Durant ces derniers jours de juillet, et par la canicule écrasante qui les a marqués, je pensais passer du bon temps en compagnie de deux livres dont les litres m’ont fait un petit clin d’œil.
J’ai commencé par « ARABAESQUES, l’aventure de la langue arabe en Occident » d’Henriette WALTER et Bassam BAKARE, linguistes émérites, paru en 2006 chez les Editions Robert LAFFONT.

En ces temps où les problèmes d’intégration, d’assimilation et de communautarisme naissant,   mon espoir était grand d’apprendre beaucoup, sur les influences réciproques de l’arabe et des langues occidentales.

Ma déception fut à l’aune de mon espoir : j’ai trouvé beaucoup de lieux communs, de clichés galvaudés dans d’autres ouvrages au titre moins prétentieux, quelques anecdotes connues, des références historiques éculées.
En dehors d’un petit chapitre sur la formation lexicale de la langue maltaise, dominée par ses origines arabes, rien de bien consistant dans ce livre au titre bien prétentieux !

Déçu, je me suis laissé tenter par un roman de Hocéïn FARAJ au titre énigmatique « LES DAUPHINS JOUENT ET GAGNENT », paru en 2009 chez L’HARMATTAN, dans la collection « Lettres du monde arabe ».

L’auteur, marocain et agronome  de formation, a déjà publié deux romans et un recueil de poèmes !
Les premières pages de ce roman placent la lecteur dans une situation assez fausse : le personnage présenté ressemble trop à une personnalité politique nationale sans qu’aucune référence directe établisse un lien en les deux.

L’énigme s’engage de façon peu convaincante et le reste du roman n’a rien qui puisse retenir l’attention !
La pléthore  de dialogues rend délicat le suivi des événements. Les différents personnages n’ont pas d’intérêt particulier.

C’est à se poser des questions sur les motivations qui régissent le choix des maisons d’édition d’accorder leur confiance à tel auteur plutôt qu’à tel autre !

Dommage ! J’aurai tant apprécié pouvoir dire du bien d’un roman d’un compatriote ou d’un  livre sur la langue arabe !

9 Responses to “DES TITRES RONFLANTS POUR DES LIVRES SANS INTERET”

  1. le mythe says:

    tu viens de soulever une reflexion profonde sur la crise de la littérature
    en effet pas plutard que deux jours, je me balladais entre les rayons de la Fnac et me posait des questions sur la médiocrité et certains titres racolleurs de certains ouvrages
    Le nombre de bons livres est très faible sur le nombre de livres imprimés, et le nombre de livres imprimés est infime sur le nombre de livres refusés.
    Moi je dis qu’il faut repenser la fonction de l’éditeur…

  2. aïsha q. says:

    Je suis tellement décue par la la littérature qu’elle soit du Maroc ou d’ailleurs qu’à part les livres de recherche, je lis rarement de romans si ce n’est les classiques ou alors quelques chefs d’oeuvres échappés à la Machine dont l’un des denrniers en date est l’égyptien “Azzazil” en arabe, bizzarement non encore traduit. Marre des crises de narcissisme, de copinages éditoriaux, de poncifs qui caressent le Système dans le sens du poil…. Besoin d’authenticité et de profondeur….

  3. hmida says:

    @ aicha q.

    Quelle bonne surprise de te lire! Il a fallu qu’il s’agisse d’édition et de littérature pour te faire réagir!

    Au fait, pourquoi ne pas proposer un billet sur le sujet : je suis sûr qu’il serra très intéressant et qu’il provoquera des réactions mlultiples!

    Chiche! Vas-y….je sais que tu peux le faire….

  4. aïsha q. says:

    Merci Hmida, même si je ne réagis pas, ça ne m’empêche pas de te lire avec plaisir… Je suis dans une phase “désabusée”, incapable d’exprimer mes colères et frustrations…. Une seule questions: avec 50% d’analhabétisme, sur les 50% restant, combien de personnes aiment lire et combien sont capables d’acheter des livres???

  5. Le Penseur says:

    De toutes les façons les 50% d’analphabètes ne lisent pas les livres qu’ils achètent, ils n’ont qu’à les prêter aux 50% restants, et voilà que le problème de lecture est résolu.

  6. webyassine says:

    salam!

    après celui de la lecture, voilà enfin quelqu’un qui parle du problème de l’écriture, encore plus grave selon mes normes.
    en fait, avec cette facilité de l’edition…encore plus celle de trouver l’information la copier et la coller…tout le monde peut désormais se voir ecrivain.
    quant au romans, la mode de nos jours, veut qu’un bon roman soit un roman où l’on comprenne rien…où l’on se fatigue pour essayer de comprendre…tout le monde s’en fait alors une idée personnelle du roman…et voilà.

    merci hmida!

  7. Youness says:

    Même les œuvres primées par le prix noble laissent à désirer tellement la politique, les calculs mercantiles et commerciaux s’y sont mêlés

  8. if6 says:

    Je découvre ton blog et j’aime bien cette note sur les livres. Peu de gens osent dire qu’un livre est mauvais… et les titres qui nous attirent sont souvent là pour masquer l’indigence des propos.
    La plupart du temps ce sont des clichés comme tu le dis, des lieux communs, ce qui est désolant de la part de gens qui se prétendent linguistes.
    Je pense qu’il faut faire attention au nom de la maison d’édition, les editions l’Harmattan par ex. ne sont plus ce qu’elles ont été, quant à Robert Laffont, ce n’est pas une référence non plus pour ce type de sujet. Il y a un vrai problème dans l’édition, c’est le choix des auteurs, surtout dans cette matière, il faudrait déjà que l’éditeur s’y connaisse avant de proposer n’importe quoi ( en se basant seulement sur le titre universitaire, ou en mettant une belle photo et un beau titre prometteur…) Bon excuses moi d’avoir été un peu longue dans mon com.
    Au plaisir de te relire
    Merci pour le partage

  9. hmida says:

    @ if6

    Un commentaire n’est jamais trop long quand il est à bon escient!!

    J’aime la lecture : je choisis pas mes livres en fonction de ceci ou de cela, mais au feeling! J’aime aussi partager mes découvertes. Et quand j’aime, le le dis! Quand je n’aime pas, je le dis aussi!