AL HOCEIMA a eu aussi un film éponyme …

Il n’y a pas que Casablanca à avoir donné son nom à un film, juste son nom, sans ajout, sans fioriture, sans enjolivement.

Le monde entier connait le film “CASABLANCA” de Michael CURTIZ avec Humphrey BOGARD et Ingrid BERGMAN. On se souvient de la réplique culte lancée au pianiste noir par Humpreey Bogard : “Play it, Sam”. On se rappelle du Rick’s qui existe encore et fait partie des hauts lieux à visiter de Casablanca.

casablanca

Aucune autre ville ne semble avoir lié son nom et seul son nom à un film aussi fortement et aussi intimement que Casablanca…Ni Paris (Un américain à Paris), ni Rome (Rome …ville ouverte), ni New York (New-York-Miami), ni Tobrouk (Un taxi pour Toubrouk), ni Boston (L’étrangleur de Boston), ni Dublin (Les gens de Dublin)! chaque fois le nom de la ville était accolé à un autre mot …

Aucune? Rien n’est moins sûr !

AL HOCEIMA, la capitale du Rif, le centre névralgique de l’histoire récente du Rif, le noyau dur des revendications sociales, économiques et même politiques de ces derniers mois, a donné elle aussi son nom à un film…

Juste son nom, sans ajout, sans fioriture, sans enjolivement. Exactement comme Casablanca et le “CASABLANCA” de Michael CURTIZ.

En 1948, le metteur en scène espagnol Jose LOPEZ RUBIO avait réalisé “ALHUCEMAS” avec des acteurs peut-être moins connus que les interprètes de “CASABLANCA” mais qui étaient de grosses vedettes de l’Espagne franquiste de l’époque, notamment la star Sara MONTIEL, à la carrière impressionnante.

alhucemas-802913819-large

Bien sûr “ALHUCEMAS” n’a pas eu le succès phénoménale de “CASABLANCA” : le cinéma espagnol de l’époque n’avait rien à voir avec le rouleau compresseur cinématographique de Hollywood!

Le sujet du sujet de “ALHUCEIMAS” tournait autour d’un concept hispano-espagnol : l’histoire d’un capitaine d’infanterie de l’armée franquiste, novice et un peu maladroit, qui parvient à devenir en un officier répondant au modèle martial de l’époque.

Film de propagande, bien sûr, de propagande franquiste, tourné dans le décors naturels des environs de Al Hoceima, “ALHOCEMAS” n’a bien sûr accordé aucun regard aux rifains, tout comme CASABLANCA n’avait prêté le moindre intérêt aux marocains de la ville de Casablanca!

Cinéma des vainqueurs, bien sûr …

C’est à nous de réaliser des films sur nos villes, pour les glorifier ou du moins les immortaliser …Nous n’avons eu droit qu’à “CASANEGRA“!

Comme nous serions fiers de voir un film simplement intitulé “TANJA”, ou “ESSAOUIRA”, ou “MARRAKECH” réalisé par un(e) marocain(e) rien que pour les marocains et les marocain(e)s, et pour le reste du monde éventuellement!

P.S. : j’ai découvert l’affiche du film “ALHOCEMAS” en feuilletant “مقتطفات من حديث مستمر عن الحسيمة“, traduction en langue arabe par Abdellah JERMOUNI de l’ ouvrage de Juan ROMAN, artiste et écrivain espagnol né à Al Hoceima : “Fragmentos de una conversacion continua sobre Al Hoceima“, dont je parlerai quand j’en aurais fini la lecture.

P.S. 1 (le 13 décembre 2017) : après la lecture du livre en question, il ne m’a pas paru nécessaire de vous faire part de mon sentiment, car ces “fragmlents” ne présentent aucun intérêt particulier, sauf quelques anecdotes croustillantes et quelques photos sur l’histoire de la ville de Al Hoceima durant la présence espagnole.

“TAZMAMORT” : un livre acheté en février 2009 et enfin lu en octobre 2017

“TAZMAMAORT, dix-huit ans dans le bagne de Hassan II” de Aziz BINE BINE paru chez DENOËL en janvier 2009 était sur les étagères du Salon du Livre de Casablanca quelques semaines plus tard : j’ai acheté le livre mais pour je ne sais quelle raison je ne l’ai pas ouvert!

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Ou peut-être avais-je été dégoûté par l’opération ridicule, et criminelle à mes yeux, de récupération qu’avait entreprise Tahar BENJELLOUN en s’appropriant le récit de Aziz Binebine pour en faire un énième “ouvrage” intitulé – admirons au passage l’oxymore – : ” Cette aveuglante absence de lumière ” paru aux Editions du Seuil.

Ou est-ce le sous-titre accrocheur à souhait qui m’en avait dissuadé : “dix-ans dans le bagne de Hassan II” ?

Toujours est-il que le livre est resté fermé, classé dans ma bibliothèque, alors que, par ailleurs, j’ai eu l’occasion de m’intéresser de près à ce qu’on appelait à l’époque la “littérature carcérale”.

Puis, il y a quelques jours, un petit livre, avec une couverture blanche comme un linceul, paru chez LE FENNEC-Poche en octobre 2015, intitulé “TAZMAMORT, récit de vie” et signé Aziz BINEBINE.

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

J’avais complètement oublié que j’avais acquis la première édition et c’est CitoyenneHmidette, qui partage mes lectures bien entendu qui me l’a rappelé!

C’est ainsi que j’au pu enfin lire l’ouvrage de Aziz BENBINE, peut-ête en ayant à l’esprit LE FOU DU ROI, le livre de son frère Mahi BINBINE.

Mais revenons à TAZMAMORT : je zappe le sous-titre que l’autyeur (ou l’éiditeur) a changé d’une édition à l’aute.

TAZMAMORT : ce titre – résultat d’un jeu de mots macabre et terriblement efficace – résume l’ouvrage qui, en plus de décrire les conditions abominables vécues par les prisonniers du bagne de Tazmamart, est une longue litanie des morts qui ont égrené, jour après jour, semaine après semaine, mois après mois, les dix-ans années qu’a duré le sinistre voyage de ces jeunes militaires, désignés par le destin comme mutins, condamnés par la justice et jetés aux oubliettes par le régime.

En effet, Aziz BINEBINE a voulu évidemment dans ce livre parler de lui-même, de ses souffrances, physiques et morales, de sa lutte pour survivre, mais aussi et surtout évoquer ses compagnons de malheur, dont certains n’ont pas pu résister à la machine infernale qui a été inventée pour en faire des morts-vivants et qui ont fini par rejoindre le monde des morts, se libérant ainsi de la douleur, de la folie.

De la mort de Benchemsi, première victime expiratoire de Tazmamart, (page 67 et suivantes) à celle de Bendourou, dernier soldat tombé au champ d’horreur (page 218), les morts marquent les pages de ce témoignage du sceau de la folie, la bestialité des gardes, de la dignité des survivants : je ne citerai pas tous, mais tous méritent notre humble souvenir (pages 72, 78, 86, 89;101, 103, 106, 107, 116, 136,138, 145, 165, 178, 203, 206, 209)

Ainsi au fil des pages, nous assisterons, nous participerons devrais-je dire à la mort de trente-cinq des ces “oubliés” de l’histoire et de la justice, dans des conditions plus terribles les unes que les autres!

Aziz BINEBINE a attendu deux décennies pour écrire son livre : libéré de l’enfer de Tazmamart en 1991, il ne publiera TAZMAMORT qu’en 2009.

Pourtant le temps n’a rien effacé de ses souvenirs, de l’acuité de ses observations, de la justesse de ses ressentis : il évoque chaque moment de son calvaire sobrement, sans haine pour personne et il rappelle la disparition de ses compagnons d’infortune comme autant de moments de déchirement personnels.

TAZMAMORT n’est pas une oeuvre littéraire (Binebine a laissé le soin à Tahar Benjelloun et à ses équipes de faire de ces 18 ans de malheurs un roman dans lequel “il mêle à son tragique récit des éléments de poésie et d’humour”).

Aziz BINEBINE se contente de témoigner et son témoignage est encore terriblement efficace, même quand on le lit en 2017.

Conseils de lecture à Madame LE PEN et pourquoi pas à ses électeurs.

Madame LE PEN, apôtre de la lutte contre l’immigration en France, devrait consacrer quelques moments de sa vie à consulter les ouvrages édités par la maison AUTREMENT et réunis dans la collection “FRANÇAIS D’AILLEURS, PEUPLE D’ICI“.

Pour reprendre les intentions de l’éditeur, ces ouvrages suivent “les trajectoires de l’immigration en France et tracent une véritable cartographie de leur leur mémoire par rues, quartiers et villes”. On y retrouve “des histoires inscrites dans l’espace et dans le temps, de ces français venus d’ailleurs dans une France-monde“.

Madame LE PEN et ses amis découvriront le long des ouvrages réunis dans cette collection “la première saga de l’immigration en France“, qui ne date pas de l’arrivée des nord-africains et de musulmans, comme elle semble le croire ou du moins elle veut le faire croire!

Madame LE PEN pourrait ainsi se documenter sur “LES RUSSES A PARIS – 1919/1939” et se rendre compte que les russes dits blancs sot arrivés en masse en France et ont été une des pierres sur lesquelles s’est construite une partie de la société française actuelle.

La chef du Front National pourrait aussi s’arrêter sur “LE NOGENT DES ITALIENS” ou sur “LES POLONAIS DU NORD, ou la mémoire des corons” ou encore sur “LES PORTUGAIS A CHAMPIGNY, le temps des baraques“, pour se rendre compte que la France n’a pas attendu les accords de Bruxelles et autres pour être européenne.

Au cours de sa découverte de cette collection, Madame LE PEN pourrait se rappeler que les espagnols fuyant le franquisme ont été hébergés dans “LES CAMPS DE LA PLAGE – un exil espagnol“.

La France pure et immaculée, si chère à Madame LE PEN n’existe pas et la fille de Jean-Marie LE PEN devrait se souvenir que son pays est le creuset où se sont installés “LES ARMINIENS et leurs territoires” et que les asiatiques ont aussi leur part dans l’histoire récente de la France racontée dans “PARIS – XIII°, LUMIERES D’ASIE“.

Enfin, Madame LE PEN devrait se remémorer que la France actuelle est aussi constituée de français venus d’ailleurs comme les corses, réunis dans “LE PANIER, VILLAGE CORSE DE MARSEILLE” , de pieds-noirs, ces français ayant quitté l’Algérie évoqués dans “1962 : L’ARRIVÉE DES PIEDS-NOIRS“.

Mais mes coneils les plus vifs à Madame LE PEN portent sutr la lecture de ouvrages de cette collection qui s’intéressent aux juifs : “LA BELLE VILLE ES JUIFS TUNISIENS” et “RUE DES ROSIERS, une manière d’être juif”” et surtout ceux qui traitent de l’rrivée des algériens en France : “UN NANTERRE ALGÉRIEN, terre de bidonvilles” et “PLACE DU PONT ou la médina de Lyon” sans omettre “LES HARKIS, une mémoire enfouie“.

Enfin, Madame LE PEN decrait s’arrêter longuement sur la lecture de “MARSEILLE TRANSIT : les passagers de Belsunce” qui est le point de rencontre de tous les arrivés d’ailleurs qui feront la France.

Bonne lecture, Marine ! Je suis sûr que tu en sortiras différente, si tu te donne la peine de tout lire!

UN LIVRE SUR L’ISLAM DANS SA PREMIERE GRANDEUR

Ce petit livre posthume de Maurice LOMBARD, historien et professeur à l’Ecole Pratiques des hautes Etudes, Paris et à l’ Ecole Normale Supérieure de Paris, est assez étonnant car il traite de l’islam et la civilisation qui accompagné d’une manière tout à fait originale.

En effet, L’ISLAM DANS SA PREMIÈRE GRANDEUR – paru chez Flammarion en 1971, soit six ans après la disparition de l’auteur, aborde la période glorieuse de l’islam en mettant en exergue les aspects économiques et culturels.

ISLAM

La période étudiée par Maurice LOMBARTD couvre trois siècles qui ont marqué l’apogée du monde musulman , c’est à dire de la moitié du VIIIème siècle au milieu du XIème).

Et ce qu’il y a de remarquable dans cet ouvrage, c’est que dans son approche de l’histoire de l’âge d’or de l’islam, Maurice LOMBARD évoque l’espace où évolue la nouvelle religion, du monde iranien à l’émirat de Cordoue, il décrit les réseaux qui le cimentent par l’entremise de la langue arabe et les différentes parlers vernaculaires.

Il soulève la problématique de la puissance monétaire et de celle de l’espace urbain, et touche même l’organisation du travail.

Il conclut par l’importance des échanges, de leur objet et des circuits qu’ils empruntent.

Jamais il n’est question dans le travail de l’auteur de guerres et de conquêtes sanglantes, ni de batailles, ni de massacres : l’auteur établit juste le lien entre ce qu’était le monde avant l’islam et ce qu’il est devenu après la révélation de la religion de Mohamed.

Cet ouvrage nous apporte donc une nouvelle vision de ce fut le monde et la civilisation musulmane du temps de sa vraie splendeur !

A lire et à méditer.

Une histoire de la capitale du Maroc racontée par RABAT elle-même.

Il fallait une sacrée imagination pour trouver l’astuce consistant à raconter l’histoire millénaire de la ville de Rabat en utilisant le style direct et la première personne su singulier, le narrateur de cette “histoire” étant la ville de Rabat elle-même.

Xavier COUPLET, architecte, urbaniste et économiste, a osé le pari dans son petit ouvrage intitulé “RABAT – Comment je suis devenue capitale” paru en 2011 chez les éditions MARSAM.

rabat

En une bonne centaine de pages, rédigées dans un style très fluide, l’auteur balaie l’histoire de l’actuelle capitale administrative et politique du Maroc, depuis les phéniciens qui ont installé leurs premiers comptoirs sur les bords du Bouregreg jusqu’au XXème siècle où Rabat a été enfin choisie comme capitale du pays.

Au fil des pages, on apprend pourquoi la ville de Rabat semble tourner le dos à la mer, contrairement à la plupart des anciennes cités construite le long de la côte atlantique. En effet, il faut remonter Yacoub Al Mansour pour comperndre ce mystère urbanistique.

Rabat a par ailleurs souffert dans sa chair, dans son développement et dans son épanouissement durant la dynastie des “mérinides” qui lui ont préféré d’une part sa voisine SALE et d’autre part FEZ, où ils ont construit de très belles médersas qui font aujourd’hui encore partie du patrimoine de ces deux villes.

L’histoire de la capitale ne pouvait pas faire l’impasse sur sa période “corsaire” après l’arrivée des “morisques” expulsés d’Espagne : cette période trouble est très bien traitée par l’auteur, avec moult détails.

Rabat continue son histoire, toujours à la première personne, et c’est tellement bien réussi que le lecteur fini par y croire, notamment quand Xavier COUPLET écrit à la dernière page de son livre ces mots attrinués à Rabat : “Pourtant, officiellement, je ne suis toujours qu’un centre administratif provisoire! Vous vous renez compte du ridicule? Rabat, centr administratif provisoire”.

Finalement, ce sera Mohamed Ben Youssef, futur Mohamed V, qui officiliasera le statut de capitale de Rabat en terminant ses premières lettres par ces mots : “Fait dans la capitale, Rabat…”

Pour ceux qui veulent en savoir plus sur Rabat et son histoire, Savier COUPLET propose une bibliographie intéressante.

AMINE MAALOUF, l’académicien français aux ancêtres non gaulois

Le climat presque malsain qui prévaut dans ces jours qui précédent le scrutin législatif au Maroc ne m’empêche pas de lire et de trouver dans mes lectures une échappatoire à mes réelles préoccupations et un exutoire à mes craintes que j’espère infondées.

Je viens de finir UN FAUTEUIL SUR LA SEINE- Quatre siècles d’histoire de France publié chez Grasset en 2016 par Amine MAALOUF, le libanais élu à l’Académie Française.

livre-amin-maalouf-704x1024

Il faut bien reconnaître que cet auteur a un talent exceptionnel de conteur mais aussi d’analyste, en plus de sa maîtrise parfaite de la langue de Molière !

Dans cet ouvrage, Amine MAALOUF a eu l’idée géniale de nous parler de tous les académiciens qui l’ont procédé dans le vingt-neuvième fauteuil de la docte Assemblée. Je ne crois, sauf erreur de ma part bien compréhensible, qu’il y ait un précédent de ce genre.

Ce livre a été l’occasion pour Amine MAALOUF de montrer qu’il était digne – s’il fallait qu’il y soit contraint – de succéder, à ce fauteuil, non seulement à Claude Lévy-Strauss mais aussi aux dix-sept autres académiciens qui ont s’y sont installés depuis la création de l’Académie Française.

A travers les dix-huit portraits des académiciens qui l’ont précédé, Amine MAALOUF, en chercheur confirmé, nous permet de découvrir la vie de certains honorables inconnus qui ont siégé à l’Académie Française à la suite de circonstances parfois assez spéciales.

Comme le premier à occuper ce 29ème fauteuil, Pierre BARDIN, aujourd’hui totalement effacé de la mémoire littéraire française ou son successeur Nicolas BOURBON, latiniste reconnu mais besogneux auteur de langue française.

Amine MAALOUF a su mettre en exergue ces académiciens dont personne n’attendait l’élection, tant leurs concurrents étaient plus connus, plus talentueux mais aussi moins en phase avec le pouvoir de l’époque : Paul d’Albert de Luynes préféré à VOLTAIRE, et Pierre Flourens élu contre Victor HUGO, pourtant candidat pour la troisième fois.

Le fauteuil dont a hérité Amine MALOUF a accueilli par ailleurs des personnalités immenses de la pensée française : Claude BERNRD, l’homme qui a voulu réinventer la médecine, le très contreversé historien Ernest RENAN et bien sûr son prédecesseur immédiat l’éthnologue Claude LEVY-STRAUSS.

En tous cas, la découverte de ces dix-huit personnalités, couvrant quatre siècles de l’histoire de France, est l‘oeuvre d’un intellectuel qui a choisi la France, qui la connait, qui connait son histoire, ses hommes, et dont les ancêtres, phéniciens ou arabes, sont tout sauf gaulois.

LES FRANÇAIS, LA POLÉMIQUE ET LES TENUES VESTIMENTAIRES !

Les français ont de tous temps été portés sur la polémique et ont toujours entretenu des rapports tendus avec les tenues vestimentaires de leurs compatriotes.

Pour ce qui est de la polémique, il suffit d’ouvrir les médias français pour voir que ce pays est prompt à se lancer dans des batailles stériles à propos de tout et de rien !

Des crottes de chiens dans les rues au mariage pour tous, tout est sujet à polémique!

Que Nadine Morano dérape dans une émission de télévison, et voici lancée une polémique sur ses déclarations!

Que le footballeur Karim Benzema prononce une phrase où il met vaguement en doute la liberté du choix du sélectionneur Didier Deschamps et voilà une autre polémique ouverte!

Pour rester dans le monde futile du football, un geste furtif du fantasque (et non pas du fantastique) Paul Pobga lors de l’Euro 2016 a fait oublier la nullité de ce joueur et a créé une polémique ridicule.

L’histoire littéraire française est riche d’écrivains qui se sont fait une spécialité de la polémique. Pierre DOMINIQUE a même recensé “LES POLÉMISTES FRANÇAIS DEPUIS 1789” dans un ouvrage de 450 pages, paru en 1962 ches les Editions La Colombe.

Ces dernières années on a vu des polémistes comme Eric ZEMMOUR prendre l’avantage sur des hommes politiques ou sur des hommes de lettres!

C’est cela la France!

Et depuis fort longtemps !

Rappelons-nous la querelle des modernes et des anciens, qui avait déchiré le microcosme littéraire sous Louis XIV, ou la bataille d’Hernani engagée par Victor Hugo pour imposer le drame romantique!

Même les philosophes de la grande période de la pensée française, le milieu du siècle dernier, ont entretenu des polémiques historiques, comme celle qui a opposé Jena-Paul Sartre à son ancien condisciple de l’E.N.S. Raymond Aron.

Bref, qui dit France, dit polémique! Alors la petite guéguerre actuelle sur le burkini ne serait-elle qu’une nouvelle polémique de plus, futile et sans conséquences semblant créer plus le buzz qu’être un vrai phénomène de société?

Pour ce qui est des relations très spéciales qu’entretiennent les français avec leur tenue vestimentaires, l’histoire de ce pays nous en donne de nombreux exemples!

Nous nous souvenons des “sans-culottes”, ces hommes du peuple qui représentaient quand même la majorité de la population française aux XXVIIIème mais qui étaient affublés de ce surnom ridicule et méprisant par les autres classes sociales, bourgeoisie, clergé et noblesse!

Bien mal leur en prit d’exprimer leur mépris pour ces “sans-culotte” qui ont fini par chasser la royauté, par obtenir l’abolition des privilèges et par établir la déclaration des droits de l’homme et du citoyen.

Plus tard, ce furent les Incroyables et les Merveilleuses qui remirent le luxe extravagant à la mode, même sileur souvenir s’est vite estompé.

Au début du XXème, la Belle Epoque n’a laissé dans les souvenirs des français que l’aspect fantasque d’une mode vestimentaire qui a fait scandale à l’époque !

Après la seconde guerre, les zazous ont eu leur heure de gloire et de scandale, avant que les zonards n’envahissent les rues sur leurs motos pétaradantes.

Les modes hippy , puis punk ou gothique ont créé chacun en son temps des tensions plus ou moins importantes dans la société française, qui finalement aime bien se retrouver avec des hommes en costumes-cravates et en des femmes en tailleur-talons.

Forcément, quand le foulard est apparu dans le paysage urbain français, les réactions ne se ont pas fait attendre!

Ainsi donc, la France et les français croit traverser une période trouble de son histoire sociale alors qu’elle ne fait que connaitre un nouvel épisode qu’elle a déjà vécu et qu’elle a oublié.

Espérons qu’elle ne donnera pas au burkini plus d’importance qu’il n’a !

Encore l’histoire hors du commun d’une reine de France

Quand on s’intéresse quelque peu à l’histoire en général, et à l’histoire de France entre autre, la lecture de romans historiques peut servir d’exutoire à un manque de culture historique académique.

Ces derniers jours, j’ai lu “LE ROI DISAIT QUE J’ÉTAIS DIABLE” de Clara DUPONT-MONOD, publié en première édition chez GRASSET en 2014 et repris en “Livre de Poche” une année plus tard.

le roi disait

Dans ce roman, l’auteure – écrivaine et journaliste – reprend la légende de Aliénor d’Aquitaine, reine de France, épouse de Louis VII dans les premières décennies du XIIème : cette fille de l’Aquitaine, pas très lointaine de l’Andalousie musulmane, portait un prénom qui aurait pu être d’origine arabe

“Aliénor” viendrait selon certains de “Allah Nour”. De quoi aiguiser ma curiosité !

Cette jeune fille, née dans la haute noblesse et sous le soleil du sud, a été mariée pour raison d’état au nouveau roi Louis VII, qui n’avait rien pour être roi mais tout pour être prêtre. En en effet, seule la mort accidentelle de son frère le fit accéder au trône.

Le livre raconte la vie de couple royal, si mal assorti : elle, une femme libre, orgueilleuse, impétueuse, rêveuse et lui un homme austère, introverti, écrasé sous ses responsabilités, déchiré entre Dieu et le monde, entre le Pape et la France.

Le récit est construit comme une partition à deux mains où chacun des protagonistes raconte à sa manière les difficultés de ce couple improbable, qui n’a connu ni bonheur, ni quiétude, ni sérénité !

Aliénor aime la poésie, les troubadours, les chevauchées et n’a aucune sentiment pour son mari ! Louis VII – dit Le Jeune, dit le Taiseux – n’arrive pas à dépasser l’amour fou pour son épouse et s’empêtre dans des vaines querelles avec l’Eglise et avec ses vassaux.

N’ayant pas pas pu donner d’héritier mâle à son royal mari, n’ayant pas pas pu l’aider à réussir sa croisade qui se traduisit par un véritable désastre, n’ayant pas pu vaincre les conspirations qui se dressèrent contre elle, Aliénor d’Aquitaine a fini par être répudiée.

Le livre s’achève sur cette séparation douloureuse, mais salvatrice.

P.S. La reine Aliénor connaîtra une autre vie, que l’auteure n’aborde pas, en devenant reine d’Angleterre auprès de Henri Plantagenêt. Je suis curieux de livre un ouvrage qui traiterait de ce sujet .

Omar MOUNIR et les attentats de Casablanca

N’en déplaise à certains Citoyen Hmida, le blogueur n’est pas mort : il est là, plus déterminé que jamais, plus solide que l’ennui que peuvent provoquer certains fâcheux! Il continue à lire, à écrire, à partager, ailleurs et avec d’autres d’autres centres d’intérêts mais il n’abandonne pas son blog pour autant. La preuve c’est que j’ai décidé de vous faire part ici de mes lectures et pour l’instant rien que mes lectures!

Et je vous préviens, dorénavant, je ne discute plus avec les intrus, je ne réponds plus aux imbéciles, je ne réagis plus aux provocateurs! Celui qui a quelque chose à me dire sur ce que j’écris ici sera le bienvenu et je suis comme toujours ouvert au débat et à la discussion.

Les interventions bêtes et inutiles continueront à figurer sur cet espace comme exemples de la bêtise et de l’inutilité de certains.

Hugh, j’ai dit !

A l’occasion de l’anniversaire douloureux du 16 mai 2003, je vous propose ce billet et je vous rappelle la gravité du sujet et le respect de nous devons aux morts. Ceci pour dissuader d’éventuels intervenants qui voudraient se faire distinguer par les commentaires inappropriés.

Omar MOUNIR a publié en 2004 chez les éditions MARSAM un essai intitulé LES ATTENTATS DE CASABLANCA ET LE COMPLOT DU 11 SEPTEMBRE dans lequel il tente une approche particulière entre les deux événements.

les-attentats-de-casablanca-et-le-complot-du-11-septembre

J’ai déjà eu l’occasion de lire d’autres ouvrages de Omar MOUNIR et même d’évoquer ici-même un de ses essais LES COLONISATEURS :

Que dire de cet ouvrage et surtout qu’en dire en toute honnêteté intellectuelle?
Il faut dire que Omar MOUIR ne laisse pas le choix au lecteur ! Dès les premiers mots de son ouvrage, il pose les règles du jeu, le lecteur se trouvant ainsi prévenu : j’en reprends ici textuellement les trois premières lignes :

“PLUTÔT QUE DES ATTENTATS, UN COMPLOT
Disons-le, au risque de choquer, le “terrorisme islamiste” n’existe pas à l’échelle où Washington le prétend. Ce terrorisme prétendument “islamiste” est un bluff, un complot de ce qu’il convient d’appeler, toute observation faite : le fascisme américain”.

Ainsi Omar MOUNIR va au fil des 2010 pages de son travail égrener toutes une série d’arguments, d’explications, de relations, d’exemples, de citations, non pas pour DÉMONTRER l’existence de ce complot mais pour la MONTRER.
Cette démarche, peut-être militante, n’a rien de scientifique et elle peut même provoquer sur le lecteur l’effet inverse de celui voulu par l’auteur.

Certaines pages de ce livre – écrit je le rappelle juste après les attentats de Casablanca – se sont avérées en contradiction avec la réalité.

Quand Omar MOUNIR affirme que “il est impossible de trouver parmi la population quatorze jeunes gens prêts à jouer les kamikazes sur commande”, il totalement en décalage avec la réalité telle que nous la vivons actuellement, avec les milliers de jeunes qui rejoingent les rangs de l’EI sans espoir de retour!

Quand il assène comme une évidence que ”l’expérience montre que de par le monde et les guerres, sur dix volontaires à kla mot, huit à neuf se dégonflent une fois à pied d’oeuvre”, il est contredit par les derniers actes terroristes enregistrés un peu partout dans le monde et notamment en Europe. Les candidats-kamikazes de Paris et de Bruxelles qui se sont “dégonflés” l’ont fait pour des raisons plus stratégiques que psychologiques.

Le travail de Omar MOUNIR est ainsi émaillé d’affirmations à l’emporte-pièces, souvent puisées à la même source – l’hebdomadaire marocain TEL QUEL – et il perd une grande partie de sa pertinence.
Omar MOUNIR est un militant, je suppose, un militant de je ne sais quelle cause, car seul le militantisme peut pousser un intellectuel à de telles positions.

Pourtant, la lecture de son essai est intéressante : si l’on sait se prémunir contre la “théorie du complot”, on peut y trouver matière à réflexion, même treize ans après les faits.

Ouvrage à lire donc, avec les précautions d’usage, comme pour les ouvrages engagés!

Le roman de ZAYNAB, féministe discrète, épouse influente.

Il ne faut jamais faire confiance aux textes des quatrièmes de couverture de certains éditeurs et encore moins aux critiques de certains journalistes.

Le roman “ZAYNAB, reine de Marrakech” publié par Zakya DAOUD en premier en 2004 chez les Editions de l’Aube et réédité en 2015 par Le Fennec, est victime justement de ce genre de publicité.

zaynab

Si l’on en croit les critiques retenues par l’éditeur marocain pour présenter ce roman, on peut lire :

> sous la plume de Yasmina LAHLOU, in Jeune Afrique l’intelligent, “le style limpide et sobre lui confère une évidente qualité littéraire”.

> sous celle de Jean-Pierre Serrini, in Le Monde Diplomatique, il s’agirait d’un “roman historique envoûtant“.

> Jose Garçon, dans Libération France, semble plus dans la retenue en affirmant que “la femme qui a fondé Marrakech a tout pour faire rêver les malheureux touristes.” Pourquoi malheureux d’ailleurs, mais bon, passons !

J’ai une grande estime personnelle pour Zakya DAOUD, la journaliste, la militante, la féministe et aussi l’écrivain : la preuve, les différents billets que lui ai consacrés dans ce blog : ici, et encore ici

Mais je dois avouer que “Zaynab, reine de Marrakech” est loin d’avoir les qualités qui ont marqué les deux ouvrages de Zakya Daoud desquels j’ai rendu compte.

Bien sûr, la matière première historique – documents, archives, références – est presque inexistante concernant ce personnage.

Seule la légende et la tradition ont perpétué son souvenir, avec tous les risques d’altération de la vérité historique que cela comporte.

Zakya Daoud semble n’avoir pas pu se détacher de cet aspect mythique de son personnage : et là, l’ouvrage reste bien un roman, historique certes, mais sans beaucoup de “conviction” ai-je envie de dire.

Je ne partage pas du tout l’avis de Yasmina LAHLOU qui trouve à ce roman “une qualité littéraire évidente” : il est d’une lecture pour le moins poussive.

Je ne partage pas non plus l’emballement de Jean-Pierre Serrini quant au caractère “envoûtant” du roman : les faits se suivent sans aucune surprise, dans un décor stéréotypé, antre harem et palais, batailles et princes, religion et politique.

Zakya Daoud essaie tant bien que mal de trouver une place dans tout cela à son héroïne Zaynab Nafzaouya : elle y arrive sans trop nous convaincre, du moins me convaincre!

Ce roman, écrit par une féministe militante et sincère, ne s’inscrit pas comme une oeuvre de combat qu’il aurait pu et dû être! Il se perd donc dans les considérations romanesques qui lui coupent tout élan et tout souffle.

Dommage !

Zaynab dans son genre a été une féministe active et elle méritait plus qu’une bluette à l’eau de rose.

UN LIVRE SUR “LES ÉVÉNEMENTS DU RIF” QUI LAISSE UN GOUT D’INACHEVÉ….

A plusieurs égards, je me devais de lire ce livre : je connais personnellement l’auteur, j’ai vécu de longues années à Al Hoceima dont je garde de formidables souvenirs humains, j’ai essayé de m’imprégner avec un certain succès de l’ambiance particulière de cette région et j’ai tenté d’en pénétrer sans y parvenir les secrets.

SUR LA VOIE DES INSOUMIS, du docteur M’hamed LACHKAR, paru il y a quelques semaines chez JL Editions devait tomber à point nommé donc dans ma quête jamais interrompue et dans mon intérêt jamais démenti pour le Rif, où je puise en partie mes propres racines.

OLYMPUS DIGITAL CAMERA
OLYMPUS DIGITAL CAMERA

M’Hmaed LACHKAR, chirurgien et militant associatif n’est ni historien, ni sociologue, ni homme politique, juste un marocain qui à moment de sa vie a décidé de se raconter. Il avait commencé avec COURBIS dont j’avais rendu compte ici-même.

Dans ce “roman” – qui n’en est pas un en fait, ce serait un début d’autobiographie inachevée – M’Hamed (je crois que je peux le désigner par son prénom ) aborde que qu’il est convenu dans l’histoire moderne du Maroc d’appeler “les événements du Rif”.

Il nous raconte à travers ses souvenirs d’enfant – il a avait à l’époque 8 à 9 ans – le tragique déroulement de ce qui avait fini par marquer pratiquement tout le règne de Hassan II. On retrouve les stigmates de ces événements tout au long de la vie du défunt monarque.

Les souvenirs d’enfant, même s’ils sont étayés de témoignages recueillis des décennies plus tard, ne retraceront jamais la véritable histoire et c’est ce qui fait à la fois la force et la faiblesse de cet ouvrage.

Il fallait qu’il soit écrit : M’hamed l’a fait, à sa manière, brute et abrupte! Bien sûr tout n’est pas dit, tout n’est pas expliqué : mais un gosse d’une dizaine d’années qui voit le monde s’écrouler autour de lui pouvait détenir les clés de cette catastrophe? Surement pas !

Mais l’adulte qui revisite sa propre enfance aurait pu gratter un peu plus et commencer à nous donner un début d’explication à cette tragédie

Pourquoi les riffains se sont-ils révoltés en 1958 et pourquoi ont-ils pris les armes? Contre qui exactement, Contre quoi? Qui les a poussés? Qui leur a fait miroiter le mirage d’une chimérique indépendance que même leur héros mythique Abdelkrim Khattabi avait fini par enterrer?

Bien sûr, l’enfant M’hamed n’avait les réponses, mais le docteur Lachkar se devait de les rechercher et de les révéler, du moins partiellement.

Il faut espérer que la publication de ce livre ouvrira la voie à d’autres publications, plus académiques, plus scientifiques, plus rigoureuses, qui éclaireront les générations à venir sur cette période de notre histoire moderne.

L’ambiance générale du pays s’y prête de façon parfaite: la réconciliation est totale entre le trône et ces régions hier encore stigmatisées, oubliées et marginalisées.

Peut-être même que le docteur M’Hamed LACHKAR, une fois débarrassé de démons personnels qui hantaient ses souvenirs d’enfant, participera-t-il à la découverte de la vérité historique.

A l’occasion de la sortie de son premier livre, j’avais écrit “un écrivain est né” ! J’ai envie cette fois d’espérer que “un historien est en train de naître”.

Rendez-vous à ton prochain ouvrage, khouya M’Hamed!

P.S. : deux petites remarques de forme quand même :

> une attention plus rigoureuse aurait due être portée par les correcteurs.

> une carte de la région, même sommaire, aurait grandement facilité la vision des choses.

Enfin un livre sur l’alternance politique au Maroc !

Je comprends parfaitement que les jeunes se désintéressent de la politique : en plus du fait que les politiciens actuels soient d’un niveau tellement bas qu’il défie toutes les normes, la jeunesse n’a aucun repère bibliographique sérieux pour l’aider à reconstituer les dernières années de notre histoire, notamment ces années qui ont connu “l’alternance” et l’arrivée au gouvernement – et non pas au pouvoir – des partis de l’opposition.

Aussi, “ABDERRAHMANE YOUSSOUFI et les dessous de l’alternance“, publié par TelQuel Média, le livre de Mohamed ETTAYEA – rédigé en arabe dans sa version originale parue en 2013 puis traduit en français par Mohamed Bouderham en 2015 – tombe-t-il à pic pour rafraîchir la mémoire des uns et pour éclairer la lanterne des autres.

LIVRE-YOUSSOUFI

Cet ouvrage, comme nous prévient l’auteur avec une grande honnêteté intellectuelle, représente le travail d’un journaliste qui ne saurait prétendre “ni à l’érudition de l’historien , ni encore moins à la méticulosité de l’universitaire”.

Une fois cette précision prise en compte, la lecture de cet opus prend une dimension particulière, parce que aucune référence n’est signalée, aucun renvoi à une source n’est indiqué. Il faudra donc nous contenter de la bonne foi de l’auteur – et en principe il n’y a aucune raison d’en douter, il n’y pas eu que l’on sache de démentis ou de mises au point – qui affirme que “les détails et les dizaines d’anecdotes et de faits contenus dans ce livre ont été collectés lors de dizaines de rencontres et de face-à-face avec des des hommes politiques qui ont fait et vécu l’alternance“.

Il faut donc prendre cet ouvrage pour ce qu’il est et ce n’est en rien un reproche que je formule là.

Si l’auteur ne se livre à aucune analyse profonde ou personnelle de la situation politique durant les dernières années du règne de feu Hassan II, il nous permet d’apprendre ou de redécouvrir des événements qui ont marqué cette période.

La lutte sourde, insidieuse et parfois frontale menée contre l’idée même d’alternance par l’ancien homme fort du royaume, feu Driss Basri, y est détaillée avec subtilité, l’auteur ne cachant ni son antipathie pour le ministre de l’intérieur de Hassan II ni sa sympathie pour le premier ministre socialiste Youssoufi.

L’auteur tente par ailleurs de rapporter assez fidèlement les événements qui ont mener à l’avortement de la phase d’alternance, avec la nomination de Driss Jettou au poste de premier ministre. Dommage qu’il n’ait réservé que quelques mots à Abbas Fassi dont le rôle a été déterminant dans cet échec.

Bien sûr en tant que journaliste, Mohamed Ettayae a insisté sur les problèmes du gouvernent de Youssoufi avec la presse et le monde des médias en général.

Il termine son ouvrage par la relation de la déconfiture du parti de Abderrahman Youssoufi sous les coups de buttoir de beaucoup de ses leaders qui se sont livrés une guerre fratricide qui a mené l’U.S.F.P. à la triste réalité qu’elle vit actuellement.

A lire donc, pour remettre de l’ordre dans ses souvenirs ou dans ses connaissances!

UN LIVRE SUR UN ROI DU MAROC D’AVANT L’ISLAM

Longtemps l’histoire officielle du royaume du Maroc a voulu nous faire avaler que le Maroc était né avec l’arrivée des premiers musulmans et que ce qui était advenu auparavant relevait de l’anecdote, ou tout au plus de la légende.

Depuis la reconnaissance officielle dans le préambule de la Constitution du 1er Juillet 2011 de “la convergence de ses composantes arabo-islamique, amazighe et saharo-hassanie“, il n’est plus question d’occulter qu’il existe un Maroc anté-islam.

Il est devenu évident que ce Maroc doit être enseigné, que des recherches doivent être encouragées pour en dévoiler les secrets longtemps enfouis sous le tapis de l’historiographie officielle!

Et ainsi que tous les marocain/nes doivent saluer avec respect la parution “JUBA II, roi, savant et mécène” l’ouvrage de Zakia DAOUD publié chez les éditions ART-DIR en septembre 2014, au prix fort attractif de DH 120;

juba-ii-roi-savant-et-mecene.

Cet ouvrage, écrit avec le sérieux et la compétence reconnus de Zakya DAOUOD, militante et intellectuelle sérieuse et reconnue, nous présente un roi numide ayant régné, un quart de siècle l’ère chrétienne, donc plus de six siècles et demi avant l’apparition de l’islam, sur la la Maurétanie – qui comprenait une partie de l’actuel Maroc et une partie de l’actuelle Algérie avec comme capitale Volubilis, dans la région de Meknes, et des centres urbains développés comme Tingi (Tanger), Benassa (dans le Gharb), Lixus (Larache), Tamusiga (Essaouira) Russzadir (Melilia), Tamuda (Tétouan).

Ce territoire était une région riche et développée avec une agriculture florissante (canne à sucre, oliveraies), une industrie naissante (ateliers de fabrication de pourpre, colorant rouge à base de faune marine, dont Jubba II serait l’inventeur, ateliers de salaison de poissons à Lixus, unités de frappe de monnaie), un système d’irrigation et d’alimentation en eaux des centres urbains sophistiqué inspiré des aqueducs romains.

Jubba II fut par ailleurs un homme de culture et d’érudition : il écrivit de nombrueux ouvrages d’histoire romaine et grecque qui font référence, il entreprit des explorations, il reçut dans son royaume tout ce comptait dans le monde intellectuel de son époque, il réunit une collection impressionnante d’objets d’art et de manuscrits.

Zakya DAOUD a eu l’intégrité intellectuelle de ne pas caché que le régne de JUBBA II, pour exceptionnel qu’il soit, reste quand même tributaire de l’influence et la puissance de ROME. Ce “royaume client” évite ainsi une occupation directe des forces romaines!

Elle n’a pas non plus évité de rappeler que JUBBA II, fils de Jubba I roi numide battu par les forces de César et poussé au suicide pour éviter l’himuliation ultime, ne doit son accession au trône de son père par la volonté de AUGUSTE exprimée par un document appelée “lettre incomparable” du 16 janvier de l’an 16 avt J.C.

Malheureusement, le royaume de Juba II éclata sous les coups de buttoir des divisions intestines et sous la prerssion de la révolte de Tacfarinas! Et c’est le début d’une autre histoire.

Le livre de Zakia DAOUD est, comme tous ses ouvrages, bien documenté, avec des notes de bas de pages nombreuses et variées, un bibliographie intéressante et il reste accessible à toute personne s’intéressant à l’histoire de ce pays.

Ouvrage à avoir absolument dans sa bibliothèque!

Un livre à lire pour comprendre en partie la France d’aujourd’hui

La France de 2015 semble sortir de nulle part!

La société française semble découvrir ses fractures communautaires ou communautaristes, comme si elles n’avaient jamais existé!

Pourtant , la France – modèle de la liberté, chantre de l’égalité et phare de la fraternité – n’a pas été aussi unie autour de de ces trois idéaux.

Il ne faut pas remonter à des temps immémoriaux de l’histoire de ce pays millénaire pour retrouver des fractures multiples et des blessures profondes qui ont laissé des cicatrices parfois béantes et des stigmates indélébiles.

Les années d’occupation de la France par les troupes allemandes recouvrent justement une période historique que la France n’a pas encore complètement assimilé, hésitant entre l’oubli pur et simple et le pardon magnanime, oscillant entre la mémoire écrasée par le remords et le désir de reconstruction de la nation.

Pour ceux qui découvrent la France par la télévision, la lecture de l’ouvrage de Jean-Pierre AZEMA et de Olivier WIEVIORKA, paru en 1997 et réédité plusieurs fois par la suite, peut apporter un éclairage nouveau car il traite justement de “VICHY, 1940-1944“.

vichy

Les auteurs ont tenté, et en grande partie réussi, en cinq chapitres de mettre en évidence le schéma qui a prévalu à faire de la France un pays vaincu, humilié, occupé par son puissant voisin allemand et de démonter le processus par lequel ce pays a essayé d’effacer les traces de la défaite et de l’humiliation et surtout de reconstruire une mémoire vierge de toute culpabilité.

Les cinq chapitres portent des intitulés aussi courts que précis et parfaitement ciblés :

> ENCAISSER, à l’image du boxeur qui subit les coups de butoir de son adversaire, qui le force à un K.O. inattendu mais foudroyant; La France et son armée, réputée la meilleure du monde, est battue et occupée en quelques semaines dans les dernières jours du printemps 1940.

> COLLABORER, car comment faire autrement qu’accepter les règles imposées par le vainqueur et pratiquement exécuter ses ordres dans tous les domaines, même dans les conditions les plus avilisantes.

> GOUVERNER mais dans quelles conditions, avec quelle légitimité et quels appuis? Gouverner avec le risque certain de tomber dans l’autoritarisme personnel, le culte de la personnalité du Maréchal Pétain et de ses dérives droitières.

> SUBIR pendant quatre ans le joug de l’occupant, en lui fournissant tout ce qu’il demande dans tous les domaines! Etre obligé de participer à la honteuse traque aux juifs, être obligé de fournir de la main d’œuvre, être obligé d’égayer les soirées des officiers allemands, être obligé de traquer ses propres fils qui luttent contre l’occupant! Quatre ans à subir tout en essayant d’oublier!

>SOLDER : voilà le maitre mot de l’après-Vichy! La France a tenté d’oublier ce qu’elle a subi en soldant immédiatement tous les comptes avec les acteurs de l’occupation mais en évitant la guerre civile! Épuration extra-judiciaire, procès souvent bâclés, condamnations rapides et définitives.

Mais les traces sont restées : par exemple François Mitterrand, devenu président de la République, a trainé jusqu’à sa mort le boulet de la francisque obtenue sous l’occupation!

La France actuelle cache encore mal ses blessures et, en grande partie, sa lâcheté d’alors!

Le combat contre l’antisémitisme actuel – que l’on peut fort bien comprendre et approuver par ailleurs – n’a d’autres sources originelles que le sentiment de culpabilité des français envers les juifs! Toutes les affirmations des uns et des autres ne sont qu’enfumage.

La France qui il y a à peine soixante dix ans était occupée, humiliée, exploitée, n’a pas encore totalement repris sa place face l’Allemagne, qui après être sortie de la guerre exsangue, divisée et occupée, a su rebondir et retrouver le leadership de l’Europe.

Livre à lire parce que le monde d’aujourd’hui est toujours façonné par les évènements d’hier et il est bon de se rafraichir parfois la mémoire pour comprendre, même partiellement, le présent.

ET SI LE M20F AVAIT REUSSI SON COUP……(3/3)

………SUITE

En effet, en quelques jours,  le Maroc est emporté par une tempête qu’il n’a jamais connue jusqu’à présent!

Lors des divers évènements tragiques, qui ont émaillé son histoire récente et dont il garde malgré tout encore les stigmates, le Maroc et les marocains ont toujours vite réagi : sous l’égide d’un Hassan II, ferme et énergique, le calme est toujours revenu, très vite, laissant dans l’ombre les corps des victimes et la culpabilité des bourreaux!

En 2011, la situation ne se présente plus de la même manière!

Partout dans le monde arabe, la rue est à feu et à sang, sous l’œil grossissant des camaras de télévisions et sous le regard déformant à force vérité des téléphones portables.

Le moindre incident est relayé, amplifié, multiplié  et diffusé aux quatre coins du monde.

Même Alger, traumatisée par une décennie de massacres, enregistre des frémissements populaires ! Les quelques dizaines de manifestants algériens ressemblent à de timides sit-ins dominés par les uniformes bleus, les casques et le matraques : ils sont pourtant au sommaire de tous les journaux télévisés.

Enfin, les médias occidentaux et AL JEZERA peuvent parler d’un printemps arbe qui renverse les régimes en place de l’Atlantique au Golfe Persique, de Casablanca à Bagdad, à l’image d’un jeu de dominos. Il peuvent encenser la rue arabe qui ose  se révolter contre ses dirigeants!

Les dictateurs arabes tombent comme des fruits mûrs et  les occidentaux exultent!

La démocratie, LEUR démocratie, triomphe et peu leur chaut la suite des événements! Peu importe ce qu’il en sortira : leur but est que leur idée du monde triomphe!

Durant plusieurs semaines, le Maroc a donc traversé cette zone de turbulences, balloté entre manifestations populaires et répression policière, entre vandalisme incontrôlé et arrestations, tirs à balles réelles, victimes anonymes, entre colère des jeunes face l’immobilisme de la situation et sourde réprobation des moins jeunes face à la dégradation de l’état du pays!

Des imams improvisés enflamment la rue par des sermons sans queue ni tête, des gauchistes essaient de leur prendre la vedette en scandant des slogans éculés qui ont fait leur temps durant les années de plomb, des milices s’organisent pour défendre les quartiers, tous les quartiers, des plus riches aux plus pauvres!

Le commerce chute vertigineusement, les hôtels sont vides, le pays semble en quarantaine, les marocains de l’étranger cessent d’alimenter le pays en devises, l’économie informelle envahit le pays sous l’influence  des organisations islamistes qui en profitent pour tisser leurs réseaux et les ancrer à une société livrée à elle-même!

Tout cela échappe complètement aux jeunes du Mouvement du 20 Février : ils n’ont plus prise sur rien de ce connait le pays!

Ce n’est pas ainsi qu’ils voyaient les choses : ils ont joué à la révolution sans savoir ce que c’était, sans en connaitre les codes, les règles, les conséquences, le prix à payer!

Les semaines passent …Le pays s’enfonce chaque jour d’avantage dans la folie et le chaos…Les morts s’accumulent….Les appels grandes puissances restent sans échos, car personne ne les entend…

Le Mouvement du 20 février a réussi son coup!

 

Heureusement, ce n’est qu’u récit imaginaire, ce n’est que l’histoire potentielle et non pas l’histoire réelle du Maroc dans cette bizarre année 2011.

Que ceux qui s’étaient embarqué dans cette folle aventure aient le courage d’entreprendre leur autocritique et ils réaliseront que ce récit imaginaire n’est que celui du possible!

Le Maroc a besoin de changements profonds, les marocain(e)s ont besoin de changements, dans leur mentalité, dans leurs aspirations, dans leurs rêves, dans leur quotidien!

Jusqu’à présent ceux qui doivent mener ces changements – les partis politiques, leurs dirigeants en premier lieu- ont failli à leur mission!

Ils ont abandonné le pays aux lobbies en tous genres et surtout ils l’ont sacrifié à leurs propres ambitions.

Les jeunes du 20 février auraient dû investir ces partis politiques, en prendre possession, les utiliser comme leviers pour démonter les carcans qui paralysent le pays!

Ils ont voulu faire comme les tunisiens, les égyptiens, comme les autres en un mot! Ils ont raté le coche.