Après une journée assez remplie (séance chez mon coiffeur – un type extra, rapide, pas causant , visite familiale sympa hors du protocole du samedi – petit tour dans une espèce de foire commerciale pour me conforter dans l’idée que l’Orient nous a envahi et qu’il a perverti notre gout – visite à l’exposition de photo au boulvard Mohamed V pour me rappeler la tête de Allal El Fassi, Mohamed El Wazzani, Jamal Abdl Nasser, Mohamled Torres, N’Krouma, Khattabi, et bien sûr Mohamed V et surtout des petits délices : plusieurs photos où l’on voit le prince Moulay Hassan les yeux baissés, écoutant son père, sans sa morgue habituelle), donc après une journée assez remplie, je me dis que faire pour ocuper mon mardi. Je me me suis déguisé en “frérot”, une tenue pakistanaise qu’un beau-frère très porté sur la religion m’a ramené de Saoudie ( je suis comme Bachir Ben Yahmed qui ne parle pas d’Arabie Séoudie mais tout simplement de Séoudie), une grosse canadienne, des claquettes, une taguilla niore et pour complèter le tout un sac noir en bandoulière. En fait je m’apprétais à aller au hammam. Mais quand je ne suis rendu compte de mon accoutrement, j’ai eu froid dans le dos mais je suis quand même sorti ainsi déguisé. Quelle ne fut pas ma surprise d’entendre un tonitruant “Salam Wa 3alikoum” lancé par un vosin qui généralement ne daigne pas répondre à mon “Sabah Al Kheir”. Qulle ne fut pas ma surprise de voir mon épicier m’accorder plus d’attention que d’habitude en me servant le premier au nez (et j’allais dire à la barbe) de deux braves ménagères qui attendaient leur tour. Mon épicier est un “barbu” connu et reconnu… Qu’elle ne fut pas ma surprise quand, en traversant un partie de notre quartier que j’appelle “territoires libérés” tellement la présence des barbus et des voilées y est pesante, présente, oppressante, je me suis senti presque à l’aise dans ma tenue. Mais j’ai noté aussi que le regard de certains barbus n’était pas si neutre que çà : ils semblaient se demandaient qui était ce nouveau “frérot”, de quel groupe dépend-il. Là j’ai encore eu froid dans le dos. Pendant quelques munites, j’ai marché…..Et j’ai compris que en se démarcant dans leur façon de s’habiller, les “frérots” voulaient surtout surtout se déparquer tout court des autres marocains. En portant leur tenue afgane, ou toute autre tenue venue de cet Orient mystérieux, nos “frérots” nous disaient qu’ils sont différents de nous, et que pour que nous ayons la paix il nous faut les rejoindre. Alors là, j’ai vraiment eu froid dans le dos. J’ai sauté dans un taxi, je suis rentré chez moi, j’ai remis mon survetement, mes basketts et je suis sorti courir, courir, courir……..
