Du journaliste au conseiller municipal, de l’éditeur au consommateur, nous sommes pareils !
Je vous fais part de quelques énormités prises au hasard mais très caractéristiques de la mentalité marocaine :
24/ TEL QUEL réserve son numéro 263 à la femme marocaine. Très bien. Il consacre un article aux femmes du P.J.D. C’est très bien aussi. Mais pour faire l’intéressant, le magazine ajoute un encadré à la page 19 sus le titre : « Portrait : la voilée de Sa Majesté ».
Cet articulet ne fait nulle référence à la moindre relation entre Bassima Haqqaoui et le roi, ou le palais ou le pouvoir en place. De la pure provocation, de la frime, de l’énormité journalistique dans toute sa splendeur !
Pour le journaliste marocain, publier quelque chose sur le Roi est la preuve suprême de sa liberté et de sa compétence.
25/ Suite à la grève de quelques jours des chauffeurs du transport de marchandises et de voyageurs commencée le 11 mars 2007, certains secteurs ont connu des perturbations plus ou moins graves dues à un approvisionnement déréglé. Mais dès le lundi au soir, des rumeurs de pénurie de carburant ont vite couru.
Et la réaction des marocains a été comme toujours énormément exagérée. Des files de centaines de voitures se sont formées devant les stations service. Même les automobilistes qui avaient dans leur réservoir de quoi tenir quelques jours se sont présentés pour faire le plein.
Résultat de cette ruée absolument ridicule : dès le mardi matin, on ne trouvait plus une goutte d’essence ni de mazout dans la plupart des stations.
Exactement la même réaction quand le sucre manquait après une grève de la Cosumar.
Comme pour la tomate à la veille de chaque ramadan ou les cartes piratées !
Le marocain se complait dans les pénuries et se fait un plaisir morbide à les entretenir.
26/ L’avenue Maa Al Ainaine, qui relie l’avenue Ibnou Sina, dans l’Agdal, au rond-point Bab Al Irfane, est très dangereuse sur plusieurs centaines de mètres.
Un terrain empiète sur un tronçon de cette avenue gênant la circulation, réduisant de moitié la largeur de cette voie qui enregistre un très important trafic, empêchant les travaux de réfection de la chaussée.
Qui est le responsable de cette situation ? Le propriétaire du terrain ? Les services municipaux ? Faut-il attendre qu’une ambulance sortant des clinques avoisinantes capote sur ce tronçon pour régler le problème ? Ou qu’un grave accident mortel se produise ?
Est-ce une simple négligence ou une énormité dans la gestion des la voirie municipale ? Ou bien est-ce une situation provisoire?
Le provisoire qui dure est bien une spécialité nationale !
27/ A propos de gestion défaillante, les responsables municipaux de Fès ont décidé de lutter contre le terrorisme à leur manière !
Ils ont décidé que tous les cyber – cafés de la ville doivent fermer à 21 heures.
Ainsi tous les jeunes qui fréquentaient ces endroits pour s’instruire, s’amuser ou communiquer vont se retrouver libres et pourront donc être récupérés sans aucune difficulté par des prêcheurs spécialisés dans le recrutement des jeunes en difficulté.
Les décisions tape-à-l’œil mais totalement contreproductives sont bien de chez nous !
28/ L’art culinaire marocain n’a plus rien à prouver. Certains ont essayé de le moderniser avec plus ou moins de réussite D’autres ont essayé de le vulgariser, tout en respectant l’âme ! Des livres de cuisine ont été édités, en français puis en arabe. Et ils ont connu un succès grandissant.
Sauf que le succès a fait des jaloux et actuellement il existe tellement de livres de cuisine marocaine que plus personne n’en achète. Ils se ressemblent tous, ils n’apportent rien de nouveau, rien de spécial. Les différentes éditions n’ont qu’un seul mérite : elles se sont concurrence.
Et il en est ainsi dans tous les domaines de l’activité économique : du textile à la harcha, de l’immobilier à la boucherie et de la grande distribution à la presse !
Le mimétisme est très ancré dans notre mentalité !
