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	<title>citoyenhmida.org &#187; un autre tanger</title>
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	<description>Chroniques d&#039;un citoyen Lambda</description>
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		<title>TANGER : LE NAUFRAGE DU GRAN TEATRO CERVANTES</title>
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		<pubDate>Sun, 11 Apr 2010 15:21:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator>hmida</dc:creator>
				<category><![CDATA[coups de gueule]]></category>
		<category><![CDATA[un autre tanger]]></category>

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		<description><![CDATA[La lecture d’un billet  mis en ligne dernièrement par notre amie «une marocaine » à propos du « Gran Teatro Cervantes » de Tanger m’a rappelé  mes recherches au sujet de cet édifice, entreprises  quand j’écrivais la série de posts sur « Un autre Tanger ».
J’avais même rédigé un billet à ce sujet, jamais publié et  que je m’empresse de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La lecture d’un billet  mis en ligne dernièrement par notre amie <a href="http://www.monagora.fr/2010/03/29/gran-teatro-cervantes/">«une marocaine » à propos du « Gran Teatro Cervantes » de Tanger</a> m’a rappelé  mes recherches au sujet de cet édifice, entreprises  quand j’écrivais la série de posts sur « Un autre Tanger ».</p>
<p>J’avais même rédigé un billet à ce sujet, jamais publié et  que je m’empresse de ressortir de mes archives pour  vous le  livrer !</p>
<p>Le « <strong>Gran Teatro Cervantes</strong> » ! Quiconque s’intéresse de près ou de loin à Tanger connaît la façade de  monument !</p>
<p><a rel="attachment wp-att-2510" href="http://www.citoyenhmida.org/tanger-le-naufrage-du-gran-teatro-cervantes/gran-teatro-cervantes/"><img class="alignnone size-thumbnail wp-image-2510" title="gran-teatro-cervantes" src="http://www.citoyenhmida.org/wp-content/uploads/2010/04/gran-teatro-cervantes-150x150.jpg" alt="gran-teatro-cervantes" width="150" height="150" /></a>cliquer pour agrandir<br />
Mais peu de gens savent exactement ce que se cache derrière.<br />
Le « Gran Teatro Cervantes » a été le seul, oui je dis bien le seul, l’unique, théâtre au Maroc construit selon les règles de l’art théâtral européen classique !</p>
<p>Dans sa période de gloire, le Gran Teatro Cervantes réunissait  dans  ses « baignoires », ses loges, son parterre et son poulailler,  près de 1.400 spectateurs face à sa scène magistrale.</p>
<p><a rel="attachment wp-att-2511" href="http://www.citoyenhmida.org/tanger-le-naufrage-du-gran-teatro-cervantes/cervantes-6/"><img class="alignnone size-thumbnail wp-image-2511" title="Cervantes 6" src="http://www.citoyenhmida.org/wp-content/uploads/2010/04/Cervantes-6-150x150.jpg" alt="Cervantes 6" width="150" height="150" /></a>cliquer pour agrandir<br />
L’histoire de cette salle est peu connue et il est bon de la rappeler.<br />
Construit entre 1911 et 1913, <strong>sur les fonds  personnels de Manuel Peña et de son épouse doña Esperanza Orellana,</strong> richissimes bourgeois espagnols désireux de mettre en valeur l’influence ibérique sur la ville du détroit pour contrecarrer la double présence britannique et française, le « Gran Teatro Cervantes » devait représenter l’Espagne culturelle.<br />
Les travaux furent confiés à l’architecte Diego Jiménez Armstrong   et l’ensemble des matériaux nécessaires a été importé d’Espagne.</p>
<p>Les fresques ornant la coupole et l’intérieur de la salle sont l’oeuvre du peintre espagnol Federico Ribera Bussato, considéré comme le père de scénographie espagnole. Il  a également conçu, en collaboration avec Jose de la Rosa,  la scène avec de magnifiques tableaux représentant des scènes de la nature.</p>
<p>La façade du théâtre, décorée de statues importées Espagne, a été réalisée par l’artiste sévillan Cándido Mata.</p>
<p>Le Gran Teatro Cervantes fut inauguré officiellement et en grandes pompes,  le 12 décembre 1913.</p>
<p>Durant plus d’un demi-siècle, il a accueilli :</p>
<p>·    <strong>les plus grandes vedettes de la chanson de l’époque </strong>dont les noms ne disent pas grand-chose actuellement comme Juanita Reina (1947), Estrellita Castro, Carmen Sevilla, Imperio Argentina, Antonio Machín, Manolo Caracol, Lola Flores (1949), Antonio Molina (1940) Cecil Sorel.</p>
<p>·    <strong>les troupes de théâtre les plus prestigieuses </strong>avec des têtes d’affiches célébrissimes  telles que   María Guerrero de Mendoza, Tórtola Valencia (1927), Margarita Xirgu (1929), Miguel Fletta et Youssef Wahbi et Fatima Ruchdi les stars du théâtre égyptien.</p>
<p>·    <strong>la troupe de théâtre de Tanger «Al Hilal</strong> » qui regroupait quelques jeunes de la ville, y a présenté en 1929 « Othello »  puis « Salah Dine Al Ayoubi » de Najib Hadded et en 1934 « Majnoun Leila » de Ahmed Chawki.</p>
<p>·      <strong>des troupes de zarzuela</strong> <strong>(opérette espagnole)</strong> avec  Angelina Villar y Pastora Imperio, Rosario y Antonio, la mexicaine Irma Villa, ou encore Ana María González, la Niña de la Puebla y Antonio Mairena.</p>
<p>·    <strong>des voix de l’opéra mondialement connues </strong> Tito Ruffo, Carusso et Adela Patti.</p>
<p><strong>La propriété de ce théâtre a été cédée en 1928 par le couple  Pena-Orallana à l’état espagnol, qui est à cette date  toujours propriétaire  du terrain et des murs de cet édifice.</strong></p>
<p>Cette salle prestigieuse a connu après l’indépendance un triste sort, et a fini par sombrer dans le délabrement total.</p>
<p>Durant les années 60, elle servait de <strong>salle de projection cinématographique</strong> où l’on pouvait encore voir, dans des conditions déplorables avec comme bruit de fond les cliquetis de l’antique appareil de projection,  les pitreries du comique mexicain Cantiflas, les mièvreries avec Joselito, le gamin espagnol à la voix d’or surnommé « El pequeno ruisinol » et avec un peu de chance un film  espagnol néoréaliste des années 50.</p>
<p><strong>Cette salle, prestigieuse en son temps, est laissée dans un état d’abandon absolu par son  propriétaire actuel, à savoir l’état espagnol, comme on le voit sur les photos suivantes.</strong></p>
<p><strong><a rel="attachment wp-att-2512" href="http://www.citoyenhmida.org/tanger-le-naufrage-du-gran-teatro-cervantes/teatro11/"><img class="alignnone size-thumbnail wp-image-2512" title="teatro11" src="http://www.citoyenhmida.org/wp-content/uploads/2010/04/teatro11-150x150.jpg" alt="teatro11" width="127" height="150" /></a> <a rel="attachment wp-att-2513" href="http://www.citoyenhmida.org/tanger-le-naufrage-du-gran-teatro-cervantes/teatro12/"><img class="alignnone size-thumbnail wp-image-2513" title="teatro12" src="http://www.citoyenhmida.org/wp-content/uploads/2010/04/teatro12-150x150.jpg" alt="teatro12" width="150" height="150" /></a> <a rel="attachment wp-att-2514" href="http://www.citoyenhmida.org/tanger-le-naufrage-du-gran-teatro-cervantes/teatro13/"><img class="alignnone size-thumbnail wp-image-2514" title="teatro13" src="http://www.citoyenhmida.org/wp-content/uploads/2010/04/teatro13-150x150.jpg" alt="teatro13" width="150" height="150" /></a><br />
</strong></p>
<p>Il faut signaler, pour l’anecdote malheureuse, que <strong>la municipalité de Tanger a réglé entre 1972 et 1992 aux autorités espagnoles un loyer ridiculement symbolique de UN DIRHAM pour cet édifice qui menace ruine </strong>!</p>
<p>Pourquoi cette situation ? N’a-t-il pas été possible de sauver ce monument de la culture tangéroise ?</p>
<p>Il semblerait que l’état espagnol  ait projeté une réhabilitation du Gran Teatro Cerventes, en vue de le transformer en « Centre culturel de rencontres euro-maghrébines »  et éventuellement plus tard en  « Centre de recherches théâtrales » !</p>
<p>En 1994, l’architecte espagnol Vazquez Espi avait présenté au gouvernement de son pays un projet pour renforcer la structure du bâtiment et en 1994 une question orale a été posée au Sénat espagnol pour connaître le montant des allocations prévues pour la réhabilitation de cet édifice, qui il ne faut le perdre de vue, est toujours propriété de l’état espagnol.</p>
<p>En 2003, fut créée une  « <strong>Asociación Cervantes de Acción Cultural y Amistad Hispanomarroquí </strong>» dont l’objectif est de participer à la sauvagarde du Gran Teatro afin d’en éviter l’effondrement total et définitif.  L’ACAHM a pu singé e en 2006 une convention avec le Directeur des Relations Culturelles et Scientifiques du Ministère espagnol  des Affaires étrangères et obtenir un budget d’environ 200.000 euros pour entamer les travaux nécessaires, dont la moitié aurait été dépensés dans des premières interventions d’urgence.</p>
<p>Mais l’état de délabrement avancé de ce site nécessite, semble-t-il, des efforts financiers et techniques beaucoup plus importants.</p>
<p>On peut toujours rêver !</p>
<p>Le sort de ce bâtiment prestigieux ne semble pas avoir intéressé jusqu’à présent ni les autorités locales de la ville, pourtant tellement  promptes à réagir pour récupérer l’héritage foncier du Duc de Tovar, ni les autorités centrales plus concernées par le développement économique de la ville que par son épanouissement culturel.<br />
P.S. Pour en savoir plus sur ce sujet, voici des références intéressantes pour les lecteurs hispanisants:</p>
<ul>
<li>«<strong> El Gran Teatro Cervantes: pasado, presente y futuro</strong> », article de Jose Luis Gonzalez Hidalgo, publié dans le « Boletín de la Asociación Española de Orientalistas », année XXXII, 1996, pages.: 133-142.</li>
</ul>
<ul>
<li>« <strong>Presencia cultural de España  en el Magreb</strong> », ouvrage collectif sous la direction de V. Morales Lezcano, Editions MAPFRE, Madrid 1993, pages. 192-193.</li>
</ul>
<ul>
<li>« <strong>La pequeña Historia de Tánger</strong> », Alberto España, Edition Distribucion Iberica,  (1954).</li>
</ul>
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		<item>
		<title>TANGER avait-il besoin d&#8217;un  roman?</title>
		<link>http://www.citoyenhmida.org/tanger-avait-il-besoin-dun-roman/</link>
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		<pubDate>Mon, 05 Apr 2010 17:24:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>hmida</dc:creator>
				<category><![CDATA[livres]]></category>
		<category><![CDATA[un autre tanger]]></category>

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		<description><![CDATA[Rachid TAFERSITI s’est imposé  comme un fin connaisseur de Tanger. Il sait en parler, avec une passion raisonnable. Il préside une association de défense du patrimoine tangérois.
Il a déjà publié deux ouvrages de référence  dédiés à la capitale du Détroit :
·   &#8220; Tanger. Cité de rêve&#8221; aux Editions Paris-Méditerranée, Collection &#8220;La croisée des chemins&#8221; (2002) composé [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Rachid TAFERSITI s’est imposé  comme un fin connaisseur de Tanger. <a href="http://www.youtube.com/watch?v=lYdHVQ-WMU4">Il sait en parler</a>, avec une passion raisonnable. Il préside une association de défense du patrimoine tangérois.</p>
<p>Il a déjà publié deux ouvrages de référence  dédiés à la capitale du Détroit :</p>
<p>·   &#8220;<strong> Tanger. Cité de rêve</strong>&#8221; aux Editions Paris-Méditerranée, Collection &#8220;La croisée des chemins&#8221; (2002) composé avec  compétence, goût et talent en collaboration avec le photographe Rachid OUETASSI.</p>
<p>·    &#8220;<strong>Tanger, réalité d’un mythe</strong>&#8221; aux Editions. Zarouila (1998) où il rêve qu’à Tanger «  les sites historiques ou ayant une valeur culturelle sont épargnés ».</p>
<p>Mais à vouloir trop en faire, Rachid Tafersiti s’est fourvoyé dans l’écriture d’un roman dont le thème central est Tanger.</p>
<p>Plus que la connaissance des lieux, des gens et de leurs habitudes, la confection d’un roman, même  sur Tanger, la ville mythique, la ville qui fait rêver, la ville qui fait même fantasmer,  nécessite la technique et le talent de romancier.</p>
<p><a rel="attachment wp-att-2504" href="http://www.citoyenhmida.org/tanger-avait-il-besoin-dun-roman/retour-a-tanger/"><img class="alignnone size-thumbnail wp-image-2504" title="retour a tanger" src="http://www.citoyenhmida.org/wp-content/uploads/2010/04/retour-a-tanger-111x150.jpg" alt="retour a tanger" width="111" height="150" /></a></p>
<p>Dans son « <strong>RETOUR A TANGER</strong> », paru en <strong>2009</strong> chez <strong>KOUTOUBIA-Editions ALPHEE (Monaco)</strong>, Rachid Tafersiti fait étalage de sa connaissance complète de Tanger, de son histoire récente, des habitudes de ses habitants, de la géographie sociale de la ville, de ses endroits mythiques, du langage tangérois, de la cuisine tangéroise ! Il n’a rien oublié de ce qui touche Tanger : son évolution, le Tanger des années 2000 comparé à celui des sexties, le vent d’est, l’urbanisme désordonné, la circulation, même les clubs de foot-ball, le cimetière chrétien !</p>
<p>Mais est-ce assez pour faire un roman ? Non, sûrement pas, même si la langue est maîtrisée, la preuve des subjonctifs passés utilisés à très bon escient sans que cela se sente!</p>
<p>Il manque une intrigue : l’histoire à l’eau de rose de Driss obligé de s’exiler en Belgique à la suite d’une amourette qui tourne court est trop ténue pour nous intéresser.</p>
<p>Il manque une trame psychologique : les personnages sont trop lisses, sans âme, trop conformes à ce que l’on peut attendre !</p>
<p>Dommage ! Ni Rachid Tafersiti  ni Tanger n’avaient besoin de ce « roman ».</p>
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		</item>
		<item>
		<title>TANGER, VRAI MYTHE OU SIMPLE FANTASME (Suite n° 5)</title>
		<link>http://www.citoyenhmida.org/tanger-vrai-mythe-ou-simple-fantasme-suite-n%c2%b0-5/</link>
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		<pubDate>Wed, 13 Sep 2006 11:07:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>hmida</dc:creator>
				<category><![CDATA[un autre tanger]]></category>

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		<description><![CDATA[A la découverte d&#8217;un autre Tanger (Suite n° 5)
Tanger : après les gens, les lieux et les mots.
Une ville, ce sont les endroits que les visiteurs aiment admirer, là où ils se plaisent à flâner, là où leurs rêves peuvent s’accrocher ! Une ville donc, c’est entre autre, une architecture !
Tanger a-t-elle une architecture attirante ? La ville ancienne, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p class="post-chapo">A la découverte d&#8217;un autre Tanger (Suite n° 5)</p>
<p>Tanger : après les gens, les lieux et les mots.</p>
<p class="post-content">Une ville, ce sont les endroits que les visiteurs aiment admirer, là où ils se plaisent à flâner, là où leurs rêves peuvent s’accrocher ! Une ville donc, c’est entre autre, une architecture !</p>
<p>Tanger a-t-elle une architecture attirante ? La ville ancienne, la médina de Tanger n’a pas une architecture spécialement belle. Ce n’est pas moi qui l’affirme :</p>
<p>« Qu&#8217;y a-t-il de comparable à Tanger aux fameuses mosquées Qarawiyyîne, Koutoubiyya, Hassâne ? Qu&#8217;y a-t-il de semblable à la beauté majestueuse des médersas de Fès, de Marrakech et à tous les jardins impériaux des anciennes capitales du royaume ? » S’interroge Mohamed METALSI, directeur des Activités Culturelles de l’Institut du Monde Arabe, Paris lors d’un séminaire en 2003 sur &#8220;LE PATRIMOINE ARCHITECTURAL DE TANGER&#8221;, organise par l&#8217;Association AL BOUGHAZ, que l’on ne peut qualifier de « tangérophobie ».</p>
<p>Alors qu’est-ce qui dans le Tanger de l’époque mythique attirait les visiteurs ?</p>
<p>D’une part, la vue de Tanger vue du bateau qui arrive d’Espagne et d’autre part la vue du Détroit vu de Tanger. Entre les deux, il reste une espèce de « circuit » tracé dans la ville et que tous les visiteurs étaient obligés de suivre, faute de mieux !</p>
<p>De la période mythique de Tanger, si l’on exclut l’axe sur lequel évoluait le monde interlope dont j’ai parlé dans les papiers précédents, la ville était plutôt laide, avec sa médina en décrépitude, ses quartiers périphériques surpeuplés, Beni Makada, premier bidonville, la Msalah, quartier populaire mais très vivant, Dradeb où était relégué la population locale qui n’avait plus sa place dans la médina.</p>
<p>Parlons de ce fameux axe qui partait du port pour y revenir : l’avenue d’Espagne, le boulevard de Madrid, le boulevard d’Antée, le boulevard Pasteur, la rue du Statut pour se retrouver au port ou la rue de Belgique pour se diriger vers le plateau du Marshan, le quartier des riches juifs ou la Montagne le quartiers ds très riches étrangers.</p>
<p>Quand on quitte le port, on traverse une partie de la vieille ville. Les marins miteux et paumés, dans les s’arrêtaient dans les bars sordides du port avant de faire escale dans le minable quartier chaud de « Hawmat beni ider » et y dépenser leurs derniers dollars.</p>
<pre></pre>
<p>Les visiteurs fortunés bifurquaient vers l’hôtel Continental, qui domine toujours le port aujourd’hui encore, fier des fantômes qui l’ont habité dans une autre vie.</p>
<p>Les autres encore plus riches se dirigeaient vers les grands hôtels de la ville nouvelle : Le Minzah, bien sûr, l’hôtel Villa-de-France, ou éventuellement le Rif.</p>
<p>Ils se retrouvaient le soir pour prendre un cocktail, entre eux, dans les salons de leurs hôtels ou sur les terrasses de villas de leurs hôtes de la Montagne. La ville ne les intéressait pas, les habitants encore moins, sauf s’il s’agissait de jeunes éphèbes prêts à tout pour subvenir aux besoins de leurs familles.</p>
<p>Les étrangers qui débarquaient à Tanger y venaient pour visiter quoi, en fin de compte ? Certainement pas des monuments historiques, il y en existe si peu ! Ils préféraient, à ne point en douter, ce que nos nostalgiques de l’époque appellent les « lieux mythiques » que tous les auteurs parlant de Tanger ont mille et cent fois décrits.</p>
<p>Le bar de l’Hotel Minzah et son patio d’où les clients jouissent d’une vue imprenable sur le détroit, il est vrai, mais le détroit n’est pas la ville !</p>
<p>Certains bars, moins snobs, comme le Negresco ou le Trou dans le Mur, qui n’ont rien de marocain, même pas les barmaid.</p>
<p>Certains cabarets, où l’ambiance tient plus du film américain de série C, car même les danseuses du ventre n’arrivent pas à faire couleur locale.</p>
<p>Le café Hafa, endroit idéal pour s’encanailler en fumant un joint et en admirant les côtes espagnoles se découper à l’horizon quand la brume n’occulte pas paysage et en ignorant Tanger qui se trouve juste derrière soi.</p>
<p>Le casino où ils pouvaient dépenser quelques billets de 5 dollars en écoutant parfois de la bonne musique en se croyant à bon compte à Macao.</p>
<p>Le Café de Paris, en face du consulat de France, sur la place de France, et où on rencontrait plus de courtiers et trafiquants que de personnalités illustres.</p>
<p>La boutique « Chez De Velasco » où l’on pouvait acquérir des antiquités aux origines douteuses mais qui n’ont rien à voir avec la culture et l’histoire de Tanger, ni du Maroc, qui d’ailleurs n’intéresse aucunement ce genre de clientèle qui fréquente l’endroit.</p>
<p>« Chez Michel » où l’on pouvait assister tous les soirs un débile et vulgaire spectacle de travestis espagnols mais où les chances de tomber sur des jeunes hommes libres, vigoureux et vénaux étaient très grandes.</p>
<p>Voilà donc ce qui pouvait intéresser les visiteurs étrangers du Tanger « mythique », en fait rien qui puisse flatter la fierté de ses habitants autochtones.</p>
<pre></pre>
<p>D’ailleurs, il serait bon de se souvenir des phrases qui ont été écrites au sujet de ce Tanger-là par un certains nombres de personnages qui l’ont visité ou qui y ont séjourné et que les nostalgiques de la période mythique citent comme références incontournables de cette période supposée glorieuse.</p>
<p>Parlant de nos compatriotes de l’époque, le peintre Eugène Delacroix dit : « Imaginez ce que c&#8217;est que de voir couchés au soleil, se promenant dans les rues, raccommodant des savates… » Bel hommage aux habitants de la ville qui l’a reçu, qui lui a ouvert les portes de ces demeures et dont une galerie d’art porte le nom !</p>
<p>Marc Twain affirme avec une prétention inouïe que « Tanger est une ville étrangère s&#8217;il en fut jamais, et on ne peut trouver son âme véritable dans aucun autre livre que les Mille et Une Nuits ». Pour une ville qui se voulait ouverte vers l’Europe, je crois que la comparaison est un peu malvenue, pour ne pas dire peu flatteuse.</p>
<p>Louis Gardel, pour sa part, porte sur cette ville un jugement peut-être dur, mais qui a l’avantage d’être clair et franc : « Tanger, pendant des siècles citadelle close, était devenue un chantier anarchique où chacun, Marocain ou Européen, riche ou pauvre, se bricolait son coin, sans souci ni du passé ni du voisin ».</p>
<p>Henri Matisse ayant débarqué à Tanger se croit avoir débarqué dans un autre monde ! Il est tout étonné qu’il puisse y pleuvoir : « Je suis à Tanger depuis un mois. Après avoir vu pleuvoir quinze jours et quinze nuits, comme je n&#8217;ai jamais vu pleuvoir. Le beau temps est venu, charmant, tout à fait délicieux de délicatesse. » C’est dire toute l’objectivité, la profondeur et la pertinence des jugements que ce peintre a pu porter sur Tanger.</p>
<p>Pierre Loti, grand voyageur devant l’éternel et chasseur d’images pittoresques les plus plates écrit très sérieusement dans « De retour du Maroc » publié en 1889 : « Pour nous apporter le couscous, à table d&#8217;hôte, des messieurs cuistres tout de blanc cravatés, tout de noir vêtus, avec de petits cafetans étriqués, arrêtés devant à la taille comme si le drap coûtait trop cher, et prolongés derrière, au-dessous du dos, par deux pendeloques saugrenues en élies de hanneton. Des choses laides et des choses commodes. » Description qui rend un hommage particulier à l’hospitalité de la ville et de se shabitants.</p>
<p>Paul Morand lui par contre « n&#8217;aime pas beaucoup Tanger. C&#8217;est une personne officielle, une fiction diplomatique. » Et il continue d’asséner des vérités que certains veulent occulter : « Elle ne pousse pas de racines profondes dans la terre d&#8217;Afrique. », avant d’enfoncer le dernier clou en déclarant « Ville internationale, il y a peu de vrais Marocains » Pour ce diplomate &#8211; romancier « Tanger est beau à la minute où, de l&#8217;Atlantique, on l&#8217;embrasse avec Gibraltar d&#8217;un seul coup d&#8217;œil. ». En un mot, Tanger n’est beau que par sa situation géographique, ni par sonhistoire nipar ses habitants.</p>
<p>Et pour terminer, je crois que Henri Amic en 1924 et Pierre Malo, en 1953 se rejoignent quand le premier écrit que « Les Espagnols, les Français et les Italiens y sont plus nombreux que les Marocains » et que le second enchaîne en affirmant que « Tanger est une ville où nul ne se comprend, mais où tout le monde s&#8217;entend. »</p>
<p>Mais je crois que le jugement de William Burroughs, fruit de ses divagations dues à ses prises d’héroïne et à sa consommation de kif, reste le plus juste et le plus lucide en ce qui concerne Tanger. Ce sombre et chaotique personnage déclarait en 1954 que « Ici personne qui soit ce dont il l&#8217;air ».</p>
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		<title>TANGER, VRAI MYTHE OU SIMPLE FANTASME (Suite n° 4)</title>
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		<pubDate>Mon, 11 Sep 2006 11:03:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator>hmida</dc:creator>
				<category><![CDATA[un autre tanger]]></category>

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		<description><![CDATA[A la découverte d&#8217;une autre Tanger (suite n° 4)
Une culture tangéroise interdite aux tangérois.
Une ville c’est un patrimoine culturel propre, celui qui est le fruit de ses propres enfants. Pas celui d’autrui, pas celui qu’on lui attribue, où celui que la nature inspire à ses hôtes de passage, aussi prestigieux soient-ils.
Annecy a son lac, mais [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p class="post-chapo">A la découverte d&#8217;une autre Tanger (suite n° 4)</p>
<p>Une culture tangéroise interdite aux tangérois.</p>
<p class="post-content">Une ville c’est un patrimoine culturel propre, celui qui est le fruit de ses propres enfants. Pas celui d’autrui, pas celui qu’on lui attribue, où celui que la nature inspire à ses hôtes de passage, aussi prestigieux soient-ils.</p>
<p>Annecy a son lac, mais Lamartine le parisien l’a immortalisé. Ainsi en va-t-il de Tanger : le site est mythique, mais en quoi les tangérois ont-ils contribué à ce mythe ?</p>
<p>Et dans mon approche du Tanger « mythique », je me suis interrogé sur ce qu’ont fait les fils de Tanger pour leur ville durant cette période si « brillante » ? Est-ce eux, leur génie et leur créativité qui ont fait le mythe de Tanger ? J’ai bien peur que non ! Car durant la première partie du XXème, Tanger n’a pas vu naître entre ses murs un seul nom digne d’être retenu par l’histoire de la culture dans le sens le plus large.</p>
<p>En effet, l’on exclut quelques très rares exceptions, telle que Si Abdellah Guennoun, en tant qu’intellectuel ou bien Mohammed BEN ALI R&#8217;BATI en tant que peintre, il aura fallu attendre l’indépendance, et donc la fin de l’ère mythique de la ville, pour voir surgir des noms dont l’influence aura dépassé les limites de la ville.</p>
<p>Mais si l’on en croit la légende qui le Tanger international, cette ville aurait irradié une influence culturelle plus qu’extraordinaire.</p>
<p>Malheureusement, il est bien triste que convenir de la notable rareté de véritables créateurs nés à Tanger, de vrais artistes issus de familles tangéroises, de tangérois qui se soient illustrés dans le domaine du théâtre, de la poésie, de la littérature, de la peinture, de la musique.</p>
<p>Je crois bien que, pour reprendre le texte de Arnaud de La Grange paru dans un dossier du «Le figaro » de 2003 consacré à la croisière « Portes d’Afrique » on peut dire de cette époque :</p>
<p>« C’était l’âge d’or du Tanger international . Une époque de lettres et de crimes, où femmes fatales et hommes à hommes s’enivraient d’exotisme et d’aventures faciles. Tanger la blanche se donnait à Matisse, Jean Genet, Kessel, William Burroughs ou Paul Bowles. L’argent, aux effluves souvent douteux, ruisselait dans les ruelles de la casbah ».</p>
<p>Et pour cette raison, la culture a été le dernier des soucis des tangérois de l’époque. Cela ne nous empêche pas de faire un tour d’horizon des activités culturelles de l’époque.</p>
<p>Bien sûr il y a eu le célébrissime « Teatro Cervantes », construit par les espagnols en 1913 et qui accueillit les plus grandes figures du spectacle de l’époque, de Carruzzo à Lola Flores.</p>
<p>Il nous faut reconnaître que, grâce à la troupe « Al Hilal » qui regroupait quelques jeunes de la ville, les tangérois de langue arabe ont pu assister aux seules deux pièces de théâtre arabe y furent présentées : en 1929 « Salah Dine Al Ayoubi » de Najib Hadded et en 1934 « Majnoun Leila » de Ahmed Chawki. C’est bien peu de choses devant les affiches les plus attrayantes que cette fameux salle a offert aux spectateurs européens de la ville.</p>
<p>Il ne faut oublier de noter la boulimie cinématographique qui a saisi toute la population tangéroise durant les années qui nous intéressent. Toutes les salles, des plus prestigieuses aux plus populaires, de celles qui se spécialisées dans les films espagnols à celles réservées aux productions égyptiennes, ne désemplissaient pas. C’est une preuve de plus de l’indigence de la vie culturelle réelle qui a sévi durant les « belles années » de Tanger.</p>
<p>Cependant, je me souviendrai toujours des représentations théâtrales organisées par les « Amis du Théâtre de France », des concerts de musique concoctés par les « Jeunesses Musicales Françaises », des séances de films sous l’égide du Ciné Club local. Je me rappelle avoir vu jouer « Le Cid » par Gérard Philipe, avoir écouté Claude Bowling qui m’a fait découvrir le jazz, avoir vu « L’île nue », film sans dialogue qui décrit la vie des paysans japonais. J’avoue que cela a contribué pour beaucoup dans la formation de notre génération post-deuxième guerre. Mais l’apport des nos concitoyens dans ce flot de culture était plus que dérisoire.</p>
<p>Pourtant, je me dois de signaler que la génération de tangérois ayant vécu la période « mythique » de la ville a réussi à sauvegarder l’héritage musical que leur ont laissé les arabes refoulés d’Espagne et à perpétuer une tradition spécifique de la « ala andaloussia » jouée, chantée et interprétée à la manière tangéroise.</p>
<p>L’enseignement durant la période internationale de Tanger forme également un autre mythe dont se gargarisent les défenseurs de la « belle époque » de la ville.</p>
<p>En effet les établissements d’enseignement de statut français, comme l’école Berchet ou le Lycée Regnault, côtoyaient les écoles et collèges espagnols, dont les « penas » animaient les fêtes de noël et de fin d’année, et concurrençaient « The American Scholl » et l’école italienne installée dans le palais Littorio, destiné au départ au sultan Moulay Hafid.</p>
<p>Les juifs, présents dans tous les établissements précités avaient la possibilité d’étudier également dans les établissements de l’Alliance Israélite où « les méthodes étaient rigoureusement celles de l&#8217;enseignement primaire français, avec sa discipline, sa rigueur, ses leçons apprises par cœur, des cahiers impeccables, aux écritures calligraphiées » comme l’écrivait Jules Braunschvig, ancien président de l’A.I.U. dans les « Cahiers de l&#8217;Alliance Israélite Universelle ».</p>
<p>Un certain nombre d’élèves d’origine marocaine fréquentaient également tous ces établissements mais leur nombre en représentait la portion congrue. Car, ne nous y trompons pas, le mélange de nationalités relevait du mythe !</p>
<p>La plus large part du contingent d’élèves marocains était inscrit dans les écoles dites franco-arabes, dont la plus cotée portait un nom bien plein de signification : « Ecole des fils de notables ». On ne pouvait être plus clair.</p>
<p>L’enseignement professionnel était déjà dispensé mais plutôt réservé aux jeunes marocains</p>
<p>Une petite partie de la population locale a eu recours aux écoles dites « libres » qui dépendaient des mouvements nationalistes, telle que l’Ecole de l’Unité, l’Ecole Guenoune ou le Lycée Mohamed Ben Youssef.</p>
<p>Deux points à retenir dans ce domaine : la très faible part de la jeune fille marocaine dans l’enseignement de l’époque ainsi que le très bas taux de réussite des jeunes marocains. Il a fallu attendre l’après guerre pour connaître le premier bachelier marocain à Tanger. Et jusqu’à l’indépendance le nombre de bacheliers lauréats du Lycée français se comptait à l’unité. Rappelons que les autres enseignements n’assuraient le plus souvent pas de cursus scolaire secondaire.</p>
<p>N’oublions pour conclure la presse tangéroise, ses journaux en français, en espagnol, en anglais, les radios, l&#8217;internationale et l&#8217;américaine, les librairies où les livres arabes n’étaient jamais en vitrine… Enfin tous les ingrédients d’une soi disant culture !</p>
<p>Voilà donc un aspect de ce Tanger « mythique », qui fit la célébrité de Tanger, ce Tanger stratifié, segmenté, mosaïque hétéroclite de peuples que l’histoire a réunis, mais à qui elle n’a pas donné les mêmes chances</p>
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		<title>TANGER, VRAI MYTHE OU SIMPLE FANTASME (suite n° 3)</title>
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		<pubDate>Sun, 10 Sep 2006 11:01:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>hmida</dc:creator>
				<category><![CDATA[un autre tanger]]></category>

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		<description><![CDATA[ la découverte d&#8217;un autre Tanger (suite n° 3)L&#8217;économie &#8220;virtuelle&#8221; du Tanger d&#8217;antan
Mes dernières visites à Tanger m’ont laissé un très agréable sentiment de plénitude. Enfin, je voyais Tanger et sa région vivre une vie économique saine, basée sur des projets réels, concrets, palpables, visibles….
Comme nous sommes loin de ce « Tanger mythique » cher à nombre [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p> la découverte d&#8217;un autre Tanger (suite n° 3)L&#8217;économie &#8220;virtuelle&#8221; du Tanger d&#8217;antan</p>
<p class="post-content">Mes dernières visites à Tanger m’ont laissé un très agréable sentiment de plénitude. Enfin, je voyais Tanger et sa région vivre une vie économique saine, basée sur des projets réels, concrets, palpables, visibles….</p>
<p>Comme nous sommes loin de ce « Tanger mythique » cher à nombre de mes concitoyens, accrochés à je ne sais quels rêves, à ce Tanger où la vie était supposée facile, à ce Tanger qui a inspiré tant de fantasmes.</p>
<p>Ce Tanger, qui a vécu sous le statut de ville internationale, imposé au Maroc par une kyrielle de puissances européennes, était-il si mythique que cela et pour qui étaitil mythique ?</p>
<p>Cela devait l’être pour tous les habitants de la ville en principe, les nationaux d’abord et les étrangers qui y affluèrent aussi ! Sinon il y a lieu de remettre les pendules à l’heure et dire crûment la réalité, aussi cruelle et humiliante soit-elle pour ceux qui ont vécu l’envers du décor du mythe tangérois. Cela permettra peut-être d’exorciser ce souvenir qui hante la mémoire collective des tangérois.</p>
<p>De quoi vivait Tanger durant cette époque supposée dorée? De quoi vivaient les habitants de Tanger ? Y avait-il une économie productive, source de travail stable, de revenus élevés et de richesse pour tous ?</p>
<p>Les références les plus sérieuses restent plus que sceptiques sur ce point.</p>
<p>Tanger disposait d’un port qui devait jouer sa chance entre Gibraltar et Ceuta, mais n’arriva jamais à s’imposer, malgré des travaux d’extension, d’approfondissement et d’aménagement qui continuèrent jusqu’à l’indépendance. Le port a cependant toujours servi de plaque de passage de denrées de contrebande en provenance d’Espagne et de Gibraltar. Notons que l’administration du port a toujours été entre les mains d’européens et que les seuls emplois réservés aux marocains étaient celui de docker ou à la limite celui de pointeur ou magasinier.</p>
<p>Le statut spécial des opérations financières et la liberté de circulation de capitaux entre Tanger sous statut international et le reste du monde ont favorisé l’installation de banques, de comptoirs de changes et de marchands de métaux précieux. Ce genre d’activité a permis d’auréoler Tanger d’un nuage de prospérité fictive, dont les nationaux étaient évidemment exclus.</p>
<p>Le Tanger de l’époque était connu comme point de passage obligé pour tous genres de trafics entre l’Europe et l’Amérique du Sud, notamment la traite des blanches. Les grands proxénètes européens, qui contrôlaient cet ignoble commerce, avaient leurs bases arrières à Tanger. Si pour certains auteurs en mal d’inspiration, cela pouvait constituer une toile de fonds intéressante pour leurs romans, pour le marocain que je suis, je trouve que cela ne participe en rien à la construction du mythe de ma ville.</p>
<p>Tanger a été, surtout après les années qui ont suivi la deuxième guerre mondiale, une oasis de paix et de douce quiétude pour milliardaires en quête d’exotisme ou de doux rêveurs d’une époque pré &#8211; hippie qui étaient attirés par la facilité de la vie dans la cité du détroit. A ce titre, je citerai Paul Bowles, l’homme par qui le Tanger mythique a existé.</p>
<p>A cet égard, je vous livre la réponse de cet « amoureux » de Tanger a fait à Roberta Bosca qui lui demandait en 1994 de décrire le Tanger qu&#8217;il aime : (in &#8220;La ville des mille et une lumières&#8221;. (in: Ailleurs, avril 1994 ; n°1 ; pages 96 à 117).</p>
<pre>« .. Regarder Tanger de loin est une bonne façon de l'embellir et effacer ses défauts. Il y a des années, dès qu'on débarquait à Tanger, on se sentait littéralement hypnotisé par l'intense luminosité. Une lumière toujours en mouvement, chaude et douce quand soufflent les vents du désert, dure et mélancolique quand elle est soumise à l'influence de l'océan. L'hypnose disparue, chacun était rapidement pris par l'ivresse de la liberté. Une liberté qui se transformait en prison pour ceux qui ne savaient pas résister à l'appel du Kif, le haschich de l'Atlas. Lorsque je suis arrivé à Tanger, il y a soixante ans, on se déplaçait à dos d'âne; deux fois par semaine, les chameaux amenaient le ravitaillement de bois et de charbon pour la médina. A l'arrivée des chameaux, le jeudi et le dimanche, on faisait la fête. La joie et l'insouciance naissaient spontanément sur la place du Grand Souk. Un lieu qui par ses couleurs, ses musiciens et ses saltimbanques, ressemblait à la place Djema El Fna de Marrakech. »</pre>
<p>Il faut reconnaître que Paul Bolwes est expert en exotisme, lui qui appréciait tellement le charme extrême oriental du Siam et ne supportait pas son Amérique profonde. Mais il avait cependant une piètre idée de nos compatriotes. Je vous laisse juges : « (&#8230;) Désormais, il y a des années que je ne vais plus à la médina et je n&#8217;y ai jamais vécu, trop de monde et de saleté. Je retourne par contre au café Hafa. C&#8217;est sur sa terrasse que je continue à rêver. Le temps a tout transformé sauf cet endroit. Secret et silencieux, le café Hafa est resté comme autrefois, magique. Génération après génération, c&#8217;est là que se retrouvent les joueurs d&#8217;échec, les poètes, les écrivains, les artistes. Et, installés sur les vieilles nattes de paille, ils s&#8217;abandonnent encore aux douces illusions du Kif.&#8221;</p>
<p>Voilà le Tanger que certains esprits en mal de nostalgie malsaine veulent imposer comme une ville « mythique » ! Par la force de la géographie, Tanger constituait alors un point de rencontre de toute une population interlope qui fraie dans les bas fonds de la plupart villes portuaires. Dans ce domaine, Tanger n’avait ni plus ni moins d’atouts ni d’attraits que Marseille, Alger, Gênes, Barcelone ou Alexandrie. Tout ce « beau monde » se retrouvait dans une infinité de bars, de cabarets, de tripots, de bordels à la clientèle éclectique, du marin grec au yachtman anglais. Certains établissements avaient une classe certaine, d’autres relevaient du bouge le plus minable. Et nos compatriotes vivant à Tanger étaient le plus souvent exclus des premiers, sauf à y travailler comme serveurs ou bien être invités par un « parrain » européen. Il n’y a aucune honte à le rappeler comme il n’y a aucune vanité à en tirer.</p>
<p>La question que l’on est en droit de se poser serait donc : de quoi vivait la majorité des nationaux installés à Tanger, durant cette période « mythique » ?</p>
<p>Ils formaient la cohorte de petits métiers de toute ville marocaine de l’époque : petits commerçants, petits artisans, petits employés, petits fonctionnaires. De plus chanceux profitaient du « mythe » et des opportunités qu’il offrait : chauffeurs de taxi, guides, trafiquants de petite envergure, employés dans les grands hôtels. Rappelons-nous que du temps du Tanger mythique, le nombre de marocains propriétaires de leur logement était extrêmement bas, ceux qui disposaient d’une voiture était pratique nul.</p>
<p>Le Tanger « mythique » n’offrait pas de travail dans des usines et encore moins dans l’agriculture. Toute possibilité d’épanouissement était exclue. C’est ainsi que toute une génération de tangérois a grandi dans un flou économique qui leur faisait croire la vie facile, alors qu’elle était simplement indigne.</p>
<p>Et c’est cette indignation que les tangérois ont fini par exprimer au prix de la vie de dizaines d’entre eux dans les émeutes tragiques du 30 mars 1953, dont peu des nostalgiques du Tanger « mythique » veulent se souvenir !</p>
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		<title>TANGER : VRAI MYTHE OU SIMPLE FANTASME (suite n° 2)</title>
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		<pubDate>Fri, 08 Sep 2006 10:59:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator>hmida</dc:creator>
				<category><![CDATA[un autre tanger]]></category>

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		<description><![CDATA[A la découverte d&#8217;une autre Tanger (suite n° 2)
Les populations de Tanger
La population de Tanger

Quand on veut se renseigner sur la composition de la population Tanger et son évolution, il est plus facile de trouver des références concernant les familles juives par exemple que la répression sanguinaire des Rois catholiques a chassés d’Espagne, ou sur [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p class="post-chapo">A la découverte d&#8217;une autre Tanger (suite n° 2)</p>
<p>Les populations de Tanger</p>
<p class="post-content">La population de Tanger</p>
<pre></pre>
<p>Quand on veut se renseigner sur la composition de la population Tanger et son évolution, il est plus facile de trouver des références concernant les familles juives par exemple que la répression sanguinaire des Rois catholiques a chassés d’Espagne, ou sur les riches anglaises installées sur les flancs de la Montagne qui domine la baie à la recherche d’un calme qu’elles ne trouvaient plus sur la Riviera italienne, ou sur certains noms sulfureux du monde glauque et trouble qui a dominé cette ville.</p>
<p>Mais quid des familles de souche marocaine ?</p>
<pre></pre>
<p>Un rapide examen des noms des familles tangéroises actuelles les plus représentatives aboutit à un triple constat : la quasi disparition des noms à consonance typiquement tangéroise, la rareté des noms à consonance arabe et liés à d’autres villes, régions ou filiations spirituelles marocaines et la prolifération des noms à consonance ou d’origine berbère, notamment rifaine</p>
<p>Qu’est-ce à dire ?</p>
<p>Rien d’autre que les vieilles familles tangéroises se sont dissoutes par la force de l’histoire dans le nouveau tissu social de la ville.</p>
<p>Les vieilles familles tangéroises ne pouvaient se prévaloir ni de fortunes traditionnelles, tel qu’un patrimoine foncier urbain ou rural, de négoces florissants et lucratifs ni de charges administratives « makhzaniennes » sources de pouvoir ou d’influence comme d’autres villes marocaines à l’instar de Fez, Marrakech, Salé ou plus près Tétouan. Tout au plus certains « noms » pouvaient-ils se prévaloir de la protection de telle ou telle légation étrangère dans le cadre du régime des capitations. Donc rien qui puisse être mis au crédit d’une grande histoire de la ville.</p>
<p>Les tangérois qui comptent actuellement ne peuvent prétendre inscrire leur « tangéroisité » dans l’histoire de la ville qu’à partir de la seconde moitié du XXème, rarement plus loin dans le temps.</p>
<p>Alors comment peut-on parler d’un Tanger qui aurait été « mythique » alors que la réalité est bien plus terre-àterre ?</p>
<p>Ou alors, il s’agirait d’un Tanger qui est totalement étranger au Tanger marocain, un Tanger qui a existé en marge du vrai Tanger, un Tanger qui évoluerait entre l’hôtel El-Minzah et l’hôtel Villa-de-France avant de continuer son existence irréelle dans les somptueuses demeures de la Montagne, où des vieux anglais passaient quelques semaines par an à l’ombre des pins, pour poursuivre sa mythique destinée dans les vieilles demeures de la médina achetées à vil prix par tel ou tel nom de la jet-set internationale et restaurées dans la pure tradition imaginaire des mille et mille nuit.</p>
<p>Et pour agrémenter le tout, il était de bon ton d’y inviter quelques artistes paumés dans des soirées où l’alcool coulait à profusion. C’est ainsi que ce Tanger a vu défiler dans ses salons les noms qui ont participé à la création du mythe de Tanger.</p>
<p>Voilà à titre d’exemple, la description d ’une de ces fameuses réceptions reprise dans une enquête du magazine Tel Qiel dans son numéro 187 : « Les bals masqués du duc de Thovar étaient particulièrement prisés par tout ce que comptait Tanger comme acteurs, artistes, écrivains peintres et autres diplomates. L’endroit était merveilleux. On se serait cru à Hawaï, dans ces montagnes couvertes d’arbres qui laissent à peine filtrer la lumière ». Les nationaux devaient bien peu nombreux dans ce genre de petites fêtes.</p>
<p>Oui, en effet, si mythe il y a, c’est bien celui-là : le mythe d’une ville parallèle qui a vécu une vie autre que celle des vrais habitants de Tanger, une ville où les seuls tangérois à être acceptés étaient le serveurs, les maîtres d’hôtels, les cuisiniers, les chauffeurs, les concierges, les gardiens, bref le personnel de maison….</p>
<p>Oui en effet, pour cette population laborieuse ce Tanger-là était un mythe, un mythe inaccessible, mais un mythe dont elle n’aurait tiré jamais dû tirer la moindre fierté.</p>
<p>Le brassage des populations, des nationalités, des religions, des cultures a aussi été outrageusement exploité pour justifier ce mythe tangérois.</p>
<p>La population tangéroise, du temps de sa « splendeur internationale », a toujours été atomisée soit en strates superposées dont la hiérarchie très nette était basée sur la fortune, et la fortune appartenait aux étrangers, soit en mosaïque de petites communautés appartenant au même niveau social mais vivant chacune dans son quartier, pratiquant sa langue, célébrant ses fêtes, entretenant sa culture et adorant son dieu.</p>
<p>Si le souvenir d’un Tanger cosmopolite peut être ressassé, le mythe d’une ville oecuménique rt tolérante relève dans une grande part de l’imaginaire de ceux qui regrettent le Tanger d’antan.</p>
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		<title>TANGER : VRAI MYTHE OU SIMPLE FANTASME (Suite n° 1)</title>
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		<pubDate>Wed, 06 Sep 2006 10:56:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>hmida</dc:creator>
				<category><![CDATA[un autre tanger]]></category>

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		<description><![CDATA[A la découverte d&#8217;un autre Tanger (suite n°1)
Une autre histoire de Tanger
Quand on parle d’une ville, n’importe quelle ville, il existe des repères incontournables, des points d’ancrage qui servent à la situer, des critères objectifs permettant des comparaisons…
Une ville, c’est d’abord une histoire, attestée, vérifiée,
Quand on consulte un ouvrage ou un site concernant Tanger, l’histoire [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p class="post-chapo">A la découverte d&#8217;un autre Tanger (suite n°1)</p>
<p>Une autre histoire de Tanger</p>
<p class="post-content">Quand on parle d’une ville, n’importe quelle ville, il existe des repères incontournables, des points d’ancrage qui servent à la situer, des critères objectifs permettant des comparaisons…</p>
<p>Une ville, c’est d’abord une histoire, attestée, vérifiée,</p>
<p>Quand on consulte un ouvrage ou un site concernant Tanger, l’histoire la cité semble remonter à celle de l’homme.</p>
<p>Pourtant, la période préhistorique de toute la région demeure mal connue et on ne relève d’ailleurs, dans les environs immédiats de Tanger, aucune trace de vie que l’on pourrait qualifier de antéhistorique.</p>
<p>Par contre, la mythologie gréco-romaine se trouve abondamment mêlée à l’histoire du site, dont la topologie à de quoi faire rêver. D’Antée, enterré sur les flancs de la colline du Charf, à Hercule, dont les colonnes ont marqué le début ou la fin du monde connu de l’époque, la mythologie tangéroise se vante d’avoir accueilli Calypso, qui semblait plutôt régner du côté de Sebta.</p>
<p>Les phéniciens, plus pragmatiques, ont laissé les traces attestées de leur présence : des tombes de l’époque sont encore visibles sur la falaise du Marshan, même si elles sont dans un état d’abandon regrettable.</p>
<p>Tingis comme le reste de la Mauritanie tingitane, semble avoir eu une part assez active dans les luttes intestines romaines. Mais il faut reconnaître que les traces de la présence romaine sont bien plus réelles à Luxor et à Volubilus qu’à Tanger même.</p>
<p>L’histoire de Tanger a commencé à s’écrire de façon durable avec l’arrivée des Arabes. Ceux-ci avaient pourtant préféré, pour des raisons évidentes de géographie, comme tête de pont pour le conquête de l’Espagne la ville de Sebta, dont l’influence s’était étendue, plus tard, vers le sud jusqu’à Fez et Marrakech.</p>
<pre></pre>
<p>Dans la foulée de la Reconquista entreprise par les rois catholiques ibériques, Tanger a subi l’occupation portugaise puis espagnole puis à nouveau portugaise, entre 1492 et 1662, avant de passer sous le joug des anglais jusqu’en 1684. La ville étant à chaque invasion saccagée, il ne reste de cette époque que quelques murailles, que quelques portes, dont personne ne semble se soucier.</p>
<p>De nombreuses tentatives de reconquête ont été lancées durant cette longue période avant que la ville ne revienne sous le giron de l’empire chérifien sous le règne de Moulay Ismaël. Et sous la férule du Pacha Er-Riffi, Tanger a commencé à exister comme cité vraiment marocaine.</p>
<p>Vers la fin du XVIIIème siècle, Tanger, du fait de sa position géographique, devint de facto la capitale diplomatique de l’empire chérifien. Les légations hollandaise, américaine, française vinrent s’y installer.</p>
<p>Après les conférences de Berlin de 1898 et d’Algerisas en 1906, les européens ont décidé de s’immiscer dans les affaires intérieures de l’empire chérifien. Tanger a dû alors céder à Fez sa place de capitale diplomatique.</p>
<p>Il faudra attendre 1923 pour que cette ville retrouve son statut de ville ouverte vers l’étranger qui a fini par devenir un cas d’école.</p>
<p>Par le traité du 23 décembre de cette année, Tanger devient la première et la seule ville dans l’histoire administrée simultanément par plusieurs puissances étrangères : Royaume-Uni, Espagne, Belgique, Hollande, États-Unis, Portugal, Union Soviétique, France, et plus tard Italie. Les tangérois et les amoureux de Tanger en tirent un sentiment de vanité que je n’ai jamais partagé. En fait, ce statut a conféré à la ville un caractère interlope qu’elle arbore encore dans une incompréhensible gloriole.</p>
<p>Pourtant, cette situation trouble a permis à Tanger de devenir, après la seconde guerre mondiale, simultanément la plaque tournante d’une parte du grand banditisme international et d’autre part du nationalisme marocain et maghrébin.</p>
<pre></pre>
<p>A coté de la présence dans ses murs des plus grands trafiquants de cigarettes blondes, des plus grands pourvoyeurs de maisons peu recommandables, il faut rappeler que c’est dans cette ville que Mohamed ben Youssef avait lancé le premier appel à l’indépendance du Maroc dans son fameux discours prononcé le 9 avril 1947 dans les jardins de la Mandoubya. C’est par cette ville que les armées de libération marocaine et algérienne ont été approvisionnées en armes et munitions. C’est dans cette ville qu’ont trouvé refuge les grands noms de la lutte pour l’indépendance. De Allal Fassi à Habib Bourguiba en passant par les leaders algériens.</p>
<p>Et en 1956 Tanger a repris sa place normale dans le royaume indépendant et elle a suivi son destin de ville marocaine à part entière, avec ses heurs et malheurs.</p>
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		<title>TANGER :VRAI MYTHE OU SIMPLE FANTASME</title>
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		<pubDate>Sun, 03 Sep 2006 10:51:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>hmida</dc:creator>
				<category><![CDATA[un autre tanger]]></category>

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Depuis toujours, j’ai un sentiment de doute sur le « charme secret » la ville de Tanger, plus exactement sur son aspect de « ville mythique ». Ce n’est pas normal pour un tangérois, me diriez-vous ? Il est vrai que je suis convaincu que Tanger a toujours bénéficié d’une [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p class="post-chapo">A la découverte d&#8217;un Tanger &#8220;autre&#8221;.</p>
<p class="post-content">Depuis toujours, j’ai un sentiment de doute sur le « charme secret » la ville de Tanger, plus exactement sur son aspect de « ville mythique ». Ce n’est pas normal pour un tangérois, me diriez-vous ? Il est vrai que je suis convaincu que Tanger a toujours bénéficié d’une aura souvent imméritée, d’une notoriété parfois usurpée et d’une surexposition légèrement surfaite. Et cela est entretenu par les amoureux de cette ville, qui reste, je ne peux qu’en convenir, une merveille d’architecture dans un bel écrin naturel. Le premier paradoxe que j’ai relevé en commençant à m’intéresser au mythe de Tanger concerne le nom de l’intellectuel contemporain qui revient le plus souvent quand on parle de cette ville. J’aurais été heureux et fier que Tanger fût associé au nom de Si Abdellah Guennoun. A lui seul, cet homme réunissait toutes les vertus que l’on reconnaît à « l’honnête homme », à l’intellectuel : théologien éclairé, responsable politique, historien, écrivain, poète, militant nationaliste et associatif, fondateur d&#8217;écoles, d&#8217;instituts d&#8217;études et de bibliothèques, membre des plus hautes instances marocaines et toujours distant du pouvoir. <a href="http://imageshack.us/"><img border="0" src="http://img134.imageshack.us/img134/4813/abdellahguenounxv2.jpg" alt="Image Hosted by ImageShack.us" /></a> J’aurais compris que l’on associât celui de Tahar Ben Jelloun à de la ville du détroit. Après tout, il y a grandi, il y a suivi ses études, sa famille y est établie. Et que l’on soit un de ses admirateurs ou pas, il faut reconnaître que, même stakhanoviste de l’écriture, il est doté d’un certain talent, sinon un talent certain, reconnu par un prix littéraire français dans les années 1980. Non, le nom de Tanger se trouve systématiquement accolé à celui de Mohamed Choukri, « l’auteur » du « Pain nu » et d’autres opuscules plus ou moins intéressants. Bien sûr, on peut prétendre que Mohamed Choukri a marqué la littérature marocaine et peut-être arabe. On peut admirer son « œuvre », on peut s’extasier devant la verdeur de son langage, devant l’audace de ses sujets, devant la crudité de ses descriptions. Que de ce trio, Si Abdallâh Guennoun l’homme de Dieu, Tahar Ben Jelloun l’homme de lettres et Mohamed Choukri l’homme de rue, l’on choisisse le dernier pour en faire le symbole de Tanger, je crois qu’il y a matière à se poser des questions ! Et c’est à partir de ce paradoxe que j’ai décidé de m’atteler de plus près au mythe de Tanger, d’essayer de le décortiquer au risque de m’attirer les foudres des inconditionnels de cette ville. Ce ne sera pas, je crois, l’unique paradoxe ni la seule énigme, ni le mythe abracadabrant, ni la légende farfelue ou simplement l’information la plus fausse concernant cette ville, que j’aurai à affronter durant ma quête. J’aurai à cœur de « démystifier » Tanger dans le sens de la dépouiller de son caractère mystérieux ou trompeusement embellissant pour la montrer dans sa réalité. Je tenterai même d’aller au-delà et de la « démythifier » en la débarrassant autant que faire se peut des aspects mythiques qui voilent la réalité de cette ville pour n’en retenir que ce qui est vrai, authentique, réel. Vaste programme, grande ambition, projet en apparence plus qu’ambitieux, peut-être même prétentieux. Mais je me dois de le mener à terme, pour qu’enfin je puisse penser à ma ville natale sans avoir chaque fois à remettre les pendules à l’heure. Aussi bien vis-à-vis de moi-même qui ai quitté Tanger il y a bientôt cinquante ans, de mes enfants qui ne connaissent cette ville que comme ville de vacances, que de mes ancêtres, qui ont vécu dans cette ville et en marge de cette ville. A suivre&#8230;..</p>
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		<title>TANGER : VRAI MYTHE OU SIMPLE FANTASME (Suite n° 6 et fin)</title>
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		<pubDate>Tue, 17 Jan 2006 11:14:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator>hmida</dc:creator>
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		<description><![CDATA[A la découverte d&#8217;un autre Tanger (suite n° 6 et fin)
Après le rêve, le cauchemar et enfin la réalité!
Le retour de Tanger au sein de la mère patrie s’est fait dans la douleur, le doute et la difficulté.
En effet, si la conférence de Fedala (actuellement Mohammedia) d’octobre 1956 restitue la souveraineté du Maroc sur la [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p class="post-chapo">A la découverte d&#8217;un autre Tanger (suite n° 6 et fin)</p>
<p>Après le rêve, le cauchemar et enfin la réalité!</p>
<p class="post-content">Le retour de Tanger au sein de la mère patrie s’est fait dans la douleur, le doute et la difficulté.</p>
<p>En effet, si la conférence de Fedala (actuellement Mohammedia) d’octobre 1956 restitue la souveraineté du Maroc sur la ville. Cependant une chartre royale lui octroie un statut spécial par afin d’y maintenir la liberté de change et de commerce jusqu’en 1960.</p>
<p>Avec l’abolition de cette chartre royale, Tanger est redevenue totalement marocaine et à partir de cette date on peut dire que la ville a subi les aléas normaux d’une ville moyenne appartenant à un pays en voie de développement.</p>
<p>Elle est passée de sa situation totalement irrationnelle et presque surréaliste de « ville internationale » à celui de ville marocaine, sans y être préparée. Les priorités de l’état marocain à l’époque étaient plus tournées vers le développement des villes de l’ancienne zone sud, surtout l’axe Casablanca &#8211; Mohammedia -Rabat &#8211; Kenitra.</p>
<p>Il est certain que les autorités centrales de l’époque ont démissionné de leur rôle, notamment en matière de planification urbaine, d’équipement et d’infrastructures de base, sur l’ensemble du nord du pays en général et de Tanger en particulier, malgré la promesse vite oubliée de Hassan de faire de la ville du détroit sa « capitale d’été ».</p>
<p>La ville a été, pour ainsi, abandonnée à ses gestionnaires locaux, confiée à des conseillers municipaux plus avides de privilèges que de volonté d’œuvrer pour l’intérêt général de la ville et de sa population.</p>
<p>Ceux qui constituaient l’élite marocaine à l’époque, en fait une poignée de personnes éloignées du pouvoir et privées d’influence pendant la période internationale, se sont arrogées le droit d’agir en maîtres de la ville et ont fait main basse sur les richesses potentielles. De petits fonctionnaires sans envergure sont devenus édiles sans contrôle.</p>
<p>Sans entrer dans les détails, il suffit de rappeler le sort qui a fait du legs laissé à Tanger par le duc de Tovar : une fortune constituée de bijoux, d’œuvres d’art et d’un patrimoine foncier tant à Tanger qu’en Espagne qui a été dilapidée, dans des conditions que même la justice n’a pas su ou pu déterminer. Le domaine foncier de la « Rentestica », société civile immobilière internationale, aurait été également dilué dans de troubles transactions. Le projet d’aménagement de la Baie de Tanger a donné lieu aux pires excès. Ainsi, en quelques années, des fortunes inimaginables se sont constituées sous les yeux de la population indignée mais impuissante.</p>
<p>Et c’est ainsi que Tanger, échappant à toute autorité centrale, a traversé les décennies 1960 à 1990 en se mettant successivement sous la coupe des barons de la politique locale, puis des barons de la contrebande et ensuite des parrains de la drogue avant de tomber dans l’escarcelle des islamistes purs et durs.</p>
<p>Pendant cette période, Tanger s’est développé de façon anarchique. Les bidonvilles se sont multipliés, les constructions sans autorisation ont proliférées, la voirie n’a pas suivi, l’eau a commencé à manquer !</p>
<p>La vie, plus ou moins facile aussi indigne qu’elle ait pu être, est devenue de plus dure pour les tangérois. Le petit peuple de la ville s’est alors tourné vers l’Europe. La Belgique fut la destination privilégiée des premiers émigrés. Et dès les années 1970, une petite « bourgeoisie » issue de l’émigration a commencé à émerger ; des quartiers entiers ont été érigés grâce au produit des transferts de l’étranger.</p>
<p>Mais malheureusement, la drogue – notamment le trafic du kif et de ses dérivés &#8211; a très rapidement infiltré la communauté tangéroise à l’étranger qui a été cependant très vite supplantée dans cet ignoble commerce par de véritables réseaux mafieux. En quelques années, des fortunes colossales, à la limite de la décence, sont apparues, dont les effets sur la ville ont été immédiats.</p>
<p>On a vu se dresser des villas mirifiques d’un coût faramineux mais d’un goût très discutable. On a vu débouler dans les rues en pente de Tanger des Alfa Roméo ou des Porshe conduites par des gosses de 16 ans ! On a vu des familles passer des baraques du sordide bidonville de Béni Makada à des appartements de 1.000 mètres carrés dans un immeuble de luxe sur l’avenue Mohamed V ! Ascension sociale ? Non, tout simplement de l’argent sale ! Et des séquelles très profondes stigmatisent encore à ce jour l’image de la ville !</p>
<p>La vie facile provocant des vocations, la ville de Tanger est devenue dans les années 1980 le foyer de la débauche et le nid du dévergondage.</p>
<p>Et bien sûr, le corollaire normal d’une telle situation a fini par se produire : la ville a basculé entre les mains des islamistes. Il faut dire que le courant salafiste a toujours existé à Tanger, depuis le temps des «derkawa», leur zaouiya en médina et leurs quelques adeptes, longues barbes roussies au héné, yeux passés au khlol et chapelet à gros grains en bois autour du cou. Cela faisait un peu partie du folklore de la ville ancienne. De nos jours, ce sont les courants les plus extrémistes qui ont pris le contrôle d’une grande partie des couches sociales, des plus démunies au plus aisées. Depuis le début des années 1990, les plus pauvres se réfugient derrière les prédicateurs hystériques et les plus riches entretiennent les meilleures relations les pontes de l’islamisme national, comme pour se faire pardonner d’avoir accumulé tant de biens mal acquis en si peu de temps.</p>
<p>Et pourtant, depuis l’indépendance et en dépit de ces aléas, une partie de la population de la ville a connu une évolution normale. Des centaines de jeunes tangérois et tangéroises ont pu entreprendre des études supérieures, parfois très poussées, des centaines de jeunes tangérois et tangéroises ont commencé à briller dans les domaines les plus vairés, de la recherche au cinéma, de la peinture à la littérature, des affaires économiques saines et lucratives à la musique, du droit à l’architecture. Seule les arcanes de l’administration publique et des centres décisionnels nationaux semblent échapper encore à cette « nouvelle vague » tangéroise.</p>
<p>Une vie culturelle digne de ce nom est née à Tanger. Des activités culturelles de haut niveau ont commencé à voir le jour et à compter dans les agendas des intellectuels : festivals, expositions, rencontres.</p>
<p>Tanger a changé de visage : un journal local titrait récemment « Tanger &#8211; Manhattan » un article sur la place Roudani. En effet, cet endroit est une merveille d’architecture moderne due au génie d’architectes dont la ville peut être fière.</p>
<p>Actuellement, Tanger peut être s’enorgueillir de ses fils et de ses filles, malgré les stigmates d’une période de transition difficile qui a suivi la période encore plus difficile de l’asservissement.</p>
<p>Et depuis le nouveau règne, Tanger semble être rentré dans les faveurs du régime et une nouvelle vie semble devoir s’ouvrir devant cette ville ! Une économie véritable est en cours de mise en place, avec zônes industrielles, zônes franches, port, unités hotelières, constructions de logements sociaux, bref une économie saine et porteuse de travail et de richesse.</p>
<p>Espérons que le XXI ème siècle soit enfin le siècle de Tanger, car cette ville mérite que l’histoire s’y arrête pour ce qu’elle est vraiment et pour ce que sont ses vrais habitants !</p>
<p>Mais Tanger saura-t-elle saisir de cette opportunité? Les événements récents nous rappellent que Tanger n&#8217;a pas oublié ses vieux démons!</p>
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