est-à-dire depuis septembre 2016 jusqu’à il y quelques semaines.

Monsieur BENKIRANE avait abandonné sa casquette de chef de gouvernement et s’était coiffé de son casque de chef de parti pour sillonner le Maroc et battre la campagne pour ses amis et pour lui-même oubliant la gestion du pays ou la délaissant aux soins de certains ministres dont celui de l’intérieur.

Ensuite Monsieur BENKIRANE s’est enfermé pendant plus de cinq très longs mois dans son entêtement et son incapacité de former un gouvernement, bloquant même le fonctionnement de l’institution parlementaire et continuer par la force des choses à détourner le regard des problèmes du pays : le vote de texte sur l’entrée du Maroc à l’U.A. n’a pu être obtenu que par une pirouette, la loi de finances n’a pas été votée en temps voulu et bien sûr les problèmes quotidiens du pays ont été remisés au rayon des affaires sans intérêt.

L’actuel chef de gouvernement semble vouloir prendre les choses en main : ce n’est pas trop tard malgré les apparences et malgré les critiques acerbes qu’il subit.

Cette négligence des élus, locaux, régionaux ou nationaux, cette incurie des partis politiques, cette insouciance COUPABLE du gouvernement, ont laissé la population à la merci du premier venu, habile orateur, tribun émérite mais grand mégalomane devant l’éternel.

L’intelligence de la foule étant inversement proportionnelle à son nombre et le jeu des réseaux sociaux amplifiant de manière exponentielle cette foule, donc diminuant tout ainsi exponentiellement la capacité des uns et des autres d’appréhender les tenants et les aboutissants de la crise, ont abouti à la crise actuelle : des revendications socio-économiques, justes et légitimes, se sont transformées en discours confus, mal exprimés et mal perçus, aboutissant à des actes répréhensibles.

Une crise, somme toute normale, s’est mue en crise majeure dont la solution semble à ce jour échapper à tous les protagonistes!

Faut-il pour autant faire appel à des nouveaux intermédiaires pour jouer les pompiers de service!

La société civile s’est proposée pour jouer ce rôle d’intermédiaire !

Après un groupe d’intellectuels et d’acteurs de la société civile, allant de Ahmed ASSID à Mohamed NACH-NASH en passant par Salah EL OUADIE, on vient d’apprendre que l’association BAYAT AL HIKMA vient de lancer “un appel de 53” .

Pour sa part, le P.A.M. dont on a souvent critiqué le silence et l’absence sur le terrain tout au long de cette crise, propose un “débat national sur le Harak“.

On vient d’apprendre que le collectif “Matkich Blaki” propose la création d’un fond d’urgence fixé à un milliard de dirhams en faveur d’Al Hoceima, bien que la ville ne connaisse pas de catastrophe naturelle, motif généralement retenu pour la création de ce genre de fonds.

Certes tout cela semble louable, mais pour qu’il ait débat, pour qu’il est intermédiation, il faut qu’il ait DIALOGUE : dialogue de qui avec qui en l’occurrence?

Nasser ZEFZAFI serait-il légitime à représenter la population d’Al Hoceima ? Au nom de quoi ? De son art oratoire? De son passé personnel ? De son indéniable talent de meneur de foule ? De sa capacité à trouver chaque jour un nouveau motif de s’emmurer dans un processus qui a abouti à l’impasse actuelle?

D’autres noms apparaissent, sortis ex nihilo mais déjà auréolés d’une gloire que rien ne justifie à ce jour, seront-ils plus légitimes à représenter les habitants d’Al Hoceima?

Il se trouve que ni l’éloquence ni la rhétorique, pas plus que la surenchère et la démagogie, ne sont les fondements de la représentativité légitime populaire : seule l’élection permet au peuple de désigner ceux ou celles qui le représenteront dans le cadre d’institutions constitutionnelles acceptées par référendum.

Si l’on admet que n’importe qui puisse considérer que l’état et les instituions publiques ne sont pas DIGNES d’être ses interlocuteurs, alors il met en marge des lois et ouvre la voie aux dérives les plus folles. Et toute reconnaissance de la légitimité d’une tette position aboutit ipso facto à la reconnaissance de l’anarchie et à la négation de l’état de droit et des institutions.

La situation à Al Hoceima est grave et c’est au gouvernement et aux représentants légitimes du peuple de trouver une solution qui puisse redonner confiance aux habitants afin qu’ils échappent à l’influence d’individus dont je ne remets pas en cause la bonne foi mais dont je doute très fortement des moyens utilisés.

  • Quelques citations

    Ne faites pas rire au point de prêter à rire.
    Héraclite d'E^hèse
    Agir en primitif, prévoir en stratège.




    René CHAR
    'Il n'y a jamais eu de bonne guerre ni de mauvaise paix.'


    Benjamin Franklin.
    'Il vaut mieux hasarder de sauver un coupable que de condamner un innocent.'

    Voltaire
    "Le fanatisme est la seule forme de volonté qui puisse être insufflée aux faibles et aux timides."
    Freidrich Nietzsche
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