AL HOCEIMA a eu aussi un film éponyme …

Il n’y a pas que Casablanca à avoir donné son nom à un film, juste son nom, sans ajout, sans fioriture, sans enjolivement.

Le monde entier connait le film “CASABLANCA” de Michael CURTIZ avec Humphrey BOGARD et Ingrid BERGMAN. On se souvient de la réplique culte lancée au pianiste noir par Humpreey Bogard : “Play it, Sam”. On se rappelle du Rick’s qui existe encore et fait partie des hauts lieux à visiter de Casablanca.

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Aucune autre ville ne semble avoir lié son nom et seul son nom à un film aussi fortement et aussi intimement que Casablanca…Ni Paris (Un américain à Paris), ni Rome (Rome …ville ouverte), ni New York (New-York-Miami), ni Tobrouk (Un taxi pour Toubrouk), ni Boston (L’étrangleur de Boston), ni Dublin (Les gens de Dublin)! chaque fois le nom de la ville était accolé à un autre mot …

Aucune? Rien n’est moins sûr !

AL HOCEIMA, la capitale du Rif, le centre névralgique de l’histoire récente du Rif, le noyau dur des revendications sociales, économiques et même politiques de ces derniers mois, a donné elle aussi son nom à un film…

Juste son nom, sans ajout, sans fioriture, sans enjolivement. Exactement comme Casablanca et le “CASABLANCA” de Michael CURTIZ.

En 1948, le metteur en scène espagnol Jose LOPEZ RUBIO avait réalisé “ALHUCEMAS” avec des acteurs peut-être moins connus que les interprètes de “CASABLANCA” mais qui étaient de grosses vedettes de l’Espagne franquiste de l’époque, notamment la star Sara MONTIEL, à la carrière impressionnante.

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Bien sûr “ALHUCEMAS” n’a pas eu le succès phénoménale de “CASABLANCA” : le cinéma espagnol de l’époque n’avait rien à voir avec le rouleau compresseur cinématographique de Hollywood!

Le sujet du sujet de “ALHUCEIMAS” tournait autour d’un concept hispano-espagnol : l’histoire d’un capitaine d’infanterie de l’armée franquiste, novice et un peu maladroit, qui parvient à devenir en un officier répondant au modèle martial de l’époque.

Film de propagande, bien sûr, de propagande franquiste, tourné dans le décors naturels des environs de Al Hoceima, “ALHOCEMAS” n’a bien sûr accordé aucun regard aux rifains, tout comme CASABLANCA n’avait prêté le moindre intérêt aux marocains de la ville de Casablanca!

Cinéma des vainqueurs, bien sûr …

C’est à nous de réaliser des films sur nos villes, pour les glorifier ou du moins les immortaliser …Nous n’avons eu droit qu’à “CASANEGRA“!

Comme nous serions fiers de voir un film simplement intitulé “TANJA”, ou “ESSAOUIRA”, ou “MARRAKECH” réalisé par un(e) marocain(e) rien que pour les marocains et les marocain(e)s, et pour le reste du monde éventuellement!

P.S. : j’ai découvert l’affiche du film “ALHOCEMAS” en feuilletant “مقتطفات من حديث مستمر عن الحسيمة“, traduction en langue arabe par Abdellah JERMOUNI de l’ ouvrage de Juan ROMAN, artiste et écrivain espagnol né à Al Hoceima : “Fragmentos de una conversacion continua sobre Al Hoceima“, dont je parlerai quand j’en aurais fini la lecture.

P.S. 1 (le 13 décembre 2017) : après la lecture du livre en question, il ne m’a pas paru nécessaire de vous faire part de mon sentiment, car ces “fragmlents” ne présentent aucun intérêt particulier, sauf quelques anecdotes croustillantes et quelques photos sur l’histoire de la ville de Al Hoceima durant la présence espagnole.

ENCORE UNE FOIS, BEAUCOUP DE BRUIT POUR RIEN !

Nos amis les puritains moralisateurs, grands bigots et profonds hypocrites, ont encore une fois remué beaucoup d’air pour rien du tout!

Ou plutôt pour quelques centimètres carrées de chair dévoilés et quelques poses lascives de la chanteuse chanteuse Jennifer Lopez !

Ces puritains moralisateurs ont oublié que des dizaines de milliers de leurs compatriotes s’étaient déplacés pour voir le spectacle, qu’ils ont chanté avec la chanteuse,; qu’ils ont vibré avec sa musique, qu’ils ont tapé des mains, qu’ils ont trépigné; qu’ils on t été heureux pendant une heure et demi!

Et que ces gens-là n ‘ont à aucun moment pensé que le spectacle de Jennifer Lopez était obscène, ou érotique, ou immoral, ou amoral, ou portant atteinte à leur foi, ou pouvant troubler l’ordre public!

Ces puritains, bigots et hypocrites, ont oublié que six millions de leurs compatriotes étaient devant leur poste de télévision pour suivre le concert de Jennifer Lopez, en différé certes, mais ils étaient là!

Pendant une heure et demi, ils ont oublié leurs problèmes, ils ont voyagé, rêvé sans jamais l’ombre d’un doute ne leur traverse l’esprit quant à l’immoralité, l’amoralité, l’obscénité, l’érotisme de ce qu’ils regardaient et pas un moment ils n’ont pensé que leur foi pouvait être mise en cause par les déhanchements de Jennifer Lopez!

Personne n’a obligé ni les premiers à se déplacer à la scène de l’OLM ni les seconds à veiller jusqu’à une heure du matin : c’était leur choix et personne n’a le droit de guider ce choix, ni de le condamner une foix qu’il est fait!

Alors, messieurs et mesdames les puritains et les moralisateurs, vous aurez pu allez applaudir Abdelhadi Benkhayat ou Maher Zain ou Mesut Kurtis : ce sont d’excellents chanteurs qui louent le Prophète, qui encensent l’islam et glorifient Allah ! Ils méritent notre respect le plus total ! LE VOTRE en particulier !

Alors, arrêtons de remuer les mêmes masses d’air ti-de, soit avant le Festival Mawazine, soit pendant le Festival, soit après!

Et occupons-nous des problèmes concrets qui sapent notre société : mais au fait les connaissez-vous vraiment?

MON MAWAZINE CUVEE 2015

Cette année, le festival MAWAZINE n’a pas provoqué les sempiternelles critiques qui surviennent dans les semaines et les jours qui précèdent son ouverture!

Il faut dire que d’une part le programme ne prêtait franchement pas le flanc à la critique et que d’autre part actualité artistique, médiatique et virtuelle était phagocytée par le dernier film de Nabyl Ayouch.

Donc, j’ai décidé de faire un usage très modéré de cette cuvée du festival Mawazine! En tous cas, avec le lancement de l’édition de cette année, j’étas lion de l’état d’esprit qui prévalait en moi durant le printemps 2011 j’avais écumé pratiquement toutes les scènes “zekra fchi wa7dine”!

Si j’ai boudé la soirée d’ouverture avec Jennifer LOPEZ – celle qui a provoqué l’ire hypocrite et bigote de notre ministre de la communication – c’est tout simplement parce que le style musical de cette artiste ne m’intéresse pas ! Ce spectacle a pourtant provoqué les réactions les plus outrées et les plus hypocrites, comme toujours!

Par contre je m’en serais voulu de rater le concert du colombien Youri BUENAVENTURA pour deux raisons : écouter en live une version salsa de NE ME QUITTE PAS de jacques Brel et rappeler que ce chanteur avait aminé une soirée sur une modeste scène presque improvisée attenante au Théâtre Mohamed juste après les attentats de du 16 mai 2003 à Casablanca ! Ce garçon avait aidé les marocains a défié la peur et la terreur !

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Pour rien au monde, je n’aurais négligé l’occasion d’applaudir Majda ROUMI, la grande dame de chanson arabe! Cette chanteuse, en plus de son art consommé d’interprète, choisit ses chanson avec un goût exquis et les présente au public avec une classe et un grâce extrêmement rares dans le monde de la variété arabe contemporaine.

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La prestation absolument parfaite de Majda ROUMI, de son orchestre et de sa chorale a été pourtant quelque peu malmenée par une sono un brin dérèglée : ce qui est scandale de la part d’un théâtre national qui sert de scène aux plus grands artistes du monde!

J’aurai voulu assister au concert de STING , toujours égal à l;ui-même je suppose et surtout aller voir et écouter Abdelhadi BELKHAYAT dans son nouveau look et son nouveau répertoire! Je reconnais que j’appréciais énormément le Belkhayat de “QAMAR AL A7MAR” et de “QITAR AL HAYAT”!

Mais j’ai mieux à faire : passer quelques jours de vacances loin de Rabat avec mon petiti-fils! On n’a pas eu de beau temps mais on était ensemble!

Vivement Mawazine 2016 !

Et si l’envie me prenait de devenir un artiste…..

Je n’ai aucune formation ni aucun talent pour cela, mais il n’est pas exclus qu’un jour l’envie me prenne de devenir artiste.

Poète? Pourquoi pas? Chacun de nous est un peu poète “à l’insu de son plein gré”, n’Est-ce-pas?

Ou peintre? Ce serait bien! Un de mes anciens collègues a découvert la peinture une fois à la retraite : il a pris des cours, il s’est payé tout un attirail et il s’éclate devant son chevalet Je crois savoir qu’il arrondit ses fins de mois en vendant ses toiles.

Sculpteur? J’ai toujours été en admiration devant les statues en marbre blanc : que de travail, que de talent, que de patience!

Romancier? Non, c’est trop compliqué : il faut une sacrée imagination, une connaissance parfaite de la langue choisie, une organisation particulière avec des fiches, des prises de notes, des dossiers….

Musicien? Là, je peux assurer que j’y ai renoncé il y plus d’un demi-siècle : j’avais eu l’occasion de devenir bassiste dans un groupe et je n’ai pas franchi le pas! Timidité, manque de confiance en soi, connaissance intime de mes limites? En tous cas, je ne ressens plus cela que comme un léger petit regret.

Acteur? Quand on vu à 15 ans Gérard Philippe jouer “Le Cid” ou quand plus tard, on a applaudi Tayeb Seddiki dans ses œuvres, devenir acteur de théâtre peut créer des vocations. Mais la vraie vie est bien loin des vocations : il ne me reste en tête que quelques vers de la tragédie de Corneille et quelques images de l’ascète Abderrahmane Al Majdoub!

Alors, cinéaste?

Oui, pourquoi pas!

Demain donc, je deviens cinéaste! Réalisateur de films!

Il y en a à la pelle, des bons, des moyens, des nuls, des excellents, des doués, des grandes gueules, des conformistes, des avant-gardistes, des spécialistes de ceci ou de cela!

Si demain, j’ai un projet cinématographie et qu’un producteur fou me fait confiance, je deviendrais cinéaste!

Et cela ne regardera personne, à part d’un côté mon producteur qui aura mis ses sous sur mon projet en espérant les rentabiliser et de l’autre les spectateurs qui auront payé leurs tickets pour voir mon film et les critiques dont c’est le travail.

Toute personne qui parlera, en bien ou en mal, de mon film par simple ouï-dire et sans l’avoir vu, se comportera en zélateur irresponsable ou en censeur indigne.

Je pourrais tenir le même raisonnement toutes les œuvres relevant de la création artistique!

Ostraciser un roman dont on aurait lu quelques pages ou qui aurait fait l’objet d’une cabale dirigée par tel ou tel courant de pensée, relève du même comportement liberticide et surtout anesthésiant.

Pointer d’un doigt accusateur un acteur ou une actrice ayant accepté de tenir un rôle qui pourrait choquer la vertu souvent hypocrite ou la sensibilité parfois surjouée de certains s’inscrit dans le même registre de pensée!

Notre culture, encore empreinte d’oralité, accepte le phénomène de reproduction de ce que nous recevons : nous sommes très à l’aise dans la transmission des messages, sans prendre la peine d’en vérifier la teneur.

Les réseaux sociaux participent à l’encrage de cette tradition!

Dés qu’une page Face Book est ouverte, il faut que l’on y adhère, par peur de ne pas faire partie du groupe : en refusant de nous distinguer, nous adhérons bêtement à la meute.

Alors, mesdames messieurs, si l’envie me prenait de devenir artiste, je vous demanderais de lire mes œuvres, de les regarder, de les voir, de les toucher, avant de donner votre avis!

Si elles ne vous plaisent pas, libre à vous de le dire : mais ayez l’honnêteté morale et intellectuelle de les affronter avant de les juger, de les accepter, de les jeter aux orties ou de les encenser!

Mais rassurons-nous, je ne serai jamais artiste et beaucoup d’entre vous ne seront jamais des critiques d’art crédibles.

Laissons les vrais artistes faire leur métier, il n’est pas aisé et gardons-nous de les juger et surtout de les condamner à mort!

Ce n’est ni intelligent ni moral ni citoyen ni légal !

EQUIPES NATIONALES OU “LEGIONS ETRANGERES”?

La Coupe du Monde 2014 entame sa dernière ligne droite avec encore quatre équipes en course : le BRESIL et son histoire chargée de 5 trophées , l”ALLEMAGNE et son mythe d’invincibilité, l’ARGENTINE et son rêve de reconquête des sommets et les PAYS-BAS et son désir d’accéder enfin au Grall du football après trois tentatives avortées.

Ce quatuor ne doit pas cacher un phénomène très particulier qui touche le foot-ball mondial presque dans son ensemble.

La Coupe du Monde est une compétition réservée aux équipes NATIONALES des différentes fédérations . Les équipes sont donc formées par la sélection de joueurs de la même nationalité qui représentent ainsi leurs pays respectifs, ce qui provoque un engouement très particulier du public envers les formations nationales.

L’exécution des hymnes nationaux avant les matches donnent lieu souvent à des moments de très intense émotion, avec larmes et ferveur.

Pourtant, certains joueurs durant ces moments semblent de marbre, comme absolument pas concernés par la cérémonie : la concentration l’emporterait-elle sur l’émotion? Rien n’est moins sûr!

Il s’agit simplement de joueurs devenus “nationaux” par choix, souvent un choix guidé par des considérations matérielles liées au statut de joueur performants, capables d’apporter à l’équipe nationale expertise,  efficacité et éventuellement victoire!

Une rapide survol des équipes  ayant participé à cette coupe du monde nous éclairera sur ce phénomène.

La “NATI”, équipe nationale suisse est composée de joueurs portant des noms aussi “helvètes” les uns que les autres (comme Xherdan CHAKIRI, Gökhan INLER, Admir MEHMEDI entre autres)  ou ayant des “profils” très courants dans ce pays (comme Johan DJOUROU ou Gelson FERNANDES).

Exemple parfait d’intégration  de joueurs venus des Balkans ou de plus loin pour un pays qui il y a quelques mois à peine votait pour la limitation de l’immigration!

Les “FENNECS” qui ont dignement représenté l’Algérie et ont fourni l’un des meilleurs matchs qu’on pu voir durant cette Coupe sont formés presque en totalité (21 sélectionnés sur 23) de joueurs nés en France, dont 8 ont déjà évolué en équipe de France Junior.

Selon le président de la Fédération algérienne, le choix de ces joueurs pour le maillot vert  relève de motifs de cœur : on veut bien le croire!

On retrouve le même phénomène dans beaucoup d’autres équipes nationales, même parfois de très grandes équipes, avec peut-être moins d’acuité.

La France et l’Angleterre sont touchées par le phénomène : si les français alignent  le sénégalais Patrice EVRA,  les anglais comptent dans leurs rangs  le jamaïcain Daniel STRURRIDGE, le ghanéen Danny WELBELCK

Avec l’Espagne, le cas de du brésilien devenu espagnol DIEGO COSTA est très caractéristique, ce joueur ayant joué pour son pays d’origine avant de renoncer devant notaire à la Selecaô pour jouer avec la Roja une fois naturalisé.

La Hollande, avec Brahim AFELLAY et la Belgique avec Marouane FELLIANI et  Nacer CHADLI n’échappent pas à cette tendance.

Il en est de même avec la grande équipe de la MANNSCHAFT qui ne fait aucun scrupule à aligner le turc Mesut OZIL, l’albanais Shkodran MUSTAFI ou le ghanéen Jérôme BOATENG, dont le demi-frère continue à défendre les couleurs des Blacks Stars africains présents dans la même compétition.

En Italie, il existe même le mot “oriundo” pour désigner un sportif, et très fréquemment un footballeur ou rugbyman sud-américain qui, ayant des origines italiennes, est revenu au pays pour y faire sa carrière. Si la Scuadra Azzura n’a pas fait appel pour le moment à ces enfants de la Diaspora footballistique, il ne faut pas oublier  l’argentin Mauro Camoranesi qui a porté plus de 5o fois le maillot “azzuro” dans les années 2000. Vu les piètres résultats des Italiens, il n’est pas exclus que la fédération ait de nouveau recours à ce genre de recrutement.

Il faut signaler aussi que ce genre de pratique peut donner lieu à des dérapages mais qui ne sont sanctionnés que dans les cas de petites fédérations : on a vu ainsi la GUINEE EQUATORIALE privée de CAN2015 pour “naturalisation abusive” d’un malheureux joueur!

Ainsi la Coupe du Monde de la FIFA semble être devenue plus une coupe du monde d’équipes de moins en moins “nationales” : certains perlent d’équipes de mercenaires!

Contentons-nous du termes de “légions étrangères” parce que ces équipes se battent parfois avec beaucoup de courage et de dévouement : peu importe les motivations de uns et des autres, du moment que le spectacle est assuré!

Et que les meilleurs gagnent!

PS : Peut-être sommes-nous en train d’assiter au même phénomène qu’en cyclisme où, sur les différentes compétitions – le Giro italien, la Vuelta espagnole, le Tour français – la notion de “équipe nationale” a totalement disparu au profit de celle d’équipes “commerciales”.

Comme le disait notre ami Christophe dans un récent commentaire, allons-nous vers des matches ADIDAS-NIKE?  Ou peut-être HUNDAY-COCACOLA  ou pire MACDONALD-BUDWEISER?

 

 

 

 

MAWAZINE 2014 : quelques impressions très personnelles ….

 

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Le rideau est tombé sur la 13ème édition du Festival MAWAZINE !

Ce fut une très bonne édition, peut-être pas aussi étincelante que certaines des précédentes mais très bien réussie.

Je ne fie pas aux déclarations des organisateurs, ni aux articles des journaux qui sont souvent payés pour encenser ceci ou pour monter aux nues celui-là. Je parlerai donc de ce que j’ai vu, de ce que j’ai vécu, de ce que j’ai aimé, de ce que j’ai un peu moins ou peut-être pas du tout  aimé, de ce que j’ai découvert et de ce que j’aurai voulu voir.

Je parlerai aussi de ce que j’aurai voulu voir  ou entendre, mais Allah Ghallab, je n’ai plus l’âge de sortir tous les soirs!

Comme chaque année, j’ai essayé d’être éclectique dans le choix des spectacles que j’ai suivis..

Donc le premier soir, Justin Timberlake sur la scène de l’OLM.  Ce n’est pas ma tasse de thé, je n’aime pas ce genre de musique qui ne me parle pas, question de génération, je suppose. Mais le spectacle était sympathique et le public enthousiaste. Mawazine 2014 s’annonçait bien.

Deuxième soir, ma scène préférée, la scène du Bouregreg, avec son public métissé, ses jeunes surfeurs aux cheveux rasta habitués de la plage de Rabat, ses africains venus de tous les  coins du Continent –  moins nombreux cette année, je ne sais pour quelle raison – ,  ses étrangers qui apprécient la musique authentique, ses effluves de joints et de marée montante, ses familles entières avec papa, maman, enfants et même bébés!

Spectacle de Ben L’Oncle Soul, chanteur français né à Tours, qui chante comme Otis Reading, un tourangeau qui a la soul dans le sang ! Qu’en dire? Sinon, que la soirée fut magnifique à tout point de vue!

Troisième spectacle que j’ n’aurais pas raté pour rien au monde : Bernard LAVILLIERS au Théâtre Mohamed V face à u public composé à 90 % de français. Cela m’a permis de me conforter dans mon idée que beaucoup de gens aiment à se donner des postures : les français du Maroc votent en majorité à droite quand ils ne votent pas F.N.  et pourtant ils étaient des centaines à applaudir ce fils d’un résistant-syndicaliste et d’une institutrice stéphanois, cet insoumis de toujours, ancien pensionnaire d’une maison de correction. Lavilliers a dit lui-même qu’à une période de sa jeunesse “il ne savait s’il allait être gangster, boxeur ou poète”. Il est devenu auteur-interprète-voyageur pour notre plaisir à tous!

Son concert fut une réussite totale, grâce à un ensemble musical phénoménal! Merci, Bernard!

Puis il y a eu STROMAE!

Mon petit-fils avait déjà réservé la soirée depuis un moment ; je ne pouvais lui refuser cà ; il connait par cœur  les paroles de la plupart de ses chansons, à sa manière bien sûr, au premier degré que peut capter un  gosse de cinq ans.

Et STROMAE apparut ….Il chanta….dansa….enflamma l’OLM…transporta plus de 150.000 personnes dans son monde à lui….les fit chanter tous, jeunes, vieux, enfants, femmes, des paroles que jamais ils n’auraient pensé ou osé chanter!

Je n’ai jamais vu autant de monde réuni à Rabat au même moment : pourtant j’ai assisté à des tas de spectacles, à des marches historiques!

Même Shakira n’a pas réuni autant de monde!

Mais il fallait bien une déception : elle fut grande, aussi grande que la sympathie et même l’empathie que j’éprouve pour Souad MASSI.

Dans un théâtre Mohamed V archi-comble, un public enthousiaste attendait la chanteuse algérienne. Finalement il a droit à l’excellente prestation du groupe qui l’accompagnait “Les chœurs de Cordoue” avec notamment  le guitariste hors norme Eric Fernandez. Il faut reconnaitre que le programme précisait bien qu’il s’agit de “Souad Massi et Eric Fernandes (Chœurs de Cordoue)”.

Le public attendait la chanteuse algérienne et il a eu une chanteuse qui se voulait “andalouse” on peut aimer ou non, mais en ce qui me concerne je suis resté sur ma faim.

La Souad Massi  que j’aime est celle qui chante l’Algérie d’aujourd’hui, pas l’Andalousie de nos ancêtres. qui chante sa famille, son exil. Bref, qui chante la vie, pas la nostalgie!

Elle a changé de style et de répertoire : si elle s’y sent bien, pourquoi pas! Mais sans moi et surement sans une partie de son public de naguère.

MAWAZINE c’est aussi d’autres artistes, d’autres scènes, d’autres publics!

J’aurais bien évidemment voulu assister au concert de Kadem SAHER!

Avec beaucoup de nostalgie, j’aurais voulu aussi applaudir ZEBDA ou IAM. Ou bien retrouver Robert PLANT et me souvenir  LED ZEPPELIN.

J’aurai aussi voulu découvrir sur scène l’algérien BILAL, qui a réuni une bonne centaine de milliers de fans, dont certains sont venus de très loin pour l’applaudir. Ce chanteur est une preuve que le vrai Maghreb Uni n’est pas celui des gouvernants mais celui des peuples!

J’aurai aussi assister à la prestation  du rappeur tangérois MUSLIM, que j’ai découvert grâce à la télévision. Il montre et démontre que l’on peut être rappeur sans tomber dans le “gangsrap” ni dans le “rap nationaliste”  décrié par les bobos et exprimer sa colère, ses espoirs et son désespoir, ses attentes et aussi ses émotions personnelles dans une langue percutante, sobre et efficace!

Pour finir, je préciserais que je ne me serai pas déplacé pour voir ni entendre le toujours jeune Ricky MARTIN, ni même le vieux Manu DIBANGO qui n’a plus rien à apporter à la musique africaine, ni la charmante et sympathique  Nancy Ajram,  ni l’inusable Mohamed ABDOU, pas plus que la pulpeuse et volcanique Alicia KEYS!

Chacun son trip, en musique comme en tout!

En clôture de mon “Mawazine” à moi, je me suis offert un plongeon dans la musique africaine, ghanéenne plus précisément, avec Ebo TAYLOR et son orchestre : un  moment rare!

Un regret pourtant me culpabilise  : je n’ai jamais trouver le temps d’assister à un spectacle donné dans les Jardins du CHELLAH. Lors de la prochaine édition, j’essaierai de remédier à cette lacune.

Bon vent au Festival Mawazine et à l’année prochaine!

 

 

 

 

Spectacle international et drapeau national!

Les différents spectacles offerts par Mawazine-Rythmes du Monde ont ceci de spécifique, c’est d’être extrêmement variés quant à l’origine des artistes invités à se produire devant le public.

L’accueil populaire réservé  aux uns et aux autres s’avère dans tous les cas très chaleureux : cela tient à notre hospitalité légendaire et à notre sens de la fête.

Les ovations reçues par des artistes aussi différents que Chab Mami et Sexion d’Assaut,  Tamer Housni  et Mika, ou encore Jessy J et Tinériwen, en sont les preuves suffisamment éloquentes!

Le peuple est satisfait, il applaudit et en redemande! C’est la règle dans tous les festivals du monde!

Point n’est donc  besoin d’ajouter à ces expressions populaires spontanées  ce protocole aussi inutile que maladroit qui consiste à offrir aux artistes étrangers le drapeau  national!

Cette pratique, qui relève plus de l’excès de zèle que du sens de l’organisation, est totalement déplacée car elle consiste à donner à un spectacle purement ludique et éventuellement culturel, une connotation politique qui n’a aucune raison d’être.

En proposant à un étranger de se parer du drapeau national,  en public et devant les médias du monde entier souvent à la recherche d’un scoop dont on ne sait quelle utilisation il sera fait, les organisateurs place l’artiste dans une situation  délicate.

Refuser de s’exhiber avec le drapeau marocain sur les épaules, et on a vu le cas, n’est pas forcément une insulte ni pour le Maroc ni pour les marocains; mais la simple expression de sa propre identité : un étranger n’a pas à porter l’emblème d’un autre pays!

Accepter la proposition peut avoir des conséquences malencontreuses : certaines autorités étrangères voient d’un mauvais œil ce comportement de leurs ressortissants.

Chez moi, on peut trouver des drapeaux nationaux un peu partout : des petits, des moyens et même un très grand qu’il m’est arrivé de fixer à mon balcon lors de certaines occasions nationales spéciales.

Mais je ne vois pas pourquoi un artiste étranger, même s’il est arabe, même s’il prononce les éloges les plus vibrants pour mon pays et pour mon peuple, serait tenu de porter haut le drapeau du Maroc.

Lui offrir un ou plusieurs bouquets de fleurs constitue la meilleure façon de le remercier publiquement de sa prestation, pour laquelle il est par ailleurs très grassement rémunéré!

Le drapeau national est un emblème trop important pour être galvaudé sur les scènes, au nom de on ne sait trop quel principe.

 

 

MON MAWAZINE 2013

Cette année encore, je n’allais pas bouder le plaisir d’assister à quelques spectacles que nous offre le festival MAWAZINE – Rythmes du monde.

Je reconnais qu’au début, j’étais plutôt dubitatif, surtout quand j’avais lu que le roi du show virtuel, le fameux PSY, serait de la partie! Fallait-il que les organisateurs soient en panne d’inspiration ou à court d’arguments pour inviter ce personnage? Heureusement, une “maladie diplomatique” a permis à Maroc-Culture de s’en tirer sans trop de dégâts!

Revenons donc à mon Mawazine à moi!

Cette fois-ci, j’ai choisi avec soin les spectacles que je ne voulais rater à aucun prix et je n’ai pas été déçu.

Je dois reconnaitre que nos amis algériens ont été mes cibles préférées, dans deux styles différents.

D’abord, GNAWA DIFFISUSION !

Des monstres de scène, des musiciens hors pairs, des paroles à vous déchirer l’âme et à vous retourner les tripes. Quand on a assisté à un concert de de ce groupe, on n’est plus le même.

Puis L’ORCHESTRE EL GUSTO !

Des vieux algérois, des artistes qui ont une vie entière derrière eux, des amis que l’histoire  a séparés et que la vie a réunis de nouveau! Ils chantent la nostalgie, le temps d’antan et de naguère, dans ce style si particulier qu’est le “chaabi” de chez eux. Bizarrement, ce “chaabi”-là me parle plus que notre chaabi à nous : j’y retrouve des mélodies qui me sont familières, des paroles qui sont plus audibles! Entre Tanger et Alger, la Méditerranée n’a jamais posé de frontières.

Un autre spectacle m’a laissé une excellente impression : TINARIWEN, groupe touareg du Mali, a chanté le désert, la solitude et la liberté, dans un style très particulier qui nous rappelle nos racines africaines.

Par un pur hasard, j’ai été au le concert de MIKA. Qu’en dire, sinon que c’est un très grand professionnel qui n’a plus rien à prouver, mais qui s’acquitte parfaitement de son rôle de showman!

Les autres spectacles ne m’ont pas spécialement interpelé, bien que j’aurais voulu me déplacer à la scène de Salé pour voir évoluer THE BASEMENT, les lauréats de Génération Mawazine 2013. Mais j’ai dû faire un choix et renoncer à aller applaudir  un jeunes neveu :  il a compris, je le sais.

Pour agrémenter la fin de l’après-midi de mercredi dernier, je n’ai pas regretter d’avoir emmené une petite nièce voir défiler les marionnettes géantes de la troupe marocaine AZALAI PARADE : la gamine a été émerveillé et j’ai été ravi. 

Ni RIHANA ni JESSY J, ni SHERINE ni CHAB MAMI, ni DAVID GUETTA ne sont ma tasse de thé.

J’ai préféré sans état d’âme GNAWA DIFFUSION à DEEP PURPLE, qui m’auraient rappelé tant de souvenirs!

Mon Mawazine 2013 s’est achevé avant la clôture ! A l’année prochaine!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

LA GUERRE DES BOUTONS : revisitée à la mode du moment

Hier soir, je me suis accordée un moment de cinéma!

Avec “LA NOUVELLE GUERRE DES BOUTONS” version 2011, j’espérais passer un moment de détente. Je pensais retrouver le plaisir que j’avais eu à la lecture du roman de Louis PERGAUD, que j’avais découvert, par hasard et dans une autre vie, sur les étagères de la Bibliothèque Française de Tanger.

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Le roman datant de 1911 c’est dans une édition des années 50, je suppose, que j’avais fait la connaissance de Ptit Gibus et de ses amis!

Je n’en ai jamais oublié la trame, cette guerre que se livraient les gosses de deux villages français! Cela ressemblait vaguement aux affrontements entre gosses de nos quartiers.

Je dois reconnaitre que j’ n’avais pas tout compris du roman, mais des décennies après, j’avais encore en tête des phrases du livre, qui à l’époque m’avaient parues d’une truculence que je ne connaissais pas :

“D’abord, qu’est-ce que c’est t’y que ça, des couilles molles ?”

Je pensais aussi retrouver la fraicheur et l’innocence du film de Yves ROBERT, sorti en 1962, avec des scènes inoubliables comme celle où  Ptit Gibus et sa bande de copains partent à l’assaut de leurs adversaires,  complètement nus  pour éviter d’être dépouillés de leurs boutons.

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J’aurais voulu réentendre cette phrase culte : “Si j’aurais su j’aurais pas v’nu”.

Dans cette version 2011 de LA NOUVELLE GUERRE DES BOUTONS, revue et corrigée par Christophe BARRATIER, avec les stars du cinéma français du moment, comme Kad MERAD, Guillaume CANET, Leatitia CASTA, je n’ai rien retrouvé du charme de LA GUERRE DES BOUTONS de mon adolescence.

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Ce n’était plus un délicieux  film d’enfants, mais une œuvre insipide  pour adultes!

Ptit Gibus et ses copains servaient de faire valoir à une vague histoire d’amour, compliquée d’une histoire de résistance et alambiquée d’une histoire d’enfant juive cachée, le tout noyé dans une ambiance de la France sous l’occupation allemande!

Le roman de Louis Pergaud est tombé dans le domaine public, certes, mais avait-on le droit de le dénaturer de cette manière?

Il existe, semble-t-il, une autre version de LA GUERRE DES BOUTONS, parue quelques semaines avant ou après celle de Christophe BARRATIER : cette :mouture est le fait de Yann Samuel qui replace les faits en 1960.

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L’expérience proposée par Christophe BARRATIER, que je vais très vite balayer de ma mémoire,  me dissuade de chercher à voir cette autre version.

Par contre, le roman de Louis Pergaud et le film de Yves Robert méritent par contre largement notre souvenir.

 

MAWAZINE 2013 : Ce que j’ai écrit craignant que la scène africaine avait été “oubliée”!

A l’issue d’une discussion avec ma fille il y a quelques jours,

nous étions dans une colère noire contre MAWAZINE

car aucune information n’avait encore filtré sur “la scène africaine du Bouregreg”

qui accueille traditionnellement les artistes les artistes africains et latino-américains!

J’ai donc écrit le billet suivant que je me proposais à mettre en ligne prochainement,

si rien de nouveau ne se profilait à l’horizon de ce festival ouvert aux musique du monde.

BIEN QUE CE TEXTE N’AIT PLUS AUJOURD’HUI DE RAISON D’ÊTRE, JE TIENS A LE METTRE EN LIGNE

PARCE QUE JE SUIS UN FERVENT SUPPORTER DE CE FESTIVAL

ET QUE JE TIENS A CE QU’IL GARDE SON STATUT ET AUSSI SON NIVEAU ET SA DIVERSITÉ!

J’ai toujours été fervent adepte du Festival MAWAZINE auquel j’ai, chaque année, consacré un ou plusieurs billets, louant ce que je trouvais agréable et critiquant ce qui me passait critiquable.

Ces dernières années, j’ai eu l’occasion d’en prendre la défense face à ceux qui, au nom de raisons plus ou moins fallacieuses, militaient pour la suppression de ce moment de culture et de divertissement dont profitaient la population de Rabat.

Or pour la 12ème édition de MAWAZINE RYTHMES DU MONDE, je constate la mort dans l’âme et le cœur serré de dépit que les artistes africains seront absents de cette manifestation.

La scène africaine du Bourgreg qui a si souvent réuni les chanteurs et groupes africains avec ce public si spécial composé bien sûr de nos compatriotes mais aussi d’étrangers féru de musique africaine et surtout de nos amis africains – qu’ils soient étudiants ou diplomates, immigrés clandestins ou hommes d’affaires.

L’ambiance qui régnait lors des concerts de cette scène était très spéciale : il y flottait un air de profonde humanité, une atmosphère de vieille complicité culturelle, un nuage d‘histoire commune que l’on ne retrouvait nulle part ailleurs dans les autres spectacles de Mawazine. Les concerts africains étaient plus que des spectacles, c’était, sans complaisance aucune et en toute conscience,  des moments de véritable communion.

Alors, pourquoi donc avoir supprimé la scène africaine?

Pour des raisons financières? Je ne crois pas ce les artistes africains soient ceux qui grèvent le plus le budget de Mawazine!  Il me semble que RYHANNA ou que BYONCE doivent recevoir un cachet autrement plus conséquent qu’un YOUSSOU NDOUR ou qu’un SELIF KEITA.

Pour des raisons de sécurité? Le public de la scène du Bourgreg n’a rien à envier à celui de Nahda ou de celui de  O.L.M-Souissi. Par ailleurs, l’accès à l’esplanade ne pose aucun problème pas plus que son dégagement.

Pour des raisons artistiques? Je ne vois pas l’intérêt de se “payer” David Guetta dont la charge artistique est nulle et ne pas inviter spécialement cette année les artistes  AMADOU ET MARIEM, ne serait-ce que pour rendre hommage au peuple malien en ces moments difficiles qu’il traverse.

Non, messieurs les organisateurs de Mawazine  pour cette année 2013, je crois bien que vous avez commis une grosse boulette artistique!

Quand on prétend organiser un festival des “Musiques du Monde”, on ne zappe pas la musique africaine!

Le Maroc est un pays africain : la Constitution nous  rappelle  dans son préambule la nécessité de “consolider les relations de coopération et de solidarité avec les peuples et les pays d’Afrique, notamment les pays subsahariens et du Sahel”.

 

Heureusement, les organisateurs ont publié

un communiqué daté du 20 Février intitulé :

MAWAZINE S’HABILLE AUX COULEURS DE L’AFRIQUE

pour annoncer la programmation africaine pour la 12ème édition de cette belle manifestation.

Je vous laisse la découvrir : elle est variée, ouverte aux artistes de toute l’Afrique, de l’Algérie à l’Afrique du Sud en passant par le Nigeria, le Mali, le Congo-Brazaville et le Ghana.

La musique latino-américaines sera de la fête avec un groupe en provenance de la Colombie.

Alors, soyons nombreux à nous rendre à la scène du Bouregreg

durant le Festival Mawazine 2013

et n’oublions pas que nous sommes africains!

 

 

 

Pas besoin de soutien pour avoir du talent!

Hier, à la suite d’un appel pressant d’une belle-sœur grande amatrice de  variétés arabes devant l’éternel, nous nous sommes trouvés bloqués devant un écran de télévision, nos téléphones portables à la main, pour soutenir des candidats marocains à une émission qui parait-il cartonne dans le monde arabe “THE VOICE”, qui passe sur M.B.C.1 et qui est relayée par la chaîne de radio ASWAT.

Il en allait du sort de quatre nationaux face à des concurrents dont honnêtement je n’ai plus aucun souvenir!

Nous les avons donc soutenus, en bombardant le standard du 9229 de S.M.S. signalant que nous vous votions par les numéros 13, 22, 40 et 45, dont personnellement j’ignorais tout, mais absolument tout.

En fin de compte, deux chanteurs marocains se qualifiés pour la finale de cette émission ainsi qu’une tunisienne et un irakien! C’est une belle moyenne et bravo à eux!

Mais ce que j’ai retenu de cette soirée – très spéciale pour moi, qui ne suis ni consommateur ni de ce genre d’émissions ni de télévisions arabes – ce sont les déclarations préliminaires de deux des candidats nationaux.

Un  jeune homme très bien de sa personne, doté d’une voix très agréable et maitrisant son interprétation d’une chanson de Abdelhalim Hafed, chanteur de choeur,  a insisté sur le fait qu’au Maroc il n’a trouvé aucun soutien!

Une jeune femme, lauréate d’une émission du même genre STUDIO 2M, très bonne interprète aussi  avec une voix magnifique, a déclaré exactement la même chose en regrettant qu’au Maroc elle n’a trouvé aucun soutien!

L’un et l’autre auraient donc manqué de “da3m“!

Qu’est-ce donc que ce fameux soutien qui ferait défaut à nos chanteurs?

Un soutien public? Je crois qu’il est révolu le temps où les chanteurs recevaient des cachets quand ils interprétaient n’importe quelle ineptie à la gloire du souverain et c’est tant mieux!

Un soutien du ministère de la culture est difficile à envisager, en ces temps de crise de réductions budgétaires.

Un soutien des producteurs pourrait se concevoir, mais le public marocain est tellement habitué à la contrefaçon que le producteur le plus téméraire réfléchit à sept fois avant de mettre son argent dans un projet d’album.

Pourtant des artistes se battent et finissent par s’imposer, sans se plaindre, sans pleurnicher face aux micros de médias étrangers!

Et parmi les quatre marocains en lice hier soir, nous en avions un exemple parfait : FARID, ce jeune chanteur au style si particulier, bien installé dans sa word-musik, un artiste qui est parti de rien, qui s’est battu sur tous les genres de scènes et qui ne montre pas on iota d’amertume! Ce n’est pas pour rien que son coach, la chanteuse égyptienne CHIRINE l’a affublé du sympathique surnom de “Faraoula”!

Finalement, Lamia et Mohamed, qui manquent parait-il de soutiens,  ont raté le coche!  Mais Farid le battant s’est qualifié pour la suite!  Mourad, l’autre marocain, continue aussi  la compétition!

Je ne suis pas sûr d’être encore une fois devant la télé vendredi prochain  pour les soutenir mais je leur souhaite tout le succès qu’ils méritent!

Le rideau rouge est tombé pour la dernière fois devant AHMED TAYEB LAALEJ.

Il y a quelques jours nous quittait Si AHMED TAYEB LAALEJ l’acteur immense, le dramaturge fécond et le parolier génial!

Tous les marocains se reconnaissent dans la silhouette de cet ancien menuisier, devenu au fil du temps le plus “fin disert” de l’arabe dialectal marocain : sa langue aisée et élégante était comprise par tous ses compatriotes, à travers toutes les régions du Maroc.

 

Cela ne l’a pas empêché de s’intéresser aux cultures étrangères et d’y ce qu’il y avait meilleur pour l’adapter au goût du public marocain.  Il a su ainsi  “marocaniser” avec talent des pièces de Molière aussi différentes que “Les fourberies de Scapin” ‘(Aimayel Jha)  et “Tartuffe” (Wali Allah), ou  la pièce de Jules Renard “Le légataire universel” (Al Hakim Kankoun). Il a entrepris également l’adaptation d’une pièce de l’allemand Bertolt Brecht devenue  aé   sous sa plume : “Taleb maachou”.

Sa maitrise de la langue dialectale nationale  lui a permis, en plus de fournir les chanteurs marocains (Mohamed Fouiteh, Maâti Benkacem, Abdelouahab Doukkali, Abdelhadi Belkhayat, Naïma Samih) en paroles inoubliables,  de faire connaitre la chanson marocaine à travaers tout le monde arabe avec notamment les énormes succès enregistrés par MA ANA ILLA BACHAR ou par MARSOUL AL HOUB, repris par les grandes voix populaires orientales.

Expert de l’arabe dialectal, il a produit de nombreux poèmes sous la forme spéciale de “jazal”.

En homme de théâtre complet, Si Ahmed Tayeb Laalj a travaillé longtemps au sein de l’historique troupe de la Maamora pour laquelle il a créé des dizaines de pièces.

Si Ahmed Tayeb Laalej a touché également au cinéma, avec un succès peut-être moindre, n’ayant pas trouvé de rôle à la mesure de son talent ou bien de metteur en scène sachant exploiter son art.

Et pour couronner sa carrière, il a publié en 2001 chez les Editions Al Maarif Al jadida un délicieux ouvrage intitulé “AL BARNITA” où il aborde les mille et un problèmes de la société marocaine.

رحم الله الفنان٠

 

 

 

 

 

عطاكم الله الصحة ، يا بنات للا منانة

Ce fut une bien belle soirée au Studio des Arts Vivants de Casablanca.

La troupe “TAKOON” présentait “BNAT LALLA MENNANA“, adaptée de la pièce originale de Fredérico Garcia Lorca “La casa de Bernarda Alba.”,écrite probablement en 1936 et créée le 8 mars 1945 au Teatro Avénida de Buenos-Aires (Argentine). La pièce avait comme sous-titre : “Drama de mujeres en los pueblos de España”. Tout un programme!

Tout un programme qui a été parfaitement adapté au contexte marocain grâce au talent multiple Samia AKARRIOU , actrice et metteur en scène. entourée d’interprètes époustouflantes de vérité, de justesse et de savoir-faire, que sont Noura Skali, qui a également écrit les dialogues,  Saâdia Ladib, Meriem Zaimi, Saâdia Azeggoune et Hind Saîdi.

 

 

Pas la peine de revenir sur le pitch de la pièce : la version télévisuelle a permis de la faire connaitre à très large public, avec un succès qui a dépassé toutes les attentes!

Et pourtant, la série télévisée était alourdie par la présence de plusieurs acteurs hommes, qui en ont ralenti le rythme et enlevé le cachet absolument inédit de l’œuvre voulue par son créateur, à savoir être une pièce de femmes.

L’adaptation à la  scène que nous avons applaudie mardi soir s’est avérée par contre d’une efficacité et d’une fluidité  remarquables.

Pendant près de deux heures, les  protagonistes se sont relayées sur la scène pour nous faire partager tous les sentiments que peuvent connaitre quatre jeunes femmes recluses dans une maison de la campagne marocaine, sous la garde d’une mère tyrannique et la la présence  d’une servante complice.

Honneur, passion, peur du qu’en-dira-ton, rébellion, frustration, deuil, rêve,défi,  se télescopent dans l’espace réduit de cette maison isolée et fermée où l’on ne voit jamais apparaitre d’hommes, alors que l’homme est le sujet central des préoccupations des diverses protagonistes.

Je retiendrai la mise en scène dépouillée mais très moderne, dans laquelle les actrices interviennent elles-même à chaque changement de décor.

Les dialogues sont parfaits : certaines répliques ont fait crouler la salle de rire! Parfois, seules les femmes riaient, d’autres c’était le tour des hommes, mais le plus souvent le public riait à l’unisson et de bon cœur.

Le jeu des actrices et leur performance physiques sont à signaler : en plus de leur  complicité  avec le public, elles nous ont gratifiés de scène de danse et de chant très bien intégrées dans l’action.

Que dire, sinon chapeau bas, Mesdames!

 

MAWAZINE 2012 EST FINI……VIVEMENT LE PROCHAIN MAWAZINE !

Le Festival MAWAZINE, décrié par une poignée de on ne sait pas trop qui finalement et adulé par des dizaines, des centaines de milliers de marocains et de marocaines, se termine en beauté!

L’édition 2012 ne m’a pas spécialement intéressé, à titre personnel. Féru de musique africaine, je suis resté sur ma faim en ce qui concerne les groupes qui se sont produits sur la scène du Bouregreg : je dois reconnaitre que même Manu Dibango m’a un peu déçu. Trop word music, plus asseza authentique, Papy Groove!

Par contre le concert de SCORPIONS a rallumé le feu qui brulait en moi dans les années d’antan : fabuleux, ce groupe qui garde autant de pêche et de talent!

J’aurais voulu être au milieu des spectateurs le jeudi, face aux artistes amazigh  évoluant sur la scène de Salé, pour vivre pleinement la diversité culturelle de ce pays et en même temps son unité profonde.

Mais quel bonheur de se retrouver au milieu des foules, venues de partout, des foules où je retrouvais des visages que j’avais croisé dans une autres vies, des visages de personnes inconnues, des jeunes, des très jeunes, des moins jeunes.

Comment ne pas reconnaitre à ce festival au moins une vertu : celle de donner du spectacle et du bonheur au peuple!

On me dira que cela permet d’endormir le peuple!

Mon œil! Le peuple sait tout, est conscient de tout et ce n’est pas une semaine de spectacles gratuits qui l’anesthésiera pour le restant de l’année: nous ne sommes pas le peuple de Rome du temps des empereurs!

Les marocaines et les marocains aiment la fête, la musique, la danse. Ce n’est pas deux pelés et trois tondus de qui vont changé la nature de ce peuple.

Et ce n’est surement pas des fausses rumeurs et des campagnes de dénigrement qui viendront à bout de ce festival si populaire : mais les organisateurs devraient faire en sorte que les horaires soient respectés par exemple! Ainsi, la “diva” Maria CAREY a trop joué à la diva et elle a commencé son concert avec près d’une heure et demi de retard : ce n’est pas très classe face aux milliers de fans qui l’attendaient.

C’est ce genre de détails qui semblent anodins qui peut gripper une machine qui fonctionne très bien.

 

 

 

GUEMBRI ET LOUTHAR : deux instruments authentiquement marocains mais si différents (2/2)

Après avoir essayé de présenter le « guembri », instrument associé à la culture gwani, il est utile de parler de l’ « outhar » qui, en plus de sa voix et de ses chansons,  fit la renommée de feu Mohamed Rouicha.

 

 

 

 

 

Les différentes définitions de cet instrument s’articulent autour de deux points essentiels.

D’une part, l’« outhar » appartient à la famille du luth ou « oud » et d’autre part le « louthar » est un instrument rustique, spécifique des zones rurales du Maroc.

Voilà donc une première différence importante avec le guembri.

Si  l’outhar est doté de trois cordes, comme le guembri, sa caisse a une forme spéciale qui s’inspire de la poire ou plus exactement d’une poire coupée dans le sens de la longueur.

La table d’harmonie, contrairement à celle du luth qui est confectionnée en bois noble marqueté, est réalisée en peau tendue.

Instrument rural, le « loutar » se retrouve  dans la plupart des régions du Maroc, aussi bien en plaine, en zone arabophone qu’en montagne et en pays amazigh.

Le « loutar » est joué en improvisation dans ce que l’on appelle un « taqsim » ou comme instrument d’accompagnement d’une chanson.

La grande variété des sons et des tonalités que l’interprète peut obtenir de son instrument permet des performances remarquables: on a pu ainsi dire que certains spécialistes de louthar “faisaient parler leur instrument”.

On peut citer comme grands virtuoses de cet instrument, en plus bien sûr de feu Mohamed ROUICHA qui lui a donné ses lettres de noblesse et surtout la médiatisation qu’il mérite, des noms prestigieux provenant de toutes les régions du pays :

  • Des interprètes classiques, comme Mohamed Maghni

http://www.youtube.com/watch?v=pbAhWQHwNt0&feature=related

  • D’autres occasionnels comme Stati qui ont commencé par le louthar avant de choisir le violon, comme Stati.

http://www.youtube.com/watch?v=5qt1xyS4TtE&feature=related

  • Certains qui se servent  de louthar comme accessoire à leur véritable art, en l’occurrence l’art de faire rire, comme les sympathiques Qachbal wa Zeroual.

http://www.youtube.com/watch?v=6V9p4u93jto&feature=related

Je me fais un plaisir de signaler  également ce lien qui m’a été fourni par Abdesselam, un de nos amis blogueurs, peu connus mais très intéressant:

http://www.settatbladi.org/index.php?option=com_muscol&view=album&id=38&Itemid=60

Pour finir, il convient de signaler la vitalité des amateurs de l’outhar dans ce pays, malgré le fait que cet instrument ne soit plus confectionné que par très peu de luthiers : le preuve en est cette prouesse technique et artistique que constitue l’interprétation par une trentaine de spécialistes de louthar de la « Symphonie Fazaz », dont voici l’ouverture:

http://www.youtube.com/watch?v=aPZ-rmcyAW0&feature=related