Pourquoi ne pas faire un petit arrêt sur le 15 novembre, journée nationale de l’information !
Il y a tant de choses à dire sur ce sujet ! Tant de critiques à formuler sur nos médias, sur les autorités qui contrôlent effectivement ces médias ou qui veulent les contrôler !
On pourrait parler de télés, de radios ! De la M.A.P. ! De la H.A.C.A. ! De la nouvelle presse électronique ! Il faudrait un livre pour cerner le sujet ! Un livre que personne ne s’est donné la peine d’écrire !
Je me contenterai de parler de la presse écrite, parce qu’elle pose problème dans la mesure où ces problèmes se soldent par l’emprisonnement de certains journalistes.
J’ai toujours été un grand consommateur de journaux et de revues marocains !
Bien avant la parution des titres à la mode, qui tiennent le haut du pavé depuis ces dernières années !
C’était le temps où les journaux avaient un poids idéologique et une valeur intellectuelle ! Du temps où les journalistes avaient du talent et des convictions !
Je pense à Al Mouharrir et Lamalif ! Je me souviens de Souffles, Anoual, 8 Mars et Attahrir ! Je me remémore La Nation, et Kalima !
Que sont devenues ces publications?
Je me dis que les personnes qui les faisaient au risque quotidien de leur liberté ou du moins de leur quiétude, méritent tout le respect et toute la considération !
Plus près de nous, AL BAYANE, celui de Ali Yata puis de Nadir Yata ! Et jusqu’à il n’y a pas si longtemps Al Ittihad Al Ichtiraki et Libération! Sans oublier Al Alam, l’ancêtre qui survit!
Ces publications ne contenaient rien de sensationnel, rien de spectaculaire, rien qui soit destiné à les faire vendre ! Juste des informations et des analyses !
Les journaux de caniveau existaient, bien sûr ! Ils avaient leur lectorat et leur méthodes : on ne mélangeait pas les genres.
Puis les choses se diluèrent avec les journaux des partis administratifs qui ne diffusaient plus de l’idéologie mais se complaisaient dans la propagande.
Et la décadence s’accentua avec les subventions publiques ! A chaque titre correspondait à une enveloppe !
Enfin nous assistâmes à la naissance de la presse « indépendante ».
Avec des titres phares : Tel Quel et Le Journal, dont les débuts furent plus que prometteurs ! Puis apparut le phénomène Rachid Nini, d’abord encensé puis vilipendé par ceux-là même qui l’ont porté aux nues !
Les choses ont dérapé…Rapidement et sûrement ! Liberté d’expression et liberté de la presse se confondent avec liberté d’écrire n’importe que quoi sur n’importe qui!
Dans un environnement juridique assez flou, il faut le reconnaître, les journalistes, manquant d’expérience, de formation et surtout de maturité politique, n’ont pas su éviter les pièges d’une profession difficile!
Ce qui devait arriver advint : dérapage, sanctions lourdes, trop lourdes sûrement, provocation des journalistes et excès de zèle des apprentis censeurs !
La presse écrite nationale ne publie pas plus de 350 000 exemplaires, pour une vingtaine de titres, vendus quotidiennement contre 500 000 pour la Tunisie,1 300 000 pour l’Algérie et 2 200 000 pour l’Egypte.
Au Maroc, moins de 2000 « journalistes » travaillent dans environ 650 publications parmi lesquelles toutes les catégories sont représentées : du quotidien d’information générale au mensuel féminin, du journal satirique à l’hebdomadaire d’analyse, de la presse locale ou régionale à la publication couvrant l’ensemble du pays !
Tout cela pour combien d’acheteurs ? Combien de lecteurs ? Quelle influence véritable ? Bien prétentieux celui qui pourrait donner des chiffres, même approximatifs ! Même l’OJD !
Sur 650 publications, quelques unes ont eu à subir les foudres de la loi ou du pouvoir, selon le point de vue où l’on se place.
Normal, la liberté de la presse a un prix !
L’histoire de la presse dans d’autres pays, notamment les pays démocratiques, nous apprend que la lutte pour son émancipation n’a jamais été facile. Elle est passée par l’expression d’abord d’un énorme talent des journalistes qui ont su fédérer autour d’eux et le peuple et les hommes politiques. La presse libre et responsable n’a pas acquis sa position par la provocation et la médiocrité !
En cette journée de la presse nationale, j’en appelle à cette profession pour qu’elle fasse un retour sur elle-même, sur son rôle, sur sa mission, sur ses méthodes, sur ses droits et aussi ses devoirs !
Le journaliste est un rouage essentiel de la vie du pays, mais il n’en pas le plus important, loin de là !
P.S. : Je conseille à ceux qui vont me fustiger et me traiter de tous les noms, avant de commencer leur attaques, d’être honnêtes avec eux-mêmes et leur conscience : qu’ils se documentent avant de commencer à me tirer dessus.

Il est clair que la presse écrite traverse une crise structurelle partout dans le monde (tiens j’utilise cette expression qui m’irrite tant). Aux USA, en Angleterre, en France et ailleurs les journaux n’arrivent plus a boucler correctement leurs fin de mois. Ceci explique t il cela (ce que tu dénonces) peut être en partie. Mais il ne l’excuse pas pour autant. Le cas du Canard enchaine est la pour le prouver.
Le hic au Maroc c’est que les personnes aptes a lire ne constituent que la moitié de la population. Et ceux parmi eux prêts a acheter les journaux ne sont pas trop nombreux. Ça n’arrange pas les choses…
@ une marocaine
Tu parles du CANARD ENCHAINE! Excellent exemple : le Canard Enchainé du temps de de Gaule (la pression sur la presse était énorme à l’époque) était terriblement critique et virulent et n’avait rien à voir avec le “petit journal” qu’il est actuellement et qui mange dans la main des conseillers de l’Elysée!
سلام
غريب ان الانتي سبام اعطاني اعادة كتابة جملة هي ( عاش الملك)
على كل حال
شخصيا اختلف معك في تحليل الوضع لسبب بسيط انك تركز ان سبب المشكل هو الصحافة ومرة اخرى اقول ان سبب المشكل خو عدم وجود قانون صحافو واضح وعدم تطبيق الدولة للقانون يجب ان تلتزم الدولة بتطبيق القانون وبعد ذلك تطلب من الصحافيين الالتزام به
اما بخصوص ايام المحرر و8 مارس وانفاس فهي كانت لان هناك مجتمع واعي وراءها
مرة اخرى اقول الصحافة هي نتاج المجتمع
ومجتمعنا هو مجتمع امي غير قارئ
وملاحظتك اخرى تؤكد ان لك حساسية غريبة من الصحافيين واؤكد لك انهم ليسوا اسباب كل الشرور التي تضرب الوطن