AL HOCEIMA a eu aussi un film éponyme …

Il n’y a pas que Casablanca à avoir donné son nom à un film, juste son nom, sans ajout, sans fioriture, sans enjolivement.

Le monde entier connait le film “CASABLANCA” de Michael CURTIZ avec Humphrey BOGARD et Ingrid BERGMAN. On se souvient de la réplique culte lancée au pianiste noir par Humpreey Bogard : “Play it, Sam”. On se rappelle du Rick’s qui existe encore et fait partie des hauts lieux à visiter de Casablanca.

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Aucune autre ville ne semble avoir lié son nom et seul son nom à un film aussi fortement et aussi intimement que Casablanca…Ni Paris (Un américain à Paris), ni Rome (Rome …ville ouverte), ni New York (New-York-Miami), ni Tobrouk (Un taxi pour Toubrouk), ni Boston (L’étrangleur de Boston), ni Dublin (Les gens de Dublin)! chaque fois le nom de la ville était accolé à un autre mot …

Aucune? Rien n’est moins sûr !

AL HOCEIMA, la capitale du Rif, le centre névralgique de l’histoire récente du Rif, le noyau dur des revendications sociales, économiques et même politiques de ces derniers mois, a donné elle aussi son nom à un film…

Juste son nom, sans ajout, sans fioriture, sans enjolivement. Exactement comme Casablanca et le “CASABLANCA” de Michael CURTIZ.

En 1948, le metteur en scène espagnol Jose LOPEZ RUBIO avait réalisé “ALHUCEMAS” avec des acteurs peut-être moins connus que les interprètes de “CASABLANCA” mais qui étaient de grosses vedettes de l’Espagne franquiste de l’époque, notamment la star Sara MONTIEL, à la carrière impressionnante.

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Bien sûr “ALHUCEMAS” n’a pas eu le succès phénoménale de “CASABLANCA” : le cinéma espagnol de l’époque n’avait rien à voir avec le rouleau compresseur cinématographique de Hollywood!

Le sujet du sujet de “ALHUCEIMAS” tournait autour d’un concept hispano-espagnol : l’histoire d’un capitaine d’infanterie de l’armée franquiste, novice et un peu maladroit, qui parvient à devenir en un officier répondant au modèle martial de l’époque.

Film de propagande, bien sûr, de propagande franquiste, tourné dans le décors naturels des environs de Al Hoceima, “ALHOCEMAS” n’a bien sûr accordé aucun regard aux rifains, tout comme CASABLANCA n’avait prêté le moindre intérêt aux marocains de la ville de Casablanca!

Cinéma des vainqueurs, bien sûr …

C’est à nous de réaliser des films sur nos villes, pour les glorifier ou du moins les immortaliser …Nous n’avons eu droit qu’à “CASANEGRA“!

Comme nous serions fiers de voir un film simplement intitulé “TANJA”, ou “ESSAOUIRA”, ou “MARRAKECH” réalisé par un(e) marocain(e) rien que pour les marocains et les marocain(e)s, et pour le reste du monde éventuellement!

P.S. : j’ai découvert l’affiche du film “ALHOCEMAS” en feuilletant “مقتطفات من حديث مستمر عن الحسيمة“, traduction en langue arabe par Abdellah JERMOUNI de l’ ouvrage de Juan ROMAN, artiste et écrivain espagnol né à Al Hoceima : “Fragmentos de una conversacion continua sobre Al Hoceima“, dont je parlerai quand j’en aurais fini la lecture.

P.S. 1 (le 13 décembre 2017) : après la lecture du livre en question, il ne m’a pas paru nécessaire de vous faire part de mon sentiment, car ces “fragmlents” ne présentent aucun intérêt particulier, sauf quelques anecdotes croustillantes et quelques photos sur l’histoire de la ville de Al Hoceima durant la présence espagnole.

Évoquer Fatima MERNISSI, c’est évoquer la femme marocaine !

Quand j’ai appris, par la radio, la disparition de Fatime MERNISSI, j’ai immédiatement mis en ligne ce tweet qui traduisait exactement mon état d’esprit à ce triste moment :

Pour les gens de ma génération, Fatima MERNISSI a toujours été présente, depuis des années, par ses livres, par conférences, par ses cours, par l’aura qu’elle avait au Maroc et à l’étranger, par le message qu’elle véhiculait sans démagogie et sans fanfaronnade!

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Fatima MERNISSI aurait pu être cent fois ministre, de vingt gouvernements différents. Elle aurait pu faire de la politique, de la politique dans le sens noble du terme! Elle aurait pu accaparer les plateaux de télévision.

Non, elle a continué à être discrète et elle a préféré continuer à faire ce qu’elle faisait le mieux, c’est-à-dire enseigner, réfléchir et écrire.

Elle a continué à militer pour rétablir la femme marocaine dans le rôle qui lui revient et que le pouvoir patriacal a voulu occulter sinon renier.

Elle était connue et reconnue à l’étranger : son oeuvre a été traduite en plusieurs langues, elle a été récompensée par le le prix Prince des Asturies – le Nobel espagnol.

Elle a été la cible des islamistes, et même de certains oulémas prétendument modérés, pour avoir osé remettre en cause la misogynie du calife Omar.

Son oeuvre est immense : en cliquant sur ce lien, on retrouve la liste de ses publications (ouvrages personnels, contributions, entretiens, articles).

Je sais que, enfouis dans ma bibliothèque doivent se trouver quelques uns de ses titres qui traitent spécifiquement de la femme marocaine, des ouvrages comme SULTANES OUBLIEES, femmes chefs d’état en Islam ou LES AIT DÉBROUILLE ou encore CHAHRAZADE N’EST PAS MAROCAINE. Je reconnais humblement avoir perdu contact avec l’oeuvre purement féministe de Fatima MERNISSI.

Repose en paix, Fatima ! رحمكِ االه

Première “rentrée” littéraire au Maroc : et après?

Hier, le 10 novembre, le monde de l’édition et par ricochet le monde littéraire organisaient le qui a été convenue d’appeler “Rentrée littéraire marocaine“.

Le concept de cette manifestation est simple mais il faut le saluer car il a supposé l’union de la plus part des éditeurs sur l’idée de présenter le même jour au public les différentes nouveautés.

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Ainsi a-ton pu voir sur les vitrines de 27 librairies de plus de 25 villes marocaines (de Tanger à Layoune, en passant par Beni Mellal et Casablanca et Rabat bien sûr) 171 nouveaux ouvrages.

Que penser de cette initiative?

En principe que du bien !

Le lecteur impénitent que je suis ne peut que se féliciter de voir les éditeurs descendre sur le terrain et collaborer avec les libraires d’une part et d’autre part avec les autorités publiques ( ministère de la culture), avec d’autres organismes (C.N.D.H. même si on peut s’interroger sur son rôle dans cette affaire) ou des instances étrangères (Ambassade de France mais pourquoi pas d’autres ambassades).

Cette “rentrée” durera tout le mois de novembre et aura pour objectif de permettre au grand public d’avoir un contact direct avec le livre dans le cadre de journées portes ouvertes.

On ne peut porter un jugement sur cette “rentrée” avant quelques jours bien sûr : il faut noter que les médias lui ont consacré un intérêt particulier avec notamment une émission spéciale sur la chaîne de télévision MEDI 1 TV.

Avec le Salon du Livre et de l’Edition qui se tient en principe chaque année au printemps, cette “rentrée” peut booster le désir de lire chez les marocain(e)s et relancer ce secteur de l’activité intellectuelle et aussi économique de notre pays.

Pourtant, ce genre de campagne pontuelle ne suffira pas : il est impérieux qu’une profonde révision profonde de la politique de la culture soit entreprise par les autorités gouvernementales et qu’elle accompagne une toute aussi profonde révision de la politique de l’enseignement et de l’éducation.

QUINZE INTELLECTUELS MAROCAINS NOUS PARLENT DE LEUR MÉTIER

S’il y a un ouvrage que chaque marocain s’intéressant à la vie culturelle de son pays doit avoir sous la main, c’est bien “LE MÉTIER D’INTELLECTUEL – Dialogues avec quinze penseurs du Maroc” réalisé par Fatima AIT MOUS et Driss KSIKESS et édité en décembre 2014 par la maison EN TOUTES LETTRES, avec le concours de HEM.

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Réunir en un seul volume les échanges avec une quinzaine d’intellectuels qui représentent la fine fleur de la pensée marocaine contemporaine est d’une part un défi et d’autre part une oeuvre de salut public.

Le lecteur lambda peut ainsi trouver à portée de main un concentré du travail de penseurs aussi différents que Abdellah LAROUI ou Mohamed CHAFIK, Fatima MERNISSI ou MOhamed TOZY, Mohamed ENNAJI ou Halima FARHAT. Ce concentré est d’autant plus assimilable qu’il est intelligemment amené grâce à des questions pertinente.

La formule de “dialogue” et non pas d’interview adopté par les auteurs permet une approche plus personnelle sur mes conditions de travail actuelles des intellectuels marocains, leurs idées phares et leurs conceptions de la cité. En effet, le message des uns et des autres intervenants semble chargé d’une spontanéité réelle.

Ce genre d’ouvrage ne peut souffrir aucune forme de résumé : seule la lecture de chacun échange peut satisfaire notre curiosité et surtout nous inciter à en savoir plus sur l’œuvre des intellectuels retenus, leur démarche, leurs questionnements!

On peut cependant se poser quelques quelques questions sur cet ouvrage!

Pourquoi justement ce choix et pas un autre? Pourquoi, avec les noms que j’ai cités plus haut, cibler Abdelelfattah KILITO et Ali BENLAKHLOUF, Abdellah SAAF et Abdeslam benabdelali, Hassan RACHIK et Rahma BOURKYA, Driss KHROUZ, Abdellah SEBTI et Abdelhay MOUDDEN ? On peut concevoir qu’un travail de sélection était nécessaire et tenait compte de la disponibilité des uns et des autres.

Une autre question s’est imposée à moi dès les premières pages de cet ouvrage : la référence au Mouvement du 20 Février paraissait évidente à Fadma AIT MOUS et Driss KSIKES ! Il ne semble pas que ce mouvement ait puisé sa genèse auprès des intellectuels de ce pays mais plutôt dans ce qui les événements se déroulant dans des pays arabes, en oubliant les spécificités marocaines.

Ces deux remarques formulées, cet ouvrage, par ailleurs très bien réalisé techniquement, doit trouver sa place dans la bibliothèque personnelle de tout marocain(e) jaloux et curieux de la culture contemporaine de son pays!

MA PROPRE FETE DE LA MUSIQUE

Depuis le billet mis en ligne en 2010, où je parlais de rock-and-roll, je n’ai pas accordé d’importance à la Fête de la Musique!

Cette année, le 21 juin tombe un dimanche, c’est Ramadan, je suis bien dans ma peau : alors pourquoi ne pas célébrer ma propre Fête de la Musique en patageant avec vous certains moments misicaux que j’apprécie!

A tout seigneur tout honeur !

La musique andalouse, AL ALA, surtout quand elle est interprétée par un orchestre de ma ville, elle a une fraicheur spéciale : la preuve avec ce morceau joué et chanté par l’ochestre Temsamani !

Puis un petit plongeaon dans la chanson poulmaire bien de chez nous, avec Brahim Alami et son Ma7la Ifrane, à écouter en regardant les très belles vues de la cité des cèdres!

Faisons un détour par la chanson française, importante pour les personnes de ma génération : le choix est vaste mais pour moi, il reste le plus grand ! Jacques BREL, bien sûr ! Et je choisis l’une de ses moins tristes pour cette fête de la musique : La valse à mille temps !

Entre un petit morceau de jazz – Louis Amstong dans “Le vie en rose” – et une plage de blues – B.B. King et sa guitare – je vous invite à déguster un moment sde sérénité avec Karima Skalli dans une invocation soufie qui vient fort à propos en cette période.

Mais que serait une fête de la musique, sans la joie et le le rythme comme on le vit si bien avec cette famille, au risque de choquer les esprits puritains et grincheux !

La musique sait être sérieuse, très sérieuse, tout en restant profondément humaine et en s’ancrant dans le fond de la culture d’un pays : l’Orchestre Philhamonique du Maroc nous offre ici une version “sophitiquée” d’un morceau d’anthologie folklorique nationale, Ya Bent Bladi de feu Abdeslam CHKARA.

Peut-on êre arabe en fétant la musique sans écouter Oum Kaltom dans “Al Atlal”

Et comment peut-on être marocain sans se souvemir de Mohamed Hayani dans “RAHILA”

Ou sans s’émouvoir en entendant les envolées vocales de Abdelhadi Belkhyat interprétant “QitarAl Hayat”

https://www.youtube.com/watch?v=SoFkfkCXrAE

Ma fête de la musique doit sembler bien ringarde à une certaine jeunesse : ùmais avouez que je ne suis pas obligé d’aimer le rap et les trémoussements de petites jeunettes et de leur préférer Nass Ghinouane version orogonale.Je ne peux me retenir de partager avec vous cette longue, très longue vidéo du premier concert de ce groupe à Rabat, au Théatre Mohamed V : j’y étais et je ne l’ai jamais oublié!

Beaucoup de choses ont changé depuis, beacuoup d’artistes sont arrivés et ont disparu, mais la musique andalouse est toujours là, la musique pupulaire, la vraie musique !

Bonne fête à tous ceux et celles qui aiment la musique!

ENCORE UNE FOIS, BEAUCOUP DE BRUIT POUR RIEN !

Nos amis les puritains moralisateurs, grands bigots et profonds hypocrites, ont encore une fois remué beaucoup d’air pour rien du tout!

Ou plutôt pour quelques centimètres carrées de chair dévoilés et quelques poses lascives de la chanteuse chanteuse Jennifer Lopez !

Ces puritains moralisateurs ont oublié que des dizaines de milliers de leurs compatriotes s’étaient déplacés pour voir le spectacle, qu’ils ont chanté avec la chanteuse,; qu’ils ont vibré avec sa musique, qu’ils ont tapé des mains, qu’ils ont trépigné; qu’ils on t été heureux pendant une heure et demi!

Et que ces gens-là n ‘ont à aucun moment pensé que le spectacle de Jennifer Lopez était obscène, ou érotique, ou immoral, ou amoral, ou portant atteinte à leur foi, ou pouvant troubler l’ordre public!

Ces puritains, bigots et hypocrites, ont oublié que six millions de leurs compatriotes étaient devant leur poste de télévision pour suivre le concert de Jennifer Lopez, en différé certes, mais ils étaient là!

Pendant une heure et demi, ils ont oublié leurs problèmes, ils ont voyagé, rêvé sans jamais l’ombre d’un doute ne leur traverse l’esprit quant à l’immoralité, l’amoralité, l’obscénité, l’érotisme de ce qu’ils regardaient et pas un moment ils n’ont pensé que leur foi pouvait être mise en cause par les déhanchements de Jennifer Lopez!

Personne n’a obligé ni les premiers à se déplacer à la scène de l’OLM ni les seconds à veiller jusqu’à une heure du matin : c’était leur choix et personne n’a le droit de guider ce choix, ni de le condamner une foix qu’il est fait!

Alors, messieurs et mesdames les puritains et les moralisateurs, vous aurez pu allez applaudir Abdelhadi Benkhayat ou Maher Zain ou Mesut Kurtis : ce sont d’excellents chanteurs qui louent le Prophète, qui encensent l’islam et glorifient Allah ! Ils méritent notre respect le plus total ! LE VOTRE en particulier !

Alors, arrêtons de remuer les mêmes masses d’air ti-de, soit avant le Festival Mawazine, soit pendant le Festival, soit après!

Et occupons-nous des problèmes concrets qui sapent notre société : mais au fait les connaissez-vous vraiment?

Et si l’envie me prenait de devenir un artiste…..

Je n’ai aucune formation ni aucun talent pour cela, mais il n’est pas exclus qu’un jour l’envie me prenne de devenir artiste.

Poète? Pourquoi pas? Chacun de nous est un peu poète “à l’insu de son plein gré”, n’Est-ce-pas?

Ou peintre? Ce serait bien! Un de mes anciens collègues a découvert la peinture une fois à la retraite : il a pris des cours, il s’est payé tout un attirail et il s’éclate devant son chevalet Je crois savoir qu’il arrondit ses fins de mois en vendant ses toiles.

Sculpteur? J’ai toujours été en admiration devant les statues en marbre blanc : que de travail, que de talent, que de patience!

Romancier? Non, c’est trop compliqué : il faut une sacrée imagination, une connaissance parfaite de la langue choisie, une organisation particulière avec des fiches, des prises de notes, des dossiers….

Musicien? Là, je peux assurer que j’y ai renoncé il y plus d’un demi-siècle : j’avais eu l’occasion de devenir bassiste dans un groupe et je n’ai pas franchi le pas! Timidité, manque de confiance en soi, connaissance intime de mes limites? En tous cas, je ne ressens plus cela que comme un léger petit regret.

Acteur? Quand on vu à 15 ans Gérard Philippe jouer “Le Cid” ou quand plus tard, on a applaudi Tayeb Seddiki dans ses œuvres, devenir acteur de théâtre peut créer des vocations. Mais la vraie vie est bien loin des vocations : il ne me reste en tête que quelques vers de la tragédie de Corneille et quelques images de l’ascète Abderrahmane Al Majdoub!

Alors, cinéaste?

Oui, pourquoi pas!

Demain donc, je deviens cinéaste! Réalisateur de films!

Il y en a à la pelle, des bons, des moyens, des nuls, des excellents, des doués, des grandes gueules, des conformistes, des avant-gardistes, des spécialistes de ceci ou de cela!

Si demain, j’ai un projet cinématographie et qu’un producteur fou me fait confiance, je deviendrais cinéaste!

Et cela ne regardera personne, à part d’un côté mon producteur qui aura mis ses sous sur mon projet en espérant les rentabiliser et de l’autre les spectateurs qui auront payé leurs tickets pour voir mon film et les critiques dont c’est le travail.

Toute personne qui parlera, en bien ou en mal, de mon film par simple ouï-dire et sans l’avoir vu, se comportera en zélateur irresponsable ou en censeur indigne.

Je pourrais tenir le même raisonnement toutes les œuvres relevant de la création artistique!

Ostraciser un roman dont on aurait lu quelques pages ou qui aurait fait l’objet d’une cabale dirigée par tel ou tel courant de pensée, relève du même comportement liberticide et surtout anesthésiant.

Pointer d’un doigt accusateur un acteur ou une actrice ayant accepté de tenir un rôle qui pourrait choquer la vertu souvent hypocrite ou la sensibilité parfois surjouée de certains s’inscrit dans le même registre de pensée!

Notre culture, encore empreinte d’oralité, accepte le phénomène de reproduction de ce que nous recevons : nous sommes très à l’aise dans la transmission des messages, sans prendre la peine d’en vérifier la teneur.

Les réseaux sociaux participent à l’encrage de cette tradition!

Dés qu’une page Face Book est ouverte, il faut que l’on y adhère, par peur de ne pas faire partie du groupe : en refusant de nous distinguer, nous adhérons bêtement à la meute.

Alors, mesdames messieurs, si l’envie me prenait de devenir artiste, je vous demanderais de lire mes œuvres, de les regarder, de les voir, de les toucher, avant de donner votre avis!

Si elles ne vous plaisent pas, libre à vous de le dire : mais ayez l’honnêteté morale et intellectuelle de les affronter avant de les juger, de les accepter, de les jeter aux orties ou de les encenser!

Mais rassurons-nous, je ne serai jamais artiste et beaucoup d’entre vous ne seront jamais des critiques d’art crédibles.

Laissons les vrais artistes faire leur métier, il n’est pas aisé et gardons-nous de les juger et surtout de les condamner à mort!

Ce n’est ni intelligent ni moral ni citoyen ni légal !

“FIER D’ETRE MAROCAIN!”

Ce sont ces quelques mots qui me sont venus spontanément à l’esprit au terme de la  visite du MUSEE MOHAMED VI D’ART ET CONTEMPORAIN de RABAT.

Je les ai inscrits sur le livre mis à la disposition des visiteurs : je n’y ai pas réfléchi une seconde, ils sont venus de fin fonds de ma marocanité.

Oui, ce musée que l’on appellera bientôt tout simplement  le MMVI a de quoi nous donner à montrer notre fierté d’être marocain!

Je ne suis pas un zélateur effrénée ni un  laudateur patenté, mais après avoir passé quelques heures dans ce très beau bâtiment, j’en suis sorti avec la conviction confirmée  que le Maroc est un grand pays et qu’il fait bon y appartenir.

Ce musée manquait au Maroc,  il a été réalisé, c’est très bien d’autant qu’il aurait dû l’être depuis belle lurette! Mais la culture n’a pas été la priorité de nos gouvernants, on ne va pas refaire l’histoire!

Elle est devenue et c’est très bien!

Que dire du musée en tant que tel?  Tout a été dit et redit cent fois dans les médias! Une belle réalisation architectural due à un architecte marocain, jugez-en vous-même :

MMVIcliquer pour agrandir

Mais, ce qui a faitg ma fierté de marocain ce n’est pas tant cette réalisation que ce qui nous est donné à voir à l’intérieur!

D’abord, un public enthousiaste, varié, nombreux!

Les grincheux diront que l’entrée est gratuite durant les premières semaines : mais pour faire connaitre ce MMVI, cette gratuité était nécessaire et indispensable!

Beaucoup de visiteurs reviendront pour découvrir ce qu’ils n’ont pas eu le temps de voir! Quitte à payer un billet d’entrée!

Ces familles avec des enfants, ces couples de vieux retraités, ces groupes de jeunes, ce vieux monsieur seul en djellaba, ces dames BCBG, ces touristes, ces amateurs d’arts avisés, reviendront, pour en savoir plus sur les “Cent ans de création” qui constituent le thème de cette première exposition soit pour d’autres prochaines expositions!

Ensuite, les oeuvres exposées : 400 œuvres de 150 artistes marocains!

De Farid Belkahia, décédé le mois derner,  au pionnier de l’art plastique marocain  Ben Ali R’Bati, de Mohamed Chabaa à Mohamed Kacimi, de Chaïbia Tallal à  Hassan  El Glaoui, de Jiali Gharbaoui à Ahmed Cherkaoui, d’André El Baz à Leila Meziane, de Fqhi Regragui à Mahi Binebine, en passsant par d’autres noms moins connus , cette première expostion proposée par le MMVI – qui va durer six mois – nous ouvre la voie de la découverte de cent ans de c éation artistique marocaine.

A voir absolument, pour ceux qui ont la chance d’être au fait de l’art pictural marocain contemporain car c’est la première fois que certains peintres sont présents sur les mêmes cimaises et pour ceux qui veulent découvrir un aspect  du Maroc qui est surement plus connu et plus apprécié à l’étranger que chez nous!

 

 

Ceux prônent l’enseignement de la “darija” sont-ils sérieux?

Je commence ce billet  par une mise au point nécessaire  pour éclaircir les faits et poser les bases d’un débat serein : je n’ai rien d’un arabisant fanatique, je n’ai appris l’arabe classique qu’à mon entrée au collège et j’ai trainé cet handicap durant toute ma scolarité, face à des condisciples qui venaient de ce qu’on appelait à l’époque l’école franco-arabe!

Cela ne m’a pas empêché, je l’espère et en tout cas je le crois, d’avoir suivi des études normales qui ont fait de moi  un marocain qui aime son pays, qui respecte infiniment ses traditions et son histoire.

Mes enfants ont eu la chance de suivre, pour les uns leurs cursus scolaire et supérieur dans l’enseignement marocain, avant de le conclure par un passage dans des universités anglaises, pour une autre de mener  ses études supérieures dans une langue anglo-saxonne.

Cela n’a empêché ni l’une  ni les autres d’avoir une formation qui leur permet d’exercer leurs responsabilités citoyennes et  professionnelles sans aucun complexe sans états d’âme.

Donc, l’arabe, dans ma famille, nous l’avons étudié de la manière la plus scolaire qui soit et l’avons utilisé et l’utilisons encore de la manière la plus professionnelle qui soit.

Cela ne nous a jamais éloignés de la “darija”!

La “darija”,  mes enfants et leur progéniture  la parlent, comme je la parle, comme nous la parlons, comme vous la parlez! Comme on l’entend dans la rue, dans les couloirs des administrations, dans  les cours des écoles, dans les couloirs des facultés, dans les hamams, dans les autobus, dans les stades, chez notre épicier ou dans l’atelier de notre garagiste.

Cette même “darija” est parlée par les enseignants d’arabe, ceux qui inculquent à nos enfants les rudiments de la science du grand grammairien arabe Sibayouah, comme par nos universitaires de la Qarouine ou de la faculté des lettres de Rabat, ou encore par nos doctes ulémas quand ils s’adressent au “pecus vulum”, en d’autres termes au commun des nos concitoyens.

La “darija” est notre langue normale donc de communication!

Mais ce qu’il ne faut pas oublier c’est que chaque région à sa “darija”, chaque ville la sienne, chaque groupe social une darija bien à lui!

Je n’ai aucune honte à reconnaitre que, comme bon nombre de mes concitoyens nordistes, je suis totalement hermétique par exemple à  la “darija” pratiquée dans les vastes plaines de la Chaouia ou des Rhamna!

L’humour de Dassoukine ne me touche pas, comme celui de Benbrahim ne m’a jamais atteint : je ne le comprends pas et je n’en fais pas un drame.

La “aita” me bouleverse dans ses mélopées déchirantes, mais les paroles me laissent indifférent : je ne les saisis pas!

Je conçois parfaitement qu’un marrakchi soit sceptique face au déferlement des mots d’un gars de Tanger, au débit rocailleux d’un oujdi, ou encore au délicat verbiage d’un fassi.

Pourtant, tous parlent la “darija” mais utilise “sa” darija.

Avant de continuer, je tiens à formuler une deuxième  mise au point : je n’aborderai  pas ici le problème des langues historiques, comme le tamazigj! J’ai vécu suffisamment de temps en “pays berbère” pour savoir que le tarifit est l’autre langue de communication d’une partie de nos concitoyens du Nord! La place du tamazigh au Maroc est reconnue dans la constitution et l’avenir du pays nous dira la réalité exacte de ce problème. Je n’engage donc pas de débat à ce sujet.

Pour revenir à l’arabe, nous retrouverons le même phénomène dans tous les pays arabes!

Tous comme les marocains,  les algériens utilisent la ou les leurs! Un tlemçani aura de la peine à comprendre un constantinois! Tout comme un algérois peinera à saisir le message oral d’un ourghli.

De la Saoudie à l’Egypte, de l’Irak à la Mauritanie, les peuples ont une langue ou plusieurs langue de communication!

Mais dans aucun de ces pays, qui ont l’arabe comme langue officielle, il n’est question d’enseigner ces langues de communication : l’école apprend un arabe unique, uniformisé, standardisé.

Cet arabe a permis à l’Egypte d’être à la pointe de  la production littéraire arabe. Il a permis au Liban, par l’entremise de ses productions télévisuelles,  de faire connaitre, à un large public arabophone   les grands romans internationaux.

Cette langue arabe a permis à l’Irak et à la Syrie de figurer parmi les pays rabe  les plus  en avances dans les domaines scientifiques.

L’enseignement de l’arabe ne devrait donc poser aucun problème d’adaptation au monde moderne pour peu que certaines précautions soient prises. Je ne suis pas un spécialiste mais il me semble qu’un minimum peut être exigé pour réussir le pari:

  • une simplification des règles grammaticales.
  • une graphie incorporant la vocalisation .
  • une modernisation du vocabulaire.

L’effort à entreprendre n’est pas insurmontable : il exige une volonté politique sans faille et un travail scientifique rationnel.

Et surtout, il exige des enseignants sérieux, compétents,  plein d’abnégation envers leur métier, des enseignants qui doivent considérer leur profession comme un sacerdoce  et non pas un gagne-pain!

Voilà le véritable défi à relever!

ALORS DE GRACE QU’ON NOUS ENSEIGNE L’ARABE MAIS QU’ON LE FASSE CORRECTEMENT!

P.S. 1 : j’ai eu l’occasion d’apprendre l’italien en moins de un mois et demi, lors d’un stage : ce que j’avais appris de la langue de Dante m’a servi professionnellement. Mais pour me débrouiller en dehors du bureau, dans la rue, avec les gens, j’ai dû apprendre un “autre” italien.

P.S. 2 : à titre tout à fait personnel, je ne reconnais aucun droit à ceux qui envoient ou qui ont envoyé leurs gosses dans telle ou telle mission étrangère de se poser en donneur de leçons pour l’enseignement à donner aux enfants de ce  pays.

Bravo, Pascal! Tu as cloué le bec des faussaires!

Pascal BONIFACE n’est quelqu’un qui s’en laisse compter : sérieux, honnête, homme de conviction, il a décidé de lancer un pavé dans la mare médiatico-intellectuelle française en s’en prenant à ceux qu’ils considère comme “LES INTELLECTUELS FAUSSAIRES“.

Dans son  essai, publié en 2011, chez  Jean-Claude Gawsewitch, après avoir essuyé une quinzaine de refus d’édition de la part des grandes maisons françaises, Pascal Boniface dénonce, comme il le précise dans le sous-titre de son ouvrage, “le triomphe médiatique des experts en mensonges“.

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Le travail de Pascal BONIFACE est sérieux et courageux!

Sérieux, l’essai  de Boniface l’est dans sa première partie où l’auteur nous présente les raisons et le fonctionnement de ce qu’il appelle “le triomphe des faussaires“. Il sagit en fait d’une réflexion sur les dérives du débat intellectuel dans la France d’aujourd’hui, conséquence de la sur-médiatisation, de la place prépondérante de la télévision dans l’information et surtout du temps médiatique, qui ne laisse pas de place à la réflexion profonde et aux échanges argumentés. La voie est ainsi ouverte aux pourfendeurs des causes faciles à attaquer, comme l’islamisme et  les dangers que court l’occident et son pendant Israël.

Courageux! Le livre de Boniface est très courageux même! L’auteur s’attaque nommément aux monstres sacrés  et soi-disant intellectuels qui règnent en maîtres sur l’opinion françaises!

Il a choisi d’épingler une brochette de huit ces faiseurs d’opinions, qui au nom d’une certaine morale qu’ils ont choisie, travestissent la vérités factuelle afin de l’adapter à leurs thèses  ou pire à l’évolution de leur carrière personnelle.

On les reconnaitra sur le montage photo suivant car leurs visages sont plus que connus des téléspectateurs  et que leurs noms font souvent la une des grands médias français.

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Commençant par Alexandre ADLER, , il démontre comment “le merveilleux conteur” prend ses aises avec la vérité historique dès lors qu’elle ne sert pas ses propres thèses.

Il descend en flammes  Caroline FOUREST, qualifiée de “séral-menteuse” et Mohamed SIFAOUI, le musulman anti-islamiste de service,  pour leur rôle essentiel dans le dénigrement systématique de l’islamisme, chacun en fonction des raisons personnelles qui lui sont propres, mais qui n’ont que peu de rapport avec la réalité des faits.

Il réserve un chapitre à Philippe VAL, ancien patron de l’hebdomadaire satirique Charlie-Hebdo devenu patron-censeur de France-Inter, dont il souligne la légèreté et l’inconstance des engagements.

Avant de conclure brillamment par une salve bien nourrie, et surtout très bien documentée, contre Bernard-Henri  LEVY, auquel il accole le double qualificatif de “seigneur et maitre des faussaires”, Pascal Boniface fustige des personnalités peut-être moins connus du grand public, comme Frédéric ENCEL pour son manque de scrupules à manipuler et son C.V. et les faits historiques pour les accommoder à ses convictions personnelles, François HEISBOURG et   Thérèse DELPECH, respectivement spécialiste des questions de défense aux convictions très fluctuantes  et spécialiste de problèmes nucléaires, grande amie des USA et d’Israël

En s’en prenant à ces huit icones des  médias , Pascal Boniface dénonce la mauvaise foi des uns et la soumission  des autres à ces “beaux parleurs”!

Cela lui a valu d’être ostracisé durant plusieurs mois : l’ouvrage de Boniface n’eut droit à aucun article des les grands hebdomadaires français, ni Libération à gauche ni Le Figaro à droite n’y ont fait mention, Le monde en a signalé “la veine pamphlétaire”. L’auteur a plus été longtemps écarté des plateaux de télévisions.

Rien que pour cela, lisez ce livre!

 

Spectacle international et drapeau national!

Les différents spectacles offerts par Mawazine-Rythmes du Monde ont ceci de spécifique, c’est d’être extrêmement variés quant à l’origine des artistes invités à se produire devant le public.

L’accueil populaire réservé  aux uns et aux autres s’avère dans tous les cas très chaleureux : cela tient à notre hospitalité légendaire et à notre sens de la fête.

Les ovations reçues par des artistes aussi différents que Chab Mami et Sexion d’Assaut,  Tamer Housni  et Mika, ou encore Jessy J et Tinériwen, en sont les preuves suffisamment éloquentes!

Le peuple est satisfait, il applaudit et en redemande! C’est la règle dans tous les festivals du monde!

Point n’est donc  besoin d’ajouter à ces expressions populaires spontanées  ce protocole aussi inutile que maladroit qui consiste à offrir aux artistes étrangers le drapeau  national!

Cette pratique, qui relève plus de l’excès de zèle que du sens de l’organisation, est totalement déplacée car elle consiste à donner à un spectacle purement ludique et éventuellement culturel, une connotation politique qui n’a aucune raison d’être.

En proposant à un étranger de se parer du drapeau national,  en public et devant les médias du monde entier souvent à la recherche d’un scoop dont on ne sait quelle utilisation il sera fait, les organisateurs place l’artiste dans une situation  délicate.

Refuser de s’exhiber avec le drapeau marocain sur les épaules, et on a vu le cas, n’est pas forcément une insulte ni pour le Maroc ni pour les marocains; mais la simple expression de sa propre identité : un étranger n’a pas à porter l’emblème d’un autre pays!

Accepter la proposition peut avoir des conséquences malencontreuses : certaines autorités étrangères voient d’un mauvais œil ce comportement de leurs ressortissants.

Chez moi, on peut trouver des drapeaux nationaux un peu partout : des petits, des moyens et même un très grand qu’il m’est arrivé de fixer à mon balcon lors de certaines occasions nationales spéciales.

Mais je ne vois pas pourquoi un artiste étranger, même s’il est arabe, même s’il prononce les éloges les plus vibrants pour mon pays et pour mon peuple, serait tenu de porter haut le drapeau du Maroc.

Lui offrir un ou plusieurs bouquets de fleurs constitue la meilleure façon de le remercier publiquement de sa prestation, pour laquelle il est par ailleurs très grassement rémunéré!

Le drapeau national est un emblème trop important pour être galvaudé sur les scènes, au nom de on ne sait trop quel principe.

 

 

POUR LA DOUZIEME FOIS, LE FESTIVAL MAWAZINE ….

Encore une fois, le Festival Mawazine-Rythmes du monde a été un succès populaire indéniable!

public-Festival-Rythmes-du-monde,

Encore une fois, pendant une semaine, les organisateurs ont permis à la population de Rabat, à toute la population de Rabat de passer des moments inoubliables.

Pour la douzième fois, les nostalgiques de la musique d’antan et de naguère ont “nostalgisédans le bonheur,  les uns avec Georges BENSON, les autres avec l’orchestre de chaabi algérien EL GUSTO, les plus modernes avec les frères JACKSONS, les plus traditionnels avec Abdelouhab DOUKKALI et Lotfi BOUCHNAK et  les amateurs de musique amazigh avec IZENZAREN !

Pour la douzième fois, les fans de musique moderne se sont défoulés dans la joie avec les prestations absolument parfaites de MIKA ou de RIHANA; ils se sont contorsionnés sous les tonnes de décibels de David GUETTA; les jeunes ont été ravis de reprendre les chansons des rappeurs français SEXION D’ASSAUT et les moins jeunes de retrouver les rythmes  rock  des inoxydables  DEEP PURPLE.

Pour la douzième fois, la scène du Bourgreg a permis de nouveau des rencontres inoubliables avec des groupes africains que le public d’ici n’aurait jamais eu l’occasion de croiser, comme les TINARIWEN ou les GNAWA DIFFUSION,  des découvertes inédites avec des musiques qui ne nous pas familières comme la fusion réussie par ONDATROPICANA  et des contacts directs avec des artistes déjà connus come les maliens AMADOU ET MARYEM.

Pour la douzième fois, les chanteurs arabes sont venus en force affronter le public de la scène An-Nahda qui les reçoit chaque fois avec chaleur et  enthousiasme : je pense à SHERINE, Najawa KARAM ou Tamer HOUSNI. Pour cette édition, la scène a également  accueilli de nombreux espoirs nationaux  pour assurer la première partie des grandes stars orientales.

Encore une fois, la scène de SALE a été consacrée aux groupes et chanteurs nationaux, toutes tendances et tous genres confondus. THE BASEMENT, les tout récents lauréats de Génération Mawazine ont  eu droit à une vraie scène et un vrai public au même titre que des grands noms comme Najat ATTABOU,  les H-KAYNE ou le grand maalem Hamid KASRI.

Et encore une fois, les connaisseurs, les spécialistes, les mélomanes ont eu leur part de spectacle : les amateurs de musique iranienne, ceux qui préfèrent la musique chinoise ou indienne, ceux qui s’intéressent à la musique du bout du monde, celle des plaines et plateaux caucasiens, bref ceux qui aiment la musique d’où qu’elle vienne , se sont délectés dans les jardins du CHELLAH des prestations d’artistes venus des quatre coins du monde. Les amateurs de “tarab”, cette musique arabe si spécifique, ont pu assisté à la salle RENAISSANCE à des concerts de très belle facture.

Et encore une fois, même les simples passants ou promeneurs des grandes avenues de la capitale, grands et petits,  ont eu droit à des spectacles de rue, fort animés et très agréables. Quelques minutes de bonheur, juste pour le plaisir de partager une culture ou un art!

Pour la douzième fois, le festival MAWAZINE – Rythmes du monde a vécu!

Et encore une fois, il a dépassé les critiques des râleurs éternels, des grincheux récalcitrants et des bigots mal intentionnés.

Encore une fois, chaque soir, pendant une semaine, le peuple de Rabat, je dis le “peuple” dans le sens le plus noble parce que le plus général et le moins restrictif, le peuple de Rabat a dit son mot!

Le peuple, celui des quartiers populaires comme celui des quartiers huppés, celui qui se déplace à pied comme celui qui se fait déposer en voiture haut de gamme, celui qui aime le chaibi comme clui qui aime le rap, celui qui apprécie la musique sophistiquée comme celui qui goute à la musique hard, celui qui se laisse envouter par des voies exotiques comme celui qui se reconnait dans les chansons bien de chez nous!

Celui qui a déboursé entre DH 100 et DH 1.200, pour voir le spectacle de son choix et celui qui a mis DH 4.000 pour ne rien rater, celui s’est contenté de emplacements publics gratuits et celui qui a reçu de son employeur une ou plusieurs invitations!

Bref, le peuple de Rabat a répondu présent à Mawazine, parce qu’il aime cela!

Personne n’a forcé les dizaines de milliers de rbati(e)s à se déplacer pour assister aux différents spectacles proposés! Personne ne leur a demandé de payer le moindre sou! Personne ne leur a demandé la moindre participation.

Pourtant, ils/elles étaient là, chaque soir pour vivre un petit moment de  bonheur, pour profiter d’un instant de détente, pour oublier les problèmes de la vie quotidienne!

Encore une fois, la raison populaire l’a emporté sur les critiques!

Et si certains esprits grincheux ne retiendront que la petite culotte blanche de Jessie J, il faut bien croire qu’ils ont un problème grave avec leur libido. Ils sont à plaindre!

Et si certains gauchistes ne retiendront que le “racket” qui serait infligé aux grandes sociétés appartenant à la grande finance internationale, il faut bien croire qu’ils ont des problèmes avec leurs propres convictions. Ils sont tout aussi à plaindre!

A l’année prochaine!

 

 

 

Le rideau rouge est tombé pour la dernière fois devant AHMED TAYEB LAALEJ.

Il y a quelques jours nous quittait Si AHMED TAYEB LAALEJ l’acteur immense, le dramaturge fécond et le parolier génial!

Tous les marocains se reconnaissent dans la silhouette de cet ancien menuisier, devenu au fil du temps le plus “fin disert” de l’arabe dialectal marocain : sa langue aisée et élégante était comprise par tous ses compatriotes, à travers toutes les régions du Maroc.

 

Cela ne l’a pas empêché de s’intéresser aux cultures étrangères et d’y ce qu’il y avait meilleur pour l’adapter au goût du public marocain.  Il a su ainsi  “marocaniser” avec talent des pièces de Molière aussi différentes que “Les fourberies de Scapin” ‘(Aimayel Jha)  et “Tartuffe” (Wali Allah), ou  la pièce de Jules Renard “Le légataire universel” (Al Hakim Kankoun). Il a entrepris également l’adaptation d’une pièce de l’allemand Bertolt Brecht devenue  aé   sous sa plume : “Taleb maachou”.

Sa maitrise de la langue dialectale nationale  lui a permis, en plus de fournir les chanteurs marocains (Mohamed Fouiteh, Maâti Benkacem, Abdelouahab Doukkali, Abdelhadi Belkhayat, Naïma Samih) en paroles inoubliables,  de faire connaitre la chanson marocaine à travaers tout le monde arabe avec notamment les énormes succès enregistrés par MA ANA ILLA BACHAR ou par MARSOUL AL HOUB, repris par les grandes voix populaires orientales.

Expert de l’arabe dialectal, il a produit de nombreux poèmes sous la forme spéciale de “jazal”.

En homme de théâtre complet, Si Ahmed Tayeb Laalj a travaillé longtemps au sein de l’historique troupe de la Maamora pour laquelle il a créé des dizaines de pièces.

Si Ahmed Tayeb Laalej a touché également au cinéma, avec un succès peut-être moindre, n’ayant pas trouvé de rôle à la mesure de son talent ou bien de metteur en scène sachant exploiter son art.

Et pour couronner sa carrière, il a publié en 2001 chez les Editions Al Maarif Al jadida un délicieux ouvrage intitulé “AL BARNITA” où il aborde les mille et un problèmes de la société marocaine.

رحم الله الفنان٠

 

 

 

 

 

MAINSTREAM ou la culture qui plaît à tout le monde?

Depuis quelques temps, le vocabulaire français s’est enrichi d’un nouveau mot qui circule dans le microcosme intellectuel et médiatique: MEANSTREAM, littéralement “courant dominant”.

Ce vocable d’origine américaine recouvre dans son acception actuelle un sens plus large : on utilise  “culture mainstream” pour parler  soit la “culture pour tous” soit de la “culture hégémonique; un” film mainstream” vise un large public ; un “media mainstream” désigne un média de masse ; un “produit mainstream” se vend massivement et  si “quelqu’unveut être mainstream” veut en fait plaire à tout le monde.

Partant de ce constat, Frédéric MARTEL, cheurcheur et journaliste, s’est lancé dans une “enquête sur cette culture qui plait à tout le monde”.

Le résultat de cette recherche qui a duré cinq ans, qui a couvert 150 villes trente pays, qui a nécessité des entretiens individuels avec 1.250 personnes est consigné dans son livre “MAINSTREAM” publié chez dans en juillet 2010.

Un pavé de 450 pages, sans compter les sources, les références, les index,  la biographie, les  données statistiques  et les notes qui sont accessibles sur le site de l’auteur www.fredericmartel.com.

Pour se préparer à la lecture de cet ouvrage, il est impératif, pour les non anglophones ou simplement les non initiés, de consulter au préalable le lexique des termes et expressions techniques  utilisés par l’auteur.

Une enquête de ce genre et surtout  de cette ampleur ne peut intéresser tous  les lecteurs lambda.

Je me suis perdu – et j’ai renoncé à suivre – les dédales de “l’entertaitement américain” qui fait l’objet de la première partie : je n’ai vu aucun intérêt dans les développements de Frédéric Martel sur le cinéma américain, ni sur ceux de la musique américaine, sur leurs problèmes de marketing et de distribution à l’intérieur des USA, pas plus que je n’ai été attiré les méthodes de formation dans les spécialités du cinéma. Ce monde m’est complètement étranger et inaccessible.

Par contre, la seconde partie de l’enquête portant sur le “la guerre culturelle mondiale” m’a fortement interpelé.

Frédéric Martel y aborde des problèmes qui me concernent, nous concernent en fait, plus directement.

Il explique comment la Chine fait face à Hollywood, avec la complicité active et quelque peu malheureuse du magnat de la presse Rupert Murdoch.

Le succès extraordinaire des films indiens, depuis des décennies dans notre pays, et la folie populaire provoquée à  Marrakech par la présence de l’acteur indien Shah Rush Khan, m’ont invité à lire avec intérêt le chapitre sur “le nouveau Bollywood“.

Les séries, venues soit d’Amérique latine (telenovelas) , soit des pays du Moyen orient (mousalsalat), soit même de Corée (drama), et la place qu’elles prennent dans le paysage télévisuel mondial sont également abordées.

Mais la dernière partie du livre qui m’est apparue la plus attractive, parce qu’elle décortique la phénoménale expansion des chaines satellitaires arabes, comme d’une part AL JAZERA pour l’information  et d’autre part  ROTANA pour le divertissement (musique, cinéma et télévision).

La conclusion de Frédéric Martel se révèle d’un  très grand pessimisme pour l’Europe qui “cumule les problèmes de l’Asie (langue dominante rejetée), de l’Amérique latine (faible culture populaire commune) et des pays arabes (vives tensions sur les valeurs communes)”  sans que cela soit “compensé par un dynamisme économique et démographique (Brésil, Asie) et des ressources financières inépuisables (Pays du Golfe)”.

Cet ouvrage n’est pas à lire d’un traite : cela est impossible. Mais il est utile de l’avoir sous la main et de l’ouvrir, selon l’intérêt du moment et les événements touchant le monde de la culture et du divertissement  ou plus exactement  ce que les américains appellent “entertainement”.

GUEMBRI ET LOUTHAR : deux instruments authentiquement marocains mais si différents (2/2)

Après avoir essayé de présenter le « guembri », instrument associé à la culture gwani, il est utile de parler de l’ « outhar » qui, en plus de sa voix et de ses chansons,  fit la renommée de feu Mohamed Rouicha.

 

 

 

 

 

Les différentes définitions de cet instrument s’articulent autour de deux points essentiels.

D’une part, l’« outhar » appartient à la famille du luth ou « oud » et d’autre part le « louthar » est un instrument rustique, spécifique des zones rurales du Maroc.

Voilà donc une première différence importante avec le guembri.

Si  l’outhar est doté de trois cordes, comme le guembri, sa caisse a une forme spéciale qui s’inspire de la poire ou plus exactement d’une poire coupée dans le sens de la longueur.

La table d’harmonie, contrairement à celle du luth qui est confectionnée en bois noble marqueté, est réalisée en peau tendue.

Instrument rural, le « loutar » se retrouve  dans la plupart des régions du Maroc, aussi bien en plaine, en zone arabophone qu’en montagne et en pays amazigh.

Le « loutar » est joué en improvisation dans ce que l’on appelle un « taqsim » ou comme instrument d’accompagnement d’une chanson.

La grande variété des sons et des tonalités que l’interprète peut obtenir de son instrument permet des performances remarquables: on a pu ainsi dire que certains spécialistes de louthar “faisaient parler leur instrument”.

On peut citer comme grands virtuoses de cet instrument, en plus bien sûr de feu Mohamed ROUICHA qui lui a donné ses lettres de noblesse et surtout la médiatisation qu’il mérite, des noms prestigieux provenant de toutes les régions du pays :

  • Des interprètes classiques, comme Mohamed Maghni

http://www.youtube.com/watch?v=pbAhWQHwNt0&feature=related

  • D’autres occasionnels comme Stati qui ont commencé par le louthar avant de choisir le violon, comme Stati.

http://www.youtube.com/watch?v=5qt1xyS4TtE&feature=related

  • Certains qui se servent  de louthar comme accessoire à leur véritable art, en l’occurrence l’art de faire rire, comme les sympathiques Qachbal wa Zeroual.

http://www.youtube.com/watch?v=6V9p4u93jto&feature=related

Je me fais un plaisir de signaler  également ce lien qui m’a été fourni par Abdesselam, un de nos amis blogueurs, peu connus mais très intéressant:

http://www.settatbladi.org/index.php?option=com_muscol&view=album&id=38&Itemid=60

Pour finir, il convient de signaler la vitalité des amateurs de l’outhar dans ce pays, malgré le fait que cet instrument ne soit plus confectionné que par très peu de luthiers : le preuve en est cette prouesse technique et artistique que constitue l’interprétation par une trentaine de spécialistes de louthar de la « Symphonie Fazaz », dont voici l’ouverture:

http://www.youtube.com/watch?v=aPZ-rmcyAW0&feature=related