Depuis quelques mois, la crise financière  secoue le monde. Même le Maroc, dans son minuscule landerneau financier, animé par quelques rares opérateurs qui se disputent une poignée de valeurs, a enregistré des soubresauts inattendus, et même un mini-scandale.

 

Cette crise financière nous a familiarisé  avec des notions ou des vocables qui nous paraissent relever d’un monde inconnu peuple de spécialistes omniscients : subprimes, fonds souverains, titrisation, traders,  régularisation, marché à terme, etc…..Mais jamais nous n’aurions imaginé que  malgré sont aspect tellement technique, le monde de la finance puisse obéir à des règles relevant de la psychologie.

 

Devant l’énormité des chiffres dont nous avons été inondés, sans que nous sachions exactement ce qu’ils représentaient, nous en avions oublié que cette crise découle d’agissements  d’hommes et de femmes qui ont pris des décisions malvenues.  

 

A cet égard, un dossier paru dans le n° 199 de décembre 2008 de  la revue SCIENCES HUMAINES  nous donne de cette  crise financière une approche tout à fait originale mais très instructive.

 

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Sous le titre « Psychologie des crises financières », ce dossier aborde la crise sous divers aspects allant de « la réaction des petits actionnaires » à « la psychologie des marchés » pour finir sur la question essentielle de savoir « comment en est-on arrivé là ? ».

 

On apprend ainsi que la psychologie du petit porteur n’est pas forcément guidée la panique,  contrairement   à ce qui est communément admis. Loin du stress ou de la peur – qui certes existent – c’est surtout leur comportement attentiste qui provoque les pertes des petits porteurs. Entre le moment où le petit porteur se dit   « Tiens ! Les cours montent, il faudrait suivre le marché » et celui où il se rend compte que « çà suffit comme çà, je coupe tout. Et on ne m’y reprendra pas », il aura vu ses économies de bon père de famille fondre comme neige au soleil.

 

En ce qui concerne les traders,  ces  maîtres des marchés  qui manipulent des sommes astronomiques sûrs de  leur science des statistiques et de leur maîtrise des prévisions, ils réagissent en fin de compte en humains normaux. Délaissant leur rationalité, ils finissent par « vendre rapidement en cas de pertes et laisser courir en cas de profits ». Ces experts professionnels sont par ailleurs,  tout aussi bien que l’ensemble des humains, sujets à des influences personnelles dans la prise de décisions qui peuvent  engager des sommes qui échappent pourtant à l’entendement moyen.

 

Quant à savoir pourquoi le mal qui couvait depuis plus d’une année a soudainement en véritable état de choc, les véritables raisons résideraient dans l’ignorance totale des risques  dans laquelle évoluait le monde de la finance. Les premières grosses défaillances – celles de A.I.G., Lehman Brothers – ont provoqué « poussées de fièvres, hémorragies et état de choc ». Et depuis, malgré toutes les mesures de garantie prises par les états américains et européens, la confiance qui est le pilier de toute activité financière ne semble pas encore être de mise.

 

Pourtant, quand on agit en investisseur avisé et raisonnable , « en misant sur le long terme et en fonction de valeurs fondamentales », on peut devenir, à l’instar de  Warren BUFFET, l’homme le plus riche du monde.

 

 

 

 

 

12 Comments on CRISE FINANCIERE ET PSYCHOLOGIE

  1. Dans l’Hexagone, les banques affichent une santé d’enfer à l’exception des BP et de la Caisse d’épargne à cause de leur filiale commune Natixis qui a été en haut de l’affiche de tous les mauvais coups.
    La Société Générale 2 MILLIARDS de bénéfs
    La BNP 4 MILLIARDS
    Le Crédit Agricole presque 2 MILLIARDS (1,8)
    En outre, l’Etat compte leur verser 10,5 MILLIARDS dans le cadre du plan d’aide aux banques. Elles avaient déjà partagé une même somme au tout début de cette crise.
    Et tu sais quoi l’Elysée a dû battailler (le mot est faible) pour que les dirigeants de ces glorieux établissements ne touchent pas leurs bonus de fin d’année. Il y en a qui se sont bien entêtés avant d’abdiquer le DG de Crédit Agricole à titre d’exemple.

    Alors parler de crise je dirai ça dépend pour qui…

  2. hmida says:

    @ une marocaine

    Quand on parle de la SG, de lla BNP..du CA…ou de toute autre banque banque ou sté d’assurance, ou assimilé, on oublie souvent que derrière ces sigles, IL Y A DES HOMMES et parfois des femmes, qui veulent ammasser le plus de pognon possible, par tous les moyens imaginables ….

    La finance, la technique financière, les produits financiers les plus sophistiqués n’ont été inventés que pour assouvir la soif de gains d’une poignée de privilégiés!

  3. too banal says:

    Cette crise financière nous démontre encore une fois, que l’on ne prête qu’aux riches!
    Quand on essaye de prêter aux pauvres en les faisant vivre aux dessus de leurs moyens…ça ne peut que péter ( pas plus haut que son …) un beau jour…
    Mais le vrai scandale, c’est quand avec l’argent du contribuable, on renfloue les caisses de ces mêmes banques ou entreprises qui n’ont pas géré comme il se doit leur capital…
    Des centaines de milliards de dollars ou d’euros par là et par ci…mais quand il s’agit comme par exemple en France de renflouer la caisse de sécurité sociale (qui profite à tout un chacun….) et bien là: il n’y a pas un sou vaillant ?
    Mais où va-t-on ?
    Bon dimanche lumineux et chaleureux!

  4. politis says:

    Il est remarquable que noter que dans les catastrophes, on met très souvent la responsabilités sur les dos des “systèmes” et l’on omet la responsabilité des “hommes”.

    Ainsi, la corruption…..Nous pointons du doigt l’administration, ses tares, ses lourdeurs, ses chausses-trappes et nous négligeons le goût des administrés de disposer de passe-droits et celui des administrateurs de vendre leur pouvoir.

    La psychologie des hommes doit être étudiée en effet dans toute activité humaine ……Et bien des mystères nous seront plus accessibles!

  5. Abdel says:

    @hmida

    “… Devant l’énormité des chiffres…, sans que nous sachions exactement ce qu’ils représentaient, nous en avions oublié que cette crise découle d’agissements d’hommes et de femmes qui ont pris des décisions malvenues. … ”

    Tout d’abord , merci pour ce blog qui est une projection la vie .
    L’article est intéressant et mérite d’être accompagné sur bcp d’aspects.
    L’envie d’une contribution plus détaillée est immense . Difficile, cependant, quand on prépare un déménagement . snif ;) .

    Notons ,néanmoins,

    1/ Que BUFFET a investi 20 md$ en 2008 , profitant de la déconfiture des marchés.

    2/ Que les marchés financiers sont la meilleur, voire la seule sonde, pour mieux appréhender ce qui se passe, et ce qui se passera dans le monde. Les journaux et magazines, grand public tout comme les JT, CNN, ALJAZEERA … ne sont jamais des leaders , mais des suiveurs : ils réagissent aux événements , pour certains avec bcp de retard , 1 jour ou 2 de retard c’est énorme, d’où le décalage dans l’action entre le commun des mortels et les informés .
    Les articles révolutionnaires et faussement indignés – à l’insu de leurs auteurs , submergés par leur ego – , font également partie de la panoplie de vrais pièges d’inhibition ou de l’action à contre sens, puisqu’ils sont moins le reflet de la réalité que d’une idéologie ou ego, et c’est le chemin le plus court de faire partie des loser rapidement.

    3/ Que les marchés font les politiques et non pas l’inverse, contrairement aux idées largement partagées ( on a vu , et ça continue, la mobilisation du monde entier pour injecter autant milliards que possible jusqu’à vider les comptes de l’état si besoin ) . C’est quasiment l’unique véritable souci des politiques . Tout le reste est secondaire, et, presque, tout se fait pour préserver la stabilité de la finance .

    4/ Que le marché, à titre individuel, apprend à l’Homme (un grand H , y compris la femme donc)

    a/ les bénéfices d’avoir un “petit moi”. C’est un colossal travail sur soi : Des formations pour une semaine, ça coûte en moyenne 30.000 $ , sans les frais d’hôtel et transport – Il faut payer, sans garantie de réussite, pour apprendre à être pétainiste ;) quand cela s’impose : s’entêter sur une position – au sens large – , c’est s’exposer au danger de la panic : l’action de changer de cap devient irrationnelle et tardive pour sauver.

    b/ Que celui qui entre dans l’arène des marchés a l’obligation d’être très peu sujet à l’émotion, et sait décider de se couper un doigt tant qu’il est temps que d’être obligé de se couper un bras .

    c/ Qu’il doit savoir gérer sa cupidité ( c’est cela qui coûte aux non initiés : achètent souvent au plus haut, et ne prennent presque jamais leurs bénéfices attendant tjs plus, et vendent au plus bas et à perte) .

    d/ Que le timing est un facteur déterminant dans la possibilité de la réussite d’une position ( il en est de même dans le vie, quand on y regarde de près) . Une non action, en est une quand on n’a pas idée de l’évolution future . Attendre le bon moment peut s’avérer être la meilleur action .

    e/ Qu’il y a une différence entre patience et espoir .

    f/ Que la lecture, de toutes les analyses, aussi contradictoires et opposées qu’elles soient, est une nécessité – et non pas lire, uniquement, ce qui correspond à son idée pour booster ses convictions – . Un énorme moyen de se faire une idée sur l’humeur générale qui donne donc une projection de l’évolution que prendra le marché .

    g/ Qu’on ne gagne pas toujours contre la foule . Il faut savoir l’accompagner pour déceler le tournant .

    C’est un petit aperçu de l’aspect psychologique.

  6. hmida says:

    @abdel

    Je me trompe peut-être mais ta contribution me fait l’effet d’être celle d’un vrai pro de la finance.

    En tous cas, ton commentaire apporte un éclairage fort intéressant sur ce monde assez mystérieux mais fondamental pour l’économie.

    Merci à toi!

  7. Abdel says:

    @politis

    “Ainsi, la corruption…..Nous pointons du doigt l’administration, ses tares, ses lourdeurs, ses chausses-trappes et nous négligeons le goût des administrés de disposer de passe-droits et celui des administrateurs de vendre leur pouvoir.”

    Ce peut être un excellent sujet . C’est le sujet de la corruption qui m’a fait découvrir et donner envie de participer aux blogs Marocains – certains du moins -, par les commentaires pour l”instant . J’en connais les affres ( de la corruption et le prix payé quand on ne cède pas : c’est plusieurs dizaines de milliers de dh au lieu de 50€ demandés initialment).
    Je regrette que l’écrasante majorité des blogs marocains font dans ” chercher une paille dans l’oeil du voisin alors qu’on a une poutre dans le sien” .

  8. politis says:

    @ abdel

    Je suis un nouveau blogueur qui n’écrit que sur la politique du Maroc ..mais la corruption est un sujet qui m’interpelle, car je trouve qu’il conditionne en partie la vie politique de notre pays, en plus de gangréner la vie tout court de nos concitoyens.

    Mais j’ai une idée pas très orthodoxe sur le sujet : je trouve que s’il n’a pas de “corrupteurs” il ne peut y avoir de corrompus. Je développerai peut-être cette idée sur mon blog si l’occasion se présente. Dénoncer pour dénoncer, je trouve qu’il faut dénoncer tous les maillons de la chaine de la corruption..

  9. Abdel says:

    @hmida

    “Je me trompe peut-être mais ta contribution me fait l’effet d’être celle d’un vrai pro de la finance.”

    Tu te trompes ;) .
    La discrétion fait partie des règles des marchés .

    Sinon,
    ton article sur CHAOUIA … me rappelle son auteur . Je l’ai entendue pour la première fois et la dernière , hélas, sur une radio Marocaine voilà un an ou 2 . C’était un vrai moment de bonheur dans les embouteillages de CASABLANCA . Je n’ai pas pu contribuer par un commentaire, n’ayant pas des choses à dire ; et ceux qui ont contribué ont l’air de mieux connaître le sujet . J’en ai profité pour apprendre .

    Merci

  10. Abdel says:

    @politis

    “…Je développerai peut-être cette idée sur mon blog si l’occasion se présente …”

    Je me ferais un plaisir de le lire.
    J’en reste là pour l’instant pour ne pas détourner le sujet du billet.

    A plus tard sur ton blog .

  11. Ibn al wassat says:

    Cette approche psychologique de la crise financière est certes intéressante! Il serait judicieux d’entreprendre la même étude dans le cas des événements dramatiques qui ont désolé la banque de GAZA.

    Quels seraient les ressorts psychologiques qui ont poussé les dirigeants israéliens à “taper comme des fous” sur Gaza en sachant pertinemment qu’ils n’atteindraient pas des objectifs concrets ?

    Quels ressorts psychologiques les poussent à narguer le monde entier en refusant d’appliquer les résolutions de l’ONU?

    Quels ressorts psychologiques interviennent pour faire déclarer aux dirigeants du Hamas qu’ils sont sortis victorieux de ce désastre qui a décimé les populations dont ils sont les gardiens?

    Avis aux psychologues…parce que la politique ici n’a plus son mot à dire, je crois.

  12. Abdel says:

    @ibn al wassat

    Les resssources psychologiques, on peut les trouver dans :

    “En politique, ce qui est cru devient plus important que ce qui est vrai” ( talleyrand)

    voici quelques illustrations de circonstances :

    >>> hania et la crise financière :

    “Financial crisis is divine punishment for U.S.: Hamas’

    http://www.reuters.com/article.....VV20081017

    pour la vidéo , la voici :

    http://www.javno.tv/en/index.p.....6c1a7bfde1

    >>> Le porte-parole du Hamas, Fawzi Barhoum : “la mauvaise gestion administrative et financière et un mauvais système bancaire mis en place et contrôlé par le lobby juif”

    http://www.lefigaro.fr/flash-a.....y-juif.php

    On ne sait pas laquelle des 2 versions il faut retenir.

    Si ce n’est pas nous prendre pour des idiots, nous les arabes, ça y ressemble . Je me demande si ce n’est pas vrai, qu’on l’est tout compte fait . En tout cas Hamas ne se pose plus la question, il croit fermement qu’on l’est, idiot, puisqu’il nous sert sa soupe avec bcp de générosité, que même “les instruits” (du moins ceux font le plus de bruits) de chez nous la boit sans modération .

    PS : Le ministre des finances Marocain, Polytechnicien qu’il est sert , à peu de chose près, la même soupe , ( il doit sans doute connaître les siens tout aussi bien que Hamas) et accuse le ftour du Ramadan . Ca laisse sans voix !