CES JOURNALISTES QUI VEULENT TOUT DIRE SUR TOUT !

Les récents événements de Paris reposent à nouveau une double question fondamentale : celle de la collecte de l’information par les journalistes et celle de la diffusion de l’information recueillie.

Bien sûr que le rôle premier et essentiel du journaliste est de recueillir les informations en s’assurant de leur véracité par le recoupement des sources et leur authentification.

Un attentat se produit quelque part : le journaliste doit en rendre compte, sereinement, sans complaisance ni exagération! Il doit s’en tenir aux faits et rien qu’aux faits. Les supputations, les extrapolations, les théories, les montages de scénarii ne sont pas du ressort ni de la compétence de celui qui informe!

Il doit s’en tenir à informer le public : la police, les polices, les enquêteurs, le parquet sont sont seuls habilités à aller au-delà des faits constatés de visu.

Or, avec le dévelloppment des chaînes d’information en continu, l’information est devenue une denrée de consommation et les journalistes des commerçants de l’information.

C’est à celui qui vendra le plus grand nombre de minutes sinon d’heures d’heurs aux téléspectateurs : en fait, c’est à celui qui arrivera à maintenir en otage devant le poste et surtout devant la chaîne le plus grands nombre de gogos, fascinés par les images en boucles, les commentaires souvent insipides et répétifs et les interventions à chaud de prétendus experts qui n’ont souvent comme expertise que celle qu’ils se sont eux-mêmes actroyée.

Après cinq heures devant leur poste allumé, les téléspectateurs de I Télé, de LCI, de BFM TV, de France 24 et même de France 2, n’ont pas pu savoir hier jeudi 19 novembre si le djihadiste Abdelhamid Abaaoud était mort dans l’assaut menée par la police!

Comme dirait l’autre, tout çà pour çà….

L’autre aspect du travail des journaliste est la diffusion de certaines informations !

Je prends l’exemple de la collaboration de certains témoins qui sont mis en danger par leur seule appartition sur un écran de télévision.

Un autre exemple concerne les difficultés que posent les interventions intenpestives des journalistes dans le déroulement des événements, comme les interviews recueillis en direct par les équipes de BFM TV durant les évènements de janvier 2015.

Dans le cas actuel, les médias ont diffusé des informations concernant d’une part l’intervention d’un “témoin” et d’autre part la collaboration des services marocains.

Les médias marocains semblent même avoir dépassé le satde de la simple diffusion de cette information pour tomber dans l’admiration béate de la collaboration des services de notre pays avec leurs collègues français!

Or tout ce beau monde semble ignorer qu’en mettant en avant cette collaboration – qui est réelle, nécessaire et inévitable – ils placent notre pays dans la ligne de mire – dans la ligne de tir pluôt – de ces fous qui se croient être la main d’Allah sur terre.

Ces journalistes, nationaux et étrangers, devraient prendre la mesure de l’importance du secret qui doit entourer les interventions policières qui suivent et parfois précèdent les actions criminelles terroristes.

On peut être sûr que si les médias avaient été prévenus de l’assaut mené hier contre la “planque” de Abdelhamid Abaouad à saint-Denis, l’opération aurait échoué lamentablement.

Alors donc, mes les journalistes, contentez-vous de faire correctement votre travail celui de nous informer, sans empiéter sur les compétences d’autres intervenants qui sont là pour nous protéger et d’arrêter les coupables.