Décidément, nos journalistes ne se retrouvent que sur les archives et non point sur l’actualité. Ne seraient-ils plutôt que de vulgaires gratte-papier qui reproduisent, avec soin et fidélité, les confidences de certaines personnalités, en mal de publicité ou de réhabilitation veulent bien leur confier.
C’est dans ce cadre que je m’interroge sur les raisons et l’opportunité de la publication par «
La biographie de l’intéressé tient en quelques mots, tellement son empreinte dans l’histoire récente du Maroc fut vague : longtemps ministre des affaires étrangères et puis premier ministre entre 1969 et 1971, il aurait été trahi par ses propres ministres et des hauts cadres de son administration, impliqués dans des affaires de corruption. Il dit avoir démissioné. Il aurait été remercié comme tant d’autres avant et après lui. Peu importe!
Ahmed Laraki fut ainsi parmi ceux qui ont dirigé le Maroc à une époque, trouble et lointaine, où les marocains de moins de trente ans n’était pas encore nés.
Mais pourquoi «
Et pourquoi le faire parler ou lui ouvrir ses colonnes maintenant? Pourquoi juste dans le numéro qui précède la fête du trône ?
Certains pourront arguer que Moulay Ahmed Laraki apporte un témoignage sur une certaine période de l’histoire de notre pays et que surtout il rend publique une note qu’il aurait remise à Hassan II une dizaine de jours après le coup d’état de Skhirat.
J’ai lu l’interview.
Qu’y apprend-on ? Pas grand-chose, en fait !
Des confidences d’un homme qui a été un homme d’état, par hasard, ministre sans l’avoir voulu, premier ministre sans l’avoir cherché !
Un homme qui dirigea le gouvernement du Maroc sans convictions personnelles !
Surtout les jérémiades d’un homme qui déplore ce que les autres ont fait : l’abolition du statut spécial de Tanger, les manœuvres frauduleuses de ses collaborateurs…
Quelques fanfaronnades bien inutiles, quand il déclare que Hassan II avait voulu le désavouer publiquement mais qu’il avait fini par le féliciter à propos de je ne sais quelle des très rares de ses initiatives.
J’ai lu la fameuse note. Et je ne peux m’empêcher de relever quelques remarques qu’elle m’inspire.
Je ne suis pas expert en matière de relations protocolaires, mais je doute fort que le style utilisé dans cette note soit celui utilisé à l’époque pour s’adresser à Hassan II – même en français, par un document manuscrit, commandé par le souverain, rédigé dans l’urgence et la confidentialité la plus totale.
J’imagine mal par exemple – et je peux me tromper complètement – que ce genre de document fasse état du « REGIME » s’agissant de la monarchie.
J’imagine mal aussi – et là je ne pense pas me tromper – qu’un premier ministre s’adressant à Hassan II puisse utiliser par au moins NEUF fois le verbe « DEVOIR », même dans une note regroupant « de simples idées écrites spontanément, mûries et réfléchies depuis fort longtemps ». Notons la contradiction, mais c’est un détail !
J’imagine encore plus mal un premier ministre de l’époque préconisant à Hassan II – le lui ordonnant même – « d’être à son bureau de travail toute la journée ».
En plus de ces quelques éléments de forme – parmi d’autres que des lectures plus attentives de cette « note » peuvent permettre de relever – certaines remarques me paraissent nécessaires.
En premier lieu, au moins un anachronisme…Ahmed Laraki regrette que les formes de gouvernement et de gestion de l’époque ne soient plus en harmonie avec « l’ère de l’électronique ».
Puis des aberrations….D’abord se référer à Lénine et à Hitler pour recommander à Hassan II de prendre en main l’information, pour revenir dans un autre paragraphe sur « l’option libérale » du pays.
Ensuite des contradictions….Un premier ministre en exercice depuis trois ans peut-il se poser des questions aussi incongrues que de demander si le pays a une politique de l’emploi, une politique agraire, une stratégie de développement ? Ou si la politique scolaire du pays répond à une stratégie à long terme ? On a envie de lui dire : « Wach kounti ka dir, ya sahbi ? »
Par contre, il faut reconnaître au contenu de cette note une certaine « actualité »…
Quelques problèmes qui y sont abordés sont en effet d’une troublante actualité…Comme la référence « aux circuits parallèles, aux opportunistes et affairistes ». Comme la nécessité pour « les agents de l’état de réduire leur train de vie » et surtout l’importance « d’être impitoyable à l’égard des fonctionnaires malhonnêtes ». Tout comme « le vide politique et idéologique dans lequel est laissée la population ».
En fait, c’est cette partie « actuelle » de la note qui peut présenter un certain intérêt!
Ce document pourrait bien avoir été écrit à l’intention d’un souverain, mais est-ce bien celui auquel l’auteur déclare l’avoir adressé ?

A qui le tour? Filali, laraki, … on attendra lamrani et compagnie pour d’autres aveux, qui finalement ne rajoutent rien à ce qui se trame maintenant.
@ mounir
Filali a été plus digne : il a écrit un livre; il ne s’es défaussé sur persone…
Amrani aurait des choses à dire….
Il n’est pas inintéressant que les hommes politiques décident un jour de faire part aux jeunes générations de leurs expériences …
“Ce qui se trame maintenant”…tu veux parler du MTD…Si quelque chose se trame, c’est que les partis “historiques” laissent les choses se tramer …Je pense à nos amis de l’USFP qui se tirent dans les pattes au lieu d’occuper le terrain….
J’adore quand je suis tjrs répértorié usfp, et j’assume, c’est à mon honneur.
Je suis bien d’accord sur le fait quen matière de science politique, le chercheur dispose de peu de révélations de personnes qui ont gravité autour du pouvoir, notamment au gouvernement. Il est temps que la coutume veuille qu’on écrivent des mémoires.
Revenons à Filali, et laraki, pourquoi maintenant? et pourquoi ce ton réactionnaire sachant leur relations inextricables avec les lobbies de pouvoir et d’argent? pourquoi pas dans le temps, ça aurait eu bcp de mérite. Ce que dit Laraki dans cette prétendue lettre dépasse de loin les revendications de l’opposition de l’époque.
Pour revenir à “ce qui se trame actuellement”, je ne signifiait en aucun le MTD, Elhimma a finalement dégraissé 5 ou 6 partis inexistants et les a intégré dans son parti, mais ce n’est pas ça qui fait le Maroc. Je voulais dire, s’il témoignait de leur pouvoir, de leur action, de leur relation au roi, … cela pourrait comparer les 2 ères.
@hmida
La fondation Abderrahim Bouabid avait publié en 2006, les mémoires de feu Abderrahim Bouabid qui relataient les faits de la période 1942-1961.
La publication de ces mémoires (que le défunt avait rédigé dans les années 1980)° avait suscité à l’époque, beaucoup de remous au sein de la classe politique, notamment chez l’Istiqlal, le MP ….et l’USFP.
A titre anecdotique, dans ses mémoires, feu A. BOUABID n’ a même pas épargné ceux qui, à l’époque, étaient les siens (UNFP) leur reprochant leur ” incapacité à constituer une direction véritable et responsable, de définir une stratégie en rapport avec les données réelles de la situation”
Comme quoi …..à l’USFP, rien de nouveau !
@ Mounir
Pour Filali, on peut dire que son livre est un testament …le dernier geste d’un homme politique …
En ce qui oncnerne Laraki, la démarche me parait plus tortueuse…Pourquoi passer par “Le Gazete du Maroc”….Ce nest jurement Kamal Lahlou qui a envoyé ses journalistes fouiller dans ses archives et trouver cette fameuse soi-disant note…Non…il s’agit bien d’ l’initiative de Ahmed Laraki..Mais alors pourquoi..
Ces paroles n’ont rien d’un testament…Elles ressemblent plus à de la provocation…Devient-io provocateur à 78 ans quand on a été discret toute sa vie?
Qu’attend-il? Que veut-il? Cela n’a pas été dit …
Filali dans son livre précise bien que son témoignage est destiné aux jeunes …
Laraki tente de justfier ses échecs et ….quoi d’autre encore?
[...] Quelques commentaires – ce n’est pas tous les jours Noël, mais il se trouve que je partage certaines interrogations de citoyen hmida: [...]
Bonsoir,
Tes interrogations sont “paradoxalement” très journalistiques. C’est un compliment Hmida.
J’avais l’intention de rédiger un article à propos de cette lettre … disons, abracadabrantesque mais ta conclusion m’en a dissuadé :
“Ce document pourrait bien avoir été écrit à l’intention d’un souverain, mais est-ce bien celui auquel l’auteur déclare l’avoir adressé ?”
Tout est dit en une phrase : magnifique !
Filali, Boutaleb et mt Laraki à qui le tour ?
Ils cherchent à se racheter une conduite.
Comme tu le dis : “Ce document pourrait bien avoir été écrit à l’intention d’un souverain, mais est-ce bien celui auquel l’auteur déclare l’avoir adressé ?”
J’ai pris acte de la déclaration de Moulay Ahmed Laraki que je trouve courageuse et d’actualité. On n’est jamais un has been quand il s’agit de rafraichir la mémoire du citoyen marocain et de faire son mea culpa.
Je pense que le souverain doit recevoir MHL pour en discuter de maniére diplomatique d’autant mieux qu’ils se connaissent et ce pour l’intérét du Maroc;
@ mourad jaidi
1/ Crois-tu que Ahmed Laraki ait fait sa mea-culpa? Je n’ai pas pas cette impression, ni en lisant l’interview ni en découvrant la “note”!
2/ Le citoyen marocain est plus précocupé maintenant par son présent et surtout par le futur que par les erreurs historiques.
3/ Ahmed Laraki a fait son temps..il a montré ses limites ..il est d’une autre génération, malgré les airs de modernisme qu’il veut se donner …En dehors de tenter un come-back personnel,j e ne vois ce qu’ileput apporter au Maroc de 2008.
@hmida
“En dehors de tenter un come-back personnel, je ne vois ce qu’il peut apporter au Maroc de 2008..
Tu plaisantes ? Un come back à prés de 80 ans !
Cela dit, je partage globalement tes interrogations à propos de cette fameuse lettre… surtout sur son timing.
@ ali baba
Tu sais plus rien ne m’étonne des hommes politiques, de quelque bord qu’ils soient ….
Quand on a gouté au pouvoir, on n’en guerrit jamais….
« d’être à son bureau de travail toute la journée »
cette phrase est contradictoire car dans le Dernier Roi, Jean Pierre Tuquoi évoque l’intelligence du Roi Hassan II à concilier travail et loisir dans la pratique journalière du golf en même temps que ses ministres défilent sur le gazon…
Je pense que cette lettre est soit un angle attaque pour lutter contre la corruption administrative autrement dit un avertissement aux administreurs. Dans ce cas croisons les doigts… ou bien la fameuse pilule pour nous faire avaler la libéralisation économique et ses bienfait pour le Maroc…
Atchoum….