Le 19 juillet 1959.
Un dimanche. Comme aujourd’hui !
Il y a exactement cinquante ans….Un demi-siècle ….Cela ne veut rien dire .Pourtant, cela fait une vie…Une vie entière….Plusieurs vies, même !
Le dimanche 19 juillet 1959, nous enterrions mon père !
J’avais quinze ans et je regardais la mort en face pour la première fois. Et la mort frappait mon père.
Cela fait cinquante ans et pourtant, il m’arrive de revoir son corps devenu soudain si menu, ses yeux fermés, ce visage qui n’était plus le sien…..Et ce paquet de linge blanc, que je n’oublierai jamais !
Le 19 juillet 1959, sous un soleil de plomb, j’ai vu mon père mis en terre, puis recouvert méthodiquement de terre. Il a disparu sous mes yeux. A jamais !
Je ne connaissais pas la mort ! Je l’ai rencontrée ce 19 juillet 1959.
Il y a cinquante ans…C’est tellement loin et pourtant si près, si vrai, et encore aujourd’hui si réel. Des gens qui font du bruit….Ils psalmodiaient des versets du Saint Coran ! Je les entends encore, parfois !
J’ai la tête encore pleine d’images, que je garde pour moi, que j’oublie souvent ; qui reviennent parfois à fleur de ma mémoire pour disparaître à nouveau. Des discussions, des gens, des pleurs, parfois des rires, oui des rires, du bruit, surtout beaucoup de bruit !
Le 19 juillet 1959, je n’avais encore quinze ans. Un gosse au milieu d’adultes. Un gosse qui ne savait pas ce qui arrivait, perdu au milieu d’adultes habitués à ce genre de situation !
Quelques jours plus tôt, je montrai fièrement à mon père un numéro de « LA DEPECHE DE TANGER », sur lequel figurait mon nom, au milieu d’une petite liste de noms. La liste des lauréats du B.E.P.C.
S’est-il rendu compte de ma fierté ? Je n’en sais rien ! Il gisait déjà, dans un lit d’hôpital, terrassé par une embolie cérébrale.
Je suis sûr qu’il avait serré très fort ma main dans la sienne en essayant de sourire ! Je suis sûr qu’il avait souri. J’ai vu son sourire dans ses yeux ! Je le vois encore, cinquante ans après.
Quelques jours après, le 19 juillet 1959, il m’abandonnait définitivement. A l’époque, on ne sortait pas indemne d’une embolie cérébrale. Il n’aurait pas supporté de se retrouver hémiplégique.
Je ne l’avais jamais vu malade, auparavant. Je l’ai vu mort !
Cinquante ans sont passés. Une vie….La mienne…Celle de ma mère…Des vies…..Celles de mes enfants…..Une nouvelle vie ….Celle de mon petit-fils ! Cinquante ans, c’est long !
J’aurais tant voulu qu’il soit là, parfois, avec moi, derrière moi, à mes côtés…..Mais il a préféré partir. Tant pis !
J’aurai voulu qu’il connaisse mes enfants. Il n’a pas eu la patience d’attendre. Dommage !
M’aurait-il empêché de commettre certaines bêtises ? Aurais-je été différent s’il était resté? Aurait-il été fier de moi ? Lui aurais-je obéi en tout ?
Peut-être et peu importe !
Cinquante ans, c’est long et si court à la fois.
Le dimanche 19 juillet 1959, c’était il y a un demi-siècle, c’était hier !
إنّا لله و إنّا إليه رجعون.

mes condoléances, cher ami,
les condoléances ne sont jamais tardives, et on a besoin de réconfort le long de toute notre vie, après la perte des êtres qui nous sont les plus proches,
j’ai vécu et je vis la même expérience douloureuse, donc je ressens ce que tu ressens et j’éprouve ce que tu éprouves,
je suis sûr que ton cher père te suit de là-bas , pas à pas, heureux quen tu l’es et malheureux quand tu ne l’es pas,
continue donc à veiller sur ta petite famille, et sur tes petits-enfants, car son sang continue à être vivant en toi, car son sang continue à vivre en eux, et cela fera son plus grand bonheur, et sa plus grande satisfaction
nous sommes à Allah et à Allah ,nous retournons
corrigé
mes condoléances, cher ami,
les condoléances ne sont jamais tardives, et on a besoin de réconfort le long de toute notre vie, après la perte des êtres qui nous sont les plus proches,
j’ai vécu et je vis la même expérience douloureuse, donc je ressens ce que tu ressens et j’éprouve ce que tu éprouves,
je suis sûr que ton cher père te suit de là-bas , pas à pas, heureux quand tu l’es et malheureux quand tu ne l’es pas,
continue donc à veiller sur ta petite famille, et sur tes petits-enfants, car son sang continue à être vivant en toi, car son sang continue à vivre en eux, et cela fera son plus grand bonheur, et sa plus grande satisfaction
nous sommes à Allah et à Allah ,nous retournons
Allah yrahmou we yrham walidina ajma3ine
Très émouvant. Mais vaut mieux encore avoir pu faire ses adieux que d’avoir été loin ou absent. Allah yrahmou.
Très touché.
Allah yrahmou.
Je suis persuadé que, de la haut, il te suit pas à pas.
Je suis également certain qu’il est fier de toi !
Un très beau texte qui n’a d’égale qu’un adieu pour une personne aimé.
allah yar7amou o yar7am jami3 amwates lmouslimines
Très émouvant, … la mémoire est garant de l’avenir
De tout ce que j’ai lu de toi c’est la première fois que je suis profondément
touché par ce que je viens de lire et c’est d’autant plus émouvant qu’aprés tout ce temps je constate que je ne savais rien sur la mort de ton papa pas même que tu l’ai perdu aussi jeune (15 ans c’est l’âge de”Ronaldo”).
Je ne sais pas si des condélances sont de circonstance 50ans aprés mais une chose est sûr je suis partculiérement ému et triste de cette commémoration.Puisse-t-il reposer en paix.
Billet émouvant, rédigé avec cœur.
Le style n’est plus celui de Hmida le bloggueur. C’est celui d’un sage qui fait parler son cœur : un cœur qui garde autant que la mémoire, les séquelles de la douloureuse disparition, celle de l’un des plus chers êtres qu’on a- qu’on avait- au monde : LE PERE.
Allah yrahmou ou yrham walidina ajma3ine Amine.
10/10.
Je ne vais pas le gacher avec un commentaire 7didanien :p
rien à dire, c’est sincère.
Allah irhmo
Toute mort affecte le vivant et entame déjà sa vulnérabilité,
S’agissant d’un proche ou d’un intime c’est une partie de soi même qui part avec le disparu.
Se reproduire est peut être notre revanche sur la mort, nous transcendons la mort et continuons à vivre a travers notre progéniture.
Mon père était admis en urgences, comateux, suite à une hémorragie cérébrale. J’étais jeune médecin interne et je le surveillais jour et nuit et veillais à la bonne application des soins prescrits. Dix jours après alors qu’il était dans un coma dépassé, il avait cligné des paupières puis ouvrit ses ses yeux en me regardant et prononça : Allah yardi aalik a waldy , puis avait resombré dans le coma. Quelques jours après, il rendit son dernier souffle, un souffle qui n’a cessé de résonner à mon oreille. Ce moment demeure le fait le plus marquant de ma vie.
Que l’âme de nos regrettés disparus repose en paix.
Moi j’avais 21 ; lui, si jeune et si beau… La crise a duré 15 mn ; toute ma vie en a été chamboulée.
Mais quelque part, je sais qu’il est toujours là, du moins dans mon esprit et dans mon cœur.
Merci d’avoir partagé avec nous autant d’émotion.
Que la Paix et la Miséricorde de Dieu soit avec eux.
Ton texte avec une grande pudeur exprime des émotions et des sentiments ressentis aussi lors de la mort de mon père il y a bien longtemps…et pourtant c’est comme si c’était hier
La mort est un défi les plus difficile de la vie …..Se remémorer la mort d’un être cher est l’occasion de redéfinir nos priorités dans lesquelles le présent prend une meilleure place car, sans elle, il n’aurait alors aucune signification….
J’aime cette phrase de Fernando PESSOA : “la mort est le tournant de la route.Mourir,c’est seulement ne pas être vu.Si j’écoute,j’entends tes pas exister comme j’existe.”
Nos pères bien qu’absents sont malgré tout toujours là……!
@ Tous
J’ai longtemps hésité avant de mettre en ligne ce texte…Je ne le regrette pas…Je me sens mieux après avoir lu vos commentaires….
@ hmida : rien à ajouter, sauf que je m’attends à un texte sur anoual de ta part pour demain?
@ Mounir
Pour Anoual, j’ai déjà donné….Relis ma série de sept billets sur ABDELKRIM KHATTABI publiés entre fin avril et début 2009.
j’ai tres bien lu et je m’attends a une autre analyse d’anoual
@ mounir
Tu devras attendre:::::::)))))))))
Il y a plus urgent pour le moment!
Que l’âme de ton défunt père repose en paix au Royaume de Dieu.
Allah Ira7emou wiwassa3 3lih.
J’ai ete touche par ce post pour plusieurs raisons:
La premiere raison est ta sincerite, il est tres difficile de vehiculer des sentiments a travers des mots, l’art est un meilleur vehicule pour ca, mais tes mots sonnent juste, les images qu’ils evoquent aussi, on se croirait presque avec toi durant cette periode dure de ta vie.
La deuxieme raison est que l’on est tous passes par la, du moins les plus ages d’entre nous, toi au moins, tu as eu la chance (j’a presque dit le “plaisir”, mais le mot plaisir est trop deplace) d’etre la pour enterrer ton pere, le mien est mort au sahara, et le gouvernement marocain trop occupe a renier le fait qu’il y’ait un probleme au sahara ne nous a RIEN dit pendant 5 longues annees, c’etait en 1975, et j’avais a peine 11 ans a l’epoque, mon pere a ete massacre par les sahraouis, ils avaient des kalashnikovs, alors que mon pere n’avait que “3isha twila” comme les mokhaznis appellent le fusil qu’ils avaient, c’est un fusil a culasse, il fallait l’ouvrir manuellement, y mettre une balle, fermer la culasse, et ensuite tirer, et recommencer, quelle chance ont ils eu face a des sahraouis mille fois mieux armes? aucune!!! ils ont ete massacres, un a un, il n’y'a eu que 7 rescapes sur 104, et les rescapes s’en sont sortis parceque les sahraouis les ont pris pour des morts, les sahraouis ont egorges, OUI, egorges les blesses, ont confisques leurs pieces d’identite, et les ont utilises dans leur propagande, le gouvernement marocain a du attendre une semaine, OUI, une semaine avant de pouvoir controler la region, et enterrer les mokhaznis (forces auxiliaires), ils les ont laisses aux chacals, aux corbeaux et autres creatures du desert pendant une semaine, ils les ont reconnus aux marques particulieres, elle est bien belle l’armee marocaine. Ils ont ete enterres dans une fosse commune, maintenant totalement perdue, ils n’ont pas marque l’endroit, je me suis battu des annees durant avec l’administration pour pouvoir aller me recueillir sur sa tombe, en vain.
J’ai pleure sa mort en solitaire, ma mere a toujours nourri l’espoir, tres vain, de le voi un jou revenir, son explication: on ne sait jamais, les sahraouis auraient pu le prendre comme prisonnier, elle ne savait pas que les sahraouis ne s’emmerdaient pas des conventions de geneve, un soldat marocain mort est moins encombrant que vivant.
Meme maintenant, 32 ans plus tard, elle nourrit un espoir tout au fond d’elle meme.
Je n’en veux a personne, je sais que notre gouvernement est compose de mediocres, qu’ils s’attachent tous a leurs boulots de merde, que ce sont tous des “khobzistes” comme disent les algeriens.
Eh oui mon ami, quand tu y penses, il y’a toujours quelqu’un qui va trouver que ton malheur n’est rien compare au sien.
Allh ire7amehoume kamlin, Wallah issabrak.
Ainsi va la vie mon ami, ainsi va la vie.
Quelqu’un a ecrit une fois dans un metro “Le monde n’est pas fait d’atomes, le monde est fait d’histoires”, il ne savait pas a quel point il avait raison.
@ Mouka
Je ne sais comment réagir à ton récit. Je ne peux que compatir, mais est-ce suffisant?
Mon père est parti, victime de la vie….Ton père vous a été enlevé par la guerre et par la bêtise des hommes!
Le malheur n’a pas d’échelle!
Puis-je t’offrir ma sympathie pour prier ensemble pour le repos de leurs âmes?
ALLAH YARHAOUM ….
Merci, je t’ai deja dit que tes mots ont sonne juste, les images que tu vehicules a travers ton recit nous emportent avec toi, du moins, ceux d’entre nous qui ont vecus un drame similaire.
C’est tres dur de perdre quelqu’un d’aussi cher si tot, mais, on ne peut rien faire contre “lmouktab”.
Allah ire7amehoume jami3ane.
Je suis devenu un regulier sur ton blog. Je ne commente pas beaucoup, mais je te lis regulierement.
Bon courage mon ami.
@ mouka
Content de te compter parmi les amis qui s’arrêtent sur cet espace!
Je serai ravi de lire tes commentaires et d’y répondre.
Je rejoins ce qui a été dit par wydadi, moi même j’ignorais tout sur la mort de ton père!!!!! je savais que tu l’avais perdu jeune mais pas à ce point, je ne savais pas non plus qu’il était mort d’une embolie pulmonaire! que Dieu ait son âme و الله يجعل البركة في الباقي
Très touchant et émouvant. Inna lillah wa inna ilayhi raji3oune.
Tu sais pas à quel point ce texte résonne en moi. J’ai une relation particulière avec mon père et par 3 reprises j’ai failli le perdre. Ca marque au plus profond de soi.
Comme dit ma mère “Allah yekhelli l’l3ine materaji”.
@ une marocaine
Chouchoute bien ton chibani…J’imagine combien il doit vous être précieux!
Allah y taoulou l’3amar ou f’sa77a!