Je parlais dernièrement de deux livres de Mouna Hicham, ici et là, en signalant que ces ouvrages avaient été édités « pour compte d’auteur ».
Cette formule m’avait interpellé et j’avais souligné le courage de l’auteur de se laisser dans cette aventure.
En fait, l’auteur aura fait imprimer, contre rémunération, ses ouvrages par un prestataire de service d’édition.
Si l’auteur reste propriétaire des droits d’auteur et contrôle le nombre de livres édités, il doit gérer lui-même les problèmes et surtout les frais concernant la publication et la publicité de l’œuvre imprimée.
Je ne sais si ces informations sont exactes, mais en tout cas cela doit constituer un véritable calvaire, une vraie galère pour les auteurs plus habitués à manier les concepts intellectuels que les comptes financiers.
Il semblerait que les auteurs qui recourent à ce procédé soient des auteurs n’ayant pas réussi ou ayant été refusés par des maisons d’édition.
Il s’en trouve aussi et fort heureusement ceux qui refusent de passer par les conditions parfois draconiennes d’un éditeur professionnel.
Or, j’ai remarqué dans les rayons des librairies qu’on peut voir une kyrielle de livres, édités par des maisons d’édition reconnues, dont l’intérêt intellectuel est absolument négligeable !
Que recherchent donc les maisons d’édition en prenant le risque de mettre sur le marché des ouvrages dont les ventes ne dépasseront jamais quelques centaines d’exemplaires ?
Je pourrais en citer des dizaines que je feuillete par curiosité, chaque fois que je m’arrête dans ces rayons.
Il m’arrive d’en dénicher d’intéressants, mais le plus souvent le titre, le format ou la simple découverte de quelques lignes me dissuade d’en entreprendre l’achat.
Dernièrement, j’ai repéré un petit reccueil de nouvelles : LE BONHEUR SE CACHE QUELQUE PART, de Siham ABELLAOUI, chez Les Éditions LE FENNEC

Sur la quatrième de couverture, Jean-Pierre Koffel comparait l’auteure à COLETTE et affirmait que « chaque nouvelle est un petit roman » !
Une Colette marocaine, cela doit bien valoir les 40 dirhams affichés !
J’aurai mieux fait de me rappeler que Jean-Pierre Koffel était de la maison et qu’il participait à faire vendre ses collègues !
Je ne vous conseille donc pas la lecture de ce « livricule » d’une centaine de page, supposé contenir 16 nouvelles, écrit dans une langue lisse et plate ! Les répétitions et les redondances alternent avec des phrases de quelques mots sans produire ce qui est convenu de qualifier de ” nouvelle” !
Siham Abdellaoui parle d’un Maroc qui peut choquer, mais elle en parle sans talent particulier et c’est dommage !
Je ne veux pas démolir les efforts de cette jeune femme qui a des velléités littéraires !
Mais je ne comprends pas qu’une maison d’édition supposée sérieuse puisse mettre de l’argent et d’énergie dans une « œuvre » comme celle-ci et refuser de s’engager pour un travail plus abouti et plus sérieux !
Mystère qui fait que notre production littéraire est ce qu’elle est !

je salue ton intérêt pour le monde de l’édition Marocaine , qui regroupe pas mal d’ouvres sensationnelles , c’est vrai
Je t’invite à regarder un contrat standard d’une maison d’édition pour comprendre les motivations de personnes qui ont choisi de jouer solo le parcours du combattant. Au-delà de l”aspect financier, on peut toucher même l’intégrité intellectuelle de l’auteur, ce qui est gravissime.
Autre remarque : une chose qui ne se dit presque jamais : plusieurs auteurs payent l”éditeur pour qu’ils les éditent, le seul intérpet est d’avoir son logo sur la couv, quant à lui, il ne prend aucun risque. C’est ce qu’on appelle l’édition à compte d’auteur. quant au cas que tu as signalé, il ne relève pas du compte d’auteur mais de l’auto édition où l’auteur devient son propre éditeur.
Je suis moins catégorique que toi et assez magnanime concernant ce reccueil de nouvelles de Siham Abdellaoui.
Déjà, on sent chez elles des dispositions pour devenir une écrivaine cherveronnée. Elle a tous les atouts. Je suis quansiment sûr que son prochain reccueil sera plus profond et plus abouti.
Souhaitons lui une bonne chance et une très belle carrière en tant que nouvelliste.
D’ailleurs les critiques la saluent et disent beaucoup de bien concernant son reccueil que tu as descendu de manière gratuite et avec beaucoup de mépris.
Je connais bcp d’amis, avec bcp de talent, qui cherchent éditeurs en vain. En frappant aux portes des maisons étrangères, on te demande d’écrire sur mesure, le sensationnel qui vend : maroc des foulards & barbus, maroc des chameaux, …
J’en connais qui a reçu comme courrier d’une maison d’édition française : “pas assez exotique”.
Les Marocains te demandent généralement de céder tous tes droits, de ramener un dossier tapé, mis en page, illustré… autant le faire soi-même!
@ aicha q. et @ mounir
Il est certain que les éditeurs français recherchent la couleur locale chez les auteurs du sud, avec si possible un zest de misérabilisme!
Beaucoup de nos écrivains s’y plient d’ailleurs saisément.
@ Al Maghribi
J’ai eu l’occasion de parler sur ce blog d’une centaine de livres et j’en lis beaucoup compte tenu que j’ai tout le temps qu’il faut !
Quand un livre me plait, j’aime le signaler à ceux qui s’arrêtent sur cet espace!
Il se trouve que ce petit recueil ne m’a pas plu et j’ai pourquoi il ne m’a pas plu : pas de style, pas de technique! Fallait-il que je l’enscence jusqte parce qu’il s’agit d’un livre marocain?
Par ailleurs, il m’a servi d’exemple concret pour parler des problèes de l’édition dans notre pays!
@ tous
J’aimerais bien recueillir des points de vue sur les problèmes de l’édition ARABOPHONE au Maroc!
@ aicha q.
Est-il possible de se procurer un exemplaire (vierge) de contrat-standard proposé par une maison d’édition aux auteurs?
Je vais essayer de m’en procurer un, je t’envoie une copie! Ces gens là reçoivent en plus des subventions du Ministère de l’ambassade de France, des sponsorings, des achats de complaisance de leurs amis…
Ce sont des sociétés créées pour générer du pognon, ce qui est logique s’ils ne venaient pas pleurnicher de faire du mécénat culturel. Pendant ce temps-là, aucun écrivain marocain, écrivant au Maroc ne vit de ses livres (ou alors ils sont à compter sur les doigts d’une seule main). comment voulez-vous qu’ils créent, le ventre vide, et pour qui? 50% de Marocains ne savent pas lire, sur les 50% restant, la majorité n’aime pas lire ou ne veut pas lire ou ne peut pas lire… Misère de misère!!
@ citoyen hmida
Tu abordes là un point très important qui touche à la culture et à son économie.
Il ressort des premiers commentaires que l’argent semble dominer ce secteur et même le mettre au pas.
Pourtant, cela ne semble pas emballer trop tes lecteurs ni les défenseurs de la liberté d’expression, de la liberté d’opinion et d’autres libertés.
Y aurait-il des libertés pour une certaine catégorie de marocains et de marocaines et pas pour les autres?
La liberté totale pour les journalistes par exemple, qui ne serait pas reconnue ni défendue pour les écrivains! Pourtant, un écrivain est plus important pour la vie intellectuelle d’une nation qu’un journaliste!
@hmida
“…Je ne sais si ces informations sont exactes, mais en tout cas cela doit constituer un véritable calvaire…”
le sujet est interessant. Les souci (d’où absence de commentaire de ma part), est que la problématique que tu soulèves tu la veux hypothétique. Donc sans sources, il est difficile de commenter SANS RISQUE de faire dans la discussion de bistrot ( ce n’est pas péjortif ), c’est déjà houleux avec des sources.
Sinon, pour la forme, tes anti spam sans trop long : il faut vraiment être motivé pour commenter !
@ Abdel
S’il fallait proposer sur cet espace à la discussion que les sujets dont je connais les sources, je crois que mon blog serait bien maigre…Avec un peu de prétention, je pourrais dire qu’il serait “spécialisé”….Or j’essaie juste de poser de temps en temps un sujet de débat!
D’ailleurs Aicha Q. nous a apporté quelques éclaircissements et nous promet de nous en apporter plus!
Pour ce qui est de mes anti-spam, c’est toute une histoire….
@ Abou Al Wassat
Il faut reconnaitre que sur la blogoma certains sujets ont plus d’échos que d’autres!
Le bloging, étant un genre de média, il se plie aux règles du genre : comme le sensationnalisme!
Par ailleurs, un journaliste malmené par les autorités est VISIBLE et sa défense donne l’impression d’être un VRAI militant!
Alors qu’un auteur malmené ou même muselé par son éditeur n’est pas VISIBLE et sa défense n’a rien de GLORIEUX !
Mis je préfère penser que c’est une question de méconnaissance du problème qui entraine le désintérêt!
Bonjour,
Une petite faute : Mouna Hachim et non Mouna Hicham
Amicalement.