UN ROMAN N ‘EST PAS QU’UNE SUITE D’OBSCÉNITÉS.

La découverte d’auteurs marocains francophones que je ne connais pas a toujours était pour moi un plaisir ; j’aime saluer leur travail quand, à mon humble avis de lecteur lambda, il le mérite. Mais je n’hésite à dire crûment ma éception quand elle doit être exprimée.

Je ne connaissais pas Karim NASSSERI, je ne connaissais pas son roman “LE MARIN DE MOGADOR” publié en 2008 aux Editions LE MANUNISCRIT que je connaissais pas non plus.

MOGADOR

C’est donc avec une curiosité certaine et même bienveillante que j’ai ouvert ce livre.

Mais dès la première phrase j’ai été choqué par la crudité de l’expression : “j’ai longtemps rêvé de me faire baiser dans le lit conjigal de mes parents“!

Après tout, pourquoi pas! Chacun son trip et chacun ses fantasmes! Mais moi, lecteur lambda, je tiens à ce que un roman m’embarque dans un voyage intéressant, inédit, qui me fasse rêver, qui chatouille mon émotion ou ma curiosité.

Les pages qui suivent s’inscrivent dans le même registre de langue et le même champ sémantique : Karim NASSERI y évoque des putains, les cuisses de sa mère, les dérives sexuelles de son père; il parle de ses “jolies fesses fermes.

Honnêtement, ce n’est pas ce que je recherche dans un roman, surtout que ce genre de “littérature” n’apporte aucun éclairage spécial sur les personnages, ni sur l’intrigue ni sur les dialogues.

On a l’impression de Kaim NASSERI est frappé par le syndrome de Gilles de La Tourette et qu’il ne peut se retenir d’écrire de mots choquants, crus, sans raison, juste pour se défouler.

Dommage parce ce que l’auteur a une aisance et une fluidité dans son écriture assez remarquables. Normal pour quelqu’un qui a choisi de vivre depuis une quarantaine d’année.

Dommage par ailleurs que l’éditeur ait laissé passé des dizaines de coquilles qui ne sont surement pas dues à l’auteur mais à des correcteurs négligents : comme une troisième personne du verbe “rire” au pasé simple qui donne un lamentable : “L’amiral ria au nez du vieux” ou un “feignant” qui sonne comme “fainéant” mais qui n’est qu’un affreux barbarisme ; sans parler de “une cordeS” qui se serait biuen passée de cet “s” inutile.

Karim NASSERI, comme un certain nombre d’écrivains francophones marocains, semble écrire pour le lecteur français, friand de sexe et d’exotisme et lui vend donc un Maroc miséreux et des marocains et des marocaines misérables, baignant dans la misère, mais pratiquant allègrement le sexe et s’adonnant aux drogues.

Très peu pour moi!

Ecrire, c’est un vocation …Editer, un métier !

Je comprends parfaitement, qu’à un moment de sa vie, l’on soit pris par l’envie irrésistible d’écrire…Ses mémoires…Son autobiographie…Une histoire qu’on aurait voulu vivre….Des aventures auxquelles on aurait rêver…

C’est une envie légitime et pour peu que l’on ait le talent pour cela, je crois qu’écrire peut être une ctivité absolument exaltante et même utile.

Mais si cette envie légitime ne trouve pas de talent pour s’exprimer, le résultat peut se traduire par des mièvreries ou par des banalités, quand ce n’est pas par des lourdeurs ou parfois des incorrections flagrantes, dont est absente toute émotion qui est l’essence même de l’écriture.

C’est là qu’intervient je crois le rôle de l’éditeur !

Un éditeur qui se respecte a le devoir de découvrir des talents et non pas d’imprimer et de distribuer n’importe quel manuscrit qui lui serait présenté.

Un éditeur doit avoir du flair, détecter ce qui peut plaire au lecteur, l’intéresser, le surprendre et surtout le faire lire et partant acheter le produit “livre”!

Malheureusement, ce n’est pas toujours le cas!

Ainsi, j’ai lu récemment un petit roman de Mustapha JMAHRI, paru en 2014, chez les Editions L’HARMATAN – collection “Lettres du Monde Arabe“, sous le titre “LES SENTIERS DE L’ATTENTE“.

les entiers

L’auteur n’est pas un novice en matière d’écriture : il a déjà publié une quinzaine d’ouvrages tous dédiés à la ville de EL JADIDA ex-MAZAGAN, une autobiographie et quelques recueils de nouvelles en arabe.

Il a commis, en publiant ce roman, le livre de trop !ET c’est dommage.

Mustapha JMAHRI manie un style agréable, fluide mais maîtrisé. Pourtant cela ne suffit pas à faire un roman !

Il le reconnait lui-même dans une interview accordée le 7 juillet 2017 au quotidien national LIBERATION qu’il considère cet ouvrage comme “une sorte d’évasion.” et qu’il “ne se sentais pas capable de réaliser une œuvre romanesque de quelque qualité”.

Saluons la franchise de Mustapha JMAHRI mais il aurait pu aller au bout de son raisonnement et ne pas publier “Les sentiers de l’attente” qui n’apporte absolument rien à la littérature marocaine de langue française.

Ce roman, selon l’auteur, devrait ” exalter les petites choses de la vie” ne m’a pas touché, ne m’a pas ému, ne m’a pas intéressé. Je le dis avec une certaine amertume, car l’auteur méritait que son éditeur lui déconseille de publier ce livre ou alors d’en approfondir les contours, de peaufiner la psychologie des personnages et rendre plus crédibles certaines situations.

Dommage !

DES LIVRES QUI NE SONT PAS FAITS POUR MOI ….

Je fais souvent confiance aux goûts littéraires, très hétéroclites, de mon aînée et grâce à elle, j’ai découvert beaucoup d’auteurs dont j’ignorais tout, jusqu’à l’existence.

Récemment, j’ai pris sur les étagères de sa bibliothèque trois ouvrages qu’elle avait classés dans la catégorie “asiatique”, en me disant “voilà, tu es paré en termes de lecture pour l’été”.

Il s’agissait en fait de deux romans japonnais et d’un troisième chinois! Je n’avais jamais auparavant approché la littéraire extrême-orientale, à part un petit livre dont j’avais parlé récemment ici même. :

LES BÉBÉS DE LA CONSIGNES AUTOMATIQUE du japonais Ryû MURAKAMIJ’ai lu2014 – 509 pages.

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KAFKA SUR LE RIVAGE de Haruki MURAKAMI, l’auteur japonnais qu’on ne présente plus, – 10/18 Belfond2011 – 638 pages.

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LE CLAN DU SORGHO ROUGE , du chinois Mo YAN, prix Nobel de littérature en 2012, éditions du Seuil – Points2016 – 542 pages.

SORGHO

A mon grand désarroi, je ne suis pas arrivé à entrer dans dans aucun de ces romans.

L’histoire des deux gamins japonnais, abandonnés par leurs parents, recueillis par des bonnes sœurs puis adoptés par une famille, ne m’a pas convaincu….Et dès les premières pages, j’ai eu du mal à me concentrer sur leur aventure et leurs aventures à venir ne n’ont pas intéressé.

Question de style de l’auteur? Peut-être… Question de situation romanesque ? Surement …Question d’environnement ? Sans aucun doute, car j’ignore tout du monde nippon et Ruy Murakami en parle d’une manière trop abrupte pour qu’un novice comme moi s’y retrouve!

En tous cas, après plusieurs tentatives, je me suis résigné à fermer ce roman….de façon définitive. Je ne saurais jamais rien des aventures rocambolesques de Hashi et Kiku, dans ce Japon que je n’ai pas su appréhender.

Le second roman japonnais dont j’ai tenté la lecture s’est avéré aussi hermétique à ma façon de lire et de prendre les romans.

Je n’aime pas spécialement les romans d’initiation, ou les romans d’apprentissage, comme définit l’éditeur ce livre: “œuvre majeure, qui s’inscrit parmi les plus grands romans d’apprentissage de la littérature universelle”.

Je n’y ai trouvé rien de majeur, ni d’universel, ni même d’intéressant …Je ne doit pas être fait pour lire Haruki Murakami. Peut-être n’y suis-je pas préparé intellectuellement ou et-ce une simple question de goût!

Donc exit Sinshi (monsieur en japonnais) Murakami, je ne terminerais pas votre roman fût-il “parmi les plus grand de la littérature universelle”.!

Pensant avoir plus d’atomes crochus avec la Chine, je me suis attelé à lire “Le clan du sorgho rouge ” : le mot attelé n’est pas innocent ! J’ai tiré sur les pages de ce roman, de toute la volonté, j’ai tiré, tiré, tiré mais je n’arrivais à avancer dans “cette écriture épique où la violence des affrontements libère des forces sacrées”.

Pour moi, la lecture d’un roman doit d’abord être un plaisir, un moment ludique, une évasion, pas la plongée dans le glauque, le sanguinaire, le morbide aussi héroïque et tragique soit-il.

Donc très peu pour moi …Aux connaisseurs, aux experts de lire Mo Yan. Les prix Nobel de littérature, surtout quand ils sont légérement “téléguidés”, ne m’ont jamais spécialement impressionné!

LECTURES CROISÉES……MAIS SANS LE MOINDRE INTÉRÊT !

Ces dernirs jours, je suis revenu à ma vraie passion : la lecture et surtout le découverte de nouveaux livres que je ne connais pas, dont je n’ai pas entendu parler auparavant. Ces découvertes de l’inconnu me permettent de porter des jugements personnels sur ce que je lis, sans aucune influence extérieure.

J’ai donc choisi de découvrir trois romans d’auteurs marocains à la notoriété plus au moins établie rt publiés chez les Editions MARSAM

Le premier ‘LE TAPIS ROUGE” est signé par Mohamed OUISSADEN et date de 2013.

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Malgré la prétention affichée par l’éditeur, sur la quatrième de couverture, de voir ce petit roman de 140 pages petit format (14 cm x 18 cm)dont “l’action se situe au Maroc, principalement, à Taroudant, évoquer la France mais aussi l’Afrique.”, l’opus de Mohamed OUISSIDEN est confus et plutôt mal écrit.

Je n’ai trouvé aucun plaisir ni aucun intérêt à suivre les péripéties des héros plus qu’improbables de ce roman où Jacques CHIRAC semble jouer l’arlésienne.

A signaler que l’auteur de cet ouvrage est lauréat du prix de création littéraire de 2M (6ème édition 2011-2012). Comme quoi, j’ai raison de ne pas me fier aux prix littéraires pour juger une oeuvre.

Le deuxième livre que j’ai lu ces derniers jours est “LA DAME A LA DJELLABA ROUGE” …Décidément, le rouge m’attire! L’auteur Ahmed MASSAIA, spécialiste reconnu du théâtre marocain, aurait se tenir à sa spécialité et ne pas se lancer dans le roman.

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Parler des bidonvilles de Salé et de la pauvreté peut s’avérer un grand et pathétique sujet quand on est un grand écrivain, sinon cela donne une suite de situations sans queue ni tête où seul compte un étalement de la misère qui confine au voyeurisme, sans le moindre intérêt ni littéraire ni sociologique.

Habib MAZINI, dont j’avais rendu compte ici et de certains de ses précédents ouvrages est un auteur assez fécond qui a touché à plusieurs domaines littéraires avec plusieurs essais et romans, dont des romans pour jeunes.

Son dernier opus “LA VILLA AUSTRALIA“, paru au mois d’octobre 2016, se déroule dans la société bourgeoise de Casablanca.

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J’ai eu du mal à suivre les méandres d’une sombre et compliquée histoire de propriété foncière, de procès, de magouilles immobilières, de femmes bien sûr, dans un Maroc trouble des années 80 qui est déjà bien loin de nous.

Bref, trois romans, trois auteurs, trois flops à mon sens …et tous les trois chez le même éditeur. Peut-être que MARSAM devrait revoir son comité de lecture.

Les “Benkiranades” ou la politique selon Si Abdelillah BENKIRANE

Les hommes politiques ne sont plus ce qu’ils étaient…

Depuis George W. Bush, le monde a eu droit aux “bushries”, ces fameuses phrases sans queue ni tête qui ont fait le tour des unes du monde entier. D’autres chefs d’état ne sont pas en reste, depuis le vénézuélien Hugo Chavez jusqu’à Nicolas Sarkozy, avec son célèbre “Casse-toi, pauv’ con”, en passant le philippin Rodrigo Duterte et ses insultes sans retenue.

Il ne faut pas oublier les déclarations plutôt musclées de Vladimir Poutine qui promet de “buter les terroristes dan s les chiottes” ou l’inexplicable appréciation que Silvio Berlusconi porte sur l’Italie, “ce pays de merde qui me donne envie de vomir”.

Le dernier politicien à dépasser les lignes rouges de la décence dans ses déclarations est bien sûr Donald Trump qui n’hésite à conseiller à ses électeurs : “Quand quelqu’un vous attaque, ripostez. Soyez brutal, soyez féroce.”

Quid de notre ex-futur-chef de gouvernement et surtout secrétaire général – pour pas très longtemps en principe – du très islamiste Parti de la Justice et du Développement dans cette course aux phrases-chocs et aux déclarations fracassantes?

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Si Abdeillah BENKIRANE n’entreprend rien à moitié et il est capable du meilleur comme du pire, et comme disait Grégoire Lacroix (dit Corbin) : “c’est dans le pire qu’il est le meilleur”.

S’il fallait répertorier toutes les saillies, toutes les b$etises, toutes les exagérations, tous les dépassements, tous les excès, tous les dérapages verbaux, toutes les outrances, que Si Benkirane a commis durant, ne serait-ce que les cinq dernières années où de par sa fonction (ou plutôt ses deux fonctions de CdeG et de SG) il a occupé le devant de la scène, il nous faudrait non pas un simple billet mais un véritable catalogue, avec des divisions, des subdivisions et des sous-divisions.

Aucune sujet n’a échappé à ses piques! Aucun lieu, fût-il aussi symbolique que les tribunes des deux chambres du Parlement, n’a pu l’empêcher de proférer des énormités. Aucune personnalité politique, parmi ses adversaires comme parmi ses proches, n’a été épargnée par ses invectives et ses charges parfois à la limite de la diffamation.

Reprenons au hasard quelques “perles” de monsieur Benkirane que je propose de qualifier de “benkirinades” !

A propos de la femme, souvenons-nous il avait parler de “triyates”, de lustres accrochés au plafond, bref de décor sans plus ….

Dans un autre registre, n’oublions pas qu’il avait osé à la tribune du parlement fire une allusion plus que grivoise, en s’adressant à une élue nationale et en précisant avec son rire légendaire “le sien était plus grand”! A quoi pensait-il? Et surtout pensait-il en prononçant ces mots?

Quand il est à la tribune face à ses ouailles, Si Benkirane ne se retient pas ou ne sait pas se retenir!

Il raconte des blagues dont certaines sont à la limite de la décence ou alors il cite des penseurs wahabistes dont la doctrine va à l’encontre de ce qu’est l’islam de notre pays.

Monsieur Benkirane fait de tout bois et souvent il lui arrive que ses déclarations dépassent sa pensée : je préfère encore cette option plutôt que de penser que le chef du gouvernement de mon pays depuis cinq ans et qui a toutes les chances de l’être pour les cinq prochaines années profère consciemment de telles insanités.

Il a déclaré que si “le souverain est le descendant du Prophète, lui serait le Prophète” et plus récemment, il a affirmé que son parti est “une bénédiction pour le pays car il est là pour apprendre aux jeunes marocains à faire leurs ablutions et à leur prières”.

Ses déclarations sont souvent “border line” et elles se prêtent à diverses interprétations permettant ainsi à Monsieur Benkirane de confirmer aux uns ce qu’ils sont compris et de nier aux autres les intentions qu’ils lui prêtent. Ainsi, rappelons-nous ce qu’il a dit à propos de Al Hoceima : certains y ont vu u mépris non dissimulé pour la capitale du Rif et d’autres y ont entendu un vague allusion à une victoire locale d’un maire issu du PAM. Il a suivi la même tactique en parlant de l’action du Souverain en Afrique et de l’humiliation du peuple marocain, en semant ainsi le trouble dans l’esprit de beaucoup de marocains.

En d’autres circonstances, Abdellah BENKIRANE n’hésite pas à user clairement de menaces contre l’ordre public en cas où lui et son parti seraient éloignés du pouvoir et surtout de la direction du gouvernement ! Ce genre de discours dangereux et condamnable est souvent prononcé devant ses partisans afin de les rassembler et de les motiver. Mais le leader du PJD semble oublier que le reste des marocain/es entend ses fanfaronnades, les enregistre et peut un jour lui demander des comptes à ce sujet.

Incapable de fédérer une équipe gouvernementale autour de son nom – à défaut de fédérer autour d’un programme qu’il n’a jamais eu et qu’il n’aura jamais – Monsieur Abdelillah BENKIRANE ontinue de nous abreuver de ses “benkirinades”.

Cela fait aujourd’hui 153 jours que nous sommes sans gouvernement mais sa dernière saillie date d”il a quelques jours quand il a encore une fois rappelé que lui et lui seul est en lkégitimité pour former le gouvernement!

Mais personne ne lui conteste cette légitimité : ce qui lui est reproché c’est de ne pas pouvoir faire en sorte que cette légitimité se traduise dans les faits!

C’est le b-a-ba de l’action politique et Monsieur BENKIRANE semble ignorer ces balbutiements préférant les vociférations et autres “benkiranades”.

LE 7 OCTOBRE 2016….cela fait si longtemps ….

Le vendredi 7 octobre 2016 a été un jour historique dans l’histoire politique de notre pays!

Ce jour-là se sont déroulées les deux deuxièmes élections législatives de la nouvelle ère, celle de la constitution du 1er juillet 2011, cette constitution qui a donné au Maroc son premier chef de gouvernement, choisi CONSTITUTIONNELLEMENT parmi le parti arrivé en tête des élections.

Ce vendredi 7 octobre 2016 devait, après une campagne électorale plutôt mouvementée, soit reconduire le PJD et son patron à la tête du gouvernement soit permettre une alternance non plus consensuelle, comme le fut celle de 1998, mais voulue par le peuple et imposée par son choix!

Le résultat a été clair et net : le PJD a raflé 125 sièges, loin devant tous ses autres concurrents dont le plus direct à savoir le PAM qui a reconnu tout de suite sa défaite et qui a choisi d’emblée de se positionner dans l’opposition!

Dès lors, la route était ouverte à la reconduction du gouvernement Benkirane, avec la majorité sortante, à laquelle pourrait s’adjoindre un autre parti comme l’UC pour la conforter du point de vue arithmétique.

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Cela, c’était au lendemain du 7 octobre 2016! Cela fait si longtemps …tellement longtemps …

Depuis cette date, beaucoup d’eau a coulé sous le pont Hassan II parce que le leader islamiste a choisi la voie de la difficulté politique, le chemin escarpé des alliances improbables, l’iténérire le plus improbable pour arriver à une majorité et il a opté pour le sentier de l’affrontement avec ses anciens alliés, celui de refus de la discussion avec ses anciens amis.

Il a voulu revenir à ses anciennes amours istiqlaliennes, contre toute logique politique, malgré la trahison de Hamid Chabat et en dépit des insultes et des invectives échangées.

Abelillah BENKIRANE voulait absolument s’accoquiner avec Hamid CHABAT !

Pourquoi ?

Depuis les jours qui ont suivi 7 octobre 2016, tout le Maroc s’interroge sur ce choix!

L’Istiqlal a perdu une bonne partie de son électorat et de ses sièges, c’est un parti en crise intérieure profonde, c’est un parti divisé, en mutation et pourtant le PJD et son secrétaire général tenaient à la coalition avec lui!

Pourquoi?

Le dirigeant du parti de la Balance a failli provoqué une énorme crise diplomatique au moment où le Maroc avait besoin de tous les appuis possibles : Benkirane n’en a cure, il continue à vouloir Chabbat comme allié au gouvernement!

Pourquoi.

Le 7 octobre 2016 le peuple avait choisi le PJD comme premier parti et le PAM comme second : les autres formations ont été rejetées, reniées, certaines jetées aux oubliettes malgré l’abaissement du seuil de représentativité proportionnelle à 3%, d’autres sanctionnées! Mais Benkirane a continué à s’accrocher au fantasque CHABBAT.

Pourquoi?

Depuis le 7 octobre, le Maroc a continué son chemin, il a réuni le monde entier à Marrakech pour la COP, il a intégré l’Union Africaine dont plusieurs pays voulaient nous fermer la porte!

Pendant ce temps, Benkirane a boudé, il s’est fâché, il s’est enfermé chez lui, il a lancé des déclarations à l’emporte-pièces devant ses ouilles ou devant les micros de sites d’information insignifiants : il n’a pas tenu compte des conseils du souverain qui l’orientaient vers une vision globale de la situation dépassant les petits calculs arithmétiques; il ne s’est jamais adressé à la nation pour lui expliqué clairement la situation.

Pourquoi ?

Pourquoi ce retard qui dure depuis QUATRE MOIS …Cela fait très longtemps qu’il dure, trop longtemps!

CETTE EQUIPE NATIONALE DE FOOT QUE JE NE CONNAIS PAS …..

Je dois préciser que j’ai écrit ce billet après la défaite contre le Togo lors du premier match de la CAN 2017! Les bons résultats qui ont suivi et qui ont abouti à la qualification de l’Equipe Nationale aux quarts-de-finale ne change rien au fonds du problème!

Le Maroc participe actuellement à une compétition africaine…La CAN 2017 …OK, moi, je veux bien suporter l’équipe nationale, même si elle n’est pas au top niveau …Mais, Bon Dieu, encore faut-il que je connaisse les joueurs qui forment cette équipe !

ATLAS

Qui sont-ils?

D’où viennent-ils?

Où jouent-ils?

Je vous livre la liste de nos 23 représentants :

Gardiens de but:

Munir Mohand Mohamedi El Kajoui (Numancia/Espagne),
Yassine Bounou (Girona/Espagne),
Yassine El Kharroubi (Lokomotiv Plovdiv/Bulgarie)

Défenseurs :

Mehdi Benatia (Juventus Turin/Italie),
Manuel Da Costa (Olympiakos/Grèce),
Amine Attouchi (Wydad Casablanca/Maroc),
Hamza Mendyl (Lille/France),
Fouad Chafik (FC Dijon/France)

Milieux de terrain :

Romain Saïss (Wolverhampton/Angleterre),
Youssef Aït Bennasser (AS Nancy/France),
Mounir Obbadi (Lille/France),
Karim El Ahmadi (Feyenoord Rotterdam/Pays-Bas),
Fayçal Fajr (Deportivo La Corogne/Espagne),
Mbark Boussoufa (Al Jazira/Emirats arabes unis),
Fayçal Rherras (Hearts/Ecosse),
Mehdi Carcela (Grenada/Espagne),
Aziz Bouhaddouz (Sankt Pauli/Allemagne),
Nabil Dirar (AS Monaco/France),
Omar El Kaddouri (Naples/Italie)

Attaquants :

Rachid Alioui (Nîmes Olympique/France),
Youssef El Arabi (Lekhwiya/Qatar),
Khalid Boutaib (RC Strasbourg/France),
Youssef Ennesyri (Malaga/Espagne)

Sur ces 23 valeureux jeunes hommes censés défendre les couleurs de notre pays, il n’y a qu’un seul qui foule régulièrement les pelouses du plus beau pays du monde et qui affronte courageusement le public local.

Les autres? Ce sont les autres, tout simplement ….

Commençons par les gardiens de but.

Manque-t-on dans le pays de Hazzaz, Beggar et autres Allal à ce point de gardiens de but pour ête obligés de faire appel à des keppers qui jouent à Soria ou à Girona, en Espagne ou Plovdiv en Bulgarie? Qui peut situer ces localités sur une carte ? Qui peut nous préciser les palmarès obtenus par ces équipes pour que leur gardien de but soit digne de représenter le Maroc ?

Je n’ai rien contre les joueurs qui évoluent à l’étranger, l’important est qu’ils soient meilleurs que nos locaux!

Dans le cas des gardiens, n’aurait-il pas été plus judicieux de choisir des gardiens de la Botola qui ont à affronter des équipes africaines, sur les stades africains, sous le soleil africain, face à des publics africains?

Quelques séances de formation et de coachiong intensif en aurait fait d’excellents éléments et les résulats positifs obtenus lors des compétitions africaines les auraient préparé de devenir des gardiens de but convoités par les grands clubs européens!

Par ailleurs, cela aurait coûté beaucoup moins cher à la FRMF que d’envoyer des observateurs sillonner les obscurs championnats de deuxième zone à travers l’Europe pour dénicher.

Le même raisonnement peut-être tenu pour les autres postes, sauf très rares exceptions!

Ce n’est pas parce qu’un joueur figure dans l’effectif d’un grand club européen qu’l est au meilleur de sa forme! On peut citer le cas de Mehdi BENATIA qui a donné ce qu’il a pu donner et à ses clubs employeurs et à l’Equipe Nationale, mais qui est en fin de carrière, blessé, fatigué, hors course!

Par ailleurs, comment veut-on former un groupe homogène, humainement et sportivement, quand on réunit une grosse vingtaine de jeunes hommes qui n’ont ni la même culture, ni les mêmes ambitions, ni les mêmes préoccupations quotidiennes, ni le même régime alimentaire, ni le même style de jeu?

Pour diriger tel groupe, ce n’est pas un entraîneur qu’il faut, mais un psychologue très hautement qualifié, ce qui est loin d ‘être le cas de Hervé RENARD : cet homme n’est ni fin ni spécialement intelligent, si l’on tient compte de ses déclarations à la presse au sujet du groupe qu’il dirige!

Alors, comment voulez-vous que moi citoyen lambda, puisse supporter sans préjugé de l’équipe nationale, puisse être avec des joueurs que je ne connais pas ou que je connais NE plus – je pense à Mehdi CARCELA!

La FMRF nous a encore floué dans cette CAN 2017 en canalisant nos déceptions et notre frustration vers les joueurs, que nous ne connaissons pas! Elle croit s’éviter les foudres du public marocain…peut-être mais jusqu’à quand va-t-elle jouir de l’impunité due à ses carences et son incompétence!

P.S. : Heureusement que cette équipe a pu se qualifier pour la suite de la compétition en élinant de belle manière le tenant du titre la Cote d’Ivoire. Cette qualification va donner un moment de répit à Lakjâa et son staff qui auront l’occasion de justifier leur existence et leur incompétence!

LA PLAISANTERIE A ASSEZ DURE……! باركة من المزاح

Le 7 octobre 2016 est déjà bien loin ….. ! و شي برلمان ما شوفنا

Deux longs mois se sont écoulés depuis les élections législatives et depuis la victoire du PJD à ces élections!

Une victoire relative, certes, mais une victoire!

En toute logique démocratique et constitutionnelle, le P.J.D. en la personne de son S.G. Abdelillah BENKIRANE a été chargé par le souverain de former le gouvernement!

Deux long mois sont passés …. ! و شي حكومة ما شوفنا

Deux longs mois se sont écoulés depuis cette nomination, politiquement légitime et constitutionnellement incontestable!

Mais on a l’impression bizarre que la gestation de ce prochain gouvernement ne se déroule pas de façon politiquement correcte!

Les choses paraissaient simples au départ : on reprend les mêmes, en y ajoutant l’U.C. et le tour est joué !

(125 PJD + 37 RNI + 27 MP + 12 PPS) + 19 UC = une majorité confortable et stable de 220 sièges sur 395 !

! هذا كان هو المعقول و هو المنطقي

Le PJD serait le parti fort entouré de ses anciens alliés, qui tous ont perdu des sièges!

C’était compter sans le machiavélisme de Si Abdellilah BENKIRANE ! Je préfère utiliser le mot “machiavélisme” pur rester dans le lexique politique plutôt que d’un autre mot qui relèverait du manque de respect pour la fonction de chef de gouvernement et je l’aisse à chacun le soin de choisir le vocable qui lui semblerait le plus adéquat pour cette situation.

Benkirnes’est alors lancé dans, finalement, on ne sait trop dans quoi ….Peut-être que lui-même ne le sait pas ou le sait plus ou fait semblant de ne pas le savoir!

Cela lui donne l’occasion de se plaindre, d’accuser les autres, de tergiverser et surtout d’éviter de présenter un programme de gouvernement dont il n’a pas la moindre idée!

! زدقنا في مهزلة ما عندها لا راس و لا أساس

Deux mois sont passés, le souverain a inauguré le parlement puis a donné ses directives générales pour que soit évités les petits calculs politiciens mesquins !

Pourtant rien ne pointe à l’horizon !

Il est temps que Monsieur Benkirane nous dise exactement ce qui se passe et ce qu’il a l’intention de faire!

! المغاربة ناس ملاح و ضراف و بعقلهم و لكن للصبر حدود ! و حتى الناس ألِّي صوتوا على بنكيران و حزبه ما فهمين والو

Alors, de grâce, arrêtons ce cirque et repartons vers l’avant ! راه المغرب ضياع بزاف ديال الوقث

EDUCATION FAMILIALE ET ENSEIGNEMENT PUBLIC

L’éducation, c’est la famille qui la donne ; l’instruction, c’est l’Etat qui la doit“.

Cette phrase est attribuée à Victor HUGO mais il faudra bien reconnaître que l’évidente clarté de la citation du poète français a bien du mal à être appliquée à la situation actuelle de notre pays,

La famille marocaine actuelle donne-t-elle à ses enfants l’éducation dont ils sont besoin?

Permettez-moi d’en douter très fortement! Et mon doute est de mise pour toutes les couches de la population!

Nos familles bobos des quartiers huppés, héritières de parents soixante-huitards ou elles-mêmes formées de “soixante-dizards” nationaux (comme les qualifie Habib Mazini dans “Le Patriote irrévérencieux), élèvent des “enfants-rois” qu’ils ne faut ni corriger, ni engueuler, de peur de les traumatiser.

Cela donne des petits morveux insupportables, croyant tout savoir!

Avec leur tablettes branchées sur le net, ces gamins et gamines connectés n’ont plus aucune considération ni pour leurs enseignants ni pour leurs parents, qu’ils traitent de ringards et dont attendent qu’ils satisfassent tous leurs petits caprices!

Nos familles moins favorisées par le sort, héritières des années difficiles et victimes des vagues successives de l’obscurantisme, véhiculées par les télévisions satellitaires et relayées par les professeurs d’éducation islamique en mal de reconnaissance sociale, se volient confrontées à des enfants qui leur renient toute autorité : n’ayant ni les moyens financiers de s’occuper de leur progéniture ni les moyens intellectuels d’imposer leur autorités, ils ont vite fait de démissionner du rôle qui est en principe le leur.

Entre les deux, les familles des classes moyennes naviguent difficilement entre une génération d’adolescents avides de savoir et pleins d’espoir dans l’ascension sociale et des parents littéralement dépassées par les problèmes quotidiens et submergées par les difficultés de tous ordres (transport, augmentation du coût de la vie, santé, loisirs, etc…). Les enfants sont ce cas sont souvent livrés à eux-mêmes, sans repères et sans garde-fou, confrontés aux tentations et aux dérives.

Bien sûr, ce schéma peut sembler réducteur mais il correspond à la trame de la société marocaine actuelle !

Ce n’est pas en 2016, qu’une maman analphabète pourra exiger de ses enfants qu’ils fassent leurs devoirs ou qu’ils lui montrent les cahiers ou leur carnet ou bulletins de notes.

Donc, l’éducation qui est du ressort de la famille est déjà en faillite, de par la démission volontaire ou involontaire, consciente ou inconsciente, justifiée ou non, des parents

Sera-t-elle compensée par l’apport de l’école?

Sûrement pas, car ce n’est pas le rôle prioritaire de l’école que d’éduquer les enfants! Malgré le titre ronflant et prétentieux porté par le ministère de l’ Education Nationale…

Le voudrait-elle qu’elle ne pourrait pas!

Par contre, l’école, donc l’état, ont pour rôle de d’instruire les générations à venir ! Donc en premier lieu alphabétiser, puis inculquer les bases de la langue, de la lecture, du calcul, avant d’initier à l’histoire et à la géographie, à la vie en société et enfin à préparer le jeune au raisonnement et à la critique! Voilà le premier de l’école, de l’instruction et c’est à l’état en tant que pouvoir régalien de l’assurer pour l’ensemble des citoyens suir tout le territoire !

L’école publique est une obligation pour l’état au même titre que la santé publique, de la sécurité publique, que la justice et la défense nationale!

Les agents de l’état chargés de cette mission nationale qui ne l’accomplissent pas avec dévouent devraient être passibles d’une accusation d’atteinte à l’état et à ses missions. Ils doivent être sanctionnés, comme le serait un déserteur qui fuit le champ de bataille ou un médecin qui refuse de soigner un malade!

Or, depuis des années, les enseignants ont rejoint les colonnes des fonctionnaires dont le seul but est l’avancement et dont l’unique préoccupation est d’amasser de l’argent, en donnant des cours particuliers, en assurant des heures dans établissements privés. L’absentéisme dans ce secteur est un vrai fléau, que ce soit pour cause de maladies grâce aux certificats médicaux de complaisance soit suite aux grèves lancées par la kyrielle de syndicats!

Et c’est à ce niveau que l’état est défaillant : les enseignants sont dans un mode d’impunité totale! Aucune sanction n’est prise contre les instituteurs défaillants, contre les professeurs incompétents, contre les enseignants de tous les niveaux qui délaissent les élèves et étudiants du public pour aller “se prostituer” dans les établissements privés! Oui je dis bien “se prostituer” !

Que pouvons-nous attendre de notre jeunesse qui ne reçoit ni l’éducation que sa famille est en devoir de lui donner ni l’instruction que l’état est en devoir de lui assurer !

Ecrire un roman n’est pas un sinécure !

Lire un ouvrage dont on connait – même assez peu ou de loin – l’auteur s’avère toujours un exercice difficile. En parler devient encore plus délicat et rester objectif dans son jugement représente alors un véritable travail d’équilibriste!

Quand on m’a signalé la publication par Mohamemed ALLAOUI, ancien haut cadre de la grande maison où j’ai travaillé, je me suis précipité pour l’acheter.

Il s’agit de d’un roman intitulé “DES VOIX ET DES OMBRES” paru en 2014 chez les Editions AÏNI BENNAÏ – collection “Fictions”.

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L’auteur, spécialiste reconnu de la numismatique, aurait-il découvert l’écriture durant sa vie de jeune retraité? D’autres ont bien découvert d’autres passions, loin de leurs préoccupations professionnelles, dans ce qu’on peut appeler leur deuxième vie! Avait-il une envie secrète de s’éloigner de l’histoire des monnaies anciennes pour écrire une histoire moderne et contemporaine !

Mais peut-on passer aisément de la numismatique à la littérature ou du moins à l’écriture ? Je crois bien que Mohammed ALLAOUI n’y soit pas parvenu avec son ouvrage.

N’est pas Stieg LARSON qui veut! Quand on veut mêler à une enquête populacière une jeune informaticienne géniale et délurée, on doit se souvenir que des millions de personnes ont lu MILLENIUM et connaissent Lisbeth Salander.

Les histoires d’amour contrarié entre fille de colon et garçon du “bled” ont par ailleurs été maintes fois relatées, parfois avec talent.

Les personnages qui accrochent le lecteur sont ceux qui ont du volume, de la présence réelle et vraisemblable, sinon on n’y croit pas ou on ne comprend pas leur comportement, comme c’est le cas de ce banquier – le personnage du roman pas l’auteur bien sûr – qu’on n’arrive pas à imaginer dans un vie réelle.

Les intrigues policières nécessitent une maîtrise parfaite dans la construction de l’intrigue, dans le montage des dialogues, leur spontanéité et leur pertinence. Tout cela manque à ce roman.

Mais bon, cela aurait pu passer si le récit était fluide et agréable! Or, la lecture de ce roman est pénible et elle est rendue encore plus pénible par la composition graphique presque artisanale du livre.

Bref, près de 240 pages assez indigestes! Dommage, car j’aurais voulu tant dire du bien du roman de Mohammed LAALLOUI. J’espère qu’il ne m’en voudra pas trop.

Se perdre sur la “Route des Zaërs” ou sur la “Route d’Anfa”.

Le problème, pour un lecteur impénitent et vorace comme je le suis, est que parfois on ne prend pas ses précautions avant de commencer une lecture!

C’est ce qui m’est advenu en ce qui concerne les deux derniers livres que j’ai commencé à lire et fini par en feuilleter les pages, en sautant allègrement de larges passages.

Je connaissais Guillaume JOBIN : j’ai lu LE RESIDENT qui ne m’avait pas laisser un souvenir impérissable!

Ce journaliste-médecin-directeur d’école de journaliste – et peut-être bien autre chose – qui partage sa vie entre le Maroc et la France a voulu cette nous “raconter” la vie dans les hautes sphères marocaines en nous proposant deux romans.

Le premier ouvrage, estampillé ESPIONNAGE, a été publié en mars 2015 chez ÉDITEUR DE TALENTS sous le titre : “ROUTE DE ZAËRS“.

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Le second livre dont je vous parlerai est annoncé par l’éditeur comme “la suite du beste-seller Route des Zaërs” : encore faut-il préciser ce qu’est un best-seller dans le contexte de la littérature marocaine francophone! Il s’agit de “ROUTE D’ANFA” sorti chez les Editions CASAPRESS en août 2016.

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L’auteur s’est proposé dans ces deux romans de nous présenter la vie dans les arcanes des chancelleries étrangères au Maroc, dans le monde des journalistes étrangers installés dans notre pays, dans les dédales des services secrets étrangers sévissant dans le plus beau pays du monde et aussi entreprendre une description critique de la frange de la société marocaine contrôlant les pouvoirs économique et politique du pays;

Vaste programme qui nécessiterait des talents particuliers de romancier !

Guillaume JOBIN connait certes le Maroc, du moins un certain Maroc, les marocains, du moins certains marocains!

Il a pu ainsi accumuler toute une masse d’informations plus ou moins crédibles, du genre de celles que l’on trouvait jadis dans LA JOURNAL Hebdo ou dans certains numéros de TEL QUEL.

Il a certes un talent particulier d’écrivain : celui de donner l’impression de maîtriser le sujet par le recours à un style rapide, haché, entre la dépêche journalistique et la photographie.

Une fois avoir refermé le premier puis le second roman – qui auraient largement pu n’en constituer qu’un seul – le lecteur se demandera : “et alors ?” …”et après ?”!

Je conçois parfaitement qu’un certain public soit séduit par l’écriture de G. JOBIN : nous sommes à l’époque de la facilité!

Je comprends que ce même public soit pris par le récit de G. JOBIN : nous vivons à l’heure de la théorie du complot.

Mais cela ne suffit pas à faire de ces deux romans des œuvres incontournables de la littérature contemporaine, ni française ni francophone.

Si vous avez quelques moments à perdre, prenez donc la “Route de Zaërs” ou la “Route d’Anfa” : vous aurez vite envie de revenir chez vous!

ELECTIONS LÉGISLATIVES 2016 : Ce dimanche, nous avons raté un grand moment de démocratie !

La chaîne de télé MEDI 1 TV avait programmé pour la soirée du dimanche 2 octobre un grand débat entre les huit formations politiques les plus représentées au parlement!

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Cela représentait une première dans le paysage télévisuel national : réunir sur un même plateau, à la veille d’élections législatives cruciales, les secrétaires généraux des princales formtions politiques représentait une initiative fort louable et représentait un défi formidable.

Les marocaines et les marocains allaient enfin pouvoir juger, calmement sans stress, les déclarations d’intention des uns et des autres, sans la pression qu’il y avoir dans un meeting, sans l’emportement qui peut les influencer lors d’une réunion publique! Ils allaient pour écouter les uns et les autres, en sachant que chacun disposerait d’un temps strictement distribué et contrôlé par des journalistes!

Bref, le Maroc allait vivre un moment de démocratie comme ceux que connaissent les autres pays démocratiques !Nous allions avoir notre GRAND DEBAT !

Et là….Pchiiiit…Hélas, mille fois hélas !!!!La baudruche s’est dégonflée ..

Plus exactement le Secrétaire Général du P.J.D., le parti majoritaire depuis novembre 2011, s’est dégonflé et a entrainé avec lui ses alliés du R.N.I. et du M.P.

Seul le S.G. du P.P.S., l’ex-camarade Hadj Nabil Benabdellah, a relevé le défi et est venu dire ce qu’il avait à dire : peu nous importe ses motivations, mais il a osé jouer le jeu et il faut l’en féliciter!

Donc, trois pupitres vides, sur les huit préparés!

Pas de BENKIRANE qui parait-il ne veut pas “voir” certaines personnalités politiques : c’est une conception pour le moins bizarre de la démocratie et du débat démocratique! S’il ne fallait voir que les gens qu’on veut voir, il n’y aurait pas de vie politique ou alors il n’y aurait que UNE SEULE VIE POLITIQUE, celle que si Benkirane voudrait nous faire vivre!

Pas de Laensar ou de Mezouar! Pourquoi ? On n’en trop rien …Mais ni l’un ni l’uatre n’aurait ajouté plus de lumières à ce débat!

Seul Adelillah BENKIRANE, secrétaire génral du P.J.D. et accessoirement chef du gouvernement, était attendu : il nous aurait expliqué ce qu’il voulait faire de ce pays dans les cinq prochaines années et qu’il n’a pas pu faire durant ces cinq dernières années!

Il faut reconnaître que l’exercice s’avérait difficile, acrobatique même et on aurait espéré voir et entendre Si Benkirane partir dans les envolées lyriques et théâtrales dont il a le secret. Il aurait peut-être même éclaté en sanglots comme il sait le faire de manière si spontanée quand il est à court d’arguments.

Abdelillah BENKIRANE nous a privé d’un grand moment de démocratie et surtout d’un grand numéro de spectacle qui aurait donné à cette campagne électorale une autre dimension!

Le débat a donc tourné court, se limitant à une suite d’interventions plus ou moins plates, sans envergure, et surtout sans réelle confrontation : ce ne fut pas le débat que les marocaies et les marocains étaient endroit d’attendre!

La désinvolture de Monsieur BENKIRANE est un signe flagrant du mépris dans lequel il tient tous ceux et celles qui ne sont pas de son coté et de son camp!

Je ne jugerai pas l’absence de ces deux acolytes : ils ne représentent pas grand chose, l’un plus personne et l’autre sa propre personne.

P.S. : j’en profite ^pour souhaiter une bonne et heureuse année hégirienne 1438 pour tous ceux passent pas ici!

LECTURE POUR UNE NUIT D’INSOMNIE

Hier, j’ai ingurgité moult verres de thé et j’ai hérité d’une insomnie carabinée! Et même la lecture complète de RUE DES CONSULS, roman de Farouk BENBRAHIM, paru aux éditions Afrique-Orient en 2015 n’a pas pu vaincre.

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Et pourtant, elle était assommante, cette lecture …J’aurais commencé ce roman en plein jour, je l’aurais refermé au bout de la cinquantième page . Mais mon insomnie persistante m’a obligé à le terminer.

Je n’y ai trouvé aucun intérêt, à part celui d’un roman relativement bien écrit!

La trame du roman tourne autour d’une famille fassie venue s’installer à Rabat après la deuxième guerre.

L’auteur – ancien cadre dans le secteur privé – a voulu se lancer dans l’écriture et il l’a fait avec ce grand défaut de certains auteurs marocains !

Ils veulent écrire non pas pour leurs compatriotes mais pour les lecteurs étrangers !

Et forcément, Farouk BENBRAHIM a eut recours à tous clichés, tous les lieux communs, tous les stéréotypes qui sont de mise pour les lecteurs étrangers dès lors qu’il s’agit de parler du Maroc et des marocains.

Mais il faut reconnaître à Farouk BENBRAHIM de ne pas avoir cédé, comme certains de nos écrivains, à la tentation du misérabilisme.

Dans son roman, il est question de vieilles familles marocaines, de “dadas” bien sûr, de pères dignes et droit, de mères aimantes et de jeunes hommes profitant de la féminité naissante des domestiques sans défense.

Le roman est une longue suite d’événements, plus ou moins vraisemblables qui nous entraînent de Rabat à Casablanca, de Casablanca à Tanger, de Tanger à Madrid, derrière le héros qui a fui sa famille et la faute qu’il avait commise dans un moment d’égarement.

Je vous laisse le soin ( je dis pas le plaisir : je n’y ai trouvé aucun, même pas celui de retrouver le sommeil) de découvrir ce roman, qui peut éventuellement intéresser des jeunes qui n’ont pas connu le Maroc d’une certaine époque.

P.S. : Farouk Benbrahim a déjà sorti un roman de la même veine ENFANTS DU SALON VERT, chez L’HARMATTAN -Écritures arabes – 2005, qui m’avait déjà donné cette impression de “découverte à l’allure de cartes-postales, bien lisse, sans surprises”. comme je l’écrivais ICI.

FRANCE 3 avait tout faux dans son “Docs Interdits”

Annoncé à grands coups de média, avec un teasing bien orchestré, le documentaire de France 3 sur “Le règne secret de Mohamed VI” était supposé provoquer un séisme dans le Maroc profond.

J’ai déjà dit ce que je pensais de ce documentaire avant même sa diffusion dans un billet publié sur Face Book et je crois que mon analyse n’était pas erronée.

La première phrase prononcée dans ce documentaire est une ERREUR FONDAMENTALE qui enlève toute crédibilité à la suite du texte et qui donne une idée sur l’orientation biaisée de ce travail prétendument journalistique.

D’après Jean-Louis PEREZ, le Maroc serait une monarchie de droit divin!

Cette affirmation péremptoire suppose que Monsieur Perez ignore ce qu’est une monarchie de droit divin ou il ignore le régime politique du Maroc .

Il devrait savoir que la monarchie marocaine a connu mille et cent évolutions pendant les siècles de son histoire et que en 2016, le souverain qui règne sur le Maroc n’est pas un “roi de droit divin” et que son rôle de “Amine Al Mounine” ne lui confère pas le statut de représentant de Dieu sur terre. Le Maroc est régi, depuis 1962, par une constitution qui connait de perpétuelles réformes et mêmes des refontes profondes, la dernière datant de 2011.

Monsieur Perez devrait donc rafraîchir un peu ses connaissances en droit constitutionnel et en histoire des instituons, pour autant qu’eil en ait jamais eu auparavant.

Tout le documentaire étant basé sur cette contrevérité historique, juridique, politique et sociale, il n’était pas utile d’écouter le reste d’autant que les intervenants ont, dès leurs premières déclarations, montré que la vérité et l’impartialité n’étaient pas leur priorité.

Le prince rouge, comme toujours, parle de son cousin avec son arrogance habituelle et aussi un gros zeste d’amertume mal digérée.

Boubker Jamaï évoque son exil à la suite d’une condamnation pour diffamation, sans préciser la personne qu’il a diffamée, laissant ainsi planer un doute qui en ferait un héros.

La bay3a, présentée comme une cérémonie d’humiliation collective, est commentée par un intervenant, dont on n’a pas jugé utile de préciser l’identité, en des termes indignes d’une enquête sérieuse.

Catherine Grasset dont le sort judiciaire n’a pas encore été tranché après sa tentative de chantage sur la personne du Souverain marocain a eu le culot de parler du Maroc.

Tout cela ne m’a pas donné envie de continuer à regarder un programme qui n’a eu q’un seul intérêt, celui de servir de véritable thérapie de groupe pour une poignée de personnages aigris, déçus, mal dans leur peau.

Ce “Docs Interdits” aurait dû être interdit de diffution par lz direction de France 3 pour médiocrité et manque d’intérêt avéré.

P.S. : Personne ne semble avoir relevé la perversité de la programmation dans cette même émission “Docs Interdits” d’un vieux documentaire datant de 1986 sur Silvio Berlusconi et la mafia. Coïncidence ou gros clin d’œil malveillant! Pauvre télévision française, que ne ferais-tu pour l’audimat en ces temps de crise!

Si j’étais le Secrétaire Général de l’O.NU…..

Si j’étais le Secrétaire Général de l’Organisation des Nations Unies et si j’avais visité les camps du Polisario, je me serais peut-être autant indigné que Ban Ki Moon!

J’aurais été également “très attristé de voir autant de réfugiés et, particulièrement, les jeunes qui y sont nés” : ce sont les propres paroles du S.G. de l’O.N.U.

Et j’aurais tout autant que Ban Ki Moon “voulu vraiment leur apporter l’espoir que ce n’est pas la fin du monde pour eux” : encore une fois ce sont les termes utilisés par ce haut fonctionnaire international.

C’est tout à son honneur d’homme d’être boulversé par la situation désastreuse de ces populations qu’on lui montrées et présentées comme des “refugiés”.

Mais Ban Ki Moon n’est pas un homme comme les autres : il exerce un “métier unique au monde”, ainsi qu’avait défini cette mission l’autrichien Kurt WALDHEIM, secrétariat général de l’O.N.U. entre 1972 et 1981.

Et à ce titre, Ban Kimoon aurait dû dépasser le simple stade de l’émotion personnelle, ainsi qu’il le fait avec raison devant plusieurs situations : son rôle n’est pas de s’émouvoir et de s’épancher mais de résoudre les problèmes ou du moins de proposer les solutions à ces problèmes!

Rappelons les cas où Ban Ki Moon a su faire montre de la légendaire impassibilité des hommes du “pays du matin calme” :

– il n’a pas laissé paraître son émotion personnelle devant les dizaines de milliers de refugiés qui sont aux portes de l’Europe et demain risquent de se voir refouler comme du vulgaire bétail malade.

– il n’a pas laissé paraître son émotion personnelle devant les bombardements de civils à Gaza par l’armée d’un pays créé ex-nihilo par l’organisation dont il assure le secrétariat.

– il n’a pas laissé paraître son émotion personnelle lors des scènes de désolation de la guerre civile en Syrie, ni lors des attentats suicides ici et là à travers le monde.

Le monde ne demande pas au Secrétaire Général de l’O.N.U. de l’émotion, ni des sentiments, ni de la compassion, ni de l’empathie, ni des larmes. Ce haut fonctionnaire international doit être un homme de dossiers et non un homme de sentiments.

Si j’étais Secrétaire Général de l’O.N.U., face à ce que j’aurais vu ou pkutôt à ce que on aurait bien voulu me montrer, j’aurais posé une série de questions en exigeant des réponses claires, nettes, précises et circonstanciées :

1/ Combien y a-t-il EXACTEMENT de personnes dans ces camps et pourquoi n’ont-elles jamais été RECENSÉES par les service du Haut Commissariat aux réfugies?

2/ Pourquoi ces camps sont établis sur le territoire ALGÉRIEN et non pas dans une zône relevant de ce que l’on appelait le Rio de Oro, lors de l’occupation espagnole?

3/ De quoi vivent ces populations? Quelles sont les SOURCES exactes du financement du fonctionnement de ces camps?

4/ Quels sont les représentants légitimes de ces populations et comment cette légitimité a-t-elle était établie : par des élections? Si oui, quand ont-elles eu lieu? Dans quelles conditions ?

5/ Pourquoi ces populations n’ont pas répondu aux divers appels du Maroc à rejoindre la mère-patrie lancés déjà par Hassan II avec l’historique “La patrie est clémente et miséricordieuse” et réitérés de manière moins emphatique mais plus réaliste par l’actuel souverain? Ne seraient-elles pas retenues dans ces camps ? Ces populations auraient-elles donc en toute conscience et en toute liberté choisi la misère et la précarité?

6/ Et enfin, quelques questions d’ordre pratique, très terre-à-terre : QUI a organisé ce déplacement, QUI l’a fiancé, QUI en a assuré la sécurité, QUI a permis le survol de son territoire pour permettre l’accès aux camps visité?

Voilà quelques questions que je me serais posées si j’étais à la place de Ban Ki Moon ! Mais, il faut dire qu’il a d’autres préoccupations en tête en ce moment, l’actuel secrétaire général de l’O.N.U.

Il est en fin de mandat et aucun de ses prédécesseurs n’a réussi à se faire élire à ce poste trois fois de suite! Et cette fois, l’Europe aimerait bien voir un des siens occuper ce fauteuil, dont elle est écartée depuis 1982.

Les américains voudraient peut-être voir un canadien ou un australien à ce poste!

En attendant, le Maroc doit mettre en branle sa diplomatie, l’officielle avec ses ambassadeurs et ses divers représentants, la parlementaire avec députés et conseillers qui font partie de tous les groupements de parlements à travers le monde, la partisane avec les relais des partis politiques auprès des familles politiques qui leur sont proches, la syndicale avec les contacts que nos syndicats ont à travers le monde, sans oublier la diplomatie informelle représentée par la société civile et aussi par chacun de nous à travers ses réseaux personnels.

PS : Si j’étais Ban Ki Moon, je crois que je me dirais : “Oh zut ! j’ai fait une boulette!