Des crimes politiques, l’histoire en a toujours connu.
Des crimes commis pour des considérations de pure politique intérieure. D’autres liés à des problèmes de politique étrangère ou de lutte d’influence étrangère.
L’histoire a enregistré ce genre de drames, depuis toujours et partout.
De Jules César au calife Ali, de Abraham Lincoln à Mehdi Ben Barka !
Des meurtres politiques ont jalonné l’histoire, sans être élucidés. Ou pire, sans qu’on ait eu la volonté de les élucider.
Ainsi, l’assassinat du premier ministre suédois Olof Palme, le 28 février 1986, ou le mystérieux de la militante anti-apartheid sudafricaine Dulcie September à Paris, en 1988.
Les enquêtes concernant d’autres crimes visant des personnalités beaucoup plus importantes n’ont jamais été menées jusqu’au bout et la vérité à leur sujet est encore une affaire mystérieuse.
Le cas le plus flagrant est celui de l’assassinat le 22 novembre 1963 du président américain John F. Kennedy, malgré une somme d’enquêtes, publiques, privées, journalistiques, impressionnante.
Par ailleurs, des exemples d’assassinats politiques restés impunis, non pas à cause du mystère entourant leurs motifs ou leurs auteurs, sont nombreux dans l’histoire récente. Les plus caractéristiques sont les attentats ciblés organisés et revendiqués par les services israéliens contre les différents leaders palestiniens.
Pourtant, un assassinat politique, parmi tous ceux qui l’on a pu recenser, semble attirer plus que tous les autres un désir de vérité, de justice et de sanction de la part non seulement de la population du pays concerné, mais surtout celui de la communauté internationale, avec à sa tête la France et les U.S.A.
Il s’agit bien évidemment de l’assassinat de RAFIC HARIRI.
Qui fut Rafic Hariri ?
Homme politique libanais, Rafic Bahaëddine Hariri a fait fortune dans les affaires de construction en Arabie Saoudite. Rentré au pays, il se crée un empire médiatique (Télé Future, le quotidien Al Mostaqbal et Radio Orient) et financier qui lui permet d’entrer en politique.
Député, il rassemble un bloc parlementaire et occupera cinq fois le fauteuil de Premier ministre de 1992 à 1998.
Après une éclipse de deux ans, il revient au pouvoir en 2000 à 2004.
Opposant à l’influence du gouvernement de la Syrie sur son pays, après des années d’alliance objective avec cette même Syrie, il démissionne de son poste de Premier ministre, à cause de tensions avec Emile Lahole président de la république prosyrien.
Tombé en disgrâce, Rafic Hariri avait apporté son soutien aux appels de l’opposition réclamant le départ des troupes syriennes avant les élections.
Le 14 février 2005, Rafic Hariri est victime d’un attentat à la voiture piégée, qui fera une dizaine de morts. Deux autres anciens ministres, Samir al-Jisr et Bassel Fleihane, ont également été tués dans l’explosion.
Cet assassinat ressemble à tellement d’autres assassinats que le Liban a connu avant et après cette date. Juste à titre d’exemples, sans prétendre à l’exhaustivité, on peut en rappeler quelques uns.
- Le 17 juillet 1951, le premier ministre Riad el Solh est assassiné à Amman en Jordanie.
- La nuit du 7-8 mai 1958, le directeur du quotidien de gauche « Télégraphe », Nassib Metni fut assassiné. Cet assassinat déclencha une guerre civile qui fut arrêtée avec le débarquement de la 6ème flotte américaine de marines à Khaldé au sud de Beyrouth.
- Le 16 mai 1966, le fondateur du quotidien Al-Hayat et du Daily Star Kamel Mroué, est assassiné dans son bureau.
- La 16 mars 1977, le chef du Parti Socialiste Progressiste Kamal Joumblatt est assassiné près du village Deir Doureet au Mont Liban.
- En 1978, le député Tony Franjieh est assassiné à Zgharta.
- En 1980, l’éditeur du magazine Al-Hawadeth Salim al-Lawzi, fut enlevé et assassiné.
- Le 14 septembre 1982, deux jours avant les massacres de Sabra et Chatila, c’est le nouveau président, élu sous occupation israélienne, Bachir Gemayel qui fut assassiné.
- Le 1er juin 1987, le premier ministre Rachid Karamé est assassiné par l’explosion de son hélicoptère à Tripoli.
- Le 16 mai 1989, le grand mufti sunnite Hassan Khaled est assassiné à Beyrouth.
- Le 22 novembre 1989, le nouveau président, élu le 5 novembre, René Mouawad est assassiné.
- Le 21 octobre 1990, le chef du Parti Libéral National, Dany Chamoun, sa femme et ses 2 enfants sont assassinés dans leur maison à Beyrouth.
- Le 16 janvier 1992, le chef du Hezbollah Abbas Al-Moussaoui, sa femme et son enfant de 11 ans, sont assassinés près du village de Jibsheit au sud par un missile israélien.
- Le 24 janvier 2002, quelques jours après son annonce qu’il témoignera en Belgique sur les massacres de Sabra et Chatila, Elie Hobeika est assassiné.
Les tentatives d’assassinat d’hommes politiques sont également très courantes dans le pays des cèdres.
- Le 8 mars 1985, une tentative d’assassinat contre Muhammad Hussein Fadlallah échoue, mais fait au moins 45 morts près d’une mosquée dans la banlieue sud de Beyrouth.
- Le 12 février 1984, Israël assassine le chef du Hezbollah Ragheb Harb, près du village Jibsheit au sud du Liban.
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- Le 1er octobre 2004, le député ministre Marouan Hamadé échappe d’une tentative d’assassinat..
Pourtant, aucune tentative ni aucun assassinat politique n’a suscité un émoi aussi grand dans les chancelleries occidentales, notamment française et américaine.
Les doigts accusateurs se sont pointés sur la SYRIE, déjà dans le collimateur des grandes puissances.
La justice libanaise se trouvant incapable de mener une enquête sereine à ce sujet, les diplomaties française et américaine ont enclenché une action internationale qui a abouti à la création d’un « tribunal spécial pour le Liban » en vertu de la résolution n° 1757 du Conseil de sécurité des Nations Unies.
Cette juridiction, dont je laisse à d’autres plus compétents l’appréciation de son opportunité et de son fondement juridique, s’est ouverte le dimanche 1er mars 2009 à La Haye. Elle disposera d’un budget de près de 55 millions de dollars et emploiera 350 personnes.
Pourquoi un tel zèle ?
Pourquoi pourrait-on dire un tel acharnement judiciaire pour tenter de conclure une enquête concernant une affaire à mille autres pareilles ?
Pourquoi justement l’affaire Hariri ?
Hariri est mort, paix à son âme ! Mais je n’arrive pas à comprendre pourquoi sa mort, dramatique et atroce, mériterait-elle un tel déploiement de moyens à l’échelle internationale ?
Hariri a-t-il été le dernier homme politique victime d’un attentat politique au Liban ? Loin de là, très loin !
Hariri était, semble-t-il, un opposant à la Syrie ? Il a était aussi, et on l’oublie, un fidèle collaborateur de ce même pays pendant des années ? Cela justifie-t-il cette débauche de moyens ?
Cela explique-t-il que le Conseil des Nations unies se saisisse de l’enquête concernant sa mort ?
La souveraineté du Liban serait-elle moins importante que le résultat d’une enquête concernant la mort d’un homme d’affaires devenu homme politique, sans n’avoir jamais renié le monde des affaires ?
Le « Tribunal spécial pour le Liban », qui devra sûrement travailler pendant des années avant de voir aboutir ce procès, restera l’exemple d’une nouvelle forme de colonialisme.
Le colonialisme judicaire !


Un/ ce qui est convenu d’appeler la communauté internationale gagnera en crédibilité et un semblant de sens de la justice si elle créait en parallèle un tribunal spécial pour la Palestine.
2/ A qui profitent ces crimes au Liban????
@ Aicha Q.
Pourquoi juste la Palestine?
Patrice Lumumba ne méritait pas une enquête en règle?
Madame Buttho non plus?
Pour ne parler que ces deux qui me viennent à l’esprit……
Mais bien sûr que si : Patrice Lumumba, Salvador Allendé, Ferhate Hacchad, Yasser Arafate, Benazir Buttho…
Tu notera juste qu’en Palestine, on frôle le crime contre l’humanité avec emploi d’armes de destruction massive dont de l’uranium appauvri, dans l’indifférence totale d’un Occident si prompt à remuer ciel et terre quand ses intérêts colonialistes sont en jeu.