Le président de la République algérienne Abdelaziz Bouteflika a été réélu, pour exercer un troisième mandat. Peut-on parler d’un événement, alors que depuis des semaines tout semblait organisé pour que le résultat du scrutin soit bien celui-là.

Seul candidat crédible, seul candidat ayant accès aux médias officiels, seul candidat bénéficiant de tous les moyens de l’état pour mener sa campagne, seul candidat à avoir une chance d’être élu, seul candidat à bénéficier du soutien logistique d’un parti, seul candidat à avoir exercé le pouvoir et à en connaître les arcanes et les arnaques, Abdelaziz BOUTEFLIKA a été le seul candidat à pouvoir devenir (ou plutôt à rester) président !

Les chiffres avancés concernant la participation et ceux relatifs aux voix recueillis par Abdelaziz BOUTEFLIKA n’ont dès lors aucune importance, sinon celle de légitimer autant que faire se peut ce plébiscite. Alors 30 ou 75 % de participation, c’est juste un détail statistique ! Tout comme les 90% de suffrages concentrés sur le président sortant ! Même les 4 % glanés par Louiza Hanoun, la gauchiste historique, la Arlette Laguiller locale, restent anecdotiques, même si elle a quadruplé son score en regard à la dernière élection.

La messe avait déjà été dite, dès lors que la constitution algérienne avait été « bricolée », par un parlement soumis, sans recours au référendum et que la voie royale vers un troisième mandat a été ouverte devant Abdelaziz BOUTEFLIKA.

La vraie question qui se pose et qui mérite une réponse est celle-là : QUI TIRE VERITABLEMENT LES FICELLES POLITIQUES EN ALGERIE ?

A mon humble avis, pas un vieux monsieur de 72 ans, gravement malade de surcroît, sans base clanique ni tribale, sans assise politique.

Rappelons-nous, il y a dix ans Abdelaziz BOUTEFLIKA a été tiré, tout comme le regretté Ahmed BOUDIAF, des profondeurs de l’oubli historique.  Rappelé de  son exil doré auprès des émirs du Golfe, il s’est présenté à la présidence en tant que candidat “indépendant”.  Cette notion de candidat “indépendant” avait-elle un sens dans une Algérie où l’armée atoujours été derrière la désignation du chef de l’état, de Benbella à Zéroual en passant par Benjedid ?

Et contrairement à Ahmed BOUDIAF, s’il a survécu, physiquement et politiquement, c’est qu’il a su ne pas déplaire à ses commanditaires, quelque ils soient !

3 Comments on BOUTEFLIKA REELU : UN NON-EVENEMENT!

  1. photoeil says:

    Qu’est-ce qu’il y a comme républiques déguisées en fausses monarchies!
    Ce n’est pas demain l’éveil!
    Bonne fin de semaine lumineuse!

  2. Emomo says:

    J’attends le jour où cette mise en scène s’arrêtera. Franchement, ils me font de la peine les algériens lambda qui ont du pain sur la planche dans leur quotidien en dépit du pétrole.

  3. Ahmed says:

    L’anti-spam m’incite à voter! Et oui, on peut donner l’impression qu’une urne représente le choix des citoyens. Mais, souvent, malheureusement, le scénario est écrit longtemps à l’avance, le reste n’étant qu’une mise en scène honteuse qui empêche les peuples d’aller vers un avenir négocié et un horizon où les rapports de force peuvent, progressivement, s’exprimer et construire un paysage poloitique équilibré, soucieux des intérêts de TOUS.

    A l’heure où les états se choisissent des leaders politiques jeunes et enthousiastes, visionnaires et charismatiques, sources d’espoir et de changement, nos voisins algériens se voient imposé un vieil homme qui ne croit pas lui-même en ce qu’il peut dire ou promettre. Le vrai pouvoir est ailleurs et tout le monde, hypocritement, félicité le nouveau non-président d’une non-république, … nothing new under the sun … business as usual. La lutte pour une véritable indépendance continue en Algérie … aussi.