TWITTER nous offre la possibilité de communiquer avec un maximum de 145 caractères, espaces compris, soit grosso modo trois petites lignes.
Ce n’est pas beaucoup, et malheureusement nous en profitons pour placer dans cet espace minuscule un maximum de nullité !
Si on ajoute à cela, le coté à la fois voyeur et clanique « suivis – suiveurs », l’intérêt de TWITTER me semble assez relatif.
Je viens dernièrement de dépasser moi-même le cap de mille twitts en l’espace de quatre mois. En y jetant un coup d’œil rétrospectif, je me rends compte que ce petit jeu ne m’a apporté au fond rien de bien utile, si ce n’est l’illusion de « participer à quelque chose ». En tout cas, c’est la seule et pâle impression que j’en retiens.
Pourtant, en 145 caractères, on peut exprimer des idées intelligentes, ou amusantes, ou simplement utiles, pratiques, peut-être profondes ou grivoises !
En deux ou trois lignes, on peut avancer une proposition à débattre, soumettre une pensée à discuter ou plus trivialement lancer une boutade qui ferait sourire ou rire les lecteurs !
Les exemples ne manquent pas !
Je me suis amusé à recueillir quelques citations, plus ou moins connues, qui entrent parfaitement ce petit moule graphique exigu, et qui pourraient éventuellement nous inspirer dans nos échanges par TWITTS en les rendant plus enrichissants et plus vivants.
Pour commencer, ces deux vers du Cid de Pierre CORNEILLE, pour faire plaisir à beaucoup de monde de la « twittama » :
· Pour grands que soient les rois, ils sont ce que nous sommes ;
Ils peuvent se tromper comme les autres hommes.
Enchaînons sur cette phrase de Gustave FLAUBERT, pour taquiner les commentateurs qui aiment bien démolir les billets des bloggueurs :
· On fait de la critique quand on ne peut pas faire de l’art, de même qu’on se fait mouchard quand on ne peut pas être soldat.
On peut retenir aussi cette remarque d’Alfred JARRY, en cette période où la réforme de la justice est à la mode :
· Les balances de la justice trébuchent; et pourtant l’on dit: raide comme la justice. La justice serait-elle ivre?
Jean-François KAHN, de son coté, n’est pas avare en phrases incisives et décapantes, à propos de tous les sujets :
· Le héros d’aujourd’hui, est celui qui est capable de donner raison à la police.
· Le problème, désormais, n’est pas d’apporter de bonnes réponses mais de poser les vraies questions.
· De nos jours, les religions tuent plus que les sectes. Mais il ne faut pas le dire.
· 98% des adeptes d’une religion le sont par naissance et en fonction d’une filiation. la religion est aussi un phénomène génétique.
Sans oublier bien sûr le philosophe ALAIN :
· L’union fait la force. Oui, mais la force de qui ?
· On dit que les nouvelles générations seront difficiles à gouverner. Je l’espère bien.
Le regretté Pierre DEPROGES, tout comique qu’il était, savait aussi être sérieux, sinon sentencieux :
· La seule certitude que j’ai, c’est d’être dans le doute.
· Si l’union fait la force, la force n’a jamais fait l’intelligence.
La politique a inspiré énormément d’auteurs, qui nous ont laissé des phrases à retenir et à méditer :
· Le peuple donne sa faveur, jamais sa confiance.
Antoine de RIVAROL
· On peut toujours compter sur les américains pour employer la bonne solution… après avoir essayé toutes les autres options.
Winston CHURCHILL
· La politique est peut-être la seule profession pour laquelle nulle préparation n’est jugée nécessaire.
Robert Louis STEVENSON.
· La démocratie ne régnera que le jour où mille culs-de-jatte persuaderont le reste des hommes de se couper les jambes.
Paul-Jean TOULET
Certains grands auteurs nous ont laissé des pensées les plus variées, dont nous tirerions le plus bien à les méditer :
· Comme une mère, une ville natale ne se remplace pas.
Albert MEMMI
· Selon que vous serez puissant ou misérable
Les jugements de cour vous feront blanc ou noir.
Jean de LA FONTAINE.
· Quand je pense à tous les livres qu’il me reste à lire, j’ai la certitude d’être encore heureux.
Jules RENARD
· Le vrai courage est celui qui combat les ridicules et les vices, ménage les personnes et obéit aux lois.
Jean LE ROND D’ ALEMBERT
Je terminerai ce florilège par deux piques dont je n’ai pas retenu le nom des auteurs mais que je trouve intéressantes :
· FOX NEWS : Télé qui est aux néo-conservateurs US ce que AL JAZERA est aux néo-islamistes arabes.
· La margarine est au beurre ce que la social-démocratie est au socialisme.
La liste est ouverte ! A vos claviers ….J’attends vos propositions !

Ce n’est pas l’histoire, mais l’art qui exprime la vraie vie.
Ce n’est pas le doute qui rend fou: c’est la certitude.
Celui qui ne veut agir et parler qu’avec justesse finit par ne rien faire du tout.
… qu’y aurait-il donc à créer s’il y avait des dieux?
… celui qui regarde vers le haut ne peut jamais avoir le vertige.
… les choses essentielles se produisent en ce monde sans explication ni motif, puisant en elles-mêmes leur propre raison d’être.
… toute la valeur de l’être humain tient à cette faculté de se surpasser, d’être en dehors de soi, d’être en autrui et pour autrui.
Concevoir le diable comme un partisan du Mal et l’ange comme un combattant du Bien, c’est accepter la démagogie des anges.
Dieu a inculqué dans le coeur des femmes la haine des autres femmes parce qu’il voulait que le genre humain se multiplie.
Et si l’Histoire plaisantait?
“..de 145 caractères, espaces compris,…et malheureusement nous en profitons pour placer … un maximum de nullité !”
Bien au contraire , ce minima oblige à être plus concis . Ca rend efficace du coup : on se pose des questions sur la justesse, la pretinence de ce qu’on avance. On cherche les mots justes … ( du moins si on a envie de débattre pour comprendre).
Plus de texte laisse plus de liberté, à ceux qui n’ont pas le souci de la rigueur intellectuelle, d’écrire pour écrire quitte à balayer du revers de la main une critique constructive par une réponse pirouette – Ca me fait penser à Georges Marchais : ” c’est ma réponse” répondit-il quand el kabache lui disait ” ce n’était pas ma question” – qui ne répond pas à la question mais meuble.
“… Si on ajoute à cela, le coté à la fois voyeur et clanique « suivis – suiveurs », l’intérêt de TWITTER me semble assez relatif.”
Ce côté suiveur est général , il n’est pas propre à twitter, il est assez répandu dans les blogs. Des gens se reconnaissent dans la philosphie de l’autre, ils vont forcément vers lui/elle.
Mais ce n’est pas dramatique si le débat reste ouvert sur des sujets qui fâchent et que les uns et les autres se nourrissent mutuellement de leur critiques contstructives.
C’est grave , stérile et ennuyeux quand des groupes se rendent des amabilités au detriment des dabats , en usant de superlatifs de tout genre.
Ca devient encore plus grave quand on verse dans le rabaissement et l’invective!
@hmida : “…nous en profitons pour placer … un maximum de nullité !”
Qu’est ce qui n’est pas nul et qu’est-ce qui l’est ? (je t’ai souvent vu ces derniers temps faire dans ce type d’appréciation sans comprendre réellement où tu veux en venir) . Alors comment distiguer le nul de ce qui ne l’est pas?
@Hmida: “Ce n’est pas beaucoup, et malheureusement nous en profitons pour placer dans cet espace minuscule un maximum de nullité !”
J’en conviens.
Un certain Citoyen Hmida a écrit avant hier sur Twitter: “Quand je pense que certains veulent changer la constitution pour donner plus de pouvoirs aux partis! C’est à en pleurer plutôt!”
Il faut vraiment faire un effort pour te détrôner. En termes de “maximum de nullité”, tu est vraiment doué.
@ lixy
Toi, mon garçon tu as une véritable âme de petit flic, de petit voyeur des RG aujourd’hui disparus : tu te planques derrière ton pseudo et tu espionnes! Bravo, la grande classe, quoi!
P.S. : Pour revenir à ce que j’ai mis sur twitter : je persiste et je signe!
@ Abdel
Je considère qu’on ne peut débattre sérieusement en s’échanger des phrases calibrées!
Pour ce qui est de la nullité, un petit tour dans le monde du twitt – à commencer par le mien – te donnera une petite idée de ce qui peut s’y échanger!
hmida : “Pour ce qui est de la nullité, un petit tour dans le monde du twitt – à commencer par le mien – te donnera une petite idée de ce qui peut s’y échanger!”
Je l’ai fais , mais ta définition de la nullité importe pour mieux accompagenr tes lecteurs dans la compréhension de tes billets. Sinon, une réponse comme cela n’est pas satisfaisante , du moins dans le cadre d’échanges intéllectuels écrits de surcroit ce qui le sort de facto de discussion de comptoir !
Je te l’ai dit : “(je t’ai souvent vu ces derniers temps faire dans ce type d’appréciation sans comprendre réellement où tu veux en venir)”
Pas envie de réfléchir. Ou encore comme disait Voltaire : “L’art de la citation est l’art de ceux qui ne savent pas réfléchir par eux-même”.
@ abdel
A moins de procéder comme notre ami LIXY qui va fouiner en catimini dans les messages d’autrui et les rapporter, je ne vais pas te fournir d’exemples de nullité que l’on peut trouver sur ce nouveau média!
Même les journalistes les plus confirmés ou les les politiciens aguerris l’utilisent de manière absolument futile!
Le seul avantage que j’y trouve personnellement consiste à signaler un lien sur un article ou site intéressants!
C’est en cela que je parle de nullité!
Ceci dit,la nullité de ceci ou de cela est toute relative : certains blogueurs trouvent leur espace génial et celui des autres nul; d’autres estiment que sans leurs contributions Twitter ne serait rien; des journalistes écriront des articles absolument abscons en croyant mériter le prix Pullitzer; des écrivains absolument ineptes n’accepteront la moindre critique! Je peux continuer à l’infini bien sûr….
Il me semble que pour quelqu’un qui utilise Twitter d’une manière aussi erronée, tu devrais te garder une petite gêne et ne pas trop critiquer. Il faudrait que tu suives beaucoup plus de gens que ceux que tu suis présentement pour avoir accès à plus d’informations, plus de tweets de qualité. Ce n’est pas parce que le peu de gens que tu suis sont d’une nullité affligeante qu’il faut généraliser. Mais, sûrement que tu ne veux pas suivre d’autres gens pour ne pas avoir à lire des trucs dérangeants ni à devoir interagir avec des gens ayant des choses à dire.
Bonne continuation.
@ Reda
Je n’attendais pas de toi des conseils pour l’utilisation de Twitter ni surtout ton jugement personnel sur les personnes que je suis, qui apprécieront au passage ta délicatesse et ta finesse!
Le sujet est bien plus vaste que cela mais bon, on ne se ferait pas, n’est-ce pas?
Je ne suis pas très présent sur Twitter, mais sur facebook je me lâche un peu
Comment l’expliquer ? je n’en sais rien
Disant que j’ai réussi à trouver des contacts qui me poussent dans mon délire
Sur le fond, je suis d’accord avec toi, les réseaux sociaux ne sont pas les meilleurs moyens pour les échanges d’idées.
Bien sur qu’il ne faut pas céder à la facilité, mais que faire face un fait de mode ?
La provocation ? Le sensationnel ?
Certains parlent de la liberté des hommes et ils sont le premier à se conformer dans un groupe
Je crains que la motivation principale de certains acteurs du web soit avant tout hormonale
Je suis vieux pour ces conneries
@Hmida: “A moins de procéder comme notre ami LIXY qui va fouiner en catimini dans les messages d’autrui”
“Fouiner” implique une fouille de manière indiscrète. “En catimini” veut dire en cachette. J’ai relaté l’un de tes tweets, qui sont non seulement publiques, mais proéminent sur la page d’accueil de ton blog. Et je ne l’ai fait ni en catimini ni de manière indiscrète.
@ le mythe
En effet, la question d’âge doit beaucoup jouer dans l’engouement que l’on peut porter ou pas à ces réseaux sociaux!
Le bruit court que bientôt les philosophes pourraient sonder le mystère de l’être à coups de textos. Et les romanciers pourraient leur emboîter le pas … A suivre sur Twitter!
hmida : “…Ceci dit,la nullité de ceci ou de cela est toute relative…”
Je souscris.
Je fouine, à mon tour dans ce qui est publique, pour avoir ton avis sur l’absolut ou relative nullité de ce type de message : “…lécher les bottes à siadkoum les occidentaux!”.
Ce n’est pas dans twitter, mais il pourrait.
Je resterai toujours pantois face à la “wa9a7a” de certains commentaires sur les blogs marocains!
Je note par exemple que le propriétaire de cet espace, dont je suis un lecteur assidu, se fait régulièrement traiter pire que pendre. A sa place, j’aurai modéré les commentaires depuis belle lurette.
Maintenant, ce sont les connaissances de Hmida qui se font traiter de “peu de gens que tu suis sont d’une nullité affligeante”. C’est désolant car parmi ces personnes il doit y en avoir, je suppose, de fort respectables, étant donné la personnalité de l’intéressé!
Je comprends donc que certains blogueurs se soient retirés, écœurés de ce genre d’attaques personnelles.
“C’est pas parce qu’on n’a rien à dire qu’il faut fermer sa gueule”
C’est ce titre de film (comique français) qui me vient en premier à l’esprit après m’être délecté de ce billet que j’ai lu et relu avant de le copier coller dans mes archives.
Bravo en tous cas, citoyen, pour le courage intellectuel de t’inclure toi-même dans le champ de la critique que tu fais de ce média qui doit davantage à mon avis à la mode technologique qu’à une réelle pertinence-utilité.
J’en parle de mon point de vue de quelqu’un qui n’est pas twitté, ni twitteur et qui ne le sera jamais. Mais je n’en éprouve pas particulièrement le besoin : d’une part cela fait très longtemps que j’utilise la fonction sms de mon gsm pour écrire court et percutant ; d’autre part, la mise en réseau que m’offre ce blog me suffit largement.
Mais la nullité dont tu parles, hmida, est tout à fait compréhensible dans la mesure où la part de réelle créativité est forcément minime : si on distribuait tout simplement des pinceaux et de la peinture à tout le monde, cela donnera fatalement la même petite, toute petite proportion de chefs d’oeuvres (et d’artistes) à l’arrivée.
Surtout quand tu places la barre aussi haut que la brochette de pensées, aphorismes et autre perles spirituelles que tu donnes en exemple. Bon, moi ça me va, j’ai toujours préféré les barres hautes, qui demandent un effort de dépassement, que les valeurs moyennes qui incitent à la paresse intellectuelle et créative.
“La démocratie ne régnera que le jour où mille culs-de-jatte persuaderont le reste des hommes de se couper les jambes.” Waw ! Où il est, ce Paul Jean Toulet que j’aille lui embrasser la tête pour le génie qu’il a dedans ?
Dépêche AFP: “L’an prochain, un Goncourt récompensera le meilleur SMS!”
@ Ahmed
AFP, pour “Agence Fausse Piste” sans doute ?
@ Abdel
Je ne me suis pas exclu de la nullité des échanges sur Twitter ! J’ai bien écrit : “nous en profitons pour placer dans cet espace minuscule un maximum de nullité !”
@ ahmed
Il parait qu’il y a déjà des “films” captés uniquement sur des téléphones portables, ds romans écrit en langage texto! Alors des philosophes sur twitter, why not?
@ salvadorali
Si je m’étais pas inclu dans la critique, je n’aurai aucune légitimité à porter cette critique justement!
Pour ma part, j’ai été entrainé dans le twitter par mon fils et j’y trouve le plaisir de signaler certains articles ou billets que je lis. Mais je me suis laissé emporté et j’ai ainsi “pondu” des “gouzouillis” qui ne me ressemble guère malheureusement!
Je vais continuer cependant à fréquenter ce média et y sonder l’évolution de notre société : il faut dire qu’on y croise du beau monde!
Mais franchement 145 caractères : il faut être un génie pour y inclure une idée intéressante!
Après la miniaturisation technologique, la contraction intellectuelle: de deux MOTS, il faut choisir le moindre!
@ hmida
Dans ce cas, j’attends avec plaisir les comptes rendus que tu pourrais nous faire des gazouillis du beau monde en question !
@ salvodorali
Il ne serait pas inintéressant de piocher dans les milliers de twits qui sont mis en ligne quelques perles! Mais je n’ai ni le temps ni l’envie de jouer au voyeur fouineur : d’autres le font déjà!
@ ahmed
j’avoue que je préfère la miniaturisation technologique!
@Hmida: C’est toi même qui trouve les gens que tu suis nuls. Je n’ai fais que reprendre ce que tu écris dans ce billet. D’ailleurs, y en a un ou deux que je suis même et je ne me permettrai jamais de les traiter de nuls.
@3abou al west: Toujours à côté de la plaque à ce que je vois
Le poète autrichien (assez curieusement francophone) Rainer Maria Rilke (1875-1926) écrivait en 1910 ce texte :
“Pour écrire un seul vers.
Pour écrire un seul vers, il faut avoir vu beaucoup de villes, d’hommes et de choses, il faut connaître les animaux, il faut sentir comment volent les oiseaux et savoir quel mouvement font les petites fleurs en s’ouvrant le matin.
Il faut pouvoir repenser à des chemins dans des régions inconnues, à des rencontres inattendues, à des départs que l’on voyait longtemps approcher, à des jours d’enfance dont le mystère ne s’est pas encore éclairci, à ses parents qu’il fallait qu’on froissât lorsqu’ils vous apportaient une joie et qu’on ne la comprenait pas ( c’était une joie faite pour un autre ), à des maladies d’enfance qui commençaient si singulièrement, par tant de profondes et graves transformations, à des jours passés dans des chambres calmes et contenues, à des matins au bord de la mer, à la mer elle-même, à des mers, à des nuits de voyage qui frémissaient très haut et volaient avec toutes les étoiles – et il ne suffit même pas de savoir penser à tout cela.
Il faut avoir des souvenirs de beaucoup de nuits d’amour, dont aucune ne ressemblait à l’autre, de cris de femmes hurlant en mal d’enfant, et de légères, de blanches, de dormantes accouchées qui se refermaient.
Il faut encore avoir été auprès de mourants, être resté assis auprès de morts, dans la chambre, avec la fenêtre ouverte et les bruits qui venaient par à-coups.
Et il ne suffit même pas d’avoir des souvenirs. Il faut savoir les oublier quand ils sont nombreux, et il faut avoir la grande patience d’attendre qu’ils reviennent. Car les souvenirs ne sont pas encore cela. Ce n’est que lorsqu’ils deviennent en nous sang, regard, geste, lorsqu’ils n’ont plus de nom et ne se distinguent plus de nous, ce n’est qu’alors qu’il peut arriver qu’en une heure très rare, du milieu d’eux, se lève le premier mot d’un vers.”
Et pour écrire une seule phrase qui sera lue par des dizaines, des centaines d’inconnus, bien sûr il ne faut pas être un poète de génie. Mais j’estime qu’il faudrait peut-être prendre un minimum de précautions et avoir un minimum de talent!
Sur twitt, ce n’est pas toujours le cas : l’urgence et le sensationnalisme priment!
Est-ce cela la culture du XXIème siècle? Si oui, c’est bien dommage!
La bibliothèque de la Pléiade annonce la publication de textos marquants et de tweets mémorables.
Le Robert (ou Roger, le Penseur!) sort le mois prochain une encyclopédie sur le mode SMS: Tout savoir, tout connaître en trois pages.
Le Monde et le Washington Post se twittisent: les abonnée recevront 5 messages de 145 caractères qui exposent, analysent et dissèquent les événements nationaux et internationaux.
Des universités préparent des Masters sur Twitter.
…
@ ahmed
Nous sommes en plein délire “nouvelles technologies”! Quand on voit un président de la république en train d’utiliser son portable lors d’une audience avec le pape, on mesure le danger de cette situation !
A quand un prix Nobel du twitt ou du SMS?
Pour les bavards qui n’arrivent par à accoucher de ce qu’il ont à dire en moins d’une page, ils ont toujours la possibilité de fragmenter leurs dissertations en petits paquets de 145 caractères.
Maintenant qu’ils ont la solution, qu’ils arrêtent de se plaindre et de gueuler après le progrès.
Voilà quelques deux petits exemples de twits concernant le syndicaliste Pierre Le Menahes qui a participé à l’émission de TF1 de lundi dernier consacrée à Sarkozy :
Marjorie Paillon, de BFM-TV, pendant le débat, twite ce texte “sublime” : « Pierre Le Menahes, nouveau héros médiatique ».
Julien Martin, journaliste à Rue 89, est encore plus fort : « c’est Pierre, divorcé, 2 enfants, 2 boucles d’oreille, que j’ai préféré face à Nicolas, divorcé et remarié 2 fois ».
Il faut reconnaître que c’est du journalisme très spécial !
Ce débat me rappelle l’époque où on a inventé l’électricité, certains avaient crié à la catastrophe en évoquant la faillite des usines de bougies.
Si on les avaient écouté, on en seraient encore à Twitter munis d’un plumier et de petits bouts de papier.
@Le penseur
Le débat ne porte pas sur la chose en elle-même mais sur l’usage que l’on en fait!
@ Richard
époustouflante, la recommandation de RM Rilke ! les cinquante sept caractères qui précèdent sont fiers d’en attester…
@ Hmida
l’usage qu’on en fait, c’est ça qui compte, oui. gloire aux poètes japonais ont inventé le haïku, trois ou quatre vers qui expriment tout. en se rappelant que les poètes japonais étaient souvent aussi des guerriers, douceur du sabre et puissance de la plume ou du pinceau.
par exemple, ces deux derniers vers d’un haïku du XVe siècle, qui s’adresse aux formations d’oiseaux sauvages : “ne vous querellez pas en volant, frères faits pour vous entraider…”
@ tous
“cent fois sur le métier remettez votre ouvrage !”
[...] This post was mentioned on Twitter by Maroc Blogs, Citoyen Hmida. Citoyen Hmida said: chez citoyenhmida.org: 145 CARACTERES POUR DES IDEES INTERESSANTES http://www.citoyenhmida.org/14.....ressantes/ [...]
@ salvadorali
Tu parles de haiku! Justement dans ce genre extrêmement rigide (17 syllabes sur seulement 3 lignes, comportant respectivement 5, 7, 5, syllabes), les poètes japonnais réalisent des merveilles de finesse et de rêve!
Comme ce petit chef-d’oeuvre du poète Basho:
kono aki wa
nande toshiyoru
kumo ni tori
La traduction ne respecte pas bien sûr les codes imposés à l’original
Cet automne-ci
pourquoi donc dois-je vieillir ?
oiseau dans les nuages
Nous sommes loin, très loin des twitts!
@hmida
Pour l’usage, j’ai donné la solution dans mon avant dernier commentaire, j’attends les réactions.
@ hmida
Loin, très loin des twitts, les haïku ? Je ne crois pas. Nous sommes tous des Basho en puissance et comme M. Jourdain nous sommes capables de sécréter des haïku sans le savoir.
@ salvodorali
Trop facile, mon ami, de dire que nous sommes sommes tous des Basho en puissance …Ce n’est pas si simple de créer un haiku, crois-moi!
@ hmida
Merci pour ce témoignage d’amitié. Pas simple de créer quoi que ce soit d’ailleurs, j’en reviens aux paroles de Rilke.
Mais je crois que l’imprégnation et la compréhension intime de la mécanique poétique (cf Raymond Queneau, “Cent mille milliards de poèmes”) peuvent contribuer à mettre sur la voie pratique.
Et d’ailleurs, j’avoue qu’à une certaine époque, je me suis essayé à l’art des Haïku, entre deux séances d’initiation au Kendo. Le résultat n’était pas fameux mais mon maître de l’époque insistait sur la vertu de l’effort impuissant comme voie d’accomplissement dans l’humilité. Des japoniaiseries, quoi…
Les haiku et le basho, c’est comme moi lorsque je me suis fâché avec Salvadorali à cause de Roger ; depuis, je fais dans le simple et l’accessible … fini tout ce qui est finement élaboré.
@Hmida: “Quand on voit un président de la république en train d’utiliser son portable lors d’une audience avec le pape, on mesure le danger de cette situation !”
Quel président? Michelle Bachelet?
Franchement, les gens qui accordent de l’importance a ce qui sort de la bouche d’un pape représentent le véritable danger.
@ lixy
Non, je pensais à ton idole Sarkozy!
Quant au pape actuel, si tu veux savoir ce que j’en pense, relis le post que je lui consacré après de son discours sur l’islam.
Mais, mon garçon, le pape reste un chef d’état et il est très malpoli de tripoter un portable en sa présence! Mais cela tu ne peux le comprendre, tu n’as assez de jugeote!
hmida : “… utiliser son portable lors d’une audience avec le pape, on mesure le danger de cette situation !”
Danger ? au mieux inélégant. Danger c’est disproportionné.
Ca ne compromet ni la paix dans le monde, ni la liberté des gens. Le danger c’est dans le comportement des dirigeants de chez nous : il y a des gens qui se font prisonnier chaque jour pour leurs opinions, au Maroc aussi . Et ca mérite le mot ” danger” car prive les gens de leur liberté.
Au Maroc on vient d’arrêter un autre blogueur. En libye, Kadafi Garde en prison des gens innocentés ( 300) par la justice libyenne, alors que même le ministre de la justice libyenne trouve leur incarcération injustifiée.
Je vois que le mot danger n’a pas la même signification d’une culture à l’autre, alors que ça le devrait puisqu’un incarcéré, injustement, dans le monde entier, indépendamment de la culture, ressent les mêmes douleurs.
à Abdel
Quand je parlais de “danger”, il n’y avait pas de connotation “physique” mais plutôt “culturelle”!
Le danger de voir les bonnes manières disparaître!
Le comportement des dirigeants de chez nous relèvent d’un tout autre débat qui n’a pas sa place ici, je crois!
@Hmida: “Quant au pape actuel, si tu veux savoir ce que j’en pense, relis le post que je lui consacré après de son discours sur l’islam.”
J’ai utilisé “un pape” comme hyperonyme pour “toute personne qui utilise dieu comme argument”.
@Abdel: “Je vois que le mot danger n’a pas la même signification d’une culture à l’autre, alors que ça le devrait”
Lorsque Hmida suggère que ce qu’il voulait dire par l’expression “véritable danger” c’est de “voir les bonnes manières disparaître!”, ça démontre la pertinence de ta réflexion.
@ Lixy
A moins que tu veuilles aussi “réformer” la langue française, le mot pap” s’applique uniquement au chef de l’église catholique!
@Hmida: “A moins que tu veuilles aussi “réformer” la langue française, le mot pap” s’applique uniquement au chef de l’église catholique!”
Le dictionnaire de l’Académie Française dit bien que ça s’applique aussi a d’autres églises (notamment, l’église Copte Orthodoxe). Ce même dictionnaire explique que le terme peut être utilisé au sens figuratif (pour faire référence a une personne jouissant d’une autorité sans partage).
De plus, je ne vois pas pourquoi tu veux (maladroitement) en faire une histoire linguistique. J’ai bien utilisée le vocable avec un pronom indéfini, et lorsque j’ai réalisé que c’était toujours ambigu, j’ai expliqué De maniéré très claire ce que je voulais dire par “un pape”.
Je n’ai aucun respect pour les gens qui décrètent au nom d’un ou de plusiers dieux (que ce soit Jesus, Shiva, Lenin, Allah ou Rand). Et j’ai encore moins de respect pour ceux qui les respectent.
@ Lixy
Désolé de te contredire, mon garçon, mais le mot “pape” s’applique en terme de religion au chef de l’église romaine, en l’occurrence l’évêque de Rome! Du Littré au Larousse.
Ceci dit, que tu n’aies dans la vie aucun respect pour celui-ci ou celui-là n’intéresse que ta petite personne gonflée d’égo et de prétention et je me demande pour étale ici ton insolence soi-disant intellectuelle!
Tu sais très bien que tu n’es qu’un petit troll qui veut m’énerver et me géner! Continue, ton petit jeu m’amuse : j’adorais jouer au chat et à la souris, surtout quand c’est moi le chat!
@ Ahmedaddoukali dit “lautiste”
Je crois que tu saisiras aisément que j’aie supprimé ton commentaire. Certains ne méritent pas – tu me comprends – que l’on se salisse pour eux!
L’expression culturelle peut s’accomoder de la qualité littéraire. Exemple, le haiku japonais.
@Hmida: “Désolé de te contredire, mon garçon, mais le mot “pape” s’applique en terme de religion au chef de l’église romaine, en l’occurrence l’évêque de Rome! Du Littré au Larousse.”
Je te contredit a mon tour, et te rappelle ce que tu a écrit 3 commentaires plus haut: “le mot pap”[sic] s’applique uniquement au chef de l’église catholique!”.
Tu a bien dit UNIQUEMENT!
Sur le commentaire précédent, tu omet comme par hasard le “UNIQUEMENT” et ne garde que le “s’applique”.
Et petite précision: Les auteurs du Larousse ne sont donc pas les “papes” (ha-ha!) de la langue Française. Il y a des vieux 39arech a l’Académie qui jouent le rôle d’ultime autorité. Et le dictionnaire de l’Académie défini le mot pape de manière a inclure d’autres églises que celle de Rome, et il défini aussi clairement le mot pape au sens figuré. Ci dessous, je reproduis le définition de l’Académie:
*********
PAPE n. m.
XIe siècle. Emprunté, par l’intermédiaire du latin chrétien papa, du grec pappas, « père », puis « pape ».
1. Titre porté par l’évêque de Rome, successeur de saint Pierre et chef de l’Église catholique romaine. Notre saint-père le pape. Sa Sainteté le pape. Élire un nouveau pape lors d’un conclave. Légat, nonce du pape. Une bulle, un bref, une encyclique du pape. La mule du pape, voir Mule II. La ville des papes, Rome ; s’est dit aussi d’Avignon. HIST. Les États du pape, appelés aussi États pontificaux ou États de l’Église, sur lesquels les papes exercèrent une souveraineté temporelle de 756 à 1870. Par anal. Le pape noir, nom donné parfois au général des Jésuites. MOYEN ÂGE. Le pape des fous, voir Fou I. Par ext. Désigne parfois le chef de certaines Églises orientales. Le patriarche de l’Église copte porte le titre de pape. Expr. fam. et iron. Être sérieux comme un pape, extrêmement, voire exagérément sérieux. Se croire le premier moutardier du pape, voir Moutardier. Fig. et fam. Se dit d’une personne qui jouit d’une autorité sans partage au sein d’une école littéraire ou artistique, d’un mouvement de pensée. Un des papes du surréalisme. BOT. Monnaie-du-pape, voir ce mot. 2. ZOOL. Nom donné à divers petits oiseaux au plumage très coloré, vivant au Canada, en Louisiane ou en Nouvelle-Calédonie.
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Et pour revenir a ton commentaire sur le président qui texte, je répète que ce sont “les gens qui accordent de l’importance a ce qui sort de la bouche d’un pape représentent le véritable danger”. Non pas ceux qui utilisent un téléphone portable en leur présence (avec tout le mépris que j’ai pour Sarkozy). Les bonnes manières, c’est bien. Mais ce ne sont pas des conditions sine qua non sur lesquelles une démocratie libérale moderne est bâtie. Ce sont plutôt l’esprit critique, l’usage de la raison, le musellement du clergé, l’égalité devant la loi, etc.
Je ne dit cela ni pour t’énerver ni pour te gêner. Mais plutôt pour te faire prendre conscience de certaines erreurs de jugement que tu commets et de lacunes dans ton mode de réflexion. Ignorer les gens durant une entrevue pour envoyer un SMS n’est ni courtois, ni élégant. Mais lorsqu’il s’agit d’un pape (au sens figuré!) j’encouragerais bien ce genre de comportement – quoi que ça aurait eu plus d’impact si le téxteur était athée. Certains chefs d’état méritent qu’on les dédaigne. De surcroît s’ils utilisent dieu dans leurs arguments. Le danger ne vient pas de l’érosion d’une certaine morale basée sur la tradition. Le danger, le vrai, vient justement du fait que certains basent leurs morales sur la tradition ou les livres sacrés et non sur la raison.
En somme, je ne vois aucun “danger” a manquer de respect a “un pape”. Bien au contraire! Leur accorder du respect (et donc, de l’importance) me semble bien plus dangereux.
@ Lixy
Navré, mon garçon, de ne plus de suivre dans ton délire, qui n’a rien à voir avec l’objet de mon billet, à savoir : dire des choses intelligentes en peu de mots!
La concision gagne du terrain: bientôt un concours de dictée à la pivot en langage SMS.
A quand la Bible et le Coran en version Twitter?
Sans oublier les bulles papales …