La crise financière de 2008 qui a failli balayer l’économie occidentale et même mondiale n’avait pas épargné l’Islande. Pourtant ce pays a longtemps fait figure de cas particulier, un peu en marge de l’Europe.
C’est pour cela qu’il me parait intéressant de retracer dans ce billet l’itinéraire islandais avant la crise, pendant la période de turbulences et après l’apparition des prémices de reprise économique et financière.
Pourtant ce petit pays, petit à tous points de vue avec une population de 350.000 âmes, avec une superficie de 100 et quelques mille kilomètres carrés, avec une histoire sans histoire et une indépendance qui remonte à peine à 1944, n’est surement pas un nain politique, culturel et économique,
Il faut rappeler que l’institution parlementaire du pays remonte au Xème siècle et en fait le plus ancien parlement du monde.
La culture islandaise est reconnue mondialement à travers les sagas, ce genre littéraire spécifique à ce pays, qui comptait dès 1955 un prix Nobel de littérature et des auteurs contemporains très appréciés en dehors de l’Islande comme Arnaldur Indriðarson et ses romans policiers.
L’économie de l’Islande, longtemps basée sur la pêche et l’agriculture, s’est orientée vers la production d’énergies nouvelles et d’aluminium ainsi que vers un tourisme attractif du fait d’une géographie particulière. Elle a permis à ce pays d’afficher des indices macro-économiques les plus optimistes (croissance de près de 3%, chômage inférieur à 3%, indice de développe humain de 0,87 soit le 17ème du monde).
Tout cela semble être bien beau, comme un rêve jusqu’à l’automne 2008 quand, soudain, éclate la crise.
Cette crise est due, d’une part à la propension des islandais de vivre à crédit et donc au-dessus de leurs moyens, et d’autre part à l’incurie des banques. La situation financière du pays s’est détérioré subitement dans le dernier trimestre 2008 quand les banques ont rencontré des difficultés à se refinancer.
En quelques semaines, l’Islande est pratiquement tombée en faillite potentielle, recherchant vainement à l’étranger un financement à court terme. Le gouvernement a nationalisé dan l’urgence deux des trois grandes banques. La conséquence a été immédiate : inflation de 15 % et perte de 60% de la valeur de la couronne islandaise.
Le premier ministre islandais reconnait très vite la gravité extrême de la situation en déclarant devant le parlement : ” “Nous somme confrontés à un risque réel de voir l’économie nationale emportée dans la tourmente bancaire internationale et de finir par une faillite nationale“.
Malgré cette situation catastrophique, similaire à cette qui sévit dans d’autres pays européens, dès 2010, l’Islande commence à montrer les signes de la reprise.
Le gouvernement prend la situation à bras le corps, en nationalisant les banques défaillantes et en intervenant énergiquement dans l’organisation et la régulation du système financier.
Le président de la république islandaise livre la recette suivie par son pays pour sortir de la crise en déclarant : “Nous n’avons pas suivi l’orthodoxie qui guide les politiques en Europe et à l’international”.
Il est intéressant de se rappeler que la sortie de crise de l’Islande a été surtout et avant tout due à une action politique populaire qui a pris le pas sur les prises de décisions économiques et financières:
- pétition nationale pour refuser le remboursement des dettes britannique et hollandaise;
- référendum populaire rejetant à plus de 93 % les accords relatifs au règlement de ces dettes;
- nouveau référendum rejetant à 60% un nouvel accord avec les créanciers de l’Islande.
Une fois le pays remis sur les rails, les islandais ont voulu comprendre ce qui leur est arrivé et qui en a été le responsable.
C’est ainsi que le premier ministre de l’époque Geir Haarde a été déféré devant une juridiction spéciale. Le but n’était pas de le sanctionner pour sa mauvaise gestion de la crise, mais pour que le peuple sache quelques ont été les vraies causes de la crise : privatisations hasardeuses des quotas de pêche, engouement pour les investissements à l’étranger, gestion catastrophique des grandes banques privées et octroi immodéré de crédits aux particuliers).
Devant la dette extérieure que l’Islande est dans l’incapacité de rembourser, sans soumettre la population à une austérité drastique qui couterait 100 euros mensuellement à chaque habitant et ce pendant huit ans, le peuple de ce pays a décidé par référendum de récrire la constitution pour permettre à l’état de fonctionner sur de nouvelles bases, qui peuvent paraitre assez surprenantes :
- la séparation de l’Église et de l’État
- la nationalisation de l’ensemble des ressources naturelles
- la séparation claire des pouvoirs exécutif et législatif.
Actuellement, l’Islande est le seul pays d’Europe à enregistrer une croissance positive de plus de + 2% et à voir sa note réévaluée par l’agence de notation FICH qui considère ce pays comme “emprunteur fiable”.
Le peuple de ce petit pays, perdu dans les flots de l’Atlantique-Nord aux confins des zones polaires, semble avoir donné donné une belle leçon de démocratie aux autres pays d’Europe ainsi qu’aux instances financières, internes et internationales, en rappelant que le sort des nations doit rester entre les mains des peuples et de leurs représentants et non pas entre les mains des puissances financières.
En parcourant la presse tout récemment, j’ai appris que la ligne maritime Tanger-Sète sera prochainement desservie par une compagnie italienne GRANDI NAVI VELOCE.
Quid donc de la Comanav et de la Comarit, qui ont longtemps assurer cette liaison, dans des conditions plus ou moins acceptables!
Ces deux compagnies, résultat d’une union bâtarde entre les secteurs public et privé, avaient des litiges d’impayés avec les autorités portuaires françaises.
Le problème posé aux deux compagnies marocaines existe toujours et trois navires appartenant à ces compagnies sont toujours bloqués et placés sous saisie conservatoire au port de Sète, dans le sud de la France : il s’agit du fameux MARRAKECH, que Hassan II avait utilisé pour ses déplacements mémorables en Libye et à La Baule, en France et des plus modestes BILADI et BNI NSAR.
Avec à leur bord près de 200 marins! Cela dure depuis pratiquement le début de l’année 2012.
Ici, presque personne n’en parle ou alors si peu. Nos internautes sont plus préoccupés par des problèmes plus fondamentaux comme la liberté d’expression et notre presse est trop impliquée à raconter les gaffes de nos ministres et les escarmouches entre majorité et opposition. Le gouvernement, en la personne du ministre de l’équipement, a fait une déclaration de principe qui n’a pas changé la situation d’un iota. Les armateurs semblent pour leur part aux abonnés absents.
En attendant, qu’en est-il de ces deux cents marins oubliés sur l’autre bord de la Méditerranée?
Le sort des trois ferries marocains semble irrémédiablement réglé ; ils finiront par être vendus aux enchères pour couvrir les dettes colossales envers les fournisseurs notamment de fuel. Le chiffre de deux cent millions de dirhams a été avancé.
En attendant la liquidation de ce litige, les 200 marins en poste sur ces deux navires reste incertain. Je dis 200 marins ; il s’agit peut-être de plus, certaines sources parlent de 230 et même de 260.
Conformément aux usages du métier de la marine, les équipages de ces trois unités s’en tiennent à la seule attitude dont ils puissent espérer une éventuelle solution : “pour obtenir quoi que ce soit, le marin a toujours eu une seule attitude, immuable et universelle : ne pas quitter son navire, seul lien qui l’unit à son armateur”.
La saison de retour au pays de nos ressortissants résidents outre-Méditerranée sera-t-elle l’occasion d’un plus grand intérêt pour ce problème de la part d’abord des armateurs, premiers responsables de cette situation, et de l’état en tant qu’autorité de tutelle de ce secteur vital de l’économie nationale?
On peut l’espérer, sans trop y croire pour ma part!
Le souverain a installé hier la “Haute Instance du dialogue national sur la réforme de la justice”.
Cette nouvelle structure, en dehors de formules officielles et consensuelles utilisées par les différentes parties – ministre, membres de l’instance, presse dans son ensemble – devra enfin se pencher de manière globale sur les vrais problèmes de la justice dans ce pays.
Jusqu’à présent, et en dépit des multiples appels du souverain, les différents ministres, qu’ils soient “politiques” ou “technocrates” se sont heurtés au mur de l’hermétisme du corps judiciaire à toute tentative de réformes.
Or, la justice constitue la pierre angulaire du développement du pays. Elle touche tous les domaines de la vie de es citoyens et de la société : moralisation, progrès économique, attractivité, citoyenneté, libertés et droits de l’Homme.
La mission de cette instance, dont la composition “plurielle et inclusive” se voit fixer une démarche “participative” et “structurante”, est donc essentielle dans la mise en action de ce chantier national dans le cadre d’un “dialogue concerté et constructif associant toutes les sensibilités”.
Encore une fois, le problème de la justice est remis sur le tapis, mais avec deux nouveautés fondamentales :
- l’implication de tous les intervenants dans le domaine de la justice (instances constitutionnelles, juridictionnelles, ministérielles, universitaires et académiques, religieuses, professionnelles, associatives).
- la fixation d’une date-butoir pour la remise au souverain d’un rapport qui servira de base à la rédaction d’une charte nationale de la justice, avec des objectifs clairs, des priorités, des programmes, des moyens de financement précis et des mécanismes de mise en œuvre et d’évaluation rigoureux.
Vaste programme, ambitieux mais nécessaire, qui devra faire appel de la part des membres de cette instance de facultés d’écoute, de synthèse et aussi de créativité.
Des critiques sont ou seront adressées à cette instance, quant à sa composition, sa manière de travail, son agenda. L’essentiel pour ses membres consistera à trouver des solutions pratiques et réalistes, loin de toute démagogie, s’inscrivant dans les dispositions de la nouvelle constitution.
Je crois que les écrivains algériens contemporains ont quelque chose de plus que nos écrivains à nous! Peut-être la dureté de la situation qu’ont connues nos voisins durant les années quatre-vingt-dix y est pour beaucoup? Peut-être que les stigmates de la guerre d’indépendance ont-ils laissé des traces dans l’esprit et l’âme algériens? Peut-être que, tout simplement, ont-ils plus de talent?
Il est probable aussi que les écrivains algériens connaissent mieux leur pays, qu’ils partagent mieux avec leurs compatriotes leurs douleurs!
Il en va ainsi de Kamel DAOUD : journaliste et chroniqueur au “QUOTIDIEN D’ORAN“, il a publié en 2008 chez les éditions BARZAKH, un recueil de nouvelles intitulé “LA PRÉFACE DU NÈGRE”
Ces quatre nouvelles donnent une vue assez générale de ce que sont les algériens en ce début du XXIème siècle, de ce que sont leurs angoisses et leurs espoirs.
Dans la première nouvelle, intitulée “L’ami d’Athènes“, Kamel Daoud met en scène un coureur de fonds, qui au delà de la course qu’il gagne, court vers ses rêves et peut-être ses chimères!
C’est en lisant cette nouvelle que j’en suis venu à la comparaison entre les écrivains marocains et algériens. Le Maroc a connu durant ces dernières décennies des coureurs de fond et de demi-fond qui ont porté haut et loin le drapeau de notre pays. Ils sont tous partis de très loin pour atteindre les sommets de la gloire : de Aouita à EL Gourouj en passant par Sekkah et d’autres Boutayeb, aucun de ces héros n’a inspiré la moindre ligne à une plume marocaine connue. Et c’est bien dommage, il ne nous restera de ces géants que des images et des mots de journalistes, de mots qui s’effacent donc avec le temps.
Kamel Daoud a décrit de manière très réussie en mettant dans sa prose le souffle, l’effort et les cent et mille rêves que traversent l’esprit d’un coureur de fond lors d’une compétition : certaines de ses phrases sont tellement longues, tellement alambiquées, mais tellement ciselées, que l’on a l’impression en les lisant de participer effectivement à une course à ,pied, sans but et sans fin!
La seconde nouvelle aborde le cas d’un ancien militaire féru d’aviation qui vit une cruelle déception devant l’indifférence de ses compatriotes face à son invention. Dans “Gibrîl au kérozéne” finit par comprendre avec amertume que “un arabe est toujours plus célèbre lorsqu’il détourne un avion que quand il le fabrique”.
Le héros de la troisième nouvelle, “La préface du nègre”, qui a donné son titre au recueil est un écrivain qui va utiliser l’occasion de recueillir les souvenir d’un vieillard analphabète, acteur de la guerre de libération, pour tenter de raconter sa propre histoire. Kamal Daoud nous relate ainsi une espèce de hold-up intellectuel qui n’est en fait que la traduction de la schizophrénie qui règne dans l’esprit des algériens qui n’ont jamais connu la paix depuis des lustres.
Le sujet de cette nouvelle me rappelle certains aspects de la démarche qui a guidé Tahar Benjlloun, notre écrivain le plus connu à défaut d’être le meilleur, dans l’écriture de son opus “Une aveuglante absence de clarté”, récit romancé et détourné de la terrible expérience carcérale vécu par Aziz BINBINE.
Le dernier texte au titre énigmatique, “L’arabe et le vaste pays de Ô“, est le plus long de ce recueil : il en couvre pratiquement la moitié des pages.
Avec ses soixante-dix pages sur les 151 que compte le recueil, ce texte est plus qu’une simple nouvelle. D’ailleurs, s’agit-il bien d’une nouvelle dans le sens général admis pour ce genre littéraire? Ce serait bien plus une longue réflexion personnelle de Kamal Daoud sur la condition actuelle des arabes, sur leur place dans l’histoire, leur position face à la religion, le tout enrobé dans une très belle française, parfaitement maitrisée.
Essayez de vous procurer ce petit recueil : il vous réconciliera avec la littérature maghrébine – algérienne en l’occurrence – d’expression française.
François Hollande est élu président de la république française! Nicolas Sarkozy cède la place, puisque ce sont les règles de la démocratie et de la république.
Vu d’ici, cela nous parait surprenant, mais c’est ainsi!
La campagne précédant cette élection ne m’a pas intéressé et je m’en suis expliqué.
Pourtant, le deuxième tour de cette consultation me laissera deux souvenirs assez marquants et qui ont tous les deux un rapport avec les médias et notamment la télévision.
En premier lieu, le traditionnel débat entre les deux candidats arrivés en tête : la bataille entre Sarkozy et Hollande fut rude, âpre parfois, à la limite violente.
Des mots comme “menteur”, “mensonge”, “calomnie”, ont été prononcés. Des chiffres et des affirmations fantaisistes ont été avancés. Durant durant près de trois heures, deux hommes ambitieux et déterminés se sont affrontés face à deux journalistes chronomètreurs et devant dix-huit millions de téléspectateurs. Un grand moment de démocratie médiatique, une grande leçon de démocratie télévisuelle, qui n’a rien changé aux prévisions des instituts de sondage, ni au résultat final, mais un moment essentiel dans la vie politique de nos amis français.
En second lieu, la grande hypocrisie qui a marqué les deux heures qui ont précédé l’annonce des résultats. Tout le monde connaissait les résultats dès 18 heures, heure européenne. Les sites belges et suisses les avaient mis en ligne, les réseaux sociaux français les avaient répercutés en langage codé, comme dans un jeu de gamins. Mais il était impossible aux médias français d’en faire part ; ni les journaux dans leurs éditions électroniques ni les radios ni les télévisions n’avaient le droit ne serait-ce que de faire allusion au résultat final. Pourtant, tout le monde savait que tout le monde savait! Donc, à 20 heures, on a officiellement découvert le visage du vainqueur, le visage de François Hollande, sans aucun suspens!
François Hollande est élu donc pour cinq ans!
Ce que je lui souhaite, c’est de ne pas accumuler autour de sa personne autant de sentiment de rejet comme l’a fait Nicolas Sarkozy durant son quinquennat.
Gouverner un pays consiste grosso modo à détenir l’autorité politique, à diriger les affaires publiques de l’État, à exercer le pouvoir politique, à mettre en œuvre le pouvoir exécutif.
Pour ce faire, le gouvernement doit agir, proposer, évaluer, interdire, trancher, établir des priorités et surtout prévoir!
Un gouvernement qui se respecte ne doit pas se contenter de dénoncer ce qui ne va pas sans proposer de solutions, de lever le voile sur des situations critiques sans y mettre un terme dans le cadre des lois et règlements en vigueur, de mettre sur la place publique des informations partielles et partiales concernant des personnes ou des organismes en vue de les stigmatiser et de les vouer à la vindicte d’une certaine presse ou pire de la population dans son ensemble.
Ce genre de comportement peut se comprendre de la part d’un parti dans sa lutte, plus ou moins loyale, pour accéder au pouvoir. Il peut aussi être l’apanage de journaux soit d’investigation soit de caniveau, selon leur bonne foi et leur objectivité.
Mais ce n’est surement pas le rôle d’un gouvernement d’agir de la sorte.
Or depuis quelque temps, certains ministres PJDistes du gouvernement de Si Abdeillah BENKIRANE ont choisi comme méthode de gouvernement de dénoncer et de dévoiler, au nom bien entendu de sacro-saints principes de la bonne gouvernance tel que la transparence et le droit à l’information.
Certes, ces principes sont fondamentaux, mais le peuple attend autre choses de ce gouvernement.
Monsieur Rebbah, Mme Hakkaoui, Si Choubbani ont tour à tour sortis des tiroirs de leurs ministères des listes! Si Khliffi n’a pas sorti de listes mais une grille de programmes de télévision.
Et après?
Si Aziz Rebbah a-t-il proposé une solution aux problèmes des fameux “grimats”?
Lalla Bassima Hakkoui a-t-elle revu sa stratégie de subventions publiques aux associations?
Si Habib Choubani va-t-il compléter sa liste d’associations recevant des subsides de l’étranger en faisant connaitre celles qui sont financées par des fonds autres qu’européens, notamment des fonds en provenance des pays du Golfe, si généreux avec tellement d’organisations souvent obscures.
Si Mustapha Khliffi nous a-t-il donné ni même proposé une télévision meilleure en changeant les horaires des JT que personne ne suivait plus d’ailleurs depuis belle lurette.
Le gouvernement de Si Benkirane est installé dans les lambris des ministères depuis plus de quatre mois et l’on attend toujours une mesure concrète de gouvernement, telle que le peuple est en droit d’attendre.
Ce gouvernement ne peut jouer avec le temps éternellement et de jongler avec des scoops souvent éculés.
Monsieur Benkirane est sensé être devenu un homme d’état, son parti un parti de gouvernement, ses ministres des commis de l’état : par conséquent, il serait bien inspiré de se pencher sur les vrais problèmes du pays et de tenter d’y apporter des débuts de solutions.












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