JUSQU’OÙ VONT ALLER LES SITES D’INFORMATION ?

Récemment, LEDESK.MA traitait certains de ces confrères de “putes du clic” : ce n’est pas très glorieux ni pour pour LEDESK.MA de faire la morale à ses confrères ni pour les sites visés par l’article en question.

Si je réprouve l’attaque portée nommément par un média contre un autre, je suis par contre complètement d’accord avec LEDESK.MA dans sa dénonciation de ce phénomène que connait la scène médiatique élctronique nationale.

Des sites prétendument d’information diffusent des énormités totalement aberrantes sans que cela provoque la moindre émotion dans le public qui gobe cela comme des vérités immuables!

Certains internautes inconscients trouvent tout à fait normal de “partager” ce genre de bétises, sans se poser des questions, sans essayer de mesurer la conséquence de ce simple clic0

Les exemples les plus divers peuplent de manière récurrente les pages entières de ces prétendus sites d’information!

Jusqu’où ces médias vont-ils aller?

Informer, ce n’est pas diffuser des sornettes, sans en contrôler les sources, sans les recouper, sans en vérifier l’exactitude.

Je me souviens d’une phrase entendue dans un film USA sur le Watergate. Le journaliste appelait ses informateurs et leur disait : “j’ai une information, et je voudrais que vous la CONFIRMIEZ ou que vous l’INFIRMIEZ”.

Et après croiser plusieurs de ses sources, il publiait ou non son information.

Quel journaliste marocain procède de cette manière ? Notamment, dans les médias électroniques.

Récemment, je ne sais plus qu’l site affirmait qu’on a arrêté un homme “en possession de 145 MILLIARDS“? L’imbécile qui a diffusé ce canular sait-il ce que sont concrètement “145 milliards”! Pourtant, il y a quelques semaines, toute une polémique était née autour des 117 milliards de Had Soualem!

Comme si ce n’était pas assez gros, on est passé de 117 à 145 …La prochaine fois ce sera 200 milliards et nous continuerons à prendre cela pour argent comptant, sans mauvais jeu de mot!

Je vous laisse le choix des âneries diffusées par la presse électronique…

Essayons juste de faire le tri et de ne retenir que ce qui semble sérieux et crédible, c’est à dire pas grand chose!

Asma MRABET poses les bonnes questions

Le dernier livre, “ISLAM ET FEMMES, les questions qui fâchent” publié en janvier 2017 chez “les Editions en toutes lettres“, de la médecin biologiste et membre de la Rabita des Oulema du Maroc Asma MRABET s’inscrit dans la continuité du combat de l’auteure pour la véritable place de la femme dansa l’islam.

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Commencé dans les années 2000, et vraiment engagé avec la publication en 2007 de LE CORAN ET LES FEMMES“, le combat de Asma MRABET se précise dans cet ouvrage car non seulement elle pose les questions qui fâchent mais elle apporte aussi les questions qui risquent de fâcher encore plus.

De manière très méthodique – n’oublions qu’elle est formation scientifique – elle aborde les principales questions qui touchent à la femme et sa place dans la société musulmane, elle expose le point du vue du texte sacré de l’islam en la matière avant de détailler les interprétations et les les applications qu’en ont faites les exégètes et les docteurs de la loi au fil du temps.

De la femme créature subalterne, source de tentations, qui doit être mise sous tutelle et soumise à son mari, en passant par la polygamie et la répudiation qui semblent des droits naturels de l’homme, de la lapidation et de la violence autorisée envers les femmes aux “houris” qui viendraient récompenser les bons musulmans au paradis, Asma MRABET n’oublie aucun aspect de la vie de la femme au sein de la société : elle évoque le problème du témoignage, celui de l’héritage, de l’accès à certaines hautes fonctions dont l’imamat et du mariage avec des non-musulmans. Elle n’oublie évidemment pas la problématique du voile avant de conclure sur le corps des femmes en général..

D’entrée de jeu, Asma MRABET précise sa démarche qui consiste à :

> clarifier la confusion entre le message spirituel du Texte sacré et l’orthodoxie interprétative institutionnalisée.

> rectifier le grand nombre de opréjugés sexistes et parfois diffamatoires transcrits dans la tradition musulmane au nom de préceptes divis.

> dénoncer ce qu’une culture patriarcale a forgé dans l’esprit des musulmans : la dévalorisation des femmes.

Pour ce faire, pour chaque sujet abordé, l’auteur se réfère en premier lieu au texte coranique, puis aux sources fondamentales de l’islam qui forment la sunna et les hadiths confirmés pour faire ressortir les interprétations – parfois contradictoires avec l’esprit sinon la lettre du texte sacré et des pratiques du prophète Mohamed – sur lesquelles s’accordent les docteurs de la lois et autres exégètes dans le but de maintenir la femme dans un état d’infériorité et de soumission.

La démarche de Asma MRABET n’a rien de révolutionnaire ni de subversif car l’auteure se déclare et se revendique musulmane.

Mais cette musulmane a eu la chance de connaitre et d’affronter d’autres horizons intellectuels, sociaux et religieux lors de ses longs séjours en Espagne, au Mexique et au Chili.

Si elle pose les bonnes questions, certains peuvent douter de la justesse des réponses qu’elle y apporte : en effet, le système patriarcal de nos sociétés arabo-usulmanes et les intérêts en jeu par son éventuelle mise en cause, sont des freis terriblement efficaces contre toute velléité de révision de la vision traditionnelle de la femme en islam.

Ce livre écrit en français n’aura peut-ête pas la portée qu’il aurait eu s’il avait été publié en arabe : les francophones sont en général plus facilement accessibles au mode de raisonnement suivi par Asma MRABET et elle peut sembler prêcher des convertis, sans jeu de mots.

Mais il a l’avantage et le mérite d’exister et former une de pièces du puzzle qui finira par laisser découvrir que, patriarcat ou pas, la femme est l’avenir de l’homme arabe et musulman, n’en déplaise à beaucoup, même parmi les consœurs de Asma MRABET.

UN LIVRE SUR L’ISLAM DANS SA PREMIERE GRANDEUR

Ce petit livre posthume de Maurice LOMBARD, historien et professeur à l’Ecole Pratiques des hautes Etudes, Paris et à l’ Ecole Normale Supérieure de Paris, est assez étonnant car il traite de l’islam et la civilisation qui accompagné d’une manière tout à fait originale.

En effet, L’ISLAM DANS SA PREMIÈRE GRANDEUR – paru chez Flammarion en 1971, soit six ans après la disparition de l’auteur, aborde la période glorieuse de l’islam en mettant en exergue les aspects économiques et culturels.

ISLAM

La période étudiée par Maurice LOMBARTD couvre trois siècles qui ont marqué l’apogée du monde musulman , c’est à dire de la moitié du VIIIème siècle au milieu du XIème).

Et ce qu’il y a de remarquable dans cet ouvrage, c’est que dans son approche de l’histoire de l’âge d’or de l’islam, Maurice LOMBARD évoque l’espace où évolue la nouvelle religion, du monde iranien à l’émirat de Cordoue, il décrit les réseaux qui le cimentent par l’entremise de la langue arabe et les différentes parlers vernaculaires.

Il soulève la problématique de la puissance monétaire et de celle de l’espace urbain, et touche même l’organisation du travail.

Il conclut par l’importance des échanges, de leur objet et des circuits qu’ils empruntent.

Jamais il n’est question dans le travail de l’auteur de guerres et de conquêtes sanglantes, ni de batailles, ni de massacres : l’auteur établit juste le lien entre ce qu’était le monde avant l’islam et ce qu’il est devenu après la révélation de la religion de Mohamed.

Cet ouvrage nous apporte donc une nouvelle vision de ce fut le monde et la civilisation musulmane du temps de sa vraie splendeur !

A lire et à méditer.

MA LECTURE DES RÉACTIONS DU GOUVERNEMENT AU DISCOURS DU TRÔNE

Le chef du gouvernement, Saad Eddine EL OTHMANI, a été relativement réactif au discours du trône dans lequel le souverain a fustigé un certain nombre d’acteurs de la scène nationale, notamment, l’administration publique.

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Dès jeudi dernier, c’est-à-dire moins d’une semaine après l’intervention royale, sévère et critique, le conseil du gouvernement présidé par son chef, a tracé les axes de son plan d’action pour la mise en exécution des directives royales.

Pour ma part, je rejette d’emblée la lecture “makhzanienne” que certains ont voulu donner à la réaction du chef de gouvernement : Si EL OTHMANI n’est pas un homme du “makhzen” (j’utilise sciemment ce vocable galvaudé qui désigne je ne sais trop quoi mais qu’une partie de nos observateurs les plus avertis aiment à brandir comme un épouvantail politique). L’homme sage du P.J.D., qui a toujours évolué en dehors des arcanes du palais et loin de son influence, ne peut être taxé de “makhzanien”, n’en déplaise à certains de ses propres partisans qui lui en veulent d’avoir pris la place de leur champion Abdelillah BENKIRANE.

Je considère que le chef du gouvernement s’est comporté en ce qu’il n’a jamais cessé d’être : un médecin qui s’est lancé dans la politique!

Comment donc expliquer l’ordonnance (dans le sens médical du terme) proposé par le docteur Saad Eddine EL OTHMANI? Car je trouve qu’il s’agit d’un véritable traitement que le chef de gouvernement, médecin et psychiatre, a prescrit à son équipe et à son administration pour les guérir des diverx maux diagnostiqués par le chef de l’état.

Ce traitement “médical” comprend plusieurs degrés, du plus facile et le plus visibles (refonte des C.R.I.) au plus difficile et au moins concret (mesures de simplification des procédures administratives) en passant par des pharmacopées plus ou moins compliquées et surtout plus ou moins efficaces ( bonne gouvernance et réforme de l’administration).

Qu’attendre donc de cette série de décisions, on ne peut peut parler de mesures, puisque rien de concret n’a été décidé, rien de palpable n’a été engagé, rien de pratique n’a été mis en chantier.

Est-ce un coup d’épée dans l’eau ? J’espère que non, car ni le peuple ni le roi n’accepteront que le gouvernement et ses moyens d’action administrative continuent à remuer de l’air chaud et brasser du vide, tout en vidant les caisses de l’état.

On peut comprendre qu’il n’y ait pas eu de réactions intempestives contre tel ou tel ministre – les marocains attendaient des limogeages tonitruants – car cela aurait pu paraître comme des règlements de compte!

Mais, avec le temps et dans le cadre du plan d’action mis en place par le Chef du Gouvernement, il est certain que la rédition de comptes des grands responsables de ce pays est devenue nécessaire et qu’elle doit s’accompagner de mesures coercitives et de sanctions exemplairs, mais justes et conformes à la loi!

Encore une fois, le Maroc est à la veille d’une nouvelle expérience et encore une fois il nous faudra attendre le résultat de cette expérience avant d’en tentr encore une autre.

Ainsi va la Maroc ….

A QUOI NE SERVENT PLUS LES PARTIS POLITIQUES ?

Le titre de ce billet ne comporte pas de faute : je me demande à quoi les partis politiques ne servent plus!

Pendant des années, j’avais la profonde conviction que les formations politiques avaient un rôle dans la vie d’un état, d’un peuple, d’une nation, qu’elles avaient un fonction sociale, qu’elles servaient à quelque chose, ne serait-ce qu’à entretenir le rêve dans un avenir meilleur.

Chaque parti avait son idéologie, sa stratégie, ses moyens d’action, ses partisans, ses militants, ses sympathisants! Chaque citoyen, chez nous comme dans les grands pays démocratiques, était fier d’appartenir ou de s’apparenter, de près ou de loin, à tel ou tel parti et chacun était en mesure d’expliquer pour quelle raison il avait choisi de croire et de suivre tel parti.

Au Maroc, les gens étaient soit sincèrement istiqlaliens, soit tout aussi farouchement partisan du Parti de feu Hassan Ouazzani, soit plutard tout aussi profondément de gauche, soit franchement d’extrême-gauche avec les risques énormes, pour ces derniers, quant à leur liberté et leur intégrité physique.

En France, un communiste était convaincu que le grand soir était pour bientôt et que tous les prolétaires du monde devaient se donner la main alors que les personnes de droite avaient une toute autre vision du monde à laquelle ils croyaient dur comme fer.

L’Espagne, même du temps du dictateur Franco, a connu des partis forts et structurés : le Parti communiste d’Espagne en est l’exemple à retenir.

Mais avec le temps, la finance et l’économie prenant le pas sur les centres de décisions politiques d’une part et d’autre la mondialisation écrasant toute velléité d’indépendance des états, on a vu le rôle des partis politiques se diluer petit à petit!

Par ailleurs, la chute du Mur de Berlin ayant fait chuté le mur des idéologies, il devenant de plus en plus difficile de se dire “être de gauche” ou “être de gauche”!

Etle comble pour les pays de culture musulmane, la religion a insidieusement phagocyté le monde de la politique et l’islamisme a remplacé toutes les autres idéologies pour le bonheur des élites de la classe moyenne qui ont vu là l’occasion d’arriver au pouvoir dont la politique puis l’économie et la finance leur interdisaient l’accès.

Ici, la foi a remplacé l’idéologie comme ailleurs l’indifférence a pris le pas sur l’engagement.

C’est ainsi que les partis politiques ne servent plus à rien ….

Encadrer la population ? A quoi bon, s’ils ne parviennent pas à la faire rêver ou s’ils ne lui promettent que le paradis déjà promis par ailleurs par une autorité bien plus forte que les partis!

Militer ? Inutile, puisque ici le militantisme se mesure au nombre de prières et aux signes extérieurs d’appartenance à telle ou telle obédience religieuse et là-bas les gens sont plus préoccupés, au pire, par le chômage, la crise, l’insécurité et au mieux, par les questions sociales (mariage pour tous, homophobie) que par les questions idéologiques.

Les partis n’ayant plus rien à proposer se servent donc plus à rien !

Chez nous, je lance le défi à tout à un chacun de faire le tri entre les différentes offres politiques que les 35 partis politiques nous proposent !

Du plus ancien au plus récent, du plus à droite au plus à gauche, du mieux implanté à celui qui ne compte comme adhérents que les membres de ses instances dirigeantes, nos 35 partis nous offrent LE VIDE LE PLUS TOTAL!

Ne servant plus à rien, ne répondant pas à ce que la constitution de 2011 attend d’eux dans son article 7, il ne leur reste que deux solutions :

1/ se saborder dignement et repartir sur des bases saines et nouvelles.

2/ disparaître définitivement du champ politique nationale et laisser le peuple prendre en main son destin.

Mais aucune de ces deux solutions extrêmes ne peut être envisagée : trop d’intérêts sont en jeu, trop de personnes sont impliquées dans cette mascarade politique que vit le Maroc, trop de temps a été perdu ne laissant aucune chance au rétablissement de la confiance du peuple dans ses élites politiques!

Que faire alors ? That’s the question !

P.S. : dans mon billet, je n’ai pas mis en cause le coté personnel des responsables des partis politiques, pas plus leur amour du pouvoir et de ce qui va avec que leur goût pour le confort de leur situation et les avantages qu’ils peuvent en tirer pour eux et pour leurs proches. Considérons cela comme le coté humain de la chose et que cela n’a rien à avoir avec la politique!