Depuis que le seuil fatidique des 100 dollars a été dépassé, le prix du baril de pétrole ne connaît plus de limites.
Chaque jour, un nouveau plafond est dépassé, sans que cela semble émouvoir le monde. L’information est présentée de la façon la plus banale aussi bien sur les J.T. que dans la presse écrite.
Ainsi le quotidien « Le Monde », dans son édition électronique du 13 mars 2008, publie un article intitulé : « L’euro, le pétrole et l’or battent tous les records », dans lequel le nouveau record du prix du pétrole (110.33 dollars/baril absolument inimaginable il y a quelques mois) est annoncé dans le troisième paragraphe qui commence par ces mots « dans ce contexte…. ». Le problème de l’euro et de l’or passe devant celui du prix du pétrole. Les journaux spécialisés préfèrent évoquer l’inflation et la récession pour ne pas avoir à parler de façon directe de la cause première de ces deux phénomènes, la hausse inconsidérée et injustifiée du prix du pétrole qui fait le bonheur des actionnaires de grands producteurs. La flambée du prix du baril n’apparaît donc même plus comme une information primordiale. Les journalistes ne cherchent plus à en dégager les causes, ni à en analyser les conséquences. Ils se contentent d’enregistrer et de transmettre l’information comme s’il s’agissait d’une fatalité, sur laquelle les états et les citoyens n’ont aucune prise.
Mais il faut savoir qu’un jour prochain, très prochain, le pétrole coûtera tellement cher que tous les produits hydrocarbures, dont nous faisons actuellement une consommation effrénée et déraisonnable, atteindront des tarifs prohibitifs. L’état se verra obligé – car ce sera la seule issue financière possible – de réduire la taxe sur les produits énergétiques pour maintenir l’économie à un rythme viable. Mais par la même occasion, les dépenses publiques seront réduites d’autant, ce qui entraînera un effet de récession certain.
N’étant pas économiste et mon raisonnement paraissant simpliste, je suis pourtant convaincu que nous devons dès à présent, nous les citoyens lamda, commencer à nous poser des questions relatives à notre comportement en tant que consommateurs de produits hydrocarbures ?
Sommes-nous capables de supporter des prix de l’essence et du gasoil qui dépasseraient un plafond « X » ? Sommes-nous prêts à renoncer à des habitudes de consommation nées de l’utilisation abusive et incontrôlée de nos véhicules automobiles ? Je n’évoque ici que le prix du pétrole, dont la presse se fait l’écho, même discret. Mais la problématique est identique, et peut-être plus grave, pour d’autres produits tout aussi vitaux : le blé et tous ses dérivés, le lait et les produits laitiers, l’huile…
Notre économie, basée sur l’informel et fondée sur le recours systématique à l’assistance de l’état, est-elle en mesure de supporter l’augmentation de ces produits de première nécessité, lorsqu’elle ne pourrait plus être absorbée par la « Caisse de compensation ». Cette fameuse mais mystérieuse caisse, que tout le monde évoque mais dont peu de citoyens imaginent la complexité de l’action, les difficultés qui en résultent et les disfonctionnements qui s’y greffent.
Face à la crise mondiale et la flambée des prix sur les marchés internationaux, les marocains doivent se préparer à une période encore plus dure de « larmes et de sang ». L’intrusion obligatoire de la mondialisation dans notre vie quotidienne est inéluctable et nous semblons pour l’instant l’ignorer, dans notre béate attitude consistant à penser que le Maroc vit dans une bulle à l’abri de tout ! L’organisation de « marches contre la cherté de la vie » , ici et là par telles ou telles associations ou organisations, dans des buts souvent bien éloignés de l’objet déclaré de ces rassemblements, ne constitue pas le meilleur de sortir de ces difficultés.
Les responsables doivent mesurer avec discernement ce qui attend le pays et commencer à y préparer les citoyens, en communicant efficacement sur les difficultés à venir. Il faut que chaque augmentation soit annoncée, expliquée et contrôlée dans son application, à tous les niveaux de la distribution.
Et les citoyens, si prompts à absorber toutes sortes d’émissions diffusées sur les chaînes satellitaires, devraient prêter une oreille plus attentive à la moindre information économique.
Notre avenir, l’avenir de chacun de nous, en tant qu’individu, est en jeu et nous ne voulons pas nous rendre compte de l’imminence de la crise qui s’annonce!

voilà ce qui arrive quand on se prélasse dans la facilité, et qu’on arrête les recherches et l’envie de découvrir des choses. un mot: ” les énergies renouvelables”. on est très très en retard, mais on n’a pas pensé à ce moment où des richesses viendraient à manquer, à être utilisées pour négocier, pour faire pression, au jour où il n’y'en aura pas assez pour tout le monde.
quand je pense qu’on peut faire rouler une voiture en recyclant de l’huile végétale usagée, ou d’autres éléments naturels issus de culture de bettraves et autres…
Je conviens que la caisse de compensation est devenue lourde à gérer. 20 Milliards c’est beaucoup pour un pays comme le notre. D’autant plus que la compensation profite le plus aux personnes qui en ont le moins besoin.
Face à ceci, les prix à l’international ( cuivre, acier, pétrole, lait, blé, … ) n’arrêtent pas de flamber. Les USA ont joué le grand jeu face à la Chine qui ne touche pas à son yuan, alors ils ont baissé le dollar, boosté leur exportation et pénalisé l’Europe par le même coup. Et nous, dira-t-on? Nous ne pesons rien sur l’économie mondiale, pas intégré à un espace régional, … nous continuons à subir.
Face à tout ceci, j’avoue que je ne suis pas capable de demander des miracles ou de faires des propositions crédibles, sauf demander aux décideur de concentrer leurs efforts sur les couches les plus défavorisées, notamment par une politique d’impots équitable.
@ moony
Le problème dépasse largement le fait de faire rouler une voiture avec de l’huile végatale usagée.
Il s’agit de nourrir les peuples, et entre autres nos compatriotes.
@ mounir
tu sais, les plus belles politiques fiscales du monde ne suffiront pas à aider ceux qui n’ont rien face à ceux qui ont tout.
Quand le prix du baril de pétrole ou de la tonne de blé se décide, non plus en fonction de l’offre et de la demande ou en fonction de données réelles mais en fonction de décisions spéculatives de traders confortablement installées dans leurs bureaux face à des ordinateurs, le poids d’une politique fiscale sociale mis sur pied par le Maroc ou l’Egypte pèse bien peu..
bien sûr, mais ce n’est pas justement à ça que servent les études prévisionnelles, qu’est ce qu’elle planifie ” wizarat attakhtit”? et partout ailleurs dans le monde, comme avait dit “Clémanceau” en visitant un centre de recherche: “j’ai vu ceux qui cherchent, j’aimerais voir ceux qui trouvent”. c’était clair et programmé, depuis le départ, que ces sources et richesses seront taries, comme l’eau le serait demain.
on se prélasse dans le confort actuel, on ne fait rien pour remplacer et protéger nos richesses. on ne peut s’en prendre qu’à nous même.
Sans oublier dans tout ça le rapport entre le passage à la démocratie et l’extrême complexité des réformes à opérer et leur contradiction paralysantes : l’ouverture du marché et ses conséquences et le protectionnisme “frein” aux changements économiques (comme le dit bien Guy Hermet)
@ fatima
1/ crois-tu vraiment que le mot “protectionnisme” aie un sens en 2008 et surtout dans un pays comme le nôtre?
2/ le problème de flambée des prix n’a rien à voir avec la démocratie, sauf à dire que la France par exemple nest pas une démocratie!
Le protectionnisme : Je le dis pour ceux qui y croient encore.
Toi même tu dis :
“Nous ne pesons rien sur l’économie mondiale, pas intégré à un espace régional, … nous continuons à subir”
Je me demande quel impact aura tout ça sur la construction d’une démocratie durable et viable dans un pays comme le notre ?
@ Fatima : c’était moi qui disait cette assertion. Le protectionnisme? même la chine est devenu ouvert! et puis à qui a profité le protectionnisme au Maroc? sinon aux hommes et femmes de la amranisation ( marocanisation ).
@Hmida : Je conviens également avec toi que le l’Etat n’a pas une grande marge de manoeuvre, j’avoue encore que ces traders et autres multinationales sont aujourd’hui les vrais gouvernants du monde. Nous disons, et croyons, qu’un autre monde est possible. Pour ce qui est du Maroc, aurait-il été plus juste de baisser l’IGR ou l’IS dans la loi de finances 2008, dans cette conjoncture? je sais peut-être ton opinion, mais ceci est la mienne : je pense qu’il aurait été plus “socialement correcte” de baisser l’IGR que faire le choix de baisser l’IS!
@ Moony : ce n’est que dernièrementq ue l’on a compris ce de quoi tu parles : HCP, Bureau de conjonctures, agence de prévoyance, institut de recherche, … mais ce que nous vivons est un héritage, c’est parce qu’on a rien préparé il a 20 ou 30 ans. Aujourd’hui, comme tu le dis, il faut pas non plus rester les bras croisés pour venir dans 30 ans répeter la même chose.
@ Mounir
Réduire l’IGR ou l’IS, c’est le problème de l’oeuf et de la poule! Réduire l’IGR c’est relancer la consommation, réduire l’IS c’est relancer l’investissement…Qui est le plus utile? La consomation relance-t-elle l’investissement? L’investissement relance-t-il la croissance?
Oulalou avait des réponses toutes faites quand iul était dans l’opposition et une fois au pouvoir, les cartes se sont brouillées devant lui ..Rapelle-toi..
@ fatima
la démocratie est complètement larguée dans ce genre de débat : il s’agit de prix fixés par des multinationales, en dehors de toute considération politique intérieure ou extérieure.
@ moony
il y a des tas de chantiers où notre recherche pourrait faire des merveilles, surtout dans le domaine agricole : irrigation, dattiers, amélioration des espèces animales ou végétales, lutte contre la désertification, arganier, énergie solaire …..Si l’on pouvait s’occuper sérieusement de cela en faisant collaborer les diverses facultés, l’INRA et l’IVA au lieu de laissser ces divers établissements se tirer mutuellement dans les pieds …
@Mounir et Hmida
je pense qu’il faut arrêter de penser qu’avec la moitié de gauche de notre ou qu’avec la moitié droite de notre cerveau. Pour partager des richesses il faut les créer d’abord ! la fiscalité reste un outil d’ajustement (mais pas le seul) : il faut diminuer la TVA sur les produits de première nécessité afin de permettre à tout le monde de vivre dans la dignité et taxer un peu plus les produits de luxe(mais pas trop sinon ils iront en suisse) pour que rééquilibrer la balance . par ailleurs , il va falloir augmenter la compétitivité de nos entreprises pour avoir une plus grande part des richesses au niveau mondial et faire en sorte que leur répartition soit la plus juste possible en prenant en compte les difficultés des plus démunis. Et plus généralement, la solution est de changer progressivement le modèle économique et de migrer d’un modèle basé sur la quantité et le profit immédiat vers un autre basé sur la qualité et le développement durable.
@ nacer
Puisque la solution est si simple, pourquoi ni Oulalou ni Mezouar n’arrivent à l’appliquer?
L’un raisonne bien avec son hémisphère gauche et l’autre avec son hémisphère droit pourtant….
Je crois que le problème est bien plus complexe que l’on croit et que ce ne sont pas les affirmations “bateau” reprises dans des manuels d’économie dépassés que le Maroc pouura affronter efficacement les difficultés inluctables qui l’attend ent.
@hmida
Ben justement il va falloir raisonner avec les deux moitiés du cerveau en même temps et puis outre cela il ne faut pas être « niniste » non plus , la gestoin de oulalou n’a pas été certes à la hauteur des ses discours quand il était à l’opposition mais elle n’est pas catastrophique non plus, pour mezouar on attendra par respect la fin du mandat pour en juger..par ailleurs, je ne suis pas économiste de formation et donc j’ai rarement été au contact de bouquins dépassés ou d’actualité traitant de l’économie, ce que j’ai avancé est pour moi purement et simplement logique..
@ nacer
Le problème actuel dépasse largement le ministre des finances, de quelque parte qu’il soit. Le problème actuel dépasse tous les pays : regardons la première préconception des français ..celle des italiens ….celle des espagnols…..C’est la hausse des prix et le pouvoir d’achat….
La cause de cette situation échappe complètement aux décideurs politiques : elle est exogène et surtout due à des paramètres totalement incontrôlables, qui vont de la pénuerie à la spéculation, de la sécheresse au monopole ds grands trusts, etc .etc…
Cete situation est totalement illogique justement : comment faire face à une catastrophe inévitable ?
Personnellement, je trouve que nos responsables ont le devoir moral et le courage politique d’expliquer ce qui risque d’arriver,bien qu’ils n’aient aucune chance de l’éviter!
Sinon d’autres vont continuer à exploiter cette situation et mener le pays vers le chaos ….
merci pour cet excellent article.
Les gisements de pétrole sont limités et donc tôt ou tard, les puits vont tarir…
Cette flambée des prix du baril n’est-elle pas annonciatrice de la fin prochaine de l’or noir?
… et les énergies de substitution sont loin d’être au point!
Le Maroc, malheureusement ne peut que subir sans aucune marge de manoeuvre… à moins de mettre en oeuvre nos schistes bitumineux.
@Mounir: D’accord pour l’IGR, franchement, on se retrouve littéralement en train de travailler treize jours pour soi et treize autres jours pour les caisses. après on se demande pourquoi les gens n’ont pas de conscience professionnelle, et font le fantôme avant 09 heures et après 15 heures!!!
je ne les défends pas, mais je peux comprendre, c’est très embêtant, d’autant plus que ça ne sert pas à grand monde, ou alors ce n’est pas assez clair, par manque de rapports et de communication.
@Hmida: quand tu vois l’incroyable talent de nos jeunes ( dans l’émission où il est question de trouver de bons projets et de les financer, je crois que c’est sur 2M, je l’ai vu quelques fois et ça m’a épaté) quand tu assistes à la foire des inventions, tu te dis, il faut donner leur chance à ceux qui trouvent, ou essayent de trouver.
pour l’eau, heureusement qu’on a autant de barrage, c’est ce qui nous sauve aujourd’hui ( je dis bien aujourd’hui), heureusemnt qu’on a quelques éoliennes ( pas assez, mais on espère voir se développer cet énergie) sans oublier les centres qui sont encore en train de se construire petit à petit, dont le CDER ( le centre de développement des énergies renouvelables).
je me dis que finalement si nous on ne peut que subir, tous, on voudrait voir se construire un avenir meilleur pour nos enfants. il n’est jamais trop tard, il faut juste rattraper le retard en redoublant d’efforts.
@ Moony
Oui, bien sûr qu’il faut en notre pays, en notre jeunesse et en son génie – et il est énorme.
Il faut juste travailler sérieusement et savoir choisir les priorités, ne pas se tromper de combat!
Le combat futur sera économique et numérique : le XXIème ne sera pas le siècle des grandes idées, ce sera le siècle de la réussite concrète …Les pays du Levant l’ont compris…Ils ne sont très différents de nous, donc tout est possible encore!