2O FEVRIER : qu’en penser après trois mois d’existence?

Il faut être aveugle et sourd, sinon complètement bouché, pour dire que depuis le 20 février 2011, rien n’a changé au Maroc! Tout comme il faut être d’une grande naïveté et d’une extrême candeur pour croire que tout ce qui arrive est le produit  du seul mouvement du 20 février!

Je sais que mon jugement peut paraitre à certains vicié par ma supposée appartenance à je ne sais quelle caste de ce pays; mais je me “fous” (je m’excuse du terme je n’en trouve pas de plus approprié) de la réputation qui m’est faite sur la blogama : je me connais et cela me suffit!

Je reviens donc à cette date fatidique du 20 février et au mouvement éponyme!

Qui  a lancé cette opération? Personne ne peut le dire, comme personne ne peut dire qui a lancé la révolution du jasmin, ni celle de la place At-Tahrir, ni celle du Yemen, ni celle de Benghazi, ni celle de Daraa, ni celle de Bahraien, ni le mouvement du 15 mai à Madrid, ni demain le prochain mouvement qui apparaitra sur un point point de la planète! Donc personne ne peut se prévaloir de se dire leader de ce mouvement  ni surtout prétendre représenter le peuple marocain!

Quelles sont les revendications de ce mouvement? Comme il existe peu de littérature écrite, à part ce qui traîne à droite et à gauche sur le net, ce qui se scande lors des marches, on peut difficilement faire une liste des revendications! Elles vont de la dissolution des instances politiques qui dirigent le pays (gouvernement, parlement, partis) jusqu’à l’octroi d’un prêt sans intérêt à tous les jeunes en noyant au milieu de ce fatras des demandes absolument légitimes, fondées,  raisonnables, réalisables (indépendance de la justice, respect de la  dignité du citoyen, ou zid ou zid ou zid!)!

Qui a intégré ce mouvement? Au fur et à mesure, ce sont greffés autour du noyau des courants que rien ne rapproche ni idéologiquement,   ni politiquement, ni socialement ni intellectuellement.

Le sentiment de ras-le-bol face à une situation du pays devenue intenable  aurait pu constituer le socle commun des “20 Févrieristes” et représenter un scénario naïf qui suppose que la bonne foi de tout le monde est étable et qu’elle constitue un axiome.

Le sentiment de voir l’occasion rêvée d’être entendu sans aucun risque  parait être un scénario un peu plus machiavélique mais qui peut se comprendre, la politique n’étant pas la plus saine ni la plus morale des activités: il expliquerait l’allaince contre nature entre les gauchistes et les adlistes.

La volonté délibérée d’utiliser des jeunes plein de bonne volonté et plein d’enthousiasme pour parvenir au pouvoir politique, le seul qui échappe encore à une caste de parvenus, capitalistes sauvages dont les ambitions économiques et financières par leur marginalisation politique. Ne trouvant leur place si dans les partis traditionnels – dont la sclérose est la cause principale de l’immobilisme politique du pays – ni dans les partis plus récents qui sont encore plus timorés et sans réelle existence effective!

 

Est-ce à dire que le mouvement du 20 Février est vain et qu’il est à condamner?

Je réponds oui, sans hésitation, s’il persiste dans ce flou, dans cet amalgame et dans cette soumission!

Pourtant, rien n’est perdu : le mouvement a libéré la parole, il a permis une prise de conscience, il a ranimé le feu sacré (rien avoir avec une quelconque sacralité religieuse, soyons clairs et nets : comme disait l’autre, c’est une expression) du débat politique!

Ce serait malheureux que cela disparaisse dans la magouiller politique qui a caractérisé le pays depuis l’indépendance.

Les partis politiques semblent être totalement hermétiques à ce qui se passe autour d’eux : Soit!

Les jeunes de l’USFP ont bien conspué Radi et Cie et les ont invités à “dégager” : ils n’ont qu’à quitter la vieille institution pour un nouveau parti!

Des centaines de jeunes trentenaires, honnêtes, patriotes, travailleurs, compétents, n’ayant rien à attendre de la politique sinon qu’elle leur permette de servir leur pays, sont disponibles et surement  disposés à participer au changement qui s’annonce! Au changement qui est nécessaire et qui est inéluctable!

Le 20 février est une étape et rien qu’une étape : elle peut déboucher sur un échec total, sur l’enlisement de la contestation, sur l’interférence d’intérêts contradictoires!

Je reste convaincu que la politique ne se fait ni sur le net ni dans la rue : elle a ses règles et en les respectant, tout est jouable!

 

 

 

99 thoughts on “2O FEVRIER : qu’en penser après trois mois d’existence?”

  1. tu n’en penses finalement pas grand chose !!!

    ton post est a patchwork d’idees figees que tu ne sembles pas vouloir/pouvoir depasser depuis le debut de ce mouvement !

    Pendant que tu commetait ce post… plusieurs marches etaient interdites et/ou reprimee : l’intervention policiere dans plusieurs ville qualifiee de musclee !

  2. @ politiconaute

    J’ai dit cde que je croyais devoir dire sur ce qui se passe : l’opinion des autres ne m’intéresse pas du tout!

    Allah ouma, il faille dire “vive le 20 février” même si l’on n’est pas d’accord : et je crois bien que c’est vers cela que l’on se dirige!

    La toile devrait donc rester le domaine réservé des protestataires, la rue devrait leur être ouverte, les administrations devraient être soumises à leur contrôle et le pays dans sa totalité devrait être dirigés par des comités de quartiers!

    Heureusement que j’ai l’âge que j’ai et que je ne verrai pas cela!

    P.S. : ce post je ne l’ai “commis”, je l’ai écrit, mais peut-être suis-je trop pauvre intellectuellement – certains me l’ont assez reproché – pour écrire un post qui soit dans l’air du temps, un post à la mode, un post opportuniste!

    P.S. 2 : quand on manifeste, il ne faut pas avoir peur des conséquences : tout le monde sait que nous sommes ni la Suède ni la Norvège! Pourquoi, notre police deviendrait-elle soudain une police “démocratique”? Pourquoi nos manifestants deviendraient-t-ils soudain des manifestants “irréprochables”?

  3. @ hmida

    tu commences j’ai l’impression à toucher les limites des vertus de ta modestie garantie non influente 😉

    en d’autres termes, il faudrait que ce politiconaute ait la tête vraiment dure pour ne pas admettre que la fougue de sa jeunesse est bien mauvaise conseillère en l’occurrence, je veux dire après l’impulsion “populaire” donnée le 20 février et après la dynamique politique déclenchée le 9 mars.

    mais le voila confronté désormais à l’impératif logique de se ranger à tes conclusions, ou alors d’émigrer tout de suite en Californie ?

    reste le “monopole de la violence légitime”, que détient théoriquement l’état. ce qui amène à constater que les agités insistants du 20 février jouent dangereusement à faire usage d’une violence illégitime, dans la mesure où des manifestations non autorisées sont réputées interdites.

    sauf qu’au petit jeu de la provocation à doses plus ou moins homéopathiques, personne ne maîtrise plus vraiment le point de non retour…

    d’où cette question adressée en fait au politiconaute : laquelle des manifestations autorisées du mouvement du 20 février a-t-elle fait l’objet de violences policières ?

  4. “Il faut être aveugle et sourd, sinon complètement bouché, pour dire que depuis le 20 février 2011, rien n’a changé au Maroc! Tout comme il faut être d’une grande naïveté et d’une extrême candeur pour croire que tout ce qui arrive est le produit du seul mouvement du 20 février!”
    je dois être completement bouché, car je crois que grace à ce mouvement nous avons une constotution en cours de changement. c’est déja ca.

  5. @ salvadorali

    La jeunesse actuelle, nourrie au mieux de la lecture de L.J.H. et au pire de celle de ce qui se propage sur Facebook ou Titter et sur certains bnlogs encore en activité, ne peut donner que ce qu’elle a reçu!

  6. L’avantage c’est que ça leur évite de le devenir plus tard (puisqu’ils le sont déjà).

  7. @ hmida

    mon cher, je proteste formellement contre l’exclusion que tu pratiques à l’égard des non-twiteurs, sauf si tu considères cette catégorie d’humaisn comme quantité négligeable ce qui me surprendrait j’avoue 😉

    donc tu as tout à fait raison à nouveau de te demander à quoi “jouent” ceux qui scandent “a Cha&b yourid isqat nNidam” comme si on était en Syrie ou en Lybie… au mieux, cette attitude ne relève que du grand n’importe quoi idéologique qui caractérise la “pensée politique” des agitateurs du 20 février, toute citoyenneté spontanée égale par ailleurs ; au pire, c’est d’ailleurs ce que commence à dire la presse marocaine en ce moment, il s’agit des vieux démons blanquistes qui ont déjà grandement contribué à mettre le maroc à plomb et à sang au lendemain de l’indépendance et jusque dans les années 80 au moins… et quand je dis blanquiste, je suis poli 😉

    mais peut-être que le noyautage du mouvement du 20 février par les extrême gauchistes d’un côté et les fascistes islamistes de l’autre y est pour quelque chose ?

    le vrai problème est que la jeunesse intellectuelle et notamment cybermilitante d’aujourd’hui se laisse aussi facilement entraîner dans des combats douteux… mais ça aussi, c’est une autre vieille tradition foireuse de l’activisme politique marocain, comme les générations sacrifiées de l’UNEM en ont témoigné.

  8. @Salvadorali

    “Quand on est con on est con
    Entre vous, plus de controverses
    Cons caducs ou cons débutants
    Petits cons d’la dernière averse
    Vieux cons des neiges d’antan”

    Voilà, ce qui nous fais une jolie liaison entre les caducs pantouflards de l’UNEM et les débutants pique-niqueurs du 20 février.

  9. @ le penseur

    “caducs pantouflards” et “débutants pique-niqueurs”, je salue ton sens de la formule mon cher !

    un ami m’a soufflé une idée que j’ai trouvé intéressante pour faire évoluer dans le bon sens la bonne graine du 20 février, une fois qu’on l’aura nettement distinguée de l’ivraie… il faudrait envoyer cette bele jeunesse militante passer un stage sur la plaza del sol à madrid aux côtés des “indignés ” espagnols qui ont, eux, de sacrées bonnes raisons pour manifester, la première étant qu’ils sont victimes d’un système de gouvernance qui ne les a pas assez mis à l’abri des fluctuations de la conjoncture…

    d’abord, ça posera la jeunesse marocaine en renfort de la démocratie espagnole 😉 ensuite ça permettra de contribuer au tourisme local et surtout ça fera prendre conscience à nos agités à nous qu’ils n’ont pas trop à se plaindre tous comptes faits, d’êtres des indignés marocains… je dis bien : tous comptes faits.

  10. @ salvadorali

    j’ai autant de respect pour la communauté des twitters que celle des non-twitteurs, contrairement à certains internautes que les idées contraires aux leurs “font gerber” ou sont considérées comme “intellectuellement pauvres”!

    mais il m’arrive d’utiliser Twitter (que j’avais pourtant critiquer ici même) pour toucher un certain public différent de celui de mon blog!

  11. @Salvadorali

    Personne ne se moque de la Corrida, seulement les bouchers ils pourraient mettre un tablier quand même, comme dans tous les abattoirs.
    Et puis si au moins ils arrivaient à prendre le taureau par les cornes.
    Tiens ! je ne sais pas pourquoi ça me fait penser à DSK.

  12. Trop de choses se disent à propos du mouvement du 20 février alors que l’honnêteté intellectuelle d’une élite soit disant encline à aborder le changement dans la voie démocratique intimerait de donner « réellement » la parole à ce mouvement afin de clarifier ses intentions et couper ainsi court à toute cette campagne de dénigrement… Ne serait ce qu’une petite demi heure d’antenne lors d’un de ces débats qui pullulent ces derniers temps sans que ne soient invités les initiateurs du mouvement.

    Tout le monde répond en leur nom, tout le monde les juge au nom de tous sans avoir vraiment entendu la plaidoirie de l’action. L’action, un mot d’ordre dont semble découler le principe même du mouvement puisque apparemment sa démarche s’inscrit plus dans un « activisme » pur et dur que dans un discours politique « nébuleux », incompréhensible pour la majorité et dont la très « haute » teneur en courants idéologiques est la source même de l’échec de cette multitude « bouffonne » de partis politiques, sclérosés dans le mimétisme autoritaire de l’état, à fédérer toute movida capable de générer une synergie salvatrice dans notre cité.

    Et côté activisme il faut accorder à ce mouvement d’avoir réussi à ramener un genre revendicatif qualifié encore très récemment de « cyberutopie » à la réalité contestataire d’une « rue » en ébullition venant bousculer par le réalisme même de ses slogans une revendication plus en mesure du consensus populaire.

    « Dignité » en voila un mot simple qui renvoie à une notion sociale que tous, toute tendances socio politico-religieuses confondues, somme prêt à partager.

    Or nous commettons peut-être une erreur, celle de continuer à pérorer en mélangeant les genres, dans notre façon d’appréhender ce mouvement. Ce qui fait sans doute peur à un grand nombre de marocains, qui dévoilent leur côté « réactionnaire », c’est de se laisser entraîner sur un terrain où ils ne pourront pas faire le poids. Pour une grande majorité, aborder la question de cette « dignité » et au concept de construction sociale auquel ce mot renvoie, comme ces jeunes stratèges les y invitent à dessein, en dehors des guillemets « politiques », par exemple, c’est déjà se mettre en mauvaise posture, parce qu’ils jugent qu’ils ne seraient ni dans le même débat, ni dans la même rhétorique que leurs interlocuteurs. Pour la plupart d’entre eux, cet activisme, comme tous les activismes, ne propose pas un débat intellectuel mais une orientation éminemment « anarchique » « shuntant » les structures partisanes, seules reconnues capables, dans ce jeu démocratique, à procurer le poids de légalité nécessaire à la revendication.

    Ce qui fait peur dans cette action c’est justement cette autre façon, plus subtile, de dire « dégage » à cette représentativité partisane, et au-delà parlementaire, mesurant l’exception marocaine (un gros mensonge) à l’aune hypocrite du politiquement correct. Tout le monde est pris à contre-pied. En dehors de la grande phraséologie des grandes idéologies la revendication semble avoir été dégraissée pour aller à l’essentiel social sans le dessein politique de la prise de pouvoir….

    A suivre…

  13. @kb

    Et en clair ça veut dire quoi ?

    Sincèrement j’ai essayé de lire, mais à chaque tentative j’ai eu l’impression de lire trois phrases en même temps, chose que je ne sais pas encore faire.

  14. Salvatori,

    En réponse à votre condamnation à l´encontre de ceux qui pacifiquement ne réclament que la justice sociale et la souveraineté de leur persécuté peuple, les jeunes Févrieristes, la réforme de votre Constitution qui n´est que l´œuvre des anciens et des néo colons, le Maroc paradis d´Ahmed Dib, Tamsamani, Benalouidane, Izzou et leur clan composé de politiciens sans pudeur, de policiers ripoux, de militaires corrompus et de juges sans scrupules, tous mis en cause par ceux que tu compares aux blanquistes et aux circonstances qui ont mis le Maroc à plomb et à sang au lendemain de l´indépendance, je ne peux te répondre que par un ensemble d´événements vécus au sein d´un autre pays qui partage avec le nôtre toutes les qualités et tous les défauts méditerranéens.

    Sans me référer à toute l´histoire des Empereurs de Rome, au milieu des années quatre-vingt du dernier siècle écoulé, le pool des jeunes magistrats autour de »Giovanni Falcone«, il avait obtenu d’importants succès, grâce aux repentis, parmi lesquels »Tommaso Buscetta« qui avait permis l’arrestation de nombreux mafieux et une connaissance précise des mécanismes criminels (pas pensable encore d´obtenir au Maroc). En dépit de ce progrès, la situation n’avait cessé de se dégrader à cause des querelles qui opposaient le Haut Commissariat et les juges spécialement chargés de la lutte antimafia à la magistrature ordinaire et les carabiniers aux policiers. L’observation rigoureuse par le Conseil supérieur de la magistrature des usages administratifs dans la gestion des carrières – le privilège de l’ancienneté en particulier, elle avait pour but le démantèlement de l’équipe Giovanni Falconi. En même temps, le respect scrupuleux des garanties largement accordées aux inculpés par le nouveau Code pénal en vigueur depuis Janvier 1989, il avait amené la libération de nombreux mafieux ! Sous la dictature de »Toto Riina« et de son clan des Corleondesi, la Mafia avait trouvé des parades efficaces, résumées dans le cloisonnement plus rigoureux, une intimidation impitoyable des repentis, ajoutée à l’élimination des policiers et des magistrats les plus propres. Au début des années quatre-vingt-dix, la Mafia semblait à l’apogée de son pouvoir, contrôlant de l’aveu même du président de la République »Francesco Cossiga« des régions entières, étendant ses tentacules sur une grande partie du territoire et le secteur financier. L´environnement socioculturel et politique qui lui a permis toute la prospérité, il a fini par la faire secouer.

    Les assassinats de Giovanni Falcone et de »Paolo Borsellino« ont été les révélateurs de changements, allant jusqu´à condamner l’Église. La loi de »l’Omerta« et les rites d’initiation qui en faisaient une contre-société, ils tendent à disparaître, comme le montre la multiplication du nombre des repentis. Après le vécu pendant les années soixante-dix, ils ne sont que 400 en 1993, et leurs révélations sont étroitement liées à la modification des rapports Mafia / Institutions. La liaison entre ces deux pools est une constante de l’histoire depuis l´union de l´Italie.

    La Mafia qui fut garante d’un certain ordre social au XIXe siècle, elle l´a vu se réaffirmer à partir des années quarante, par le débarquement des troupes américaines en Sicile. Elle a été utile par la volonté des partis modérés, faisant obstacle au communisme, canalisant la majorité des votes aux urnes. Dans ces circonstances, cette loge latine fut un excellent agent électoral au service de la démocratie chrétienne qui a été sans racines au lendemain de la seconde guerre mondiale. Nonobstant, ces raisons ne peuvent expliquer que les compromissions du parti dominant, le long silence de la hiérarchie religieuse, l’implication des services secrets italiens et américains et les loges maçonniques, dont la P2 qui ne serait pas un unique exemple. Cette force occulte va tomber avec la disparition du communisme. Depuis cette chute, l´Etat italien est en train de mettre fin à ces liaisons, et les repentis ne font que révéler les connivences du passé.

    En 1991, plusieurs conseils municipaux suspects de complicité avec la Mafia ont été dissous par le Ministre de l’Intérieur »Vincenzo Scotti«, tandis que les décrets émis en Juin de la même année par le »gouvernement Andreotti«, ils ont mis en prison 40 Mafieux remis en liberté. Le président de la première section de la Cour de cassation, »Corrado Carnevale«, responsable de l’annulation de nombreuses sentences, est transféré du secteur pénal au secteur civil avant de faire l’objet en 1993 d’une ouverture d’enquête pour complicité avec cette Organisation. En Janvier 1992, en son absence, la Cour de cassation a confirmé les sentences prononcées par les juges du »maxi-procès de Palerme« (1982), dont plusieurs condamnations à la prison à vie ont été prononcées. Contre ces verdiques, la Mafia a réagi par le meurtre de »Salvo Lima«, coupable de n’avoir pas voulu intervenir en faveur des prisonniers mafieux! Cet acte a pris le sens d’un avertissement aux autres garants de l’immunité mafieuse. Inversement, les repentis voient dans l’action rigoureuse de l’État et le séisme qui secoue la vieille classe politique à la suite des élections et des enquêtes judiciaires, un signal pour élargir le champ des révélations qui permettent aux policiers propres à remporter plusieurs succès, résumés dans l’arrestation de »Toto Riina« (Janvier 1993), suivi par ses principaux lieutenants. Ces liens entre la Mafia et les Institutions, ils ont provoqué un grand choc, mettant en cause l’homme le plus puissant, qui fut député entre 1946 / 92, sénateur à vie en 1992, membre de presque tous les gouvernements depuis 1947, sept fois président du Conseil, candidat tacite en Mai 1992 à la présidence de la République! »Giulio Andreotti« est dénoncé par plusieurs mafiosi! Il est aussi accusé d’être au cœur de tous les grands drames nationaux, comme l’assassinat des banquiers »Michèle Sindona et Roberto Calvi«, les meurtres du »général Dalla Chiesa«, du journaliste »Mino Pecorelli et d’Aldo Moro«.

    Atteint le 27 Mars par une demande d’ouverture d’enquête, Andreotti appuya sa défense sur l’invraisemblance de certaines révélations, la crédibilité de ses accusateurs et sur l’arsenal de mesures antimafia, prises par son gouvernement en 1991.

    Conclusion:

    À l´instar de ce tableau italianissíme, au Maroc, le chantage politique (promesses mensongères), la Constitution de 1962 faite à la française et qu´on ne voudrait réformer que selon le seul goût des hauts bénéficiaires, loin de toute négociation concernant l´Article XIX, l´esprit des Résidents Généraux, toujours vivant et profondément sacré, la richesse illicite des privilégiés au détriment du petit peuple sans voix et sans dignité, les tonnes de Schira chaque fois interceptées partout en Europe, la corruption des juges, les contraintes face auxquelles se trouvent l´instituteur, le petit employé, le soldat, le sous officier et l´Officier haut diplômé, le Mouvement 20 Février (Printemps arabe) dans la mire du pouvoir et l´affaire »Argana«, n´augurent rien de bon pour la majorité des marocains, orientés vers un avenir sans assurance et sans aucun honneur.

    Dans tous ces commentaires, la phrase la plus juste et significative, elle est celle qui dit : les profiteurs semblent être hermétiques à ce qui se passe autour d´eux. Quant au Printemps des révoltés qui commence à être adopté par les jeunes en Europe des lumières (Madrid), son triomphe, c´est la non violence et sa force elle est occultée dans Dégage. Dégage, sa flamme, elle est purement arabe et personne ne pourra la faire éteindre, ni par l´usage de la matraque des policiers sauvages qui sont les plus concernés par la misère sociale, ni par les chars, ni par des hélicoptères. Etant toutes nos régions au Moyen Orient comme en Afrique du Nord, leurs systèmes gouvernementaux se ressemblent (féodalisme), leurs difficultés quotidiennes aussi, et puisque les slogans revendicatifs sont les mêmes, les solutions à apporter devraient être urgentes et bien communes.

    Les archives de mon Père__

  15. hé bé…moi qui voulais ensuite bifurquer vers l’influence de la mondialisation sur la grande mutation des revendications sociales qui relèveront beaucoup plus désormais d’un activisme apolitique du genre “altermondialiste”…
    côté débat d’idées c’est pas gagné on dirait…

  16. @ kb

    je vais prendre un bol de belle musique sur une ou deux scènes de Mawazine, et je répondrai à ton commentaire!

    Pour ce qui est de bifurquer, je t’invite à le faire : justement, c’est de débat d’idées qui nous étouffe.

  17. sinon on peut y aller pas à pas (et non à grands pas comme cette méthode pédagogique qui fut en partie à l’origine du grand cataclysme ayant anéanti notre éducation nationale…mais c’est là un autre débat auquel nous trouverons toujours moyen de le raccorder à celui qui nous intéresse pour l’instant et ce, de par leur interdépendance)

    1 – je crois, pour avoir de grandes oreilles et pour avoir bien écouté ces jeunes du 20 février,que leur action n’est en rien comparable à une révolution à la 1789. Ils ne positionnent pas leur action dans “l’acte politique classique” …Po-li-ti-que, c’est-à-dire prise et contrôle d’un pouvoir pour l’instauration, la définition et la réglementation d’une société en soumettant à une loi les citoyens qui la composent….

  18. Le carnaval du 20 février il faut le voir exactement comme un carnaval, ni plus ni moins, tout le monde et chacun y a droit de participation et différents coloris et rythmes y sont vus et entendus au regard et à la curiosité des badauds.

  19. @Le penseur,dans le cas DSK le taureau s’est plutôt fait prendre par les couilles :)))

  20. @kb

    DSK s’il avait autant de vivacité dans la cervelle que dans les testicules, le FMI aurait éradiqué la crise depuis bien longtemps :)))

  21. @ kb

    je viens de rentrer d’u n double concert Cat Stevens/Carole Samaha (rien à voir l’un avec l’autre, mais j’ai tenu cette année à aller à un maximum de spectacles Mawazine). Je répondrais donc demain à ton comentaire!

  22. @ kb

    Je vais tenter de te répondre point par point :

    &/ Le mouvement du 20 février connait le péché originel de tous les mouvements nés de et dan s la virtualité : le manque de leader charismatique!

    Pourtant les médias audio-visuels – les plus influents dans un pays comme le notre où la parole et l’image son t bien plus fortes que l’écrit – ont donné l’occasion aux “jeunes” de ce mouvement de parler! Leur manque d’expérience n’a pas joué en leur faveur : prétendre alors qu’on est un parfait inconnu que l’on représente le peuple marocain a été la faute stratégique de ces militants, qui ont confondu Face Book et télévision!

    2/ Le message de ce mouvement ne peut être que pour la simple raison que les initiateurs n’ont ni idéologie, ni programme, ni culture politique approfondie, pour la simple raison que les partis politiques marocains n’ont rien fait depuis des décennies pour former une jeunesse militante! les 20 Févrieristes, dont je mets pas en doute la bonne foi, n’ont comme substratum politique que ce qui circule sur le net!

    3/ Pourtant, et là je te rejoins en partie, ce mouvement a apporté quelque chose d’énorme : ILS ONT OSE! Et ils ont ouvert une brèche dans l’armure figée du monde politique marocain!

    4/ L’erreur, l’énorme erreur a été commise par les partis politiques, encore une fois : l’émérgence de ce mouvement aurait dû permettre la renaissance de la vie politique dans ce pays, par des campagnes de recrutement de jeunes en quête de repères, par la remise en cause de tout ce qui a participé au blocage politique (ce n’est pas sorcier : tout le monde connait la situation et tout le monde connait la solution)! Pourtant, rien n’a été fait : après un rejet du mouvement, la main tendue est apparue comme une manoeuvre et c’était une manoeuvre maladroite de surcoit!

    5/ Le résultat de ce rendez-vous manqué entre une jeunesse en désarroi et une classe politique en déshérence est la radicalisation du mouvement par son phagocitage par des élèments qui veulent en découdre avec le régime et non plus participer à le réformer!

  23. Permet moi donc aussi de te répondre point par point

    1/ c’est vrai que le manque de leader charismatique peut paraître comme un péché originel comme tu le qualifies mais uniquement si l’on aborde, et je le répète encore une fois, ce mouvement revendicatif par le lorgnon du « politique » . C’est là justement où je parle de contre-pied au schéma classique des luttes sociales telles que nous les avons connues jusqu’à présent. C’est justement ça qui « dérange » ou fait « peur » tel que je tentai de l’exprimer dans ce passage […Pour une grande majorité, aborder la question de cette « dignité » et le concept de construction sociale auquel ce mot renvoie, comme ces jeunes stratèges les y invitent à dessein, en dehors des guillemets « politiques », par exemple, c’est déjà se mettre en mauvaise posture, parce qu’ils jugent qu’ils ne seraient ni dans le même débat, ni dans la même rhétorique que leurs interlocuteurs…]
    Placer un leader charismatique au départ passerait immanquablement la « revendication » au second plan et permettrait la canalisation du mouvement puisqu’il y aurait représentation officielle, puis négociation, puis compromis où à la limite le fait d’éliminer le leader couperait net l’élan du mouvement…etc. Or là point de place au compromis. Nous sommes en face d’un activisme pur et dur. Une force de masse sous un mot d’ordre « dignité ». Un mot ne laissant point place au compromis. D’ailleurs il serait autant illogique qu’insensé, alors que tous nous sommes en train de remettre en cause les processus d’accès à la représentativité de désigner un leader tant que l’on aura pas mis en place des canaux plus sûrs pour élire nos « champions » selon un processus réellement démocratique et plus en mesure de répondre à l’intérêt général dans la reconstruction constitutionnelle de la cité.
    Ce n’est donc pas là un mouvement où un individu parle au nom du groupe mais tout le groupe qui parle au nom de chaque individu et cette nuance de taille est le principal vecteur dans ce mouvement de la restauration de la dignité citoyenne.
    Les médias audio visuels les « plus influent » dis-tu. On sait à quelle ligne éditoriale appartiennent les médias les plus influents du pays. L’information y est servie selon un angle de vue bien précis de façon à discréditer le mouvement. Il faudrait sans doute assimiler une bonne fois pour toute que ces jeunes ne prétendent pas exceller dans la rhétorique politique parce que justement, inscrivant leur action hors des jalons politiques sur lesquels il n’ont eu en exemple que la piètre image de structures partisanes sclérosées ayant coupé depuis bien longtemps le cordon ombilical avec leur géniteur : « le peuple ». Pas besoin de grands mots puisque comme tu le dis toi-même il n’y a derrière la revendication aucune idéologie aucune prétention de programme où d’un quelconque désir de se substituer aux acteurs du pouvoir.
    Le message est pourtant on ne peut plus clair. Aux politiciens d’établir les politiques et les programmes qui s’imposent pour réaliser le bien être social dans ce qu’il a de plus basique indépendamment de toute orientation idélogique : travail-éducation-santé le tout dans le respect total des individus dans leur liberté de penser et de s’exprimer.

  24. @ kb

    Individu/groupe : qui parle au nom de qui? qui représente qui?

    Grave question : quand des milliers de personnes scandent le même slogan, sont-ils des individus ou un groupe?

    Quand quelques éléments scandent des slogans qui ne trouvent pas écho auprès d’un quartier popolaire, sont-ils des individus isolés ou un groupe en gestation?

    Tout cela relève du manque total d’encadrement politique de la population : laissé comme jachère, le terrain politique qu Maroc a été investi par les mauvaises herbes! Maintenant il est bien difficile de reprendre les choses en main!

    Je crains qu’il nous faille passer par de dures épreuves avant que chacun retrouve sa vraie place!

    Tout est à craindre et tout est à espérer!

  25. […2/ Le message de ce mouvement ne peut être que pour la simple raison que les initiateurs n’ont ni idéologie, ni programme, ni culture politique approfondie, pour la simple raison que les partis politiques marocains n’ont rien fait depuis des décennies pour former une jeunesse militante! les 20 Févrieristes, dont je mets pas en doute la bonne foi, n’ont comme substratum politique que ce qui circule sur le net!…]

    Hmida c’est là un procès d’intention pur et dur à l’encontre d’une jeunesse que l’on a laissé se dépêtrer toute seule et qui malgré, ou grâce sans doute, à son abandon par les grands guides « intellectuels » à réussi à reprendre pied de manière plus réaliste que l’on ne peut l’imaginer dans les involutions qu’est en train de subir le monde…leur monde. Tout va très vite sous le rouleau compresseur d’une mondialisation amenant la loi des marchés à chapeauter le politique avec toutes les régressions de libertés sociales que l’on connaît.

    Et c’est là où je parlais de bifurcation de la manière revendicative. J’ai eu l’occasion de discuter avec certains de ces jeunes, très érudits et grands, amateurs de lecture (de Dostoïevski à Alain Soral en passant par mohamed abed el jabri) et je peux affirmer qu’ils sont plus en mesure de trouver les leviers actionnant l’adéquation de la contestation sociale mieux que tout cette classe politique « avachie » dans le discours suranné de leurs idéologies obsolètes et incapables d’assurer ce rôle de pivot entre le pouvoir et le peuple.

    Il faut sans doute admettre que sous couvert d’un politiquement correct nos pouvoirs (pays arabes) pratiquent un fascisme crasse auquel même les inventeurs de la doctrine n’avaient certainement pas songé. Les fascismes prospèrent très bien sur les lacunes des démocraties dont ils savent perforer le ventre mou, chacun avec son fascisme. Ainsi un PJD sera assimilé à un PAM qui, aux yeux des jeunes marocains, s’active, au fond, avec les mêmes ambitions. L’imprudence serait de les relativiser trop et de sous-estimer les moyens qu’ils ont déjà mis en oeuvre pour les satisfaire, notamment, et parce que c’est le propre des fascistes, parce qu’ils sont bien peu scrupuleux sur les moyens pour parvenir à leurs fins. En face, ne raisonner qu’intellectuellement est gageure puisque la récurrente malhonnêteté intellectuelle et la démagogie sont, avec la violence et la terreur, parmi les moyens que nos pouvoirs affectionnent. Et c’est justement là où s’inscrit ce mouvement. Point de grand mots, point d’idéologie, point de programme juste de l’action car on ne peut continuer à répondre politiquement, avec toutes les divergences idéologiques à l’action d’envergure menée sur le terrain (la vie de tous les jours du peuple) par l’entreprise libérale en vue de gouverner le monde.

  26. […Tout est à craindre et tout est à espérer!…]

    Justement Hmida, tout est à espérer, car nous n’avons jamais jusqu’à ce jour une force de persuasion aussi puissante.

    Maintenant la force brute ne peut pas résoudre tous les problèmes. De l’autre côté les intellectuels et les politiques doivent aussi assumer leur rôle pour rétablir l’ordre des choses et réinvestir la place publique. Ce mouvement est une aubaine pour ceux qui prétextaient ne pas avoir justement cette force de persuasion.

    Elle est là, disponible pour qui serait assez honnête pour monter au créneau

  27. et c’est là aussi le plus important que l’on puisse apporter comme critique au mouvement du 20 février. C’est de ne pas aller jusqu’au bout et assumer aussi le côté politique de leur action.

  28. @ kb

    la jeunesse idéale contre l’entreprise libérale, voila un sympathique résumé pour le scénario qui nous pend au nez.
    ok, mais pas au prix d’une crise d’adolescence politique et encore moins, dans la logique d’une jeunesse instrumentalisée en cheval de Troie.

  29. @ kb

    “aller jusqu’au bout…” tu veux dire s’inscrire sur les listes électorales ? ou s’encarter d’abord du PSU ?

  30. @ kb

    tu m’accuses de faire un procès d’intention” à ce mouvement : il n’y a pas d’intention chez ce mouvement!

    Que veulent-ils au juste?

    Les tunisiens, les égyptiens, et les autres acteurs de ce qu’on a appelé “printemps arabe” , avaient une intention majeure : renverser leur régime!

    C’était Ben ali dégage! Moubarake dégage!

    Nos 20 fév, que demandent-ils? Le 20 mars, les milliers de manifestants à Rabat (j’en parle parce que j’y étais, en tant que témoin pas comme manifestant), on demandé mille et cent trucs, très pertinents et parfois farfelus!

    Deux mois après, ils ont fini – ou du moins certains que se réclament du 20 Fév – ont enfin trouvé leur vraie voie : ils demandent la chute du régime!

    Comment faire un procès d’intention à des gens dont on ignore les in tentions finales?

    Tu abordes par ailleurs le problème des intellectuels ! Et là, je pose la question qui tue : Y A-T-IL UN INTELLECTUEL DANS CE FOUTU PAYS?

    Le Maroc est en ébullition et les intellectuels sont étouffent par leur silence assourdissant!

    Cela est une véritable honte ! Aussi honteuse que la position des partis politiques!

  31. Pourquoi au Maroc il ne serait pas permis de renverser le Régime.
    Il faut Oser penser que la monarchie n’est qu’une composante du Régime.
    Tout le monde ou presque reconnait que le Régime actuel est pourri.
    Est-ce à cause du monarque pour autant ?
    Tout le monde ou presque admet que NON.
    Le Roi lui même a appelé de ses voeux le changement.
    Alors attelons-nous au changement.
    ça commence par le courage de dépasser cette peur irrationnelle des jeunes févriétistes
    La plupart des marocains sont monarchistes.
    Etre monarchiste c’est vouloir le pérénité de la monarchie
    et le seul avenir de la monarchie c’est son passage en douceur d’une monarchie divine et archaique, à une monarchie moderne parlementaire et démocratique.
    Défendre la monarchie n’est pas, au mieux, se battre bec et ongles pour un Status Quo qui n’est plus tenable.

  32. @ Soulaymane

    je prends acte de ta logique et de ta rhétorique qui a l’immense mérite d’argumenter mais pourquoi associes-tu aussi péjorativement monarchie de droit divin et archaïsme ?

    et qu’entends-tu exactement par “modernité” ? pour le reste de ta démonstration sur les vertus du parlementarisme et de la démocratie, admettons l’automatisme de pensée…

    PS
    la république dont tu rêves existe sous une forme appropriée au Maroc depuis 1976, sous la forme de la démocratie élective communale.
    tu devrais lire à ce sujet “les rentiers du Maroc utile” du professeur Abderrahim Badaoui, professeur d’économie à l’Université Hassan II, pour comprendre à quel point ce pouvoir populaire-là a été dévoyé par le peuple lui-même et les Marocains ont négligé bien des occasions qu’ils ont eues de s’émanciper politiquement du “pouvoir central”…

  33. @ soulaymane

    Dans la vie, si les choses portent un nom précis c’est pour qu’il n’y ait pas de confusion : “renverser le régime” est répréhensible dans tous les états du monde, ce n’est pas une expression anodine que l’on peut utiliser à tort et à travers, selon le sens qui nous arrange!

    Sinon, le reste de ton commentaire s’inscrit dans la logique du moment que traverse le Maroc!

  34. @ hmida

    cette “logique du moment…” que souleymane appelle “maintien du status quo” arrangeait tout aussi bien le “peuple” que l’aristocratie et l’oligarchie bourgeoise, il n’est pas inutile de le rappeler… il s’agissait de toute façon d’une évolution lente, voila tout, trop lente sans doute.

    heureusement en quelque sorte, il y a eu ce vendeur ambulant tunisien pour mettre à sa façon le feu aux poudres… mais chez nous les émeutes de Beni Makada, autrefois à Tanger… mèche lente, en effet.

    alleluia donc, voila qu’à notre tour après nos frères et voisins arabes, nous avons fait exploser notre petit baril de semonce du 20 février, bien joué la citoyenneté imprescriptible et la colère pour une fois bonne conseillère !

    mais pourquoi diable faire sauter en plus la poudrière ? pour passer un message à qui ? aux multinationales des télévisions étrangères, au nom d’une humanité fière de s’être laissée atomiser, je veux dire cyberindividualisée 🙂 mon petit doigt me dit que c’est encore le petit peuple qui fera les frais de cette démocratie marchande qu’on est en train de nous faire avaler…

    je sais, c’est pas drôle le cyberindividualisme ;-( d’ailleurs le Petit Sarkozy a raison d’avoir lancé son invitation fermement polie aux e-maîtres de la planète qu’ils devaient rentrer un peu dans le rang de la raison de ces états qu’ils transversaient allègrement jusque-là…

    le XXIe siècle, c’est pas un cadeau !

  35. @salvadorali, nos gouvernements étant eux même instrumentalisés je ne vois pas pourquoi notre jeunesse ne consentirait pas à l’être aussi si c’est pour la bonne cause…

    Crise d’adolescence politique..hu hu hu…j’imagine la furonculose qui gratte en ce moment les gros derrière habitués au moelleux des sièges de leurs partis. « Y sont cons ces jeunes disent-ils…y veulent pas faire de politique…du moins pas à notre façon, la seule, la vraie, certifiée conforme par la norme ISO 1789 !»

  36. @hmida, hier se sont tenues les premières assises de la jeunesse et celle-ci avait l’air de bien savoir ce qu’elle revendiquait sans tomber dans le piège de l’embrigadement par ces voies partisanes que tu affectionnes tant et supposées, comme beaucoup l’entendent, donner une certaine légalité au mouvement.
    Nous serions vraiment de mauvaise fois si l’on continue à affubler cette jeunesse « d’intentions » car oui elle n’en a pas à moins que l’on qualifie d’intention son aspiration à une certaine forme de bonheur social. Les partis eux ont des intentions, dont la principale est le « pouvoir » ce qui les rend d’emblée caduque aux yeux de cette jeunesse acculée à rejeter en bloc la mascarade politique permettant juste à une élite, toujours la même, de vivre aux dépends de ceux qui l’écoutent..

    L’ennemi est ailleurs et les jeunes l’ayant bien compris sont en train de mordre à pleines dents dans le fromage protégé amoureusement derrière cet écran politique dans lequel il refusent de se laisser « diluer »

  37. @ kb

    “mordre à pleines dents dans le fromage…” ta lecture des faits politiques et sociaux commence à ressembler furieusement aux aventures de Tom et Jerry, sans oublier le gros bouledogue qui lui croquerait Tom très volontiers….

    sérieusement, quand je parlais d’adolescence politique, je n’excluais surtout pas les politiciens planqués dont tu parles si bien, vu que la plupart d’entre eux l’ont longtemps jouée et continuent pour certains de la jouer de cette façon-là !

    je veux parler en fait du refus obstiné et idéologisé de reconnaitre l’autorité légitime du souverain (en l’occurrence le défunt Hassan II), alors que tout le monde et même le monde entier avait fait chacun à sa manière allégeance à feu SM Mohammed V, entérinant ainsi la légitimité renouvelée de la dynastie alaouite.

    bref, quand je parlais de corruption des concepts, je faisais évidemment allusion à la magistrale entreprise de falsification historique entreprise par certains courants politiques et sociaux depuis le règne de SM Mohammed VI. Le clan Jamaï et Compagnie aura fait du bon boulot…

  38. Peut-on attendre d’un mouvement de la rue, par définition hétéroclite, d’avoir une plate-forme politique cohérente et un programme [politique, socio-économique, culturel et j’en passe] structuré, raisonné, limpide dès son émergence ?

    Poser la question, c’est y répondre ! Le mouvement du 20 février, comme tout ce que nous observons et vivons à travers le monde arabe, traduit une volonté de changement – progressif ici, radical là-bas, mais un changement vrai, et non des promesses qui ne seraient que des words, words, words. Leur maladresse est compréhensible. Comment reprocher à des mouvements nés dans et pour la contestation de manquer tantôt de maturité politique, tantôt de leader charismatique, tantôt d’un agenda politique d’une meilleure lisibilité.

    De tels mouvements ouvrent des brèches, des fenêtres d’opportunité, des voies qui seront empruntées par les tenants des courants contraires – autrefois appelés partis politiques – , des intellectuels, des penseurs qui alimentent l’échange d’idées en dessinant des visions de futurs possibles mis à la portée du plus grand nombre pour rêver ENSEMBLE et dans un esprit de CONTRADICTION respectueuse l’avenir de notre CHEZ NOUS.

    Mais que faire quand le relais est cassé ? Quand le porte-voix est trop petit ? Quand la voix qui s’exprime est anonyme, quand bien même ce qu’elle affirme relève du bon sens et du vécu d’un très grand nombre d’entre nous ?

    A chacun sa responsabilité dans les questions qui se posent au Maroc aujourd’hui. Pour ma part, le mouvement du 20 février n’est qu’une étincelle qui maintient la flamme de l’espoir que nous partageons tous d’un avenir meilleur. Ils en appellent à un sursaut éthique, au respect des personnes, à la dignité pour tous, à un état de droit qui tient compte des petits et protège les faibles et les sans-grades, … A ceux qui parlent au nom du Maroc et à ceux qui représentent les Marocains de tendre les oreilles et de faire des propositions concrètes pour rencontrer les aspirations de leurs concitoyens. La rue lance des slogans, OUI et c’est son rôle ; aux politiques et autres intellectuels de les traduire en réflexion politique et en actions concrètes pour relever les défis immenses auxquels nous sommes confrontés.

    Il a fallu du courage pour descendre et redescendre dans la rue et il en faudra autant, certainement pas moins, de la part des relais pour sortir des bois et montrer leurs couleurs. A défaut, nous pourrions un jour commencer ce décompte macabre qui frappe la Syrie et le Yémen au quotidien et la Tunisie et l’Egypte il y a quelques semaines. Le Maroc ne fera pas exception et la brutalité ne produira jamais des citoyens avec un sens civique aigu !!!!

  39. @ kb

    PS : les Marocains se sont réjouis d’avoir un roi suffisamment riche pour être sacré “Roi des Pauvres”, ils ont eu bien raison ! contre la démocratie des marchands, contre le libéralisme crypto-républicain, la monarchie demeure le meilleur rempart des “pauvres” en question. sans oublier les “pauvres” heureux pourtant de leur condition, the happy msaken 😉 l’homme de vit pas que de pain, tu connais la chanson…

  40. @ ahmed

    ya beaucoup de vrai dans ce que tu dis mais explique moi une chose s’il te plait.

    l’autre jour dans mon quartier un vendeur de fruits et de pastèques a installé sa charrette au bord du trottoir à l’emplacement du passage clouté, si bien que quelqu’un qui souhaite traverser en respectant le code de la route en est matériellement empêché par ce citoyen-là. et comme ce marchand a un grand couteau pour éventrer les pastèques pour en faire goûter la sucrerie aux passant et éventuels clients, personne ne songe à lui reprocher quoi que ce soit.

    bon, je comprends que les gens ont d’autres chats à fouetter généralement que de respecter le code de la route et même les bases minimum de la citoyenneté ni même de la convivialité…

    bref, c’est bien joli de discourir sur la citoyenneté mais pendant ce temps, il n’y aura bientôt plus de passages cloutés 😉 ce qui serait vraiment dommage pour la démocratie en général et pour mon quartier en particulier.

  41. @Salvadorali, tu me rassures car je ne suis pas le seul à user de fables, de contes et de contines pour illustrer les desseins très animés auxquels certains metteurs en scène semblent nous avoir voué… 🙂
    quand pierrot parle de colombine, comme tu le fais si bien, comme ça; au clair de lune, on a très envie de continuer à vivre d’amour et d’eau fraiche…hélas il y a toujours un gargamel dans ces histoires de grands chtroumpfs que nous somme devenus…l’amour de nos jours s’assouvit de plus en plus par l’acte d’achat et dans les comptes de fait les princes n’ont de charmes que les lueurs brillantes de leur argent :))

  42. très bien résumé Ahmed et mwaline lekraress ne sont qu’une éruption cutanée symptôme de la confusion maladive dans l’esprit du pouvoir à assimiler l’ouverture démocratique par un relativisme dans l’application de ses lois.

  43. @ tous

    Permettez-moi de me réjouir, un peu égoïstement, que ce modeste espace serve de plateforme d’échanges au sujet d’un phénomène très important qui touche notre pays!

    Permettez-moi aussi de noter l’extrême élégance dans les interventions des uns ert des autres !

    Je l’écrivais plus haut : tout est à espérer! En effet, rien n’est perdu si l’on s’éloigne du dogmatisme obtus et de l’enfermement intellectuel!

    Merci à tous et la discussion continue !

    Les espagnols disent bien que c’est en discutant que les gens finissent par se comprendre!

  44. @ Salvadorali

    Quand on parle de la mariée, tâchons de lui souhaiter une vie heureuse plutôt que de porter notre attention sur la perle verte qui se détache de sa jolie robe et semble gâcher, à nos yeux en mal d’orde et de parfection, notre image idéale de la mariée.

    Peut-être que dans une autre vie, si toi et moi n’avions pas eu la chance que nous avons eue d’être là où nous sommes et d’y faire ce que l’on nous paie pour l’y faire, nous serions aussi en train d’obstruer un passage pour piétons ou de vendre je ne sais quoi à la sauvette. La vie a ses exigences que nos discours auront toujours du mal à cerner et à décrire. L’explosion du secteur informel, anarchique et perturbant, montre combien notre incapacité à garantir une vie décente au plus grand nombre possible – voire, idéalement, à chacun – menace le confort et la qualité de vie de tous en définitive. Il ne saurait y avoir, éternellement, des îlots de joie dans des mers de douleur et de souffrance.

    Je ne suis pas politicien et je ne suis pas cfait de ce métal-là, mais quand ce que j’observe me paraît légitime, j’ai envie de le dire et de le partager.

    Concédons que le Maroc a besoin d’un changement copernicien où tout devra tourner autour du bien-être du peuple, de sa souveraineté, de ses aspirations, de ses choix etc. et autour de rien d’autre! Tout qui parle ou agit en son nom devrait se poser la question de savoir si elle ou il se met au service de la nation ou cherche à se servir d’elle pour son égo et ses petits intérêts marchands. Si le pouvoir est ennivrant, il faut en assumer la gueule de bois et ce n’est pas Moubarak ou Ben Ali qui nous contrediront.

    Pour en revenir à notre marchand de pastèques au long couteau qui fait peur, je crois que nous avons, tous deux, à l’un ou l’autre moment, apprécié sa marchandise!

    Belle journée de mai … c’est le plus beau mois du printemps.

  45. à trop avoir peur des couteaux on risque d’en demander l’interdiction pure et simple, ce qui serait absurde.
    à trop fermer les yeux sur les couteaux sans lames auxquels ils manquent les manches, qui transpersent les dos des sans voix et sans voie, on risque d’aboutir au pourissement et à la perte de tous.

    Il est des arguments, qui ne sont plus opérants et auquels il faudra bien renoncer, si l’on veut être de bonne foi.
    – les févrietistes sont sans projet, sans dessein, sans idélogie, sans leadership, sans projet …. Ils ne proposent rien. (Justement ils n’ont pas cette prétention. Ils sont juste en train de hurler un ras le bol généralisé)
    – les févrietistes se sont alliés au diable. Ils sont fagocités (Ils ne peuvent dénier à aucune voie de s’exprimer pour la dignité de tous)
    – le changement risque de conduire à la fitna. Le changement est un danger mortel pour notre cher régime monarchique. (le vrai danger est l’etat actuel des choses).

  46. @ Hmida

    Le jour où nous arriverons à intégrer – l’étape qui suit comprendre – que le verbe poli est l’unique voie pour le vivre ensemble, nous ouvrirons un nouveau chapitre dans notre Histoire. Nous parlons ici de questions qui nous occupent et préoccupent tous et si la méthode que nous adoptons n’est pas empreinte de respect, nous perdons le droit de nous indigner parce qu’au fond nous participons activement à la construction d’un résultat dont nous déplorons les conséquences.

    L’élégance dans le désaccord ne peut être que signe d’esprits civilisés amenés à se respecter et à cohabiter.

  47. Salvatori

    Avec mépris, tu parles du pauvre vendeur ambulant et tu ne fais de lui qu´un supposé criminel, disposé à faire usage de son grand couteau !

    Puisque tu es devenu l´avocat de ton Diable et tu nous rappelles l´importance du roi des pauvres aux prérogatives divines, malgré ses richesses et sa Baraka, pourquoi chez nous comme à l´étranger il y a tellement de misérables marocains? Sachant comment tu vas répliquer, je te dirai que dans les pays les plus démocratiques où les administrateurs sont obligés à bien œuvrer au service de leurs sociétés et chaque fois ils sont soumis aux contrôles des Institutions et l´écho de la presse, les pauvres ne sont pas totalement abandonnés. Ils bénéficient de la couverture sociale, ils sont logés et nourris et souvent invités à se former, en attente de leur trouver des issues. Alors là ou le plus fort aplatit les plus faibles, un jour ou l´autre, ceux que vous nommez des Khanafisses et qui ne vous laissent guère savourer votre beau rythme de vie, ils se soulèveraient réclamant leur dignité. Dans ces défis, aucune nation sans une classe moyenne qui travaille et qui consomme, elle n´est à l´abri, et encore moins notre pays où règne toujours un bizarre esprit médiéval, faisant barrière aux revendications d´une population très jeune qui a surpris l´Europe par sa discipline et le caractère de ses réclamations.

    Attention!

    Le traitement sauvage appliquée aux manifestants pacifiques ce dernier dimanche 22 / 5 / 2011, il va avoir des conséquences très fâcheuses. Ceux qui désirent entrainer les marocains dans la violence et justifier la raison de leur Etat, ils seraient tôt ou tard victimes de leurs stratagèmes. L´exemple tunisien et égyptien n´est pas mort, et les communards de Paris, de leurs cendres, ils pourraient renaitre. Le problème au Maroc a ses racines dans l´écart entre une minorité raciste et très riche, méprisant la majorité du peuple sans aucun pouvoir d´achat. À ce déficit économique, s´ajoute une administration corrompue et une Mafia bénéficiant de toute les impunités. Voir le cas italien, résumé dans le tragique assassinat du général Dalla Chiessa, Aldo Moro, et les juges Falcone / Borselino.

    L´idée ne pas fuir devant les agresseurs et agir mains dans les mains, se jetant par terre afin de faire face à l´intervention des Baltégeas et discréditer la violence de l´Etat, elle est déjà trouvée sur les Blogs du Journal le Monde et diffusée vite parmi les jeunes manifestant à la Plaza del Sol et partout dans les villes espagnoles. On verra qui mettrait en œuvre ce simple moyen de désobéissance civile en premier ? Les braves marocains en lutte pour leur dignité et souveraineté de leur patrie, ou nos autres frères sur la rive ibérique, à leur tour, trop motivés par ceux de Sahate at- Tahrir au Caire?

    Le combat des peuples, il obéit aux mêmes règles.

  48. @ hmida

    moi aussi je me réjouis de constater qu’en dépit des procès d’intention imprécatoires de samya, qui commence par postuler du mépris de gens qui ne demandent pas mieux d’ailleurs que de la respecter, le débat que tu as ouvert suive sereinement et constructivement son cours 😉

    bon, commençons donc par postuler mais plus raisonnablement qu’au Maroc, du fait de notre histoire et de notre géographie aussi, dieu, le peuple et le roi forment comme dirait une trinité par nature et par définition indissociable.

    de là il découle logiquement que toute approche strictement et exclusivement populiste pour aborder la problématique socio politique marocaine, n’est pas praticable et encore moins judicieuse.

    concrètement, on pourra par exemple se donner pour plate-forme factuelle de débat de la question “2O FEVRIER : qu’en penser après trois mois d’existence?” le numéro 933 du 20 au 26 mais 2011 de Maroc Maroc Hebdo International, qui fait sa Une sur “Moulay icham, le retour” en grosses lettres bien rouges sur une photo quasi hollywoodienne pour mieu faire comprendre le film aux lecteurs sans doute 😉 en plus ce journal présente une lecture franchement critique su projet PAM, avec un zoom sur les états d’âmes de Salah el Ouadie qui vaut le détour… sans parler du récit de la mutinerie islamiste qui vient d’enflammer la prison de salé…

    à propos de grands couteaux, maroc hebdo ne manque pas de souligner que les islamistes qui ont mis zaki à feu et à sang au propre et au figuré étaient armés de sabres dont les gardiens ont parait-il goûté du tranchant…

    de toute façon, c’est très malsain de faire tbaa une pastèque achetée dans la rue avec un couteau d’hygiène le plus souvent douteuse et qui d’une pastèque à l’autre a toutes les chances de se transformer en bouillon de culture ambulant. Certes une bonne turista n’a jamais tué personne mais il y a aussi les méchantes turistas ;-(

    c’est compliqué la démocratie, on croirait pas…

  49. @ samya

    Des manifestants qui demandent la chute d’un régime ne sont jamais pacifistes ni pacifiques, puisqu’ils appellent à la révolution!

    Partant de ce vice essentiel dans ta proposition, ton raisonnement n’est pas défendable!

  50. @Salvadorali

    “…avec un couteau d’hygiène le plus souvent douteuse et qui d’une pastèque à l’autre a toutes les chances de se transformer en bouillon de culture ambulant”

    Et encore plus inquiétant : imaginons que parmi les pastèques examinées au couteau, une série successive de trois ou quatre pastèques concernent un même client difficile et indécis … le couteau en question risque de faire exceptionnellement une escale dans le ventre dudit client difficile, avant de se retrouver sa fonction initiale … et sans aucune nuance de couleurs rougeâtres.
    Une horreur !

  51. @ le Penseur

    les gens ont tendance à négliger que le choix d’une pastèque relève idéalement d’un certain niveau disons de spiritualité, dans la mesure où il faut commencer par accepter l’éventualité que la pastèque choisie n’aura pas finalement toutes les qualités gustatives désirées… et dans celle, bien entendu, ou Dieu est seul maître de la dévolution des richesses en ce monde.

    voila d’ailleurs une excellente alternative à l’ordre capitaliste où le moindre affairiste peut prétendre amasser une fortune colossale en spéculant sur tout et n’importe quoi, au risque de devoir déverser du lait dans les égouts ou brûler du café dans les chaudières ou engraisser les porcs à la confiture de fraises ou de pastèques, mais ça les affairistes s’en moquent éperdument.

    de plus en plus, les sociétés occidentales ravagées par “la crise” se tournent vers des modèles de développement résolument anti-consuméristes voire non marchands, et dont les fondements sont plutôt la complémentarité et la solidarité.

    ce qui est en train de se passer chez notre voisin espagnol, récemment foudroyé en plus d’un tremblement de terre gratiné, devrait nous inciter chez nous à retrouver le sens et les valeurs de la collectivité, pour faire face avec sans doute plus d’efficacité à notre nouveau destin “populaire”.

    mais attendons que les Marocains soient fatigués de se faire cogner dessus et on pourra commencer à discuter intelligemment…

  52. @ le Penseur

    les gens qui savent s’y prendre en achètent toujours trois d’un coup, ainsi ils réduisent par trois la probabilité de tomber sur une mauvaise pastèque.
    et ceux qui n’ont pas les moyens d’acheter leurs pastèques par trois, tu me diras ? eh bien ceux-là s’associent par groupes de trois et le tour est joué !
    évidemment, il vaut mieux croire en la convivialité…

  53. @salvadorali

    Dieu maître de la dévolution des richesses en ce monde est une chose, l’égalité des chances dans l’accès à la richesse en est une autre et je crois qu’il est temps de “nferg3ou had eddala7a” pour un mutualisme équitable de ces deux plans

  54. @ kb

    mutualité équitable, ça sonne pas mal 😉 mais l’égalité j’y crois pas trop et la chance, laissons ça pour les soirées au casino…

    sauf que l’équité s’avère d’ordre écologique, ce qui invite à reconsidérer nos équations d’un développement égoïstement humain ;-(

  55. La question que pose Hmida est limpide. Directe. Accessible. Mais nous avons ouvert la saison des pastèques un peu trop tôt et perdu le fil de la discussion. “Méli-melon et salade de fruits, jolie, jolie”. La dérision est bien une fois, deux, mais … le débat démocratique est exigeant.

    Quel Maroc voulons-nous mettre en chantier aujourd’hui, quel Maroc pouvons-nous espérer construire et quels moyens pour y parvenir? Voilà un des échos renvoyés par la rue. Et ce dans une méfiance sans précédent dans la quasi totalité des institutions du pays.

    Notre équation recèle trop d’inconnus et cela peut donner le vertige à un grand nombre d’entre nous. Parce que nous n’envions pas les Lybiens ou les Syriens ou les Yéménites. Mais nous ne différons d’eux que de peu, quoique l’on puisse en penser par ailleurs! Des sociétés marquées par un déficit démocratique grave, une confiscation de tous les processus de décision au profit de quelques privilégiés, une mise sous tutelles des peuples, …

    Et ce n’est certainement pas en trois mois que nous pouvons juger de l’action d’un bébé balbutiant là où le travail à accomplir requiert un Titan, ou pluôt un Atlas … pour porter le pays vers un avnir meilleur.

  56. @Salvadorali

    Ahmed à raison.
    Pour revenir au sujet du débat, qu’est ce qu’il pense des vingt févrieristes le vendeur de pastèques qui a élu domicile sur l’unique passage clouté de ton quartier ?

  57. @ Le Penseur

    mais non, Ahmed dramatise dans la grandiloquence d’une ièvre démocratique soi-disant populaire.

    évidemment, la dénonciation qu’il fait de la dérive oligarchique est fondée, mais son discours fait la part trop belle à la victimisation systématique du peuple, dont personne à commencer par les prolétariens du PSU ne tient vraiment à souligner la lourde part de responsabilité.

    en d’autres termes, ils sont bien avancés, tous ces “citoyens” marocains qui ont pendant si longtemps toléré activement et passivement la corruption de leurs institutions, au point qu’ils ne peuvent plus compter dessus aujourd’hui !

    aux prochaines élections, si un candidat vient me aire des propositions malhonnêtes, j’appelle les flics, c’est clair et net 😉

    cela dit, Ahmed est peut-être un populiste antimonarchiste qui chercherait à renverser poliment le régime ?

  58. @Salvadorali

    Je pense sincèrement que le défaut principal du marocain (toutes catégories sociales confondues) se résume en “tma3”, je ne sais pas comment traduire en français.
    Je veux parler de cette manie de se jeter instinctivement sur n’importe quelle source de profit du moment que l’on se sente privilégié par rapport à autrui.
    C’est ce qui explique la corruption présente à toutes les échelles, l’individualisme, le faible niveau de conscience professionnelle …

  59. Le procès d’intention n’a jamais été un bon point de départ d’un échange. Jusqu’à preuve du contraire, retenons le principe de ‘bonne foi’ comme l’une des prémisses de l’expression de nos points de vue respectifs.

    Je ne suis ni monarchiste, ni républicain a priori; ce qui m’importe, c’est comment aller au mieux de l’avant. Si une institution, inscrite dans l’histoire du Maroc, et incontestée par une majorité de Marocains, je ne me vois pas, dans ce cas-ci, naviguer à contre-courant. J’ai le respect des institutions qui se respectent! Un roi qui règne, cela ne me pose aucunement problème; un gouvernement qui décide, agit et gouverne, c’est un mandat qu’il détient d’un peuple souvrain et envers qui il est tenu entièrement responsable; une assemblée parlementaire qui débat et légifère dans toutes les matières que nos représentants jugent pertinentes, des partis forts d’idées et sans cesse alimentant de débat politique et anticipant les complexités de demain, etc.

    Mais c’est sûr que notre rôle à tous est primordial. Observons la Belgique un instant. Le pays est sans gouvernement ‘réel’ depuis plus d’un an et tout fonctionne ‘convenablement’. Les affaires courantes et non un gouvernement de plein pouvoir! Voilà une situation sur laquelle nous devrions nous arrêter et nous demander comment se fait-il qu’une crise de régime n’empêche nullement un pays de fonctionner presque normalement? Une société mûre est une ruche d’activités où le tempo est donné par la responsabilité personnelle et le sens civique. L’état de droit fait de l’intervention de la main de l’Etat une exception et non la règle. Certainement une de nos grandes lacunes. Mais tout s’aquiert et/ou se conquiert.

    Suis-je populiste et poli ou un poli populiste? A vous de juger. Moi, je me définis comme citoyen qui aspire au meilleur pour des gens qui lui sont chers et un pays avec qui j’entretiens une relation unique: MON coin de la planète où j’aimerais que les femmes et les hommes de bonne volonté, avec un sens aigu du devoir, se mettent au service du Maroc. Pour offrir un avenir à sa jeunesse; pour garantir une sécurité confortable à son troisième âge; pour offrir aux familles un niveau de vie décent; pour jeter les fondations d’une éducation universelle et solide; pour et pour et pour … Et ils définiraient bien mieux que moi la vision qu’ils ont de leur société car ils sont créatifs à souhait et enthousiastes pour se lancer vers un demain mailleur qu’aujourd’hui.

    C’est ça le chemin que j’aimerais voir le Maroc emprunter parce que je veux retenir de mon expérience ces regards aimants qui m’on tant donné que le reste dont je suis pleinement conscient, mais qui ne peut en aucun cas être perçu comme un obstacle insurmontable.

    Et que vive la jeunesse qui rêve!

  60. @QuiNePensePas

    Apportez juste le vocabulaire, je m’occupe du reste.

  61. Nous devons être avec ou contre une chose on ne doit pas avoir double face.
    Au Maroc on a ceux qui sont avec le changement et les réformes de tous les domaines de la vie que ce soit économique, politique , social et juridique. Vu que le classement mondiale du Maroc selon les organisations nationales dans tous les domaines est à la queue y compris parmi les pays arabe et africains ce qui tire la sonnette sur l’avenir du pays .par conséquent tous les marocains (parties , société civiles ,syndicat) doivent réagir afin d’arriver à des solution à des crises que nous vivons . par conséquent la création de 20 février est dû à des crises que vie le Maroc et d’essayer d’aller en parallèle avec les révolutions du monde arabe afin d’arriver un jour à des réformes souhaités et à une démocratie comme il est le cas dans les pays développés où il n’y a que la parole de la loi et rien d’autre avec l’absence à un pourcentage qui tend à zéro de la corruption , le favoritisme ,l’injustice, l’inégalité .
    personnellement qu’il participe X ou Y dans 20 février ne pose aucun problème puisque tous les marocains ont le droit de discuter et de manifester ce qu’il éprouve.
    pourquoi on voit la cohabitation dans cette mouvement des islamistes , socialistes etc ? la réponse c’est que le but de ces gens est d’arriver à des réformes capables de donner un élan au développement social. Et ceux qui critiquent 20 février sont parmi ceux qui ne veulent pas de changement au Maroc .
    Essaient de donner différentes prétextes , parfois ils disent que c’est un mouvement des islamistes , autres fois ils disent que ce ne sont que des jeunes perroquet qui essaient d’imiter les autres etc mais la vérité c’est que ces gens au fond d’eux ne veulent aucun changement vu que la situation actuelle est de leur faveur . et c’est normales que chacun d’eux essaies d’agir pour la faiblir et d’atteindre à ces objectifs . chacun a sa démarche il y’en a ceux qui ont utilisé les matraques pour essayer de mettre fin à cette mouvement

  62. To Ahmed,

    How we met? Here, in this “discussion pleine de bruit et de fureur, malgré ses airs civilisés.”

    What we have different from the others, it’s our cry silent but deafening :
    «engagez-vous» «dégagez-les».
    «indignez-vous» «dégagez-les».
    «engagez-vous» «dégagez-les».

    The revolutionary action and its cultural turbulent demonstrations it is exactly the things I share with Ahmed, who is one of the most knowledgeable in this disscussion group, theoretically and practically, emotional and honest intellectual who explain which and what on ideology, how does its cumulative contamination while each thing referring to everything is realises a fatal generalization, it’s a tautology, and I’m so happy to read it that I think we took guaranteed a buoyant optimism for our whole life. Honor to him that now I’m obliged to solve the impossible missing of small personal balance sheets.
    Gift to gift.

  63. To QuiNePensePas

    I hope that what we share is a lot more than just a few slogans. What we have in common is way superior to what could make us look different. We certainly do share ideals of freedom and justice, belief in the rule of law and sympathy for the weakest and also our desire to see our country take off for the benefit of our fellow countrymen and for the welfare of future generations.

    Yes, I hope we are numerous to share those dreams that our fathers failed to achieve for us and above all the determination to see some of them come true in our lifetimes. Nothing is more beautiful than to be part of a society where it is safe and comfortable to live. I do not mean material comfort only, but, first and foremost, this feeling to belong to a society centered on people for the sake of people.

    My dreams could look simplistic but I am prepared to sound oversimplistic if to believe in better days is synonymous with whatever some would care to associate it with.

    Our future lies in our hands provided we believe in our ability to move ahead together sigle mindedly: what can I do to make sure the children of my neighbours will live better than their parents because those children are somehow part and parcel pf my reponsibility. Because they are mine. It is not Obama’s or Sarkosy’s or Cameron’s job to see to their well-being but OURS. Brotherohod is what this whole endeavour is all about.

    Had we but world enough and time …

  64. Charmé et agréablement influencé par les appels lyriques de Ahmed et de QuiNePensePas, voici ma contribution sous forme de deux propositions pour l’avenir du Maroc, pas plus :

    Primo : suppression de l’immunité parlementaire, ou plutôt sa limitation aux seuls faits en rapports avec la fonction de parlementaire.
    L’avantage c’est que ça évite aux escrocs et trafiquants du pays de faire de la politique pour gérer leurs magouilles en toute tranquillité.

    Secundo : évoluer vers un système éducatif (primaire, secondaire et supérieur) dont le noyau seraient l’Ecole Publique, revalorisée et où sur le même banc on trouverait fils de riches et fils de pauvres.
    Les avantages sont énormes et multiples :
    – les défavorisés qui défient les nantis sur la base du savoir
    – motivation des uns et des autres
    – harmonie sociale
    – développement d’un esprit d’égalité
    – promotion de l’égalité des chances
    – et tout ce que vous savez déjà, sans jamais oser y penser.

    Mais pour cela, il faut des dirigeants forts, avec une vraie et unique conviction idéologique : celle d’une civilisation basée sur le respect de valeurs sûres.

    Pensez-y, est ce que le Maroc à travers ses forces motrices, je veux dire son élite, à l’audace d’appliquer ces deux principes de bases ? je ne pense pas.
    Conclusion : il n’y a rien de visible à espérer, nous resterons le pays des villas avec piscines à gogos, et des 50% d’analphabètes, et même plus.

  65. QuiNePensePas = Soulaymane (j’ai juste voulu te répondre avec un soupçon d’humour, mais mon navigateur a gardé le pseudo dans sa terrible mémoire).

    Je suis ravi que tu sois charmé. Saches que ce qui nous sépare pourrait très bien nous rapprocher, comme le dit KB chez leblase.net « Ce qui nous sépare ne nous éloigne pas pour autant ! ».

    Ton Primo ferait se retourner le Baron de Montésquieu dans sa tombe. L’immunité parlementaire est un principe fondamental pour la séparation des pouvoirs (sinon le pouvoir juridique aura la main sur le pouvoir législatif). Aussi contentons-nous d’exiger qu’ils ne soient pas analphabètes et qu’ils rennoncent à certaines indémnités parlementaires et avantages farfelus qui vont avec la fonction.

    Ton secundo risque d’apparaître un chuya bolchévique à beaucoup.

    Quant à ta chute elle est d’un pessimisme … 😉

  66. Addendum :

    A propos de l’école publique, une vraie, valorisée et honorée à travers la présence de fils de nantis et non dévalorisée et abandonnées aux seuls défavorisés et malchanceux, une précision de taille : celle du financement.
    Pourquoi ne pas créer un IMPÔT EDUCATION qui serait indexé sur l’impôt sur le revenu des parents en tant que futures bénéficiaires de l’éducation publique) et, sur l’impôt sur les sociétés (en tant que futures bénéficiaires de l’éducation publique).

    Mais … et je le dis avec amertume … nos valeureux dirigeants préfèrent faire la queue, humiliés c’est pas grave, devant les portes des établissements étrangers, je veux dire établissements des anciens colonisateurs.

  67. @Soulaymane

    nos deux commentaires se sont croisés, donc voici mes réponses)

    – Depuis 1962 et jusqu’à nos jours, une seule des dizaines de demandes de levées d’immunité parlementaire a abouti, c’était en 1999; je dis bien, une seule parmi plusieurs dizaines. De qui se moque-t-on ?
    – Quand à Montesquieu, c’est un français du 19ème siècle, et je parle du Maroc du 21ème siècle, je ne vois pas pourquoi il se retournerait inutilement dans sa tombe.
    – Mon secundo qui t’apparaît un chuya bolchévique, est exactement ce qui a permis aux puissances capitalistes-libérales qui ont réussi, à promouvoir l’excellence,à produire en recherche et développement puis à assurer un minimum de dignité et de vie descente à la majorité de leurs populations.
    Eh oui, cela est passé par l’école publique et de qualité pour tous.
    Et chez nous, on continue à se snober les uns par rapport aux autres, à coup de “m’as tu vu ?”
    On a attrapé le progrès par la mauvais bout j’ai l’impression,
    du mauvais côté. je dis toujours que le Maroc ressemble à un Magasin où l’on s’occupe de la vitrine plus que d’autre chose.

  68. @Soulaymane

    Ah oui, j’ai oublié ma chute pessimiste :

    “Conclusion : il n’y a rien de visible à espérer, nous resterons le pays des villas avec piscines à gogos, et des 50% d’analphabètes, et même plus.”

    Ce jour vers midi, je suis allé à la mou9ata3a pour un vulgaire papier qui ne devrait même pas exister, puisque des centaines de millions de dirhams ont été “investis” pour la carte d’identité nationale électronique et tout ce que vous voulez.
    J’ai eu comme voisine de queue une dame, la quarantaine, analphabète, pauvre qui selon elle venait d’une ville lointaine (c’était Bouznika et tout est relatif). Elle avait besoin d’un extrait d’acte de naissance demandé dans le cadre de la scolarité de sa fille. Elle s’est adressée à quatre fonctionnaires (dont le mo9adem et le khlifa du caïd):
    – le premier lui expliqué que nous étions jeudi, jour de grève.
    – le deuxième lui a demandé de patienter jusqu’à 14h30, on ne sait jamais (ce qui veut dire : bakchihch aidant).
    – le troisième lui a conseillé de s’adresser à tel bureau.
    – le quatrième (le gars du bureau en question) l’a envoyée balader en lui disant qu’il avait autre chose à faire.

    Voilà, cette dame du peuple, servie par des fonctionnaires issus du peuple.
    Cherchez les sept erreurs.

  69. Le printemps arabe en Espagne

    (Journal le Monde)

    C’est devenu le rendez-vous incontournable de la journée. Chaque soir à 20 h 30, ils sont entre 500 et 600 à rejoindre la place de la mairie, dans le centre de Murcie, dans le sud-est de l’Espagne. Des jeunes, en majorité, mais aussi leurs parents et même leurs grands-parents. Ces “indignés”, tel qu’ils se qualifient, tiennent leur assemblée générale sur le parvis, qu’ils ont rebaptisé, à l’instar de nombreuses autres villes espagnoles, “place de la Révolution du 15-Mai”. Devant un écriteau indiquant “Le micro est ouvert”, tous prennent la parole à tour de rôle pour argumenter, proposer, s’offusquer, s’inquiéter. Dix jours après le début du mouvement de contestation sociale qui a soulevé le pays, ils éprouvent plus que jamais la volonté de voir le projet de société qu’ils ont esquissé aboutir.

    “Je suis payé 5 euros de l’heure, au noir, dans un restaurant, alors qu’au gouvernement régional certains se voient proposer des Mercedes comme voiture de fonction”, lâche un jeune, révolté. “On n’est pas des hippies. Seulement des gens dignes qui demandent un travail et une justice juste”, renchérit une quinquagénaire, suscitant l’enthousiasme et l’adhésion de la foule. Plus tard, c’est l’émotion qui gagne l’assistance lorsqu’un retraité prend la parole : “A l’époque de Franco, je me suis battu pour cette démocratie. Depuis, on l’a dénaturée. Il faut reprendre le combat et ne pas s’arrêter.”
    CENTRES COMMERCIAUX VIDES OU INACHEVÉS
    Pendant trois heures, c’est un flot ininterrompu de doléances et propositions. Le besoin d’expression et d’écoute des habitants est évident. Il faut dire que Murcie, agglomération de quatre cent mille habitants et petite province engoncée entre Valence et l’Andalousie, dans un paysage aride et brûlant, possède le troisième taux de chômage d’Espagne, derrière les Canaries et l’Andalousie. Un quart de la population n’a pas de travail, dont un jeune sur deux.

    Dans les années 1990, la ville, encore plus que le reste du pays, a appuyé son développement sur une construction immobilière effrénée pour répondre à des besoins touristiques croissants. Mais, en 2008, la crise économique s’abat sur l’Europe et stoppe net l’activité locale. Partout, ce sont des pavillons, des immeubles ou des centres commerciaux vides ou inachevés. Dans le même temps, de nombreux ouvriers du bâtiment, dont une partie de jeunes sans études, se retrouvent sans emploi ni salaire, et donc de quoi payer leur loyer. “On est alors arrivés à une situation extrême et absurde, avec des logements inoccupés par milliers et des milliers de gens hypothéqués, qui risquent à tout moment d’être expulsés de chez eux, finissant, pour certains, par se retrouver à la rue”, expliqueJosé Torrico Munoz, avocat d’une soixantaine d’années.

    DÉFIANCE DANS LES INSTITUTIONS

    Depuis lors, cette population, désabusée, s’est contentée de se désoler du malheur qui la touche, y voyant comme une fatalité. “La jeunesse d’ici est pessimiste et apathique. Elle considère que les études ne servent à rien et montre un désintérêt profond pour tout ce qui touche de près ou de loin à la politique, livre Juan Cerrano, doctorant de 27 ans. Les gens pensent que les choses ne peuvent pas changer, confirme Jorge-Luis Diez Urrea, 32 ans, directeur d’une compagnie de théâtre au chômage. Le parti populaire remporte chaque élection depuis seize ans. Les politiciens sont corrompus, de la même façon que les syndicats, qui leur sont très liés. Même les médias sont partisans, sans compter qu’ils ne s’intéressent que très peu à notre région. On est habitués à ne pas être représentés ni entendus.” Lorsque les premières manifestations ont débuté à Madrid, puis dans toutes les grandes villes du pays, le 15 mai, les Murciens se sont alors immédiatement saisis de l’occasion pour organiser leur propre mobilisation et s’exprimer, pour beaucoup d’entre eux, pour la première fois. Mes parents préféreraient me savoir à la fac, mais moi, je ne veux rater cet élan de solidarité pour rien au monde. J’apprends bien plus ici, témoigne Margarita Carrillon Leon, 23 ans, étudiante en psychologie et philosophie. Je n’avais jamais vécu un tel mouvement intergénérationnel, une telle révolution. C’est notre Mai-68 à nous !

    DÉMOCRATIE DIRECTE

    Aux Espagnols les plus vieux, qui qualifient cette “génération perdue” de “ni-ni”, pour “ni études ni travail”, les jeunes ajoutent maintenant un troisième “ni” : “ni peur”. “Je ne pense pas que le mouvement me permettra de trouver du travail, mais il me redonne de l’espoir, l’envie de me battre”, assure Andres, 26 ans, acteur. Comme beaucoup de parents, Maribel Bernarbeu, professeur de 51 ans, se dit “fière d’eux”, “depuis le temps qu’elle attendait de les voir prendre leur destin en main, se battre pour leurs idéaux”. “Maintenant, il faut néanmoins encore canaliser le mouvement, passer de la théorie aux actions concrètes”, prévient-elle.

    A Murcie, comme dans les autres villes, le mouvement des insurgés est structuré en commissions qui se créent au fur et à mesure des besoins : action, débats, conflits juridiques, logistique, cuisine ou encore hygiène. Dans chacune d’elles, les projets ne manquent pas. Alors que certains prennent possession, de manière pacifique, de l’espace public pour sensibiliser les citoyens, d’autres luttent contre les expulsions, engagent des procédures. Un groupe d’ouvriers du bâtiment au chômage envisage aussi d’aider à la reconstruction de la ville voisine de Lorca, détruite par le séisme du 11 mai. Si les campements ne devraient pas pouvoir passer l’été sur la place, en raison de la chaleur, le mouvement, soudé et réactif grâce aux réseaux sociaux, perdurera, les “insurgés” n’en doutent pas. “C’est la première fois qu’une mobilisation de cette ampleur existe en Espagne, qui ne soit ni organisée par les partis politiques ni par les syndicats, mais par la base. Les gens ont donc envie de faire des propositions, et tous ceux qui sont au chômage ont le temps de le faire, assure José-Luis. Par ailleurs, si le mouvement a profité de l’échéance des élections locales pour mobiliser, il se veut apolitique. Il a pour but de faire entendre notre malaise et faire avancer les choses.” “A notre niveau, on recrée une démocratie directe, sur la place publique”, se félicite Antonio Pujante, ingénieur de 44 ans et chômeur.

  70. L´inquiétude des résidents étrangers au Maroc !

    Billets mailer a l’ensemble des media marocains et français

    Madame, Monsieur,

    Résident au Maroc depuis plus de quatre ans et de passage à Marrakech, mardi 24 mai 2011, alors que nous nous dirigions en voiture Bd Mohammed V, avenue située en plein cœur de la cité rouge, de la place Djamaa Lafna vers le quartier du Gueliz, vers 20 heures, nous avons été littéralement lapidés par une horde d’environ 1000 criminels sortis du stade de football situé en périphérie de la ville ou comme a chaque rencontre depuis le début de l’année des bagarres entre supporters font des dégâts considérables autant à l’intérieur du stade (sièges arrachés lors de l’inauguration de celui-ci et a chaque match) que dans la ville. Pierres, garnitures de trottoir en fonte, ont été jetées sur notre voiture risquant de nous tuer et causant des dégâts considérables à celle-ci (dégâts que mon assurance ne remboursera pas).

    Quelques policiers dépassés par ces événements étaient présents et le cortège funèbre était suivi par les bus blindés des services de sécurité qui fermaient la marche sans intervenir à aucun moment. Depuis le début de l’année par 3 à 5 fois (selon les policiers ou les marrakchis) ces émeutes ont fait des dégâts considérables (physiques, psychologiques et matériels) sans qu’aucun média n’ose parler. Je conseille aux résidents étrangers d’éviter les sorties lors des Matchs de foot (partout dans le pays), les Souks (ou l’on est harcelé, les touristes annulant de plus en plus leurs réservations) et de commencer à penser, comme moi, à quitter le Maroc. Quand aux touristes il leur faut, malheureusement, oublier cette superbe destination tant qu’une sécurité minimum ne sera pas assurée (comment ces hooligans ont-ils pu se retrouver en plein cœur de Marrakech sans être inquiétés?). La crise mondiale a frappé le Maroc de plein fouet, les hôtels, restaurants licenciant a tour de bras, la corruption a tout les niveaux ampute le maigre revenu du peuple, la jeunesse est laissée pour compte sans formation, les Patrons ou les riches familles bafouent les lois sans être inquiétés. Le peuple répond aujourd’hui par la violence. Le Ramadan et l’Aid El Kebir étant une période qui coûte cher aux Marocains sans travail ou au petit revenu nous devons envisager demain et surtout cet été d’autres actes violents, ou pire, des bombes comme celle qui il y a peut a tué a Marrakech des innocents. J’espère lire enfin dans vos colonnes la vérité sur le Maroc d’aujourd’hui où il aurait pu faire bon vivre grâce aux réformes qui depuis 10 ans ont fait avancer le pays, mais qui sont insuffisantes ou pas appliquées de faits.

    Rédigé par : SCHIERER / le 26 mai 2011 – des fautes d´orthographes ont été corrigées par Samya (voir ce document sur la page: International LeMonde – Au Maroc les jeunes du 20 février restent mobilisés)

  71. @Samya

    J’ai un autre pseudo “André de Marrakech” que je sors de temps à autres à des fins comiques et sans plus.

    En lisant ce texte, j’ai l’impression que c’est moi qui l’ai écris, et ça fait ma fait plaisir, tellement ça ressemble à “André de Marrakech”.

  72. Ma personne c´est toujours Samya (prénom choisi en souvenir à ma grand mère paternelle)

  73. Alors le Penseur!

    Puisque ce document te fait plaisir et tu n´as aucune raison pour abandonner le Maroc, pourras-tu faire un commentaire concernant l´evénement en cours? (les févriéristes)

  74. @Samya

    “Les févriéristes” comme tu dis si bien , plutôt que les “vingt févriéristes” étant donné qu’ils ne doivent plus dépasser les dix-sept ou dix-huit maintenant que la fièvre est en cours de chute.

    Le mouvement de pique-nique dominical du 20-février a été crée et orchestré par des gens responsables pour canaliser ce qui pouvait ressembler à des émeutes populaires, qui elles auraient pu être orchestrées par des irresponsables, ignorants et peut être barbus par dessus tout.

    Ainsi j’ai deux opinions opposées est cohérentes :
    – j’approuve le mouvement du vingt février dans la mesure où ça permet de faire joujou avec des slogans inoffensifs.
    – je m’en moque complètement dans la mesure où je ne sais même pas à quoi ça correspond en termes de propositions concrètes et cohérentes.

  75. Blogs Le Monde.fr

    Le printemps arabe et l´argent des puissances du mal / Samya

    Une seconde révolution égyptienne?

    Après le mouvement de contestation qui a fait tomber le régime de l’ancien président Hosni Moubarak, l’Egypte va-t-elle connaître une seconde révolution ? C’est ce qu’espèrent certains militants du mouvement du 25-janvier qui ont appelé à manifester vendredi 27 mai sur la place Tahrir, au Caire.

    De nombreuses pages ont été créées sur Facebook pour appeler à une radicalisation du mouvement de contestation, toujours mobilisé, pour faire chuter le Conseil suprême des forces armées – CSFA en charge de la transition, à l’instar de “Deuxième révolution égyptienne de la colère – 27 mai” ou “Ensemble pour la complétion de notre révolution du 25 janvier”.
    Ce sera “la der des ders” pour Mahmoud Salem, auteur du blog The Rantings of a Sandmonkey (en arabe), qui exhorte “la majorité silencieuse”, qui n’a eu de cesse de dénoncer le chaos engendré par la poursuite des manifestations, à se joindre en masse. Selon lui, l’appel du 27 mai rejoint les préoccupations de ceux aspirant au redressement de l’économie, à la sécurité et à la stabilité, dès lors que le CSFA a été incapable de présenter un plan économique d’urgence, de lutter contre la corruption, de remettre la police au travail ou de faire preuve de transparence.

    “Une Constitution avant tout”

    UN ÉVENTAIL DE DEMANDES

    Cet appel regroupe toutefois des groupes aux demandes variées en matière politique, économique et de libertés publiques. Zeinobia, auteure du blog Egyptian Chronicles détaille certaines de ces demandes, à l’instar d’un tract rédigé par le père de la militante Lilian Wagby, assez similaire aux demandes formulées par les jeunes du mouvement du 6-avril (sur sa page Facebook). Le célèbre cybermilitant, Wael Ghonim, a pour sa part créé un Google moderator pour que les militants expriment leurs attentes. Les deux principales demandes sont : la poursuite des caciques de l’ancien régime et le retour de la sécurité.

    L’affiche ci-contre reprend les demandes communes à l’ensemble des groupes ayant appelé à manifester le 27 mai, estime Zeinobia. Il s’agit de mettre fin aux procès militaires contre les civils ; d’instaurer un salaire minimum ; de juger Hosni Moubarak et tous les symboles de l’ancien régime ; de compenser les victimes de la révolution ; de dissoudre toutes les institutions locales et d’enquêter contre les gouverneurs de province ; de ramener les forces de police dans les rues, sous supervision judiciaire ; de purger les médias ; et d’établir un calendrier clair pour mettre en œuvre ces mesures.

    “CONTRE LA DICTATURE MILITAIRE”

    La défiance envers le CSFA et sa gestion de la transition politique semble avoir atteint son paroxysme parmi les jeunes du 25-janvier. Dans un appel à manifester, les comités populaires pour la défense de la révolution dénoncent ainsi “l’entêtement de la junte militaire à vouloir monopoliser le pouvoir, qui constitue un des chapitres du complot, et son déni évident de cette révolution dont a rêvé le peuple égyptien”.
    Ils reprochent au CSFA d’avoir édicté des lois sans débat, d’avoir eu recours à la violence, d’avoir reporté les procès contre les caciques de l’ancien régime, les personnes soupçonnées de corruption et les auteurs de violence et d’agiter le spectre de la faillite et de l’anarchie pour faire peur à la population. Ils appelent à la mise en place d’un conseil présidentiel civil révolutionnaire pour la période transitoire et à l’élection d’une assemblée constituante.

    “Nouveau ! Le masque de la liberté ! Salutations du Conseil suprême des forces armées à nos chers Egyptiens. Disponible dès aujourd’hui, sans limitation de temps”.

    “Nous nous sommes débarrassés d’un dictateur pour en gagner un autre. Quelle tragédie ! Le CSFA porte vraiment un masque. Un masque qu’il appelle ‘l’armée et le peuple ne font qu’un’, auquel personne ne croit sauf eux (…)”, dénonce Maha Al-Aswad surson blog, commentant l’affiche réalisée par un groupe d’artistes militants, parmi lesquels le dessinateur Ganzeer.

    La mobilisation contre le CSFA a aussi été largement relayée sur la Toile, avec l’appel le 23 mai à une journée des blogueurs contre le CSFA et la création d’un mot-clé dédié sur Twitter #Noscaf. Des centaines de notes de blog ont été publiées à cette occasion, dont Mina Naguig, auteur du blog Just an Egyptian, fournit la liste.

    Le blogueur Karim Amer a ainsi publié une note intitulée : “La seule voie pour le succès de la révolution est le renversement des militaires”. Il dénonce une armée qui reste “dominée par le régime et ses complices”, qu’il ne faut pas “laisser nous voler notre révolution”. “Il ne faut pas nous détourner de notre purge de la corruption et de la tyrannie”, poursuit-il, appelant “à la mise en place d’un régime civil temporaire”excluant toute personne ayant soutenu les politiques de l’armée ou ayant été en relation avec le régime Moubarak.

    “LA PREMIÈRE RÉVOLUTION N’EST PAS ACHEVÉE”

    Tous les blogueurs proches du mouvement du 25-janvier n’appelent toutefois pas à une”seconde révolution”, car comme le dit Zeinobia , dans une note de blog, “la première révolution n’est pas achevée. Toute discussion sur une seconde révolution est, avec tout mon respect, une sorte de foutaise politique”.
    L’un des coordinateurs du mouvement du 25-janvier, Mohamed Diab, s’est d’ailleurs prononcé contre une nouvelle révolution, dans unenote sur Facebook. Le militant, qui a rencontré à de nombreuses fois les membres du CSFA, dit avoir pu comprendre à leur contact la difficulté que cela représente de devoir gérer un pays dans un moment si difficile et pourquoi certaines décisions ont été prises et certaines erreurs commises. Mais, il reconnaît que le CSFA est responsable d’avoir perdu la confiance du peuple, en ayant nié avoir commis certains abus contre des militants et civils. Ce pourquoi il a appelé à une “marche d’un million le 27 mai”, sans confrontation avec l’armée et dans une démarche responsable car “il n’est pas dans notre intérêt d’affaiblir les forces armées” qui sont garantes de l’instauration d’un Etat civil.

    Mes frères des Frères musulmans… Merci de ne pas participer

    “Je crois que cette journée a prouvé que nous n’avons pas besoin des Frères musulmans pour être nombreux”. De leur côté, les Frères musulmans égyptiens se sont désolidarisés du mouvement et ont appelé leurs sympathisants à ne pas se joindre aux manifestations, à l’instar de cette lettre d’un des membres, Mamdouh Mounir, publiée sur son site Internet. Les manifestations ont toutefois réunies des dizaines de milliers de personnes dans une ambiance festive et pacifique. Le CSFA avait décidé de jouer l’apaisement en annonçant, dans un communiqué, que l’armée se tiendrait à l’écart des manifestations pour éviter tout affrontement.

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    11 réponses à Une seconde révolution égyptienne ?

    1.Le G8 va de débloquer un crédit de 8 milliard d’euros pour soutenir le printemps arabe d’après leur dire officiellement.Tiens donc, depuis des décennies ils soutenaient les tyrans et tout à coup ils changent de camps,et ils viennent en aide aux opprimés.La vérité c’est que ils ont des visions sur tout le monde arabe et cette somme qu’ils vont mettre à la disposition des révolutionnaires sous forme de crédit servira à les enchainer; car les intérêts que ces prêts engendreraient serviront à alourdir les remboursements; ce qui va leur donner l’occasion de réduire les peuples à leur volonté. Faites circuler ce message.N’acceptez pas leur argent,rappelez vous ils ne sont pas vos amis.

    Rédigé par : lila | le 27 mai 2011 à 21:45 | Répondre | Alerter |
    2.Ping : Revue de presse | Une seconde révolution égyptienne ?

    3.si les tyrans à col blanc du G8 donnent une somme ce n’est certainement pas par charité mais bien pour en tirer quelque chose. leur problème c’est que d’après un récent sondage, la majorité des égyptiens veulent un état dont les lois sont les lois de l’Islam. si on ne suis pas ce que la majorité d’un peuple veut, comment parler de liberté ? de démocratie ? nous voyons bien que ces idées pseudo pacifiques ne sont que des outils pour justifier des guerres et des crimes.

    Rédigé par : lerond | le 27 mai 2011 à 22:43 | Répondre | Alerter |
    4.Ping : Une seconde révolution égyptienne ? | tradera.ro romanian news search

    5.C’est toujours très intriguant de voir l’arme des grandes puissances changer d’épaule sans transition. C’est vrai qu’ils ne font rien pour rien. Ils doivent selon eux dominer le monde jusqu’à sa fin. Il est sage de ne point les suivre.
    Cependant, pour s’en sortir, les patriotes et ceux qui sont assez avisés doivent penser à meubler ces révolutions avec des programmes de réforme bien pensés. Sinon, pourquoi contester? Pour contestez-vous? Pour que les autres soient toujours vos dirigeants? Pensez à prendre le pouvoir et à corriger toutes les erreurs volontaires et involontaires de votre passé. Ce sera un bon témoignage pour l’Afrique.

    Rédigé par : Gere | le 27 mai 2011 à 23:14 | Répondre | Alerter |

    6.Les chefs du G8 n’ont rien compris ou bien ne veulent pas comprendre. Les révolutions arabes ou les processus révolutionnaires en cours dans le monde arabe ne sont pas seulement politiques, ils portent sur des situations glabales et complexes. Nousa n’avons pas besoin d’argent des pays dits riches, nous n’avons pas besoin de leur assistance. Nous avons besoins des solidarités des peuples pour tisser ensemble une trame sur laquelle nous pourrons construire un monde nouveau, dégagé de la domination des finances et des spéculations sur les droits des peuples à vivre dans leur dignitié. Les révolutions en cours ont une porté anthropologique : Elles visent à construire un nouveau monde dans lequel il y aura une démocratie réelle, une justice sociale. Les injonctions des milliards dans des systèmes corrumpus ne sert à rien à part de reproduire ou de maintenir les despostes.

    Rédigé par : anid | le 28 mai 2011 à 01:23 | Répondre | Alerter |

    7.Que cache-t-on par les crédits, les offres et l´ancienne générosité de Montefiore et Rothschild?

    Pour dévoiler la volonté des politiciens (G8), en notre Occident qui pour se maintenir au dessus des autres peuples, on enseigne à consommer la laideur, tout en écartant certains peuples du vrai progrès scientifique, de la démocratie, du bien être et de la liberté. Ce monde est façonné selon la volonté des banquiers qui depuis le XIII siècle, ils ont tout essayé affaiblissant l´église, instaurant le libéralisme, »la renaissance« et ce qu´on appelle aujourd´hui “droits de l´homme„ ne concernant que ceux qui avouent une certaine obéissance et fidélité, même n´étant que trop douteuses.

    La renaissance avait commencé vers la fin des croisades (1099 – 1244), dont la 4ème a été financée par Venise, contre Constantinople où des arabes avaient le monopole de la soie. Vu comment les juifs avaient vécu la brutalité de ces croisades, ils n´avaient qu´à se disperser en Afrique du Nord, et en Espagne. Pour se libérer des chrétiens, il leur a fallu inventer le libéralisme, qui est devenu actuellement le »laïcisme«. Entre temps, le protestantisme et les révoltes paysannes, ils ont conduit les plus riches vers la Hollande (Puritains) et en Angleterre, d´où on les a vus prendre l´Exodus vers l´Amérique et y construire un haut pouvoir. Dans l´histoire de ce phénomène de persécution, de libéralisme, de démocratisation, des droits de l´homme et du laïcisme, il y a des dates se référant aux Maitres et Acteurs de cette mystérieuse évolution: 1666 – l´émergence du Messie »Sabbatay Zvi« en Turquie -, 1831 – Charles Alexis de Tocqueville prétextant étudier le système pénitentiaire aux Etats-Unis -, 1840 – Yehuda Alcalay propageant les idées sionistes aux Balkans -, 1848 – la révolution de Février à Paris -, 1860 – visite de Montefiore au Maroc finançant le départ des juifs berbères vers la Palestine -, 1897 – Sommet sioniste à Bâle sous les offices de Théodore Hertz -, 1914 – guerre mondiale financée par les frères Warburg -, 1916 – les accords Sykes – Picot concernant l´expulsion des Ottomans (le rôle des espions Nelis) -, 1917 – Commission King – Krane, la déclaration Balfour, Révolution russe -, 1929 – Walstreet -, 1939 – guerre mondiale (défaite de l´Allemagne) -, 1946 – Exodus massif vers la Palestine -, 1947 – création du Pakistan et d´Israël!

    Quand on analyse ces événements cités entre le XIIIème siècle et la création de l ´Etat de Dieu, on voit que les idées du doué élève de »Lusueur«, enfant de Hervé de Bonaventure et Louisa de Rosano Tocqueville (Séfarade!), elles ont été soigneusement exprimées, légitimant le combat des puritains au New England. La démocratie de l´idole de nos élites, elle n´est pas égalitaire. Il suffit de lire la »démocratie en Amérique des mœurs«, l´»ancien régime, la révolution et surtout son discours devant la chambre des députés«, un mois avant la révolution de Février, la chute de »Louis Philippe« et conclure que la philosophie de »Charles Alexis« est entièrement opposée à la souveraineté de la majorité, qui est selon lui n´est qu´une autre dictature. Quant á l´»égalité«, Tocqueville la sanctionne comme un moyen pour finir en Anarchie. Il préfère la liberté des plus forts! Pour cette raison, il n´a pas douté de considérer les arabes comme une race inferieure, et il a trop soutenu la colonisation de l´Algérie, où on avait fait brûler des moissons et décimer des populations. À l´époque de Tocqueville et »Guizot«, l´idée la plus courante fut: enrichissez-vous! Sarkozy l´a adoptée criant »travailler plus, gagner plus«! Parallèlement, nos formidables dirigeants, ils encouragent les plus jeunes à trouver leur paradis en Europe des lumières, sous le risque de naufrager! Pour ne pas trop approfondir, les Commanditaires aux Etats-Unis qui ont inventé la démocratie des mœurs, en fonction de leurs intérêts puritains et qui ont massacré la majorité des innocents aborigènes (leur descendance encore est la plus marginalisée), leur hégémonie sur le monde entier, les drames d´Hiroshima, Nagasaki, le Vietnam, la Palestine, l´Afghanistan, l´Irak, leur concours aux despotes, aux voleurs des peuples du Tiers- monde (McNamara), et ce néo colonialisme déguisé sous l´élégance des discours et le bonheur de la mondialisation, comment pourrait-on sympathiser avec leurs idiologues qui ne font qu´animer la répression et le pillage des richesses des plus faibles? L´ère de »Bugeaud« et les crimes les plus atroces commis en Algérie et au Vietnam, ils ne feraient que se répéter.

    Par des miettes jetées aux tunisiens et aux égyptiens, on ne voudrait que donner une légitimité à la nouvelle alliance franco anglaise et instaurer une autre dynastie sur la rive Sud de la Méditerranée, qui serait administrée par Israël et dans tous ses aspects, elle ressemblerait à celle de l´albanais Mohammed Ali Bascha et ses successeurs, vendant l´Egypte après la faillite de la construction du Canal de Suez, permettant aux anglais de s´installer confortablement au Caire et les résidents généraux français à Fès et à Rabat.
    Houcine en Exil__

    Rédigé par : Houcine | le 28 mai 2011 à 02:48 | Répondre | Alerter

    8.La politique est une cuisine. Chaque mitron espère un jour être chef. En attendant, ça fait longtemps des grumeaux, dans la sauce. Alors on tente de la reprendre en main: le tamis, le mixer, un peu de matière grasse, tout est bon. Parfois il faut jeter. Le plus souvent le plat est lourd, indigeste, mais bon, quand on a faim, on mange. Les bons cuisiniers sont rares. Ils savent comprendre les ingrédients, leurs amours, leurs refus. Cela donne toujours une cuisine légère, qui nourrit sans se rappeler, simplement. On peut voir un bon cuisinier aux ingrédients, à la propreté de sa cuisine et de ses poubelles, à l’hygiène des mitrons, à l’espérance de vie de ses clients. Souvent c’est pas bon: « Au tord boyau, le patron s’appelle … « . Les Egyptiens veulent une cuisine saine, légère, moderne: manger pour vivre, et non vivre pour manger.

    Rédigé par : Charles-Hubert de Girondiac | le 28 mai 2011 à 04:34 | Répondre | Alerter |

    9.Ping : Une seconde révolution égyptienne ? | Les Nouvelles
    10.Ping : Une seconde révolution égyptienne ? – Le Monde | DavnecNews-France

    11.Pour moi, occidental, l’équation est simple : je préfère avoir un voisin heureux, bien portant, actif, capable de se nourrir et d’évoluer intellectuellement et matériellement, qu’un mendiant qui devient hostile lorsque je refuse de lui faire la charité, et qui n’a d’autre solution que de venir sur mon territoire pour pouvoir se nourrir ou se sentir libre.. La démocratie est le meilleur régime que connaisse l’homme libre et maître de son destin. Nous soutenons la démocratie dans les pays arabes, et ce n’est pas par charité ni par désir de pouvoir. C’est tout simplement notre intérêt…

    Rédigé par : rabelais | le 28 mai 2011 à 11:19 | Répondre | Alerter |

  76. @ samya

    Tu seras bien gentille de ne pas encombrer mon blog de très longs commentaires comme celui-ci qui me prennent inutilement de l’espace: il te suffit de copier-coller le lien qui y renvoie! Merci!

  77. Le Mouvement des 20 Févrieristes marocains et les événements vécus par un autre peuple.

    Louis XVI fut accusé avoir désorganisé les armées françaises, à cause de sa décision d´aller déporter certains citoyens peu fidèles à sa monarchie. En réponse aux manifestations parisiennes autour de son Palais des Tuileries, (Mouvement du 20 Juin 1792), Brunswick – Commandant des armées prussiennes, il menaça d´intervenir au secours de ce roi et de sa famille. À l´égard de cette complicité, les sans Culots (le peuple) débordèrent ce palais et massacrèrent la garde composée de suisses. Louis XVI se trouva contraint de se refugier à l´Assemblée Nationale, d´où fut-il conduit en prison.

    Le sort des députés royalistes (les Girondins)

    À l´appel de Robespierre, les députés monarchistes furent encerclés par les révoltés, exigeant leur exécution, à cause de leur réticence face aux armées prussiennes de Brunswick.
    Sous l´influence de sa Maitresse Joséphine Beauharnais, Paul Barras en qualité de Chef des insurgés, il nomma Napoléon Bonaparte à la tête de toutes les armées. En même temps, les Sans Culots prirent les armes, et en compagnie d´un nouveau contingent de l´armée, ils fusillèrent les royalistes aux environs de l´église St. Roch.

    Un avertissement sévère à l´encontre du roi!

    Le peuple à travers la section des Quinze-vingt, il déclara que si le détrônement n’est pas prononcé le jour même à minuit (9 – 10 Aout 1792), la résidence royale serait attaquée. Pétion informa l’Assemblée législative que les sections avaient repris leur souveraineté et qu’elle n’avait pas d’autre pouvoir sur le peuple que celui de sa persuasion. Pétion fut aux Tuileries, convoqué par le roi qui voulait s’assurer de l’état de Paris, lui autorisant de répondre à la force par une autre force! Enfin, les insurgés nommèrent un comité provisoire qui dirigea l’insurrection. Une partie de l’Assemblée fut réveillée par le tocsin, démarrant une session d’urgence, sous la présidence de Vergniaud. Apprenant que Pétion fut aux Tuileries, ils pensèrent qu’il fut arrêté et voulurent le faire délivrer. À leur tour, ils lui demandèrent de faire le point sur Paris. C´est ainsi comment il devint prisonnier de la Commune qui somma le marquis de Mandat, Commandant de la Garde Nationale de protéger les Tuileries. Ne connaissant pas le changement de régime, il obéit à l´ordre et se fit accuser d’avoir autorisé les troupes à tirer sur le peuple. Mandat Assassiné, la Commune nomma Santerre à la tête de la Garde nationale.

    La revue des troupes par le roi à cinq heures du matin, signifia que celui-ci ne pouvait plus compter sur ses protecteurs, sous les cris de vive le roi et vive la République.

    Le dernier débat politique de Louis XVI

    Un moment avant son entrée à l´Assemblée Nationale, les députés qui siégeaient à l’extrémité gauche s’apercevaient que des hommes portant des uniformes, furent prêts à entrer dans la salle des audiences, et ils hurlèrent qu’aucun militaire ne devait y entrer. M. Roederer à la barre, il demanda à faire venir ces gardes qui accompagnèrent le roi, facilitant son passage. L’Assemblée était dans la plus grande agitation et un grenadier entra, tenant le dauphin dans ses bras. Le jeune prince n’entendit retentir que les plus vifs applaudissements! Quant à la reine, elle rentra avec beaucoup de dignité et se plaça au banc des ministres. Le roi parut et tous les yeux se dirigèrent vers lui. Il était vêtu d’un habit de deuil et dit devant les députés: Je suis venu pour éviter un grand crime, et je me croirai toujours en sûreté avec ma famille, au milieu des représentants de la nation. Ces mots furent suivis des plus vifs applaudissements.

    Monsieur Guadet qui présidait encore en ce moment, lui répondit: L’Assemblée nationale connait tous ses devoirs. Elle regarde comme un des plus chers le maintien de toutes les autorités constituées. Elle demeurera ferme à son poste. Nous saurons tous y mourir!

    Toujours droits de l´Homme!

    À l’arrivée des insurgés, l’Assemblée émet une proclamation demandant au peuple de respecter la justice, leurs magistrats, les droits de l’homme, la liberté et l’égalité. Mais la foule et ses chefs eurent déjà tous les pouvoirs entre leurs mains. La nouvelle municipalité vint affirmer son autorité, précédée de trois bannières portant les inscriptions »Patrie, liberté, égalité«, exigeant la déposition du Monarque!

    Les mercenaires suisses et la fin de la Monarchie française

    Environ quatre mille prêtres qui refusèrent de prêter serment, ils furent exilés. Les membres de la commission furent répartis dans le corps des armées, afin de s’en assurer. Louis XVI – fut assigné à résidence au Palais du Luxembourg, puis transféré au Temple.

    Certains assaillants avancèrent amicalement, et les Gardes suisses (mercenaires) en gage de paix, ils jetèrent quelques cartouches par les fenêtres. Cependant le feu fut ouvert, sans que l’on sache de quel côté? La garde fut largement dépassée en nombre par les forces adverses, soutenues par des canons. Et qui progressèrent depuis la cour faisant face au Palais. Les petits suisses furent pris sur le flanc de la galerie du Louvre et se replièrent à l’entrée principale du Palais.

    La Garde nationale des insurgés se rallia et retourna à l’attaque. Le roi eut envoyé une note ordonnant aux Suisses de cesser le feu et de se retirer dans leur caserne, mais leurs officiers jugèrent inutile cet ordre. Cependant, la position de la Garde devint de plus en plus difficile à tenir, leurs munitions en diminution, tandis que leurs pertes ne firent qu´augmenter. Les soldats restés dans le Palais furent pourchassés et tués, de même qu’un certain nombre de domestiques et courtisans.

    (1) Jacques Solé, Révolution et révolutionnaires en Europe
    (2) Haim Burstin, Une révolution à l’œuvre: le faubourg Saint-Marcel (1789-94)
    (3) Jean Massin, Robespierre
    (4) Jean-Paul Bertaud, La Révolution française
    (5) Albert Soboul, Histoire de la Révolution française
    (6) Georges Bordonove, Louis XVI – Roi-Martyr!

    Les archives de mon Père__

  78. @Hmida

    ce qui est bien avec Samya, c’est qu’on a toujours de la lecture. Et puis l’avantage du copier-coller c’est qu’il n’y a pas de fautes d’orthographe.

  79. Alors Samya

    20 fevrier pour les jeunes revoltes, c est une Reference Au 20 juin 1792? – a Ton Avis comment s acheveront Ces Manifestations chez nous?

  80. Le penseur

    Toi qui ne dit rien, tu As toujours La Chance de t instruire grace aux autres qui se cassent La tete. De Ces ouvrages cites par samya, si tu es chomeur comme moi, tu peux remlir ton et so tu oses a nous faire un COM soigneusement, personnellement je Te serais remerciant. Aller Au travail comme m a dit hmida.

  81. @ samia

    je t’ai demandé poliment de ne pas me bouffer mon espace!

    si tu considères que tu as des choses à dire ou à communiquer, je te conseille d’ouvrir un blog personnel : je te promets d’en faire la promotion, si je considère qu’il en vaut la peine!

    Wa lakine, allah y khakik, arrête d’envahir mon espace!

  82. La lecture de cette dissertation va quitter le sommeil a plusieurs personnes surtout a Rabat. C est une lecture a double sens. On dirait c est un avertissement qui ouvre le debat ou on ne pourrait rien dire!!!

  83. @Politologue chomeur

    Je me mettrai au travail dès que j’aurai terminé et assimilé les coms de Samya, … ça demande du temps.

  84. @Citoyen Hmida

    Ne vous préoccupez plus de mon insolence, publiant des affaires qui ne correspondent pas à votre déontologie. Nonobstant, cette nuit même (trop tard), nous avons trouvé un espace pour notre article sur Journal le >Monde, page : Printemps arabe. À partir de ce moment, je ne publierai plus rien chez vous.

    @Penseur

    Au moins une personne dans l´ensemble voudrait lire ce que j´ai offert au Blog Hmida! Bonne lecture petit Penseur ! Quant à l´orthographe de mes copies, écrivant avec spontanéité, on ne peut jamais être assez précis. En plus, le français n´est pas ma première langue. Concernant ce que mon Père et moi ne nous cessons de publier, ce n´est que pour rester solidaires avec les nôtres au Maroc.

    @ Politologue sans droits !

    Depuis longtemps les renards de Rabat ne dorment plus tranquillement. Et comme en 1792, leur sort est déjà déterminé par cette jeune génération qui avec fermeté, elle s´est lancée à les défier. Bonne chance à notre chère patrie (patrie de mes ancêtres les arabes – amazighs)

    @En langue française, Samya / toujours sur e-Marrakech et Blogs le Monde.

  85. @ hmida

    des Marocains de France veulent que France Télévisions relaie les manifestations au Maroc du 20 février ??? la pression monte méchamment on dirait ! c’est dingue que les Français soient aussi obsédés par l’idée de leur Révolution qu’ils s’acharnent à l’exporter à la moindre occasion, aujourd’hui en utilisant le vecteur idéologique du 20 février…

    le plus drôle pour ainsi dire c’est que dans ce même Mouvement, il y a aussi des Marocains du Maroc qui ne veulent plus voir la France et les français en peinture ! je me souviens d’un manifestant l’autre jour autour de la Fontaine aux pigeons qui aurait volontiers tordu le cou de la statue du Maréchal et même de son cheval dans le jardin du consultat de France…

    mais le pire de la Révolution française, à part que les Sans-Culottes devenus Communards ont été fusillés en fin de compte par les soldats de Napoléon III, c’est qu’elle a finalement consacré le pouvoir suprême des actionnaires du CAC 40 relayé depuis l’ère sarkozy par la clique politico-financière de l’UMP.

    le clivage Gauche-Droite hérité de la Révolution française est sans doute le pire de ce système démocratique qu’on veut à tout pris nous voir adopter.

    gare à l’avènement du Quatrième pouvoir, celui des Marchands !

  86. @Samya

    “Bonne lecture petit Penseur”

    C’est à la minceur des commentaires qu’on mesure la grandeur des pensées, et non l’inverse.

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