On se demande si notre monde est entre de bonnes mains?
Dans un ouvrage qui avait fait sensation dans la fin des années 70, « Ces malades qui nous gouvernent », Dr Pierre Rentchnick et Pierre Accoce analysaient dans le détail les pathologies qui ont miné la vie des grands dirigeants contemporains. Franklin Roosevelt était malade à Yalta. Mais on ignorait que sa tension artérielle atteignait alors trente à son maximum,troublant sa lucidité dans la négociation capitale qu’il engageait avec Staline sur le partage du monde.
Personne n’avait révélé que le président John F. Kennedy passait couché la moitié de ses journées, atteint d’une grave maladie des glandes surrénales, à l’époque même où Khrouchtchev installait les fusées soviétiques à Cuba.
D’autres grands de ce monde ont souffert de graves problèmes de santé durant l’exercice de leurs fonctions comme le chinois Mao Tse Tung , le russe Léonid Brejnev, le pape Pie XII.
Quel Français, enfin, pourrait oublier le calvaire des derniers mois de Georges Pompidou.
Des dirigeants moins importants mais qui ont marqué le siècle dernier par la longévité de leur présence, comme le portugais Antonio Salazar ou l’espagnol Francisco Franco, ont connu des déboires de santé qui ont marqué l’histoire de leur pays.
En 1991, Dr Pierre Rentchnick et Pierre Accoce lançaient un nouvel opus dans lequel étaient mises à nu les maladies dont souffraient les dirigeants d’états moins importants : l’ Ayatollah iranien Khomeiny, le guide de la nation libyenne Mouammar Kadhafi, le dictateur roumain Nicolae Ceausescu, l’algérien Houari Boumediene, l’israélienne Golda Meyer ou le malien Sékou Touré.
Tous ces dirigeants politiques ont subi des malaises pathologiques qui ont eu des répercussions plus ou moins grandes sur la marche du monde ou du moins sur la marche de leur pays et des pays voisins.
Et voilà que en janvier 2006, parait « Ces croyants qui nous gouvernent » dans lequel les quatre auteurs, chacun ayant choisi l’homme politique qui relève de sa sphère de compétence ou de connaissance, nous dévoilent le cheminement spirituel de quatre dirigeants parmi les plus puissant du monde.
On retrouve dans la partie réservée à George W. Bush que la foi l’aurait sauvé de l’alcoolisme mais que l’actuel président américain, malgré une jeunesse assez mouvementée, a été depuis très longtemps plongé dans une ambiance religieuse. C’est ainsi qu’enfin de compte George W. Bush croit fermement qu’il est investi d’une mission divine, ce qui l’absout – croit-il – de rendre des compte de son action.
Pour Tony Blair, il faut retenir que l’influence de la religion est très présente dans sa construction intellectuelle. Lors d’un entretien avec le nouveau premier ministre britannique, Matthew d’Ancono, aujourd’hui directeur adjoint à la rédaction du Sunday Telegraph se déclare impressionné par « son érudition exégétique et sa passion intellectuelle et même religieuse ». Bien que maniant avec beaucoup de prudence l’argument religieux, Tony Blair n’hésite à s’en servir à tel point que son conseiller en communication le fameux Alastair Cambell a dû intervenir lors d’une conférence de presse pour empêcher Tony Blair de répondre à une questions sur sa proximité religieuse avec le président américain.
Plus anecdotique est l’approche religieuse de Vladimir Poutine, le cynique dirigeant russe, formé à l’école du KGB soviétique. Il aurait rencontré Dieu qui se serait révélé à lui sous la forme d’une croix de baptême sauvée des flammes d’un incendie qui a ravagé sa datcha. Cet intérêt de Poutine pour la religion relève bien plus de la manœuvre politique que la spiritualité. Il a pu ainsi gagner et la confiance d’une partie de l’électorat russe et celle du président américain qui voit en lui l’allié objectif des USA contre les forces du mal.
La relation de Jacques Chirac avec la religion est bien plus naturelle. S’il se plie volontiers aux règles protocolaires des cérémonies religieuses officielles auxquelles il assiste, il ne le fait jamais sans une certaine raideur qui témoigne de sa gêne. Cependant, Jacques Chirac reste ouvert aux autres formes de spiritualité et aux autres civilisations, même les plus éloignées de sa propre culture.
L’intérêt de ce livre aurait plus profond si une partie avait été réservée au cas d’autres chefs d’état, notamment des chefs d’état musulmans dont l’influence sur la marche du monde est plus que pesante et dont la foi est parfois sinon toujours très forte et surtout ostensiblement mise en évidence.
Réfences :
CES MALADES QUI NOUS GOUVERNENT. Dr Pierre Rentchnick et Pierre Accoce. Première édition : Editeur : Librairie Générale Française (LGF) – 1978. Suite : Editeur : Librairie Générale Française (LGF) – 1991.
CES CROYANTS QUI NOUS GOUVERNENT. Christian Roudaut, Françoise Daucé, Alexis Delahousse et Emmanuel Saint-Martin. Payot – 2006.
