Décembre 1975 : l’Algérie jette “ses” marocains.

Voilà un petit livre nécessaire : un livre pour que l’on se souvienne d’un moment dramatique de l’histoire récente de de notre peuple et de notre pays:

LES FOURNIS PRÉDATRICES, ou l’itinéraire d’un expulsé d’Algérie” de Fatiha SAIDI et Mohamed MOULAY paru chez les éditions BOUREGREG à la fin de l’année 2017.

Ce livre est le témoignage, direct et personnel, d’un homme né et grandi en Algérie, ne connaissant que le village de El Ançar, dans la campagne oranaise, vivant au milieu d’autres petits enfants, nés dans cette terre hospitalière,, des S.N.P. (sans nom patronymique) comme lui, des espagnols, des français, des musulmans des catholiques, allant à l’école où officient des instituteurs français et bien sûr quelques algériens,

Ce petit garçon est marocain d’origine et il ne le sait pas…Il ne connait pas le Maroc, il n’y a jamais été et il n’y avait aucune raison pour qu’il y retourne!

Ce garçon va assister à la guerre de libération de l’Algérie du joug de la colonisation française et il va fêter avc ses amis algériens l’indépendance de ce pays qu’il considère comme le sien.

Jeune homme, il connaitra les premières années de l’indépendance de l’Algérie, ses espoirs et surtout ses difficultés qui le pousseront à quitter sa terre natale pour l’exil en Belgique d’où il revient, déçu! Il reviendra normalement en Algérie!

Il y vivra jusqu’à cet hiver fatique de 1975 quand les autorités algériennes décideront d’expulser, manu militari, vers le Maroc tous les résidents d’origine marocaine : tous les hommes, toutes les femmes, tous les enfants, tous les vieux, toutes les vielles dont la plupart ne connaissaient pas le Maroc, puisqu’ils étaient installés en Algérie depuis plusieurs générations.

Ces expulsions se sont déroulées dans des conditions terriblement inhumaines que les auteurs décrivent avec minutie, mais sans dramatiser ni forcer le trait : juste des faits, des situations, des scènes que Mohmed MOULAY a vécues, comme autant d’humiliation, de désolation et d’injustice.

Le livre est un témoignage de cette situation vécues par près de 45.000 familles marocaines, déchirées, séparées, dépouillées et boutées hors des frontières algérienne vers le Maroc qui n’était pas prêt à accueillir cet afflux soudain et massif de ses enfants venus d’ailleurs.

Un témoignage doit être objectif : ce livre est objectif! Il rapporte des faits et rien que des faits vécus par l’auteur.

Un témoignage doit être honnête : ce récit est honnête, ni accusateur à l’excès, ni revanchard, ni vindicatif.

Un témoignage n’est pas une oeuvre littéraire sauf si l’auteur est un grand écrivain : ce ouvrage est à l’image de ses auteurs, simple, humain et attachant.

Le livre de Faitma SAIDI et Mohmaed MOULAY semble s’inscrire dans la lignée de deux autres témoignages en la matière déjà parus mais que je n’i pas encore eu l’occsion de lire :”LA MARCHE NOIRE“de Mohamed CHERFAOUI et Martina PARTOES chez La croisée des Chemins en 2014 et “LA CONFÉRENCE DES OISEAUX EXPLULSES” de Hachem SALHI chez Babel Com en 2016.

Pour finir, je tiens à signaler que la préface de cet ouvrage, signée par Driss AZAMI, président du Conseil National des Droits de l’Homme, m’a laissé sur ma faim : j’aurais pensé qu’il évoquerait les expulsions des marocains par les gouvernants algériens lors de la Guerre de Sables de 1963, expulsions qui n’avaient pas été aussi massives que celles de l’hiver 1975 mais qui avaient déjà déraciné des dizaines de familles marocaines installées en Algérie depuis des décennies.

QU’EST QUE LE “PEUPLE” ?

Pour une fois je reprends dnce blog un texte que j’ai mis en ligne d’abord sur ma page Face Boo, parce qu’il concerne un débat né justement sur ce réseau socail.

13 Janvier, 11:20 ·
QU’EST QUE LE PEUPLE ?

Hier, lors d’un billet sur Face Book que je n’arrive pas à retrouver ce matin, la définition du “peuple” s’était posée et surtout la perception que les intervenants se faisaient du “peuple”!

L’un en parlait comme d’une espèce de “pâte à modeler”, l’autre enchérissait dans le même sens en des termes aussi crux, un troisième ne considérait le peuple que comme “oualed al makhzen”…

Bref, pour certains le “peuple” n’était rien de plus qu’une masse informe que les dirigeants façonnent selon leurs goûts et leurs désirs.

Ayant trouvé cette approche méprisante pour le peuple, je n’ai hésité une seconde à le dire, ce qui a comme effet d’énerver celui qui a posté le billet en question : il m’a reproché de donner une donner une définition du “peuple” au lieu de critiquer les autres!

Ce qui est, convenons-en une forme assez sp&spéciale de concevoir les échanges et le partage : si vous n’êtes ps d’accord avec moi, taisez-vous !

Or, je ne suis pas du genre à me taire, surtout quand le peuple est insulté, rabaissé, méprisé, fût-ce par les plus grands intellectuels de ce pays, ce qui est d’autant plus regretaable!

Non, Messieurs d’hier, le peuple n’est pas UNE MASSE INFORME MALLÉABLE A MERCI !

Je me suis donné la peine de consulter quelques définitions – puisque l’on m’a mis au défi de définir le peuple et les sources visitées s’accordent à considérer le peuple comme UN ENSEMBLE D’INVIDUS.

Ainsi DICOPHJLO nous propose comme définitions de PEUPLE :

1/ grand nombre d’hommes vivant habituellement sur le même territoire et partageant des coutumes.

2/ communauté politique, ensemble de citoyens

3/ ensemble d’individus n’appartenant pas aux classes dirigeantes du pays.

De son côté, UNIVERSALIS nous explique que la notion de PEUPLE “s’applique toujours à figurer un ensemble d’individus dont les frontières sont plus ou moins explicites, avec l’idée que cet ensemble constitue une unité fondamentale capable de dépasser les intérêts particuliers et de conférer un « supplément d’âme » à cette agrégation d’individus”

Le Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales (CNRTL) évoque pour sa part le PEUPLE comme étant “l’ensemble des humains vivant en société sur un territoire déterminé et qui, ayant parfois une communauté d’origine, présentent une homogénéité relative de civilisation et sont liés par un certain nombre de coutumes et d’institutions communes”..

J’ai trouvé dans un site particulier – www.toupie.org – une série de définition du PEUPLE qui me semble claire et efficiente

1/ une communauté vivant sur un même territoire ou, par extension, unie par des caractéristiques communes comme la culture, les moeurs, la langue…

2/ l’ensemble des citoyens d’un Etat ou des personnes constituant une nation, par rapport aux gouvernants et en référence aux principes de citoyenneté

3/ l’ensemble des citoyens de condition modeste ou humble, par opposition aux groupes ou classes privilégiées par la naissance (Noblesse), par la fortune, la culture, l’éducation..

Chaque définition que j’ai trouvé nous renvoie à l’individu, à un ensemble d’individus, et jamais à une masse informe, sans âme, sans voloté, sans ambition.

Et comme chaque individu, quel qu’il soit a droit au respect de notre part, le peuple, Messieurs d’hier, a le droit absolu d’être respecté, de ne pas être traité,- même par jeu linguistique – de “pâte à modeler”,

P.S. : pour mémoire, je rappelle que le facebooker qui avait lancé le débat était un certain Mostafa Melgou qui m’a supprimé de la liste de ses “amis”! Belle preuve encore une fois de la vonté de parte et du sens du dialogue de certains internautes, chantres par ailleurs la liberté d’expression….taant qu’elle va dans le sens de leurs idées!

Quand épluchures de patates et littérature font bon ménage !

Comment pouvais-je résister à un roman portant un titre aussi mystérieux : “LE CERCLE LITTÉRAIRE DES AMATEURS ÉPLUCHURES DE PATATES“.

Par ailleurs, je ne connaissais ni les auteurs, en fait deux américaines, Mary Ann SHAFFER et sa jeune nièce Annie BARROWS ni la maison d’édition “NIL

Et cerise sur le gâteau, la première de couverture du livre est d’un gout exquis que je vous laisse apprécier :

Je n’ai donc pas hésité un instant, j’ai commencé ma lecture pour découvrir un roman épistolaire, genre rare et difficile, ayant pour cadre l’Angleterre d’après la deuxième guerre mondiale et notamment l’île de Guernesey, à peine sortie de l’occupation allemande, avec les souffrances, les humiliations et les privations qu’a subies la population.

Et derrière tout cela, se tisse de manière très subtile, intelligente et humaine, très britannique par son humour, l’histoire d’une supercherie inventée par les habitant d’une petite commuté de l’île occupée pour tromper l’occupant allemand.

Cette histoire est dévoilée par le truchement d’un échange de lettres entre une journaliste londonienne chargée par son éditeur d’écrire une série d’articles sur la lecture et quelques habitants de Guernesey, tous aussi typiques et intéressants les uns que les autres!

De cet échange épistolaire, la vie de cette île anglaise, perdue au large des côtes françaises de la Manche, est dévoilée, avec ses grands moments et ses petites mesquineries!

Le roman se lit très aisément, car il est très écrit (en fait très bien traduit de l’anglais), bien construit, juste dans ses descriptions, dans le ton et le style choisi pour chaque lettre, haletant et attachant malgré quelques digressions sur la vie sentimentale du personnage principal.

Bref, “LE CERCLE LITTÉRAIRE DES AMATEURS ÉPLUCHURES DE PATATES” vous permettra de passer d’excellents moments pendant cet hiver rigoureux : et surtout vous serez conforté dans l’idée que la lecture peut s’avérer une activité fort utile en plus d’être enrichissante intellectuellement.

P.S. : j’ai parlé de ce livre à ma fille aînée, qui m’a fait découvrir beaucoup d’ouvrages que je n’aurais pas abordés de ma seule initiative! Elle en est absolument fan et le considère comme l’un des meilleurs romans qu’elle ait lu.

Dialogue intergénérationnel bien improbable sur l’immigration

Ahmed DICH, écrivain frnçais d’origine marocaine, est un spécialiste de la littérature “issue de l’immigration” : son oeuvre tourne autour essentiellement de ce sujet, depuis son premier roman autobiographique ” “Quelqu’un qui vous ressemble” (Anne Carrière, 2001) où il raconte son enfance dans le Sud-ouest de la France jusqu’à son dernier opus “CHIBANI” paru en 2012 chez la même maison d’édition Anne Carrère dans lequel l’auteur un retour dans ce coin de France où il a grandi.

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Le sujet de ce roman est fort intéressant : l’affrontement intergénérationnel entre un jeune homme d’origine marocaine, qui essaie tant bien que mal, à se faire place dans la société française, en d’autres mots à “s’intétégrer” et un “chibani”, ouvrier agricole marocain, retraité mais qui n’a jamais réussi ni même tenté justement de “s’intégrer”.

Pourtant, je ne suis pas arrivé à entrer dans le roman : pas un moment, je n’ai cru à ce dialogue, bien écrit, bien mené, bien argumenté, mais tellement artificiel finalement!

Comment ce Chibani, ouvrier agricole, surement analphabète et dont les connaissance de la langue française, se limitent au strict nécessaire de la communication quotidienne, pouvait-il parler du “carpe diem” …

Où donc aurait-il appris à utiliser des mots comme “velléité”, “syndrome, “allégeance” ou tout simplement “stéréotypes” et sait-iil vraiment ce que c’est que “faire du ball-trap”?

Pourtant, le viel ouvrier, revenu de tout en matière d’échec de l’intégration, profère des vérités qui lui apparaissent d’une limpidité éclatante :

“On est arabe ou français!”

“Chacun reste à sa place.”

Ainsi tout u long de ce roman, vont s’affronte deux conceptions de l’immigration : celle de la première génération, ancrée dans ses certitudes et refusant de s’intégrer et celle de la seconde qui essaie de se trouver une place au risque de se faire renier par les siens!

Dommage que les dialogues, trop bien écrits, manquent de naturel et donc ne touchent pas le lecteur, malgré une argumentation implacable dans les échanges entre les personnages.

Pourtant, autour de ce retour aux sources, l’intrigue du roman cache une autre tentative de retour : celle d’une jeune feme prodigue d’origine marocaine elle aussi, mariée à un “gawri”, qui veut retrouver le pardon paternel.

“CHIBANI” constitue une tentative méritoire de clarification des positions mais la manière utilisée manque de crédibilité : comme souvent, les auteurs d’origine nord-africaine pêchent par leur désir de montrer qu’ils dominent la langue frnçaise, peut-être bien plus que des auteurs du cru!

Mais un livre n’est pas que la langue et pas que le style : un roman doit être crédible pour emporter l’adhésion du lecteur.

Il manque justement à “CHIBANI” cette crédibilité pour être une grande oeuvre littéraire qu’il aurait pu être.

Eric ORSENNA nous fait connaître l’homme Jean de LA FONTAINE

Les personnes de ma génération connaissent bien sûr Jean de LA FONTAINE, le fabuliste français immortalisé par ses petits chefs-d’oeuvre que nous avions appris avec plaisir.

Nous pouvons réciter aujourd’hui encore – presque par cœur – la mésaventure de Maître Cordeau, sur un arbre perché face à Maître Renard Renard, par l’odeur du fromage alléché.

Nous nous souvenons, sans effort que “la raison du fort est toujours la meilleure”, ainsi que nous l’avaient appris “Le loup et l’agneau”.

Et bien sûr, qui de nous a oublié que “rien ne sert de courir, il faut partir à point“, comme le fit la tortue face au rapide et inconscient lièvre.

Quelques uns d’entre nous ont peut-être eu l’occasion, par curiosité ou par obligation, de découvrir un autre aspect de l’oeuvre du poète qui écrivait dans la deuxième préface à Monseigneur le Dauphin du Livre Premier de ses Fables : “Je me sers d’animaux pour instruire les hommes”. Je veux parler de ses contes où la grivoiserie la plus osée côtoie le libertinage le plus dévoyé..

Mais, il faut bien reconnaître que nous ne connaissions pas l’homme, dans son quotidien, avec ses difficultés, ses problèmes, ses amitiés, ses relations!

Erik ORSENNA, de l’Académie Française, nous le fait découvrir dans son petit ouvrage “LA FONTAINE, une école buissonnière” paru chez STOCK/FranceInter en 2017.

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Dans un style brillant et subtil, avec humour et intelligence, l’auteur nous guide à travers la vie débridée, insouciante et parfois volage de Jean de La Fontaine.

Nous imaginons mal La Fontaine ami fidèle au point de sacrifier sa propre sécurité et son propre confort pour défendre Nicolas FOUQUET, l’intendant général honni par Louis XIV et condamné au bannissement à vie. Pourtant La Fontaine ne l’a jamais relié alors que toute la Cour l’avait oublié pour plaire au Roi Soleil.

Nous imaginons mal La Fontaine, travaillant et retravaillant ses textes, tellement, ses fables nous semblent naturelles et comme coulant de sources! Pourtant le fabuliste était un habitué “des ratures, des refontes, des supresssions de paragraphes entiers, des réécritures, des reprises”.

Nous imaginons mal La Fontaine dans le besoin matériel. Et pourtant toute sa vie n’a été qu’un long calvaire qu’Eric Orsenna résume en rappelant la triviale formule utilisée par Jacques Chirac : “les emmerdes, çà vole toujours en escadrilles”! Dettes, mauvaise gestion de son patrimoine et de sa charge de maître des Forêts, qui aurait pu être lucrative, inconscience tout simplement, ont obligé notre homme se faire loger par quelques connaissances, tant son dénuement était évident.

Nous imaginons mal La Fontaine en repenti, s’imposant à la fin de la vie une confession publique pour effacer les traces de ses “contes érotiques”. Pourtant, enfin académicien, il a dû faire amende honorable sous l’influence d’un obscur abbé qui voyait là l’occasion de soigner sa propre réputation.

Ainsi dans ce petit ouvrage – presque savant mais surement sans prétention – les amoureux de Jean de LA FONTAINE se délecteront de lever le voile sur la personnalité et la personne du grand fabuliste.

Une lectaure saine et enrichissante à ne pas rater.

Sanaa EL AJI tente de décortiquer un sujet tabou

Oui, je l’ai… Ma fille cadette, qui n’aime pas particulièrement l’auteure, me l’a offert à contrecœur. Juste pur me remercier d’avoir ingurgité d’affilée, il y a quelque temps, deux romans de Tahar BENJELLOUN pour lui démontrer pourquoi je n’aimais cet écrivain.

Donc, je me retrouve avec “SEXUALITÉ et CÉLIBAT AU MAROC – pratiques et verbalisation” de Sanaa EL AJI, paru en 2017 chez les éditions LA CROISÉE DES CHEMINS.

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J’ignorais que Sanaa EL ALI était francophone : je ne connaissais d’elle que certains articles que je lisais par hasard et souvent par curiosité sur les colonnes de AL AHDAT AL MAGHRIBIYA et qui m’interpellaient par leur pertinence et surtout leur impertinence!

Après le livre de Leila SLIMANI – qui traite vaguement du même sujet – je me suis dit :

– Zut, je vais me farcir encore les débordements d’une féministe en mal de “publication”!

Or non !

Le livre de Sanaa EL AJI semble être en fait une version revue et adaptée de sa thèse de doctorat en sciences sociales présentée, sous la direction de Raphaël LIOLIER et devant l’université d’Aix-Marseille, sur le thème : “La sexualité des Marocains hétérosexuels avant le mariage: Contraintes et rapports de genre.”

Qu’un docteur en telle ou telle matière, surtout sociale, publie sa thèse et vulgarise en quelque sorte le sujet qu’il a abordé avec sérieux et méthode n’est pas évident et mérite d’être encouragé!

Sanaa EL AJI – ou son éditeur – aurait pu avoir l’élégance de nous prévenir de ce procédé ! On ne trouve en fait que la première phrase du livre qui y fasse référence quand l’auteure signale : “tout au long de la période qu’a duré ce travail de recherche….”.

Mais ne chipotons pas et passons à l’esseniiel : le contenu de l’ouvrage!

Je ne permettrais pas de le juger, car ce n’est pas une oeuvre littéraire, de fiction, ce n’est pas une création artistique mais un travail d’enquête, d’analyse et de d’explication, une recherche académique sur un sujet social délicat et sensible.

Je note que la publication de ce travail universitaire ouvre un débat public sur une situation que, – hypocritement, la société marocaine enferme, comme le dit si bien Sanaa El Aji, dans “une triple illégitimité, religieuse, légale et sociale” sans la faire disparaître de la réalité quotidienne.

La lecture du livre de Sanaa El Aji étant relativement aisée, je le conseillerai donc à tous ceux et toutes celles qui s’intéressent au phénomène évoqué mais qui n’osent en parler autour d’eux, avec leurs parents ou même avec leurs ami(e)s.

Voyage à Alger du temps où les livres y avaient une place …

Découvrir un auteur que je ne connais pas m’est toujours un doux plaisir, plus encore quand cet auteur manie la langue avec subtilité, qu’il a de l’imagination et qu’il sait nous émouvoir!

Ce fut le cas avec l’écrivaine algérienne Kaouther ADIMI et son roman “NOS RICHESSES” paru durant l’été 2017 chez les Editions du Seuil.

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Que pouvait bien se cacher derrière ce titre court, mais prometteur déjà avec ce “NOS” qui invite d’emblée le lecteur au partage des richesses promises par l’auteur.

Nos richesses” est un roman sur les livres et sur ceux qui les font, les auteurs, les éditeurs, les imprimeurs, les libraires et bien sûr les lecteurs.

Il raconte l’histoire vraie et authentique grâce à une technique narrative originale mais très agréable – que je vous laisse le plaisir de découvrir – , de Edmond CHARLOT dont la vocation est de “d’accoucher, de choisir de jeunes écrivains de la Méditerranée, sans distinction de langue ou de religion”.

Ce personnage assez rêveur a pourtant été l’éditeur de Albert CAMUS, encore inconnu, Jules ROY, Max-Pol FOUCHET, Emmanuel ROBLES, André GIDE à ses débuts et il a lancé L’ARCHE, une revue littéraire qui a marqué l’époque.

Le récit de la vie de Edmond CHABOT est l’occasion pour Kaouthat DIMI de rappeler en quelques pages bouleversantes les terribles événements de Sétif en mai 1945, les mois sanglants où l’O.A.S faisait régner la terreur à Alger et le tristement célèbre 17 octobre 1961 quand le préfet Papon a ordonné le massacre des algériens de Paris.

Mais le roman n’est pas que cela !

C’est aussi l’histoire de Ryad, jeune algérien de France, qui revient à Alger d’après la décennie de guerre civile, qui découvre un ^pays où vit “un peuple docile”, où la culture n’a plus sa place, et encore moins les livres!

C’est aussi l’histoire de Abdellah, vieux témoin de la lente et irrémédiable déliquescence d’un pays..

“NOS RICHESSES” raconte plus que la vie riche et presque aventureuse d’un éditeur! Le roman est le roman d’un lieu : la librairie algéroise installée dans un local minuscule dans le quartier des facultés “LES VRAIES RICHESSES“, entre une pizzeria et une épicerie.

Étrange roman, bien écrit, fourmillant d’informations sur une période révolue de l’Algérie française des années 1930 à 1960, sur le monde de l’édition, ses difficultés et ses moments de bonheur.

A lire absolument.

2017 ….je ferme les yeux et je me souviens.

Encore une année qui s’achève et qui va nous laisser des stigmates qui devraient être inoubliables, mais que le temps effacera forcément et que d’autres stigmates viendront recouvrir et faire disparaître!

Dans le monde, une litanie d’attentats qui endeuillé pratiquement tous les pays.

D’Istanbul à Gao, de Bagdad à Kaboul, de Damas au Sinaï, de Mogadiscio à Azaz (et je dois en oublier malheureusement), des dizaines de victimes tombent innocentes tombent sous les balles,, les explosions de voitures pièges et autres engins meurtriers. Dans l’indifférence la plus totale.

Ailleurs, quelques victimes, par ci par là, font pourtant les unes des médias occidentaux, ces medias qui comptent : un policier sur les Champs Elysées, 7 morts à Londres, 16 morts à Barcelone, 8 morts à New Yord, ces trois derniers attentats ayant été exécutés selon le même opératoire : un véhicule qqui fonce dans la foule. Gros émois dans les monde occidental, bien entendu!

Cette année a été également marqué, notamment en France, par la disparition des grands noms de la culture et du spectacle comme Emmanuelle RIVA (rappelons-nous HIROCHIMA MON AMOUR), Claude RICH, Jeanne MOREAU, Mireille Darc, Simone VEIL, et tout récemment Jean d’ORMESSON et Johnny HALLYDAY.

Au Maroc, nous avons perdu de grandes figures de notre culture : à coté des très médiatiques Abdellah CHAKROUN, écrivain-journaliste, et Mohamed Hassan AL JOUNDI,l’acteur à la voix si particulière, on déplore la disprition de figures moins connues : l’artiste peintre et écrivaine Zahra ZIRAOUI et l’acteur Larbi EL SASSI.

Le monde politique national en pleine déconfiture à perdu l’une de ses icônes emblématiques avec la disparition de Si M’hammed BOUCETTA, l’un des derniers dinosaures de parti de l’Istiqlal.

A travers le monde, nous avons assisté à l’arrivée tonitruante à la tête des USA de Donald TRUMP et de ses décrets, plus décriés les uns que les autres (immigration, climat,Jérusalem, etc..) et au départ discret mais attendu ear ses pairs et espéré par ses compatriotes du prédisent du Zimbabwe Robert MUGABE, avec l’apparition d’un OVNI comme président de la République française avec Emmanuel MACRON que personne ne connaissait il y a quelques années.

Entre tremblements de terre< , ouragans et inondations, qui ont ravagé le monde, nous nous souviendrons des frémissements sociaux qui ont marqué quelques pays..

Le Mroc a connu le “Hirak” mouvement soco-politique qui a secoué le Rif durant tout le premier semestre de l’année et l’Espagne a traversé une crise qui n’est pas prête d’oublier : le “Process” qui aurait pu mener ce pays à l’éclatement avec la sécession avortée de la Catalogne!

L’Europe d’une part et l’Angleterre d’autre part continuent d’être ébranlées par le “Brexit” et par les modalités de sa mise en oeuvre.

Le Maroc a finalement – après six mois de blocage politique dont personne n’a voulu assumer la responsabilité – pu se doter d’un gouvernement, bancal certes et rendu encore plus bancal par le coup de balai royal suite au rapport de la Cour des Comptes.

Et enfin, un événement – qui aurait dû être un non-événement en fait – s’est produit le weend-dernier : Abdelillah BENKIRANE n’est plus patron du P.J.D. et ses alliés mis au ban des instances du parti!

Pourtant, quelques moments de joie dans cette grisaille sont venus nous redonner esopoir !

La qualification de l’Equipe Nationale de foot-ball à la Coupe du Monde Russia2011 a donné lieu à des scènes de liesse populaire à travers tous le pays, comme seuls les marocains savent les vivre! Tout comme la victoire du WAC en finale de la Ligue des Champions d’Afrique. mais malheureusement le club casablancais est vite redescendu sur terre après sa petite prestation au récent “Mudialito” de Abou Dabi où il a montré ses vraies limites tactiques, techniques et physiques! Espérons que les Lions de l’Atlas s’en sortiront mieux que les prétendus Winners!

Mais avec cela, je n’oublierai ni l’élu et ses 147 milliards de Had Soualem ni le fiqh des quartiers chics de Casablanca et les 15 malheureuses victimes venues chercher un panier de denrées de première nécessité au prix de leur vie

Pendant ce temps, à travers le monde, des peuples continuent à vivre dans la guerre ou dans l’exil qu’ils n’ont pas cherché : le Yémen par exemple dont presque personne ne parle, les Rohingihas de Birmanie qu’on a vite fait d’oublier, certaines zones de l’Afrique que les groupes terroristes se disputent et qu’ils disputent aux autorités centrales!

Encore quelques jours avant de voir 2017 disparaître des radars de nos préoccupations !

VIVEMENT 2018 !

AL HOCEIMA a eu aussi un film éponyme …

Il n’y a pas que Casablanca à avoir donné son nom à un film, juste son nom, sans ajout, sans fioriture, sans enjolivement.

Le monde entier connait le film “CASABLANCA” de Michael CURTIZ avec Humphrey BOGARD et Ingrid BERGMAN. On se souvient de la réplique culte lancée au pianiste noir par Humpreey Bogard : “Play it, Sam”. On se rappelle du Rick’s qui existe encore et fait partie des hauts lieux à visiter de Casablanca.

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Aucune autre ville ne semble avoir lié son nom et seul son nom à un film aussi fortement et aussi intimement que Casablanca…Ni Paris (Un américain à Paris), ni Rome (Rome …ville ouverte), ni New York (New-York-Miami), ni Tobrouk (Un taxi pour Toubrouk), ni Boston (L’étrangleur de Boston), ni Dublin (Les gens de Dublin)! chaque fois le nom de la ville était accolé à un autre mot …

Aucune? Rien n’est moins sûr !

AL HOCEIMA, la capitale du Rif, le centre névralgique de l’histoire récente du Rif, le noyau dur des revendications sociales, économiques et même politiques de ces derniers mois, a donné elle aussi son nom à un film…

Juste son nom, sans ajout, sans fioriture, sans enjolivement. Exactement comme Casablanca et le “CASABLANCA” de Michael CURTIZ.

En 1948, le metteur en scène espagnol Jose LOPEZ RUBIO avait réalisé “ALHUCEMAS” avec des acteurs peut-être moins connus que les interprètes de “CASABLANCA” mais qui étaient de grosses vedettes de l’Espagne franquiste de l’époque, notamment la star Sara MONTIEL, à la carrière impressionnante.

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Bien sûr “ALHUCEMAS” n’a pas eu le succès phénoménale de “CASABLANCA” : le cinéma espagnol de l’époque n’avait rien à voir avec le rouleau compresseur cinématographique de Hollywood!

Le sujet du sujet de “ALHUCEIMAS” tournait autour d’un concept hispano-espagnol : l’histoire d’un capitaine d’infanterie de l’armée franquiste, novice et un peu maladroit, qui parvient à devenir en un officier répondant au modèle martial de l’époque.

Film de propagande, bien sûr, de propagande franquiste, tourné dans le décors naturels des environs de Al Hoceima, “ALHOCEMAS” n’a bien sûr accordé aucun regard aux rifains, tout comme CASABLANCA n’avait prêté le moindre intérêt aux marocains de la ville de Casablanca!

Cinéma des vainqueurs, bien sûr …

C’est à nous de réaliser des films sur nos villes, pour les glorifier ou du moins les immortaliser …Nous n’avons eu droit qu’à “CASANEGRA“!

Comme nous serions fiers de voir un film simplement intitulé “TANJA”, ou “ESSAOUIRA”, ou “MARRAKECH” réalisé par un(e) marocain(e) rien que pour les marocains et les marocain(e)s, et pour le reste du monde éventuellement!

P.S. : j’ai découvert l’affiche du film “ALHOCEMAS” en feuilletant “مقتطفات من حديث مستمر عن الحسيمة“, traduction en langue arabe par Abdellah JERMOUNI de l’ ouvrage de Juan ROMAN, artiste et écrivain espagnol né à Al Hoceima : “Fragmentos de una conversacion continua sobre Al Hoceima“, dont je parlerai quand j’en aurais fini la lecture.

P.S. 1 (le 13 décembre 2017) : après la lecture du livre en question, il ne m’a pas paru nécessaire de vous faire part de mon sentiment, car ces “fragmlents” ne présentent aucun intérêt particulier, sauf quelques anecdotes croustillantes et quelques photos sur l’histoire de la ville de Al Hoceima durant la présence espagnole.

Une jeune institutrice raconte son enfer, ses espoirs, sa vie quoi …

Un titre fort sympathique “LES ATTACHANTS” …Une écrivaine que je ne connais pas : Rachel COREMBLIT…Un éditeur plutôt discret “Les Editions du Rouergue” Mais un sujet qui me passionne : l’enseignement, la vie des enseignants, leurs problèmes! Et c’est normal : je partage la vie d’une enseignante depuis plus de quatre décennies.

les attachants

J’ai donc tout de suite été intéressé par cette nouveauté de la rentrée littéraire 2017, dont je doute fort qu’elle intéresse les jurys des grands prix! Mais peu importe : le roman est une petite merveille.

Dans ce livre, Rachel Coremblit – enseignante dans le primaire puis formatrice – fait appel à sa mémoire pour nous raconter le quotidien d’une jeune institutrice dans un quartier périphérique de Toulouse, ville où les difficultés de la vie normle se conjuguent à celles nées de la diversité et de la crise.

Le témoignage de l’auteur est authentique et parfaitement rendu : elle ne peut pas avoir inventé tous les petits élèves

Le petit Rémy, le transparent Michel, les gros bagarreurs comme Allan ou Abdel, la coquette Karima, le malfrat en puissance Emir, Yaël le gamin de dix ans qui s’oublie et se salit encore en pleine classe, tous ces gosses et les autres ont dû exister dans la vie réelle de Rachel et Emma l’héroïne du livre les évoque avec amour, tendresse, nostalgie et pourquoi pas une certaine appréhension parfois :

“Emma les a regardés, ses élèves, ses enfants, sa troupe, ses mômes, ses monstres, ses pourritures,ses petits loups, ses horreurs, ses gamins, ses grands morveux, ses mignons. ses attachants, ses chiants. Ses attachiants. Sa classe”.

Quelques moments forts de ce livre sont à retenir. Ainsi, le calvaire de la nouvelle institutrice obligée d’assurer son horaire au gré des remplacements qu’elle effectue relève du cauchemar:

Le lundi, la première école se trouvait sur les coteaux ; petites sections ; des minus qui se mouchaient sur ses jambes du mois de septembre – premiers rhumes – au mois de juin – allergies… le mardi, grand écart. Une classe unique dans un petit village que même le GPS ne semblait pas connaître. Le jeudi, c’était juste l’horreur, un CP dans la banlieue nord

Mais parfois la tendresse l’emporte, souvent le doute, la colère en quelques occasions. Bref la vie d’une institutrice dans toute sa vérité!

Un témoignage authentique poignant de crudité et de sincérité, sans complaisance mais sans surenchère, d’une justesse à vous glacer le sang parfois.

En fait, un hommage aux enseignants qui ont choisi ce métier.

Le livre que Leila SLIMANI aurait dû s’abstenir de publier!

On ne peut pas prétendre que je ne reconnais pas le grand talent d’écrivain de Leila SLIMANI !

Je l’ai dit à propos de son premier roman, “DANS LE JARDIN DE L’OGRE” qui ne m’avait pas intéressé en tant que lecteur lambda mais qui laissait prévoir un bel avenir littéraire pour l’auteur.

Son second ouvrage, “DOUCE CHANSON“, m’avait impressionné ! La preuve en est que j’avais conclu mon billet par une vraie déclaration d’admiration : “Vous êtes une belle plume (un beau clavier), en tous cas une grande romancière”!

Mais quand j’ai lu son dernier opus “SEXE ET MENSONGES – La vie sexuelle au Maroc” paru il y a quelques mois chez ARENES EDITIONS, puis en édition pour le Maroc et l’Algérie, chez LEFENNEC, je me suis dit deux choses.

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La première est j’a bien fait d’attendre l’édition marocaine à 25 dirhams plutôt que l’édition française à 230 dirhams car c’est le juste prix, à mon sens, pour ce livre. Et en prime les éditions Le Fennec ont réussi une couverture génialement artistique.

La seconde est que Leila SLIMANI aurait été plus inspirée de laisser à Tahar BENJELLOUN le soin de faire de l’argent sur les malheurs psychosociologiques de ses compatriotes : il en a plus l’habitude et elle a beaucoup trop de talent pour le gaspiller dans ce genre d’écriture.

Leila SLIMANI a voulu donner la voix aux prétendues sans-voix marocaines : elle a réussi surtout à ouvrir la voie aux poncifs les plus éculés que les critiques français attendent chaque fois qu’il est question de sexuelle dans un pays arabe, musulman et notamment au Maroc.

Leila SLIMANI n’est pas une quelconque “Madame TAAAZI”, héroine de Gad EL MALEH : il s’agit d’une écrivain pleine d’imagination et de talent, qui connait mille fois mieux le monde parisien que les dédales des sociétés marocaines !

Le titre de son livre est assez surprenant : “SEXE ET MENSONGES” ! Elle ne s’est même pas donné la peine de s’éloigner du titre du film de Steven Soderbergh qui raconte l’histoire d’un homme qui “collectionne les interviews vidéo de femmes qui racontent sans ambages leur vie sexuelle”.

Le sous-titre en est presque grotesque par la charge de prétention qu’il porte : “La vie sexuelle au Maroc”. Même Soumaya NAAMANE-GUESSOUS, éminente sociologue et spécialiste émérite de ce sujet tabou s’il en est – n’a pas osé donner à l’une de ses publications – autrement plus nombreuses, plus sérieuses et plus documentés que le “livricule” de Leila SLIMANI – un sous-titre aussi ronflant.

Je ne parlerai pas du contenu du livre : vous en jugerez par vous-mêmes, mais je crois qu’il peut irriter certains par sa crudité tout comme en ébahir d’autres par son audace. A mes yeux, il ne présente qu’un intérêt tout relatif tant les évidences qui y figurent sont évidentes, tant les clichés sont rabâchés et tant les formules relèvent du lieu commun mille fois répétés, et ce malgré l’apport de certains noms censés donner du crédit intellectuel au reste des témoignages.

Bref Leila SLIMANI, par la publication de cet opus, a gagné certes son pari commercial mais elle a perdu son crédit littéraire gagné haut la main par ses deux précédents romans!

Attendons donc sa prochaine livraison en espérant y retrouver la véritable Leila SLIMANI mais non pas la beurette de service qu’elle n’est absolument pas!

Ma deuxième rencontre fortuite avec Guillaume MUSSO

Comme je l’écrivais il y a quelques années, les romans de Guillaume MUSSO, l’auteur français le plus lu, ne sont pas ma tasse de thé ni mon verre de café…..

Mais un trajet par train Rabat-Casa et retour peut très bien convenir à la lecture d’une des productions de Guillaume MUSSO – je ne trouve pas de mots plus juste pour qualifier ce que nous vend ce monsieur.

Cette fois, je me suis laissé piéger par “L’INSTANT PRÉSENT” publié chez les Editions XO en 2015.

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Pour ne pas vexer Guillaume MUSSO et ses lecteurs, je ne dirais que ce roman est un “roman de gare”….quoiqu’il ait été acheté dans ue gare mais que ce serait plutôt un “roman de train

En effet, une fois embarqué dans le train et dans le roman, c’est bien plus le roman qui vous accapare!

Le style est alerte!

Les ambiances sont formidablement bien rendues, surtout pour un français qui nous parle de New-York des années 90 avec une aisance et une précision remarquables.

Les personnages sont crédibles.

Reste la trame du roman …

Soit on y adhère au genre et on accepte le jeu et alors on est entraîné dans un tourbillon fou mais pas désagréable.

Soit le lecteur est moins réceptif – comme c’est le cas pour moi – et il ne croit à un seul moment aux aventures complètement alambiquées que connait le héros!

Jouer avec le temps relève de la science-fiction et je me suis pas un fanatique de ce genre! Mais s’il peut me faire oublier les deux fois 70 minutes que dure le trajet aller-retour en train entre Casa et Rabat, je peux dire que Guillaume MUSSO a réussi son pari!

J’vais qualifié le seul roman de Musso que j’ai lu de “roman de salle d’attente chez un concessionnaire automobile“. Entre une salle d’attente et un train-navette, il n’y a pas une très grande différence!

Un 25 NOVEMBRE plus triste que les précédents…

Depuis que je tiens ce blog, j’ai toujours veillé, à l’occasion de la Journée internationale contre les violences faites aux femmes, à exprimer ma solidarité avec les femmes victimes de comportements violents de la part des hommes et parfois, malheureusement, des institutions.

Ma solidarité n’avait et n’a toujours été motivée que par le respect tout à fait normal que je dois à la femme, aux femmes : j’ai eu une mère d’un courage inouï, j’ai une épouse d’une droiture exemplaire, mes filles sont ma fierté tout autant que mon fils.

Je ne comprends pas donc, je ne conçois pas donc qu’un homme puisse porter la main sur une femme, qu’il puisse lui manquer de respect, qu’il se croit supérieur à elle, qu’il lui porte atteinte de n’importe quelle manière!

Pour moi, la violence faite aux femmes n’est pas un comportement humain normal ..

Or malheureusement, cette violence est chose courante chez nos congénères à tel point que l’anthropologue Françoise HERITIER, disparue il y a quelques jours, n’hésite pas à affirmer que : “l’Homme est la seule espèce où les mâles tuent les femelles de leur espèce”.

Comment faire pour changer cette situation?

Changer les mentalités, changer les données socio-économiques, changer les lois, changer le monde en quelque sorte!

Mais il faut aussi et surtout que les femmes réagissent, qu’elles se battent, toutes, même celles qui ne sont pas victimes de violences, contre cet état de fait!

J’ai dit en titre de ce billet que ce 25 novembre est plus triste que les précédents…Oui, parce que certaines femmes qui ont toutes les raisons de mener cette bataille, parce qu’elles sont libres rt indépendantes, rechignent à mener ce combat et que d’autres tout aussi libres et tout aussi indépendantes se complaisent dans leur situation de victimes.

Oui, je suis cynique dans cette affirmation mais malheureusement elle est véridique et bien plus réelle qu’on ne le croit!

La violence faite aux femmes est le combat de tous et de toutes : quiconque y renonce – même pour des raisons de convenance ou de conviction personnelle – se comporte à mon sens en complice de crime contre les femmes, contre LA FEMME!

P.S. 1 : j’ai souvent dédié mon billet du 25 novembre à quelqu’un qui m’est proche, pour qui cette date est importante et qui m’a très douloureusement ouvert les yeux sur le renoncement de certaines femmes à défendre leur propre cause quand elles ne se complaisent pas dans leur situation de victimes, qu’elles ne la justifient pas ou pire qu’elles subliment leurs bourreaux!

P.S. 2 : La récente lecture d’un petit recueil de textes – on ne peut parler de nouvelles, ce serait plutôt des confessions intimes déguisées et très élégamment rédigées – publié par Imane NACIRI chez La Croisée des Chemins en 2012 sous le titre NE ME JUGEZ PAS n’a pas arrangé les choses : elle a contribué à renforcer le sentiment assez désagréable que j’ai exprimé dans ce billet. Un conseil : ne lisez pas la prose dépressive et déprimante de cette femme.

ne me jugez ps

Décidément, ce 25 novembre recèle une tristesse infinie…

AVOIR UN AVIS SUR TOUT ….

Peut-on avoir un avis sur tout ? Et surtout doit-on l’exprimer à tout prix?

Les questions que je pose n’ont rien à voir avec la liberté de penser ou la liberté d’expression : c’est juste une question d’opportunité et de pertinence. Que l’on soit bien d’accord!

L’actualité est très riche et les internautes réagissent bien évidement selon leur feeling. Mais honnêtement, un internaute lambda assis devant o PC ou tripotant son smartphone, peut-il avoir un avis digne exprimé sur tous les problèmes qu’il voit défiler sur son écran?

Comme une affaire aussi grave que le drame d’Essaouira, dont on sait rien sinon que 15 femmes perdu la vie dans des circonstances troubles?

Comme les accusations de complot contre la monarchie proférées contre Illyas Omari et qui risquent de déstabiliser le Maroc et ses institutions?

Comme l’éventuelle sélection en EN de Munir El Hadaddi, ce joueur qui avait opté pour la Roja et qui se découvre soudain un amour sans limite pour les Lions de l’Atlas qui iront défendre le couleur du Maroc en Russie, après une campagne africaine épuisante et finalement triomphale?

Comme l’interdiction par les autorités monétaires marocaine de l’usage des monnaies virtuelles plus connues sous le vocables de “bitcoins”?

Comme les conséquences du retard ds pluies qui troublent même le plus citadins d’entre les marocains mais qui ne semblent pas inquiéter M. Aziz Akhenouch, ministre de l’Agriculture et de bien d’autres choses?

Comme la situation dans cet établissement de préparations aux Grandes Ecoles de Taza qui a connu concomitamment une intoxication alimentaire massive et un suicide?

Comme cette association dont le but est de faire aimer la lecture aux petits et qui se voit boutée hors de la Bibliothèque Nationale de Rabat pour des motifs pour le moins fallacieux?

Comme le chaos le plus total qui a suivi la finale de la Coupe du Trône entre le RAJA et le DHJ et qui a provoqué des débats matériels très importants sur les biens des particuliers qui n’ont rien à voir avec le foot et des blessés chez les forces de l’ordre, contre quelques arrestations sans itérêt.

J’en passe et des meilleures : peut-être es affaires plus importantes, des sujets plus compliqués, des plus informations plus graves.

Non, un internaute normalement constitué ne peut avoir un avis clair et circonstancié surtout ce qui se passe autour de lui. Et il n’est pas, à mon sens, obligé d’exprimer à chaque fois son sentiment sur tel ou tel événement, sur telle ou telle information et très souvent sur juste une rumeur non fondée!

Ai-je tort?
Ai-je raison?
Je n’en sais rien mais la question m’a semblé importante et je la soumets à votre appréciation..

SI COMME MOI, VOUS AIMEZ LES MATHS, TOUT EN N’Y COMPRENANT RIEN….

Si comme moi vous avez eu un jour l’intention d’entamer des études scientifiques et que la vie en a décidé autrement, si comme moi il vous rester un amour nostalgique des mathématiques et surtout une incompréhension quasi totale de certaines notions qui se soient noyées dans le brune de vos souvenirs, si comme moi, il vous reste de bagues souvenirs des cours de mathématiques où ils était question de logarithmes, de fonctions, de dérivées, ou de sinus et cosinus, ou de nombres réels ou irrationnels (je ne demande encore aujourd’hui comment un nombre peut-être irrationnel), je vous conseille de feuilleter le petit livre de Lionel SALEM, Frédéric TESTARD et Coralie SALEM paru en 1990 chez les éditions CASSINI – collection Le Sel et le Fer – sous le titre alléchant: LES PLUS BELLES FORMULES MATHÉMATIQUES“.

MATHS

Vous serez épaté de comprendre très vite le pourquoi du comment des formules qui nous donnent la surface du rectangle et celle du triangle, celle d’un cercle et avec les intégrales celle de n’importe quelle surface! Eh oui, n’importe quelle surface quelque soit sa forme…

Vous verrez d’un autre oeil les mystérieux sinus et cosinus, ou bien les nombres bizarres que tout le monde connait mais dont peu de monde comprend comme PI (le fameux et mystérieux 3,141592653589793238462643383279……. et l’on peut aller jusqu’à plus soif sans espoir de trouver la dernière décimale) ) ou le nombre d’or que certains ont croisé dans les cours de dessin au lycée s’ils ont eu la chance d’avoir eu un prof de dessin compétent et qui nous permet de réaliser, spontanément, de belles photos ou des bouquets agréables à regarder.

Vous y trouverez l’explication relativement simple du nombre e à laquelle je n’ai jamais rien compris, et le rappel d’un certain nombre de théorèmes qui sont enfouis dans nos mémoires comme le théorème de Pythagore bien sûr.

Faites ce petit voyage dans les méandres de votre mémoire et de vos connaissances et vous vous rendrez compte que, scientifiques ou pas, férus de maths ou pas, nous avons en nous-même un fonds de mathématicien qui s’ignore!

Amusez-vous bien !