TEHERAN ….dans les yeux de JIHANE

J’ai reçu ce petit billet écrit par une jeune marocaine qui m’est très chère, à la suite d’une brève mais très instructive visite qu’elle a effectué à Téhéran!

Elle a pu voir, durant quelques jours, la vie des habitants de cette ville de l’intérieur, dans l’intimité de leur quotidien, ce qui rend son témoignage bien plus intéressant que les articles stéréotypés écrits par des journalistes occidentaux en visite dans les pays musulmans qui, très souvent, s’installent dans des hôtels de luxe et ne font que répéter ce que certains veulent bien leur communiquer!

Je vous livre donc, brut de coffrage, le témoignage de JIHANE :

Je n’ai jamais aussi bien porté mon prénom, Jihane … Un prénom perse qui a pris toute sa valeur lors de ma récente visite à Téhéran … Pourquoi, parce que aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours eu une certaine fierté à raconter que mon nom n’est pas arabe, mais d’origine perse… Pourquoi fierté ? Je pense que j’ai eu ma réponse lors de mon voyage en Iran… Un voyage dont je n’ai jamais voulu rêver …

La nature de mon travail depuis plus d’une décennie veut que je dois être au plus proche des gens … ou comment on les appelle dans notre jargon professionnel « Les consommateurs » … Aussi capitaliste que cela puisse paraitre, je me suis toujours sentie privilégiée que mon travail me fasse entrer dans les demeures des gens du pays que je visite… Du Maroc a l’Arabie saoudite ( dans ce cas, juste par camera, car toujours pas droit à un visa ), en passant par le Soudan ou encore la Lybie… Des pays qui ne sont sur la check-list d’aucun globe-trotter (euse), mais que j’ai eu la chance de découvrir, pas à travers un documentaire ni d’une prestation PowerPoint…

Mais en passant des journées chez l’habitant, en leur parlant et en m’intéressant à ce qu’ils sont et à ce qu’ils consomment… Une anthropologue (avec un très petit a) capitaliste en quelque sorte … Mais je ne suis pas là pour parler de mon travail… Je suis là pour parler de Téhéran, des Iraniens et Iraniennes que j’ai rencontré… sans filtre, à part ce lui de ma propre perception et surtout de mes préjuges…

Le jour où j’ai réservé mon billet pour Téhéran, j’avoue que j’ai eu un instant d’inquiétude… Ce qui m’inquiétait le plus : combien et comment ce fameux tampon sur mon passeport allait affecter mes prochaines demandes de visa pour l’Europe et les Etats Unis … J’avoue qu’à aucun moment l’inquiétude a été liée à ma sécurité ou aux risques d’attentats

En y repensant, l’Iran reste un pays très sûr sous cet angle-là …
Mais mon inquiétude persistait … C’est l’Iran quand même !!! Le grand méchant anti-américain, le pays qui déteste les sunnites (dont je fais apparemment partie), le pays qui ne donne aucun droit aux femmes et leur impose toutes les ignominies du monde, le pays qui rêve de détruire toute forme de modernité et imposer le Chiisme au reste du monde, le pays derrière la crise au Moyen Orient …

Mais les collègues qui ont visité avant moi, tous des homme n’ont pas cessé de me rassurer… tout en insistant que je devais m’assurer que ma tenue vestimentaire devait être « réglementaire »…

Quelque part, je pensais que leur « quiétude » venait du fait que ce sont des hommes et que de facto, ils n’allaient pas ressentir la répression, étant donné que ce n’est qu’aux femmes qu’elle est imposée … Comme si un homme était incapable de ressentir la pression exercée sur les femmes dans un pays … Encore une « croyance » féministe dont je dois me débarrasser…

Téhéran… Comme si je t’avais rêvé …

Je ne me suis jamais imaginé découvrir Téhéran, admirer la mosquée Imam Khomaini avec ses minarets et sa coupole en or… tout en écoutant de la deep-house que notre chauffeur – qui fait aussi office de DJ le soir – a bien voulu nous faire découvrir … J’imaginais qu’ils écoutaient des chants chiite à longueur de journée… Qu’au lieu de danser, ils s’auto-flagellaient …. Enfin, vous me comprenez !

Je n’ai jamais cru que j’allais me retrouver chez une Iranienne, coiffeuse de profession mais qui adore la peinture…l’écriture… qui m’a montré ses tableaux, certains accrochés aux murs, d’autres qui n’ont pas trouvé leur place ou pas encore finis sont par terre… Elle prépare sa prochaine exposition privée dans la galerie d’un ami a son mari … Je croyais que les iraniennes était opprimées, mais finalement …

J’ai réalisé que Téhéran est une ville propre… bien organisée même si les conducteurs ET LES CONDUCTRICES ne respectent pas vraiment le code de la route… Une ville avec de jolis immeubles… Des immeubles gais …Des maisons agréables où il fait bon vivre avec beaucoup de verdure autour… Moi qui pensais qu’ils vivaient dans des tours grises, avec des barreaux…

Etre reçue par une jeune maman, qui a eu la magnifique idée de se faire tatouer la paume de son nouveau-né sur le dos… qui me montre tous ses tatouages, qu’elle a fait à Téhéran… qui m’explique qu’on peut tout faire en Iran à condition de ne pas se faire arrêter … Alors que moi-même, j’ai encore du mal avec mon tatouage dans ma propre famille…

J’ai fume ma cigarette dans les rues de Téhéran… avec mes collègues iraniennes … en pleine rue, sans devoir nous cacher… Yes we can! … Personne ne nous a regardées de travers, aucun homme ne nous a insultées ou manqué de respect… En vérité, quand on marche dans la rue, les hommes ne vous regardent pas de travers, ne vous insultent pas, ne vous approchent pas … ils font leur vie sans se soucier de la vôtre tout simplement … Je croyais que … Je ne crois plus en rien au fait …

Le directeur d’une agence partenaire m’a fait le tour de son entreprise … Plus de 70% de ses employées sont des femmes… Il me l’a dit avec une certaine fierté et un sourire moqueur qui voulait gentiment dire « Avoue que cela te surprends ! » … Oui je trouvais cela impressionnant… Il m’a expliqué qu’a CV égal, il optera toujours pour une femme, surtout pour un poste de Directeur ou de manager … « Les femmes ont la niaque, elles veulent toujours prouver qu’elles sont meilleurs que les hommes … et donc elles font du meilleurs travail… Pour le salaire ? Bien sûr que je ne fais pas la différence entre un homme et une femme … Pourquoi ? Est-ce que je ferais à une autre femme ce que je trouverai injuste pour mon épouse ou ma sœur ??!!.. ». Je ne comprends plus rien …

Je commence à comprendre que ce peuple est « normal’ » … Mais alors pourquoi restent-ils ici ? Pourquoi ne se révoltent-il pas ?

Les Iraniens… Merci pour cette leçon !

A ma question très stupide : « Mais pourquoi vous ne partez pas ailleurs », j’ai eu des réponses spontanées assez claires : « Pourquoi je quitterai mon pays ? J’aime mon pays… Je n’aime pas le gouvernement mais qui aujourd’hui aime son gouvernement ? Même en Europe et aux USA … ».

Pourquoi quitteraient-ils leurs pays ? Ce pays avec une histoire qui n’a rien à envier aux autres pays de la région, dont certains n’ont presque pas d’histoire… Pourquoi quitteraient-ils leurs pays et leurs familles ? A cause d’un gouvernent qui au final leur impose un foulard sur la tête mais leur assure une liberté privée qu’ils savent gérer et dont ils profitent ?

Est-ce que moi en tant que marocaine je me sens plus libre dans mon pays? Dans un sens oui mais pas c’est relatif … Est-ce que moi en tant que résidente aux E.A.U. me sens plus libre ? Dans un sens, oui encore une fois mais c’est aussi relatif…

Est-ce que le fait de devoir me couvrir la tête vaut en contrepartie un salaire égal entre hommes et femmes ? Pourquoi pas …

Est-ce que le fait que les libertés individuelles sont remises en question par la loi, que cela soit au Maroc ou en Iran, fait du Maroc un pays plus « moderne » en comparaison a l’Iran ? Je ne pense pas …

Est-ce que les Iraniens sont profondément plus « modernes » dans leur tête et leur espace privé qu’au Maroc ? Oui sans aucun doute …

UN ROMAN MAROCAIN LU ET VU DE L’ETRANGER

Comme elle nous l’avait promis, notre amie FAT OWL m’a envoyé son commentaire sur le roman “LES CLANDESTINS” de Youssouf Amine Elalamy.

CLANDESTINS

L’intérêt de sa contribution est double :

> elle prouve que la littérature marocaine a un certain écho, là où on ne l’attend pas.

> elle est d’une cruelle actuelle avec la médiatisation effrénée de la situation des “réfugiés” venus à travers l’Europe et qui plonge dans l’oubli les “clandestins” qui risquent leurs vie chaque jour en Méditerranée.

Je vous livres donc la contribution de Fat Olw en la remerciant très amicalement de son intérêt pour le Maroc et sa culture.

“J’ai trouve ce livre, l’un des rares auteurs marocains traduit en italien, cité sur un hebdomadaire: l’original français, Les Clandestins, est de 2000, la traduction italienne chez un petit éditeur génois est de cette année. Le choix de l’utilisation pour le titre italien “I migranti” d’un terme politiquement correct, je pense que correspond à la vague, d’une actualité brûlante, de la surprenante surprise avec laquelle l’Europe a découvert (ou feint de découvrir) ce qui se passe depuis des années de l’autre côté de la Méditerranée.

C’est un petit livre de 100 pages, qui j’ai lu d’un seul trait. Une écriture qui m’a rappelé le mouvement des vagues avec leur se briser sur le rivage. Parfois répétitive et lente, tantôt rapide et presque syncopée.

Sur la plage, dans un village au nord du Maroc, Bnidar (y a-t-il vraiment un Bnidar ?), on retrouve 13 corps de noyés: fils du village, leurs histoires se mêlent, mais pourquoi sont-ils partis, si même le bateau qui devait les mener au-delà de la mer semblait vouloir s’agripper au sable et refuser d’entrer dans l’eau? Ils ont payé le trafiquant tangérois 21.500 dirhams chacun et sont partis le 22 Avril, une nuit de dimanche. Le propriétaire du bateau, qui était d’abord un pêcheur, ne se sent pas responsable de leur mort, il ne fait que son travail.

Luafi dit La Ragazza parce qu’il avait les cheveux longs se brûlait pour être sûr d’exister, Momo Il Grosso espèrait que les vagues le rendaient léger, Jaafar dit Hollihud ne pouvait plus vivre derrière le mur construit pour cacher son bidonville, Abdù dit Mezzanotte envoyé enseigner dans une école qu’ils ont oublié de construire, Moulay Abslam Il Cantastorie doit chercher un endroit qui lui parle à nouveau, Anuar Il Cameriere au bec de lièvre, Sliman Il Disgraziato a perdu son emploi et Lbatul le trahit, Sharaf dit N’joum vendait l’herbe qui montre les étoiles, Salah dit Sbania voulait boire la mer pour arriver “au-delà”, Abid Il Corridore ne pouvait pas courir sur la mer, Ridwan Testa-al contrario compensait sa calvitie avec la barbe, Zouheir dit Il Muto n’a jamais parlé après la mort de son père, Shama fuit l’amour d’Omar pour l’amour de son fils qu’elle portait dans son ventre.

Le photographe espagnol Alvaro qui fixe des images froidement professionnelles et surtout Omar aux yeux bleus, fils de Zaynab rentrée au pays pour lui donner naissance et mourir, sont les témoins de toute l’affaire, qui se révèle en fait un livre ou peut-être un film, que ira continuer “E ancora per molto tempo. Fino a quando ci sarà un qui e un altrove. E il mare tra i due. Fino a che ci sarà un laggiù. Dall’altro lato del mare.”(Et pour longtemps. Tant qu’il y aura ici et d’ailleurs. Et la mer entre les deux. Tant qu’il y aura un là-bas. De l’autre côté de la mer). La mer est en fait l’un des protagonistes de cette histoire, l’ennemi et l’ami, la frontière et l’horizon, la mort et l’espoir.

Je ne l’ai pas lu l’original, mais il me semble que le traducteur a au moins rendu rythme et poésie. De l’auteur je connais ce que j’ai lu sur Wikipedia, je pense que je vais essayer de chercher ses autres livres.

Certains critiques ont comparé cette oeuvre aux Cannibales de Mahi Binebine: une autre raison de curiosité et de quête d’un autre livre … boulimie de lecture!”

ENCORE UNE FOIS, LA POLITIQUE DE DEUX POIDS DEUX MESURES!

Une information diffusée dans la soirée du 11 octobre 2014 semble ne pas peser lourd dans l’audimat et le buzz au niveau des médias occidentaux en général et français en particulier!

Forcément, il ne s’agissait que l’exécution en public par les fous d’Allah de Daech d’un journaliste-caméraman irakien!

La course au scoop faisant la loi sous les cieux de l’occident civilisé, les médias ont zappé cette info et sont passés à autre chose de plus “vendable” que la mort de Raad al-Azzawi.

Cet irakien n’est qu’un irakien, il n’est ni américain comme James Foley et Steven Sotloff. ni britannique comme David Haines, ni français comme Hervé Gourdel.

Une vie ne vaut rien, mais la vie d’un occidental vaut aux yeux des médias et des responsables occidentaux bien plus que celle d’un irakien!

Et ce n’est pas la première fois que nous observons ce genre de comportement!

Parlons de l’épidémie provoquée par le virus EBOLA!

Cette épidémie, qui transiterait par les chauves-souris et les singes, ravage depuis une partie des états de l’Afrique Equatoriale depuis des décennies sans provoquer une panique spéciale dans le monde occidental!

Des milliers d’africains meurent au pire de faim et au mieux de malnutrition, d’autres milliers sont atteints de paludisme au mieux  et du sida  au pire, des milliers enfin sont victimes de guerres tribales conséquences d’une histoire coloniale mal réglée!

Alors que quelques centaines soient victimes du virus EBOLA n’a pas ému plus que cela les médias occidentaux!

Mais dès qu’un américain en la personne de Thomas Eric Duncan  a succombé à ce terrible virus, l’alerte est donnée, les médias sont mobilisés, les contrôles renforcés, les grands moyens financiers et médicaux mis en œuvre!

Et dès qu’une espagnole, l’aide soignante  Teresa Romero, est contaminée, l’Espagne est en ébullition et même le pauvre chien de la malade a dû être euthanasié!

Cette situation ne date pas d’aujourd’hui bien sûr!

Un rapide retour en arrière nous rappellera que dans les décennies 80 et 90 quand l’islamisme ravageait l’Algérie, beaucoup des chefs historiques du FIS étaient reçus à bras ouverts dans beaucoup de pays occidentaux, dont l’Angleterre et les USA.

Les centaines de morts algériens, tombés sur le territoire algérien, n’étaient pour les occidentaux que des algériens.

L’Egypte de son coté a connu des très multiples attentats dus à la mouvance islamiste, sans que cela trouble outre mesure les occidentaux, qui se contentaient d’observer le phénomène.

Pendant cette période, d’autres chefs islamistes que les algériens trouvaient refuge, et souvent gite et couvert,  à Londres avec la bénédiction des autorités britanniques.

On a pu parler à certain moment de “Londonistan“, avec souvenons-nous en des personnages très médiatisés comme  le fameux Abou Hamza, leader du groupe « Supporters of Sharia ».

Il a fallu le 11 Septembre 2001 pour les USA réagissent!

Il a fallu l’attentat du 11 mars 2004 pour que l’Espagne réagisse.

Il a fallu les attentats de Londres de Juillet 2007 pour la Grande-Bretagne réagisse.

Normal, des occidentaux sont tombés sur le sol occidental et cela justifiait tout.

Des exemples de ce type, je peux en citer des kyrielles, mais je risquerais de tomber sous le coup de l’accusation ultime, celle d’adepte de la théorie du complot.

Complot ou pas, il est certain que les mêmes événements ne sont mesurés par les responsables à la même aune dès lors qu’ils les concernent directement, même s’ils ne touchent qu’UN SEUL de leurs ressortissants ou qu’ils concernent le reste du monde!

Les médias occidentaux ne sont pas en reste : ils doivent vendre leur “production” et les masses occidentales sont moins  sensibles aux malheurs des  peuples lointains qu’à la disparition de la petite Fiona, aux problèmes de fesses  de Valérie Trierweiler,  aux frasques de Justin Beiber, aux âneries de Nabila ou au mariage de Brad Pitt.

Mais il suffit que le cheveu d’un leurs soit touché pour que soit organisée une levée de boucliers, pas toujours sans arrière pensée, très souvent tendancieuse!

Je ne peux pas terminer ce billet sans rappeler qu’Israël et les israéliens sont au centre névralgique de l’intérêt des responsables et des médias occidentaux!

Malheur à qui oserait leur porter un regard retors ou émettre une critique même la plus légère!  Alors imaginez-vous l’énormité de la folie commise par Hamas qui a envoyé quelques pétards exploser dans le ciel bleu de Télaviv!

La punition a été monstrueuse par sa violence  et la réaction des occidentaux aussi monstrueuse par son retard et sa timidité!

Alors deux poids deux mesures! Certes et c’est à nous de faire en sorte que l’équilibre soit rétabli! Les autres font ceux ce qu’ils ont à faire!

 

 

 

 

FAT OWL nous parle de son pays, l’Italie.

Il y a quelques jours,  je lançais un défi à FAT OWL, une commentatrice qui fréquente mon espace depuis quelque temps et qui y apporte, par ses interventions,  une dose de sagesse et d’intelligence remarquable.

Le défi consistait à produire un billet sur le sujet de son choix.  FAT OWL a été prompte à nous proposer ce  qui suit!

 

Fable of the Bees: or, Private Vices, Publick Benefits

Je remercie tout d’abord Hmida pour la confiance qu’il me prête, en me confiant une partie importante de son espace et je m’excuse d’avance pour mes fautes, pas seulement de frappe (en italien c’est ce qu’on appelle “mettere le mani avanti “, càd prendre ses prècautions).

J’ai cherché un sujet qui pourrait être un peu commun à la réalité de nos pays et je lui ai donné un titre qui, comme nous le verrons, n’a que le but de faire le titre, avec une vague pertinence à ce sujet.

Fable of the Bees: or, Private Vices, Publick Benefits

Mon pays est un pays de relativement récente unité politique (d’après les temps de l’histoire) et cela a justifié selon de nombreux historiens, le manque généralisé du sens de l’état. L’État était considéré (bien sûr je simplifie et généralise) comme «l’autre», pour ne pas dire l’ennemi. C’était l’état unifié par une dynastie considérée usurpatrice par plus de la moitié de la population, qui forçait les jeunes à faire son service militaire, imposait les taxes, donnait des règles qui n’avaient souvent rien à voir avec la mentalité courante.

Et aujourd’hui, après si longtemps, subsiste encore la même mentalité.

Nous nous plaignons de la corruption, mais nous faisons recours à tous les moyens pour obtenir des avantages non dus ou même pour obtenir les choses auxquelles nous avons droit. Y a-t-il beaucoup de différence entre le corrupteur et le corrompu?

On demande à l’État de fournir les services appropriés, mais le niveau de la fraude fiscale est très élevé. Y a-t-il beaucoup de différence entre ceux qui ne demandent pas de facture pour une prestation et ceux qui essayent  de ne pas donner cette facture?

Le taux de chômage est alarmant, mais le travail non déclaré est très répandu.

Quelle est la différence entre ceux qui ne paient pas de cotisations sociales et ceux qui acceptent de travailler dans le noir pour des salaires plus élevés, ayant déjà un emploi régulier?

La recommandation, voir le piston, est une méthode très courante pour accéder à des postes de différents niveaux. Quelle est la différence entre ceux qui se font pistonner et ceux qui acceptent de préférer le pistonné au méritant?

Les villes sont sales et les gens protestent. Mais qu’est-ce qui distingue le maire qui gère mal le service de collecte des ordures et le passant qui jette à terre le mégot de sa cigarette?

Nous pourrions continuer avec de nombreux autres exemples, qui forment une image assez sombre, qui dépeint une société profondément schizophrène. L’intérêt de l’individu pour sa vie quotidienne prend le pas sur celle de la communauté, en dépit de toutes les déclarations d’intention et les affiliations politiques.

A cette représentation, on oppose normalement une objection fondamentale: que de tels comportements sont la défense des membres les plus vulnérables de la société, forcés d’avoir à se défendre contre les abus du plus fort ou du plus puissant. Ce qui implique que la faiblesse justifie ces comportements, tandis que l’autre partie est intrinsèquement coupable, en étant la cause. Si c’est le cas, ça ne finira jamais, car nous n’aurons jamais une société parfaite, si ce n’est dans les utopies.

Une autre objection est celle qui décrit un tel comportement comme typique de la partie la moins développée du pays, de manière générale le Sud, qui Metternich définit comme « un peuple quasi-barbare, d’une ignorance absolue, d’une superstition sans limites, fougueux et passionnel comme les Africains, un peuple qui ne sait ni lire ni écrire et qui résout les choses avec le poignard » et à propos du quel les mêmes intellectuels napolitains du XIXe siècle disaient qu’ « un voyage en Calabre est l’équivalent d’un voyage au Maroc ».

Mais en réalité dans les régions les plus riches du pays, le niveau de corruption (pour ne se limiter qu’à cet exemple) est beaucoup plus élevé, comme il est logique où il y a plus d’argent et les slogans des politiciens de la Lega Nord ont été ridiculisés par l’achat aux frais des contribuables d’articles pas correctement liés à une utilisation politique, comme ce fut également le cas pour l’extrême droite dans le Tyrol du Sud.

Que faire alors, en plus des enquêtes de psychologie sociale, pour réduire l’écart entre le comportement privé égoïste et vertu civique requise par l’éthique? Comment redonner un sens au pacte entre les citoyens et l’État?

Évidemment, je n’ai pas de recettes pour des solutions définitives, mais je crois que la participation des citoyens qui souffrent d’une telle situation dans les activités associatives destinées à stimuler à la fois le contrôle des élus soit l’éducation des électeurs est l’un des rares moyens à notre disposition.

Sinon, continuer à nous plaindre d’une façon complètement stérile, laissant comme exemple pour nos enfants et nos petits-enfants notre renonce à essayer d’affecter les défauts de notre société.

p.s. = J’ai donné comme titre à cette modeste intervention ce de l’oeuvre de Bernard de Mandeville, philosophe hollandais du XVIIIe siècle, qui soutenait que «vices privés font le bien public » et que « une société ne peut avoir en même temps morale et prospérité et que le vice, entendu en tant que recherche de son intérêt propre, est la condition de la prospérité »
(http://fr.wikipedia.org/wiki/La_Fable_des_abeilles
http://en.wikipedia.org/wiki/Bernard_Mandeville /)
Mais ceci est un autre sujet qui est au-delà de mes réflexions sur la conduite quotidienne de mes / nos concitoyens.

p.s. 2 = J’aurais préféré moi aussi écrire un billet sur un voyage au Maroc …

Un billet signé LE PENSEUR où il évoque le repli sur soi et le refus de l’ouverture

Enfin voilà que  notre ami Le Penseur  relève le défi que je lui avais lancé il y a quelques jours et il nous gratifie d’un billet de son  cru.

Et bien sûr, comme promis, je le mets en ligne sous sa signature – et sous sa responsabilité – et vous demande de ne pas lésiner sur les commentaires.

 

REPLI SUR SOI ET REFUS DE L’OUVERTURE

 

“Tout en remerciant Hmida pour son invitation, ainsi que fat owl et Salvadorali pour leurs encouragements, je tiens à préciser que mon obstination à refuser de publier un billet est sans raison ni justification valable. Mes cupla.

Il ne me reste peut-être qu’à trouver un sujet de billet ? Même pas besoin !

Le sujet est déjà là : celui du repli sur soi et de l’obstination à refuser l’ouverture, non seulement à l’échelle de l’individu, mais projetée à la dimension de toute une nation ou ensemble de nations.

Faisons un peu de fiction et imaginons qu’à notre époque une partie de la planète, par la volonté de ses dirigeants, s’isole des moyens de communications actuels, Internet en l’occurrence, durant des décennies, voire des siècles … et essayons d’évaluer le décalage et l’écart qui en résulteraient par rapport au reste du monde (en bien ou en mal, là n’est pas la question).

C’est approximativement ce qui s’est passé pour le monde arabo-musulman, durant au moins quatre siècles, depuis avènement du livre imprimé et son utilisation en Europe.

Comme chacun sait, durant des siècles, la mémoire personnelle et l’écriture manuscrite ont servi de supports principaux pour la sauvegarde et la diffusion des connaissances et du savoir.

L’invention par Johannes Gutenberg (1394-1468) de l’écriture artificielle, à travers des moyens d’impression à caractères mobiles, allaient ouvrir une nouvelle page dans l’histoire de l’humanité : celle du « livre imprimé » dont le triomphe allait donner une nouvelle existence aux langues régionales et populaires, pour en faire le véhicule de la culture et de la pensée, notamment en Europe.

En effet, la publication des ouvrages scientifiques ne se limitaient plus au latin, langue fédératrice de la communauté savante, mais s’ouvraient vers les langues nationales et régionales que sont l’italien, l’allemand, le français, l’anglais, l’espagnol, le hollandais.

L’accès au monde de la science s’accéléra et le niveau d’instruction s’éleva, pour des populations de plus en plus vastes.

Et durant ces siècles, où les publications des uns allaient améliorer et/ou corriger les connaissances des autres, où les fausses certitudes étaient confrontées à au souci de cohérence et de justifications exigées par la communauté savante, les dirigeants en terres d’Islam ont refusé, de manière catégorique, l’introduction du « livre imprimé », notamment en arabe. Et je suis persuadé que ce refus aide à comprendre de nombreux traits du monde arabe contemporain.

La situation est de plus paradoxale, au vu de la littérature de grande valeur qu’à véhiculé la langue arabe, et portant sur la poésie, l’histoire, la médecine, les mathématiques, l’astronomie. Le papier même fut introduit en Europe par les arabes via l’Espagne. L’alphabet arabe, constitué de 28 lettres présentant chacune des variantes selon l’emplacement dans le mot, en plus des voyelles courtes, reste un alphabet facile à transcrire. La langue arabe, celle du Coran et des Hadith, est une langue vénérée, écrite et maîtrisée sur un vaste territoire, et ayant traversé des siècles d’histoire.

Et pourtant, les dirigeants et les Imams ont tenu à interdire l’usage de l’imprimerie, pour une raison qui reste compréhensible : la crainte du blasphème que pourrait engendrer la publication de fausses versions du Coran.

Il est aussi important de noter que la diabolisation de l’Islam et des musulmans en Europe, est un facteur qui a accentué cette crainte de l’usage de cette technique venue de territoires ennemis. Je cire l’exemple instructif ci-après. En 1530, le texte du Coran fut publié à Venise, puis cette édition fut détruite sur ordre du pape, se dressant contre cette décision papale, Luther proclama que « la connaissance du Coran œuvraient à la gloire du Christ et du christianisme, à la défaite des mahométans et la mortification du Diable ». En clair, catholique et protestants avaient certes des divergences, mais un ennemi commun : l’Islam.

Dans l’empire ottoman, les autorités musulmanes avaient autorisé aux autres communautés religieuses l’usage de l’imprimerie, mais ni en turc ni en arabe.

En Egypte, l’imprimerie fut introduite par Bonaparte, puis encouragée et par Muhammad Ali, qui réussit en 1833 à imprimer une première édition du Coran, puis retiré par les religieux après sa mort. Cependant, des traductions et impressions de livres européens ont eu lieu de manière relativement importante et durable.

Au Maroc, c’est dans la ville de Taroudant que fut introduite la première imprimerie, par un égyptien, en 1865.

Au-delà des événements et des dates, le constat est lourd : à travers le refus de l’imprimerie par le monde arabo-musulman, pour des craintes que (je le répète) j’estime compréhensibles, un décalage de plusieurs siècles allait avoir lieu … et les conséquences sont encore ô combien visibles, à travers le manque flagrant de maturité, l’illusion d’avoir raison, le mépris de l’autre et toutes ces tares qui plongent plusieurs endroit du monde arabo-musulman dans le chaos, la violence et l’instabilité.

La raison est unique : l’absence d’une base et d’un patrimoine intellectuel suffisamment répandu à l’échelle des populations, et en phase avec les exigences du monde contemporain.

Voilà, j’espère avoir laissé une bonne impression”.

Un commentateur nous parle du temps d’antan….

Notre ami “Le pédagogue“, commentateur assidu et controversé de cet espace depuis bien longtemps, nous avait laissé entrevoir ses talents de chroniqueur du temps d’antan.

Il nous propose aujourd’hui un texte de son cru que je mets en ligne sans rien y changer, en vous  laissant  le découvrir et le commenter.

 

AIMER À RETROUVER LA RAISON

 

J’ai déjà parlé de cet amour.

À diverses reprises.

Je le fais chaque fois que j’en ai la possibilité.

Mes deux petits fils n’ont que quelques mois, mais sentent déjà que je vais beaucoup leur en parler.

Elle n’avait pas de salaire, pas de sécurité sociale, pas de mutuelle, pas d’allocation, pas de pension, pas de retraite, pas de compte en banque.

Elle n’avait pas son permis et ne savait pas conduire.

Elle n’avait jamais pris de train, de bateau, d’avion.

Elle n’avait pas de cuisinière, pas de micro-ondes, pas de réfrigérateur, pas de congélateur, pas de lave-vaisselle, pas de machine à laver, pas d’aspirateur, pas d’appareil ménager.

Elle n’avait pas de chaîne Hi Fi, pas de disques, pas de téléphone, pas de télévision, pas de magnétoscope, pas de caméscope, pas d’appareil photo, pas d’ordinateur, pas d’internet.

Elle ne savait pas lire et ne savait pas écrire.

Elle avait l’humilité, la générosité, la dignité, la noblesse.

La fidélité, la solidarité, l’hospitalité et autres faisaient partie d’elle.

Le pain qu’elle faisait, elle le préparait avec le blé semé et récolté par son mari qui, avec une fourche séparait les grains de la paille.

Il agissait ainsi à chaque moisson.

Elle moulait le grain à l’aide d’une meule (rrha) et s’adonnait à tout ce qu’entraînait cette activité en faisant ce qu’elle pouvait pour obtenir une bonne farine, extraire une bonne semoule, et avoir du bon son (nnkhkhala).

Elle cuisinait avec délicatesse des mets simples et appétissants, dans une dépendance de l’habitation attenante à l’étable (pour deux ou trois vaches).

Le tout construit par  son époux, aidé par d’autres hommes.

À l’aube, elle libérait les moutons, les brebis et les agneaux, enfermés le soir, par son mari, dans un enclos circulaire, fait d’épines longues et dures (zriba).

Lorsqu’elle avait fini de traire, elle se chargeait d’extraire le beurre en secouant pendant un long moment l’outre en peau de chèvre (chchkwa) pleine de lait mis à cailler la veille, et récupérait le petit lait (llbene).

Elle s’occupait alors du premier repas du jour.

Son époux préparait le thé à la menthe.

Il se dirigeait ensuite vers les champs où le travail de la terre et ce qui en découlait, la surveillance de certains animaux et autres multiples activités lui demandaient, comme à son épouse, des efforts soutenus.

Après le petit-déjeuner, elle s’asseyait parfois sur un tapis, fait par elle, pour continuer le tissage d’une œuvre commencée, une couverture fine (lhndira) par exemple, souvent blanche avec des motifs où le bordeaux dominait, et d’autres traits colorés entre ces motifs. Couverture dont la femme se parait, en l’ajoutant sur ses vêtements à certaines occasions. C’était elle qui travaillait la laine, récupérée sur les moutons et les brebis pour les divers tissages où elle excellait.

Elle allait ramasser du bois et chercher l’eau dans le puits, creusé et entretenu par son mari, aidé par d’autres hommes.

Elle s’occupait également de préparer le déjeuner.

Pendant tous ces travaux, les enfants n’étaient pas oubliés bien sûr.

Surtout pas.

Elle prenait le temps de leur parler.

En langue tamazighte (berbère), parfois en langue arabe, toujours en langue d’amour.

Les enfants emmagasinaient ce qu’elle leur disait, sur la beauté du ciel, sur l’éclat du soleil, sur la lune, sur les étoiles, sur les nuages, sur la pluie, sur l’hiver, sur le printemps, sur l’été, sur l’automne, sur les arbres, sur les fleurs, sur les plantes, sur l’eau, sur les semailles, sur les récoltes, sur les oiseaux, sur les animaux, sur les chevaux, sur les femmes, sur les hommes, sur les garçons, sur les filles, sur les époux, sur les épouses, sur le père, sur la mère, sur les enfants.

L’après-midi, elle lavait, nettoyait, cousait, faisait mille et une choses et enchaînait en préparant le dîner.

Au coucher du soleil, son mari enfermait les moutons, les brebis et les agneaux.

Il ramenait l’âne et la mule et les entravait pour limiter leurs mouvements la nuit, et pour qu’ils restent près des chiens.

La volaille trouvait une place sur un tas de bois près de l’étable.

Lorsque les enfants dormaient, après avoir participé aux activités, l’époux et l’épouse se retrouvaient, devisaient en sirotant du thé à la menthe et se préparaient à une nouvelle nuit.

Parfois, les enfants veillaient et d’autres personnes étaient présentes.

Des hommes préparaient du méchoui (chchwa).

Des femmes faisaient le pain.

Les enfants s’amusaient, autour des parents, à la lumière du feu.

Leurs rires enchantaient la nuit.

Les échanges étaient animés.

Le verbe et le rythme sentaient l’aube de la vie.

Du temps succédait au temps.

Autrefois, à un moment de son parcours, elle avait senti qu’elle ne savait plus regarder la lumière.

Elle perdait la chaleur du cœur.

Les feuilles s’étaient étiolées.

Les branches s’étaient affaiblies.

L’arbre était à l’agonie.

Mais il y avait encore la sève.

Des saisons s’étaient consumées.

Des récoltes avaient succédé à d’autres récoltes.

Et lorsque la sève demeure, les feuilles renaissent, les branches se revitalisent et l’arbre, irrigué, renforce les racines et s’élève dans les cieux.

Le premier mariage ne s’était pas déroulé comme prévu.

Sa confiance avait été trahie.

Avec le divorce, les enfants lui avaient été arrachés.

Au bout d’un certain temps chez ses parents, un cousin s’était présenté avec des membres de la famille pour la demander en mariage.

Des années plus tard, il m’avait été donné de me rendre auprès d’elle.

J’étais arrivé à dos de mule, devancé par mon cœur.

C’était durant l’été où il était question de l’homme qui avait foulé le sol lunaire.

Le paysage était rude et désolé.

Il n’y avait pas un brin d’air.

La mule avançait dans une succession de cailloux et de touffes sèches.

Pour moi, c’était beaucoup plus important que l’exploit de l’astronaute.

Tout d’un coup, en haut d’une petite colline, à côté d’une humble demeure paysanne en pisé, des chiens s’étaient levés et aboyaient.

Une femme était apparue et les chiens avaient cessé d’aboyer.

À cet instant, rien ne me semblait plus cher que cette femme dont le prénom prononcé par son mari, n’a jamais quitté mon cœur.

Combien de temps m’avait-elle gardé dans ses bras ?

Le temps ne comptait plus.

Mon beau-père qui s’était chargé de me conduire sur le dos de la mule, était à côté.

Leurs enfants, mes sœurs et mon frère, m’avaient pris par les mains et ne me lâchaient plus.

Les yeux pleuraient alors que les cœurs débordaient de bonheur.

Le soir, la joie se répandait.

Les rires s’élevaient.

De temps à autre, j’observais ma mère.

Son humilité.

Sa générosité.

Sa dignité.

Sa noblesse.

Je sentais en moi le rythme des battements de son cœur.

Elle faisait du pain et ne perdait pas de vue ce qu’elle avait mis à mijoter.

Les étoiles qui embellissaient le ciel étaient dans ses yeux.

Du brasier montait l’odeur du méchoui dont s’occupait mon beau-père, élégant dans sa robe blanche (tchamir), sa cape noire (slhaame) et son turban (rzza), comme les autres hommes.

Les femmes, avec des vêtements de toutes les couleurs, égayaient l’espace.

Nous nous amusions, mes sœurs, mon frère, d’autres enfants et moi, à côté des flammes qui éclairaient des visages d’où se dégageait une paix des cœurs et des sens.

Tout sentait l’aube de la vie.

Il en était ainsi presque tous les soirs durant ma présence.

Je n’avais pas vu défiler les jours.

Le moment du départ était vite arrivé.

Ma mère m’avait serré, comme seule une mère sait le faire, et m’avait insufflé la force de repartir pour retrouver l’internat, mes autres frères et sœurs, ma belle-mère, mon père.”

Le dernier roman de Mohamed LAFTEH : lu et vu par un twitto marocain.

Ce billet est né suite à une discussion que j’ai eu avec un twitto marocain à propos de l’écrivain marocain francophone Mohamed LAFTEH.

J’avais déjà consacré une note à cet auteur  dont je venais de découvrir l’exitence par la presse. Mais je n’ai pas eu l’occasion de lire son dernier roman LE DERNIER COMBAT DU CAPITAINE NI’MAT, paru chez Les Editions La Différence en 2010. L’ouvrage est introuvable au Maroc : censuré parait-il!

Notre ami twitto a pu lire l’ouvrage et nous livre dans ce billet ses impressions, que je vous invite à découvrir.  Je me permets juste de signaler que ce billet ne représente aucunement ma position, puisque –  je le répète – je n’est pas lu l’ouvrage en question.

“Une lecture du Dernier Combat du Capitaine N’imat”,

par Soufiane Sbiti”

“Mohamed Leftah, grand nom de la littérature marocaine d’expression française qui  s’est éteint au-delà des frontières nationales, au Caire, en un mois de juillet comme celui-ci. Il avait laissé derrière lui des textes, des nouvelles, des romans prêts plus que jamais, après édition chez Les éditions De La Différence, à être lus par un très large public. S’agissant avant tout d’un devoir national, chaque passionné des lettres comme l’auteur de ces lignes ne pourrait rechigner devant l’entreprise de partager cette petite page de l’histoire des lettres de notre pays, l’œuvre de cet auteur qui reste jusqu’à ce jour, plus ou moins, méconnu.

Le livre qu’il nous vient ici de présenter est «  Le Dernier Combat du Captain Ni’mat », livre auquel les autorités de ce pays n’ont, par je ne sais quelle idée frivole d’ignorance, toujours pas pensé à délivrer une autorisation pour être vendu au Maroc. Un livre qui pourtant a été récompensé par le prix Mamounia 2011.

Pour avoir eu pour lecture quelques autres livres de la  bibliographie de Mohamed Leftah, je puis dire sans trop m’y tromper qu’en matière de style, ce roman s’avère différents du reste, à bien des égards.  Il y a tout d’abord cette façon d’écrire, d’enchainer les phrases et de jauger le verbe assez éloignée du lyrisme commun aux œuvres Leftahienne. Ce lyrisme empreint d’une certaine mansuétude, nostalgie et mélancolie qui parvient ici à se métamorphoser littéralement en une prose plus adoucie, plus fluide et mieux adéquate au genre du texte qu’est le roman.

L’architecture du roman est toute aussi différente et se distingue bien nettement d’un « Au Bonheur des Limbes » ou encore d’un « Hawa » puisqu’elle permet ici de mieux repérer la chronologie des évènements. Chose essentielle ici, car au-delà de la forme des phrases, du lyrisme amoindri certes mais affermi des autres, il y a  le contenu du roman riche en sens et en enseignements.

L’histoire est celle d’un cairote. Un capitaine de l’armée de l’air à la retraite qui se la coule douce dans un des quartiers huppés de la capitale de l’Egypte. Tout va pour le mieux, un train de vie quasi monotone entre la piscine, sa maison et son épouse. Le tout est en parfaite harmonie avec son âge, un âge où le temps lui-même profite de l’instant présent et des minutes qui s’écoulent et qui ne sont pas comptées. Tout allait continuer pour le mieux jusqu’à ce que le capitaine ni’imat fasse la surprenante découverte d’une particularité en son être. Son homosexualité. Cela se manifeste à la piscine lorsque de jeunes éphèbes viennent à troubler les courbes ondulatoires d’une piscine mais aussi et surtout, lorsque le vieux cairote s’entiche d’un jeune nubien du nom d’Islam. Le tout bouscule, le tout change et une nouvelle vie se dresse devant cet ancien symbole de la virilité cairote, cet aviateur.

Ecrit il y a de là bien des années et tout juste paru en 2010, deux années après la disparirition  de Mohamed Leftah, « Le Dernier Combat du Capitaine Ni’imat » s’avère être prémonitoire, un livre futuriste abordant un sujet plus que jamais d’actualité en ces temps où la senteur des fleurs du printemps arabes n’a toujours pu se dissiper. Car c’est tous les régimes arabes, leur essence et leur pouvoir que Leftah vient ici ausculter. En mettant un aviateur comme personnage principal qui ira jusqu’à s’enticher d’un nubien pour découvrir au grand jour son homosexualité, c’est tout le symbole de la virilité que Leftah, avec sa plume bien délétère cette fois-ci, désacralise. Une virilité qui a, au fil des années, laissée apparaitre des patriarches, des dictateurs et des Zaïms cherchant à jouir du statut viril qui leur est conféré.  En se faisant homosexuel passif de l’histoire, l’aviateur symbole de la magnificence du sexe mâle est tout simplement cible d’une critique acerbe de la gouvernance arabe en notre siècle. Une gouvernance qui a toujours su être du côté du mâle, prônant l’ignorance bien loin du savoir et de la sensibilité et prônant aussi l’oppression de la femme, sa bassesse et son inutilité dans la société arabe. Le personnage principal vient aussi en l’histoire, à se faire sodomiser par son servant. Ici, Leftah vient à utiliser la sodomie pour expliquer leur impuissance face à l’occident, face à cette contrée lointaine qui ne cesse d’avancer

Ce fait de vouloir à tout prix porter atteinte à l’homme viril de la société arabe est aussi omniprésent dans toute l’œuvre Leftahienne. Preuve en est dans «  Demoiselles de Numidie » où un personnage vient à donner son corps pour un autre mâle, un danois rien que pour décrocher le précieux sésame et aller rejoindre d’autres contrées bien plus alléchantes.

Pour finir, je citerai cette phrase du très cher écrivain Mokhtar Chaoui qui résume à elle seule, la raison de l’interdiction non dite du roman :  «  Censurer Le Dernier combat du captain Ni’mat, c’est refuser de voir la vérité en face, c’est jouer à l’autruche, c’est continuer de se croire « étalon » alors qu’on est « tapette ».

 

Un livre sur DUBAI que je n’ai pas lu

Ce sera une première sur ce blog : un billet sur un livre que je n’ai pas lu, que je ne connaissais pas!

Mais vous devinerez sans peine que le texte de ce billet n’est pas de moi.

Je l’ai reçu dernièrement comme commentaire à mon post précédent.  C’est notre ami MOUNIR, commentateur épisodique, qui nous le propose. Et je le mets en ligne avec plaisir, pour plusieurs raisons, dont certaines  personnelles.

Il nous y présente “DUBAI, la rançon du succès“, de Nabil MALEK, paru en décembre 2011chez les Editions Amalthée. Je signale que  le livre n’est pas encore disponible dans les librairies au Maroc.

Un petit mot sur l’auteur : Nabil Malek, économiste et consultant auprès de divers instituts financiers, a vécu à Dubaï de 1994 à 2008. Sa carrière dans la finance lui a facilité l’accès aux informations sur le  développement de Dubaï et sur les acteurs de l’essor exceptionnel de ce pays.

 Voici donc le texte de Mounir :

“Dubaï, la rançon du succès.

C’est l’histoire d’un petit Emirat que rien ne destinait à jouer le rôle de la Manhattan du Moyen-Orient. Un émirat poussé par les faibles ressources naturelles et pétrolières à s’inventer un avenir dont la vision amorcée dans les années 70 et concrétisée dans les années 80 tient aujourd’hui les symboles de sa réussite : un hôtel 7 étoiles en forme de toile tendue devenu emblématique, une station de ski dans l’une des régions les plus chaudes et sablonneuses de la planète… sans oublier bien sûr la plus haute tour du monde -Burj Dubai rebaptisé Burj Khalifa – culminant à 828m.
Avec « Dubaï, la rançon du succès », Nabil Malek nous raconte non pas les coulisses du pouvoir mais les histoires d’hommes et de femmes pris dans le fantastique appel d’air de l’essor économique de ce petit bout de désert. Une population qui a triplé lors de la dernière décennie (les étrangers sont présents à 90%) attirée par l’explosion du marché de l’immobilier, le développement touristique, le business, l’argent, la réussite. Autant de destinées que nous livre Malek, lui-même expatrié ayant longtemps travaillé dans le secteur bancaire. Entendues, observées parmi ses proches ou lues dans les colonnes « faits divers » des journaux et consciencieusement répertoriées par l’auteur, ces histoires livrées sous forme de courtes nouvelles dressent un portrait sans complaisance de l’émirat- de l’argent roi. 440 pages prenantes, touchantes et édifiantes sur le « rêve dubaïote », entre grandeur et décadence.”

 P.S. : Si quelqu’un a lu ce livre, ses commentaires seront les bienvenus pour compléter ce billet.

LE CAIRE, Place At-Tahrir : témoignage.

J’ai reçu ce texte et je le mets en ligne, dans la rubrique “MES INVITES” tel que je l’ai reçu : il s’agit d’un témoignage de ce que l’auteur  a vu et entendu autour de lui juste avant le 25 Janvier dernier, lors de son passage Caire.

C’e texte n’a rien d’engagé, ni de prétentieux : il faut le prendre pour ce qu’il est. Des notes couchées rapidement, sans souci littéraire ni historique, ni journalistiques.

Mais des notes personnelles  qui valent par leur sincérité et leur spontanéité.

J’ETAIS AU CAIRE JUSTE AVANT LE 25 JANVIER 2012

“Quand je suis venue la dernière fois en Egypte, « I had the time of mylife comme on dit en anglais »… Les retrouvailles avec Le Caire étaient épiques.…

J’y suis revenue cette année à quelques jours de l’anniversaire de la révolution… Je quitte ce soir … un 24 Janvier …
Demain les égyptiens ne savent pas ce qui se passera… ils sont inquiets mais tous ceux avec qui j’ai discuté, du chauffeur de taxi à la petite bourgeoise dans mon bureau … Tous espèrent qu’il ne se passera rien de dramatique et que les choses s’amélioreront par la volonté des hommes ou alors de Dieu …

On racontait que les Egyptiens avaient changé, que les égyptiens ne se laissaient plus marcher sur les pieds, que les gens dans la rue marchaient la tête haute après la révolution …

Croyez-moi mais je n’ai pas vraiment vu un changement aussi radical…

Je sais par contre que cela a changé certains individus, plus ou moins proches des événements et que la révolution a été une révélation de leur aspiration dans la vie et ce n’est pas plus mal… Qu’il s’agisse de militants révolutionnaires en quête de liberté ou alors de casaniers tranquilles en quêtede sécurité…

Pour avoir une idée de la situation,   j’ai choisi de faire du «Dixit « … C’est a dire reprendre les phrases que des gens que j’ai croisé m’ont dit sur le révolution égyptienne, une espece de « Blogotrottoir ».

Mohamed: directeur des opérations dans une société de service – Génération années 60 : “ Je comprends les jeunes et leur désir de changement ; nous avons connu l’avant et l’après Moubarak ; les jeunes d’aujourd’hui ne savent pas tout ce que cet homme a fait pour le pays … Mais que veux-tu, les temps ont changé ; on a bien vécu nous sans démocratie ni le fait de voter, ils pensent que cela va changer quelque chose aujourd’hui? Le choc de la réalité de la politique et du monde arabe va être très grand… Mais ils sont jeunes, ils doivent vivre leurs propres désillusions …Le problème,  c’est que le business a vraiment été affecté, donc on doit faire plus d’effort pour  relancer les affaires et ne pas renvoyer des gens. Il y avait assez de chômage avant la révolution … »

Aymaen – Chauffeur  pour touristes- Génrération annees 70 : “ La révolution … Quelle révolution, ils ont mis le pays à feu et  sang et ils ont fait peur au touristes.  Moubarka   était un bon président … Ils leur a dit qu’il allait quitter la présidence dans les 6 mois, ils n’ont rien voulu savoir … Je ne comprends pas qu’ils lui en veuillent d’avoir voulu mettre son fils a sa place.  Chaque propriétaire, chef d’entreprise aimerait que son propre  fils reprenne les affaires après sa retraire… Il a agi en père voila tout, je ne vois pas où est le problème. Aujourd’hui, on ne sait pas ce qui nous attend, il y a une insécurité que personne n’arrive à maitriser. Que Dieu me pardonne mais on ne peut plus dire : Wa dkhoulou Misr Aminine … «

Jasmine- Cadre dans une agence marketing – Génération années 80 : “ J’espère que çà va flamber demain, il faut que çà flambe… Ils nous ont volé notre révolution … Ce ne sont pas les islamistes qui sont arrivés maintenant  au pouvoir qui sont les véritables auteurs de la révolution… Ce sont les jeunes en soif de liberté d’expression, d’égalité des chances et de justice sociale … Les islamiste et l’armée veulent sortit demain  pour fêter … Mais fêter QUOI ??? Les gens qui sont mort dont les assassins sont toujours en liberté, des haut grades de la police ou de l’armée ….

Je rappelle pour ceux qui vont commencer à critiquer, que cela n’est ni représentatif ni encore moins sujet a extrapolation … Il s’agit juste de témoignages directs que j’ai pu recueillir moi-même.

Le dernier jour de mon séjour au Caire, j’ai décidé de partir en catimini à la place Tahrir … En catimini tout simplement parce que personne ne m’aurait laissé partir sur place, ni de mes collègues ni de mes amis …Mais il fallait que je voie moi-même.
Tahrir pour ceux qui connaissent le Caire c’est l’endroit où on a le moins envie de se retrouver… une circulation de malade, on y respire du CO2 pur, du bruit, des gens partout… le chaos par définition et le cœur du Caire …

Aujourd’hui, Tahrir ne ressemble … ben…A rien… Des tentes, des banderoles, des personnes qui montent les estrades pour le lendemain… Des barbus, beaucoup de barbus… Des jeunes aussi qui visiblement préparent les slogans pour demain… Des militaires au loin… Le chaos de la circulation a fait place à un autre genre de chaos…

Sur la place Tahrir, ce 24 Janvier, on pouvait sentir  la frustration des révolutionnaires … On pouvait toujours sentir l’odeur de la détermination qui a élu domicile dans cet endroit … On pouvait toucher la plaie ouverte que cette révolution a laissé sur le cœur du Caire …

 

 

Manifestation du 2O FEVRIER à Rabat le dimanche 10 juillet : TEMOIGNAGE!

J’ai reçu de notre ami SALVADORALI un commentaire fort détaillé sur la manifestation  organisée par le Mouvement du 20 Février le dimanche 10 juillet 2011 dans le centre ville de Rabat!

Avec son accord, je mets en ligne ce texte, sous sa signature, car il constitue un des rares témoignages directs et personnels que l’on puisse trouver sur la toile sur les événements de cet après-midi d’été dans la capitale.

“Toujours aptes !

Rabat, dimanche 10 juillet, 17h30. Au volant du taxi qui me conduit de la station Mabella à Bab el Hedd, Abderrahim ne décolère pas contre ses collègues qui n’ont « ni crainte ni honte », de « voler des places » pour faire office de taxis collectifs, cinq cent mètres plus haut que la station officielle, sur le boulevard Tariq El Ouljah.

Tout ça, selon lui, c’est la faute des syndicats qui ne se soucient que très peu de la bonne réputation des chauffeurs honorables…

Arrivés au niveau de la mosquée Assounnah, la mauvaise humeur de Abderrahim monte d’un cran. L’agent de police posté au croisement du boulevard Mohammed V nous fait signe que l’accès est bloqué et mon chauffeur de taxi m’en explique la raison en bougonnant : « Ah, j’avais oublié qu’aujourd’hui, il y a une manifestation des petits et grands taxis, pour protester je crois contre les gens du 20 février, qui ont prévu d’occuper la rue en fin de journée. »

Ça n’était pas le bon jour, faut croire, pour passer une fin d’après-midi à farnienter chez les bouquinistes du Marché de Bab el Hedd. Mais ça n’était pas le Mouvement du 20 février qui allait m’empêcher d’aller manifester mon amour des vieux bouquins.

Que retenir de cette énième manifestation post référendum de révision de la Constitution ? Quatre ou cinq choses intéressantes, à commencer par le fait que le Mouvement du 20 février apparait de mieux en mieux organisé, de plus en plus déterminé et de moins en moins légitime aux yeux des badauds…

Certes, comme il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis et que les agités du 20 février sont tout de même des jeunes gens raisonnables, il reste des chances pour que cette fièvre finisse par retomber et que les animateurs du mouvement comprennent que le meilleur moyen d’assainir le Parlement est de s’y faire élire…

En ce qui me concerne, s’ils se constituent en parti politique, juré-craché je vote pour eux ! Bon, je n’en veux pas autant qu’eux à Veolia ni au “hizb frança” et leur fanatisme démocratique me rebute fortement mais grâce à la démocratie, tout le monde a le droit de se tromper désormais et même de céder à l’exaltation.

Or, la fièvre du 20 février était surtout perceptible – par ce beau dimanche après-midi sur l’avenue Hassan II, grouillante de passants débonnaires, de jeunes filles en fleur et de familles épanouies, sans compter les marchands plus ou moins ambulants ni les pickpockets de circonstance – dans l’acharnement des “encadreurs”, à moins qu’il faille les appeler “chauffeurs”, au sens de chauffeurs de salle, ou de rues, bien entendu.

A de nombreuses reprises, ils ont du, les pauvres, faire appel à tout leur professionnalisme pour redémarrer à la manivelle le moteur de la manif, qui cessait de temps en temps de scander ses slogans, ce qui donnait une lamentable impression de flottement, à part les drapeaux noirs du mouvement qui eux, flottaient fièrement au vent mauvais de la démocratie ainsi prostituée…

Il y avait beaucoup plus de naturel voire de spontanéité en revanche, dans l’irruption soudaine de ce triporteur motorisé de marque Suzuka, conduit par un homme enveloppé d’un immense drapeau du Maroc, et sur la plate-forme duquel trois femmes, deux jeunes hommes et un vieillard brandissaient des banderoles rouges frappées de l’étoile verte.

L’engin s’était élancé à la rencontre de la manif des 20 févriéristes qui eux se dirigeaient vers l’angle du boulevard Mohammed V en direction du Parlement, encadrés par plusieurs escouades de mokhaznis, combinaisons vertes et matraques assorties, et flanqués de journalistes de tout poil, dont quatre espagnols frétillants de zèle, qui m’ont eu l’air très déçus de constater qu’en fait de « baltajiya », il n’y avait là que trois femmes en colère tendant force doigts d’honneur aux Agités, et leur opposant des pancartes sur lesquelles était calligraphiée l’injonction : “20 février, dégage !” ; tandis que le conducteur du triporteur faisait de son mieux pour fendre la foule sans dommages tout en s’opposant à l’avancée des autres. Ah, j’oubliais le plus édifiant : le slogan des ontre manifestants loyalistes, qui clamaient à pleins poumons : « Rad balek ya el 3adou, el malik ândou cha3bou ! »

Très impressionnante également, au niveau de la grande Poste, cette barricade humaine de citoyens loyalistes, hommes femmes et enfants, tous catégories sociales confondues, venus apporter la contradiction à la manif des 20févriéristes tentant de s’avancer vers eux mais bloquée par le commando triporté et surtout par l’imposante force policière savamment déployée. Parmi ce groupe, une dame très élégante dans une belle jellaba, retraitée de l’enseignement public après 41 années de bons et loyaux services, qui expliquait paisiblement à un journaliste : « Non, je n’en veux pas à ces jeunes qui manifestent de façon aussi outrancière, après tout ce sont nos enfants et nous ne leur voulons que du bien… D’ailleurs nous ne sommes là que pour exprimer nous aussi notre droit à manifester notre opinion contraire.»

Bref, tout avait l’air de baigner dans l’huile, quand bien même beaucoup d’huile semble avoir été jetée sur les braises de la fièvre du printemps arabe pour que ce beau dimanche rbati, les commerçants du quartier Bab el Hedd aient été poussés à donner publiquement leur avis sur la question : l’agitation et le désordre ne valent rien de bon aux affaires et encore moins à la prospérité du pays, le 20 février doit dégager !

Le problème, c’est qu’il n’était pas possible de demander l’heure à un journaliste étranger en service commandé cet après-midi à Rabat sans qu’il s’imagine avoir affaire à un suppôt du régime tentant de lui faire voir midi à quatorze heures, vu que les quatre abrutis de reporters espagnols s’attendaient probablement à voir surgir des chameliers armés jusqu’aux dents de leurs chameaux pour disperser à coup de chasse-mouches made in Cairo les traîtres de manifestants…

Faut croire que sur ce terrain-là, les manifestants en question sont en train de réussir à faire croire au monde entier, à commencer par les quatre journalistes ibériques, que le Maroc c’est kif-kif la Syrie, l’Égypte, la Lybie etc.

Bien joué Mme Khadija Riady, égérie marocaine des droits humains sans concession, et marraine parmi d’autres parrains du mouvement du 20 février, qui se dépense sans compter auprès de la presse et même des universitaires étrangers (http://pierre.piccinin-publica…..43348.html) pour faire valoir sa thèse d’un Maroc qu’il faudrait absolument libérer du pouvoir horriblement despotique qui y règnerait…

Mais le plus saisissant était sans conteste les drapeaux du 20 février, logo gentiment facebookien mais qui une fois imprimé sur tissu et monté sur hampes, s’était mis à flotter férocement au-dessus du cortège des manifestants, des drapeaux méchamment noirs et visibles de loin, tranchant nettement sur les couleurs nationales et qui donnait l’impression, à faire froid dans le dos, d’assister au tournage d’un film de Pirates qui ne serait pas du cinéma.

Heureusement, devant le Parlement, les anciens prisonniers de guerre de Tindouf qui campent là-bas depuis 48 jours dans l’indifférence générale ont eu suffisamment d’humour pour dédramatiser la situation, malgré leur propre détresse : « Quand même ils exagèrent, marmonne l’un d’eux, ces jeunes du 20 février ! Si encore ils avaient passé dix ans de souffrance dans les prisons à ciel ouvert du Polisario pour se voir finalement reniés dans leurs droits à une retraite digne d’eu,x et de leur dévouement à la patrie, on comprendrait qu’ils soient aussi indignés que ça… »

Quoi qu’il en soit, les rescapés de la guerre des sables ont beau en avoir gros sur le cœur et vouer un mépris sans bornes aux députés qui siègent confortablement au Parlement devant lequel ils campent désespérément, l’une de leurs banderoles proclamait fièrement : « TOUJOURS APTES A NOUS BATTRE POUR LA GLOIRE DE DIEU, LA PATRIE, LE ROI ! »

Voila, en gros, ce qu’on peut dire de la manif du 20 février qui s’est tenue dimanche 10 juillet à Rabat. En concluant que si d’aucuns s’y sont fait tabasser, c’est qu’ils l’auront bien cherché.

Il n’est de richesse que d’hommes…

Salvadorali”

LIBYE : autant en sourire plutôt que d’en rager ou d’en pleurer!

Le président français fut très prompt, un peu trop même, à se lancer au secours des populations civiles libyennes, que leur  “guide”  promettait de réduire en bouillie, “zenga zenga”!

L’intempestive intervention de Sarkozy en a surpris plus d’un, et a inspiré les réflexions les plus diverses, allant de l’adhésion la plus totale à l’ironie la plus acerbe!

Ainsi j’ai pu découvrir sur le blog français, LES DIVIGATIONS NVR DE CUI CUI FIT L’OISEAU, le texte d’un pastiche de la célébre fable de Jean de La Fontaine : LE COCHE ET LA MOUCHE, que vous pouvez lire ici!

Avec l’autorisation du propriétaire du blog signalé, je vous invite à déguster ce petit bijou d’humour politique:

“Dans un pays pétrolier, sablonneux, malaisé,
Et de tous les côtés au soleil exposé, 
Mouammar Kadhafi tyrannisait la cantonade. 

Femmes, Enfants, Vieillards, tous étaient martyrisés.
La population suait, souffrait, était bouleversée…
Le roitelet de France survint, et sur la Libye lance sa croisade
Prétend rétablir la démocratie  par ses bombardements ;
Envoie quinze chasseurs, et pense à tout moment
Qu’il fait aller la machine,
Sur le strapontin d’Obama, sans pudeur, il s’assied ;
Aussitôt que les deux cents missiles américains fulminent ,
Et qu’il voit les Libyens flageoler,
Il s’en attribue uniquement la gloire ;
Va, vient, fait l’empressé ; il semble que ce soit
Un Maréchal de bataille  allant en chaque endroit
Faire avancer ses gens, et hâter la victoire.
Sarkozy en ce commun besoin
Se plaint qu’il agit seul, et qu’il a tout le soin ; 
Qu’aucun n’aide sa mission à se tirer d’affaire.
La chancelière disait son Bréviaire ;
Elle prenait bien son temps !  Berlusconi  chantait ;
C’était bien de chansons qu’alors il s’agissait !
Sire Sarkozy s’en va chanter à leurs oreilles,
Et fait cent sottises pareilles.
Après bien du travail la coalition arrive au haut.
Respirons maintenant, dit Sarkozy aussitôt :
J’ai tant fait que nos gens ont enfin vaincu.
Ça, Messieurs les alliés, payez mon écu.

Ainsi certaines gens, faisant les empressés,  

S’introduisent dans les affaires étrangères :
Ils font partout les prétendus nécessaires,
Et, partout importuns, devraient être chassés.

Pcc  Cuicui de La Fontaine des eaux radioactives.”

UN JUIF MAROCAIN RACONTE LES JUIFS DE SON PAYS

J’ai beaucoup de sympathie pour les auteurs qui ne se prennent pas la tête et qui ne nous assènent pas des vérités dont ils se croient les détenteurs.

Il en est ainsi  pour Armand LEVY qui a publié  en juin 2010 chez L’HARMATTAN (collection Comprendre le Moyen-Orient), un ouvrage intitulé « IL ETAIT UNE FOIS LES JUIFS MAROCAINS ».

Armand Lévy, juriste de formation et spécialisé dans le logement social,  juif marocain ayant choisi la France pour vivre,  n’a pas écrit là un ouvrage de référence : il ne se prétend ni historien, ni anthropologue, ni sociologue. Il se contente de raconter ce qu’il sait de coreligionnaires et concitoyens, les  juifs  marocains.

Je dis bien « raconter ». D’ailleurs, le mot se retrouve dans l’extrait du Talmud choisi par l’auteur comme exergue de son livre.

Armand Lévy  parle sans prétention scientifique de l’histoire de l’installation des juifs au Maroc, quitte à emprunter des raccourcis pour faciliter la narration, sans altérer la réalité.

Il évoque ensuite les mutations qui ont marqué cette communauté durant les XIXème et XXème siècles, en insistant sur l’influence et par la suite l’attirance par l’étranger exercées sur les juifs marocains, et le rôle qu’ont  joué à cet égard les écoles de l’Alliance Israélite Universelle.

La lecture de ce livre permet de rappeler que les juifs marocains n’ont pas été que citadins, commerçants et aisés.

A coté des négociants riches et ouverts vers l’étranger, les « toujars as-sultan » qui ont profité du système du makhzen, vivaient, à travers toutes les régions du pays, en zones berbères  comme dans les tribus arabes, de simples petits artisans, des travailleurs de la terre, des colporteurs,  des mendiants et même des prostituées.

L’auteur évoque bien entendu le problème du « grand départ » consécutif à l’appel  du sionisme et de l’écho qu’il a reçu au sein de la communauté juive marocaine. La teneur de cette  évocation peut se discuter, mais il est utile de lire à ce sujet un  point de vue exprimé de manière sereine et sans amertume.

Mais c’est la troisième partie de l’ouvrage qui m’a le plus intéressé. L’auteur y expose l’image qu’il a de « judaïté marocaine ». Il nous invite alors à suivre,  avec une tendre nostalgie, les étapes et les dédales de la vie des juifs de ce pays, en nous proposant des témoignages vivants.

Le livre d’Armand LEVY n’est pas une œuvre engagée,   mais il nous éclaire, sans prétention et sans matraquage ni intoxication, sur une partie de la population qui a contribué, à travers l’histoire, à la construction du  Maroc.

A lire, surtout par les jeunes qui veulent avoir une idée sur un pan de l’histoire  de leur pays.

IN MEMORIAM Mohamed KHAÏR EDDINE

J’ai reçu, il y a quelques jours, d’une personne qui m’est totalement inconnue un  mail  accompagné du  texte suivant à la mémoire du regretté poète – écrivain – dramaturge marocain Mohamed KHAIR EDDINE.

“À L’AME DE KHAÏR ED-DINE
par Ahmed EL INANI

Même errance même quête même aventure
Même fulgurance même acharnement
Même fugacité même évanescence
Même turbulence même violence
Même entêtement sillonnant
Les beaux textes non encore érigés
Les écrits merveilleux à venir
Les dits non encore énoncés
Qui frétillent à l’état embryonnaire
Même hardiesse même audace même force
Implacable même turbulence
Même exil même errance
Même ailleurs inaccessible
Même ici centrifuge
Même désir inassouvi
Même fièvre même rêve même cauchemar
Même prégnance de l’espace
Même pensée en perpétuel mouvement
Même départ au hasard
Même éternel retour
Constante esthétique de l’inachevé
Même texte gratté biffé falsifié
Même processus vivant même âpreté
Même gestation perpétuelle même alacrité
Même périple périlleux même péripéties “sudiques”
Mêmes ascensions mêmes voyages oniriques
Même éclat même frénésie même tumulte
Même séisme même volcan même guérilla
Même miroir éclaté même torrent impétueux
Même voix intempestive même face sans fard
Même odeur de mantèque
Même miroir “hanté” “enchanté”
Mêmes déambulations
Même vie même rêve même peuple toujours errant
Même “bouts d’existence incorruptibles”
Même image fugitive même imaginaire prolifère
Même vision apocalyptique
Même alacrité même âpreté même “AIGRITUDE”
Même soliloque enragé
Même confession pamphlétaire
Même subversion des codes
Même énergie vertigineuse du verbe
Même cri blasphématoire injurieux
Même “roman malmené” même jeu délirant
Mêmes lambeaux rongés de pourriture
Même âme blessée même voix qu’on bafoue
Même moi qui s’effrite qui s’en va sans partir
Même homme en état de poésie permanente
Même tronc miné d’où le pourchassé leurre la mort
Même légende même mythe mêmes fleurs
Qui renaissent de leur cendre
Même sud même nord mêmes viatiques
Même poète toujours errant “

C’est pour moi un plaisir de le mettre en ligne pour le partager avec vous et pour nous rappeler ensemble le poète que fut Mohamed Khair Eddine.

Je n’ai pas accolé de qualificatif à « poète » parce que s’agissant de Mohamed  Khair Eddine, il est malaisé d’en trouver qui corresponde exactement à son œuvre. Œuvre diverse : romans, poèmes, théâtre, articles de presse.

Certains le qualifient de « HERMÉTIQUE » : en effet, les écrits de Khair Eddine ne sont pas à la portée de la première lecture. Ne voulait-il pas, selon ses propres mots,  « trouver la phrase qui résume tout » !

D’autres l’ont trouvé « INCOHERENT » ! Les blessures de la vie l’ont marqué et l’antagonisme entre la personnalité propre et ses origines ont contribué à le rendre insaisissable, aux yeux de ceux qui ne l’on t pas compris.

Khair Eddine ne pouvait être que « hermétique » et éventuellement « incohérent » mais sûrement « singulier »  parce qu’il était l’un des créateurs du mouvement « POESIE TOUTE », qui prônait une  « guérilla linguistique ».

Mohamed Khair Edine,  a traversé notre jeunesse comme un éclair foudroyant, brûlant tout sur son passage, marquant au feu rouge notre mémoire : notre génération a lu, sans toujours en saisir le sens véritable, ses textes que l’on se passait sous le manteau !

Il a été le poète de l’exil, voulu et vécu dans la douleur, le poète de l’errance qu’il a assumée jusqu’aux derniers jours de son existence, mais aussi le poète du sud du Maroc, qu’il n’a jamais oublié. Et surtout le poète de la liberté : « On ne met pas en cage un oiseau pareil » écrit-il dans « Dernier journal » (août 1995.)

Biographie rapide de Mohamed KHAIR EDDINE

1941 : naissance dans un village du Sud marocain, Tafraout.
Adolescence à Casablanca et éveil à la vie littéraire et politique.
1960 : Séisme d’Agadir et retour à Agadir.
1965 – 1979 : exil en France, particulièrement pénible.
1979 : retour au pays avant un nouveau et court exil.
18 novembre 1995 : décès à Rabat, après une période difficile.

Bibiographie de Mohamed Khair Eddine

·  Agadir (1967)
·  Corps négatif (1968)
·  Histoire d’un Bon Dieu (1968)
·  Soleil arachnide (1969)
·  Moi l’aigre (1970)
·  Le Déterreur (1973)
·  Ce Maroc ! (1975)
·  Une odeur de mantèque (1976)
·  Une vie, un rêve, un peuple, toujours errants (1978)
·  Résurrection des fleurs sauvages (Éditions Stouky et Sedki, Rabat, 1981).
·  Légende et vie d’Agoun’chich (1984)
·  Il était une fois un vieux couple heureux (1993, première édition 2002)
·  Faune détériorée (1997)

AISHA Q. PARLE ……..DE LA BARBE!

Depuis quelques mois, nous avons tous remarqué et sur la blogoma  la présence d’une commentatrice au style percutant et à l’argumentation bien construite. Il s’agit vous l’avez sûrement deviné de AICHA Q., qui se pare souvent du qualificatif de BAHRIYA. Personnellement, j’ai eu à soutenir ses assauts, parfois violents mais toujours réguliers.  Malgré un talent certain pour le débat, AICHA Q. ne se décide malheureusement  pas à ouvrir son propre espace, préférant continuer,  je suppose, à  évoluer en électron libre.  Elle  a accepté cependant de nous proposer un billet, que je me fais un plaisir de mettre en ligne. Voilà donc – en exclusivité blogomatique  le premier post signé AICHA Q.   

Je te tiens, tu me tiens par la barbichette.

« Lors de ma tournée familiale de rigueur le jour de l’Aïd, je suis tombée à pic, devant la porte d’entrée sur mon cousin, ex-gauchiste-Léniniste dans une vie antérieure, arborant une nouvelle barbe hirsute de style maghraouien, tranchant de par son abondance avec une moustache rasée de très près.Avant que je n’aie eu le temps de digérer ma surprise face à ce nouveau look antédiluvien, avant même que je ne songe à arrêter au vol mes embrassades spontanées dignes d’une Aïsha El-Bouassa, mon cousin m’a tendu dans un geste exagérément long, une paume ouverte et rigide, aussi chaleureuse que le bras statufié de la Vénus de Milo. La barbe! Si je m’y attendais à celle-là !  Passablement vexée d’être considérée tacitement comme une diablesse tentatrice, j’ai poursuivi, l’air de rien les salamalecs d’usage avec le reste de la famille, bu deux gorgées de thé, croqué ma Ghriyba enfarinée en laissant voguer mes pensées. Farouche adepte de la liberté, je n’aurais jamais permis à quiconque de se mêler de ma coiffure ou de mon habillement, tout comme je ne me permet pas l’outrecuidance d’aller fourrer le nez dans le piercing nombrilien de ma voisine, de la coupe Tectonic de mon frère, des tchadors qui parsèment de plus en plus nos cités ou d’aller chercher des poux dans la barbe de mon cousin et des dizaines de ses «frères». La liberté et la démocratie sont à ce prix.  Mais ceci étant dit, plusieurs questions s’imposent à mon esprit.  1/ Là, en face de moi, j’ai le père et le fils. Mon oncle, honorable Hajj, récitant par cœur les Soixante Litanies, à la barbe toujours soigneusement taillée et le cousin, fraîchement débarqué en religion, le visage à peine visible dans sa touffe de poil, respectant en cela une Sounna dont son père s’était pourtant passé. Mais qu’est ce qui est s’est passé depuis?   2/ S’agit-il d’un réel désir de ressemblance avec un homme modèle ou la marque d’une appartenance à une doctrine? Dans ce sens, les Hanbalites recommandent de tailler la barbe en longueur et en largeur, au-delà de la longueur du poing.  L’école Malékite opte pour la taille des poils qui flottent au vent, les poils isolés ou les poils excessivement longs, tandis que les Chafiites proposent de laisser la barbe comme le Seigneur l’a créée. Voyez donc les questions métaphysiques existentielles qui ont secoué le monde musulman et la caste des Oulémas, expliquant en partie le rendez-vous manqué avec le progrès pendant que d’autres rient dans leur barbe.  3/ Si l’on veut pousser plus loin le mimétisme avec notre Prophète (à condition toutefois qu’on nous atteste sans risque de se tromper, la véracité des Hadiths liés à sa barbe épaisse et à ses moustaches taillées par opposition aux Polythéistes et aux Zoroastriens), pourquoi ces nouveaux zélotes ne se laissent pas aussi pousser plus longuement les cheveux, puisqu’il est dit dans ces mêmes Hadiths que le Prophète (Paix et Prière sur lui) avait des cheveux qui pendaient sur ses oreilles et son cou, parfois même ses épaules et qu’ils étaient parfois tressés en quatre?  4/ Enfin, conformément à l’adage qui veut que la barbe n’apporte pas la sagesse, pourquoi s’attacher viscéralement au physique et à la mode d’il ya 14 siècles et oublier le fonds moral qui est quant à lui, intemporel.   Aïsha QandishaSponsor officiel : Gilette Mach trois ». 

Le département de l’environement, victime d’un double effet de serre!

Il y a bien longtemps que je n’ai pas ouvert mon blog à un invité. Mais devant l’intérêt que présente le billet que vient de me faire parvenir l’un de mes fidèles visiteurs, je ne peux résister à le mettre en ligne. Ce billet met en exergue des dysfonctionnements d’un grand département   …Un département qui a connu un certain prestige, mais qui risque de sombrer complètement par la faute des rivalités partisanes d’une part et de la gabgie qui carractérise notre adminstration! Je livre ce billet à votre appréciation.  

 

“Depuis quelques temps, le département de l’environnement connaît un malaise. Malaise tant au niveau de l’ambiance de travail qu’au niveau des conditions de travail !

 

Il   semble  que le  département de l’environnement  soit paradoxalement victime d’un phénomène qu’il est supposé combattre, en l’occurrence  l’effet de serre…..Même d’un « double effet de serre » !

 

D’abord, un effet de « serres » au sens de « griffes, notamment griffes de rapaces » !

 

Ce département, longtemps entre les mains des amis de Mohamed El Yazghi, ex-patron de l’U.S.F.P., est en train de glisser entre le giron des obligés de l’Istiqlal depuis  la nomination de Abdelkbir Zahoud en tant que Secrétaire d’Etat chargé de l’Eau et de l’Environnement

 

L’organigramme est en cours de  modification, en fonction probablement de nouvelles têtes, et ce au grand dam des différents responsables des services qui ne savent plus à quel saint se vouer !

 

Des têtes tombent ou tomberont, de nouvelles apparaissent ! Une véritable chasse aux sorcières qui fait que les serres de l’Istiqlal se ferment inexorablement sur les différentes structures de ce département, provoquant un vent de démotivation sinon de panique   totale chez les cadres de ce département !

 

Et comme si l’ambiance n’était pas assez pourrie, pour ne pas dire malsaine, ce département subit les affres d’un autre effet de serre …Le vrai…Celui-là même qui menace la planète et contre lequel ce département est supposé proposer des stratégies de lutte !

 

Le tout nouveau et tout beau bâtiment qui abrite ce département, situé dans le quartier administratif de Hay  Ryad, s’avère être une véritable « serre » au sein de laquelle les fonctionnaires ont du mal, beaucoup de mal à travailler. 

 

L’architecture, fort élégante vue de l’extérieur, produit à l’intérieur, du fait du mauvais agencement des bureaux et des couloirs, une sensation d’étouffement et provoque parfois des évanouissements. Cette situation aberrante pour un immeuble moderne est  aggravée     en cette période estivale  par l’augmentation anormale de la température dans les bureaux qui  manquent  de systèmes d’aération  et de climatisation.

 

De nombreux fonctionnaires de ce département ont dû avoir recours à une intervention médicale d’urgence, suite à divers symptômes liés à cette situation.

 

Le département de l’environnement, naguère ministère, jadis simple secrétariat d’état, maintenant département relevant d’un secrétariat d’état, va-t-il disparaître  sous cette double menace ?