Quand la musique fait le lien entre l’art, le temps et l’espace.
L’année dernière, à pareille époque, j’avais assisté à un concert présenté par l’Association des Amateurs de la Musique Andalouse du Maroc. Je me rappelle que ce fut un moment exceptionnel de bonheur musical et artistique. Ce soir-là, une troupe palestinienne avait participé avec brio à cette manifestation.
A cet égard, je vous recommande la visite du site de l’A.A.M.A.M.
http://www.musique-andalouse.com/
Le vendredi 30 novembre 2007, nous avons été conviés à un nouveau spectacle, organisé à l’occasion du 50ème anniversaire de la création de cette association qui veille à la survie et à la transmission de ce patrimoine inestimable qu’est la musique andalouse.
Pendant deux heures, nous avons été entraînés dans un triple féerique voyage.
D’abord, un voyage musical, puisque nous étions invités à écouter de la musique andalouse.
L’orchestre de OMAR METIOUI, pharmacien de Tanger et expert du luth classique arabe, grand et fin connaisseur de « ala », a revisité pour nous certains morceaux peu connus du grand public, avec des arrangements originaux, permettant de donner la pleine mesure de son talent et de son savoir-faire à chaque vocaliste et à chaque instrumentaliste – violon, flûte, luth et canon (joué par l’espagnole Begonia Olavide sur un instrument spécialement facturé pour elle par son mari luthier).
Ensuite un voyage dans le temps, puisque Omar Metioui a choisi de coupler un morceau de musique andalouse à une interprétation vocale en espagnol ancien réalisée par Begonia Olavida. Pendant un long moment, le public ne savait plus si nous étions dans la grand’salle d’un château fort des plaines de la Castille, au milieu de gentilshommes chrétiens ou bien dans le patio ombragé du palais d’un prince de Grenade entourés d’odalisques et de personnages raffinés.
Enfin, un voyage dans l’espace avec l’ensemble de flamenco « Fiesta Flamenca » qui nous a transporté dans l’Andalousie profonde. Dommage de la grande mais assez froide scène du théâtre Mohamed V n’a pas permis de mettre en évidence l’ambiance flamenca « fuego, sangre y lagrimas » (feu, sang et larmes) que l’on ressentirait bien mieux dans la salle enfumée d’une « bodéga ». Juste pour l’anecdote, le guitariste du groupe, excellent par ailleurs, a un nom on ne peut moins espagnol : il répond au patronyme très néérlandais de Tino VAN DER SMAN.
Merci donc à l’A.A.M.A. pour ces moments et à l’année prochaine !
