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Archive for the ‘Livres’

Bel ouvrage collectif sur les femmes et les religions

September 18, 2017 By: Citoyen Hmida Category: Coups de coeur, Livres, Société No Comments →

Si vous avez l’occasion de tomber sur “FEMMES ET RELIGIONS – Points de vue de femmes du Maroc“, paru fin 2014 chez les éditions LA CROISÉE DES CHEMINS, en collaboration avec FAN-DOK, galerie d’art, ne le lâchez surtout pas!

femmes religions

Cet ouvrage collectif, réalisé sous la direction de Hakima LEBBAR, psychanalyste et galeriste, est une petit monument dédié à “la cohabitation entre les religions au Maroc, et la discrimination de la femme dans les différentes religions.”

Plus d’une soixantaine de femmes d’horizons très divers, a participé à cet ouvrage par des textes, en français, en arabe et même en amazigh, ou par des réalisations artisitiques (photographie, peinture).

Ce travail collectif a débuté par une exposition et des débats dans plusieurs villes avant d’être réuni dans cet ouvrage.

Vous pouvez l’ouvrir à n’importe quelle page, vous aurez toutes chances de tomber sur un texte intéressant, qui pose débat, qui ouvre une fenêtre sur un horizon nouveau, qui raconte une émotion, qui apporte une information, qui nous interpelle sur un sujet tabou.

Vous aurez aussi la chance de voir des tableaux ou des photographies inédits, qui n’ont peut-être pas eu l’occasion d’être accrochés aux cimaises de grandes galeries, mais qui montrent et démontrent les capacités artistiques des femmes.

Le thème général de l’ouvrage s’articule autour de la relation entre les femmes et les religions : ces pluriels sont particulièrement intéressants.

En effet, parmi les intervenantes, nous trouvons des marocaines, des arabes, syrienne et égyptienne, des méditerranéennes, des européennes, françaises, italiennes, suisse, des américaines.

Et par ailleurs, les religions abordées sont bien entendu les trois religions monothéistes, mais l’agnosticisme et même le manque de croyance ne sont pas négligés, et chacune des participantes appartient à l’une ou à l’autre de ces croyances.

Quelque soient vos convictions personnelles, je vous conseille de feuilleter cet ouvrage et d’en méditer les pages car comme le dit la phrase du poète mexicain Octavio PAZ choisie comme exergue : “Toute culture naît du mélange, de la rencontre, des chocs“.

Merci, mesdames pour ce travail !

P.S. : je ne cite aucune des participantes à cet ouvrage parce qu’il me faudrait les citer toutes!

Ecrire, c’est un vocation …Editer, un métier !

September 14, 2017 By: Citoyen Hmida Category: Coups de griffes, Livres No Comments →

Je comprends parfaitement, qu’à un moment de sa vie, l’on soit pris par l’envie irrésistible d’écrire…Ses mémoires…Son autobiographie…Une histoire qu’on aurait voulu vivre….Des aventures auxquelles on aurait rêver…

C’est une envie légitime et pour peu que l’on ait le talent pour cela, je crois qu’écrire peut être une ctivité absolument exaltante et même utile.

Mais si cette envie légitime ne trouve pas de talent pour s’exprimer, le résultat peut se traduire par des mièvreries ou par des banalités, quand ce n’est pas par des lourdeurs ou parfois des incorrections flagrantes, dont est absente toute émotion qui est l’essence même de l’écriture.

C’est là qu’intervient je crois le rôle de l’éditeur !

Un éditeur qui se respecte a le devoir de découvrir des talents et non pas d’imprimer et de distribuer n’importe quel manuscrit qui lui serait présenté.

Un éditeur doit avoir du flair, détecter ce qui peut plaire au lecteur, l’intéresser, le surprendre et surtout le faire lire et partant acheter le produit “livre”!

Malheureusement, ce n’est pas toujours le cas!

Ainsi, j’ai lu récemment un petit roman de Mustapha JMAHRI, paru en 2014, chez les Editions L’HARMATAN – collection “Lettres du Monde Arabe“, sous le titre “LES SENTIERS DE L’ATTENTE“.

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L’auteur n’est pas un novice en matière d’écriture : il a déjà publié une quinzaine d’ouvrages tous dédiés à la ville de EL JADIDA ex-MAZAGAN, une autobiographie et quelques recueils de nouvelles en arabe.

Il a commis, en publiant ce roman, le livre de trop !ET c’est dommage.

Mustapha JMAHRI manie un style agréable, fluide mais maîtrisé. Pourtant cela ne suffit pas à faire un roman !

Il le reconnait lui-même dans une interview accordée le 7 juillet 2017 au quotidien national LIBERATION qu’il considère cet ouvrage comme “une sorte d’évasion.” et qu’il “ne se sentais pas capable de réaliser une œuvre romanesque de quelque qualité”.

Saluons la franchise de Mustapha JMAHRI mais il aurait pu aller au bout de son raisonnement et ne pas publier “Les sentiers de l’attente” qui n’apporte absolument rien à la littérature marocaine de langue française.

Ce roman, selon l’auteur, devrait ” exalter les petites choses de la vie” ne m’a pas touché, ne m’a pas ému, ne m’a pas intéressé. Je le dis avec une certaine amertume, car l’auteur méritait que son éditeur lui déconseille de publier ce livre ou alors d’en approfondir les contours, de peaufiner la psychologie des personnages et rendre plus crédibles certaines situations.

Dommage !

Moi, lire un livre voué exclusivement aux chats!?!?!?

September 09, 2017 By: Citoyen Hmida Category: Coups de coeur, Livres No Comments →

J’ai dû déjà l’avouer, soit sur ce blog sur sur ma page Face Book, je n’aime pas les chats!

Je ne saurais le dire autrement : peut-être que je suis allergique à cet animal, mais je ne prendrais jamais un chat dans mes bras!

Pourtant, je viens de lire ou plutôt de parcourir, de feuilleter et pourquoi le nier de déguster, de savourer un gros pavé de 720 pages consacré aux chats : il s’agit du “DICTIONNAIRE AMOUREUX DES CHATS” publié en 2008 chez les éditions Plon par l’académicien français Fréderic VITOUX, avec des illustrations de Alain BOULDOUYRE.

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L’auteur nous explique dès la première page son propos : dictionnaire amoureux donc “d’un coté, la flegmatique rigueur de l’ordre alphabétique ; de l’autre, le libre vagabondage dans le domaine de passion”, en l’occurrence le monde des chats.

L’ouvrage ne se lit donc pas d’un trait, mais se laisse feuilleter, découvrir, savourer au gré de l’humour du lecteur, qui peut puiser dans la table des matière le sujet qui l’interpelle!

Pour ma part, je me suis précipité sur POMPONNETTE : la scène mythique de La Femme du Boulanger ne pouvait manquer à ce dictionnaire et elle y est traitée de manière magistrale !

J’ai appris par exemple que l’Egypte antique est la première civilisation à avoir garder des traces historiques du chat et chez les Égyptiens de l’époque, ente autres attentions porté aux chats, cet animal était protégé par des lois très sévères!

Des personnages très connus et très importants ont eu, un ou parfois plusieurs chats comme compagnons durant de longues années. On peut citer Newton, André Malraux, Richelieu et même Winston Churchill

A la rubrique “Ethymologie”, l’auteur rappelle que le chat dans la plupart des langues européennes se reportent pratiquement à la même origine latine “cattus” avant d’évoquer une éventuelle racine syrienne ou même nubienne ou pourquoi pas berbère!

Rappelons-nous les anglais disent CAT, les italiens GATTO, les allemands KATZE, les bulgares KOTKA les polonais KOT et les arabophones QAT.

Evidemment, Frédéric VITOUX n’a pas omis de citer le dessin animé TOM ET JERRY ni la comédie musicale à grand succès CATS, ni les publicités fort connues qui ont mis en scène les chats …

J’allais oublier, entre toutes les entrées proposées ce dictionnaire, de parler de celle concernant les CHUTES : nous savons tous ou croyons savoir qu’un chat qui tombe du deuxième ou troisième étage retombe toujours sur ses pattes et en sus sans dégâts! Est-ce un mythe ? Est-ce une réalité? Frédéric VITROUX nous explique ce phénomène!

Bref, Frédéric VITOUX semble en effet porter un amour infini aux félins, il en parle avec subtilité, avec talent, parfois avec érudition mais sans affectation.

En tous cas, il aura réussi à m’intéresser aux chats….Quant à me les faire aimer, je ne crois pas qu’il y parviendra !

Asma MRABET poses les bonnes questions

August 22, 2017 By: Citoyen Hmida Category: Coups de coeur, Livres, Société Comments Off on Asma MRABET poses les bonnes questions

Le dernier livre, “ISLAM ET FEMMES, les questions qui fâchent” publié en janvier 2017 chez “les Editions en toutes lettres“, de la médecin biologiste et membre de la Rabita des Oulema du Maroc Asma MRABET s’inscrit dans la continuité du combat de l’auteure pour la véritable place de la femme dansa l’islam.

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Commencé dans les années 2000, et vraiment engagé avec la publication en 2007 de LE CORAN ET LES FEMMES“, le combat de Asma MRABET se précise dans cet ouvrage car non seulement elle pose les questions qui fâchent mais elle apporte aussi les questions qui risquent de fâcher encore plus.

De manière très méthodique – n’oublions qu’elle est formation scientifique – elle aborde les principales questions qui touchent à la femme et sa place dans la société musulmane, elle expose le point du vue du texte sacré de l’islam en la matière avant de détailler les interprétations et les les applications qu’en ont faites les exégètes et les docteurs de la loi au fil du temps.

De la femme créature subalterne, source de tentations, qui doit être mise sous tutelle et soumise à son mari, en passant par la polygamie et la répudiation qui semblent des droits naturels de l’homme, de la lapidation et de la violence autorisée envers les femmes aux “houris” qui viendraient récompenser les bons musulmans au paradis, Asma MRABET n’oublie aucun aspect de la vie de la femme au sein de la société : elle évoque le problème du témoignage, celui de l’héritage, de l’accès à certaines hautes fonctions dont l’imamat et du mariage avec des non-musulmans. Elle n’oublie évidemment pas la problématique du voile avant de conclure sur le corps des femmes en général..

D’entrée de jeu, Asma MRABET précise sa démarche qui consiste à :

> clarifier la confusion entre le message spirituel du Texte sacré et l’orthodoxie interprétative institutionnalisée.

> rectifier le grand nombre de opréjugés sexistes et parfois diffamatoires transcrits dans la tradition musulmane au nom de préceptes divis.

> dénoncer ce qu’une culture patriarcale a forgé dans l’esprit des musulmans : la dévalorisation des femmes.

Pour ce faire, pour chaque sujet abordé, l’auteur se réfère en premier lieu au texte coranique, puis aux sources fondamentales de l’islam qui forment la sunna et les hadiths confirmés pour faire ressortir les interprétations – parfois contradictoires avec l’esprit sinon la lettre du texte sacré et des pratiques du prophète Mohamed – sur lesquelles s’accordent les docteurs de la lois et autres exégètes dans le but de maintenir la femme dans un état d’infériorité et de soumission.

La démarche de Asma MRABET n’a rien de révolutionnaire ni de subversif car l’auteure se déclare et se revendique musulmane.

Mais cette musulmane a eu la chance de connaitre et d’affronter d’autres horizons intellectuels, sociaux et religieux lors de ses longs séjours en Espagne, au Mexique et au Chili.

Si elle pose les bonnes questions, certains peuvent douter de la justesse des réponses qu’elle y apporte : en effet, le système patriarcal de nos sociétés arabo-usulmanes et les intérêts en jeu par son éventuelle mise en cause, sont des freis terriblement efficaces contre toute velléité de révision de la vision traditionnelle de la femme en islam.

Ce livre écrit en français n’aura peut-ête pas la portée qu’il aurait eu s’il avait été publié en arabe : les francophones sont en général plus facilement accessibles au mode de raisonnement suivi par Asma MRABET et elle peut sembler prêcher des convertis, sans jeu de mots.

Mais il a l’avantage et le mérite d’exister et former une de pièces du puzzle qui finira par laisser découvrir que, patriarcat ou pas, la femme est l’avenir de l’homme arabe et musulman, n’en déplaise à beaucoup, même parmi les consœurs de Asma MRABET.

UN LIVRE SUR L’ISLAM DANS SA PREMIERE GRANDEUR

August 08, 2017 By: Citoyen Hmida Category: Coups de coeur, Histoire, Livres Comments Off on UN LIVRE SUR L’ISLAM DANS SA PREMIERE GRANDEUR

Ce petit livre posthume de Maurice LOMBARD, historien et professeur à l’Ecole Pratiques des hautes Etudes, Paris et à l’ Ecole Normale Supérieure de Paris, est assez étonnant car il traite de l’islam et la civilisation qui accompagné d’une manière tout à fait originale.

En effet, L’ISLAM DANS SA PREMIÈRE GRANDEUR – paru chez Flammarion en 1971, soit six ans après la disparition de l’auteur, aborde la période glorieuse de l’islam en mettant en exergue les aspects économiques et culturels.

ISLAM

La période étudiée par Maurice LOMBARTD couvre trois siècles qui ont marqué l’apogée du monde musulman , c’est à dire de la moitié du VIIIème siècle au milieu du XIème).

Et ce qu’il y a de remarquable dans cet ouvrage, c’est que dans son approche de l’histoire de l’âge d’or de l’islam, Maurice LOMBARD évoque l’espace où évolue la nouvelle religion, du monde iranien à l’émirat de Cordoue, il décrit les réseaux qui le cimentent par l’entremise de la langue arabe et les différentes parlers vernaculaires.

Il soulève la problématique de la puissance monétaire et de celle de l’espace urbain, et touche même l’organisation du travail.

Il conclut par l’importance des échanges, de leur objet et des circuits qu’ils empruntent.

Jamais il n’est question dans le travail de l’auteur de guerres et de conquêtes sanglantes, ni de batailles, ni de massacres : l’auteur établit juste le lien entre ce qu’était le monde avant l’islam et ce qu’il est devenu après la révélation de la religion de Mohamed.

Cet ouvrage nous apporte donc une nouvelle vision de ce fut le monde et la civilisation musulmane du temps de sa vraie splendeur !

A lire et à méditer.

DES ROMANS QUI SONT FAITS POUR MOI ….

July 31, 2017 By: Citoyen Hmida Category: Coups de coeur, Livres Comments Off on DES ROMANS QUI SONT FAITS POUR MOI ….

Après mes déceptions extrêmes orientales, je me suis tourné vers des lectures moins exotiques, du moins en apparence !

Du Japon et de Chine, j’ai glissé vers l’Afghanistan contemporain dont les médias nous rabâchent les oreilles sans nous en parler vraiment, sans nous éclairer sur les afghans en fait. J’ai choisi de lire (ou de relire) “LES CERFS-VOLANTS DE KABOUL” de Khaled HOSSEINI, paru chez BELFOND 10/18 en mars 2014.

Les-cerfs-volants-de-Kaboul

Et comme toujours, j’ai appliqué ma manière lire en me lançant dans la découverte simultanée d’un autre roman : “L’ARRACHEUSE DE DENTS” de Fanz-Olivier GIESBERT, paru chez les éditions Gallimerd en avril 2016.

ARRACHEUSE

Comment résister à un titre comme celui-ci, à une jaquette aussi inattendue et aussi à un auteur que je n’aime pas du tout dans son rôle de journaliste mais que j’ai voulu découvrir en tnt qu’auteur.

Je ne fus pas déçu : F.O.G. m’a promené dans une période de l’histoire de France que je croyais connaitre – la Révolution de 1789, la Terreur, la répression des royaliste en Vendée, avec les grands personnages de l’époque – Louis VXI, Danton, Robespierre, La Fayette, et autres Marivaux et Charlotte de Corday, et même Napoléon Bonaparte.

L’auteur, par un tour de passe-passe assez bien réussi, m’ emmené aussi dans les Etats Unis des années qui ont suivi la guerre de Sécession, avec un détour sur l’Atlantique avec une cargaison d’esclaves et tous les problèmes et péripéties que cela suppose.

Il m’a fait connaitre ou redécouvrir les chefs indiens comme Sitting Bull ou Crazy Horse les héros de la lutte des indiens d’Amérique contre les envahisseurs blancs, qui leur ont pris leurs terres, leurs richesses et même leur âme, en les massacrant et surtout en les humiliant, comme le firent ces généraux américains génocidaires, devenus des héros de la mythologie américaine blanche, comme Custer, Sheridan et même le futur président Grant.

Bref, L’ARRACHEUSE DE DENTS – dentiste artisanale de son état, mais grande aventurière devant l’éternel et surtout devant les hommes – est un excellent roman pour les vacances, mené tambour battant, à la hussarde!

Entre deux aventures palpitantes et particulières de Moïzette – surnom de l’héroïne de F.O.G. – je revenais au récit de Khaled HOSSINI.

Impossible de résumer ce livre assez étrange, où le récit d’un Afghanistan d’une autre éposque se mêle à la description d’un pays dévasté par l’intégrisme et l’obscurantisme, où l’amitié est entre deux enfants est au centre de l’intrigue.

Roman dense et pesant à la fois : le sentiment de culpabilité du narrateur vis à vis de son ami laisse un arrière-goût d’inachevé pour le lecteur qui peut trouver la construction de récit très bien menée ou complètement mièvre. On peut s’attacher aux différents personnages ou pas du tout : mais le fond du décor où se déroule le récit, donc l’Afghanistan avant l’invasion russe, pendant cette occupation et après la prise du pouvoir des Talibans est remarquablement reproduit.

Personnellement, je me suis laissé entraîné dans cet Afghanistan, même si l’histoire est parfois assez invraisemblable.

Mais peut pardonner à l’auteur ses insuffisances narratives à la lecture de ses descriptions d’une précision et d’une émotion remarquables.

Pour clore ces lectures exotiques, il me fallait un roman historique : j’apprécie ce genre car il instruit et divertit à la fois. Documentaire et fiction, il suffit d’y croire, de ne pas trop en demander en ce qui concerne la réalité des dialogues et parfois des situations et vous voilà embarqués pour un voyage, utile et agréable dans le passé.

J’ai donc choisi une vieille parution : “MOI ZENOBIE, REINE DE PALMYRE” de Bernard SIMIOT, édité par Albin Michel en 1978.

ZENOBIE

PALMYRE …Cette ville dont on a tellement entendu parler, ces derniers mois, à l’occasion de la guerre civile qui ravage la Syrie depuis bientôt sept ans!

Palmyre, merveille architecturale perdue dans le désert syrien et que les fous d’Allah de DAECH ont voulu rayer de la carte de la civilisation humaine!

Lire l’histoire de Palmyre raconté par Bernard SIMIOT, c’est comme regarder un excellent peplum, tourné avec tous les accessoires nécessaires, tous les décors fidèlement reconstitués, tous les dialogues bien écrits, tous les personnages parfaitement joués.

ZENOBIE, petite fille de l’aristocratie palmyrienne assujettie à Rome, rêvant de devenir reine, deviendra reine et défiera et Rome et les Perses.

Ce n’est pas de la grande littérature, je vous l’accorde, c’est de la lecture pour les vacances et c’en est une excellente!

Ainsi donc, mon voyage dans cet orient qui m’est plus proche s’est achevé avec le mois de Juillet.

Bon été à ceux qui ne sont pas encore partis en vacances! Bonnes lectures surtout!

DES LIVRES QUI NE SONT PAS FAITS POUR MOI ….

July 26, 2017 By: Citoyen Hmida Category: Coups de griffes, Livres Comments Off on DES LIVRES QUI NE SONT PAS FAITS POUR MOI ….

Je fais souvent confiance aux goûts littéraires, très hétéroclites, de mon aînée et grâce à elle, j’ai découvert beaucoup d’auteurs dont j’ignorais tout, jusqu’à l’existence.

Récemment, j’ai pris sur les étagères de sa bibliothèque trois ouvrages qu’elle avait classés dans la catégorie “asiatique”, en me disant “voilà, tu es paré en termes de lecture pour l’été”.

Il s’agissait en fait de deux romans japonnais et d’un troisième chinois! Je n’avais jamais auparavant approché la littéraire extrême-orientale, à part un petit livre dont j’avais parlé récemment ici même. :

LES BÉBÉS DE LA CONSIGNES AUTOMATIQUE du japonais Ryû MURAKAMIJ’ai lu2014 – 509 pages.

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KAFKA SUR LE RIVAGE de Haruki MURAKAMI, l’auteur japonnais qu’on ne présente plus, – 10/18 Belfond2011 – 638 pages.

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LE CLAN DU SORGHO ROUGE , du chinois Mo YAN, prix Nobel de littérature en 2012, éditions du Seuil – Points2016 – 542 pages.

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A mon grand désarroi, je ne suis pas arrivé à entrer dans dans aucun de ces romans.

L’histoire des deux gamins japonnais, abandonnés par leurs parents, recueillis par des bonnes sœurs puis adoptés par une famille, ne m’a pas convaincu….Et dès les premières pages, j’ai eu du mal à me concentrer sur leur aventure et leurs aventures à venir ne n’ont pas intéressé.

Question de style de l’auteur? Peut-être… Question de situation romanesque ? Surement …Question d’environnement ? Sans aucun doute, car j’ignore tout du monde nippon et Ruy Murakami en parle d’une manière trop abrupte pour qu’un novice comme moi s’y retrouve!

En tous cas, après plusieurs tentatives, je me suis résigné à fermer ce roman….de façon définitive. Je ne saurais jamais rien des aventures rocambolesques de Hashi et Kiku, dans ce Japon que je n’ai pas su appréhender.

Le second roman japonnais dont j’ai tenté la lecture s’est avéré aussi hermétique à ma façon de lire et de prendre les romans.

Je n’aime pas spécialement les romans d’initiation, ou les romans d’apprentissage, comme définit l’éditeur ce livre: “œuvre majeure, qui s’inscrit parmi les plus grands romans d’apprentissage de la littérature universelle”.

Je n’y ai trouvé rien de majeur, ni d’universel, ni même d’intéressant …Je ne doit pas être fait pour lire Haruki Murakami. Peut-être n’y suis-je pas préparé intellectuellement ou et-ce une simple question de goût!

Donc exit Sinshi (monsieur en japonnais) Murakami, je ne terminerais pas votre roman fût-il “parmi les plus grand de la littérature universelle”.!

Pensant avoir plus d’atomes crochus avec la Chine, je me suis attelé à lire “Le clan du sorgho rouge ” : le mot attelé n’est pas innocent ! J’ai tiré sur les pages de ce roman, de toute la volonté, j’ai tiré, tiré, tiré mais je n’arrivais à avancer dans “cette écriture épique où la violence des affrontements libère des forces sacrées”.

Pour moi, la lecture d’un roman doit d’abord être un plaisir, un moment ludique, une évasion, pas la plongée dans le glauque, le sanguinaire, le morbide aussi héroïque et tragique soit-il.

Donc très peu pour moi …Aux connaisseurs, aux experts de lire Mo Yan. Les prix Nobel de littérature, surtout quand ils sont légérement “téléguidés”, ne m’ont jamais spécialement impressionné!

LECTURES CROISÉES ESTIVALES ET BIZARRES

July 12, 2017 By: Citoyen Hmida Category: Livres Comments Off on LECTURES CROISÉES ESTIVALES ET BIZARRES

L’été est un bon moment pour lire : on choisit en général de gros pavés, sans aucun intérêt litéraire, des trucs que tout le monde a prétendu avoir lu et qu’on n’a ps le temps d’ouvrir en temps normal…

Pour la part, j’ai chosi quelques livres dont j’ignorais tout, seul le titre m’a inspiré!

J’ai commencé justement par un pavé dont l’action se déroule à Belfast, en 24 heures chrono, le temps pour un nancien voyou irlandais, devenu grand voyou aux USA pour finir comme bénéficiaire d’un programme de protection de témoins après avoir balancé ces anciens acolytes.

Ce thriller est un très mauvaise lecture que je déconseille très vivement, mais que je me suis imposé jusqu’à la dernière page pour voir jusqu’où Adian MacKINTY pouvait pousser le bouchon : dans ce “RETOUR DE FLAMMES“, les cadavres jonchent le sol de capitale irlandaise, dans l’indifférence la plus totale des autorités, malgré les explosions, les fusillades, les enlèvements, les poursuites infernales dans une ville dont on se demande si elle est habitée ou s’il s’agit d’un décor de cinéma.

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Bien que classé dans la SERIE SOIRE des éditions GALLIMARD, cette publication parue en 2009 est à jeter à la poubelle, avec une pensée et des regrets pour le nombre d’arbes abattus pour “commettre” ce livre.

Ensuite, j’ai enchaîné avec un petit livre d’une centaine de pages, exactement 115, que mon ainée avait oublié : or, je fais confiance à son gout littéraire. L’auteur Lui XINWU serait, d’après la quatrième couverture, “l’un des plus grands écrivains chinois contemporains, foi d’éditeur.

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LA CENDRILLON DU CANAL, suivi de POISSON A FACE HUMAINE, publiée par FOLIO 2 en août 2012 sont deux textes d’une simplicité désarmante, mais très touchante, de la vie dans Pékin, après la révolution culturelle imposée par Mao et avec la mise en place de la logique de “l’économie de marché”.

Il ne s’agit pas de nouvelles, ni de romans courts, ni de récits : l’un est l’autre de ces textes fait penser à un documentaire, réalisé avec une petite camera à laquelle rien n’échappe de la réalité quotidienne pékinoise, mais qui n’est guidée par aucun fil rouge et qui n’a rien à prouver, seulement témoigner.

Ces deux productions font-elles de Lui XIMU un grand écrivain ? Peut-être car on dévore ces deux récits avec délectation, sans être perturbé ni par un misérabilisme où il aurait été facile d’entrainer le lecteur ni par une intrigue qui se révèle inutile pour supporter le récit.

Un genre donc à découvrir avec un certain plaisir!

Pour finir ces vacances en bord de mer, j’ai plongé les yeux ouverts dans “DESORDRES” de Jonathan GILLOT un thriller paru en juin 2016 chez les éditions Ex Aequo

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Roman de politique-fiction assez troublant : des fanatiques “nationaux-souverainistes” français s’emparent une petite ville de province, prennent les habitants en otages et tentent de négocier avec le pouvoir républicain.

Le roman est mené tambour battant, avec son lot de violence, de suspens, de rencontres humaines et de situations peut-être surréalistes mais il faut garder en tête l’avertissement de Jonathan Gillot : “les point de vue exprimés dans cette fiction se sont pas nécessairement ceux de l’auteur, mais bien souvent ses pires craintes”.

En ces temps troubles où les extrêmes de tout bords prennent le pas sur les idéologies traditionnelles et équilibrées, la survenance d’événements comme ceux relatés dans DESORDRES n’est pas exclue.

En tous cas, le roman est un bon compagnon des moments de bronzage au bord le plage§

BONNES VACANCES A TOUS ET A TOUTES et surtout ne bronzez pas idots!

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FACE BOOK ……Attention danger !

July 04, 2017 By: Citoyen Hmida Category: Livres Comments Off on FACE BOOK ……Attention danger !

Voilà un roman qui tombe à pic en cette période estivale mais troublée à la fois, car il joint l’agréable à l’utile !

Jérôme DUMOUNIN nous introduit dans “FAUX PROFIL“, paru en 2012 chez les éditions GRASSET, dans un monde qui nous parait actuellement si familier et pratiquement aussi important que le vrai monde réel, le monde des réseaux sociaux et surtout celui de FACE BOOK.

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En effet, pour une grande partie de nos contemporains le monde facebookien représente leur vrai monde, celui où ils évoluent avec une aisance beaucoup plus naturelle que celle qu’ils ont des difficultés à montrer dans la réalité, un monde où ils nouent et dénouent des amitiés virtuelles mais parfois plus durables et apparemment plus sincères que celles de la vraie vie, un monde où ils puisent l’essentiel de leur perception du monde en général, des informations sur ce qui se passe dans la réalité!

Ce roman pose justement le problème de l’importance démesurée que prend ce monde sur la réalité vraie et concrète!

Il met en scène une bande d’amis, tout à fait normaux, bien ancrés dans la vie réelle, ayant chacun un métier, une vie sentimentale, des passions, des problèmes concrets, mais qui, par ailleurs, sont plongés dans le monde de FACE BOOK où ils vivent une partie de leur temps.

Réunis autour du profil très particulier et très attachant à la fois de CYRIL, ils finissent par tomber sous le charme de ses interventions pertinentes, intelligentes, brillantes et parfois très percutantes, à la limite de l’agressivité, mais une agressivité empreinte de culture.

Autour donc de ce CYRIL que personne ne connait personnellement, mais que tout le groupe adule, au même totre que les cinq mille amis déréglementaires” que Face Book lui permet de réunir, se crée un mythe qui donne naissance aux sentiments les plus inattendus.

Certains membres du groupe finissent même par “aimer” vraiment CYRIL au sens le plus concret du terme, à en tomber littéralement amoureux comme dans la vraie vie.

Heureusement, une réaction salutaire finit par se produire et une partie du groupe d’amis “ré&els” décide d’enquêter sur ce CYRIL et finit par découvrir…..

Non, je ne vous dirais pa ce qui sera découvert, je ne “sploilerai” (gâcherai) la fin de ce roman mais je vous dirai quand même si vous êtes un fan de Face Book, faites quand même attention à ces fameux amis que vous pouvez y rencontrer!

PAS DE FATALITÉ DE LA MONTAGNE !

June 25, 2017 By: Citoyen Hmida Category: Livres, Société Comments Off on PAS DE FATALITÉ DE LA MONTAGNE !

Je suis immergé depuis une bonne semaine – et surement pour un long moment encore – dans la lecture de “LES JBALA DU RIF – Des lettrés en montagne” de Jacques Jawhar VIGNET-ZUNZ, paru en 2014 chez les éditions “La Croisée des Chemins“.

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Quand j’écris “immergé”, le mot est pris dans son sens le plus concret.

En effet les 409 pages de cet imposant ouvrage constituent un océan de renseignements sur les JBALA, cette population de montagne qui vit sur la partie occidentale et centrale du Rif, entre le détroit de Gibraltar et la trouée de Taza.

L’auteur nous présente ici le fruit d’un travail de trente ans en tant qu’ethnologue du CNRS (Centre National de Recherche Scientifique, Paris) et de l’INREMAN (Institut d’Etudes et de Recherches sur le Monde Arabe et Musulman, Aix-en-Provence.

Il serait prétentieux de ma part de tenter une présentation même sommaire de cette somme, tant sa lecture est ardue mais tellement enrichissante mais aussi tellement passionate, surtout en cette période où le Rif est au centre des préoccupations du Maroc et des marocains.

Cpendant, je crois qu’une fois que j’aurais refermé cet ouvrage, en plus de mille et cent informations que j’y aurai puisées, une phrase restera gravée dans mon esprit, à savoir : IL N’Y A PAS DE FATALITÉ DE L’ARCHAÏSME, DU RETARD ET DE LA MARGINALITÉ DU MILIEU MONTAGNARD”.

Cette conclusion à laquelle est arrivé l’auteur découle, non pas d’élucubrations d’un illuminé, idéaliste et rêveur, mais d’observations et de constats réalisés sur le terrain dans la zone qu’il a étudiée et qu’il a croisés avec d’autres études effectuées en Libye et en Kabylie qui présentent des similitudes de relief et de populations avec le Rif marocain.

Ne serait-ce que pour cette phrase, je conseillerais à tous ceux que la situation actuelle du Rif intéresse ou éventuellement préoccupe préoccupe, de consulter cet ouvrage.

Mahi BINBINE entre le bouffon et le martyr.

June 11, 2017 By: Citoyen Hmida Category: Livres Comments Off on Mahi BINBINE entre le bouffon et le martyr.

Mahi BINBINE a publié en mars 2017 chez les éditions LE FENNEC son dernier roman “LE FOU DU ROI

livre mahi binebine

Il faut signaler que la sortie nationale de cet ouvrage a été concomitante, comme pour les dernières publications de Binbine, à sa parution en France aux éditions STOCK

le fou stock

Que dire de ce roman?

La première impression est que l’auteur a semble l’avoir enfanté dans une infinie douleur pour plusieurs raisons.

En effet, ce n’est pas aisé de parler d’un père dont le vie consiste essentiel à divertir un roi.

Le récit de la vie quotidienne du défunt roi Hassan II y est abordée par le biais de ce que rapporte le père de l’auteur, qui n’est finalement que le bouffon attitré du souverain. Mahi BENBINE édulcore donc la rôle de son père et romance jusqu’à l’extravagance certaines situations, leur faisant perdre toute crédibilité. Après tout, Mahi est conteur, fils de conteur!

Ensuite, ce roman représente pour l’auteur l’occasion d’aborder le cas de son frère militaire victime expiatoire de la vengeance d’un roi, enfermé durant une vingtaine d’années dans le sinistre bagne de Tazmamart à la suite de la tentative du coup d’état de juillet 1971. Et renié par son père, qui ne pouvait agir autrement sans entraîner toute sa famille dans un trou sans fond.

Mahi BINBINE aurait pu s’approprier la mémoire de son frère et en tirer des passages bouleversants! Mais Mahi BINBINE n’est pas Tahar BENJELLLOUN et il a suffisamment de talent pour évoquer en quelques pages la douleur de la mère et le pardon du fils, sans condamner ni même juger!

De ce livre, je retiendrai pour ma part l’évocation par le père BINBINE du poème “AL MOUNFARIJA” : ces pages m’ont incité à faire des recherches sur ce texte qui m’a toujours intrigué, surtout dans ses diverses formes chantées. J’en parlerais peut-être prochainement.

Il faut lire le livre de Mahi BINBINE, il est très bien écrit, comme les derniers romans de l’auteur que j’avais évoqués ici et .

Un livre écrit avec le cœur, une oeuvre thérapeutique pourrait-on dire. L’auteur précise en effet dans sa présentation en quatrième de couverture : “cela fait des années que je cherche à raconter cette histoire, qui a la fantaisie du conte lointain et la gravité d’un drame humain“.

UNE NYMPHOMANE QUI NE M’A PAS INTÉRESSÉ, MAIS …

May 26, 2017 By: Citoyen Hmida Category: Livres Comments Off on UNE NYMPHOMANE QUI NE M’A PAS INTÉRESSÉ, MAIS …

DANS LE JARDIN DE L’OGRE“, le premier roman de Leïla SLIMANI, paru en 2014 chez les éditions GALLIMARD, a connu un certain succès d’estime auprès de la critique parisienne et laissait prévoir que l’auteure avait de l’avenir.

jardin_ogre

Cela n’a pas été démenti : deux ans plus tard, elle recevait le rpix Goncourt pour son second ouvrage “CHANSON DOUCE” que j’avais évoqué ici même il y a quelques mois.

Que dire du premier roman de Leila SLIMANI?

Pour ma part, pas grand chose! L’histoire de cette nymphomane parisienne ne m’a pas intéressé, je ne suis pas senti concerné par ses problèmes personnels.

Cela ne signifie pas que le livre soit inintéressant : il est très bien écrit et comme dit le critique BILLOT dans STYLIST : “Leila Slimani fait grimper la température et signe un premier livre étourdissant”.

Leila SLIMANI a donc choisi sa voie et elle tient le cap : parisienne d’adoption, elle connait bien sa ville et ses habitants et en parle avec beaucoup de talent. Bravo donc !

Espérons qu’elle continue dans cette veine-là et qu’il ne lui vienne pas à l’esprit d’aborder les problèmes de la femme marocaine : ce qu’elle écrit à ce jour est très bon, elle a son public, nombreux et fidèle et c’est très bien ainsi.

UN ROMAN FÉMINISTE QUI NE DIT PAS SON NOM …

May 19, 2017 By: Citoyen Hmida Category: Livres Comments Off on UN ROMAN FÉMINISTE QUI NE DIT PAS SON NOM …

Khadija MENEBHI n’est pas une inconnue dans la sphère publique marocaine : acteure de la société civile, chercheuse, professeur, doublement compétente en des matières aussi diverses que la philosophie et les mathématiques, elle vient de signer son premier roman : “LES DÉDALES DE LA MÉDINA” paru en mars 2017 aux éditions AKHIR-SAA.

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Après ses deux premières parutions, (MORCEAUX CHOISIS DU LIVRE DE L’OPPRESSION EN 2003 et RECIT DE FEMMES EN 2013), qui sont avant tout des témoignages, Khadija MENEBHI s’essaie à la fiction mais sans s’éloigner de ce qu’elle sait faire le mieux : témoigner, dénoncer et militer.

L’héroïne – ou plutôt les héroïnes – de son roman sont des femmes de caractère, fortes : Lla Fatna véritable chef de famille, ses filles auxquelles elle a transmis les genes de sa force, ses futures brus victimes de la vie mais pas victimes immolées sans défense, Mahjouba, la marieuse, celle qui tire les ficelles de la vie sociale d’une partie de la médina. Les autres femmes du derb, pour analphabètes qu’elles soient, ne manquaient pas de culture, parfois musicale souvent religieuse. Le récit a pour cadre la médina de Marrakech dans la période qui a suivi immédiatement l’indépendance.

Les hommes traversent le récit comme des ombres, “qu’on ne voyait pas”, à l’instar du mari de Lla Fatna, “totalement sous sa coupe” ou de ses fils qui ne contestaient jamais les décisions de leur mère.

Khadija MENEBHI nous présente donc – même si c’est à travers des clichés éculés et de lieux communs mille fois repris dans la littérature francophone marocaine – un roman qui se veut engagé, le roman d’une femme qui a pris en main son destin et celui de sa famille

Cette oeuvre se lit avec intérêt et un certain plaisir jusqu’à la page 97 où une regrettable et malencontreuse erreur technique nous prive de la lecture de 16 pages (pp. 98-99, 102-103, 106-17, 110-111, 114-115, 117-119, 122-123 et 126-127). Seize pages sur 142, cela rend toute lecture de la suite absolument incompréhensible.

Faut-il le regretter ? Certainement, car un livre est un objet sacré, comme toute création intllectuelle et il ne doit pas être mutilé!

Ces seize pages manquantes auraient-elles rendu meilleure l’oeuvre de Khadija MNEBHI ? Je ne peux en juger et c’est dommage.

Ce genre d’incident porte préjudice à l’auteure et à son effort; il montre les carences du monde de l’édition et ne contribue pas la promotion de la lecture dans notre pays.

LECTURES ………..pour relever un défi lancé par ma cadette!

May 15, 2017 By: Citoyen Hmida Category: Livres Comments Off on LECTURES ………..pour relever un défi lancé par ma cadette!

Dernièrement, ma fille cadette m’a reproché la dureté de mon appréciation de l’oeuvre littéraire de notre ancien prix Goncourt national Tahar BENJELLOUN. En effet, le travail de cet auteur n’est pas ma tasse de thé et je le fais savoir quand j’en ai l’occasion.

Elle m’a même lancé un défi : elle se proposait de me présenter “sous couvert d’anonymat” un texte de Tahar Benjelloun, me laissant le soin de porter un jugement disons….”à l’aveugle“. Un peu comme un juré de “THE VOICE” !

Mais j’ai préféré choisir moi-même deux livres de l’écrivain marocain, j’ai opté pour deux titres assez anciens qui m’étaient complètement inconnus et dont je n’avais par conséquece la moindre idée. Il s’agit de “L’ANGE AVEUGLE“, un recueil de nouvelles ayant pour thème central la mafia sicilienne, paru aux éditions du Seuil en 1992 et de “LES RAISINS DE LA GALÈRE“, un roman sur les immigrés algériens en France et leurs difficultés, publié en 1996 par les éditions Fayard -Libres.

ange aveugle

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Premier constat que je veux objectif mais sans aucune réserve : notre auteur sait écrire et il domine à la perfection la langue écrite française. . Cela semble évident pour un écrivain, conu et reconnu, mais ce nest pas toujours le cas! Alors, j’en donne ici acte, pour ce que vaut mon constat : Tahar Benjelloun est un grand écrivain, si l’on retient une des acceptions de ce mot retenue par le C.N.R.T.L. En effet, c’est “une personne habile dans l’art d’écrire “.

Dans ces deux ouvrages, très différents dans le genre, très éloignés dans le sujet, le lecteur éprouve un plaisir certain à dérouler les pages, tant la fluidité et le justesse de la langue sont présentes.

La petite beurette, ambitieuse et battante, héroïne de LES RAISINS DE LA GALÈRE, est très convaincante et presque attendrissante.

Le recueil de nouvelles sur la mafia, s’il se laisse lire, ne laisse par contre aucune trace affective : cet ouvrage de commande, malgré une interlocution bien pompeuse, reste lisse et sans intérêt.

Deuxième constat, moins enthousiaste, et qui est constitue la pierre d’achoppement de ma froideur pour ne pas dire maon inimité envers l’oeuvre de Tahar Benjelloun dans son ensemble : dans ces deux livres que j’ai choisis totalement au hasard – le seul critère étant que je ne ne les connaissais pas – Tahar BENJELLOUN exploite le travail des autres pour produire et signer ses œuvres.

LES RAISINS DE LA GALÈRE reprend la galère des enfants d’immigrés que lui a lui racontée SAADIA et qu’un rapport de chercheurs sur le terrain a consigné dans un rapport éponyme. L’auteur le reconnait en quelques lignes à la fin du livre.

L’ANGE AVEUGLE pour sa part compile de manière “littéraire” – puisque c’est ainsi qu’un faut qualifier le travail d’un écrivain – des témoignages, des articles de presse, ou des déclarations.

Il faut se rendre à l’évidence que Tahar BENJELLOUN a très souvent procédé de la sorte : il a toujours su raconter (ou parfois juste re-conter) ce que l’on lui a conté, parfois sous le sceau de la confidence, d’autre fois sous le sceau du secret, souvent sous celui de l’amitié, de la confiance ou de la tendresse. On peut apprécier l’exercice, mais sa répétition devient gênante.

Ceux qui connaissent bien l’oeuvre de Tahar Benjelloun et sa genèse ne me contrediront pas.

Je n’ai jamais pu apprécier cette manière de procéder : bien écrire ne suffit pas à faire un grand écrivain, bien que Tahar Bejelloun prétende que “la fonction principale de la littérature est de cambrioler le réel apparent”.

FAMINE ..MISÈRE..HIER OU AUJOURD’HUI ?

May 12, 2017 By: Citoyen Hmida Category: Livres Comments Off on FAMINE ..MISÈRE..HIER OU AUJOURD’HUI ?

Soufiane MARSNI, après avoir publié deux recueils de nouvelles en 2003 et 2009, signe son premier roman “LA GRANDE FAMINE” publié en ce début 2017 chez les éditions MARSAM.

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D’emblée, l’auteur plante le décor de son roman par cette la première phrase : “La grande famine qui frappa le Maroc dans les années quarante provoqua une émigration massive vers les villes“.

Cette période de l’histoire de notre pays est assez mal connue de nos concitoyens, les plus âgés préférant l’oublier, les plus jeunes l’ignorant complètement. Qu’un romancier s’y intéresse est tout à son honneur car c’est un moyen intelligent et peut-être ludique de revisiter notre passé somme toute récent mais occulté.

Le roman relate l’histoire d’une famille de paysans du Maroc profond, chassée de son douar à la suite de la famine provoquée par la réquisition des récoltes par l’occupant français. Ces paysans déracinés vont tenter de s’installer dans la périphérie de Casablanca où le père croit pouvoir trouver du travail.

Dépendant des “bons” donnant droit à de misérables rations alimentaires, cette famille connaîtra l’enfer de la faim et de l’humiliation. La mère restée seule avec ses filles, après la mort accidentelle du père dans un chantier où il était employé comme journalier, usera de tous moyens et de tous les stratagèmes pour subvenir aux besoins de sa progéniture. L’auteur a su rendre, avec un certain talent, toute la misère qui écrase ses personnages.

Ainsi, certains passages du roman rappellent-ils très vaguement quelques pages de “LES RAISINS DE LA COLÈRE” de John STEINBECK, sans en atteindre ni l’intensité ni le pathétisme, notamment celles où l’auteur décrit le voyage de la famille vers la grande métropole.

Mais la technique narrative choisie par l’auteur finit par montrer ses limites : en nous décrivant le Maroc “dial 3am al boun”, Soufiane MARSNI nous parle en fait du Maroc d’aujourd’hui, de ses bidonvilles, des ses moqaddems qui y font la loi, des distributions de denrées de première nécessité lors des campagnes caritatives ramadanesques, des écoles publiques en déliquescence, du travail au noir, de l’exploitation des petites bonnes, bref des maux qui minent encore actuellement notre société.

Pourquoi alors évoquer ce Maroc des années quarante qui mérite d’être décrit, étudié, analysé, en calquant des situations actuelles : la misère d’hier est-elle plus acceptable de celle d’aujourd’hui?

Malgré son style fluide et précis, j’ai le sentiment que Soufiane MERSNI nous a un peu floués, surtout que son récit se perd, dans les derniers pages, dans un dédale assez confus de situations intemporelles qui n’ont qu’un rapport tout relatif avec le Maroc des années noires ! Mais son roman a le mérite d’ouvrir la voie de l’imagination vers ce Maroc occulté officiellement et oublié individuellement.

  • Quelques citations

    « Le patriotisme c'est l'amour des siens. Le nationalisme c'est la haine des autres. »
    Romain Gary
    'L'une des plus grandes sagesses en l'art militaire, c'est de ne jamais pousser son ennemi au désespoir'




    Michel de Montaigne
    'A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire'



    Pierre Corneille
    'Il n'y a jamais eu de bonne guerre ni de mauvaise paix.'


    Benjamin Franklin.
    'Fais bon accueil aux étrangers, car toi aussi, tu seras un étranger.'


    Roger Ikor
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