Le livre que Leila SLIMANI aurait dû s’abstenir de publier!

On ne peut pas prétendre que je ne reconnais pas le grand talent d’écrivain de Leila SLIMANI !

Je l’ai dit à propos de son premier roman, “DANS LE JARDIN DE L’OGRE” qui ne m’avait pas intéressé en tant que lecteur lambda mais qui laissait prévoir un bel avenir littéraire pour l’auteur.

Son second ouvrage, “DOUCE CHANSON“, m’avait impressionné ! La preuve en est que j’avais conclu mon billet par une vraie déclaration d’admiration : “Vous êtes une belle plume (un beau clavier), en tous cas une grande romancière”!

Mais quand j’ai lu son dernier opus “SEXE ET MENSONGES – La vie sexuelle au Maroc” paru il y a quelques mois chez ARENES EDITIONS, puis en édition pour le Maroc et l’Algérie, chez LEFENNEC, je me suis dit deux choses.

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La première est j’a bien fait d’attendre l’édition marocaine à 25 dirhams plutôt que l’édition française à 230 dirhams car c’est le juste prix, à mon sens, pour ce livre. Et en prime les éditions Le Fennec ont réussi une couverture génialement artistique.

La seconde est que Leila SLIMANI aurait été plus inspirée de laisser à Tahar BENJELLOUN le soin de faire de l’argent sur les malheurs psychosociologiques de ses compatriotes : il en a plus l’habitude et elle a beaucoup trop de talent pour le gaspiller dans ce genre d’écriture.

Leila SLIMANI a voulu donner la voix aux prétendues sans-voix marocaines : elle a réussi surtout à ouvrir la voie aux poncifs les plus éculés que les critiques français attendent chaque fois qu’il est question de sexuelle dans un pays arabe, musulman et notamment au Maroc.

Leila SLIMANI n’est pas une quelconque “Madame TAAAZI”, héroine de Gad EL MALEH : il s’agit d’une écrivain pleine d’imagination et de talent, qui connait mille fois mieux le monde parisien que les dédales des sociétés marocaines !

Le titre de son livre est assez surprenant : “SEXE ET MENSONGES” ! Elle ne s’est même pas donné la peine de s’éloigner du titre du film de Steven Soderbergh qui raconte l’histoire d’un homme qui “collectionne les interviews vidéo de femmes qui racontent sans ambages leur vie sexuelle”.

Le sous-titre en est presque grotesque par la charge de prétention qu’il porte : “La vie sexuelle au Maroc”. Même Soumaya NAAMANE-GUESSOUS, éminente sociologue et spécialiste émérite de ce sujet tabou s’il en est – n’a pas osé donner à l’une de ses publications – autrement plus nombreuses, plus sérieuses et plus documentés que le “livricule” de Leila SLIMANI – un sous-titre aussi ronflant.

Je ne parlerai pas du contenu du livre : vous en jugerez par vous-mêmes, mais je crois qu’il peut irriter certains par sa crudité tout comme en ébahir d’autres par son audace. A mes yeux, il ne présente qu’un intérêt tout relatif tant les évidences qui y figurent sont évidentes, tant les clichés sont rabâchés et tant les formules relèvent du lieu commun mille fois répétés, et ce malgré l’apport de certains noms censés donner du crédit intellectuel au reste des témoignages.

Bref Leila SLIMANI, par la publication de cet opus, a gagné certes son pari commercial mais elle a perdu son crédit littéraire gagné haut la main par ses deux précédents romans!

Attendons donc sa prochaine livraison en espérant y retrouver la véritable Leila SLIMANI mais non pas la beurette de service qu’elle n’est absolument pas!