En me lançant dans la galerie de portraits des marocains lambda qui méritent à mes yeux le titre de « Bouchaib, marocain de l’année », je me suis fait gentiment tirer les oreilles par Ahmed,  un de mes commentateurs assidus. Il me faisait remarqué que j’avais oublié Hlima, sans laquelle Bouchaib serait bien malheureux.

 

Et, dans la foulée,  il a esquissé le portrait de Hlima « qui vend du coriandre, du persil, des navets, des carottes, quelques courgettes, de la menthe, de l’absinthe, … tout cela BIO à Bab el Ouqla. Elle est voisine de Khdija qui, elle, vend plutôt des tomates, de la salade, des pommes de terre, du lait caillé ou battu et parfois l’un ou l’autre poulet de ferme ». J’ai souri à l’évocation de Bab El Ouqla…Tétouan….Une autre vie …

 

Mais trêve  de rêverie ! Il ne faut pas faire attendre les dames.

 

Qui donc, outre Hlima et Khdija,  chères à Ahmed, peut prétendre au titre de «marocaine de l’année » ?

 

Je n’irai pas chercher les prétendantes dans les allées du pouvoir ou de la politique, ni dans les amphis des nos universités, ni dans les salles d’opérations de nos hôpitaux, ni sur nos grands chantiers ou dans les bureaux cossus des professions libérales ! Celles-là n’ont pas besoin de titre supplémentaire !

 

Non, « la marocaine de l’année » se doit être  la digne égale de Bouchaïb, une marocaine lambda, femme du peuple, courageuse, travailleuse, sérieuse.

 

Cette marocaine lambda pourrait être « la vendeuse de pain ».

 

Debout devant son grand couffin recouvert d’une jolie nappe brodée, dans un coin stratégique du marché central, là où forcément vous la remarquerez sans quelle ait à vous solliciter, la marchande de pain vous présente ses pains complets, chauds, bien cuits !

 

Le parfum  de pain chaud qui l’entoure me fait penser à une expression espagnole.  Quand un aliment  a très bon goût, on dit que « es mas bueno que el pan » ! C’est dire l’importance du goût du pain. Et le pain de Zahra a un goût spécial : le goût du travail bien fait, le goût de la propreté, le goût du blé, le goût de l’appétit calmé juste par la vue. On dit bien chez nous que « les yeux précèdent le ventre ».

 

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Zahra ne parle pas à ses clients, sinon pour leur préciser que ses pains se conservent très bien au réfrigérateur. Elle leur sourit, juste, avec une lueur d’intelligence dans ses yeux pétillants. Mais on sent dans son regard une grande fatigue, une grande fatigue que masque un grand courage.

 

Après goûté  au pain de Zahra, on aura connu le coût de l’effort et le goût du travail!

 

 

Cette marocaine lambda pourrait être « la télé-conseillère ».

 

Quand elle s’exprime dans  son français parfait, on imagine mal  que Aziza est née et a grandi   dans le fin fonds de la médina, là où la langue de Molière n’est parlée qu’à la télévision, dans les films qu’on ne regarde pas en famille.

 

Quand elle manie avec aisance la langue française,  on ne rend pas compte que durant sa scolarité, elle a eu toutes les peines du monde à assimiler les règles de cette langue.

 

 

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Pourtant Aziza a fait des études supérieures en français. Elle a décroché une licence mais pas de travail.

 

Elle a été « stagiaire » dans une grande société d’assurance, pendant deux ans. Stagiaire, c’est-à-dire qu’elle travaillait sans être payée. Elle n’en avait cure, elle accumulait de l’expérience.

 

Elle a été engagée dans le cabinet d’un grand ponte des professions libérales. Militant connu des droits de l’homme. Pendant plus d’une année,  elle a travaillé pour un salaire indigne, mais un salaire quand même. Elle n’en avait cure, son expérience s’étoffait.

 

Elle a trouvé un poste de secrétaire dans une usine. Payée au SMIG, affiliée à la CNSS, elle avait mis le pied dans le monde du travail légal, mais restait exploitée. Son expérience s’affinait au contact d’ingénieurs, de comptables, de commerciaux.

 

Une annonce pour le recrutement de télé-conseillère  l’intéressa. Elle fut retenue. Elle travailla dur, très durement. Elle s’est fait sa place, parmi les meilleures, les plus performantes. Elle ne ratait aucune formation.

 

Aziza, la petite fille de la médina, est devenue « Denise » que les français adoraient   avoir au bout du fil, pour démêler leurs histoires d’assurance. Mais elle est aussi restée Aziza, fille de la médina, qu’elle ne regrette pas et qu’elle ne renie pas. « Denise » n’est que celle  qui fait vivre sa petite famille.

 

 

 

 

Cette marocaine lambda pourrait être « la mère célibataire ».

 

Fadila est une jeune femme, bien de sa personne, élégante. Vous n’imaginerez jamais qu’ele est femme de ménage. Mais il faut bien qu’elle vive et surtout qu’elle fasse vivre sa petite fille, qu’elle lui paie de jolies tenues, des jouets, et la crèche !

 

 

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Fadila aurait dû être mariée. Mais son compagnon, un jeune et beau barbu, l’a sèchement chassée  quand il a su qu’elle était enceinte. Pourtant, il avait insisté pour qu’elle s’installe chez lui, après lui avoir doctement  expliqué que, pour être mariés aux yeux d’Allah, il suffisait simplement de réciter une formule rituelle.

 

 

 

Fadila s’est retrouvée seule, dans la rue. Par le pur des hasards, elle fut recueillie le jour même par une association d’aide aux jeunes filles en difficulté. Sans cela, Dieu seul sait qu’elle aurait été  sa destinée.

 

Fadila préfère oublier la période précédent la naissance de sa fille. Chaque jour qui passait la rapprochait, croyait-elle,  de l’enfer. Jusqu’à la délivrance.

 

Avec l’arrivée de sa fille, Fadila a vu arriver l’espoir, une raison de vivre, un motif pour se battre, pour se prouver qu’elle était une mère digne ! Qu’elle restait  une femme digne !

 

 

 

Cette marocaine lambda pourrait « la receveuse de la ligne d’autobus n° 7 ».

 

La ligne d’autobus n° 7 est l’une des plus difficiles. Une clientèle de jeunes, parfois lycéens, parfois étudiants, le plus souvent chômeurs, drogués, mais souvent  aigris et toujours agressifs.

 

La plupart des  receveurs et toutes receveuses de la compagnie de bus  appréhendent leur affectation sur cette ligne. Les altercations avec les usagers sont fréquentes et parfois violentes.

 

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Mais Aissia ne refuse jamais quand son chef la désigne pour la ligne n° 7. Elle y trouve même un certain plaisir, une certaine revanche.

 

Engagée depuis trois ans, elle a fait ses preuves. Jamais de trou dans sa caisse. Jamais un usager qui n’ait pas son billet, et alors c’est qu’il a sa carte.

 

Le visage fermé, son foulard strictement appliqué sur les cheveux, plus par mesure d’hygiène que pour autre chose, elle se fraie son chemin dans la cohue des usagers, debout dans la traverse de ces bus déglingués, cahotants et poussifs.

 

Sur la ligne 7, il est très fréquent qu’un  des usagers refuse de payer son billet  ou simplement de présenter sa carte.  Assia n’hésite pas à user avec lui du seul  langage que ce genre d’individus peut comprendre. Le langage de la rue. De sa rue. Et à tous les coups, le macho récalcitrant se dégonfle, décontenancé par l’attitude de Assia.

 

Assia est née justement dans  cette rue que dessert la ligne n° 7. Bien avant qu’il y eut l’autobus. Quand n’arrivaient dans cette rue pourrie que les charrettes, tractées par des mulets maléfiques.

 

Elle a été la première receveuse à travailler sur cette ligne. Et chaque fois elle y retourne sans état d’âme. Du moment qu’elle travaille !  

 

Cette marocaine lambda pourrait être tout simplement  «Amina, la femme au foyer ».

 

Oui, Amina, cette femme de 40 ans, ni jolie, ni laide, ni plus jeune ni pas assez vieille, ni instruite ni totalement analphabète grâce au cours dispensés à la mosquée du quartier.

 

 

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Oui, Amina, cette mère de famille de quatre enfants, trois filles et un garçon, ce garçon né après deux fausses couches, douloureuses. Mais il  est né, et de cela Amina rendra grâce à Allah tout le restant de sa vie.

 

Amina, oui. Cette femme au foyer qui n’a jamais connu autre chose au monde que la maison de son père et sa propre maison, que le hamam de son quartier d’enfance et le hamam de son  quartier actuel. Le  seul « voyage » qu’elle entreprend l’emmène de chez elle à l’épicerie du coin puis au marché en plein air, deux rues plus loin. Avec parfois, une « escale » chez sa voisine de palier.

 

La marocaine lambda  pourrait être Amina, cette épouse dévouée, qui avec les 30 dirhams que lui laisse, chaque matin, son mari, arrive à nourrir presque correctement sa petite tribu, et se permet même de réaliser de petites économies.

 

Amina mériterait d’être la marocaine de l’année ne serait-ce que parce qu’elle a réussi à mener ses enfants jusqu’au lycée, sans qu’ils ne redoublent jamais. Elle a les accompagnés chaque matin à  l’école, puis au collège, pour être sûre qu’ils ne soient tentés de faire l’école buissonnière, comme la plupart des enfants du quartier. Elle a vérifié leurs cahiers et les a fait réciter   leurs leçons, elle qui ne savait ni lire ni écrire. Elle allait voir leurs instituteurs, puis leurs professeurs.

 

Elle savait que seule l’instruction permettrait à ses filles de ne pas vivre la même vie  qu’elle, non pas que cette vie lui soit détestable. C’était la vie qui lui était destinée, mais elle voulait que ses filles connaissent autre chose.

 

Amina est bien la « marocaine de l’année ». Grâce à sa patiente insistance, son mari a fini par demander un crédit pour avoir appartement dans un programme de logement social. Il l’a obtenu.

 

Amina a le  sentiment d’avoir réussi sa mission de femme, d’épouse et de mère !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

28 Comments on AVEC BOUCHAIB, VOILA FATIMA, LA MAROCAINE DE L’ANNEE

  1. Abdel says:

    @hmida

    “Militant connu des droits de l’homme. … elle a travaillé pour un salaire indigne,…”

    C’est bien de chez nous , ce paradoxe. A la décharge de notre militant connu (connu : tout le drame de notre société . Ses actions indignes – pas que le salaire , dans bien des cas – n’enlèvent rien à sa notoriété , basée sur je ne sais quoi); le même phénomène s’opère sur les Blogs . Et pour ces militants connus, il y a une armada de “faire valoir” dont certain ont un blog ! aller comprendre.

    Sinon, Hmida, tes histoires sont romancées (à l’excès?) . Quelques vérités certes, mais la romance reste la principale caractéristique du billet.
    C’est peut-être voulu ! .

    J’ai tjs pensé qu’un état des lieux sans concession – j’en conviens , ca ne passe pas dans notre société – est le plus court chemin pour mieux faire .

  2. Ahmed says:

    Merci pour cette balade, de bon matin, dans le monde merveilleux de femmes exceptionnelles de courage, de détermination, d’effort et … surtout d’un amour infini. Ce sont des résistantes, des combattantes et des battantes. Rien n’est donné, tout est à arracher.

    Que d’images, que de promenades solitaires et rêveuses entre Bab el Oqla et l’feddane, que de freques … évoquées en si peu de mots.

    Promeneur curieux dans la vie des petites gens, voyageur sensible, doux et proche du coeur de nos coeurs, observateur fin, avisé et humain des gestes, des regards, des aspirations, tu nous livres, en quelques traits, des tranches de vies magnifiques de dignité, d’espérance et de promesse.

    Zahra, Aziza, Fadila, Assia, … nos filles, nos soeurs, nos épouses, nos mères. Vous remplissez nos vies de ce qu’elles ont de plus beau et de ce qui les marque à jamais.

    Mais je craque pour Amina: elle est dévouement, elle est source d’inspiration, elle est force de vie, … elle est ma mère. La compagne des mauvais jours, le repère des moments de doute, les larmes de joie des heureux événements, la générosité faite femme, l’espoir à visage humain, une leçon vivante de don de soi.

  3. Simpldespry says:

    “Cette marocaine lambda pourrait être « la mère célibataire ».”
    Fadila, et malgré la grande compassion que j’ai pour elle, ne peut se prétendre au poste de Hlima, comme vous l’avez défini vous même (femme du peuple, courageuse, travailleuse, sérieuse)
    En plus, le fait d’introduire un “comparse” beau et barbu dans votre cinéma dénote d’une grande mauvaise foi

  4. hmida says:

    @ Simpldespry

    La réalité de la vie n’a auucne mauvaise fois, il s’agit juste de mauvaises rencontres…..Les personnages que j’ai décrit dans ce billet comme dans le précédent existent, j’ai essayé juste de résumer leur vie en quelques lignes….Le comparse “beau et barbu” est bien réel et lui est plein de mauvaise foi!

    Fadila devrait-elle lapidée à ton avis?

    @ Abdel

    Romancées, ces vies? Je n’aurai pas cette prétention. Juste un peu adoucies peut-être…La réalité est sûrement bien plus dure à vivre qu’à décrire!

    @ ahmed

    Je reconnais que j’ai du mal à fixer ma sympathie sur l’une des ces femmes. Chacune a sa part d’humanité et mérite sa part de respect.

  5. 5estrellas says:

    C’est bien de rêver mais le mieux est d’ouvrier les yeux sur la réalité. Il n’y a plus aucune morale, aucun principe sauf celui de l’anarchie et du profit personnel. Vas y soit confiant et tu verras que tout le monde t’arnaquera. Qu’est ce que c’est que cette société ou on ne peut plus faire confiance ?? Il ne s’agit pas de se leurrer. Le mieux est de faire le constat des choses et de chercher les remèdes c’est la seul façon de s’en sortir et ce n’est surement pas une auto éloge qui va arranger les choses !

  6. hmida says:

    @ 5estrellas

    Je ne rêve pas, pour une fois!

    Les cas que j’ai tenté de décrire existent, je les ai croisés….Et il doit y en avoir des multitudes de semblables.

    Comme il doit y en avoir des multitudes qui connaissent une vie bien plus difficile et d’autres une existence peut-être idyllique..

    La vie est faite de tous ces gens-là! J’ai choisi dix cas ….Cinq Bouchaib et Cinq Fatima ..Je n’ai jamais prétendu à l’universalité….

    Ceci est juste un billet d’humeur dans un blog pas un article destiné à une revue de sociologie!

  7. Ahmed says:

    @ 5estrallas

    Bien sûr qu’on peut jeter un regard noir sur tout ce qui ce qui nous entoure, mais est-ce un péché de regarder la vie de bon nombre de nos concitoyns et d’y trouver des attitudes et des actes qui inspirent confiance, bienveillance et peut-être … un mieux vivre nesemble.

    Croire que tout n’est qu’anarchie, égoïsme, profit à tout prix, … je ne le souhaite pas, je ne le veux pas, NON, je m’y refuse. Toutes ces personnes que dépeint Hmida EXISTENT et plein de millions d’autres qui partagent le peu qu’ils ont et font tenir un pays sur ses jambes.

    Je veux croire en ce trait-d’union qui nous relie, ici, à travers des réflexions échangées librement, ailleurs des sourires et des salutations fraternelles tous les jours recommencés ou encore par là une solidarité franche et répandue, … toutes des réalités INCONTOURNABLES. Nous ne sommes pas que plaintes, complaintes et misérabilisme écrasant dans une condition désespérante! Si telle était ma perception de NOUS, je ne prendrais pas cinq secondes pour voir ce que Hmida, Naïm, Marocaine, … nous servent au menu pour provoquer ce qu’il y a de meilleur en nous et nous nous convier à le partager, par delà les distances physiques, idéologiques ou philosophiques.

    @ Hmida: Amina n’est pas un choix, c’est une faiblesse … naturelle.

  8. Simpldespry says:

    J’aimerai bien le rencontrer ce “beau barbu” pour lui épiler le visage !!!
    Mais cela ne fait toujours pas de Fadila une candidate intelligible pour le titre de Hlima
    Moi je vote pour Zahra :-)

  9. 5estrellas says:

    Ce qui me scie c’est de voir la malhonnêteté Reigner ! Dans cette société Si t’es honnête et travailleur t’es un pariât ! Regarde ! Partout, dans toutes les sphères, la corruption fait ravage. Personne ne fait son travail tél qu’il le doit. Du simple ouvrier jusqu’au haut fonctionnaire. Je ne dois pas généraliser , il y’à bien des exception par ci ou par là, mais ca reste plutôt minime. Le maçon, le menuisier, le commerçant, l’avocat, le juge, le médecin, le prof.. tous ne cherchent que le profit et ils sont prêt à tout sacrifier pour y arriver et l’honnêteté est bien le dernier de leur soucis ! Si tu compares notre société avec une société développée tu véras la différence dans travail bien fait, le rendez vous sacré, la loyauté, le sens de la responsabilité, le respect de la lois…mon but n’est pas de dénigrer mais de tirer un constat car c’est la ou réside la cause de notre faiblesse et notre sous développement ! Et ne viens pas me répéter l’histoire du barbu qui voit tout en noir car je ne suis pas barbu et je n’appartiens à aucune confrérie ou parti et je n’adhère à aucune idéologie et je n’adopte pas d’idée prêt mâchée. J’espère que cette affaire là est réglée définitivement !! Tout ce qu’il ya c’est qu’après avoir vécu 46 ans je suis sorti avec ce constat déplorable.

  10. Abdel says:

    @hmida

    “Croire que tout n’est qu’anarchie, égoïsme, profit à tout prix, … je ne le souhaite pas, je ne le veux pas …”

    Tout est question de proportion . Il se trouve que la balance penche vers ce que dit 5estrallas . Sur ce coup , la réalité ne te donne pas raison .
    Que tu le souhaites pas ou , tu ne le veuilles pas , est une chose; la réalité en est tout autre.

  11. Abdel says:

    @hmida

    suite
    c’est plutôt la culture de l’a peu près qui régne . On est loin de “bon travail”, “propreté” ….

  12. Abdel says:

    @hmida

    mea culpa

    la citation n’était pas de toi mais d’ahmed.

    Aussi, je réoriente le commentaire précédent à :

    @Ahmed

    “Croire que tout n’est qu’anarchie, égoïsme, profit à tout prix, … je ne le souhaite pas, je ne le veux pas …”

    Tout est question de proportion . Il se trouve que la balance penche vers ce que dit 5estrallas . Sur ce coup , la réalité ne te donne pas raison .
    Que tu le souhaites pas ou , tu ne le veuilles pas , est une chose; la réalité en est tout autre.
    c’est plutôt la culture de l’a peu près qui régne . On est loin de “bon travail”, “propreté” ….

  13. Ahmed says:

    @ Abdel

    Les portraits que présente Hmida, avec une grande générosité, loin de me laisser indifférent ou de m’inspirer des réflexions critiques plus globales, me dictent une attitude de respect envers ceux dont les vies, en rien de longs fleuves tranquilles, montrent une volonté de sortit du trou par leurs propres moyens. Hmida le dit mieux que je peux l’exprimer “Après avoir goûté au pain de Zahra, on aura connu le coût de l’effort et le goût du travail”!

    De là ce que d’autres foirent, comme dirait Obama, c’est à eux à venir prendre exemple sur Zohra, Amina, Aziza, Bouchaïb, Hassan, … et à donner le meilleur d’eux-mêmes. Il est des jours où on a plus envie de regarder le bleu du ciel, même si la balance penche en faveur des nuages. Et peut-être même que les nuages finiront par couvrir l’ensemble de l’horizon, et alors? Cela empêche-t-il ces dames ci-dessus d’être ce qu’elles sont: des vies qui se débattent pour garder la tête hors de l’eau, par tous les temps.

    La question à se poser c’est comment se fait-il que les enfants de Zahra, Fadila, Si Abdellah ( pas Hlima, je la connais, elle n’a pas d’enfant!), … soient devenus NOUS, moins honnêtes, fiables, généreux, … qu’eux? Avec plus, nous faisons moins; avec plus, nous voulons plus; avec pas mal, nous ne partagerons avec personne!

    A suivre certains commentaires, il n’y a rien à attendre ou à espérer ni de nous, ni pour nous; ni des autres, ni pour les autres. Il ne faut pas se laisser bercer par le discours ambiant et ne pas tenir compte de notre vécu. J’ai connu des gens merveilleux durant les 30 dernières années, de tout le Maroc, et je peux vous dire que des leçons j’en ai reçues en termes d’accueil, de partage, d’entraide, de débrouillardise, de solidarité, d’intelligence, de grandeur de coeur et d’esprit. C’est à cet univers-là que me renvoie ce billet qui me touche profondément et c’est à eux que je pense et cela alimente mon optimisme pour la vie.

  14. Abdel says:

    @Ahmed

    “Les portraits que présente Hmida, avec une grande générosité, loin de me laisser indifférent ou de m’inspirer des réflexions critiques plus globales, me dictent une attitude de respect envers ceux dont les vies, en rien de longs fleuves tranquilles, montrent une volonté de sortit du trou par leurs propres moyens …”

    On ne parle pas de la même chose . Ce que tu dis est beau, je le lis dans les romans dont je suis fan . Je parle de l’inventaire et de la juste évaluation des choses.

    Je persiste que c’est l’arnaque et ” l’a peu près ” sont la règle au Maroc – je dirais dans l’ensemble du monde arabo-musluman, exception faite de la malaisie – , j’ai un tas d’exemple que j’ai vécus moi même pendant 2 ans .
    J’en veux un peu à ce langage innocentant et angélisant tout le monde, parce que d’une certaine manière , il était la cause de mes déboirs : je n’étais pas méfiant parce qu’on ma tjs dépeint les gens comme tu le fais et comme le fait “hmida”. Tout est question de proportion ; que des gens honnêtes , travailleurs, rigueureux … existent, c’est possible. Mais ils doivent être tellement rares que je n’en ai pas rencontré un seul pendant 2 ans .

    Maintenant que ces gens aient besoin d’un système qui leur permettent d’être comme ailleurs, dans les pays développés, on est d’accord.
    Mais là on est dans l’état des lieux – on n’est pas d’accord sur l’inventaire – sans leur jeter la pierre, ni les accabler …

  15. @ hmida,
    Merci pour cet hommage à la femme marocaine
    “Je n’irai pas chercher les prétendantes dans les allées du pouvoir ou de la politique, ni dans les amphis des nos universités, ni dans les salles d’opérations de nos hôpitaux, ni sur nos grands chantiers ou dans les bureaux cossus des professions libérales ! Celles-là n’ont pas besoin de titre supplémentaire !”

  16. Ahmed says:

    @ Abdel

    Quel est le sujet du billet?

    Il présente des portraits, non exhaustifs insiste Hmida, qui sont ici et là dans la société marocaine. POINT.

    Si à chaque billet, on passe en revue tous les problèmes qui rongent notre société, on n’aura jamais l’occasion de nous arrêter sur des moments, des gens, des événements qui existent ou se présentent différemment du climat général.

    Peut-être que le fils de Zahra vend du shit, mais cela ne retire rien au courage de cette femme remarquable. Ce n’est pas un péché de parler de Zahra et uniquement de Zahra pour explorer plus avant une façon d’être qui nous voudrions voir ganger du terrain.

    Peut-être que les enfants d’Amina seront chômeurs, ou l’un d’entre eux tentera de quitter le Maroc illégalement et se noiera en mer. Elle pleurera toutes les larmes de son corps et mon coeur pleurera avec elle parce qu’elle avait rêvé d’une autre vie vie pour son petit Achraf, comme toutes les mamans du monde.

    Ici Hmida passe en revue des gens qui nous frappent par leur droiture, leur énergie vitale, leur envie de se surpasser et je souscris PLEINEMENT à ce petit film qui met en lumière de l’anonymat familier et injustement ignoré, comme le montrent certains commentaires qui, à les suivre, il faut se retirer de ce monde pourri jusqu’à la moëlle et vivre en hermite, loin de toi Abdel, de moi Ahmed et de Simpldespry, de 5estrellas, de Aïcha Q pour sa “grande gueule” (!) [si elle ne s'est déjà retirée], de Hmida, … Pour les autres, nous serions des épiciers, des mécaniciens tricheurs, des enseignants carroteurs, des … des … Qui ne me connaît me perd, dit un de nos adages, alors ne perdons pas trop vite ceux dont o peut apprendre beaucoup!

  17. asmae says:

    je t’applaudis fort!
    pour moi, toutes les femmes sont les marocaines de l’année!
    toutes sans éxception!!
    et t’as oublié la sage-femme! lool!
    moi!

  18. hmida says:

    @ asmae

    Tu as absolument raison..Toutes les marocaines sont la femme de l’année…

    Je l’ai déjà écrit à l’occasion d’un 8 mars…..dans un billet que j’avais intitulé si mes souvenir son bons “Nous sommes tous mariés à des militantes!”

  19. asmae says:

    “Nous sommes tous mariés à des militantes!”: ça m’a donné un grand sourire!
    allez les célibats! rejoignez le camp! rassurant! lool
    je cours lire ton billet du 8 mars!

  20. hmida says:

    @ abdel et @ ahmed

    Dans une autre vie, j’avais publié dans AL BAYANE deux ou trois papiers où je faisais le portraits de ces marocains que Abdel qualifient de “moins honnêtes, moins fiables, moins généreux”.

    Il y en a beaucoup, à la pelle même …..

    Si je peux, je reprendrai l’idée et j’essaierai de refaire le portrait de ces marocains, que j’avais à l’époque regroupés dans la catégorie : “comment je suis devenu riche……..très riche…….”.

    Les méthodes utilisées ont dû changé depuis le temps où j’avais écrit ces articles, dans la forme mais sûrement pas dans le fond….

  21. 5estrellas says:

    @ ahmed
    pour évoluer, l’auto critique est de mise….oui les portraits type que dresse hmida existent bel et bien et qui de nous n’en a t il pas côtoyé… comme le porteur qui s’éreinte pour glaner quelque dirhams ou le pêcheur qui longe le rivage défiant les vague sous un soleil brulant ou une pluie battante pour gagner en fin de journée le prix d’un repas ou deux..Oui tout cela est édifiant mais cela ne reflète pas exactement la culture qui règne parmi nos semblables..La culture du bédouin anarchiste et égoïste… Ca ne sert aucune cause de s’évertuer à dépeindre une réalité rose à l’identique des ‘chikhate’ qui s’égosillent à chanter ‘n’touma goulou al3am zine’. On doit évoluer ! On a pas le choix car Il n’existe pas d’autres alternative si on veut de subsister. et pour cela il faut admettre qu’on ne vit pas dans le meilleur des monde. On a l’espoir de se relever un jour et ce n’est pas en prétendant que tout va à merveille -comme c’est souvent le cas sur ce blog- qu’on est sensés y parvenir !

  22. hmida says:

    @ 5estrellas

    Chacun sa méthode …L’auto-critique ne signifie pas la critique perpétuelle, que je sache!

    Dire les choses qui vont bien a autant d’importance que de dire les choses qui vont mal!

    Cacher les choses les vont bien est aussi malhonnête que de cacher les choses qui vont bien!

    Je n’ai jamais prétendu que tout va à merveille….Et je n’ai empéché personne de laisser sur ce blog les commentaires les plus négatifs sur notre société, sur notre système politique, sur nous de façon générale ..

    C’est ma manière à moi de contribuer à créer “l’espoir de se relever un jour “comme tu dis!

  23. too banal says:

    Une galerie qui donne du baume au coeur!

  24. Ahmed says:

    @ 5estrellas

    Je ne vis pas dans des tunnels ou à Disneyland! Ce que tu vois, je le vois; ce qui te m’affecte aussi. Mais j’ai envie de tout voir, et pas seulement le panier à crabes qui semble monopoliser les pensées.

    Si dans un prochain billet, Hmida devait décrire des lieux dans nos villes qui ont une connottation particulière pour tout chacun, d’aucuns diraient encore qu’ils sont abîmés par des gens corrompus qui y passent.

    La critique et l’auto-critique ne signifient nullment quil faille jeter le bébé avec l’eau du bain. Il y a dans ces portraits de valeurs que nous apprécions, disons-le. On connaît une multitude de ces femmes et hommes droits, honnêtes qui agissent en bons pères de familles et mères responsables.

    A lire les commentaires, j’ai l’impression que nous avons perdu toute confiance en nous-mêmes et enotre avenir. La méfiance généralisée et de mise. La guerre de chacun contre tous. Une maison en feu et sauve qui peut.

    Je n’ai jamais chanté avec les chikhates et je n’aime pas les histoires à l’eau de rose. Ces femmes luttent pour vivre de leur sueur et de leurs compétences chèrement acquises!

    Le vent de changement dont tu parles et que j’appelle aussi de tous mes voeux utilisera ce courage et cette déterminiation dont ces êtres précarisés font preuve pour arriver à la fin du mois sans rien attendre de personne. Et c’est tout à leur honneur. Le dire avec enthousiasme et bienveillance n’est en rien une disgrâce.

  25. Zfazef says:

    @ Ahmed

    “Il présente des portraits, non exhaustifs insiste Hmida, qui sont ici et là dans la société marocaine. POINT. ” J’allais justement faire le même commentaire je suis 100 pour 100 d’accord avec toi!!!!!!

    @ hmida
    si j’étais une femme j’aurai certainement pleuré en lisant ce bel hommage fait àla femme marocaine. C’est dire le respect que tu as pour cet être si sensible et si fragile quoique l’on dise. Je l’ai déjà dit à l’occasion de l’année internationale de la femme ; la femme est la fois notre mère, notre soeur, notre épouse et peut être notre fille, à ce titre, elle a droit à tous les égards.

  26. richard says:

    Merci pour ce nouveau billet …c’est toujours bien écrit et tellement plaisant à lire…
    N’en déplaise à certains….moi il m’a ému et fait rêver….je suis complètement d’accord avec ce que qu’a écrit Ahmed ….

    Hmida tu sais encore voir la beauté des choses et des gens au milieu des difficultés et la dureté de la vie, que par ailleurs tu n’occultes pas.

    J’aime ton optimisme, il est constructif, et à l’inverse du pessimisme bien noir de certains, qui lui démoli sans rien proposer, il donne espoir…

    Ces femmes sont belles par leur courage et leur force ,elles sont l’avenir de votre pays

  27. Hicham says:

    Je trouve ton texte magnifique !!!

  28. Aïsha Q. says:

    Je suis d’accord pour Fatima, Hlima, Khadija, Zahra, Fadila et même Aziza la télé-conseillère… Mais question “marocaine lambda, femme du peuple, courageuse, travailleuse, sérieuse”, tu as oublié la célebrissime inconnue, dénommée, Aïsha Q.
    Snif, snif…..