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Chroniques d'un citoyen Lambda sur l'actualité
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Archive for the ‘Livres’

UNE NYMPHOMANE QUI NE M’A PAS INTÉRESSÉ, MAIS …

May 26, 2017 By: Citoyen Hmida Category: Livres No Comments →

DANS LE JARDIN DE L’OGRE“, le premier roman de Leïla SLIMANI, paru en 2014 chez les éditions GALLIMARD, a connu un certain succès d’estime auprès de la critique parisienne et laissait prévoir que l’auteure avait de l’avenir.

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Cela n’a pas été démenti : deux ans plus tard, elle recevait le rpix Goncourt pour son second ouvrage “CHANSON DOUCE” que j’avais évoqué ici même il y a quelques mois.

Que dire du premier roman de Leila SLIMANI?

Pour ma part, pas grand chose! L’histoire de cette nymphomane parisienne ne m’a pas intéressé, je ne suis pas senti concerné par ses problèmes personnels.

Cela ne signifie pas que le livre soit inintéressant : il est très bien écrit et comme dit le critique BILLOT dans STYLIST : “Leila Slimani fait grimper la température et signe un premier livre étourdissant”.

Leila SLIMANI a donc choisi sa voie et elle tient le cap : parisienne d’adoption, elle connait bien sa ville et ses habitants et en parle avec beaucoup de talent. Bravo donc !

Espérons qu’elle continue dans cette veine-là et qu’il ne lui vienne pas à l’esprit d’aborder les problèmes de la femme marocaine : ce qu’elle écrit à ce jour est très bon, elle a son public, nombreux et fidèle et c’est très bien ainsi.

UN ROMAN FÉMINISTE QUI NE DIT PAS SON NOM …

May 19, 2017 By: Citoyen Hmida Category: Livres No Comments →

Khadija MENEBHI n’est pas une inconnue dans la sphère publique marocaine : acteure de la société civile, chercheuse, professeur, doublement compétente en des matières aussi diverses que la philosophie et les mathématiques, elle vient de signer son premier roman : “LES DÉDALES DE LA MÉDINA” paru en mars 2017 aux éditions AKHIR-SAA.

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Après ses deux premières parutions, (MORCEAUX CHOISIS DU LIVRE DE L’OPPRESSION EN 2003 et RECIT DE FEMMES EN 2013), qui sont avant tout des témoignages, Khadija MENEBHI s’essaie à la fiction mais sans s’éloigner de ce qu’elle sait faire le mieux : témoigner, dénoncer et militer.

L’héroïne – ou plutôt les héroïnes – de son roman sont des femmes de caractère, fortes : Lla Fatna véritable chef de famille, ses filles auxquelles elle a transmis les genes de sa force, ses futures brus victimes de la vie mais pas victimes immolées sans défense, Mahjouba, la marieuse, celle qui tire les ficelles de la vie sociale d’une partie de la médina. Les autres femmes du derb, pour analphabètes qu’elles soient, ne manquaient pas de culture, parfois musicale souvent religieuse. Le récit a pour cadre la médina de Marrakech dans la période qui a suivi immédiatement l’indépendance.

Les hommes traversent le récit comme des ombres, “qu’on ne voyait pas”, à l’instar du mari de Lla Fatna, “totalement sous sa coupe” ou de ses fils qui ne contestaient jamais les décisions de leur mère.

Khadija MENEBHI nous présente donc – même si c’est à travers des clichés éculés et de lieux communs mille fois repris dans la littérature francophone marocaine – un roman qui se veut engagé, le roman d’une femme qui a pris en main son destin et celui de sa famille

Cette oeuvre se lit avec intérêt et un certain plaisir jusqu’à la page 97 où une regrettable et malencontreuse erreur technique nous prive de la lecture de 16 pages (pp. 98-99, 102-103, 106-17, 110-111, 114-115, 117-119, 122-123 et 126-127). Seize pages sur 142, cela rend toute lecture de la suite absolument incompréhensible.

Faut-il le regretter ? Certainement, car un livre est un objet sacré, comme toute création intllectuelle et il ne doit pas être mutilé!

Ces seize pages manquantes auraient-elles rendu meilleure l’oeuvre de Khadija MNEBHI ? Je ne peux en juger et c’est dommage.

Ce genre d’incident porte préjudice à l’auteure et à son effort; il montre les carences du monde de l’édition et ne contribue pas la promotion de la lecture dans notre pays.

LECTURES ………..pour relever un défi lancé par ma cadette!

May 15, 2017 By: Citoyen Hmida Category: Livres No Comments →

Dernièrement, ma fille cadette m’a reproché la dureté de mon appréciation de l’oeuvre littéraire de notre ancien prix Goncourt national Tahar BENJELLOUN. En effet, le travail de cet auteur n’est pas ma tasse de thé et je le fais savoir quand j’en ai l’occasion.

Elle m’a même lancé un défi : elle se proposait de me présenter “sous couvert d’anonymat” un texte de Tahar Benjelloun, me laissant le soin de porter un jugement disons….”à l’aveugle“. Un peu comme un juré de “THE VOICE” !

Mais j’ai préféré choisir moi-même deux livres de l’écrivain marocain, j’ai opté pour deux titres assez anciens qui m’étaient complètement inconnus et dont je n’avais par conséquece la moindre idée. Il s’agit de “L’ANGE AVEUGLE“, un recueil de nouvelles ayant pour thème central la mafia sicilienne, paru aux éditions du Seuil en 1992 et de “LES RAISINS DE LA GALÈRE“, un roman sur les immigrés algériens en France et leurs difficultés, publié en 1996 par les éditions Fayard -Libres.

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Premier constat que je veux objectif mais sans aucune réserve : notre auteur sait écrire et il domine à la perfection la langue écrite française. . Cela semble évident pour un écrivain, conu et reconnu, mais ce nest pas toujours le cas! Alors, j’en donne ici acte, pour ce que vaut mon constat : Tahar Benjelloun est un grand écrivain, si l’on retient une des acceptions de ce mot retenue par le C.N.R.T.L. En effet, c’est “une personne habile dans l’art d’écrire “.

Dans ces deux ouvrages, très différents dans le genre, très éloignés dans le sujet, le lecteur éprouve un plaisir certain à dérouler les pages, tant la fluidité et le justesse de la langue sont présentes.

La petite beurette, ambitieuse et battante, héroïne de LES RAISINS DE LA GALÈRE, est très convaincante et presque attendrissante.

Le recueil de nouvelles sur la mafia, s’il se laisse lire, ne laisse par contre aucune trace affective : cet ouvrage de commande, malgré une interlocution bien pompeuse, reste lisse et sans intérêt.

Deuxième constat, moins enthousiaste, et qui est constitue la pierre d’achoppement de ma froideur pour ne pas dire maon inimité envers l’oeuvre de Tahar Benjelloun dans son ensemble : dans ces deux livres que j’ai choisis totalement au hasard – le seul critère étant que je ne ne les connaissais pas – Tahar BENJELLOUN exploite le travail des autres pour produire et signer ses œuvres.

LES RAISINS DE LA GALÈRE reprend la galère des enfants d’immigrés que lui a lui racontée SAADIA et qu’un rapport de chercheurs sur le terrain a consigné dans un rapport éponyme. L’auteur le reconnait en quelques lignes à la fin du livre.

L’ANGE AVEUGLE pour sa part compile de manière “littéraire” – puisque c’est ainsi qu’un faut qualifier le travail d’un écrivain – des témoignages, des articles de presse, ou des déclarations.

Il faut se rendre à l’évidence que Tahar BENJELLOUN a très souvent procédé de la sorte : il a toujours su raconter (ou parfois juste re-conter) ce que l’on lui a conté, parfois sous le sceau de la confidence, d’autre fois sous le sceau du secret, souvent sous celui de l’amitié, de la confiance ou de la tendresse. On peut apprécier l’exercice, mais sa répétition devient gênante.

Ceux qui connaissent bien l’oeuvre de Tahar Benjelloun et sa genèse ne me contrediront pas.

Je n’ai jamais pu apprécier cette manière de procéder : bien écrire ne suffit pas à faire un grand écrivain, bien que Tahar Bejelloun prétende que “la fonction principale de la littérature est de cambrioler le réel apparent”.

FAMINE ..MISÈRE..HIER OU AUJOURD’HUI ?

May 12, 2017 By: Citoyen Hmida Category: Livres No Comments →

Soufiane MARSNI, après avoir publié deux recueils de nouvelles en 2003 et 2009, signe son premier roman “LA GRANDE FAMINE” publié en ce début 2017 chez les éditions MARSAM.

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D’emblée, l’auteur plante le décor de son roman par cette la première phrase : “La grande famine qui frappa le Maroc dans les années quarante provoqua une émigration massive vers les villes“.

Cette période de l’histoire de notre pays est assez mal connue de nos concitoyens, les plus âgés préférant l’oublier, les plus jeunes l’ignorant complètement. Qu’un romancier s’y intéresse est tout à son honneur car c’est un moyen intelligent et peut-être ludique de revisiter notre passé somme toute récent mais occulté.

Le roman relate l’histoire d’une famille de paysans du Maroc profond, chassée de son douar à la suite de la famine provoquée par la réquisition des récoltes par l’occupant français. Ces paysans déracinés vont tenter de s’installer dans la périphérie de Casablanca où le père croit pouvoir trouver du travail.

Dépendant des “bons” donnant droit à de misérables rations alimentaires, cette famille connaîtra l’enfer de la faim et de l’humiliation. La mère restée seule avec ses filles, après la mort accidentelle du père dans un chantier où il était employé comme journalier, usera de tous moyens et de tous les stratagèmes pour subvenir aux besoins de sa progéniture. L’auteur a su rendre, avec un certain talent, toute la misère qui écrase ses personnages.

Ainsi, certains passages du roman rappellent-ils très vaguement quelques pages de “LES RAISINS DE LA COLÈRE” de John STEINBECK, sans en atteindre ni l’intensité ni le pathétisme, notamment celles où l’auteur décrit le voyage de la famille vers la grande métropole.

Mais la technique narrative choisie par l’auteur finit par montrer ses limites : en nous décrivant le Maroc “dial 3am al boun”, Soufiane MARSNI nous parle en fait du Maroc d’aujourd’hui, de ses bidonvilles, des ses moqaddems qui y font la loi, des distributions de denrées de première nécessité lors des campagnes caritatives ramadanesques, des écoles publiques en déliquescence, du travail au noir, de l’exploitation des petites bonnes, bref des maux qui minent encore actuellement notre société.

Pourquoi alors évoquer ce Maroc des années quarante qui mérite d’être décrit, étudié, analysé, en calquant des situations actuelles : la misère d’hier est-elle plus acceptable de celle d’aujourd’hui?

Malgré son style fluide et précis, j’ai le sentiment que Soufiane MERSNI nous a un peu floués, surtout que son récit se perd, dans les derniers pages, dans un dédale assez confus de situations intemporelles qui n’ont qu’un rapport tout relatif avec le Maroc des années noires ! Mais son roman a le mérite d’ouvrir la voie de l’imagination vers ce Maroc occulté officiellement et oublié individuellement.

CHANGER ? Oui, on veut bien mais …..

April 22, 2017 By: Citoyen Hmida Category: Livres, Politique intérieure Comments Off on CHANGER ? Oui, on veut bien mais …..

Quand j’ai vu ce petit livre je n’ai pas hésité un instant : je me suis dit qu’il valait surement la peine d’être lu!

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Et pour cause !

Un titre attirant ! #CHANGER – Debout le Maroc des justes. Un hashtag, le Maroc et les “justes” ! J’avais hâte de découvrir de quels justes il s’agissait?

Un auteur, Anouar ZYNE, présenté comme un véritable homme-orchestre : homme politique, iplomé de Sciences-Po Stasbourg, entrepreneur communicant, consultant, enseignant, chroniqueur. Et aussi ancien secrétaire général de la jeunesse d’un parti politique et dirigeant sportif dans le plus grand club du Maroc : on aurait pu nous préciser qu’il s’gissait de l’Union Constitutionnelle et du W.A.C., cela n’a pas été fait, pourquoi ? Appartenir à l’U.C. et porter les couleur du W.A.C. n’ont rien d’une tare!

Une édition pour compte d’auteur, réalisée par SpeedArt, dont les recettes seraient reversées à l’association JOOD, dédiée “à soutenir les personnes vivant dans la précarité, souvent sans aucun toit et livrées aux aléas de la vie.”

Une préface de Salah EL-OUADIE, le célèbre militant des droits de l’homme, qui nous précise que “ce livre n’est pas un autobiographie, ni un programme politique, ni une rétrospective, ni un étendard d’espérance”.

Mais qu’est-ce donc que ce mystérieux objet imprimé, paru début Janvier 2017.

Il s’agit tout simplement du manifeste du mouvement #CHANGER créé par Anouar ZYNE, dans la foulée de la débâcle de son parti – et de la plupart des grands partis traditionnels – lors des élections législatives du 7 Octobre 2017.

Anouar ZYNE, écarté de la liste des jeunes de l’U.C., avait claqué la porte du parti de Mohamed Sajid pour “divergences sur l’orientation du parti”. Situation classique dans nos partis, tout refus de la “tazqiya” ouvre la voie à une dissidence. Cela s’est vu mille fois sur le “marché politique” national” donnant lieu à des situations parfois ubuesques.

On peut penser ce que l’on veut de ce mouvement et des causes qui ont procédé à s création! Mais la lecture de ce petit opuscule m’a personnellement apporté quelques satisfactions.

J’ai apprécié les passages dans lesquels Anouar ZYNE évoque sa période de militant actif de l’Union Constitutionnelle : c’est ainsi que je conçois en effet le militantisme, par un travail sur le terrain, auprès des gens, avec un esprit de sacrifice, peu importe le parti pour lequel on s’implique!

J’ai aussi lu avec beaucoup d’attention les pages où l’auteur relate sa campagne électorale pour les législatives de 2007 dans la circonscription de Casablanca-Hay Hassani, avec les magouilles internes du parti, les magouilles pour l’obtention des voix des électeurs, les magouilles qui font des élections au Maroc une vraie foire d’empoigne où seuls les plus riches et les plus puissants s’imposent, l’état avec ses moyens n’est pas forcément le grand marionnettiste qui tire les ficelles de ces consultations.

Ce petit livre comprend aussi quelques idées pour réveiller la conscience politique des marocain/es et les amener à participer à la vie publique du pays! Des slogans, pour la plupart, destinés peut-être à réunir quelques déçus d’ici et de là autour d’un projet de nouveau parti …Le énième dans ce pays qui en compte plus qu’il n’en faut ..Je ne sais pa, mais cela en a tout l’air!

Enfin, pour les quelques dizaines de dirhams destinés à être versés à une association caritative, vous pouvez très bien jeter un coup d’œil à #CHANGER de Anouar ZYNE, tout en restant convaincus que cela ne changera pas grand chose au paysage politique marocain.

UN BANQUIER DEVENU PEINTRE ET ROMANCIER

April 20, 2017 By: Citoyen Hmida Category: Livres Comments Off on UN BANQUIER DEVENU PEINTRE ET ROMANCIER

>Mon ami Mohamed Rhoulami ne m’en voudra pas de parler de lui en public….Il est devenu un personnage public!
Banquier discret et efficace, compétent et et serviable, il s’est découvert, une fois à la retraite, des dons et même un talent certain pour le dessin et la peinture.

Le voilà donc peintre confirmé!

Cela ne lui a pas suffi : il s’est lancé dans l’écriture! Il vient tout récemment de publier chez The Print Shop un roman intitulé “IDYLLES – destins croisés”.

IDYLLE

Il s’agit d’un roman très marocain, où il est question de l’éternel et vain combat entre les deux civilisations qui sont les piliers du Maroc éternel.

Civilisation berbère, amazigh pour être dans l’air du temps et civilisation fassie, qui finissent par se plier à la volonté d’une jeunesse nouvelle qui obéit à l’amour entre deux êtres très différents et très semblables.

Mohamed RHOULAMI nous raconte très simplement et avec un regard très objectif cette histoire, qui aurait pu être dramatique, sinon tragique mais qui finit par un happy end.

Le récit nous replonge, me semble-t-il avec un brin de nostalgie, dans un certain Maroc un peu révolu, celui qui va de l’après-indépendance jusqu’aux années 70.

Le titre entier du roman “IDYLLE – Destins croisés” laisse espérer une suite à ce récit d’une idylle à laquelle manque ces croisements des destins promis par l’auteur. Nous attendons donc que Mohamed Rhoulami se remette à son clavier pour nous gratifier d’une suite à cette idylle.

DES GENS HEUREUX EXISTENT : Aymeric Patricot en a rencontré!

April 17, 2017 By: Citoyen Hmida Category: Livres Comments Off on DES GENS HEUREUX EXISTENT : Aymeric Patricot en a rencontré!

Quand j’ai vu que Aymeric PATRICOT, né en 1975, était agrégé de lettres, diplômé de HEC ET HESSE professeur en classe préparatoire et qu’il avait publié plusieurs romans, un essai et une enquête sur “la France d’en bas”, je me suis dit que son ouvrage “LES VIES ENCHANTEES – Enquêtes sur le bonheur“, paru en décembre 2015 chez les éditions PLEIN JOUR ne pouvait être qu’intéressant.

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Et je ne me suis pas trompé, en effet!

Pour son enquête, l’auteur a rencontré des “êtres heureux” et qui revendiquent leur bonheur, car le plus souvent ce bonheur qu’elles vivent – malgré son coté inattendu, farfelu ou juste simple – coïncide avec ce qu’elles ont de plus singulier.

Il a regroupé les différentes formes de bonheur qu’il a recensé en six groupes avec pour chaque groupe quatre témoins réels pris dans la réalité de la société français et un auteur français connu.

Ainsi trouve-t-on le bonheur par expansion avec Montaigne comme symbole, par dispersion avec Aragon, par opposition avec Céline, par sublimation avec Prous, par synthèse avec Beauvoir et par dilution avec Colette.

En entrant dans les détails, on découvre qu’un père de famille peut être heureux du simple fait de son état de père, que la dilettante trouve son bonheur dans son inconstance tout comme le cynique se complaît dans son cynisme, que le flic peut être heureux d’être flic et le poète heureux d’être poète et que l’oisif trouvera son bonheur dans le fait de n’avoir rien à faire de précis.

Chaque cas de figure – en fait chaque cas de bonheur” est traité avec précision mais aussi humour et une certaine sympathie.

A vous de décider dans quelle catégorie de “être heureux” vous vous situez !!!!

Une histoire de la capitale du Maroc racontée par RABAT elle-même.

April 14, 2017 By: Citoyen Hmida Category: Histoire, Livres Comments Off on Une histoire de la capitale du Maroc racontée par RABAT elle-même.

Il fallait une sacrée imagination pour trouver l’astuce consistant à raconter l’histoire millénaire de la ville de Rabat en utilisant le style direct et la première personne su singulier, le narrateur de cette “histoire” étant la ville de Rabat elle-même.

Xavier COUPLET, architecte, urbaniste et économiste, a osé le pari dans son petit ouvrage intitulé “RABAT – Comment je suis devenue capitale” paru en 2011 chez les éditions MARSAM.

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En une bonne centaine de pages, rédigées dans un style très fluide, l’auteur balaie l’histoire de l’actuelle capitale administrative et politique du Maroc, depuis les phéniciens qui ont installé leurs premiers comptoirs sur les bords du Bouregreg jusqu’au XXème siècle où Rabat a été enfin choisie comme capitale du pays.

Au fil des pages, on apprend pourquoi la ville de Rabat semble tourner le dos à la mer, contrairement à la plupart des anciennes cités construite le long de la côte atlantique. En effet, il faut remonter Yacoub Al Mansour pour comperndre ce mystère urbanistique.

Rabat a par ailleurs souffert dans sa chair, dans son développement et dans son épanouissement durant la dynastie des “mérinides” qui lui ont préféré d’une part sa voisine SALE et d’autre part FEZ, où ils ont construit de très belles médersas qui font aujourd’hui encore partie du patrimoine de ces deux villes.

L’histoire de la capitale ne pouvait pas faire l’impasse sur sa période “corsaire” après l’arrivée des “morisques” expulsés d’Espagne : cette période trouble est très bien traitée par l’auteur, avec moult détails.

Rabat continue son histoire, toujours à la première personne, et c’est tellement bien réussi que le lecteur fini par y croire, notamment quand Xavier COUPLET écrit à la dernière page de son livre ces mots attrinués à Rabat : “Pourtant, officiellement, je ne suis toujours qu’un centre administratif provisoire! Vous vous renez compte du ridicule? Rabat, centr administratif provisoire”.

Finalement, ce sera Mohamed Ben Youssef, futur Mohamed V, qui officiliasera le statut de capitale de Rabat en terminant ses premières lettres par ces mots : “Fait dans la capitale, Rabat…”

Pour ceux qui veulent en savoir plus sur Rabat et son histoire, Savier COUPLET propose une bibliographie intéressante.

LECTURES CROISÉES……MAIS SANS LE MOINDRE INTÉRÊT !

March 31, 2017 By: Citoyen Hmida Category: Coups de griffes, Livres Comments Off on LECTURES CROISÉES……MAIS SANS LE MOINDRE INTÉRÊT !

Ces dernirs jours, je suis revenu à ma vraie passion : la lecture et surtout le découverte de nouveaux livres que je ne connais pas, dont je n’ai pas entendu parler auparavant. Ces découvertes de l’inconnu me permettent de porter des jugements personnels sur ce que je lis, sans aucune influence extérieure.

J’ai donc choisi de découvrir trois romans d’auteurs marocains à la notoriété plus au moins établie rt publiés chez les Editions MARSAM

Le premier ‘LE TAPIS ROUGE” est signé par Mohamed OUISSADEN et date de 2013.

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Malgré la prétention affichée par l’éditeur, sur la quatrième de couverture, de voir ce petit roman de 140 pages petit format (14 cm x 18 cm)dont “l’action se situe au Maroc, principalement, à Taroudant, évoquer la France mais aussi l’Afrique.”, l’opus de Mohamed OUISSIDEN est confus et plutôt mal écrit.

Je n’ai trouvé aucun plaisir ni aucun intérêt à suivre les péripéties des héros plus qu’improbables de ce roman où Jacques CHIRAC semble jouer l’arlésienne.

A signaler que l’auteur de cet ouvrage est lauréat du prix de création littéraire de 2M (6ème édition 2011-2012). Comme quoi, j’ai raison de ne pas me fier aux prix littéraires pour juger une oeuvre.

Le deuxième livre que j’ai lu ces derniers jours est “LA DAME A LA DJELLABA ROUGE” …Décidément, le rouge m’attire! L’auteur Ahmed MASSAIA, spécialiste reconnu du théâtre marocain, aurait se tenir à sa spécialité et ne pas se lancer dans le roman.

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Parler des bidonvilles de Salé et de la pauvreté peut s’avérer un grand et pathétique sujet quand on est un grand écrivain, sinon cela donne une suite de situations sans queue ni tête où seul compte un étalement de la misère qui confine au voyeurisme, sans le moindre intérêt ni littéraire ni sociologique.

Habib MAZINI, dont j’avais rendu compte ici et de certains de ses précédents ouvrages est un auteur assez fécond qui a touché à plusieurs domaines littéraires avec plusieurs essais et romans, dont des romans pour jeunes.

Son dernier opus “LA VILLA AUSTRALIA“, paru au mois d’octobre 2016, se déroule dans la société bourgeoise de Casablanca.

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J’ai eu du mal à suivre les méandres d’une sombre et compliquée histoire de propriété foncière, de procès, de magouilles immobilières, de femmes bien sûr, dans un Maroc trouble des années 80 qui est déjà bien loin de nous.

Bref, trois romans, trois auteurs, trois flops à mon sens …et tous les trois chez le même éditeur. Peut-être que MARSAM devrait revoir son comité de lecture.

Un petit livre troublant et perturbant

March 10, 2017 By: Citoyen Hmida Category: Coups de coeur, Livres Comments Off on Un petit livre troublant et perturbant

Il y a longtemps que je n’ai pas eu entre les main un vrai livre sérieux, profond, qui fait réfléchir et qui pose de vraies questions sur de vrais problèmes.

LE PHILOSOPHE ET LE DJIHADISTE” de Jean-Yves LE LOUP, paru en mai 2016 chez les Presses du Châtelet, aborde en effet la question fondamentale que se posent les personnes sensées en cette période difficile que traverse le monde : “QUE FAIRE FACE A LA VIOLENCE?“.

PHILOSOPHE

Jean-Yves LELOUP, prêtre orthodoxe, philosophe et théologien, est l’auteur d’une quantité impressionnante d’ouvrages – plus de soixante si l’on compte les publications collectives – qui traitent essentiellement de la spiritualité au quotidien et de l’approfondissement des textes sacrés chrétiens.

A partir de faits réels, il nous entraîne dans un dialogue vain destiné à dissuader un jeune marocain, convaincu d’être commandité par Allah, de détruire la Chapelle Sixtine, signe suprême de l’idolâtrie et de provoquer ainsi la mort de dizaines d’innocents.

Le philosophe, connaissant aussi bien que le djihadiste les textes sacrés des musulmans, essaie sans succès de donner à son interlocuteur une interprétation plus “apaisante” à la notion de djihad, en démontrant que Allah prône le “djihad majeur”, celui que l’homme doit entreprendre en premier lieu sur soi-même.

La lecture de ce petit ouvrage nous met en prise directe avec le terrorisme religieux qui finalement n’est qu’une sorte de nihilisme dans lequel “le goût du néant l’emporte sur la saveur de la vie”.

En fait, le livre est l’occasion pour l’auteur de nous réfléchir sur la violence et le chemin à suivre pour parvenir vers la paix.

UNA NOVELA AFRICANA ESCRITA EN CASTELLANO (Un roman africain écrit en espagnol)

March 01, 2017 By: Citoyen Hmida Category: Livres Comments Off on UNA NOVELA AFRICANA ESCRITA EN CASTELLANO (Un roman africain écrit en espagnol)

N.B. : Ce billet est le premier que j’écris en espagnol. Cela fait des années que je n’ai pas rédigé dans cette langue, mais j’ai relevé le défi que m’a lancé un proche quand il a su que j’allais évoquer le livre objet de ce billet. J’attends donc beaucoup d’indulgence de sa part bien sûr et de celle mes lecteurs hispanophones, d’autant que je ne dispose pas d’un clavier espagnol). J’ai traduit mon texte en français pour mes lecteurs habituels.

Debo admitir con humildad que, ecepto “Platero y yo” de Juan Ramon Jimenez, no he jamas leido ningula otra novela en lengua espanola. Y es claro nunca he léido ni he pensado leer una novela escrita en lengua espanola por un escritor africano.

(Je dois reconnaître avec humilité que, à part “Platero y yo” de Juan Ramo Jimenez, je n’ai jamais lu aucun autre roman en langue espagnole. Et il est clair que je n’ai jamais lu ni pensé lire un roman écrit en espagnol par un écrivain espagnol)

Pero en mi ultima visita al “Salon international du livre et de l’Edition” en Casablanca, he encontrado a este libro : “TRES ALMAS PARA UN CORAZON” de la escritora de Guinea Equatorial Guillermina MEKUY – que es tambien ministra de la Cultura de su pais – publicado en 2016 por las Ediciones Martinez Roca, Madrid.

(Mais lors de ma dernière visite au Salon international du Livre et de l’Edition de Casablanca, j’ai trouvé ce livre : TRES ALMAS PARA UN CORAZON (Trois âmes pour un cœur) de l’écrivaine de la Guinée Equatoriale Guillermina MEKUY qui est aussi ministre de la Culture de son pais, publié en 2016 par les Ediciones Martinez Roca, Madrid.)

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Esta novela trata de un problema social muy espacifico : el de la poligamia.

(Ce roman traite un probleme social très particulier, celui de la polygamie.)

El hecho que la escritora es tambien la ministra escargada de la cultura en su pais da a este libro un peso particular y espacial como testimonio sociologico.

(Le fait que l’écrivaine soit aussi la ministre chargée de la culture dans son pays donne à ce livre un poids particulier et spécial en tant que t&émoignage sociologique.)

En Guinea Equatorail, pais a mayoria catolica, la cultura traditional “fang” permite al hombre tener – a demas de su priméra esposa al la cual le une el matrimonio religioso catolico delante de la iglesio o el matrimonio civil delante las autiridades – une secunda o una tercera esposa a traves de une boda traditional.

(En GUinée Equatoriale, pays en majorité catholique, la culture traditionnelle “fang” permet à l’homme d’avoir – en plus de sa première épouse à laquelle il est uni par un mariage religieux devant l’église ou un mariage civil devant les autorités – une deuxième ou une troisème épouse par l’entremise d’un mariage traditionnel.)

Esta boda se concretisa médiante el pago de una dote a la familia de la nueva esposa.

(Ce mariage se réalise par le paiement d’une dot à la famille de la nouvelle épouse.)

El livro de Guillermina MEKUY trata de este problema a traves de la naracion de la vida de un hombre y de sus tres esposas, con los altibajos de esta relacion complicada entre une hombre rico, poderoso, sin embargo seductoir y sus esposas, que tiene cada una sus espicifidades y particularidades fisicas, sociales y culturales.

(Le livre de Guillermina MEKUY traite de ce problème à travers la narration de la vie d’un homme et de trois épouses, avec les heurs et malheurs de cette relation compliquée d’un homme riche, puissant, néanmoins séducteur et ses trois épouses, qui ont chacun ses spécificités et ses particularités physiques, sociales et cultureles.)

Pero las tres esposas quieren a su marido comun et este marido las quierre a las tres.

(Mais les trois épouses aiment leur mari commun qui les aime toutes trois.)

Esta novela esta muy bien constrruida en quatro ejes diferentes : en cada uno, la autora trata del problema segun el punto de vista de cada uno de los protagonistas.

(Ce roman est très bien construit autour de quatre axes différents : sur chaque axe, l’auteure traite le problème selon le point de de chaque protagoniste)

La novela, tal commo parece al principio, se puede leer como uno de estos “fotos-novelas” de los anos 60 o imaginar comme una de estas “tele-novelas” mejicans o brasilenias, sin ningun interes. Pero no es absolumente el caso.

(Le roman, tel qu’il semble à prime abord, peut se pire comme un de ces “photo-romans” des années 60 ou s’imaginer comme une de ces “séries télévisées” mexicaines ou brésiliennes, sans aucun intérêt. Or ce n’est absolument pas le cas.)

Al fin y al cabo, salimos con unae axes différents: salimos con una idea clara sobre la poligamia en este pais africano y esta practicta no nos parece tan extrana.Es cierto que es diférente de la poligamia en los paises musulmanes, que tiene sus reglas y sus bases legales en la religion misma y no solamente en las costumbres sociales y la cultura.

(En fin de compte, nous sortons avec une idée claire sur la polygamie dans ce pays africain et cette pratique ne nous emble pas finalement si étrange. Il est certain qu’elle est différente de la polygamie dans las pays mluslmans, qui a ses régles et ses bases légales dans la religion et pas seulement dans les coutumes sociales et dans la culture.)

Abderrahman MEDJDOUB : le sage qui a survécu à l’histoire

February 27, 2017 By: Citoyen Hmida Category: Livres Comments Off on Abderrahman MEDJDOUB : le sage qui a survécu à l’histoire

Voilà un livre que chacun de nous devrait avoir sous la main. On peut l’ouvrir à n’importe quelle page et en tirer profit ou du moins y prendre un plaisir lût-il fugace!

En effet, il ne faut pas laisser l’occasion lire dans le texte en arabe l’oeuvre du poète maghrébin Abderrahman MEJDOUB, qui consiste totalement en des quatrains, réunis, classés, traduits et commentés pat J. SCELLES-MILLIE et Boukhari KHELIFA, dans un ouvrage intitulé “LES QUATRAINS DE MEJDOUB LE SARCASTIQUE – poète maghrébin du XVI+ siècle“, paru d’abord en 1966 chez les éditions MAISONNEUVE ET LAROSE, PARIS en 1966 et récemment réédité par DAR AMAN RABAT.

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Nous connaissons tous au moins quelques vers de ce poète, qui n’a pourtant laissé aucune oeuvre écrite. Ses quatrains se sont transmis de bouche à oreille à travers les siècles, sans perdre une once de leur contenu ni de leur rythme. ls ont traversé les périodes les plus diverses de l’histoire de l’Afrique du Nord et gardent en ce début du vingt-et-unième sicle toute leur actualité, sociale, morale, et même politique.

Par un sens de la formule incomparable, et dans une langue populaire mais affinée, Abdeerrahman MAJDOUB a su exprimer les idées les plus diverses qui sont encore à l’odre du jour dans ces temps modernes.

Les 339 quatrains recensés par les auteurs, après des recherches approfondies, recouvrent les domaines les plus divers de la vie quotidienne : ils ont été catalogués par les auteurs autour de la religion, la morale, les relations humaines et notamment les relations avec la femme.

Quelques exemples, pris au hasard, pourront surement vous rafraîchir la mémoire et vous inciter à une lecture plus approfondie :

sur la santé

صــحــتي يــــا صحــتي صـحــتي يـا مـالي
إذا مشات لي صحتي آش من حبيب يبقى لي

(Ô ma santé !Ô ma santé ! / Ô ma santé, tu est ma richesse // Situ me laissais en détresse / Quela mi pourrait me rester)

sur les cancans et la médisance
الصمت الدهب المسجّر الكلام يفــــسّـــد المســــألة
إذا شــفـــت لا تخـــــبّـــــر و إذا سألوك قول لا لا

(Le silence est semblable à l’or qui festonne / alors que la parole avilit tout sujet // Si tui vopis une chose gardes-en le secret / refuse de répondre à ceux qui te questionnent)

sur les conseils aux jeunes

يا ألّي تعشق النساء لا يــغويك اـلـزيــــن
الزين كـنوار الدفلـــــة في الفم عروقه مرّين

(Ô vous dont la passion pour les femmes exagère / Point ne vous laisserez par la beauté rallier // Car la beauté ressemble à ces fleurs de lauriers / Qui, si on les mastique, ont racines amères).

sur les gouvernants

تخلطت و لا بغات تصفى و لعب خزها فوق ماها
ريّـاس عـــلى مــرتبــة هــــــــــما ســـبــب خـلاها

(La mare est trouble sans pouvoir s’éclaircir / Voici la pourriture qui monte à sa surface // Lorsque les gouvenants ne sont pas à leur place / Ils amènent les peuples jusqu’à s’anéantir.)

Vous aurez donc largement le choix de piocher à votre convenance dans les dires de ce grand sage, pour trouver le quatrain qui correspondra à votre humeur du moment, tout en découvrant la genèse de chaque quatrain, et une foule de renseignements sur le style et le talent du poète.

LECTURES DE CETTE FIN DE SEMAINE

February 20, 2017 By: Citoyen Hmida Category: Livres Comments Off on LECTURES DE CETTE FIN DE SEMAINE

Je suis plongé dans un roman écrit en espagnol par une auteur de la Guinée Equatoriale dont je vous rendrais compte bientôt !

La lecture est ardue, l’espagnol n’étant pas – tant s’en faut – une langue écrite aisée mais le roman est intéressant et je le finirai bientôt!

Pour me délasser de cet exercice assez inhabituel , j’ai feuilleté un vieux livre qui traînait sur mes étagères depuis des années : “QUE PERSONNE NE RIGOLE ! ” de Mohamed LAROUSSI, paru en 2005 chez les éditions Publiday-Multidia.

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Dix ans après l’avoir feuilleté une première fois, mon impression sur le livre n’a pas changé : je suis entièrement d’accord Mohamed LAROUSSI sur le choix de son titre : personne ne doit rigoler à la lecture de ces “chroniques, articles et autres textes inédits pour un Maroc encore beaucoup plus meilleur” comme le précise le sous-titre de cette compilation.

“Encore beaucoup plus meilleur” (sic) : cette formule me renvoie à l’anecdote de “Kafani fika yakfouni”!

Il y a dix ans, je n’ai pas ri à ces chroniques et ce week-end je n’en pas du tout rigolé.

L’humour ne se sert pas à la pelle. On ne gave pas son lecteur d’humour comme on gave les oies. L’humour se déguste.

Allons donc, ces chroniques – finalement très prétentieuses – d’un temps passé ont passé leur temps et finalement ne m’ont pas fait rire!

Ce livre rejoindra gentiment mes étagères et je continuerai la lecture du roman équato-guinéen!

TAYEB SADDIKI : l’homme-théâtre.

February 17, 2017 By: Citoyen Hmida Category: Livres Comments Off on TAYEB SADDIKI : l’homme-théâtre.

Je ne pense qu’il y ait une personne de ma génération, celle qui a ouvert le yeux de jeune dans les années 60, qui ne connaisse pas Tayeb SADDIKI.

Nous avons tous eu l’occasion de voir une de ses pièces, soit sur une scène pour les plus chanceux, soit à la télévision pour la majorité d’entre nous.

Des titres comme AL HARRAZ ou AL MAJDOUB sont ancrés dans la mémoire collective marocaine, comme MAQAMAT BADIE AZZANAME AL HAMADANI.

Beaucoup d’entre nous fredonnent encore les airs chantés dans telle ou telle pièce, ou se souviennent des costumes extravagants portés par tel ou tel personnage.

Nous connaissons tous le visage, tellement expressif, avec ce regard noir accentué d’un trait de khol qui ne dérangeant personne, entre une tignasse savamment ébouriffée et une barbe élégament entretenue.

Tayeb SADDIKI fait parti du Maroc des quarante dernières années du siècle passé, au même titre que Hassan II dont il a été un laudateur patenté par l’entremise de fresques historiques généralissimes à la gloire de lma dysntie alaouite.

Nous soupçonnions que Tayeb SADDIKI n’était pas un homme tout à fait comme les autres.

Le livre que lui consacre Ahmed MASSAIA lève justement une partie du voile sur la vraie personnalité de Tayeb SADDIKI.

Dans “TAYEB SADDIKI – le bon, la brute et le théâtre – Portrait“, paru en novembre 2016 chez une nouvelle maison installée à Tanger VIRGULE-EDITIONS, l’ancien directeur de l’ISADAC brosse un portrait sans conssession du monstre sacré que fut SADDIKI.

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Personnage hors norme, il fut aussi une personne hors norme qui a fini par se confondre avec son oeuvre, qui est immense, unique et inégalée à ce jour.

Tayeb SADDIKI était aimé et craint, jalousé et admiré, recherché et rejeté, aussi bien par ses pairs que par la critique et le simple public. Mais il ne laissait et ne pouvait laisser personne indifférent.

Le livre de Ahmed MASSAIA manque-t-il d’une certaine rigueur dans la présentation de la démarche intellectuelle de SADDIKI? Surement, mais si l’on accepte que l’objectif de l’auteur était de dresser le portrait de l’homme, je crois que l’on lire cet ouvrage, avec beaucoup d’intérêt et de curiosité : mais il reconnaître que, fin de compte, en Tayeb SADDIKKI, l’homme et le théâtre étaient en totale et perpétuelle osmose.

ZID KERAHNI FIK ! (fais-toi détester davantage)

February 09, 2017 By: Citoyen Hmida Category: Livres Comments Off on ZID KERAHNI FIK ! (fais-toi détester davantage)

Il est impossible d’avoir la moindre sympatrie pour la politique de colonisation menée par l’état hébreu d’Israël sur les territoires palestiniens de Cisjordonnie.

Le seul sentiment légitime que l’on peut éprouver c’est le rejet total et inconditionnel et si on se laisse aller à de l’émotion, la colère s’installe vite et la détestation n’est très loin!

Le livre de Sylvain CYPEL, paru en 2006 chez les éditions LA DECOUVERTE. sous le titre “LES EMMURES – La société israelienne dans l’impasse” peut se targuer de participer, en lesexpliquant sans les justifier pour autant, à ce rejet, cette colère et détestation.

les emmurés

Il convient en premier lieu de savoir qui en est l’auteur.

Sylvain CYPEL est un journaliste, fils du directeur du dernier quotidien yiddich au monde, qui a passé sa jeunesse en Israël où il a étudié à l’Université Hébraïque de Jérusalem. Il a effectué de nombreux reportages en Israël pour le compte du COURRIER INTERNATIONAL puis du quotidien LE MONDE et il a notamment enquêté sur les accords de CAMP DAVID et sur la seconde INDIFADA palestinienne. il s’agit donc d’un homme qui connait bien son sujet et qu’on ne peut taxer d’avoir des préjugés anti-israéliens ni d’a-priori anti-juifs.

Et pourtant, son ouvrage, un pavé de 450 pages, écrites en petits caractères, est un véritable réquisitoire contre la société israélienne, qui à travers toutes ses composantes – armée, système scolaire, institutions politiques, intellectuels, presse – n’a cessé depuis la création de l’état hébreu en 1948 et après l’occupation des territoires palestiniens en 1967, de nier l’existence du peuple palestinien, et de justifier la “supériorité morale” des israliens.

Il est impossible de résumer cet ouvrage qui constitue, comme le signale une critique du COURRIER INTERNATIONAL, “à la fois une histoire d’Israël depuis 1947, une remarquable analyse de l’état d’esprit des israéliens aujourd’hui et une critique lucide de la politique israélienne à l’égard es Palestiniens”.

L’auteur n’hésite pas à parler de la “brutalisation” de la société israélienne à l’égard des palestiniens, qu’ils soient restés en Israël ou qu’ils soient installés dans les territoires occupés de la Cisjordanie. Il évoque une sorte de “pied-noirisation” des colons israéliens qui sont convaincus de la “nature animalière les arabes”. Cette “algérisation” de la mentalité des israéliens a fini par ancrer dans les esprits une double certitude, celle de “l’annulation de l’autre” qui conduit irrémédiablement à la conviction que “il n’y a pas d’interlocuteur“.

La lecture de cet ouvrage nécessite beaucoup de concentration et d’esprit critique pour ne pas se laisser entraîner dans une haine inutile de tout ce qui est juif : mais il est certain que les éléments présentés par Sylvain CYPEL justifient largement le titre que j’ai donné à ce billet : “ZID KERAHNI FIK!” (fais-toi détester davantage).

Il est bien entendu que ce “FIK” – ce “toi” – se rapporte aux dirigeants israéliens, aux leaders sionistes, aux colons racistes et fanatiques et non pas aux juifs en tant que tels.

P.S. : il faut noter le silence et l’indifférence quasi unanimes de la presse française au sujet de cet ouvrage! Cela démontre bien que Sylvan CYPEL a su appuyer là où cela faisait mal à la bonne conscience des dirigeants de l’état hébreu.

  • Quelques citations

    ' Nous ne pouvons donner que deux choses à nos enfants : des racines et des ailes '


    inconnnu
    La corruption est en force, le talent est rare. Ainsi, la corruption est l'arme de la médiocrité qui abonde, et vous en sentirez partout la pointe
    Honoré de Balzac
    “Eduquer, ce n’est pas remplir des vases mais allumer des feux.”
    Michel Montaigne
    'Exige beaucoup de toi-même et attends peu des autres. Ainsi beaucoup d'ennuis te seront épargnés'.
    Conficius
    "La guerre, l'art de tuer en grand et de faire avec gloire ce qui, fait en petit, conduit à la potence".
    Jean Henri Fabre
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