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UNE NYMPHOMANE QUI NE M’A PAS INTÉRESSÉ, MAIS …

May 26, 2017 By: Citoyen Hmida Category: Livres

DANS LE JARDIN DE L’OGRE“, le premier roman de Leïla SLIMANI, paru en 2014 chez les éditions GALLIMARD, a connu un certain succès d’estime auprès de la critique parisienne et laissait prévoir que l’auteure avait de l’avenir.

jardin_ogre

Cela n’a pas été démenti : deux ans plus tard, elle recevait le rpix Goncourt pour son second ouvrage “CHANSON DOUCE” que j’avais évoqué ici même il y a quelques mois.

Que dire du premier roman de Leila SLIMANI?

Pour ma part, pas grand chose! L’histoire de cette nymphomane parisienne ne m’a pas intéressé, je ne suis pas senti concerné par ses problèmes personnels.

Cela ne signifie pas que le livre soit inintéressant : il est très bien écrit et comme dit le critique BILLOT dans STYLIST : “Leila Slimani fait grimper la température et signe un premier livre étourdissant”.

Leila SLIMANI a donc choisi sa voie et elle tient le cap : parisienne d’adoption, elle connait bien sa ville et ses habitants et en parle avec beaucoup de talent. Bravo donc !

Espérons qu’elle continue dans cette veine-là et qu’il ne lui vienne pas à l’esprit d’aborder les problèmes de la femme marocaine : ce qu’elle écrit à ce jour est très bon, elle a son public, nombreux et fidèle et c’est très bien ainsi.

“CHANSON DOUCE” ou ROMAN NOIR ?

December 21, 2016 By: Citoyen Hmida Category: Coups de coeur, Livres

Quand j’ai entendu, il y a quelques semaines, que le prix GONCOURT 2016 a été attribué après seulement quelques minutes de délibération et au premier tour à CHANSON DOUCE de Leila SLIMANI paru chez GALLIMARD, honnêtement je me souviens avoir haussé les épaules en me pensant que le jury réuni au restaurant Drouant a couronné une franco-marocaine – lauréate du prix Mamounia 2015 pour son sulfureux “Dans le jardin de l’ogre” – pour se faire pardonner d’avoir snobé en 2014 “Les Tribulations du dernier Sijilmassi ” du marocain Fouad LAROUI.

chanson-douce

Je me suis lourdement trompé !

CHANSON DOUCE n’est pas le roman d’un auteur marocain ni de culture marocaine!

CHANSON DOUCE n’a rien à voir avec le Maroc, les marocains, les marocaines, avec cet exotisme que les critiques français aiment tant à retrouver dans les romans d’auteurs francophones, africains, notamment maghrébisn et surtout marocains.

Pour une fois, je partage totalement l’idée de Tahar Bejelloun, juré du prix Goncourt, quand il déclare au micro de Figaro.fr :

Elle (Leila Slimani) n’a pas fait le roman maghrébin que l’on attend sur la situation de la femme, le couscous et tout le folklore“.

A part deux très vagues allusions, l’une sur l’origine de Maryem, l’un des personnages-clé que l’on devine être marocaine et l’autre sur une pâle personnage faisant de la figuration dans une scène au milieu d’u jardin public, Leila SLIMANI a écrit un roman qu’une française de souche aurait écrit!

D’abord dans une langue parfaite, tranchante, acérée.

Ensuite, dans un cadre parfaitement maîtrise : un jeune couple parisien, bobo à en mourir, ambitieux, dévoré par son travail et son désir de réussite, fait face au problème de la garde de ses deux enfants.

Enfin, dans une histoire absolument hallucinante où une nounou, parfaite, consciencieuse jusqu’à l’excès de zèle, devient peu à peu un personnage trouble, glauque, et même inquiétant pour finir en infanticide sans cœur!

Leila SLIMANI a très bien su rendre cette ambiance où le suspens s’installe peu à peu, sur fonds de choc des classes sociales et de tensions intimes.

Si l’auteure a été primée alors que les quatre deniers romans en course pour le prix Goncourt étaient tous inscrits dans le registre noir sinon morbide ( infanticide pour elle, suicide pour Catherine Cusset, cannibalisme pour Régis Jauffret et génocide pour Gaël Faye), c’est que vraiment elle a su aller au plus profond de l’âme de ses personnages, que ce soit les parents bobos irresponsables et leurs enfants gâtes et déboussolés que la nounou énigmatique à souhait et finalement meurtrière.

Dès la première ligne du roman, j’ai fait le lien avec “L’étranger” d’Albert Camus qui commence avec la phrase-culte : “Aujourd’hui, maman est morte”.

Leila Slimani entame son récit par ces mots terribles : “Le bébé est mort”!

Le décor est planté, l’histoire peut commencer, tortueuse, compliquée, et finalement morbide! Sans le style vif et le talent de conteuse de Leila Slimani le roman aurait pu être simplement glauque!

Non, ce texte est splendide, car il ne se contente pas de raconter, il analyse, décortique et explique!

Bravo, Leila SLIMANI! Vous êtes une belle plume (un beau clavier), en tous cas une grande romancière!

LE PRIX LITTÉRAIRE MAMOUNIA : BOF…..ENFIN….BREF….

September 22, 2015 By: Citoyen Hmida Category: Coups de griffes, Livres

L’édition 2015 du Prix Littéraire de la Mamounia vient de récompenser, pour la première fois une femme, en l’occurrence Leïla Slimani pour son livre “Le Jardin de l’Ogre” paru aux éditions Gallimard.

Je n’ai pas lu le livre, je n’en sais rien de plus que ce que la presse a rapporté, à savoir un roman assez osé quant au sujet mais bien écrit, un sujet “gonflé” selon le terme utilisé par Christine Orban, présidente du jury. Il s’agirait de l’histoire ” d’une femme qui perd le contrôle, de son corps, de son existence, un livre sur la dépossession de soi, sur le vertige mais aussi l’ivresse que peut procurer l’avilissement ” explique Leïla Slimani dans une récente interview accordée à Tel Quel.

Quand je lirais le roman, je me ferais un plaisir de vous en rendre compte avec objectivité et sincérité!

Aujourd’hui, c’est du prix de la Mamounia , c’est de cette institution littéraire qui commence à avoir sa place dans le paysage intellectuel national que j’ai envie de vous parler.

prix mamounia

Comme tout prix littéraire, cette récompense n’est pas exempte de subjectivité, de sous-entendus et aussi de non-dits qui tissent le charme de ce genre de compétition mais qui lui enlèvent aussi sa part de vérité, de spontanéité et de sincérité!

Réservé aux auteurs marocains de langue française, ce prix limite par ce choix même le champ des possibles : nous savons tous que la production littéraire marocaine francophone connait une crise profonde et que par conséquent, ce sera plus le sujet que la qualité du livre qui retiendra l’attention du jury éclectique de ce prix !

Le sujet plus que l’écriture, le style, la construction, les personnages, leur psychologie!

Et je note – mais je peux me tromper – que depuis sa création en 2010, les romans lauréats du prix de la Mamounia s’incrivent bien dans cette optique.

Quelques-uns ont certes une qualité littéraire indéniable : j’en ai témoigné, à mon humble niveau, ici même : comme LES ETOILES DE SIDI MOUMEN de Mahi Binebine

Ce prix m’a permis de découvrir un auteur marocain dont je n’avais jamais entendu parler auparavant: feu Mohamed LAFTAH et je ne regrette pas cette découverte.

Parfois, le choix du lauréat était plus problématique, comme en 2012 avec TRISTE JEUNESSE de Mohamed Nidali., longue rédaction poussive sans intérêt.

Pour l’édition 2014, LE JOB, roman de Réda DALIL, a trouvé auprès des lecteurs un écho très favorable avant même d’être “mamounisé”.

Je ne dirais rien de ANALPHABETES de Rachid O. – primé en 2013 – ni du roman retenu par le jury cette année : je ne l’ai pas lus!

Mais je note qu’il existe un lien, peut-être ténu mais réel et constant, entre les six titres labélisés “Prix MAMOUNIA”!

La misère, l’homosexualité, les problèmes sociaux, le chômage des cadres, la nymphomanie, bref beaucoup de sujets sensibles, comme un fil rouge qui guiderait les jurés très confortablement installés dans les salons de la MAMOUNIA et qui se sentiraient obligés de se souvenir qu’il y a un autre Maroc que celui qu’on leur présente.

Je ne mets pas en doute l’intégrité des jurés, ni leur compétence, ni leur gout : mais un prix reste un choix et un choix chez des personnes sensées est nest jamais fortuit.

  • Quelques citations

    « Si l’on est d’une tolérance absolue, même envers les intolérants, et qu’on ne défende pas la société tolérante contre leurs assauts, les tolérants seront anéantis, et avec eux la tolérance. »
    Karl POPPER
    "Le drame de notre temps, c'est que la bêtise se soit mise à penser."
    Jean Cocteau
    Combien de crimes ont été commis simplement parce que leur auteur ne pouvait supporter d'avoir tort.


    Albert Camus
    'Il vaut mieux hasarder de sauver un coupable que de condamner un innocent.'

    Voltaire
    "L'excès de sévérité produit la haine: l'excès d'indulgence affaiblit l'autorité."
    Saadi
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