Depuis quelques jours, le landerneau politique français est en émoi.
Le président Nicolas Sarkozy a en effet décidé de mettre en application une autre de ses promesses électorales, celle de procéder à l’évaluation périodique de l’action des ministres de son gouvernement.
Des critères seront fixés pour chaque ministère et chaque ministre recevra une « feuille d’évaluation » qui permettra de juger de l’efficacité de son action.
Ainsi, l’activité du ministre de l’intégration serait évaluée en fonction du nombre d’expulsions de sans-papiers.
Celle du ministre de la culture se ferait compte tenu de la fréquentation des musées gratuits ou l’évolution du piratage des fichiers audio et vidéo.
Pour l’éducation nationale, la feuille de route prévoirait le nombre d’heures supplémentaires réalisées par les enseignants, l’accueil des élèves handicapés ou encore la progression de l’assouplissement de la carte scolaire.
La justice serait évaluée sur le taux d’application de la loi sur la récidive ou sur le nombre d’aménagements de peine. D’autres critères spécifiques retenus sont prévus pour d’autres ministères, comme le taux de consultation ne donnant pas lieu à une prescription de médicaments pour la Santé, ou bien le nombre de brevets déposés pour la Recherche ou encore le nombre de dossiers de surendettements pour le Haut commissaire aux Solidarités actives.
Même le ministère des affaires étrangères ne serait pas épargné : le nombre de ministres présents à Bruxelles pendant les conseils des ministres européens tiendrait lieu de critère d’évaluation.
Seule l’action du premier ministre et du président de la république échapperait ainsi à une quelconque évaluation et donc à une sanction éventuelle. Au nom de diverses considérations plus politiciennes que raisonnables, cette décision de procéder à l’évaluation de l’action politique des ministres provoque un véritable tollé en France, bien qu’elle semble plutôt bien acceptée par les intéressés eux-mêmes.
Il faut reconnaître que cette méthode d’évaluation est relativement courante dans les administrations de tradition anglo-saxonne ou scandinave. Elle est d’ailleurs utilisée dans les instances européennes également. Mais la France, toujours rétive aux changements, ne semble pas prête à l’accepter. Ainsi, Aurélie Filippetti, députée de Moselle, porte-parole du groupe PS à l’Assemblée nationale, a-t-elle jugé cette initiative “grotesque” et “dangereuse, parce que la politique n’est pas affaire de chiffre, de quotas et de rendement”. Alain Krivine de Lutte Communiste Révolutionnaire parle quant à lui de « guignol » !
Pour ma part, je ne trouve cette façon de faire ni scandaleuse ni outrageante pour les responsables politiques. Après tout, ils occupent des postes de responsabilité, ils ont fait des promesses, et il me parait tout à fait normal qu’ils rendent compte de leur activité. Bien sûr, les institutions prévoient un système de contrôle de l’activité gouvernementale de la part du parlement, ou par d’autres moyens indépendants. Mais, étant donné l’évolution du monde actuel, il est tout à fait normal que de nouvelles procédures d’évaluation ou de contrôle soient prévues et mises en application. Les refuser reviendrait à ne pas accepter l’évolution du monde ! Les refuser pour de simples motifs politiciens reviendrait à rejoindre la clan des refuzniks des fameux « jurys citoyens » que Ségolène Royal avait proposés !
Dans mon délire de citoyen, je me suis laissé un moment à rêver de l’application de cette méthode à notre gouvernement. Toute comme en France, le chef de l’état échapperait à toute évaluation. Ce qui est normal, n’en déplaise à tous ceux qui me traiteront de « makhzanien ». Il faudrait d’abord changer la constitution.
Par contre, pour le premier ministre, je ne vois pas pourquoi il échapperait à une évaluation. Il est même niveau de responsabilité que ses collègues, dont il n’est que le premier d’entre eux !
Resterait à choisir les critères applicables pour chaque ministère.
Au hasard de mes rêves, j’ai pensé à des critères spécifiques pour chaque ministère.
Pour le ministère des Tavaux Publics ou celui de l’habitat, l’évaluation est aisée et peut même être chiffrée. Pour le premier, il serait noté en fonction du nombre de kilomètres de routes et d’autoroutes prévus et réalisés ou de l’évolution du nombre d’accidents de la circulation automobile.
En ce qui concerne le ministre de l’habitat, le nombre de logements prévus et construits, celui des bidonvilles éradiqués constituerait un critère d’évaluation fiable.
Le ministre de l’éducation nationale serait jugé en fonction des nouveaux établissements construits, des nouveaux postes d’enseignants créés et non pas en fonction du nombre de nouveaux bacheliers ou de nouveaux lienciés.
Le responsable de la justice se verrait attribuer une note en fonction non pas du nombre de dossiers traités par les tribunaux mais des jugements effectivement notifiés et exécutés.
D’autres critères spécifiques pourraient être choisis pour chacun de nos ministres !
Mais je suis vite redescendu sur terre en me demandant : Qui établirait ces critères ? Qui évaluerait les réponses des ministres ? Qui prendrait les décisions qui s’imposeraient ?

Je crois qu’ils ne seraient pas bien d’accord à rendre des comptes.
Ils aiment bien juger les autres mais lorsque c’est leur tour il n’y a plus personne.
j’ai toujours pensé que si on considérait “la gestion de l’Etat” comme “la gestin d’entreprise” ça ne pourrait que donner de très bons résultats: dans le sens où l’on fixe au gérant ( ministre ou haut responsable) des objectifs clairs à atteindre, avec un plan dévaluation, avec une grille claire (communication interne et externe, atteinte des objectifs, esprit d’initiative, créativité “nouveaux projets”, maîtrise du poste, implication citoyenne “oeuvres de charité” mobilisation et développement des équipes…)
Deux remarques :
1/ Certains pays scandinaves font appel à des “fonctionnaires de mission” qui vienent par exemple du privé, qui sont engagés par contrat par une administration publique pour la réalisation d’une mission bien précise, définie dans le temps et aux onjectifs bien déterminés. Une fois la mission menée à bien, le “fonctionnaire” revient à son secteur d’activité initial. Pouvons-nous imaginer ce genre de choses dans notre pays?
2/ Quand j’étais étudiant, dans une autre vie, le professeur de finances publiques nous parlait de RCB (rationalisation des choix budgétaires) chère dans le temps à Mac Namara, alors secrétaire d’état amériain à la défense qui voulait rationaliser les dépenses puliques américaines en matière de défense. Quanrante ans après, le RCB n’est tuojours pas appliquée au Maroc et aux USA j’ai l’impression qju’elle ne l’est pas du tout en matière de défense.
Tout cela pour dire que les changements sont toujours très difficiles à mettre en place et à faire accepter.
Les ministères sont jugés sur le pourcentage de conseommation de leur budget !
Je trouve la mesure quelque part démagogique. En l’occurrence, l’évaluation vient trop tard. Un ministre qui s’en sort avec une mauvaise évaluation, cela relève de la responsabilité de celui qui l’a nommé…qui se trouve être celui qui va l’évaluer. La bonne foi voudrait donc que pour être conséquent avec soi, le Président devrait recruter sur appels à candidature. Ainsi, le choix serait rationalisé d’emblée.
@ jaouad
Dans le cas de la France, l’évaluation des ministres se fera – il me semble – de façon périodique, ce qui permettra de rectifier le tir à temps, de changer les objectifs ou éventuellement les personnes chargées de les réaliser.
Les désignations des ministres dans les pays vraiement démocratiques se fait un peu sur appel à candidature, dans la mesure où chaque parti qui arrive au pouvoir connait grosso modo le nom de la personne qui aura en charge tel ou tel ministère, selon ses affinités, ses ambitions ou ses compétences!
Plsr remarques: 1) Pour proceder a une evaluation des ministres, il faut d abord clarifier le domaine de competence et les resposnabilite de chaque ministere. Au Maroc, il y a une vraie confusion des roles et responsabilite entre le governement et les autres intervenants.
2) quel critere de performance applique a un ministre sans portefeuille?
3) Qui sera charge de cette evaluation? au Maroc, nos ministres ont le talent de mettre en cause tout evaluation defavorable/critique de la performance de governement, bank mondiale, indice dev humain, transparency intr…etc
Le temps ou les acteurs politiques auront a rendre des comptes n’est malheureusement pas pour demain.
Bonne semaine a ts
@ hassan
Pour faire avancer le débat, certaines clarifications seraient nécessaires, je crois :
1/ Autres intervenants? Tu veux parler de qui? Agences spécialisées, du genre Agence de développement du Nord par exemple? Conseillers royaux, chargés de certains dossiers?
2/ Un ministre sans portefeuille n’est pas forcément sans mission ni sans attritution : ce n’est pas un poste honorifique.
3/ En France, c’est un cabinet privé qui a été chargé d’établir la grille d’évaluation : le cabibet Mars and C°. Le concept pourrait être retenu chez nous aussi.
Rien n’est impossible, il suffit de la volonté politique de le faire!
Je partage les réserves de jaouad et les remarques de Hassan. Normalement ce sont els élécteurs qui évaluent et sanctionnent notamment lors des élections les tenants des affaires publiques.
Faut savoir qui fait quoi et qui est responsable de quoi. Pour les résultats de la politique économique ce serait hypocrite d’évaluer le ministre de l’économie (ciel je me rappelle pas de son nom) alors que c’est pas lui qui décide des orientations de l’Etat. Ca serait plus correcte si on évalue et on note les conseillers du Roi (Belfkiq, Azoulay, Mouaatssim…) les commissions royales qui décident bien souvent de la politique économique et relègue le gouvernement au second rôle.
En résumé le principe, hormis son côté démagogique , mais il faut que ce soit appliqué à tous les acteurs (et surtout les vrais acteurs) qui décident de gestion de l’Etat. Faut commencer peut être par les identifier.
Evaluation permet de savoir le niveau des efforts faits.
Ainsi de pouvoir connaître les meilleurs performance à fin d’ honorer les meilleurs soit par les renommés à des nouveaux mandats ministériels ou d’être dans d’autres postes importantes.
Ainsi l’estimation nous permet de savoir les faibles et de se débarrasser d’eux. Au Maroc je crois que le système réussira si les arbitres sont formés d’une commission composée de l’association civile, les associations, syndicats, vu que ces derniers sont indépendants du domaine de la politique.
La commission aura le contrat objectif de chaque ministre puis elle a d’évaluer périodiquement le rendement.
On doit se concentrer sur la qualité exemple pour le ministre de l’équipement on doit noter la qualité des routes faites durant sa règne vu qu’un nombre de routes leurs goudrons se dégradent dans une année où deux de sa réalisation.
Pour le ministre de l’éducation on doit le noter sur le nombre des écoles réalisés et aussi sur son nouveau apport à les différentes matières de l’éducation vu que la plupart sont basés sur apprendre par cœur les différents leçons et n’a pas pour objectif d’arriver à savoir bien penser et que l’enfant utilise son intelligence et ses acquis à fin d’arriver à réussir sa vie est donné un bon rendement à la société.
Pour etre efficace, le system d’evaluation doit s’appliquer a ts les intervenants importants et pas uniquement aux ministres qui ne sont que le pic de la montagne. e.g. Avant d’ evaluer le ministre des finances (Mezouar) on doit avoir des objectifs clear (et mesurables) pour la douane, les impots, bank al Maghrib, OCP, Odep….etc et leur directeurs evalue (directeurs qui ne sont d ailleur pas nommes par le ministre et sur lequels il n a peut etre aucun pouvoir)……en clair, le systeme d’ evaluation, pour etre efficace, doit surtout commencer par la base…..
Il est aussi important de clarifier le role de chacun (peut importe qui) des le depart, de fixer des objectifs clears a l’avance, les communoquer …..et sourtout choisir les bonnes personnes (competentes) pour les atteidre.
Example: Qui doit repondre de la reussite ou l’echec du choix de TGV comme une priorite du transport au Maroc?
ce ne sera sûrement pas à nous les citoyens de règler ce genre de problèmes, mais il n’est inutile que nous y réflechissions et que nous en débattions.
l’important est que les respsonsables ne se croient tout permis et qu’ils sachent qu’un jour ou l’autre ils devront rendre des compte!
comment? quand? dans quelles conditions? l’histoire se chargera de noius le dire!
Je suis pour l’évaluation du responsable….
Dans mon administration, avant les nominations, chacun de nous était tenu par un cahier de charges selon la mission ou attribution du service ; et crois – moi tout le monde bossait ; celui qui gérait un service faisait tout pourle garder, tandisque ceux qui voulait cette responsabilité faisaient les bouchées douibles. et ma parole ça marchait….. dommage, cette façon de faire a été perdue ما كاين غير اباك صاحبي
au fait, c’est à double tranchants, puisque ça peut être une façon de se dégager des responsabilités et de se délester de ses échecs politiques en les collant aux autres.
d’un autre côté, oui pour l’évaluation mais du plus petits aux plus grands. du cabinet, au ministre…
et Hors sujet, ton anti-spam est toujours gentil avec moi, c’est des mots comme “hugs” “warm”… accueillant l’anti-spam, comme le blog. merci
Bonjour,
On dirait que voeux a été Exhaussé, vous avez vu le grand oral de Hjira hier devant le roi !!!
If faut dire que le sujet été facile et les rapporteurs Kabaj et Sajid n’étaient pas de bons rapporteurs il ont passé la séance à regarder l’écran au lieu de creuser les axes non maîtrisés par le candidat.
Tu viend d’avoir la réponse à tes questions.