Dialogue intergénérationnel bien improbable sur l’immigration

Ahmed DICH, écrivain frnçais d’origine marocaine, est un spécialiste de la littérature “issue de l’immigration” : son oeuvre tourne autour essentiellement de ce sujet, depuis son premier roman autobiographique ” “Quelqu’un qui vous ressemble” (Anne Carrière, 2001) où il raconte son enfance dans le Sud-ouest de la France jusqu’à son dernier opus “CHIBANI” paru en 2012 chez la même maison d’édition Anne Carrère dans lequel l’auteur un retour dans ce coin de France où il a grandi.

chibani

Le sujet de ce roman est fort intéressant : l’affrontement intergénérationnel entre un jeune homme d’origine marocaine, qui essaie tant bien que mal, à se faire place dans la société française, en d’autres mots à “s’intétégrer” et un “chibani”, ouvrier agricole marocain, retraité mais qui n’a jamais réussi ni même tenté justement de “s’intégrer”.

Pourtant, je ne suis pas arrivé à entrer dans le roman : pas un moment, je n’ai cru à ce dialogue, bien écrit, bien mené, bien argumenté, mais tellement artificiel finalement!

Comment ce Chibani, ouvrier agricole, surement analphabète et dont les connaissance de la langue française, se limitent au strict nécessaire de la communication quotidienne, pouvait-il parler du “carpe diem” …

Où donc aurait-il appris à utiliser des mots comme “velléité”, “syndrome, “allégeance” ou tout simplement “stéréotypes” et sait-iil vraiment ce que c’est que “faire du ball-trap”?

Pourtant, le viel ouvrier, revenu de tout en matière d’échec de l’intégration, profère des vérités qui lui apparaissent d’une limpidité éclatante :

“On est arabe ou français!”

“Chacun reste à sa place.”

Ainsi tout u long de ce roman, vont s’affronte deux conceptions de l’immigration : celle de la première génération, ancrée dans ses certitudes et refusant de s’intégrer et celle de la seconde qui essaie de se trouver une place au risque de se faire renier par les siens!

Dommage que les dialogues, trop bien écrits, manquent de naturel et donc ne touchent pas le lecteur, malgré une argumentation implacable dans les échanges entre les personnages.

Pourtant, autour de ce retour aux sources, l’intrigue du roman cache une autre tentative de retour : celle d’une jeune feme prodigue d’origine marocaine elle aussi, mariée à un “gawri”, qui veut retrouver le pardon paternel.

“CHIBANI” constitue une tentative méritoire de clarification des positions mais la manière utilisée manque de crédibilité : comme souvent, les auteurs d’origine nord-africaine pêchent par leur désir de montrer qu’ils dominent la langue frnçaise, peut-être bien plus que des auteurs du cru!

Mais un livre n’est pas que la langue et pas que le style : un roman doit être crédible pour emporter l’adhésion du lecteur.

Il manque justement à “CHIBANI” cette crédibilité pour être une grande oeuvre littéraire qu’il aurait pu être.

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