Il y a cinquante ans leurs noms étaient sur toutes les lèvres et ils faisaient la une des journaux et des revues de l’époque.
Pourtant la majorité d’entre eux n’était jusqu’à lors que de simples instituteurs, d’autres des employés de poste. D’autres venaient du monde syndicaliste ou parfois ecclésiastique ! Deux d’entre eux seulement sortaient de grandes universités ! Mais un certain nombre d’entre eux avaient siégé dans le parlement français et même occupé de postes de ministres.
Durant les premières années de la décennie 1960, ces hommes dirigeaient leur pays !
Oui, je veux parler des chefs d’état africains au lendemain de ce que l’on a appelé « les indépendances ».
A la suite d’une série de péripéties relevant plus de la politique intérieure française qu’à la lutte anticolonialiste, dix-sept pays africains ont accédé à l’indépendance et leur destin a été confié par la France à des personnes dont elle espérait fidélité sinon allégeance.
Ces personnalités qui se sont trouvées propulsées à la tête de ces états nouvellement indépendants, crées parfois sur des bases et dans des conditions pour le moins hâtives. Elle ont eu chacun un parcours différent, que je n’ai pas la prétention de résumer ici. Chacune a marqué à sa manière son passage au pouvoir de son pays mais toutes semblent, au fil des années, être tombées dans un oubli quasi total.
A part Léoplold Sédar SHENGHOR ou peut-être de Felix HOUPHOUET BOUAGNY, qui se souvient encore de Modibo KEITA, premier président de Mali ou encore Kwame NKRUMAH, premier président du Ghana ?

Ahmed SEKOU TOURE, le guinéen ou Patrice LUMUMLBA, le congolais ont-ils laissé plus de traces dans la mémoire des africains ?
Quand on parle du Gabon, le nom du premier président de ce pays Léon MBA est complètement effacé de nos mémoires.
Tout autant que celui de François TOMBALBAYE qui a tenu d’une main de fer l’unité du Tchad durant de longues années, avant que ce pays ne bascule dans des luttes intestines interminables.
Le premier président d’un pays voisin, la Mauritanie, aurait dû rester gravé dans notre mémoire collective tant son rôle a été important dans l’histoire commune de nos deux pays durant le demi-siècle passé ! Mais qui se souvient encore qu’il s’agissait de feu Mokhtar OULD DADA?
Il n’est pas nécessaire de rappeler l’ensemble des chefs d’état africains qui ont pris les rênes de leurs pays dans le courant de cette année 1960 ! Déjà que les plus emblématiques d’entre eux ont déjà déserté notre mémoire depuis belle lurette !
Il faut bien reconnaître que leurs successeurs n’ont pas laissé plus de souvenirs, ni surtout des souvenirs plus agréables !
Que ce soit le loufoque empereur de Centreafrique l’inénarrable Jean-Bedel BOKASSA ou l’indéboulonnable Gnassingbé Eyadéma qui a régné sur le TOGO pendant 38 ans après son coup d’état de 1967. Sans parler de Mobuto SESE SEKO, de sa toque en léopard et de sa canne, qui a mis a sac le Congo, deven Zaire. Et pour finir, on ne peut oublier le dernier des “monarques” africains disparu après 40ans de règne, le gabonais .
Je ne peux pas clore laliste des successeurs des pionners de l’indépendance africaine sans citer, avec une sympathie particlière, Thomas SANKARA qui avait essayé de redonner sa dignité au peuple burkinabé.
L’Afrique francophone, cinquante ans après ses indépendances, dispose-t-elle de chefs d’état qui marqueront les esprits dans le siècle que nous entamons ? Les africains aimeraient bien le croire, mais les faits ne semblent malheureusement pas le laisser penser !












@hmida
ton fragment:
“Il n’est pas nécessaire de rappeler l’ensemble des chefs d’état africains qui ont pris les rênes de leurs pays dans le courant de cette année 1960 ! Déjà que les plus emblématiques d’entre eux ont déjà déserté notre mémoire depuis belle lurette !”
Toi au moins tu te souviens d’eux! comme tu te souviens de mohammed vi qui a intégré l’oubli des africains laissant la place à d’autres,footballeur ou athlètes, et de hassan ii qu’on fait tout pour le faire oublier aux africains et européens afin qu’il laisse place à d’autres.
mais en toute justice tu dois poser une question, ou te la poser au juste, qui se souvient de l’afrique y compris le maroc? seules les grands œuvres font commémorer leurs acteurs ou auteurs.
parfois on se souvient d’une soupière du harira offerte,d’une manière spectaculaire,au ramadan que celui qui l’a offerte pour devenir “grand” comme “homme” “bienfaiteur”.
nous sommes entrain de devenir inoubliables beaucoup plus que des chefs d’états qui ont passé par ce monde sans laisser des traces.qui se souvient de la dynastie alaouite?qui se souvient du fondateur d’une dynastie ottoman qui a bouleversé l’europe au 15e et 16e siècle?
le jeux de mémoire est spontané, mais aussi sélectif cher “citoyen”.
n’oublie pas que Nkruma, Keita, Senghor,FH Bouagny,Lumumba ou Ouald Dadda demeurent la mémoire d’un continent en voie d’accéder à sont indépendance quasi totale,symbole du passage de l’afrique qui ne fut qu’une suite des colonies à un continent d’étas plus ou moins indépendants mais noyés dans des problèmes dont le maroc n’est pas étranger.
Les grands acteurs de la vie politique française ou anglaise ont évoqué ces personnalités africaines comme leurs partenaire dans une politique africaine.
par exemple le tyran bockassa est évoqué comme une des causes principales du passage de la france d’un pouvoir gaullo-libéral à un pouvoir socialiste en 1981 avec l’affaire des diamants.
il y a des acteurs qui intègrent l’histoire pas comme réalisateurs, mais comme des outils ou des victimes.les marocains parlent de leur nation au 20e siècle comme victime de la colonisation et ses conséquence(affaire du sahara par exemple) mais ne parlent comme des réalisateurs de telle ou tele chose.
plutarque avait écrit la vie des hommes illustres, et voilà tu as écrit un billet des hommes illustre,tu t’es pas beaucoup éloigné du makhzen que tu ne veux qu’on évoque ici!mais merci pour l’éffort, je vais finir par t’apprécier cher “citoyen”, et apprécier ton patriotisme sans pareil.
erratum:
mon com,5é § 3é ligne manque un mot
“nous sommes entrain de devenir inoubliables beaucoup plus que des chefs d’états qui ont passé par ce monde sans laisser des traces.qui se souvient de la dynastie alaouite?qui se souvient du fondateur d’une dynastie ottoman qui a bouleversé l’europe au 15e et 16e siècle?”
lire:
“qui se souvient du fondateur de la dynastie alaouite?”
Le Maroc n’est-il pas un pays afriacin?
@Anon
le maroc va redevenir un pays africain!
Passionnant débat, merci alimanihoum pour ton éclairage qui a le mérite de renvoyer à la part du mythe quand la mémoire réelle ou matérielle est hors jeu… Merci surtout pour l’erratum
Quant à l’africanité du Maroc, (pourquoi le Maroc devrait_ il devenir ce qu’il est déjà ?) j’avais eu l’occasion lors d’une visite au Salon du livre de Casablanca de rencontrer le réprésentatnt d’une maison d’édition inversitaire basée à Dakar qui déplorait le peu d’intéret des universitaires et intellectuels marocains pour les “bailleurs de livres” africains ?
Pourtant, les ouvrages qu’il présentaient constituaient des conrributions majeures à la réflexion sur le devenir de l’afrique dans les voies actuelles de la globalisation et du déréglement écologique…
La question du modèle africain de développement dont le Maroc serait évidemment partie prenante passe évidemment, hmida a bien raison de le rappeler, par des hommes d’état visionnaires et humanistes.
Elle passe évidemment aussi par la mise en oeuvre d’approches réalistes. Par exemple, le projet de régionalisation planifié par le Maroc pour ses provinces sahariennes et au-delà, pour l’ensemble du bassin de population et même au-delà il me semble, pour l’ensemble avant tout écologique que constitue le continent africain.
La frontière du Sahel n’en est pas une une pour le vents. Les vraies frontières de la terre sont écologiques !
Et l’Afrique est de toute façon le berceau de l’humanité…
@alimanihoum
juste une question : ton erratum, c’est un erratum des villes ou un erratum des champs ?
@le penseur
sans doute tu as choisi le pseudo “penseur” selon la régle donner un une chose le patronyme contraire.tu sais que cette histoire c’est toi qui en est le perdant.mais(puisqu’on est dans le domaine de mémoire et de souvenir)peu être tu te souviens pas du fable de la fontaine,ou tu t’en souviens mal comme tu l’as appris mal, comme tes maitres qui ne se souviennent du rien sauf le mal,mais quand ils se souviennent ils ne comprennent que le vent qu’ils entendent souffler sans le voir.c’est pour ça que l’ami hubert védrine,l’ancien patron de la diplomatie française,donnait ue excellente leçon sur le dossier l’enseignement,que le conseiller meziane bellafqih(on dit qu’il est cancéreux ces jours)suit depuis 12 ans et continue à le mener au mur comme d’habitude.tu as compris le fable comme tes seigneurs comprennent l’école et son rôle.rien à comprendre.
@salvadorali
j’ai pas dit que le maroc devient africain,il l’était depuis qu’il est,le cas de la dynastie almoravide,fondateurs de l’état marocain au 11e siècle(pas les idrissides au 9e)est significatif.
mais j’ai dit que le maroc redeviendrait africain au niveau de sa politique qui n’a d’autre alternative que de chercher un souffle africain.des circonstances difficiles l’ont dissuadé de mener une large politique africaine.
les africains cherchent le maroc.
L’histoire elle, a retenu leur noms pour la postérité et nous ne devrions pas être les seuls à pouvoir nous en souvenir! Moi je pense que chaque homme peut contribuer à l’écriture des grandes lignes de l’histoire humaine et ne pas attendre que certains aient le monopole de ce faire, car l’Homme est élitiste et ne se souvient que de ce qui l’arrange, proprement à ériger les Héros qui lui parlent plus. Notre nation africaine a souffert de beaucoup de négligences à ce niveau et nous lui devons de redorer son blason et de fournir un effort pour que ce qu’ont fait les ancêtres ne soient pas juste un exploit de connivence. Il faut réécrire l’histoire en faisant qu’elle continue! Voilà la leçon que j’ai retenue à te lire très cher Hmida!
Eh bien, moi qui étais adolescent lorsque ces états africains sont devenus indépendants, je me souviens bien du nom des premiers chefs d’état. A noter que parmi ceux que tu cites, cher hmida, Nkrumah (Ghana) et Lumumba/Mobutu (Congo/Zaïre) ne faisaient pas partie de l’Afrique française.
50 ans après, les langues se délient, et je viens de lire un article où il est dit que la France à “forcé” les pays à l’indépendance, et que la plupart des chefs d’état, à commencer par Senghor, Houpheit Boigny, M’Ba n’en voulaient pas et auraient préféré avoir des postes ministériels au sein de la République française, et que leurs populations deviennent citoyens français à part entière. Ce que la France ne pouvait pas accepter, car avec la libre circulation des citoyens, l’immigration aurait été multipliée par 100. Le gouvernement gaulliste aurait donc obligé ces pays à l’indépendance.
Je ne sais pas si c’est la réalité, mais personnellement ça me semble plausible.
@ joachim
Oui en effet, N’kruma et Lumumba n’ont pas dirigé des pays de l’aire d’influence française, mais ces états ont accédé à l’indépendance durant l’année 1960.
Adieu Patrice on t’aimait bien…