Mais aussi deux dérapages significatfs!
A quelques jours d’intervalle, j’ai eu l’occasion de relever deux assez surprenantes attitudes chez deux de nos honorables concitoyennes, très différentes l’une de l’autre, mais tout aussi respectables l’une que l’autre, chacune leader dans son domaine, chacune placée au centre de sa sphère idéologique, chacune âpre dans son combat.
A tout seigneur tout honneur, je commence donc par Madame Nadia Yassine, qui est en délicatesse avec la justice de notre pays. Ses déclarations, compte tenu de leur soubassement paterno-onirique, devraient plutôt prêter à sourire sinon à rire. Mais peu m’importe ici la nature du procès intenté à notre pasionaria islamiste nationale. Ce qui a attiré mon attention c’est la pancarte qu’elle arborait à son cou le jour de son procès : « DON’T TOUCH THE LIBERTE OF PRESS AND OPINION ». Très belle déclaration, très louable point de vue. Qu’il serait ridicule sinon incongru de remettre en question. Mais pourquoi, mon Dieu, avoir écrit cela dans la langue de Shakespeare, ou plus exactement dans la langue de Georges W. Bush ? En général, les petits problèmes intérieurs marocains, surtout ceux qui portent sur les libertés individuelles, sur la liberté de la presse, intéressent beaucoup plus la presse européenne, notamment française ou espagnole à la rigueur. Alors pourquoi ce clin d’œil aux américains ? Que cache-t-il exactement ? Nadia Yassine aurait-elle oublié que les américains sont les ennemis jurés et déclarés des arabes, des musulmans, qu’ils sont les suppôts de Satan, qu’ils ont complètement détruit deux pays musulmans et qu’ils ont en ligne de ligne quelques autres ? Mais Henri IV n’avait-il pas dit que « Paris valait bien une messe » ? J’avoue que si les voies de Dieu sont impénétrables celles de nos islamistes le sont encore plus.
L’autre grande dame dont je parlerai n’est autre que Madame Leïla Chaouni, éditrice de son état et militante connue. Dans un documentaire programmé récemment sur les ondes de 2M, elle a déclaré, en substance mais avec l’aplomb et le flegme qui ceux qui sont sûrs de ne pas avoir tort, que les jeunes marocains candidats à l’immigration clandestine représentent ce qu’il y de meilleur dans ce pays. D’après Madame Chaouni, qui semble très bien connaître notre jeunesse, ces jeunes « économisent des sommes très importantes pour pouvoir tenter la grande aventure ». Cela supposerait donc que ces jeunes avaient du travail, des revenus assez importants qui leur permettaient de dégager des économies, qui plus est « très importantes ». Madame Chaouni ignore-t-elle que la majorité de ces voyages de la mort sont financés par des parents qui se sont saignés aux quatre veines ? Ignore-t-elle que très souvent les voyages de la mort sont payés par l’argent d’un lopin de terre, bradé à vil prix par un père condamné ensuite à aller grossir, avec le reste de la famille, les rangs des bidonvilles de la ville la plus proche ? Madame Chaoui veut-elle ignorer que si nos campagnes sont dans l’état lamentable où elles se trouvent c’est parce que nos jeunes préfèrent manier la « racletta » dans les ronds-points italiens que la bonne vieille araire de leur père ?
Mesdames Nadia Yassine et Leïla Chaouni, dignes représentantes de la femme marocaine dans sa diversité culturelle, intellectuelle, spirituelle, idéologique, se sont malheureusement rejointes dans ces dérapages….. Et dans un monde où les médias audio-visuels font la loi, la crédibilité « publique » est vite entamée par la moindre image inopportune, par le moindre mot dissonant.
