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Chroniques d'un citoyen Lambda
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Une dictature reste une dictature, même quand elle est exercée par les femmes

October 19, 2014 By: Citoyen Hmida Category: coups de coeur, livres

J’ai déjà eu l’occasion de vous parler de cet auteur à deux reprises en des termes très élogieux, ici et ici dans la dernière partie du billet.

Cet belge m’avait bluffé par sa manière d’aborder l’art de la nouvelle où il sait allier le fantastique et l’humour, la maitrise de la langue à l’imagination.

Pour son premier roman, Bernard QUIRINY  passe à la vitesse supérieure.

Dans “LES ASSOIFFEES“, paru chez les Editions du  SEUIL en août 2010, l’auteur nous offre un voyage absolument incroyable dans un état imaginaire dominé et dirigée par les femmes., mais fermé au reste du monde.

les assoiffées

De quoi donner faire fondre leur réserve de testostérone  à tous les machos de la terre!

De quoi réjouir toutes les féministes  pures et dures et à  toutes les adeptes de la théorie du genre!

De quoi donner l’urticaire à Eric ZEMMOUR pour le restant de ses jours !

De quoi rendre aphones les prédicateurs misogynes qui pullulent sur les chaines satellitaires des pays du Golfe!

En deux mots, les femmes ont pris le pouvoir par la force en plein  milieu de l’Europe occidentale et ont transformé le Bénelux en “Empire des femmes” où les hommes n’ont plus aucun droit, sinon celui de d’être de simples fournisseurs de sperme en attendant que les laboratoires de l’Empire trouvent le moyen de s’en passer!

Le pouvoir est confié à “La Bergère“, qui en devient très vite l’unique détentrice, avec toutes les dérives qui accompagnent ce genre de gouvernance.

Seule une lecture  de ce livre peut vous faire découvrir les aberrations, parfois ubuesques, parfois kafkaïennes, parfois simplement ridicules, mais souvent tragiques, de l’exercice d’un pouvoir dictatorial.

L’art de Bernard QUIRINY consiste à nous monter tout cela à travers un triple prisme :

  • celui d’un groupe de journalistes français admis, de manière exceptionnelle, à visiter l’Empire.
  • celui d’une ”femme” sujette de la “Bergère” qui passe du statut de simple infirmière à celui de favorite .
  • celui bien sûr de la “Bergère” que l’on suit dans le labyrinthe de ses délires, jusqu’à sa chute.

Et il en profite pour dresser la catalogue de toutes les formes que peut prendre un pouvoir dictatorial ;   il récence donc, en l’adaptant à l’Empire des femmes pratiquement, tout ce que les dictateurs  africains ou sud-américains et même européens (certaines scènes font penser à Hitler) ont pu faire subir à leurs peuples sous le regard souvent complaisant des médias étrangers et des militants de certains droits.

Grosse farce ou livre de combat idéologique?

Peu importe, l’ouvrage de Bernard Quiriny consiste finalement  en une plaidoirie  pour la liberté de penser et  l’égalité entre les citoyens.

Il reste aussi un appel à notre vigilance  face au pouvoir sans contrôle des politiques qui se prétendent idéologues.

A lire absolument!

 

 

 

 

“FIER D’ETRE MAROCAIN!”

October 16, 2014 By: Citoyen Hmida Category: coups de coeur, Culture et arts

Ce sont ces quelques mots qui me sont venus spontanément à l’esprit au terme de la  visite du MUSEE MOHAMED VI D’ART ET CONTEMPORAIN de RABAT.

Je les ai inscrits sur le livre mis à la disposition des visiteurs : je n’y ai pas réfléchi une seconde, ils sont venus de fin fonds de ma marocanité.

Oui, ce musée que l’on appellera bientôt tout simplement  le MMVI a de quoi nous donner à montrer notre fierté d’être marocain!

Je ne suis pas un zélateur effrénée ni un  laudateur patenté, mais après avoir passé quelques heures dans ce très beau bâtiment, j’en suis sorti avec la conviction confirmée  que le Maroc est un grand pays et qu’il fait bon y appartenir.

Ce musée manquait au Maroc,  il a été réalisé, c’est très bien d’autant qu’il aurait dû l’être depuis belle lurette! Mais la culture n’a pas été la priorité de nos gouvernants, on ne va pas refaire l’histoire!

Elle est devenue et c’est très bien!

Que dire du musée en tant que tel?  Tout a été dit et redit cent fois dans les médias! Une belle réalisation architectural due à un architecte marocain, jugez-en vous-même :

MMVIcliquer pour agrandir

Mais, ce qui a faitg ma fierté de marocain ce n’est pas tant cette réalisation que ce qui nous est donné à voir à l’intérieur!

D’abord, un public enthousiaste, varié, nombreux!

Les grincheux diront que l’entrée est gratuite durant les premières semaines : mais pour faire connaitre ce MMVI, cette gratuité était nécessaire et indispensable!

Beaucoup de visiteurs reviendront pour découvrir ce qu’ils n’ont pas eu le temps de voir! Quitte à payer un billet d’entrée!

Ces familles avec des enfants, ces couples de vieux retraités, ces groupes de jeunes, ce vieux monsieur seul en djellaba, ces dames BCBG, ces touristes, ces amateurs d’arts avisés, reviendront, pour en savoir plus sur les “Cent ans de création” qui constituent le thème de cette première exposition soit pour d’autres prochaines expositions!

Ensuite, les oeuvres exposées : 400 œuvres de 150 artistes marocains!

De Farid Belkahia, décédé le mois derner,  au pionnier de l’art plastique marocain  Ben Ali R’Bati, de Mohamed Chabaa à Mohamed Kacimi, de Chaïbia Tallal à  Hassan  El Glaoui, de Jiali Gharbaoui à Ahmed Cherkaoui, d’André El Baz à Leila Meziane, de Fqhi Regragui à Mahi Binebine, en passsant par d’autres noms moins connus , cette première expostion proposée par le MMVI – qui va durer six mois – nous ouvre la voie de la découverte de cent ans de c éation artistique marocaine.

A voir absolument, pour ceux qui ont la chance d’être au fait de l’art pictural marocain contemporain car c’est la première fois que certains peintres sont présents sur les mêmes cimaises et pour ceux qui veulent découvrir un aspect  du Maroc qui est surement plus connu et plus apprécié à l’étranger que chez nous!

 

 

ENCORE UNE FOIS, LA POLITIQUE DE DEUX POIDS DEUX MESURES!

October 13, 2014 By: Citoyen Hmida Category: coups de gueule, étranger, Mes invités

Une information diffusée dans la soirée du 11 octobre 2014 semble ne pas peser lourd dans l’audimat et le buzz au niveau des médias occidentaux en général et français en particulier!

Forcément, il ne s’agissait que l’exécution en public par les fous d’Allah de Daech d’un journaliste-caméraman irakien!

La course au scoop faisant la loi sous les cieux de l’occident civilisé, les médias ont zappé cette info et sont passés à autre chose de plus “vendable” que la mort de Raad al-Azzawi.

Cet irakien n’est qu’un irakien, il n’est ni américain comme James Foley et Steven Sotloff. ni britannique comme David Haines, ni français comme Hervé Gourdel.

Une vie ne vaut rien, mais la vie d’un occidental vaut aux yeux des médias et des responsables occidentaux bien plus que celle d’un irakien!

Et ce n’est pas la première fois que nous observons ce genre de comportement!

Parlons de l’épidémie provoquée par le virus EBOLA!

Cette épidémie, qui transiterait par les chauves-souris et les singes, ravage depuis une partie des états de l’Afrique Equatoriale depuis des décennies sans provoquer une panique spéciale dans le monde occidental!

Des milliers d’africains meurent au pire de faim et au mieux de malnutrition, d’autres milliers sont atteints de paludisme au mieux  et du sida  au pire, des milliers enfin sont victimes de guerres tribales conséquences d’une histoire coloniale mal réglée!

Alors que quelques centaines soient victimes du virus EBOLA n’a pas ému plus que cela les médias occidentaux!

Mais dès qu’un américain en la personne de Thomas Eric Duncan  a succombé à ce terrible virus, l’alerte est donnée, les médias sont mobilisés, les contrôles renforcés, les grands moyens financiers et médicaux mis en œuvre!

Et dès qu’une espagnole, l’aide soignante  Teresa Romero, est contaminée, l’Espagne est en ébullition et même le pauvre chien de la malade a dû être euthanasié!

Cette situation ne date pas d’aujourd’hui bien sûr!

Un rapide retour en arrière nous rappellera que dans les décennies 80 et 90 quand l’islamisme ravageait l’Algérie, beaucoup des chefs historiques du FIS étaient reçus à bras ouverts dans beaucoup de pays occidentaux, dont l’Angleterre et les USA.

Les centaines de morts algériens, tombés sur le territoire algérien, n’étaient pour les occidentaux que des algériens.

L’Egypte de son coté a connu des très multiples attentats dus à la mouvance islamiste, sans que cela trouble outre mesure les occidentaux, qui se contentaient d’observer le phénomène.

Pendant cette période, d’autres chefs islamistes que les algériens trouvaient refuge, et souvent gite et couvert,  à Londres avec la bénédiction des autorités britanniques.

On a pu parler à certain moment de “Londonistan“, avec souvenons-nous en des personnages très médiatisés comme  le fameux Abou Hamza, leader du groupe « Supporters of Sharia ».

Il a fallu le 11 Septembre 2001 pour les USA réagissent!

Il a fallu l’attentat du 11 mars 2004 pour que l’Espagne réagisse.

Il a fallu les attentats de Londres de Juillet 2007 pour la Grande-Bretagne réagisse.

Normal, des occidentaux sont tombés sur le sol occidental et cela justifiait tout.

Des exemples de ce type, je peux en citer des kyrielles, mais je risquerais de tomber sous le coup de l’accusation ultime, celle d’adepte de la théorie du complot.

Complot ou pas, il est certain que les mêmes événements ne sont mesurés par les responsables à la même aune dès lors qu’ils les concernent directement, même s’ils ne touchent qu’UN SEUL de leurs ressortissants ou qu’ils concernent le reste du monde!

Les médias occidentaux ne sont pas en reste : ils doivent vendre leur “production” et les masses occidentales sont moins  sensibles aux malheurs des  peuples lointains qu’à la disparition de la petite Fiona, aux problèmes de fesses  de Valérie Trierweiler,  aux frasques de Justin Beiber, aux âneries de Nabila ou au mariage de Brad Pitt.

Mais il suffit que le cheveu d’un leurs soit touché pour que soit organisée une levée de boucliers, pas toujours sans arrière pensée, très souvent tendancieuse!

Je ne peux pas terminer ce billet sans rappeler qu’Israël et les israéliens sont au centre névralgique de l’intérêt des responsables et des médias occidentaux!

Malheur à qui oserait leur porter un regard retors ou émettre une critique même la plus légère!  Alors imaginez-vous l’énormité de la folie commise par Hamas qui a envoyé quelques pétards exploser dans le ciel bleu de Télaviv!

La punition a été monstrueuse par sa violence  et la réaction des occidentaux aussi monstrueuse par son retard et sa timidité!

Alors deux poids deux mesures! Certes et c’est à nous de faire en sorte que l’équilibre soit rétabli! Les autres font ceux ce qu’ils ont à faire!

 

 

 

 

! و الله ما كيحشموا هاذ الناس

October 11, 2014 By: Citoyen Hmida Category: coups de gueule, politique intérieure

En effet, ces gens n’ont plus aucune honte! Plus rien ne les arrête dans leurs dérives!

Quand je dis “ces gens”, je mets dans cette expression tout le dégout et toute l’amertume que j’éprouve pour certains hommes politiques qui polluent la vie publique de notre pays!

Hier encore, nous avons eu encore une fois un exemple lamentable de ce manque total de ce que le peuple de chez appelle : ” al 7chouma” qui aboutit finalement à la “chouha”!

La coupole du parlement tremblait encore sous les échos du discours royal et des applaudissements qui l’accompagnaient!

Et déjà deux représentants de la nation en venaient aux mains dans les locaux même de la représentation nationale!

Le souverain venait de rappeler à l’ordre le monde politique dans son ensemble pour une conduite exemplaire.

“Quant à la pratique de la chose politique, elle devrait reposer, en particulier, sur la quête permanente de la proximité interactive avec le citoyen. Elle induit aussi la nécessité de s’astreindre aux lois et aux règles de déontologie, contrairement aux agissements et aux comportements de certains élus, qui sont préjudiciables à eux-mêmes, à leurs partis respectifs et à leur patrie, ainsi qu’à l’action politique, dans le sens noble du terme“.

Et déjà l’inénarrable Hamid Chabat, secrétaire général du Parti de l’istiqlal, secrétaire général de l’UGTM, député-maire de la ville de Fez, encore habillé de sa djellaba blanche en venait aux mains avec Aziz Lebbar, son collègue dans l’opposition et “wald bladou”, membre “pamiste” de la Chambre des Conseillers et président du Conseil régional du Tourisme de Fes-Boulmane!

Peu importe la cause de l’incident! Pour ceux qui veulent en savoir plus cliquer ici!

Mais il est tout à fait intolérable qu’après avoir entendu les paroles royales, qui sont sages, sensées, mais aussi directes et claires,  ces deux irresponsables en fassent aussi peu cas!

Deux représentants de la nation qui en viennent aux mains?

On voyait cela sur les vidéos insolites mises en ligne sur Youtube et on en riait! Comment était-ce possible?

Aujourd’hui, le mal nous a atteint!

Regardez bien cette photo car elle est le début de quelque chose de terrible :

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De deux choses l’une:

  • ou bien Chabbat et Lebbar n’ont pas compris le discours royal, pour autant qu’ils se soient donné la peine de l’écouter.
  • ou alors ces deux “garnements” de la scène politique nationale ne méritent pas les places qu’ils occupent!

Ce comportement irresponsable et inadmissible, qui plus est au sein même des locaux de la représentation nationale, doit être sanctionné de la manière la plus ferme! Quitte à ce que les présidents des chambres dont dépendent ces deux énergumènes prennent l’initiative d’une interprétation la plus extensive possible des règlements intérieurs : en effet, je doute que de tels comportements aient été prévus dans les textes!

Chabat et Lebbar ont porté, par leur comportement, un coup qui pourrait être fatal au peu de confiance que les citoyen(ne)s ont encore dans certaines institutions censées les représenter!

A quelques mois des élections régionales et locales qui auront vocation à donner du Maroc une nouvelle image, un tel manquement à la déontologie et à la pratique politique saine et honorable est, à la limite, une atteinte à la dignité de ce pays et à ce qui le représente.

Les débats contradictoires  enflammés et parfois houleux sous la coupole du parlement font partie du “folklore” démocratique de tous les pays où le multipartisme est de mise.

Les injures, les empoignades, les coups et les morsures sont des pratiques de voyous et elles doivent être sanctionnées.

Sinon, adieu tout ce que le Maroc a tenté de préserver et de construire! La voix sera ouverte à tous les excès et à toutes les dérives venant de tous les cotés!

 

Un billet venu de très loin ……

October 10, 2014 By: Citoyen Hmida Category: coups de coeur, société

Je viens de recevoir un billet singé “JKB” et qui tombe vraiment à pic en ces moments où le débat sur l’identité et sur l’appartenance à telle ou telle civilisation dans un monde de plus en plus mondialisé.

Beaucoup de nos familles sont confrontées directement ou indirectement à ce genre de problématiques et chacun les règle selon ses convictions intimes.

JKB dans son billet nous parle d’une famille soudanaise, placée face à une autre mode de vie que celui auquel elle est habituée, se trouve déchirée entre respect des traditions et acceptation de l’autre.

Certains anciens de la blogoma reconnaitront le style particulier et le regard impitoyable d’une ancienne gloire de la toile marocaine, je crois la seule à avoir été traduite en plusieurs langues et à avoir vu ses textes publiées dans des revues. Un de ses textes a même été piraté par un quotidien local, qui a dû s’excuser de son forfait les protestations énergiques soulevées par cette bavure.

Je livre donc ce billet à votre lecture:

UN BEAU MARIAGE
MULTI-CULTURO-CONFESSIONNEL,
SAUF QUE….

Depuis quelques années, je suis devenue spécialiste des mariages à l’étranger. Vu mon parcours, je suis souvent invitée à des mariages outre-mer et j’avoue que je ne dis jamais non. Pour moi, c’est une occasion de renouer avec des amis de longue date mais aussi de faire un break de la vie frénétique actuelle.

Cette année, ma première destination pour un mariage (j’en ai encore deux sur la liste) était la Turquie, à Bodrum, une station balnéaire qui vaut vraiment le détour.

Mais ce n’est pas la beauté de Bodrum ni encore la légendaire gentillesse des turcs ni encore moins le savoir-faire des turcs en terme de tourisme dont j’ai envie de parler, mais c’est le mariage lui-même ou plus exactement le contexte sociologique qui a entouré cet évènement qui m’ont marquée, et surtout m’ont amenée à voir des vérités d’un angle assez révoltant.

D’abord une petite mise en contexte : j’ai été invitée par la sœur du marié, une amie soudanaise qui insiste pour que j’assiste à ce mariage en tant que “soutien moral”.

Son frère se marie avec son ex-meilleure amie…

Disons que mon amie n’avait pas donné sa bénédiction pour cette union pour des raisons de … euh… selon elle, d’incompatibilité de personnalité entre les deux amoureux…

De plus, vu la présence des parents de mon amie, je me devais de jouer au vigile :
« Attention éteints ta cigarette, y a ton père qui débarque… Ma chérie arrête de boire, tu vas finir par vomir sur ta mère ». Bref, je devais jouer le rôle d’amie basique…

Sauf que …

Le marié, un jeune soudanais qui, après de brillantes études à Londres, a une excellente situation à Dubaï et va bientôt s’installer dans une prestigieuse capitale européenne…
La mariée, une jordanienne qui vient d’une grande famille jordanienne, qui a eu une carrière assez intéressante mais qui est heureuse de suivre son mari et de tout laisser derrière elle … En somme, une belle histoire d’amour banal …

Sauf que …

Il est musulman… Elle est chrétienne … I

ll est noir … Elle est blanche …

Bodrum est l’endroit qu’ils ont choisi pour faire un pied de nez à tous les a-priori ..

Sauf que …

« Chose your seat but don’t chose your side » c’est-à-dire : « Choisissez votre siège, mais ne choisissez pas votre coté ».

La phrase qui accueillait les invités à la réception était pour le moins troublante … L’ambiance s’annonçait sympathique!!!

Côté soudanais: le père, la mère et deux tantes… Le père, un ancien opposant soudanais qui a vécu dans plusieurs pays arabes, a mené une vie assez aisée, entouré de dissidents politiques et de diplomates, et a fini par demander l’asile politique en Angleterre principalement pour obtenir le passeport pour ses enfants…Classique ! La maman, une soudanaise tout ce qu’il y a de plus normal…qui est venue avec ses sœurs pour assister au mariage de son fils unique qui va se marier avec une Massi7iya… Mais ce n’est pas grave la massi7iya en question a accepté la cérémonie de « katb al kitab », c’est à dire de se marier comme une musulmane …

Sauf que …

Côte jordanien: grande famille avec les tantes, les amis de la famille et les cousins… Le père est un homme d’affaires jordanien qui lui aussi a vécu dans plusieurs pays arabes… Une famille très soudée, au sein de laquelle tout le monde fait tout ensemble … Cette famille m’a un peu rappelé la mienne …

Sauf que …

Des deux côtés, beaucoup d’amis qui ont fait aussi le déplacement … et des 7achrinou comme moi 
La veille, était prévu un dîner prénuptial, cette nouvelle tendance qui permet aux deux familles de se rencontrer avant le mariage! Cela est très courant dans les mariages mixtes où les familles ne se voient que juste avant le mariage….
On devait tous se retrouver à 19 heures 30 pour que les bus nous déposent au restaurant. J’ai conseillé à mon amie d’entrer au restaurant avec ces parents … J’ai senti qu’elle avait tout de suite regretté de m’avoir invitée ! Je devais, je suppose, ne m’occuper que des cigarettes et du taux d’alcoolémie, pas vraiment des conseils en gestion familiale.
Bref ses parents arrivent, sa mère et sa sœur rayonnaient sous leur tenue soudanaise très colorée, les mains tatouées de henné noir jusqu’au coude …

Ma copine se tourne vers moi et me dit : « Ohhh elles sont mignonnes avec leur déguisement ! »
Scandalisée, je lui ai réponds que ce n’est pas un déguisement mais une tenue traditionnelle… Elle se rend compte de sa bourde et me dit : « Oui mais ici c’est exotique…
Je lui réplique sèchement de laisser ce genre de commentaire aux non-soudanais!

Deux bus arrivent, on était une quinzaine de personnes qui nous dirigions vers la même destination…

Et là, j’assiste au spectacle le plus désolant de toute cette mascarade…

Un bus unique était largement suffisant pour nous tous, mais les trois soudanaises se dirigent normalement vers le bus vide situé le plus loin, le père soudanais marque un temps de pause et monte avec les membres de sa belle-famille. Ma copine marque le même temps d’arrêt mais ne savait pas quel bus choisir, je lui prends la main et dit : « on va avec ta mère et tes tantes, on ne peut pas les laisser seules … »

Le trajet en bus était un plaisir pour moi. Les trois soudanaises m’ont expliqué qu’elles sont sensées pousser la « Tzaghrita » (les you-you pour les novices) une fois qu’elles aperçoivent le marié… Donc je devais prendre un cours accéléré de « tzarguit » à la soudanaise…

Sauf que…..

Nous sommes arrivés en dernier, j’étais derrière la famille soudanaise, je sentais l’excitation de ses dames… Elles voulaient faire une entrée grandiose… Elles ont vu le marié et elles ont lancé le petit rituel soudanais de « zgharit ».

Le marié… Le marié soudanais était sous le choc, ne savait plus où se mettre, entre la surprise, la honte et la gêne.

Il en a perdu ses couleurs, le pauvre soudanais !

La mariée et sa famille ne savaient pas où se mettre vu l’accueil glacial que le fils à réservé à sa mère et ses tantes.

Le père de la mariée s’est gentiment éclipsé en attendant que ce moment horrible passe …

Moi je continuais à « zaghreter », tout comme les soudanaises…

Ma copine a rejoint la famille jordanienne, choquée par cette expression tonitruante, pour expliquer, presque en s’excusant que c’est une coutume soudanaise ….

Le massacre a pris fin, la mère a pris son fils dans ses bras les larmes aux yeux. Personne ne saura si c’était des larmes de bonheur ou de tristesse, ou un mélange des deux !

Ma copine revient à la charge en me remerciant du soutien à sa famille, J’ai répondu que son frère méritait une paire de gifles et que son père aurait mieux fait d’imiter ce que Michael Jackson a fait! J’étais en colère, hors de moi! Je pensais que c’était le pire …

Sauf que …

Le diner est servi, free seating comme on dit. Et là encore un nouveau choc ! Devinez quoi ?

Les trois soudanaises se retrouvent dans une table, seules…

Le père soudanais s’était lancé dans des discussions très intéressantes avec ses amis jordaniens, mon amie était dans une autre table pour pouvoir boire son vin… Le marié avec sa chère moitié et je pense qu’il n’était pas remis du désastre de « tzaghrita » !

J’entraine avec moi un copain irlandais et une amie suédoise à la table des soudanaises, on a bien mangé, on a beaucoup ri … Cela leur a fait plaisir de parler à d’autres personnes !

Personne de leur propre famille n’a pensé à vérifier si tout allait bien…

C’est a ce moment que je me suis rendue compte de la colère qui montait en moi. J’avais envie de « foutre » une baffe à ma copine dont le seul souci était de ne pas se faire choper une cigarette à la main pour ne pas offenser sa mère ! Mais, en fin de compte, elle l’avait insultée d’une manière encore plus vicieuse…

J’avais envie de dire à ce père ses quatre vérités, lui avec son passé d’opposant, qui a sacrifié sa vie pour un Soudan plus ouvert…

J’avais envie de lui dire : « Mais de quel militantisme parles-tu, quand toi-même tu as honte de tout ce qui est soudanais en toi !!! »

Et enfin, le marié qui a entrainé sa femme dans cette mini-guerre intestine, alors que lui même a jeté les armes il y a bien longtemps et qu’il est passé de son coté à elle!

La soirée s’est terminée pour ma copine la tète dans la cuvette … Elle était vraiment anxieuse avant la soirée mais finalement elle a estimé que tout c’était bien passé …

Le lendemain, on eut droit à la cérémonie de mariage civil proprement dit à la mairie de Bodrum.
La même mascarade, les trois soudanaises d’un coté et le reste de l’autre…

A cette occasion, j’ai choisi de rester en retrait. Ce malaise n’est pas le mien pour que je le gère, je suis heureuse de me contenter de gérer les cigarettes et les verres en cachette!

La cérémonie a duré littéralement cinq minutes devant la maire de Bodrum… Une cérémonie bizarre et froide, aucun échange de vœux, aucune déclaration enflammée comme un pied de nez à la différence, un éloge à l’amour et à la tolérance…

Non rien! C’est sec et impersonnel ! Pourquoi ? Je ne m’en inquiétais pas à ce moment là …
La soirée commence…. La musique à fond… Tout le monde danse, tout le monde a l’air heureux … Moi dans mon coin, je regardais la mascarade…

Soudain les discours commencent …

Celui du père du marié, en anglais s’il vous plait… Il a remercié les invités, lancé un gentil mot pour la mariée, un autre pour son fils et puis c’est tout!

Puis, le père de la mariée prend la parole…

Son discours était inspiré de Nizar Kabbani et de Ahmed Darwish…

Il a parlé d’un mariage que les esprits refusent mais que Dieu bénit, il a parlé de deux pays qui s’unissent à travers ce mariage, de deux religions qui se retrouvent, de la faiblesse des esprits et la force de l’amour…

Tout le monde était en larmes…Il a regardé son gendre et il lui a dit à sept reprises : « Prends soin de ma fille ! ».

Comme si le fait de le répéter allait se transformer en une réalité …

L’assitance a compris  compris qu’il n’était pas sûr de ce détail…. Mais pourtant c’est lui qui a accompagné sa fille à l’hôtel …

J’ai quitté la fête juste après le discours… Je n’avais aucune raison de faire la fête ! …

Ce mariage m’a bouleversée à plusieurs égards…

Je me suis posée beaucoup de questions existentielles et je suis restée dans ma bulle pendant plusieurs jours après ces événements.

Comment on peut accepter la tolérance des autres quand on ne se tolère pas soi-même ?

L’ouverture d’esprit vaut-elle quelque chose quand nous jugeons indignes, nos propres origines aussi différentes soient elle de notre vie actuelle ?

Est-ce qu’une religion est meilleure que les autres ? De quel droit l’une prendrait-elle l’ascendant sur l’autre ? Même dans l’esprit de gens qui se prétendent pas pratiquants et ouverts d’esprit ?

Est ce que l’amour veut dire que j’ai le droit de minimiser les concessions de mon partenaire et de profiter de ma supériorité ?

Finalement, accepter l’autre signifie-t-il que je doive renoncer et me renier moi-même?

 

Le livre-alibi d’une femme-alibi!

October 07, 2014 By: Citoyen Hmida Category: coups de griffes, étranger, livres, Politique française

Jeannette BOUGRAB, la sémillante et très éphémère patronne de la Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité (HALDE)  avant de devenir la toute aussi fugace Secrétaire d’état à la Jeunesse et à la Vie associative, a été pendant quelque temps le centre d’intérêt des médias et du microcosme politique français. Elle a même gouté à l’amertume d’une défaite électorale annoncée, dans une circonscription imprenable.

Cette fille de harki, très bien de sa personne, spécialiste du droit constitutionnel français,  qu’elle a enseigné l’université  Paris I Panthéon-Sorbonne et  l’Institut d’Études Politiques, était l’un des atouts de Nicolas Sarkozy dans sa politique d’ouverture à la diversité.

Après sa traversée en météorite du ciel  politique parisien, elle est vite rentrée dans les rangs au point de se retrouver chroniqueuse au Grand Journal d’Antoine de Caunes sur Canal+ et d’effectuer un passage dans un cabinet d’avocats internationaux  avant d’intégrer finalement le Conseil d’état.

Tout cela pourrait être fort sympathique et même intéressant : quel exemple de réussite d’une jeune issue de la diversité et qui se proclame “athée, laïque et profondément républicaine”!

Tout à son honneur!

Après ses échecs politiques, Jeannette BOUGRAB a voulu nous raconter son expérience, et surtout peut-être sa désillusion,  en écrivant MA RÉPUBLIQUE SE MEURT“   publié en janvier 2013 chez les éditions Grasset.

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Malgré un accueil plus ue chaleureux de la part des médias français – toujours prompts à applaudir une beurette, fût-elle docteur en droit, qui parle de sa jeunesse difficile, de son intégration difficile, de son ascension sociale difficile, bref des difficultés finalement surmontées !

Jeanette BOUGRAB, dans le microcosme politique français créé par Sarkozy, est une femme-alibi, comme le fut avec un certain brio Rachida Dati,  une pâleur certaine Nora Berra, et une sympathique candeur la fougueuse Fadela Amara !

Contrairement à ses consœurs, et peut-être pour s’en démarquer, elle a donc écrit ce livre-alibi pour cracher tout ce qu’elle avait enfoui en elle, pour régler ses comptes avec eux qui se sont opposés à elle dans son chemin de Damas politique,  quelques grands noms de la Sarkozie  -  ceux qu’elle regroupe sous le vocable “La Firme” -  et avec particulièrement Rachida Dati!

S’en prendre à Dati une fois qu’elle a été évincée des hautes sphères revient à tirer sur une ambulance!

Le livre est rempli de références à un passé certainement difficile, mais Jeannette BOUGRAB se met en scène dans cette forêt de difficultés pour se montrer comme la petite fille de fer qui tient tête à Madame Ladame, institutrice raciste et forcément inculte, la jeune fille “qui ne connaissait pas la légèreté que toute étudiante de vingt ans devait avoir”, la jeune femme qui s’est battue pour s’imposer dans un environnement hostile!

Oui; pourquoi pas? Après tout, la tâche n’a surement pas été de tout repos pour Jeannette Bougrab!

Mais alors, dans un livre supposé être très personnel, pourquoi s’en prend-elle au Maroc qui lui est complètement étranger?

Défendre la situation des jeunes beurettes en France est plus que louable, mais pourquoi s’en servir comme alibi pour copier-coller des thèses véhiculées au Maroc par une partie de l’élite prétendument moderniste!

A ce sujet, la fervente défenderesse de la cause de la femme marocaine aurait pu avoir l’élégance de ne pas massacrer le nom de la malheureuse victime de “l’affaire Amina” : à la première ligne de la page 55,  feue Amina s’est trouvée affublée du nom pour le moins cocasse de  “AL FILA”, éléphante pour les non arabisants;;;;Erreur de typographie?  Peut-être, mais Al Fila ou Filali, qu’importe, l’important est de casser du marocain, ce macho indécrottable!

Merci, Jeannette, mais les femmes marocaines n’ont pas besoin de soutien comme le tien : elles s’en tirent tant bien que mal, sans toi!

Jeannette Bougrab, dans les nombreuses pages consacrées au Maroc, semble n’avoir eu comme seul objectif  que

de remplir un contrat : elle avait promis de mordre les mollets des marocains, elle l’a fait! Elle aurait pu s’en passer : son livre n’aurait été ni meilleur, ni pire!

Livre-alibi, “Ma république se meurt” l’a été à d’autres occasions !

Alibi pour monter aux nues les révolutions tunisienne et égyptienne, sans aucune analyse à long terme : on bien  ce qu’il est advenu de ces pays!

Par contre, un étrange silence couvre l’intervention désastreuse de la France de Nicolas Sarkozy en Libye !  Si elle l’approuvait, elle devait le dire, sinon elle devait le dire aussi!

On aurait bien voulu en savoir plus sur sa vision de la politique  de la jeunesse dont elle avait la charge, avec la vie associative : elle s’est servi de son livre pour s’épancher sur le cas de la crèche Babyloup qui avait le buzz à un moment donné!

Alibi pour descendre en flammes son prédécesseur à la tête de la HALDE, pour qui elle reconnait “‘n’avoir aucune estime” et l’une de ses collaboratrice “la directrice des affaires juridiques qui s’est appropriée un pouvoir qu’elle ne semblait pas dominer’. Jeannette Bougrab serait-elle Superweman?

Alibi donc pour faire valoir son insoumission qu’elle brandit comme un étendard!

Bref, l’opus de Jeannette BOUGRAB est le livre-type de la personnalité politique, servant d’alibi à un dessein la dépassant,  qui n’a rien réalisé de concret dans son action politique et qui essaie de gagner la postérité par le biais d’un livre!

Heureusement, la postérité se mérite : ce n’est pas une belle page de couverture, un titre aguichant et une photographie plutôt réussie  (j’aurais préféré que la Jeanette nous regarde droit dans les yeux), qui en ouvrent  les lourdes portes!

Si vous tombez sur ce livre, passez votre chemin et cherchez autre chose de plus consistant!