SEISME POLITIQUE ou SIMPLE SECOUSSE TELLURIQUE MANAGERIALE ?

Depuis quelques jours, le Maroc dans son ensemble parle de “séisme politique” – ZILZAL SIYASSI – après d’abord le limogeage de quelques ministres, dont l’un figure parmi les plus grands, les plus fidèles et peut-être les meilleurs serviteurs de l’état et ensuite l’éviction de la vie publique à venir de plusieurs autres hauts responsables.

Tout cela intervient après les résultats de l’enquête menée par la Cour des Comptes, qui a recoupé, repris et surement approfondi les investigations menées, sous le direction de Madame la Wali Zineb EL ADAOUI, par l’Inspection Générale des Finances (jadis un corps d’une compétence reconnue par tous, mis qu’en reste-t-il actuellement) et par l’Inspection Générale du Ministère de l’Intérieur (redoutée par les élus locaux et par les agents d’autorité en place).

Des conclusions ont été tirées dont la première et non la moindre est que “l’examen des documents et des informations disponibles à ce jour n’a pas révélé de malversations ou de détournements”

Par contre, le rapport de la Cour des Comptes relève “des dysfonctionnements, à la fois dans la phase préparatoire du programme AL HOCEIMA MAMARAT AL MOTAWASSIT, dans l’élaboration de la Convention-cadre qui le régit et dans sa mise en œuvre”.

A la suite de ce rapport, des décisions sont immédiatement tombées, qui ont ont fait les choux gras de la presse et ont alimenté les discussions de salon.

Des ministres négligents ont été limogés! Des administrateurs connaîtront le même sort pour les mêmes raisons!

Oui, et alors ?

Est-ce assez pour parler de séisme politique? CE N’EST PAS UN SEISME POLITIQUE, mais la simple conséquence d’un comportement anormalement négligent de la part de hauts responsables!

Pour qu’il y ait “séisme politique”, il faut que, au mieux, l’on bouleverse l’architecture du gouvernement, et, au pire, que l’on touche aux institutions du pays!

Pour que l’on puisse parler de “seisme politique”, il faut que les équilibres existants à un moment donné soit rompus et remplacés par un nouvel ajustement des forces politiques en présence !

Or, rien de tout cela ne semble s’être produit ni se profiler à l’horizon, ni à court, ni à moyen ni à long terme!

Il n’est pas question d’élections anticipées, ni de démission du gouvernement, ni de changement de majorité malgré les rumeurs insistantes et surtout fantaisistes.

Seule change la manière d’évaluer l’action des gouvernements et de redresser les dysfonctionnements constatées! Mais dans le cadre d’une structure constitutionnelle et légale qui réunit l’unanimité du pays, qui découle du titre XII de la constitution de 2011 traitant de “LA BONNE GOUVERNANCE“.

Alors séisme politique, ravageur peut-être mais aussi refondateur ou simple secousse tellurique qui replace les plaques tectoniques de la vie publique à leur juste place?

La réponse semble évidente malgré l’unanimité de façade que l’on retrouve dans la classe politique et dans les médias qui on perdu l’habitude de voir la loi s’appliquer et les bonnes pratiques mises en ouvre selon le bon vieux dicton populaire : “LI FARET Y KARET“.

IL EST TEMPS QUE JE PASSE A AUTRE CHOSE…..

Depuis un bon moment, j’y pense et je n’arrive pas à me décider !

Tenir ce blog a été pour moi un plaisir et j’ai toujours dit que tant que j’éprouverai du plaisir je continuerais à bloguer:

En dix ans, beaucoup de choses ont changé….Moi-même, j’ai forcément changé. Ce serait me mentir à moi-même que dire que le Citoyen Hmida des années 2006 à 2010 est le même que celui de ces dernières années.

L’âge, les petites et un peu moins petites défaillances de la santé, ont fini par gagné et mon enthousiasme n’est plus le même. Et reconnaissez-le avec moi, vous ne n’avez pas aider à entretenir cet enthousiasme.

Aussi ai-je décidé de suspendre la publication de mes billets sur ce blog et de passer à autre chose. Je vais reprendre la publication d’un autre genre de prose : des contes pour enfants.

Je me lancerai peut-être dans un autre projet où l’écriture sera moins importante et où l’image prendra le pas !

Et il n’est pas du tout exclu que je continue à faire connaitre mes points de vue sur l’actualité sur un autre support où je croiserai d’autres lecteurs, d’autres commentateurs ….Ou pas !

Il se peut que je revienne à ce blog de manière épisodique parce que je ne voudrais pas qu’il meurt définitivement comme certains l’ont espéré.

En attendant, je ne vous dis pas “adieu” parce que je reviendrais ! Je ne vous dis pas “au revoir” parce que je voudrais revoir sur ce blog les bêtises que les uns et les autres y ont laissées.

Quand j’y reviendrais, ce sera pour mon plaisir personnel : ce plaisir a disparu pour le moment, étouffé par le manque d’intérêt que mes billets suscitent et aussi par l’inanité de la plupart des commentaires, qui quelque soit le sujet proposé ou le débat ouvert, se focalisent sur des questions totalement hors sujet.

C’est un moment très pénible pour moi ….Mais comme je l’ai toujours dit “je m’intéresse à tout et je ne passionne pour rien”! Ce blog a fait partie de ma vie : je m’y suis investi mais il y a autre chose dans la vie!

Alors, trêve de tergiversation ……A un de ces jours, peut-être !

8 MARS : de Bassima HAKAOUI à Malika MALEK

Hier soir, sur le plateau du JT de 2M, Bassima HAKAOUI, notre ministre de la Solidarité, de la Femme, de la Famille et du Développement social. déclarait avec un aplomb assez étonnant sa fierté pour le travail en faveur de la femme marocaine réalisée par son ministère et par le gouvernement auquel elle appartient.

bassima

Ce fut un bel exercice de langue de bois, effectué avec brio, par une femme dont les convictions antiféministes sont de notoriété publique : Jeune Afrique du 19 mars 2015 conclut, dans un article sur “l’antiféministe devenue ministre” qu’ elle a pleuré semble-t-il lors du vote de la famille.

Ce matin avant 7 eures, lors d’un flash-info sur une radio, j’apprends le décès de Madame Malika MALAK, grande journaliste, qui avait travaillé entre autres sur cette même chaîne 2M et sur d’autres médias nationaux et internationaux.

MALIKA-MALAK

La journaliste, atteinte d’une grave maladie, avait dû subir plusieurs opérations avant de succomber à des complications due, semble-t-il, à une grossière erreur médicale, malgré les efforts de l’équipe médicale de l’Hôpital Militaire de Rabat, intervenant sur instructions royales.

Ainsi en quelques heures, on a fait le tour de la situation de la femme dans ce pays !

D’un coté, une PJDiste pure et dure, ministre au portefeuille à rallonge mais sans piouvoir ni surtout sans réelle volonté politique de faire évoluer les choses, qui se pavane devant les caméras de télévision !

De l’autre, une journaliste qui a dédié sa vie à son métier, qui disparait dans des conditions très difficiles, n’ayant bénéficié durant durant sa vie ni de couverture médicale ni sociale, mais de la seule sollicitude roayle!

C’est bien triste à constater….J’aurais voulu écrire un autre billet plus optimiste à l’occasion de ce 8 MARS.

ELECTIONS LEGISLATIVES 2016 : comme toujours, les règles ne sont pas encore fixées

La date des prochaines élections marocaines est fixée au 7 octobre 2016, pile poil avant le second vendredi d’octobre prévu par l’article 65 de la Constitution du 1er Juillet 2011 comme l’ouverture de la première session de la représentation nationale, sous la présidence du souverain.

Fixer cette date n’a pas été une mince affaire, chaque parti ayant un intérêt quelconque à l’avancer ou à la reculer, pour des raisons purement internes d’organisation, de préparation ou de logistique électorale. En fait, rien de vraiment hautement important pour la nation, pour les électeurs ou pour l’avenir du pays!

Bref, les prochaines élections législatives auront donc lieu le vendredi 7 octobre prochain!

Mais comme toujours avant chaque élection législative, nos grands cerveaux politiciens vont encore une fois poser le problème de la loi électorale!

Dans les démocraties qui se respectent, le code électoral est un ensemble de normes fixes, pratiquement immuable, qui règle une fois pour toutes le déroulement des opérations électorales. Seul le découpage des circonscriptions électorales est laissé en général à la discrétion des autorités gouvernementales qui peuvent les changer en fonction notamment de l’évolution démographique du pays.

Le Maroc a la particularité de remettre tous les cinq ans sur le tapis cette fameuse loi électorale : on ajoute un quota de femmes par ici, puis un quota de jeunes, on estime que les jeunes n’ont rien apporté de positif, on veut diminuer ou supprimer le quota qu’on leur a attribué hier!

La rumeur parle d’un changement du seuil de représentativité pour permettre aux petits partis de figurer ou non sous la coupole du Parlement ! Hier, l’USFP, parti encore fort et bien installé dans la société marocaine, donc surement de sa représentativité, défendait un seuil haut ; aujourd’hui, l’USFP, parti exsangue, miné par la dissidence et vidé de ses militants, se positionne pour la baisse de ce seuil, seul moyen pour que l’ex-grand parti ait une chance d’avoir des représentants au parlement!

Ainsi, on arrive à la veille des élections et les électeurs ne sont pas totalement et convenablement informés du déroulement des opérations électorales!

Et l’on s’étonne du taux d’abstention!

Pendant ce temps, personne ne semble pressé d’introduire dans cette loi électorale l’obligation de communiquer officiellement le nombre de voix obtenues par chaque élu, avec le détail des voix recueillies par bureau de vote et par circonscription.

Encore une fois, le Maroc va donc s’engager dans une campagne électorale puis dans une opération électorale proprement dite avec surement de nouvelles modifications, qui auront été décidées pour plaire ou complaire aux dirigeants des partis politiques.

Dans quelques mois, les marocain(e)s iront aux urnes et encore une fois, on regrettera un taux de participation plus que moyen!

Encore une fois, de ces élections sortira un parlement balkanisé, éclaté, atomisé qui donnera naissance à un gouvernement-mosaïque qui vu de loin à l’air d’un vrai gouvernement mais qui ne résistera pas à un examen de près!

La démocratie est dure à apprendre, encore plus dure à assimiler et extrêmement dure à mettre en oeuvre! Le Maroc s’y applique depuis l’indépendance ! Heureusement qu’il n’y pas de date de péremption !

2015, leur dernière année ….

Cette année a été cruelle pour notre mémoire collective : nous avons vu partir des grandes figures de notre histoire récente, des femmes et des hommes qui ont été les emblèmes du Maroc moderne !

Nous avons dit adieu à de grands noms de la pensée marocaine moderne : la sociologue Fatima MERNISSI, l’historien Abdelhadi TAZI, les journalistes-écrivains Mohamed-Larbi MESSARI et Mustapha MESNAOUI.

Des hommes qui ont marqué de leur empreintre la sport national et notamment le football nous ont laissé des souvenirs plein la tête comme le grand Driss BAMOUS et le plus discret Mustapha EL KHEIDER.

Le monde artistique traditionnel a aussi son lourd tribut à la mort avec la disparition du maître du malhoun Hadj Mohamed BOUZOUBAA, du virtuose du luth Amr TANTAOUI, le violoniste populaire Mustapha MOUNAFIE, l’un des piliers dugroupe Tagada, Ammouiri MBAREK chef de file de la rénovation de la musique amazigh et Ahmed AMENTAG le dernier grand raiss de la musique traditionnelle soussie.

La sphère des hautes personnalités du Maroc n’ pas été épargnée : nous regretterons la disparition de Zoulikha NACIRI, la première femme officiellement nommée conseillère du souverain et celle du général Abdelaziz BENANI.

Deux dames qui ont servi l’art dramatique et le théâtre marocain ont tiré leur ultime révérence durant cette année : Fatima BENMEZIANE et Zineb SMAIKI.

Nous regretterons aussi la disparition prématurée de Abdelllah CHAKROUN, ce jeune inventeur autodidacte qui avait déclaré que “le progrès ou l’échec de notre pays repose entre les mains de sa jeunesse”.

Des personnalités qui ont bien connu le Maroc sont parties aussi cette année : Francisco SMALTO, le couturier italien qui a habillé durant de longues années le ban et l’arrière-ban du ghotta marocain ou l’homme politique algérien Houcine AIT AHLED, opposant historique au régime algérien.

D’autres noms ont surement échappé à cette liste!

Que tous ces disparus reposent en paix!

2015, année de tous les conflits …

Une information effarante est tombée ce jeudi 17 décembre 2015 : l’UNICIEF révèle que UN nouveau-né sur HUIT a vu le jour dans une zone de conflit!

Ce chiffre ahurissant peut être lu autrement, de manière encore plus dramatique :

> Plus de 16.000.000 d’enfants sont nés durant cette année dans zones de conflits.

> Toutes les 2 secondes, un nouveau-né voit le jour au milieu d’un conflit.

> Plus de 250 millions d’enfants vivent dans des pays ou des régions en proie à un conflit.

> Plus de 250 millions d’enfants – soit un sur neuf – vivent dans des zones en proie à un conflit.

Le mot qui revient en leitmotiv est : CONFLIT ! On peut donc dire que 2015 est l’année des conflits!

Un simple coup d’œil sur une mappemonde confirme que les conflits et les guerres n’épargnent pas une grande partie du monde, tout en se concentrant en Afrique et au Moyen Orient :

conflits

La liste des pays du monde en guerre ou en conflit relève de la litanie et les médias et leurs consommateurs ont même perdu tout intérêt pour ce qui s’y passe, tant la violence s’y est installée de manière quasi permanente et est devenue à la limité quotidienne!

Les attentats et les attaques terroristes en Irak et en Syrie, malgré le nombre impressionant de victimes ne font plus la une des journaux et l’ouverture des journaux télévisés.

Les victimes en Afrique – au Mali, au Tchad, au Nigéria, n’intéressent que quand elles sont des occidentaux, civils ou militaires.

Le Yémen en proie, dans l’indifférence générale de la communauté, à on ne sait exactement pas trop quelle guerre – civile ou pas, insurrectionnelle ou pas, religieuse ou pas.

La Libye est éclatée entre factions armées rivales qui font régner le désordre le plus total dans ce pays, dont quelques politiciens essaient, sans grands espoirs, de reprendre le destin main à travers des conférences tenues à l’étranger!

La Somalie, pays plongé dans l’anarchie depuis des années, et le Soudan, divisé en deux par la volonté totalement irresponsable de l’ONU, sont des foyers de conflits armés, d’insécurité et de combats dont on ne sait pas grand chose.

La Palestine, occupée sinon colonisée systématiquement, connait des soubresauts ininterrompus depuis des décennies, avec des pics de violences qui constituent parfois des véritables actes de guerre, une guerre menée par une armée régulière d’occupation contre une population civile.

En plein centre de l’Europe, l’Ukraine traverse une zone de turbulence et d’instabilité qui semble pour le moment en phase d’apaisement que le moindre incident peut rompre. La reprise des combats n’est donc pas à exclure dans cette région.

En Asie, rien ne semble réglé en Afghanistan et au Pakistan, où les Talibans renaissent constamment de leurs cendres et imposent leur présence avec ce que cela comporte comme conséquence pour la stabilité de la région.

D’autres conflits intérieurs ou extérieurs, plus discrets ou moins médiatisés, couvent en Extrême-Orient dominé par la Chine :

– l’opposition entre les Hans et les Ouïghours musulmans turcophones.

– le calme précaire qui prévaut au Tibet.

– les tensions frontalières maritimes avec le Japon et les Philippines.

Seule l’Amérique semble échapper aux conflits armée, encore que la guerre contre les nacro-trafiquants et les conflits internes entre les différents cartels, en Colombie, en Bolivie, au Mexique, préoccupent très sérieusement les autorités et parfois les déstabilisent.

Année sanglante, 2015….Oui, puisque c’est une année de conflits!

2015, année sanglante…

L’année 2015 qui s’achève dans quelques jours va laisser dans nos mémoires des traces sanglantes!

Dès les premiers jours de cette année funeste, les esprits ont été frppés par les attentats contre Charlie Hebdo où pratiquement toute l’équipe de caricaturistes de la publication satirique a été décimée, avant que les événement ne prennent un autre tournant et se termine par une prise d’otages meurtrière dans un super marché cacher!

Et depuis, les morts, les massacres, les attentats, les catastrophes naturelles ou autres, les tueries racistes, politiques ou pire religieuses, n’ont pas arrêté de marquer le déroulement de cette année macabre.

Sans prétendre à l’exhaustivité, je reprends ci-dessous les événements tragiques qui ont marqué cette terrible année 2015, en espérant de tout cœur que, d’ici le 31 décembre, le monde n’aura pas d’autres morts tragiques à déplorer:

ATTENTATS

janvier : attaques de Charlie Hebdo et Hyper Cacher à Paris (17 morts)

mars : attaque au Munsée de Bardo, Tunis (27 morts).

avril : attentat à l’université de Garissa, Kénya (152 morts).

juin : attentat de Sousse, Tunisie (38 morts).

octobre : attentat à la bombe à Ankara, Turquie (102 morts).
Airbus A321 russe s’écrase en Egypte (224 morts).

novembre : double attentat à Beyrouth (43 morts).
attentats de Paris (Bataclan et autres sites) (130 morts).
prise d’otages à l’Hotel Radisson Blu de Bamako, Mali. (27 morts).
attentat contre la garde présidentielle Tunis (12 morts).

décembre : attaque de San Bernandino USA (14 morts).

En plus il faut signaler de nombreux attentats en Afrique Sahalienne revendiqués par Boko Haram ou d’autres organisations islamistes radicales (plusieurs dizaines de morts)

ATTENTATS CONTRE DES MOSQUEES

mars : 2 attentats contre des mosquées à Sanaa, Yemen chiites (142 morts).

août : attaque contre une mosquée à Abha, Arabie Saoudite (12 morts.)

septembre : attaque d’une mosquée à Sanaa, Yémen, le jour de l’Aid-Adha (24 morts).

octobre : 2 attentats dans 2 mosquées à Yola, Nigeria (55 morts).

ATTENTATS RACISTES

juin : Un jeune américains tue neuf noirs dans une église de Charleston, Caroline du Sud , USA.

CATASTROPHES

mars : crash d’un Airbus A320 allemand à Barcelonette (150 morts)

avril : naufrage d’une embarcation d’immigrés clandestins au large de la Libye (700 morts)
séisme extrêmement violent au Népal (7800 morts).

septembre : chute d’une grue dans un chantier à la Mecque (100 morts)

octobre : bousculade à Mina (Saoudie) (2230 morts)

Ainsi donc durant cette année de sinistre mémoire, rien n’aura été épargné : les hommes, la technique et la nature se sont acharnés contre des femmes et des hommes innocents.

UN LIVRE SUR “LES ÉVÉNEMENTS DU RIF” QUI LAISSE UN GOUT D’INACHEVÉ….

A plusieurs égards, je me devais de lire ce livre : je connais personnellement l’auteur, j’ai vécu de longues années à Al Hoceima dont je garde de formidables souvenirs humains, j’ai essayé de m’imprégner avec un certain succès de l’ambiance particulière de cette région et j’ai tenté d’en pénétrer sans y parvenir les secrets.

SUR LA VOIE DES INSOUMIS, du docteur M’hamed LACHKAR, paru il y a quelques semaines chez JL Editions devait tomber à point nommé donc dans ma quête jamais interrompue et dans mon intérêt jamais démenti pour le Rif, où je puise en partie mes propres racines.

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M’Hmaed LACHKAR, chirurgien et militant associatif n’est ni historien, ni sociologue, ni homme politique, juste un marocain qui à moment de sa vie a décidé de se raconter. Il avait commencé avec COURBIS dont j’avais rendu compte ici-même.

Dans ce “roman” – qui n’en est pas un en fait, ce serait un début d’autobiographie inachevée – M’Hamed (je crois que je peux le désigner par son prénom ) aborde que qu’il est convenu dans l’histoire moderne du Maroc d’appeler “les événements du Rif”.

Il nous raconte à travers ses souvenirs d’enfant – il a avait à l’époque 8 à 9 ans – le tragique déroulement de ce qui avait fini par marquer pratiquement tout le règne de Hassan II. On retrouve les stigmates de ces événements tout au long de la vie du défunt monarque.

Les souvenirs d’enfant, même s’ils sont étayés de témoignages recueillis des décennies plus tard, ne retraceront jamais la véritable histoire et c’est ce qui fait à la fois la force et la faiblesse de cet ouvrage.

Il fallait qu’il soit écrit : M’hamed l’a fait, à sa manière, brute et abrupte! Bien sûr tout n’est pas dit, tout n’est pas expliqué : mais un gosse d’une dizaine d’années qui voit le monde s’écrouler autour de lui pouvait détenir les clés de cette catastrophe? Surement pas !

Mais l’adulte qui revisite sa propre enfance aurait pu gratter un peu plus et commencer à nous donner un début d’explication à cette tragédie

Pourquoi les riffains se sont-ils révoltés en 1958 et pourquoi ont-ils pris les armes? Contre qui exactement, Contre quoi? Qui les a poussés? Qui leur a fait miroiter le mirage d’une chimérique indépendance que même leur héros mythique Abdelkrim Khattabi avait fini par enterrer?

Bien sûr, l’enfant M’hamed n’avait les réponses, mais le docteur Lachkar se devait de les rechercher et de les révéler, du moins partiellement.

Il faut espérer que la publication de ce livre ouvrira la voie à d’autres publications, plus académiques, plus scientifiques, plus rigoureuses, qui éclaireront les générations à venir sur cette période de notre histoire moderne.

L’ambiance générale du pays s’y prête de façon parfaite: la réconciliation est totale entre le trône et ces régions hier encore stigmatisées, oubliées et marginalisées.

Peut-être même que le docteur M’Hamed LACHKAR, une fois débarrassé de démons personnels qui hantaient ses souvenirs d’enfant, participera-t-il à la découverte de la vérité historique.

A l’occasion de la sortie de son premier livre, j’avais écrit “un écrivain est né” ! J’ai envie cette fois d’espérer que “un historien est en train de naître”.

Rendez-vous à ton prochain ouvrage, khouya M’Hamed!

P.S. : deux petites remarques de forme quand même :

> une attention plus rigoureuse aurait due être portée par les correcteurs.

> une carte de la région, même sommaire, aurait grandement facilité la vision des choses.

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Je ne trouve rien de mieux pour aborder cette nouvele année de l’Hégire que mon tweet :

GRECE : après la voix du peuple, les voix des parlementaires !

Le premier ministre grec TSIPRAS a joué le week-end dernier un très coup de poker, sans aucun carte en main, sans aucun jeton sur la table et il a gagné!

Il a obtenu que plus de 60 % des votants frecs se rallient autour de l’idée de dire “OXI” – c’est à dire NON – aux exigences des créanciers grecs!

C’était courageux ! C’était digne ! C’était beau ! Mais ce n’était pas réaliste!

Alors Tspiras, en énorme homme politique qu’il est, est redescendu sur terre : après avoir dit leurs quatre vérités et aux grecs et à leurs créanciers, à la tribune du Parlement européen, il a présenté un plan de réformes – approuvé par 251 parlementaires sur 300 alors que quelques centaines de manifestants hostiles au plan battaient le pavé sur l’esplanade du Parlement!

Un plan de réforme plus dur pour les grecs que celui qu’ils ont rejeté il y a moins d’une semaine!

Cynisme politique de Tspras ou juste retour à la réalité des choses, cette réalité incontournable économique et financière! Tspipras avoue devant son parlement que : A partir de maintenant, nous sommes en terrain miné!

Quelle sera la réponse de l’Union Européenne au premier ministre grec?

Quelle qu’elle soit – et elle sera surement positive, à moins d’une énorme dose de mauvaise foi des bureaucrates européens – la Grèce aura eu le privilège, pour l’instant uniquement moral – d’avoir tenu tête jusqu’au bout à l’Europe de Bruxelles, d’avoir mis au goût du jour une Europe plus politique, plus humaine même si au final la finance a prévalu!

Pourtant des questions restent sans réponses :

> Pourquoi s’en prendre au régime des retraites et épargner les armateurs protéger par la constitution du pays?

> Pourquoi exiger que les Grecs travaillent jusqu’à 67 ans alors que la France peine à relever l’âge de retraie des ses travailleurs?

> Pourquoi alourdir la fiscalité sur les secteurs qui font vivre la Grèce, notamment le tourisme?


Tout cela pour arriver, peut-être un jour à un éventuel rééchelonnement de la dette grecque, car son effacement est quasiment impossible, tant du point de vue juridique que politique!

La Grèce et son gouvernement auront en tout cas entrepris tout ce qui était politiquement possible pour sortir d’une crise que les dirigeants antérieurs du pays auront créée et entretenue, avec la bénédiction aveugle et irresponsable des bureaucrates de Bruxelles et des faux-experts du F.M.I.

SI MÊME LA GRANDE DAME EST CONTAMINÉE….

Quand j’ai découvert l’information, je n’en ai pas cru mes yeux !

Ne connaissant pas la source, je l’ai trouvée douteuse ! Pourtant kafapresse.com semblait sûre de son fait, illustrant son article d’une photo de la personne citée et avançant même un début d’explication!

J’ai, bien sûr et immédiatement, cherché à recouper l’information ailleurs : j’ai trouvé que yabiladi.com, citant Akhbar Al Youm, reprenait textuellement les mêmes éléments.

Le site d’info goud.ma – dont je me méfie toujours – a parlé de cette étrange affaire en donnant quelques détails suplémentaires.

De quoi s’agirait-il? J’emploie encore le conditionnel, car l’information me parait tellement énorme que je ne peux me décider à utiliser un mode affirmatif!

Le Directeur Général de Bank Al Maghrib aurait été “arrêté et détenu pendant 4 jours pour émission de chèque sans provision d’un montant de DH 2.850.000,-”

Ainsi donc, le directeur général de la banque centrale chargée de veiller au bon fonctionnement du système bancaire et au respect de la loi bancaire aurait donc commis l’inconcevable : ÉMETTRE UN CHÈQUE SANS PROVISION !

Émettre un chèque sans provision pour le Directeur Général de Bank Al Maghrib, c’est comme …….

Tirer un chèque en bois pour le n° 2 de l’Institut d’Emission, c’est comme ……

Les comparaisons qui me viennent à l’esprit sont tellement violentes que je ne peux les citer ici : mais il semble bien que le gardien du temple ait violé les règles du temple !

Que le gardien du temple viole les lois du temple me semble inconcevable!

En quête de plus d’informations, je tombe sur le site de BANK AL MAGHRIB qui affiche depuis plusieurs heures un message d’erreur !

Je n’en tire aucune conclusion, je constate ! Mais il faut bien croire qu’il y a anguille sous roche! D’ailleurs à l’heure où j’écris ces lignes, le site est toujours inaccessible.

Il faut pour bien comprendre mon étonnement, que dis-je ma stupéfaction, face à cette nouvelle, savoir que BANK AL MAGHRIB figure parmi les institutions les plus respectables de ce pays!

Depuis sa création en 1959, la “Grande Dame” comme elle surnommée dans le monde de la finance et de la banque, l’institut d’émission a toujours joui d’un aura spécial, mais mérité! Pas de scandales, pas de remous, pas de détournements, pas corruption!

Bien sûr, comme toute structure, employant des milliers de personnes, de l’économiste le plus pointu au technicien de base, du juriste spécialisé au chargé de clientèle, de l’ingénieur hautement qualifié au manipulateur/manutentionnaire, on a dû bien y observer quelques incidents, réglés dans le cadre du droit et des règles de déontologie et dans le respect des uns et des autres.

Il faut rappeler aussi que du temps où les chèques étaient un moyen de paiement très rarement utilisé, la personne qui sortait son chéquier BANQUE DU MAROC (ancêtre de Bank Al Maghrib) pouvait régler ses dépenses sans aucun problèmes, partout dans le pays, même dans les endroits les plus reculés. On savait qu’un chèque BANQUE DU MAROC ne pouvait être sujet à caution et serait réglé rubis sur l’ongle!

Alors quand j’apprends que le directeur général de Bank Al Ml Maghrib a (aurait) émis un chèque non provisionné de 2.850.000 dihrams, je crois être en droit d’être d’abord étonné et surtout scandalisé!

Je ne veux pas commenter les suites judiciaires qui ont été données à cette bien triste affaire – les sources d’information n’étant pas suffisamment compétentes pour donner des renseignements complets et crédibles – mais je suis atterré par cette histoire! Quels qu’en soient les tenants et les aboutissants!

Si même la Grande Dame est contaminée, si un de ses plus hauts dirigeants est impliqué de près ou de loin dans des magouilles, même personnelles, je crois qu’il faut désespérer de tout dans ce pays!

En toute honnêteté, j’ai l’impression que toute cette histoire est une grosse farce, sans queue ni tête ! J’espère de tout mon coeur qu’il en soit ainsi!

P.S. ajouté le 2 juin 2015 à 20 h 40 !

Du nouveau dans cette affaire avec cet article du quotidien LES ECO, comportant des déclarations du Wali de Bank Al Maghrib!
Ces déclarations n’enlèvent rien à la gravité de l’acte de son second, dans le cas où les faits seraient avérés! Il devrait dans ce cas en tirer les conclusions qui s’imposent pour l’honneur de son institution.

Par ailleurs, le site de Bank Al Maghrib est redevenu accessible depuis quelques heures!

VITE TOURNONS LA PAGE DE 2014 …..

L’année 2014 s’éteint dans la grisaille des brunes et le froid humide  d’un hiver pas très sympathique!

Cette année nous aura laissé des traces difficiles à oublier!

Beaucoup de nos compatriotes sont morts dans des circonstances qui auraient pu être évitées, bien que pas forcément prévues !

Des constructions  s’effondrent, ici et là! Vétustes, menaçant ruine, sous le coup de décision d’expulsion, elles abritaient encore des personnes qui refusent de les quitter!

Pourquoi ces drames?

Un immeuble s’écroule en plein centre ville de Casablanca, faisant plus d’une vingtaine de morts! A qui la faute? Au(x) propriétaire(x)?  Aux autorités élues ou administratives qui ont délivré (ou pas) les autorisations d’entreprendre les travaux?

Quelles leçons ont été tirées de ces drames? Aucune, apparemment!

Des compatriotes sont emportés par des oueds en crue, à la suite d’innondations aussi subites que diluviennes! Ces drames auraient-ils pu être évités? En partie, certainement!

On ne construit pas dans le lit d’un oued, on ne traverse pas un radier sans prendre des précautions!

Mais ces constructions n’auraient dû jamais voir le jour si, encore une fois, les autorités administratives et les élus avaient fait leur travail de contrôle et si les normes réglementaires avaient été respectées!

L’année 2014 aura été une année qui a mis à nu notre système de gouvernance locale !

A la veille des prochaines échéances électorales pour les scrutins communaux, municipaux et régionaux, cette année 2014 aura été un grand coup de semonce destiné et aux électeur/trices , sommés de choisir des meilleurs représentants, et aux élu(e)s sommés d’être plus responsables de leurs actes!

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Mais cette tragédie n’a pas été totalement inutile !

Elle a permis de révéler encore une fois que le sentiment de citoyenneté et de générosité citoyenne est encore vivace parmi nos compatriotes!

L’opération #100DHpouraider lancée par une poignée de twittos a permis en quels jours de réunir une somme très conséquente qui a été consacrée à l’aide des victimes de ces inondations!

D’autres opérations du même genre menées par des citoyen(ne)s jaloux de leur pays ont permis de pallier les insuffisances de l’intervention des autorités locales ou nationales!

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Le Maroc a perdu cette année plusieurs de ses fils qui ont marqué leur temps par leurs actions ou leurs idées, artistes, politiciens, penseurs, sportifs ou journalistes :

  • Mohamed M’JID
  • Mohamed LAROUSSI
  • Mohamed GUESSOUS
  • El Mahdi MANDJRA
  • Abellah BAHA
  • Khadija SIFI
  • Mohmaed BASTAOUI
  • Ahmed ZAYDI
  • Farid BELKAHIA
  • Abdelkader BRAZI

Je ne peux les citer tous, mais je m’incline reszpsteusement devant la mémoire de tous ceux que qui nous ont quitté cette année!

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A l’étranger, cette année 2014 aura été marquée deux gros points noirs !

Encore une fois, les populations de GAZA ont été les victimes innocentes de la double folie des dirigeants d’Israël et de ceux du Hamas! Des centaines de morts, des milliers de blessés, des dizaines de milliers de personnes traumatisées, déplacées, sans aucun secours, enfermées dans une prison à ciel ouvert, encadrées par des gardes-chiourme barbus et fanatiques et entourées de kapos à kipa tout aussi fanatiques!

La énième opération israélienne sur Gaza n’aura apporté le moindre début de commencement à la solution du problème! Les civils de Gaza continueront à attendre stoïquement le prochain  bombardement, les prochaines destructions, le prochain malheur!

Sauf si le monde bouge….Sauf  le monde prend conscience…Et cela commence par quelques frémissements ….Des parlement européens qui demandent symboliquement la reconnaissance de la Palestine en tant qu’état….Des gouverment qui la reconnaissent déjà…
Mais cela reste du domaine du symbole !

Deuxième point noir de l’année : l’émergence aussi soudaine que dévatratrice du mouvement DAECH!

Avec son lot de viole nces, de morts, d’exécutions, de viols, de déplacements de populations, de bombardements!

Avec l’intervention des occidentaux, dès qu’un des leurs est touché!

Cela dure depuis six mois et rien ne semble arrêter ce phénomène, qui commence à faire tâche d’huile dans les autres pays! Ici tel groupe armé islamiste fait allégeance au chimérique et mythomane “calife” Al Baghdadi! Là des personnes s’en revendiquant plus ou moins clairement commettent des actes criminels!

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D’autres événements bien sûr auront marqué cette année 2014, comme la Coupe du Monde du Brésil jouée en dépit de la colère du peuples brésilien, jouée parce que la FIFA est plus importante que les états, jouée et perdue par le Brésil dont l’équipe ne la méritait  pas mais qui aurait apporté du baume au cœur du peuple brésilien!

L’Ukraine qui a connu la guerre civile, l’Afrique dont une partie est décimée par le virus Ebola!, les USA qui font semblant de reconcilier avec les communistes de Cuba pour mieux taper sur les communistes de Corée du Nord!

Le pétrole qui baisse pas pour le bien des populations du monde, mais pour étouffer l’économie russe et celle d’Iran au passage!

Bref, des tas d’étrangetés qui ont marqué cette année 2014! D’autres aussi que j’ai oubliées ou négligées!

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Pour finir, une tragi-comédie nationale : un stade presque refait à neuf, une pelouse inondé après quelques gouttes de pluie tout ce qu’il a de normal pour Rabat et pour la saison, une fête populaire qui tourne au ridicule du fait de l’inconséquence d’un ministre irresponsable qui  refuse d’assurer sa part dans le désastre!

OUBLIONS DONC CETTE ANNÉE 2014 LE PLUS VITE POSSIBLE et tournons la page!

2015 sera pleine de défis à relever pour notre pays!

 

 

 

 

MONDIALITO : la blanche colombe loin derrière l’aigle vert !

Hier soir le Moghreb Atlhetic de Tétouan a montré ses limites et les limites du foot-ball national!

Il ne faut lui en vouloir, ni se gausser de leur défaite : la blanche colombe, la Paloma Blanca, n’a pas réussi à prendre son envol dans cette compétion qui réunit les grands du foot-ball mondial!

L’année dernière le RAJA de Casablanca  avait crée l’évènement, la surprise, le buzz comme on dit en arrivant à la finale de la même compétition et en s’inclinant face à un élégant BAYERN DE MUNICH qui aurait les écraser mais qui a choisi une victoire nette mais honorable pour les adversaires d’un soir!

Les “Palomeros”  ont  joué devant un stade comble, un public enthousiaste, tout acquis à leur cause, espérant voir se renouveler le résultat du Raja ! Mais après une heure et demi d’eefots poussifs, puis d’une demi heure d’efforts inutiles et d’une série de penalties où tout était possible, le MAT  a fait pschitt et a quitté le Mondialito !

Résultat normal !

On ne peut demander à une équipe qui n’a à son compteur que deux titres de champion du Maroc de faire des miracles!

Les Aigles Verts du Raja ont une histoire et une expérience rare dans le football  marocain!

Leur “exploit” de l’édition 2013 du Mondualito est explicable donc , tout comme la période de léthargie qui l’a suivi.

Les deux résultats – celui du RAJA comme celui du MAT – sont symptomatiques de l’état global de notre football : un moment d’illumination et de rêve peut être possible, comme une défaite bête et stupide l’est!

La blanche colombe a fait un petit tour au ras de la pelouse, hier soir, dans le stade de Rabat !  Elle n’a pas atteint le petit nuage sur lequel le RAJA nous avait posé il y a un an!

Encore une fois, le résultat est normal ! N’accablons pas trop les pauvres “Palomeros” ! Ils doivent être bien tristes!

 

Seuls qui ont connu Venise sauront apprécier….

Voilà un petit recueil de nouvelles d’une auteure inconnue du grand public, publié par une maison d’édition presque confidentielle spécialisée dans les auteurs méritant d’être encouragés.

venise

 

L’auteure – Dominique PARAVEL – française installée à Venise depuis bientôt trois décennies a voué sa carrière à la Cité des Doges où elle enseigne tout en participant à faire connaitre la ville, son histoire et sa civilisation.

Le recueil “NOUVELLES VÉNITIENNES”  paru en avril 2011 chez l’éditeur Serge SAFRAN nous entraîne dans l’histoire complexe et compliquée de cette cité qui a tour à tour été surnommée, chaque fois à bon escient,  « Sérénissime », « Reine de l’Adriatique », « Cité des Eaux »,  « Cité des Masques »,  « Cité des Ponts » ou simplement « Cité flottante ».

Les sept nouvelles composant ce recueil peuvent paraitre pour le lecteur lambda sans intérêt spécial : en effet, l’un des éléments fondamentaux de la nouvelle, à savoir la chute, est escamoté  dans la plupart de ces textes. Souvent, l’intrigue est pratiquement inconsistante!

En fait, c’est comme si l’auteure n’accordait pas à ces composantes une importance primordiale.

Dominique PARAVEL a surtout focalisé sur l’ambiance très particulière qui a régné sur Venise, durant toute son histoire et qui continue à y régner!

C’est pour cette raison que j’ai donné à mon billet ce titre sibyllin :  “Seuls qui ont connu Venise sauront apprécier….”. Je suis sûr qu’un lecteur napolitain ou génois, romain ou florentin, milanais ou sicilien, trouvera que l’auteure de ces nouvelles donne trop d’importance aux mystères qui entoure cette ville! Que dire alors d’un lecteur non italien!

Mais quand vous avez visité Venise, quand vous avez respiré  l’air très spécial de cette ville, quand votre regard se sera arrêté sur les murs de ces palais délabrés, quand vos pieds auront pataugé dans l’eau glauque de la superbe place San Marco après le retrait de la marée, quand vos narines auront frémi à l’odeur des algues, de la mer, du mazout, des poissons, quand votre mémoire aura remonté entre deux ponts des siècles d’histoire, quand vous aurez marché des heures le long des murs en ruine sans avoir à éviter une automobile, quand vous serez passé en gondole sous le Pont des Soupirs, quand vous aurez vu les pompiers, les policiers, les ambulanciers les taxis circuler en “vaporeto”, quand vous serez sorti de la gare de Venezia-Santa Lucia et que vous vous serez trouvé en face du Grand Canal,  peut-être alors vous pouvez comprendre le sens profond des nouvelles que Dominique PARAVEL a concocté pour ses lecteurs!

Les sept récits balaient l’histoire de Venise : du XIIème siècle quand la Cité, au sommet de sa gloire et de sa puissance, abritait  les aventures de ce téméraire et imprévoyant joueur de dés   jusq’au XXème  où elle n’est plus qu’une destination touristique pour gogos en croisières lowcost dans laquelle un photographe d’agence cherche à réaliser des prises de vues originales.

Il faut lire  ces récits en se rappelant tout ce  que Venise a inspiré aux poètes, aux romanciers, aux cinéastes, aux artistes de tous genres, chanteurs, peintres, artisans, orfèvres, verriers, sculpteurs!

Vous comprendrez alors la finesse de la nouvelle intitulée “Le goût du chocolat” qui évoque les tourments d’une jeune et très laide  cantatrice mezzo-soprano, orpheline dont la vie est dédiée à Dieu et au chant mais qui ne veut pas “mourir sans qu’un homme lui ait caressé les seins”.

Vous pouvez aussi apprécier ….Non, je ne vous en dirais pas plus ….Il n’y a que sept textes!

A vous de les découvrir et de les déguster comme une glace préparée par le maitre-glacier de la Gelateria Alaska ou de les siroter comme un café à la terrasse du Florian.

 

P.S. : Je parle de Venise avec une énorme nostalgie : j’y étais en 1979 et j’en garde le souvenir “d’une très belle dame infirme“, comme je l’ai écrit dans une lettre adressée alors à CitoyennHmidette.