Jacob COHEN – Roman (Editions TARIK – 2006)
A travers un récit alambiqué, Jacob COHEN nous embarque pour un voyage dans un Maroc que beaucoup de marocains veulent occulter ou feignent d’ignorer.
Le Maroc des juifs du Mellah, juste après l’indépendance.
L’auteur, né à Mèknes, diplômé puis enseignant à la Faculté de Droit de Casablanca, a su décrire cette période, avec une précision qui écorche très durement l’image de tolérance dont nous voulons teinter les relations entre musulmans et juifs.
Il parle sans haine des difficultés de la communauté juive marocaine à Meknes, dans les années qui ont suivi l’indépendance. Il explique leurs espoirs déçus et les espérances proposées par les agents sionistes chargés d’encourager les départs vers la terre promise.
Avec la même précision, Jacob Cohen a su également parler des difficultés des juifs d’origine marocaine à s’intégrer dans la société israélienne, tout comme leur relative facilité de se fondre dans le moule social français.
L’ouvrage est dur à lire, tant la réalité y est crûment présentée, mais dans une connaissance parfaite des communautés, des mentalités et des habitudes aussi bien juives que musulmanes.
Je dois cependant avouer ma gêne à avancer dans la lecture de ce livre. Dès la page 7, j’ai buté sur une phrase dont je n’ai pas appréhendé le sens et qui m’a bloqué. Les recommandations d’une maman juive du mellah à sa fille se terminaient par cette phrase énigmatique :
« On est juste à côté de la médina, tu comprends ? ».
Justement, je n’avais pas compris pas cette phrase. Je ne connaissais pas de mellah ! Il n’y en avait pas dans ma ville.
Il a fallu que la personne qui m’est très chère, et qui partage mes lectures, me rappelle les juifs du mellah de sa ville, leur marginalisation, les exactions ou plutôt les brimades qu’ils enduraient.
Une fois opéré ce rappel historique et social, j’ai pu jouir pleinement ” Du danger de monter à la terrasse “.
