Avec deux athlètes contrôlés positifs, les derniers championnats du monde d’athlétisme ont levé le voile de façon définitive sur le problème du dopage au Maroc.

dopage

D’abord, premier constat ! Le Maroc devrait en principe disposer d’une loi régissant la lutte contre le dopage.

Un projet de  loi, qui semble s’être perdu dans les dédales du parlement, prévoyait le cadre légal de cette lutte :

-    avec la définition du dopage, conforme aux normes internationales.
-    avec l’institution d’un système de contrôle et la création d’une agence et d’un laboratoire national spécialisés.
-    avec enfin une  procédure disciplinaire et éventuellement pénale à l’encontre des contrevenants.

Vœux pieux, malgré la ratification par le gouvernement de l’accord mondial de lutte contre le dopage en octobre 2008.

Ce vide juridique a été encore rappelé lors de la journée d’étude sur le sujet organisée à Rabat en avril 2009.

En attendant, le dossier est confié à une commission provisoire  mixte (C.N.O.M.  et   M.J.S.), avec tous les aléas inhérents à ce genre de structure.

A défaut d’une action politique efficace, une association non gouvernementale (A.M.S.D.S.) s’active depuis 2006 dans le processus de lutte et de sensibilisation aux dangers du dopage dans le secteur sportif.

Si l’on résume, les athlètes – les sportifs de compétition plus exactement – sont livrés à eux-mêmes et échappent à tout contrôle sérieux !

D’autres éléments extérieurs à la sphère sportive proprement dite semblent être présents dans la tentation des athlètes à rechercher la performance à tout prix !

Les marocains sont une société dopée au sport, à telle enseigne que chaque fois qu’une équipe ou qu’un athlète – quelque soit son niveau réel et sa préparation – est engagé dans une compétition internationale, le public marocain, mené par une presse le plus souvent démagogue, s’attend à des résultats conformes à ses attentes.

Ils en oublient que le niveau réel d’un athlète ou d’une équipe ne dépend pas du passé mais du travail en amont et de la forme au moment de la compétition.

Cet état d’esprit peut pousser certains athlètes à forcer leur destin et à tenter de faire bonne figure en recourant au dopage, parfois dans des conditions « artisanales ».

Enfin, il y a lieu de ne pas oublier que pour une grande partie de nos athlètes, toutes disciplines confondues, le sport représente la seule possibilité de parvenir à une situation économique confortable.

Alors, certains n’hésitent pas à risquer leur carrière, et parfois leur santé et même leur vie, pour parvenir à des résultats qui leur ouvriraient une carrière – sinon une naturalisation – dans les pays du Golfe ou plus difficilement en Europe.

Dans un monde où le dopage est apparemment banni mais en réalité accepté, nos athlètes ne font pas exception.

Ne leur jetons pas l’anathème ! Mais ne les encourageons pas dans la course folle vers les médailles et les résultats, si derrière,  nous ne leur assurons pas une formation efficiente  et un encadrement irréprochable !

Au Ministère de la Jeunesse et aux différentes fédérations de prendre leur responsabilité !

6 Comments on DOPAGE : ATHLETES, FEDERATIONS, MINISTERE?

  1. le mythe says:

    Les marocains sont certes une société dopée au sport, mais ne s’engagent pas à assez
    Quand j’ai dit que le Maroc n’est pas une nation de sport, j’ai inclus et le public, la responsabilité de l’état sans oublier l’implication des sportifs
    J’ai vu (à la télé) le match Maroc Togo à Rabat, le stade était vide
    La fédération n’a pas eu l’idée d’offrir des billets à des jeunes, des enfants…

    C’est tout une vision, (organisation aussi) à changer dans le sport au Maroc
    Je ne vais pas me disperser…
    Ton billet vise le dopage et j’adhère complètement

  2. too banal says:

    Ravi de te lire de nouveau (mais je suis passé d’autres jours en catimini).
    Je vais être franc avec toi: le sport me sort depuis longtemps des yeux. Tout ce qui relève de la compétition, de la propagande et du commerce…etc., je l’ai jeté à la poubelle. Je ne m’en préoccupe même pas ! C’est comme si cela n’existait pas. Que l’équipe nationale ou ses athlètes perdent ou gagnent, je m’en balance!
    J’ai toujours prôné une seule chose : si tu aimes un sport, PRATIQUE-LE ! Ne sois pas supporter, ne fais pas de pub idiote en revêtant les maillots des joueurs que tu vénères comme des dieux…
    Bon, je ne vais pas tarder! je m’en vais faire mes dix longueurs de piscine…
    Bonne journée lumineuse!

  3. hmida says:

    @ too banal

    J’ai déjà vu que tu es rentré ..J’espère que tu as passé de belles vacances et que tu feras partager les photos que tu en auras ramenées.

    Pour le sport, j’ai toujours pensé que cela devait conserver un aspect LUDIQUE ..Le sportif killer n’a jamais été ma tasse de thé! Pourtant, j’ai pratiqué des sports assez durs (rugby et judo) et plus tard du tennis..Mais j’ai toujours voulu rester dans le domaine du jeu …Je n’ai jamais été champion (sauf un titre de champion scolaire en rugby) mais j’ai toujours été sportif pour le plaisir …

    Pour ce qui est d’être supporter, je suis un inconditionnel du BARCA, pour des raisons idéologiques et historiques!

    Bonne et belle journée!

  4. Ahmed says:

    J’ai toujours aimé le sport: pratiquer et regarder. Pratiquer pour me défouler et essayer de me dépasser et regarder pour me régaler: j’ai en tête quelques matchs de la finale de la Cup d’Angleterre. MEMORABLES …

    Mais le sport est aussi le reflet de notre monde et de ses valeurs: quand un trader s’enrichit de toutes les manières possibles et imaginables; quand le boss du nasdaq, reconnu et respecté par ses pairs, parvient à détourner 50 milliards de dollars, quand des ministres se font goaler de part le monde (tous systèmes politiques confondus), … Il est difficile pour de jeunes sportifs de garder la tête froide et l’esprit fairplay! Cela ne les excuse nullement, mais le dopage est devenu une entreprise collective (Festina et les autres équipes cyclistes, le foot, …), prospère et qui rapporte gros, tant pour les fournisseurs (Puerto and co) que pour les que les sportifs (Marion Jones et tous les autres).

    Mais le sport reste pour moi une école, une éducation et un domaine où les jeunes peuvent apprendre ENORMEMENT. Si le dopage tue le sport, il faut tout mettre en œuvre pour coincer les tricheurs et les radier à vie d’une pratique qu’ils ont déshonorée. Pas de pitié pour les tricheurs!

  5. hmida says:

    @ ahmed

    Tu oublies que dans le monde du sport l’exemple n’st justement pas exemplaire : quand Ronaldo se fait payer des millions par jour, quand une médaille de champion du monde vaut 100.000 dollars, quand un record du monde (obtenu dans d’obscures conditions) te donne droit à une fortune …

    Pour le reste, on peut dire en effet que le sport est une école et une éducation, à condition de conserver son aspect humain et ludique!

    En ce qui me concerne, je peux dire que je conserve encore certaines valeurs que j’ai apprises sur les tatamis de judo et sur les terrains de rugby.

  6. bouanezi says:

    Ce qui s’est passé tire la sonnette d’alarme sur la politique sportif engagé au Maroc c’est-à-dire de savoir ce qu’on veut du sport est ce que de le vouloir comme un moyen d’éducation des jeunes afin de former la personne ou bien on cherche seulement d’avoir des médailles et d’arriver le plutôt possible au trophée. Mais la vérité il n’y a pas que l’athlétisme qui connaît ce drame je crois que tous les différents secteurs vivent des crises flagrantes que ce soit la justice ou il y’a un unanime sur la vaste corruption qui règne au sein du secteur De même qu’ au sein de l’administration publique en général.
    donc on doit attirer la sonnette d’alarme sur toutes les mauvaises habitudes et c’est l’occasion de procéder à des reformes. L’abondance de la corruption et le favoritisme dans un pays maintient le sous développement.