SI COMME MOI, VOUS AIMEZ LES MATHS, TOUT EN N’Y COMPRENANT RIEN….

Si comme moi vous avez eu un jour l’intention d’entamer des études scientifiques et que la vie en a décidé autrement, si comme moi il vous rester un amour nostalgique des mathématiques et surtout une incompréhension quasi totale de certaines notions qui se soient noyées dans le brune de vos souvenirs, si comme moi, il vous reste de bagues souvenirs des cours de mathématiques où ils était question de logarithmes, de fonctions, de dérivées, ou de sinus et cosinus, ou de nombres réels ou irrationnels (je ne demande encore aujourd’hui comment un nombre peut-être irrationnel), je vous conseille de feuilleter le petit livre de Lionel SALEM, Frédéric TESTARD et Coralie SALEM paru en 1990 chez les éditions CASSINI – collection Le Sel et le Fer – sous le titre alléchant: LES PLUS BELLES FORMULES MATHÉMATIQUES“.

MATHS

Vous serez épaté de comprendre très vite le pourquoi du comment des formules qui nous donnent la surface du rectangle et celle du triangle, celle d’un cercle et avec les intégrales celle de n’importe quelle surface! Eh oui, n’importe quelle surface quelque soit sa forme…

Vous verrez d’un autre oeil les mystérieux sinus et cosinus, ou bien les nombres bizarres que tout le monde connait mais dont peu de monde comprend comme PI (le fameux et mystérieux 3,141592653589793238462643383279……. et l’on peut aller jusqu’à plus soif sans espoir de trouver la dernière décimale) ) ou le nombre d’or que certains ont croisé dans les cours de dessin au lycée s’ils ont eu la chance d’avoir eu un prof de dessin compétent et qui nous permet de réaliser, spontanément, de belles photos ou des bouquets agréables à regarder.

Vous y trouverez l’explication relativement simple du nombre e à laquelle je n’ai jamais rien compris, et le rappel d’un certain nombre de théorèmes qui sont enfouis dans nos mémoires comme le théorème de Pythagore bien sûr.

Faites ce petit voyage dans les méandres de votre mémoire et de vos connaissances et vous vous rendrez compte que, scientifiques ou pas, férus de maths ou pas, nous avons en nous-même un fonds de mathématicien qui s’ignore!

Amusez-vous bien !

UN ROMAN N ‘EST PAS QU’UNE SUITE D’OBSCÉNITÉS.

La découverte d’auteurs marocains francophones que je ne connais pas a toujours était pour moi un plaisir ; j’aime saluer leur travail quand, à mon humble avis de lecteur lambda, il le mérite. Mais je n’hésite à dire crûment ma éception quand elle doit être exprimée.

Je ne connaissais pas Karim NASSSERI, je ne connaissais pas son roman “LE MARIN DE MOGADOR” publié en 2008 aux Editions LE MANUNISCRIT que je connaissais pas non plus.

MOGADOR

C’est donc avec une curiosité certaine et même bienveillante que j’ai ouvert ce livre.

Mais dès la première phrase j’ai été choqué par la crudité de l’expression : “j’ai longtemps rêvé de me faire baiser dans le lit conjigal de mes parents“!

Après tout, pourquoi pas! Chacun son trip et chacun ses fantasmes! Mais moi, lecteur lambda, je tiens à ce que un roman m’embarque dans un voyage intéressant, inédit, qui me fasse rêver, qui chatouille mon émotion ou ma curiosité.

Les pages qui suivent s’inscrivent dans le même registre de langue et le même champ sémantique : Karim NASSERI y évoque des putains, les cuisses de sa mère, les dérives sexuelles de son père; il parle de ses “jolies fesses fermes.

Honnêtement, ce n’est pas ce que je recherche dans un roman, surtout que ce genre de “littérature” n’apporte aucun éclairage spécial sur les personnages, ni sur l’intrigue ni sur les dialogues.

On a l’impression de Kaim NASSERI est frappé par le syndrome de Gilles de La Tourette et qu’il ne peut se retenir d’écrire de mots choquants, crus, sans raison, juste pour se défouler.

Dommage parce ce que l’auteur a une aisance et une fluidité dans son écriture assez remarquables. Normal pour quelqu’un qui a choisi de vivre depuis une quarantaine d’année.

Dommage par ailleurs que l’éditeur ait laissé passé des dizaines de coquilles qui ne sont surement pas dues à l’auteur mais à des correcteurs négligents : comme une troisième personne du verbe “rire” au pasé simple qui donne un lamentable : “L’amiral ria au nez du vieux” ou un “feignant” qui sonne comme “fainéant” mais qui n’est qu’un affreux barbarisme ; sans parler de “une cordeS” qui se serait biuen passée de cet “s” inutile.

Karim NASSERI, comme un certain nombre d’écrivains francophones marocains, semble écrire pour le lecteur français, friand de sexe et d’exotisme et lui vend donc un Maroc miséreux et des marocains et des marocaines misérables, baignant dans la misère, mais pratiquant allègrement le sexe et s’adonnant aux drogues.

Très peu pour moi!

“ARTICLE 353 DU CODE PENAL”

Non, ce n’est pas un sujet d’examen d’une quelconque faculté de droit française!

ARTICLE 353 DU CODE PÉNAL” est bien le titre, pour le moins bizarre, du dernier opus de Tanguy VEIL paru en 2017 chez “Les Editions de Minuit“.

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Ce roman m’a étrangement rappelé les ouvrages de Georges Simenon de la belle époque, avec ses héros qui sont en fait de véritables anti-héros.

Notre Martial Kerlmeur n’a rien de martial malgré son prénom, chômeur paumé, père désabusé, mari abandonné et surtout petit épargnant floué et arnaqué .

Avec ses décors qui suintent l’ennui et la désolation, avec une petite bourgade de la côte bretonne, rongée par la pluie et la crise.

Avec ses protagonistes sans relief, mais attachants, comme le maire de la commune, le juge d’instruction.

Mais aussi avec un personnage-clé sur lequel repose toute l’intrigue : le promoteur immobilier, escroc sans état d’âme, qui n’hésite pas à narguer ses victimes jusqu’à ce que le drame survienne.

On peut apprécier ce genre de roman, si l’écriture est soignée, et pour celui-ci elle l’est, si le récit est bien mené, et pour celui-ci le lecteur est tout de suite pris, si les personnages sont crédibles et pour celui-ci tous les personnages sont parfaitement cernés, si le décor est est bien planté et pour celui-ci la Bretagne bruineuse et humide mais belle et attachante est particulièrement bien dépeinte par l’auteur lui-même breton pur jus.

Mais au fait pourquoi, ce titre assez technique : il s’agit de l’article du code de procédure pénala français qui demande aux juges de ne se référer qu’à “leur intime conviction” quand ils jugent.

Cette intime conviction du juge d’instruction est la clé de ce roman. Et elle pose en effet un certain nombre de questions que le lecteur aura à cœur de découvrir tout au long du roman.

Ce roman dur, sombre, glauque et noir respire pourtant une humanité particulière.

Pour ma part, je retiendrai une phrase de cet ouvrage où l’auteur évoque la manière dont le promoteur immobilier, escroc véreux et cynique, envisage le projet immobilier qu’il fait miroiter aux yeux de ses clients : cette phrase me fait penser aux projets immobiliers qui poussent comme des champignons dans nos villes et qui restent longtemps de tristes barres de béton inhabitées, dans l’espoir d’une éventuelle plus-value à venir :

“Il n’a jamais présenté la chose comme un endroit fait pour habiter, il a parlé d’investissement et de rendement, mais jamais d’habiter.”

“TAZMAMORT” : un livre acheté en février 2009 et enfin lu en octobre 2017

“TAZMAMAORT, dix-huit ans dans le bagne de Hassan II” de Aziz BINE BINE paru chez DENOËL en janvier 2009 était sur les étagères du Salon du Livre de Casablanca quelques semaines plus tard : j’ai acheté le livre mais pour je ne sais quelle raison je ne l’ai pas ouvert!

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Ou peut-être avais-je été dégoûté par l’opération ridicule, et criminelle à mes yeux, de récupération qu’avait entreprise Tahar BENJELLOUN en s’appropriant le récit de Aziz Binebine pour en faire un énième “ouvrage” intitulé – admirons au passage l’oxymore – : ” Cette aveuglante absence de lumière ” paru aux Editions du Seuil.

Ou est-ce le sous-titre accrocheur à souhait qui m’en avait dissuadé : “dix-ans dans le bagne de Hassan II” ?

Toujours est-il que le livre est resté fermé, classé dans ma bibliothèque, alors que, par ailleurs, j’ai eu l’occasion de m’intéresser de près à ce qu’on appelait à l’époque la “littérature carcérale”.

Puis, il y a quelques jours, un petit livre, avec une couverture blanche comme un linceul, paru chez LE FENNEC-Poche en octobre 2015, intitulé “TAZMAMORT, récit de vie” et signé Aziz BINEBINE.

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J’avais complètement oublié que j’avais acquis la première édition et c’est CitoyenneHmidette, qui partage mes lectures bien entendu qui me l’a rappelé!

C’est ainsi que j’au pu enfin lire l’ouvrage de Aziz BENBINE, peut-ête en ayant à l’esprit LE FOU DU ROI, le livre de son frère Mahi BINBINE.

Mais revenons à TAZMAMORT : je zappe le sous-titre que l’autyeur (ou l’éiditeur) a changé d’une édition à l’aute.

TAZMAMORT : ce titre – résultat d’un jeu de mots macabre et terriblement efficace – résume l’ouvrage qui, en plus de décrire les conditions abominables vécues par les prisonniers du bagne de Tazmamart, est une longue litanie des morts qui ont égrené, jour après jour, semaine après semaine, mois après mois, les dix-ans années qu’a duré le sinistre voyage de ces jeunes militaires, désignés par le destin comme mutins, condamnés par la justice et jetés aux oubliettes par le régime.

En effet, Aziz BINEBINE a voulu évidemment dans ce livre parler de lui-même, de ses souffrances, physiques et morales, de sa lutte pour survivre, mais aussi et surtout évoquer ses compagnons de malheur, dont certains n’ont pas pu résister à la machine infernale qui a été inventée pour en faire des morts-vivants et qui ont fini par rejoindre le monde des morts, se libérant ainsi de la douleur, de la folie.

De la mort de Benchemsi, première victime expiratoire de Tazmamart, (page 67 et suivantes) à celle de Bendourou, dernier soldat tombé au champ d’horreur (page 218), les morts marquent les pages de ce témoignage du sceau de la folie, la bestialité des gardes, de la dignité des survivants : je ne citerai pas tous, mais tous méritent notre humble souvenir (pages 72, 78, 86, 89;101, 103, 106, 107, 116, 136,138, 145, 165, 178, 203, 206, 209)

Ainsi au fil des pages, nous assisterons, nous participerons devrais-je dire à la mort de trente-cinq des ces “oubliés” de l’histoire et de la justice, dans des conditions plus terribles les unes que les autres!

Aziz BINEBINE a attendu deux décennies pour écrire son livre : libéré de l’enfer de Tazmamart en 1991, il ne publiera TAZMAMORT qu’en 2009.

Pourtant le temps n’a rien effacé de ses souvenirs, de l’acuité de ses observations, de la justesse de ses ressentis : il évoque chaque moment de son calvaire sobrement, sans haine pour personne et il rappelle la disparition de ses compagnons d’infortune comme autant de moments de déchirement personnels.

TAZMAMORT n’est pas une oeuvre littéraire (Binebine a laissé le soin à Tahar Benjelloun et à ses équipes de faire de ces 18 ans de malheurs un roman dans lequel “il mêle à son tragique récit des éléments de poésie et d’humour”).

Aziz BINEBINE se contente de témoigner et son témoignage est encore terriblement efficace, même quand on le lit en 2017.

Conseils de lecture à Madame LE PEN et pourquoi pas à ses électeurs.

Madame LE PEN, apôtre de la lutte contre l’immigration en France, devrait consacrer quelques moments de sa vie à consulter les ouvrages édités par la maison AUTREMENT et réunis dans la collection “FRANÇAIS D’AILLEURS, PEUPLE D’ICI“.

Pour reprendre les intentions de l’éditeur, ces ouvrages suivent “les trajectoires de l’immigration en France et tracent une véritable cartographie de leur leur mémoire par rues, quartiers et villes”. On y retrouve “des histoires inscrites dans l’espace et dans le temps, de ces français venus d’ailleurs dans une France-monde“.

Madame LE PEN et ses amis découvriront le long des ouvrages réunis dans cette collection “la première saga de l’immigration en France“, qui ne date pas de l’arrivée des nord-africains et de musulmans, comme elle semble le croire ou du moins elle veut le faire croire!

Madame LE PEN pourrait ainsi se documenter sur “LES RUSSES A PARIS – 1919/1939” et se rendre compte que les russes dits blancs sot arrivés en masse en France et ont été une des pierres sur lesquelles s’est construite une partie de la société française actuelle.

La chef du Front National pourrait aussi s’arrêter sur “LE NOGENT DES ITALIENS” ou sur “LES POLONAIS DU NORD, ou la mémoire des corons” ou encore sur “LES PORTUGAIS A CHAMPIGNY, le temps des baraques“, pour se rendre compte que la France n’a pas attendu les accords de Bruxelles et autres pour être européenne.

Au cours de sa découverte de cette collection, Madame LE PEN pourrait se rappeler que les espagnols fuyant le franquisme ont été hébergés dans “LES CAMPS DE LA PLAGE – un exil espagnol“.

La France pure et immaculée, si chère à Madame LE PEN n’existe pas et la fille de Jean-Marie LE PEN devrait se souvenir que son pays est le creuset où se sont installés “LES ARMINIENS et leurs territoires” et que les asiatiques ont aussi leur part dans l’histoire récente de la France racontée dans “PARIS – XIII°, LUMIERES D’ASIE“.

Enfin, Madame LE PEN devrait se remémorer que la France actuelle est aussi constituée de français venus d’ailleurs comme les corses, réunis dans “LE PANIER, VILLAGE CORSE DE MARSEILLE” , de pieds-noirs, ces français ayant quitté l’Algérie évoqués dans “1962 : L’ARRIVÉE DES PIEDS-NOIRS“.

Mais mes coneils les plus vifs à Madame LE PEN portent sutr la lecture de ouvrages de cette collection qui s’intéressent aux juifs : “LA BELLE VILLE ES JUIFS TUNISIENS” et “RUE DES ROSIERS, une manière d’être juif”” et surtout ceux qui traitent de l’rrivée des algériens en France : “UN NANTERRE ALGÉRIEN, terre de bidonvilles” et “PLACE DU PONT ou la médina de Lyon” sans omettre “LES HARKIS, une mémoire enfouie“.

Enfin, Madame LE PEN decrait s’arrêter longuement sur la lecture de “MARSEILLE TRANSIT : les passagers de Belsunce” qui est le point de rencontre de tous les arrivés d’ailleurs qui feront la France.

Bonne lecture, Marine ! Je suis sûr que tu en sortiras différente, si tu te donne la peine de tout lire!

Bel ouvrage collectif sur les femmes et les religions

Si vous avez l’occasion de tomber sur “FEMMES ET RELIGIONS – Points de vue de femmes du Maroc“, paru fin 2014 chez les éditions LA CROISÉE DES CHEMINS, en collaboration avec FAN-DOK, galerie d’art, ne le lâchez surtout pas!

femmes religions

Cet ouvrage collectif, réalisé sous la direction de Hakima LEBBAR, psychanalyste et galeriste, est une petit monument dédié à “la cohabitation entre les religions au Maroc, et la discrimination de la femme dans les différentes religions.”

Plus d’une soixantaine de femmes d’horizons très divers, a participé à cet ouvrage par des textes, en français, en arabe et même en amazigh, ou par des réalisations artisitiques (photographie, peinture).

Ce travail collectif a débuté par une exposition et des débats dans plusieurs villes avant d’être réuni dans cet ouvrage.

Vous pouvez l’ouvrir à n’importe quelle page, vous aurez toutes chances de tomber sur un texte intéressant, qui pose débat, qui ouvre une fenêtre sur un horizon nouveau, qui raconte une émotion, qui apporte une information, qui nous interpelle sur un sujet tabou.

Vous aurez aussi la chance de voir des tableaux ou des photographies inédits, qui n’ont peut-être pas eu l’occasion d’être accrochés aux cimaises de grandes galeries, mais qui montrent et démontrent les capacités artistiques des femmes.

Le thème général de l’ouvrage s’articule autour de la relation entre les femmes et les religions : ces pluriels sont particulièrement intéressants.

En effet, parmi les intervenantes, nous trouvons des marocaines, des arabes, syrienne et égyptienne, des méditerranéennes, des européennes, françaises, italiennes, suisse, des américaines.

Et par ailleurs, les religions abordées sont bien entendu les trois religions monothéistes, mais l’agnosticisme et même le manque de croyance ne sont pas négligés, et chacune des participantes appartient à l’une ou à l’autre de ces croyances.

Quelque soient vos convictions personnelles, je vous conseille de feuilleter cet ouvrage et d’en méditer les pages car comme le dit la phrase du poète mexicain Octavio PAZ choisie comme exergue : “Toute culture naît du mélange, de la rencontre, des chocs“.

Merci, mesdames pour ce travail !

P.S. : je ne cite aucune des participantes à cet ouvrage parce qu’il me faudrait les citer toutes!

Ecrire, c’est un vocation …Editer, un métier !

Je comprends parfaitement, qu’à un moment de sa vie, l’on soit pris par l’envie irrésistible d’écrire…Ses mémoires…Son autobiographie…Une histoire qu’on aurait voulu vivre….Des aventures auxquelles on aurait rêver…

C’est une envie légitime et pour peu que l’on ait le talent pour cela, je crois qu’écrire peut être une ctivité absolument exaltante et même utile.

Mais si cette envie légitime ne trouve pas de talent pour s’exprimer, le résultat peut se traduire par des mièvreries ou par des banalités, quand ce n’est pas par des lourdeurs ou parfois des incorrections flagrantes, dont est absente toute émotion qui est l’essence même de l’écriture.

C’est là qu’intervient je crois le rôle de l’éditeur !

Un éditeur qui se respecte a le devoir de découvrir des talents et non pas d’imprimer et de distribuer n’importe quel manuscrit qui lui serait présenté.

Un éditeur doit avoir du flair, détecter ce qui peut plaire au lecteur, l’intéresser, le surprendre et surtout le faire lire et partant acheter le produit “livre”!

Malheureusement, ce n’est pas toujours le cas!

Ainsi, j’ai lu récemment un petit roman de Mustapha JMAHRI, paru en 2014, chez les Editions L’HARMATAN – collection “Lettres du Monde Arabe“, sous le titre “LES SENTIERS DE L’ATTENTE“.

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L’auteur n’est pas un novice en matière d’écriture : il a déjà publié une quinzaine d’ouvrages tous dédiés à la ville de EL JADIDA ex-MAZAGAN, une autobiographie et quelques recueils de nouvelles en arabe.

Il a commis, en publiant ce roman, le livre de trop !ET c’est dommage.

Mustapha JMAHRI manie un style agréable, fluide mais maîtrisé. Pourtant cela ne suffit pas à faire un roman !

Il le reconnait lui-même dans une interview accordée le 7 juillet 2017 au quotidien national LIBERATION qu’il considère cet ouvrage comme “une sorte d’évasion.” et qu’il “ne se sentais pas capable de réaliser une œuvre romanesque de quelque qualité”.

Saluons la franchise de Mustapha JMAHRI mais il aurait pu aller au bout de son raisonnement et ne pas publier “Les sentiers de l’attente” qui n’apporte absolument rien à la littérature marocaine de langue française.

Ce roman, selon l’auteur, devrait ” exalter les petites choses de la vie” ne m’a pas touché, ne m’a pas ému, ne m’a pas intéressé. Je le dis avec une certaine amertume, car l’auteur méritait que son éditeur lui déconseille de publier ce livre ou alors d’en approfondir les contours, de peaufiner la psychologie des personnages et rendre plus crédibles certaines situations.

Dommage !

Moi, lire un livre voué exclusivement aux chats!?!?!?

J’ai dû déjà l’avouer, soit sur ce blog sur sur ma page Face Book, je n’aime pas les chats!

Je ne saurais le dire autrement : peut-être que je suis allergique à cet animal, mais je ne prendrais jamais un chat dans mes bras!

Pourtant, je viens de lire ou plutôt de parcourir, de feuilleter et pourquoi le nier de déguster, de savourer un gros pavé de 720 pages consacré aux chats : il s’agit du “DICTIONNAIRE AMOUREUX DES CHATS” publié en 2008 chez les éditions Plon par l’académicien français Fréderic VITOUX, avec des illustrations de Alain BOULDOUYRE.

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L’auteur nous explique dès la première page son propos : dictionnaire amoureux donc “d’un coté, la flegmatique rigueur de l’ordre alphabétique ; de l’autre, le libre vagabondage dans le domaine de passion”, en l’occurrence le monde des chats.

L’ouvrage ne se lit donc pas d’un trait, mais se laisse feuilleter, découvrir, savourer au gré de l’humour du lecteur, qui peut puiser dans la table des matière le sujet qui l’interpelle!

Pour ma part, je me suis précipité sur POMPONNETTE : la scène mythique de La Femme du Boulanger ne pouvait manquer à ce dictionnaire et elle y est traitée de manière magistrale !

J’ai appris par exemple que l’Egypte antique est la première civilisation à avoir garder des traces historiques du chat et chez les Égyptiens de l’époque, ente autres attentions porté aux chats, cet animal était protégé par des lois très sévères!

Des personnages très connus et très importants ont eu, un ou parfois plusieurs chats comme compagnons durant de longues années. On peut citer Newton, André Malraux, Richelieu et même Winston Churchill

A la rubrique “Ethymologie”, l’auteur rappelle que le chat dans la plupart des langues européennes se reportent pratiquement à la même origine latine “cattus” avant d’évoquer une éventuelle racine syrienne ou même nubienne ou pourquoi pas berbère!

Rappelons-nous les anglais disent CAT, les italiens GATTO, les allemands KATZE, les bulgares KOTKA les polonais KOT et les arabophones QAT.

Evidemment, Frédéric VITOUX n’a pas omis de citer le dessin animé TOM ET JERRY ni la comédie musicale à grand succès CATS, ni les publicités fort connues qui ont mis en scène les chats …

J’allais oublier, entre toutes les entrées proposées ce dictionnaire, de parler de celle concernant les CHUTES : nous savons tous ou croyons savoir qu’un chat qui tombe du deuxième ou troisième étage retombe toujours sur ses pattes et en sus sans dégâts! Est-ce un mythe ? Est-ce une réalité? Frédéric VITROUX nous explique ce phénomène!

Bref, Frédéric VITOUX semble en effet porter un amour infini aux félins, il en parle avec subtilité, avec talent, parfois avec érudition mais sans affectation.

En tous cas, il aura réussi à m’intéresser aux chats….Quant à me les faire aimer, je ne crois pas qu’il y parviendra !

Asma MRABET poses les bonnes questions

Le dernier livre, “ISLAM ET FEMMES, les questions qui fâchent” publié en janvier 2017 chez “les Editions en toutes lettres“, de la médecin biologiste et membre de la Rabita des Oulema du Maroc Asma MRABET s’inscrit dans la continuité du combat de l’auteure pour la véritable place de la femme dansa l’islam.

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Commencé dans les années 2000, et vraiment engagé avec la publication en 2007 de LE CORAN ET LES FEMMES“, le combat de Asma MRABET se précise dans cet ouvrage car non seulement elle pose les questions qui fâchent mais elle apporte aussi les questions qui risquent de fâcher encore plus.

De manière très méthodique – n’oublions qu’elle est formation scientifique – elle aborde les principales questions qui touchent à la femme et sa place dans la société musulmane, elle expose le point du vue du texte sacré de l’islam en la matière avant de détailler les interprétations et les les applications qu’en ont faites les exégètes et les docteurs de la loi au fil du temps.

De la femme créature subalterne, source de tentations, qui doit être mise sous tutelle et soumise à son mari, en passant par la polygamie et la répudiation qui semblent des droits naturels de l’homme, de la lapidation et de la violence autorisée envers les femmes aux “houris” qui viendraient récompenser les bons musulmans au paradis, Asma MRABET n’oublie aucun aspect de la vie de la femme au sein de la société : elle évoque le problème du témoignage, celui de l’héritage, de l’accès à certaines hautes fonctions dont l’imamat et du mariage avec des non-musulmans. Elle n’oublie évidemment pas la problématique du voile avant de conclure sur le corps des femmes en général..

D’entrée de jeu, Asma MRABET précise sa démarche qui consiste à :

> clarifier la confusion entre le message spirituel du Texte sacré et l’orthodoxie interprétative institutionnalisée.

> rectifier le grand nombre de opréjugés sexistes et parfois diffamatoires transcrits dans la tradition musulmane au nom de préceptes divis.

> dénoncer ce qu’une culture patriarcale a forgé dans l’esprit des musulmans : la dévalorisation des femmes.

Pour ce faire, pour chaque sujet abordé, l’auteur se réfère en premier lieu au texte coranique, puis aux sources fondamentales de l’islam qui forment la sunna et les hadiths confirmés pour faire ressortir les interprétations – parfois contradictoires avec l’esprit sinon la lettre du texte sacré et des pratiques du prophète Mohamed – sur lesquelles s’accordent les docteurs de la lois et autres exégètes dans le but de maintenir la femme dans un état d’infériorité et de soumission.

La démarche de Asma MRABET n’a rien de révolutionnaire ni de subversif car l’auteure se déclare et se revendique musulmane.

Mais cette musulmane a eu la chance de connaitre et d’affronter d’autres horizons intellectuels, sociaux et religieux lors de ses longs séjours en Espagne, au Mexique et au Chili.

Si elle pose les bonnes questions, certains peuvent douter de la justesse des réponses qu’elle y apporte : en effet, le système patriarcal de nos sociétés arabo-usulmanes et les intérêts en jeu par son éventuelle mise en cause, sont des freis terriblement efficaces contre toute velléité de révision de la vision traditionnelle de la femme en islam.

Ce livre écrit en français n’aura peut-ête pas la portée qu’il aurait eu s’il avait été publié en arabe : les francophones sont en général plus facilement accessibles au mode de raisonnement suivi par Asma MRABET et elle peut sembler prêcher des convertis, sans jeu de mots.

Mais il a l’avantage et le mérite d’exister et former une de pièces du puzzle qui finira par laisser découvrir que, patriarcat ou pas, la femme est l’avenir de l’homme arabe et musulman, n’en déplaise à beaucoup, même parmi les consœurs de Asma MRABET.

UN LIVRE SUR L’ISLAM DANS SA PREMIERE GRANDEUR

Ce petit livre posthume de Maurice LOMBARD, historien et professeur à l’Ecole Pratiques des hautes Etudes, Paris et à l’ Ecole Normale Supérieure de Paris, est assez étonnant car il traite de l’islam et la civilisation qui accompagné d’une manière tout à fait originale.

En effet, L’ISLAM DANS SA PREMIÈRE GRANDEUR – paru chez Flammarion en 1971, soit six ans après la disparition de l’auteur, aborde la période glorieuse de l’islam en mettant en exergue les aspects économiques et culturels.

ISLAM

La période étudiée par Maurice LOMBARTD couvre trois siècles qui ont marqué l’apogée du monde musulman , c’est à dire de la moitié du VIIIème siècle au milieu du XIème).

Et ce qu’il y a de remarquable dans cet ouvrage, c’est que dans son approche de l’histoire de l’âge d’or de l’islam, Maurice LOMBARD évoque l’espace où évolue la nouvelle religion, du monde iranien à l’émirat de Cordoue, il décrit les réseaux qui le cimentent par l’entremise de la langue arabe et les différentes parlers vernaculaires.

Il soulève la problématique de la puissance monétaire et de celle de l’espace urbain, et touche même l’organisation du travail.

Il conclut par l’importance des échanges, de leur objet et des circuits qu’ils empruntent.

Jamais il n’est question dans le travail de l’auteur de guerres et de conquêtes sanglantes, ni de batailles, ni de massacres : l’auteur établit juste le lien entre ce qu’était le monde avant l’islam et ce qu’il est devenu après la révélation de la religion de Mohamed.

Cet ouvrage nous apporte donc une nouvelle vision de ce fut le monde et la civilisation musulmane du temps de sa vraie splendeur !

A lire et à méditer.

DES ROMANS QUI SONT FAITS POUR MOI ….

Après mes déceptions extrêmes orientales, je me suis tourné vers des lectures moins exotiques, du moins en apparence !

Du Japon et de Chine, j’ai glissé vers l’Afghanistan contemporain dont les médias nous rabâchent les oreilles sans nous en parler vraiment, sans nous éclairer sur les afghans en fait. J’ai choisi de lire (ou de relire) “LES CERFS-VOLANTS DE KABOUL” de Khaled HOSSEINI, paru chez BELFOND 10/18 en mars 2014.

Les-cerfs-volants-de-Kaboul

Et comme toujours, j’ai appliqué ma manière lire en me lançant dans la découverte simultanée d’un autre roman : “L’ARRACHEUSE DE DENTS” de Fanz-Olivier GIESBERT, paru chez les éditions Gallimerd en avril 2016.

ARRACHEUSE

Comment résister à un titre comme celui-ci, à une jaquette aussi inattendue et aussi à un auteur que je n’aime pas du tout dans son rôle de journaliste mais que j’ai voulu découvrir en tnt qu’auteur.

Je ne fus pas déçu : F.O.G. m’a promené dans une période de l’histoire de France que je croyais connaitre – la Révolution de 1789, la Terreur, la répression des royaliste en Vendée, avec les grands personnages de l’époque – Louis VXI, Danton, Robespierre, La Fayette, et autres Marivaux et Charlotte de Corday, et même Napoléon Bonaparte.

L’auteur, par un tour de passe-passe assez bien réussi, m’ emmené aussi dans les Etats Unis des années qui ont suivi la guerre de Sécession, avec un détour sur l’Atlantique avec une cargaison d’esclaves et tous les problèmes et péripéties que cela suppose.

Il m’a fait connaitre ou redécouvrir les chefs indiens comme Sitting Bull ou Crazy Horse les héros de la lutte des indiens d’Amérique contre les envahisseurs blancs, qui leur ont pris leurs terres, leurs richesses et même leur âme, en les massacrant et surtout en les humiliant, comme le firent ces généraux américains génocidaires, devenus des héros de la mythologie américaine blanche, comme Custer, Sheridan et même le futur président Grant.

Bref, L’ARRACHEUSE DE DENTS – dentiste artisanale de son état, mais grande aventurière devant l’éternel et surtout devant les hommes – est un excellent roman pour les vacances, mené tambour battant, à la hussarde!

Entre deux aventures palpitantes et particulières de Moïzette – surnom de l’héroïne de F.O.G. – je revenais au récit de Khaled HOSSINI.

Impossible de résumer ce livre assez étrange, où le récit d’un Afghanistan d’une autre éposque se mêle à la description d’un pays dévasté par l’intégrisme et l’obscurantisme, où l’amitié est entre deux enfants est au centre de l’intrigue.

Roman dense et pesant à la fois : le sentiment de culpabilité du narrateur vis à vis de son ami laisse un arrière-goût d’inachevé pour le lecteur qui peut trouver la construction de récit très bien menée ou complètement mièvre. On peut s’attacher aux différents personnages ou pas du tout : mais le fond du décor où se déroule le récit, donc l’Afghanistan avant l’invasion russe, pendant cette occupation et après la prise du pouvoir des Talibans est remarquablement reproduit.

Personnellement, je me suis laissé entraîné dans cet Afghanistan, même si l’histoire est parfois assez invraisemblable.

Mais peut pardonner à l’auteur ses insuffisances narratives à la lecture de ses descriptions d’une précision et d’une émotion remarquables.

Pour clore ces lectures exotiques, il me fallait un roman historique : j’apprécie ce genre car il instruit et divertit à la fois. Documentaire et fiction, il suffit d’y croire, de ne pas trop en demander en ce qui concerne la réalité des dialogues et parfois des situations et vous voilà embarqués pour un voyage, utile et agréable dans le passé.

J’ai donc choisi une vieille parution : “MOI ZENOBIE, REINE DE PALMYRE” de Bernard SIMIOT, édité par Albin Michel en 1978.

ZENOBIE

PALMYRE …Cette ville dont on a tellement entendu parler, ces derniers mois, à l’occasion de la guerre civile qui ravage la Syrie depuis bientôt sept ans!

Palmyre, merveille architecturale perdue dans le désert syrien et que les fous d’Allah de DAECH ont voulu rayer de la carte de la civilisation humaine!

Lire l’histoire de Palmyre raconté par Bernard SIMIOT, c’est comme regarder un excellent peplum, tourné avec tous les accessoires nécessaires, tous les décors fidèlement reconstitués, tous les dialogues bien écrits, tous les personnages parfaitement joués.

ZENOBIE, petite fille de l’aristocratie palmyrienne assujettie à Rome, rêvant de devenir reine, deviendra reine et défiera et Rome et les Perses.

Ce n’est pas de la grande littérature, je vous l’accorde, c’est de la lecture pour les vacances et c’en est une excellente!

Ainsi donc, mon voyage dans cet orient qui m’est plus proche s’est achevé avec le mois de Juillet.

Bon été à ceux qui ne sont pas encore partis en vacances! Bonnes lectures surtout!

DES LIVRES QUI NE SONT PAS FAITS POUR MOI ….

Je fais souvent confiance aux goûts littéraires, très hétéroclites, de mon aînée et grâce à elle, j’ai découvert beaucoup d’auteurs dont j’ignorais tout, jusqu’à l’existence.

Récemment, j’ai pris sur les étagères de sa bibliothèque trois ouvrages qu’elle avait classés dans la catégorie “asiatique”, en me disant “voilà, tu es paré en termes de lecture pour l’été”.

Il s’agissait en fait de deux romans japonnais et d’un troisième chinois! Je n’avais jamais auparavant approché la littéraire extrême-orientale, à part un petit livre dont j’avais parlé récemment ici même. :

LES BÉBÉS DE LA CONSIGNES AUTOMATIQUE du japonais Ryû MURAKAMIJ’ai lu2014 – 509 pages.

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KAFKA SUR LE RIVAGE de Haruki MURAKAMI, l’auteur japonnais qu’on ne présente plus, – 10/18 Belfond2011 – 638 pages.

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LE CLAN DU SORGHO ROUGE , du chinois Mo YAN, prix Nobel de littérature en 2012, éditions du Seuil – Points2016 – 542 pages.

SORGHO

A mon grand désarroi, je ne suis pas arrivé à entrer dans dans aucun de ces romans.

L’histoire des deux gamins japonnais, abandonnés par leurs parents, recueillis par des bonnes sœurs puis adoptés par une famille, ne m’a pas convaincu….Et dès les premières pages, j’ai eu du mal à me concentrer sur leur aventure et leurs aventures à venir ne n’ont pas intéressé.

Question de style de l’auteur? Peut-être… Question de situation romanesque ? Surement …Question d’environnement ? Sans aucun doute, car j’ignore tout du monde nippon et Ruy Murakami en parle d’une manière trop abrupte pour qu’un novice comme moi s’y retrouve!

En tous cas, après plusieurs tentatives, je me suis résigné à fermer ce roman….de façon définitive. Je ne saurais jamais rien des aventures rocambolesques de Hashi et Kiku, dans ce Japon que je n’ai pas su appréhender.

Le second roman japonnais dont j’ai tenté la lecture s’est avéré aussi hermétique à ma façon de lire et de prendre les romans.

Je n’aime pas spécialement les romans d’initiation, ou les romans d’apprentissage, comme définit l’éditeur ce livre: “œuvre majeure, qui s’inscrit parmi les plus grands romans d’apprentissage de la littérature universelle”.

Je n’y ai trouvé rien de majeur, ni d’universel, ni même d’intéressant …Je ne doit pas être fait pour lire Haruki Murakami. Peut-être n’y suis-je pas préparé intellectuellement ou et-ce une simple question de goût!

Donc exit Sinshi (monsieur en japonnais) Murakami, je ne terminerais pas votre roman fût-il “parmi les plus grand de la littérature universelle”.!

Pensant avoir plus d’atomes crochus avec la Chine, je me suis attelé à lire “Le clan du sorgho rouge ” : le mot attelé n’est pas innocent ! J’ai tiré sur les pages de ce roman, de toute la volonté, j’ai tiré, tiré, tiré mais je n’arrivais à avancer dans “cette écriture épique où la violence des affrontements libère des forces sacrées”.

Pour moi, la lecture d’un roman doit d’abord être un plaisir, un moment ludique, une évasion, pas la plongée dans le glauque, le sanguinaire, le morbide aussi héroïque et tragique soit-il.

Donc très peu pour moi …Aux connaisseurs, aux experts de lire Mo Yan. Les prix Nobel de littérature, surtout quand ils sont légérement “téléguidés”, ne m’ont jamais spécialement impressionné!

LECTURES CROISÉES ESTIVALES ET BIZARRES

L’été est un bon moment pour lire : on choisit en général de gros pavés, sans aucun intérêt litéraire, des trucs que tout le monde a prétendu avoir lu et qu’on n’a ps le temps d’ouvrir en temps normal…

Pour la part, j’ai chosi quelques livres dont j’ignorais tout, seul le titre m’a inspiré!

J’ai commencé justement par un pavé dont l’action se déroule à Belfast, en 24 heures chrono, le temps pour un nancien voyou irlandais, devenu grand voyou aux USA pour finir comme bénéficiaire d’un programme de protection de témoins après avoir balancé ces anciens acolytes.

Ce thriller est un très mauvaise lecture que je déconseille très vivement, mais que je me suis imposé jusqu’à la dernière page pour voir jusqu’où Adian MacKINTY pouvait pousser le bouchon : dans ce “RETOUR DE FLAMMES“, les cadavres jonchent le sol de capitale irlandaise, dans l’indifférence la plus totale des autorités, malgré les explosions, les fusillades, les enlèvements, les poursuites infernales dans une ville dont on se demande si elle est habitée ou s’il s’agit d’un décor de cinéma.

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Bien que classé dans la SERIE SOIRE des éditions GALLIMARD, cette publication parue en 2009 est à jeter à la poubelle, avec une pensée et des regrets pour le nombre d’arbes abattus pour “commettre” ce livre.

Ensuite, j’ai enchaîné avec un petit livre d’une centaine de pages, exactement 115, que mon ainée avait oublié : or, je fais confiance à son gout littéraire. L’auteur Lui XINWU serait, d’après la quatrième couverture, “l’un des plus grands écrivains chinois contemporains, foi d’éditeur.

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LA CENDRILLON DU CANAL, suivi de POISSON A FACE HUMAINE, publiée par FOLIO 2 en août 2012 sont deux textes d’une simplicité désarmante, mais très touchante, de la vie dans Pékin, après la révolution culturelle imposée par Mao et avec la mise en place de la logique de “l’économie de marché”.

Il ne s’agit pas de nouvelles, ni de romans courts, ni de récits : l’un est l’autre de ces textes fait penser à un documentaire, réalisé avec une petite camera à laquelle rien n’échappe de la réalité quotidienne pékinoise, mais qui n’est guidée par aucun fil rouge et qui n’a rien à prouver, seulement témoigner.

Ces deux productions font-elles de Lui XIMU un grand écrivain ? Peut-être car on dévore ces deux récits avec délectation, sans être perturbé ni par un misérabilisme où il aurait été facile d’entrainer le lecteur ni par une intrigue qui se révèle inutile pour supporter le récit.

Un genre donc à découvrir avec un certain plaisir!

Pour finir ces vacances en bord de mer, j’ai plongé les yeux ouverts dans “DESORDRES” de Jonathan GILLOT un thriller paru en juin 2016 chez les éditions Ex Aequo

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Roman de politique-fiction assez troublant : des fanatiques “nationaux-souverainistes” français s’emparent une petite ville de province, prennent les habitants en otages et tentent de négocier avec le pouvoir républicain.

Le roman est mené tambour battant, avec son lot de violence, de suspens, de rencontres humaines et de situations peut-être surréalistes mais il faut garder en tête l’avertissement de Jonathan Gillot : “les point de vue exprimés dans cette fiction se sont pas nécessairement ceux de l’auteur, mais bien souvent ses pires craintes”.

En ces temps troubles où les extrêmes de tout bords prennent le pas sur les idéologies traditionnelles et équilibrées, la survenance d’événements comme ceux relatés dans DESORDRES n’est pas exclue.

En tous cas, le roman est un bon compagnon des moments de bronzage au bord le plage§

BONNES VACANCES A TOUS ET A TOUTES et surtout ne bronzez pas idots!

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FACE BOOK ……Attention danger !

Voilà un roman qui tombe à pic en cette période estivale mais troublée à la fois, car il joint l’agréable à l’utile !

Jérôme DUMOUNIN nous introduit dans “FAUX PROFIL“, paru en 2012 chez les éditions GRASSET, dans un monde qui nous parait actuellement si familier et pratiquement aussi important que le vrai monde réel, le monde des réseaux sociaux et surtout celui de FACE BOOK.

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En effet, pour une grande partie de nos contemporains le monde facebookien représente leur vrai monde, celui où ils évoluent avec une aisance beaucoup plus naturelle que celle qu’ils ont des difficultés à montrer dans la réalité, un monde où ils nouent et dénouent des amitiés virtuelles mais parfois plus durables et apparemment plus sincères que celles de la vraie vie, un monde où ils puisent l’essentiel de leur perception du monde en général, des informations sur ce qui se passe dans la réalité!

Ce roman pose justement le problème de l’importance démesurée que prend ce monde sur la réalité vraie et concrète!

Il met en scène une bande d’amis, tout à fait normaux, bien ancrés dans la vie réelle, ayant chacun un métier, une vie sentimentale, des passions, des problèmes concrets, mais qui, par ailleurs, sont plongés dans le monde de FACE BOOK où ils vivent une partie de leur temps.

Réunis autour du profil très particulier et très attachant à la fois de CYRIL, ils finissent par tomber sous le charme de ses interventions pertinentes, intelligentes, brillantes et parfois très percutantes, à la limite de l’agressivité, mais une agressivité empreinte de culture.

Autour donc de ce CYRIL que personne ne connait personnellement, mais que tout le groupe adule, au même totre que les cinq mille amis déréglementaires” que Face Book lui permet de réunir, se crée un mythe qui donne naissance aux sentiments les plus inattendus.

Certains membres du groupe finissent même par “aimer” vraiment CYRIL au sens le plus concret du terme, à en tomber littéralement amoureux comme dans la vraie vie.

Heureusement, une réaction salutaire finit par se produire et une partie du groupe d’amis “ré&els” décide d’enquêter sur ce CYRIL et finit par découvrir…..

Non, je ne vous dirais pa ce qui sera découvert, je ne “sploilerai” (gâcherai) la fin de ce roman mais je vous dirai quand même si vous êtes un fan de Face Book, faites quand même attention à ces fameux amis que vous pouvez y rencontrer!

PAS DE FATALITÉ DE LA MONTAGNE !

Je suis immergé depuis une bonne semaine – et surement pour un long moment encore – dans la lecture de “LES JBALA DU RIF – Des lettrés en montagne” de Jacques Jawhar VIGNET-ZUNZ, paru en 2014 chez les éditions “La Croisée des Chemins“.

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Quand j’écris “immergé”, le mot est pris dans son sens le plus concret.

En effet les 409 pages de cet imposant ouvrage constituent un océan de renseignements sur les JBALA, cette population de montagne qui vit sur la partie occidentale et centrale du Rif, entre le détroit de Gibraltar et la trouée de Taza.

L’auteur nous présente ici le fruit d’un travail de trente ans en tant qu’ethnologue du CNRS (Centre National de Recherche Scientifique, Paris) et de l’INREMAN (Institut d’Etudes et de Recherches sur le Monde Arabe et Musulman, Aix-en-Provence.

Il serait prétentieux de ma part de tenter une présentation même sommaire de cette somme, tant sa lecture est ardue mais tellement enrichissante mais aussi tellement passionate, surtout en cette période où le Rif est au centre des préoccupations du Maroc et des marocains.

Cpendant, je crois qu’une fois que j’aurais refermé cet ouvrage, en plus de mille et cent informations que j’y aurai puisées, une phrase restera gravée dans mon esprit, à savoir : IL N’Y A PAS DE FATALITÉ DE L’ARCHAÏSME, DU RETARD ET DE LA MARGINALITÉ DU MILIEU MONTAGNARD”.

Cette conclusion à laquelle est arrivé l’auteur découle, non pas d’élucubrations d’un illuminé, idéaliste et rêveur, mais d’observations et de constats réalisés sur le terrain dans la zone qu’il a étudiée et qu’il a croisés avec d’autres études effectuées en Libye et en Kabylie qui présentent des similitudes de relief et de populations avec le Rif marocain.

Ne serait-ce que pour cette phrase, je conseillerais à tous ceux que la situation actuelle du Rif intéresse ou éventuellement préoccupe préoccupe, de consulter cet ouvrage.