Question essentielle ou simple interrogation?
Sur un blog qui malheureusement a cessé d’exister, la question « Etre marocain aujourd’hui » avait été abordée. Il est vrai qu’à l’époque, le Maroc, ses institutions, son gouvernement, et même ses symboles connaissaient une campagne de dénigrement menée d’une part par une partie de la presse nationale dite indépendante ou non partisane et d’autre part par les séparatistes sahraouis.
J’avais participé à ce débat par la contribution que je livre à votre lecture, après l’avoir actualisée en y apportant de légers changements de forme, notamment.
ETRE MAROCAIN AUJOURD’HUI ?
Pour répondre à la question de savoir ce que être marocain peut signifier, je me suis immédiatement référé à ce qui unit ceux qui se considèrent comme « marocains ». Et nous sommes tous unis autour de notre «patrie».
Mais avant tout, qu’est-ce que la patrie ? La réponse la plus convaincante que j’ai trouvée date déjà de bien plus d’un siècle. L’historien français Fustel de Coulanges écrivait en 1870 :
« Voilà ce qui fait la patrie : communauté d’idées, d’intérêts, d’affections, de souvenirs et d’espérances».
Mais face à la mondialisation qui a envahi notre vie même personnelle, la patrie et notre relation à elle s’en trouvent affectées.
Ainsi, parler de « patrie » doit-il nous amener à nous définir en tant que nationaliste ou en tant que patriote ? Le nationalisme implique la relation à l’étranger. Par contre, le patriotisme constitue une manière de mettre en exergue l’intérêt général, le bien commun et le souci de l’autre en vue d’une identification collective.
A mon sens, être marocain, aujourd’hui suppose la conscience multiple de :
• appartenir à un destin commun ; • porter une identité à la fois collective, fédératrice et plurielle ; • partager des valeurs qui enrichissent l’humanité et qui, en même temps, nous déterminent par rapport à elle.
Mais pour arriver à cela, il nous faut des valeurs communes qui nous caractérisent par rapport aux peuples qui nous entourent. Quelles sont les nôtres ? Par ces temps de nihilisme ambiant très B.C.B.G, il s’avère « archaïque », « réactionnaire » voire « makhzenien » de vouloir poser le problème en terme de valeurs.
Refusant par principe tout terrorisme intellectuel y compris celui qui est actuellement en vogue, je persiste à croire que nous les marocains avons des valeurs communes distinctives qui font que nous sommes les marocains et des marocaines, fiers de nos qualités et conscients de nos défauts.
J’en cite quelques unes, qui me semblent assez pertinemment spécifiques, au vu de mon expérience et ma sensibilité personnelles. La liste que je propose ne tient compte d’aucune priorité, n’établit aucune hiérarchie et elle reste ouverte à toute suggestion.
A cet égard, j’aimerais connaître le point de vue de nos compatriotes vivant à l’étranger dont l’apport ne pourra être que enrichissant. Leur vision de la « marocanité » ne participera sûrement pas des mêmes préoccupations.
La tempérance : Certains observateurs étrangers, notamment nos voisins de l’est, nous considèrent comme un peuple servile, hypocrite ou manquant de fierté. Ils pensent que ce sont là des attributs génétiques et qu’avec cet héritage, nous ne pouvons pas être des hommes libres. Bien sûr, ce discours prend ses références majeures dans la littérature coloniale, mais il serait intéressant de savoir sur quoi il se construit. En fait, ce sont la tempérance et le pacifisme naturels des Marocains qui surprennent. Refuser d’emblée la conflictualité est un trait profond de caractère qui ne signifie pas refuser de gérer l’adversité quand elle s’impose. Le Marocain a un caractère tempéré mais peut être un valeureux guerrier au combat. La question n’est pas là. Le Marocain est un homme civilisé et en cela, il est le produit d’une veille nation. Son identité s’est construite sur cette conscience qui souvent le prémunit contre la fébrilité ou le doute identitaires. Je pense que sa tempérance exprime d’abord ce fait. Une forme de sérénité et d’assurance qui donne une certaine force de caractère qui elle-même autorise une retenue assumée. Le Marocain est dépositaire d’une très longue histoire (écrite). Il a conscience qu’il a un passé, une identité, et il ne doute pas de son avenir. La solidarité : Notre société s’est construite sur cette valeur cardinale. Elle est vécue au quotidien, dans tous les espaces privés et publics. La modernisation relative de notre société n’a pas pu effacer cette caractéristique. D’où vient-elle ? Notre histoire sociétale a enregistré de nombreux exemples de solidarité spontanée, telle que la twiza. Il incombe, certes, à l’État de protéger ses populations les plus fragiles mais la dimension solidaire d’une société ne peut être suppléée par aucune politique publique.
L’ouverture aux autres : Le Marocain est ouvert. Fort de son identité, il aborde les autres sans complexes, sans nervosité et sans excès de méfiance. La géographie du pays, son histoire et une certaine assurance “culturelle” font que l’expérience de l’autre est souvent positive. C’est sur cette culture d’hospitalité et d’accueil que s’est construit le tourisme dans le pays. Il ne pouvait en être autrement. Nous construisons notre Histoire et nous en sommes le produit. Aucune politique publique ne peut décréter une culture de l’accueil ou de l’hospitalité. C’est un fond culturel qui appartient à l’expérience des hommes.
Une religion apaisée : Malgré les convulsions salafistes actuelles, pour la plupart importées et qui ont prospéré sur les frustrations, l’Islam marocain est un Islam apaisé. Dans sa nature et dans son exercice il excipe plus d’une démarche soufie fondamentale organisée par les zaouïas que d’un wahhabisme internationalisé. Le Marocain continue à être un musulman serein qui vit sa foi dans le respect des différences. Nos parents et nos maîtres, en tout cas, nous l’ont enseigné et ont ainsi forgé notre identité. L’islamisme politique est une autre affaire, il est de nature idéologique.
Une pluralité culturelle : Pays berbère, arabisé et islamisé, ayant irradié sa culture sur l’Europe médiévale, longtemps judaïsé aussi bien dans les centres urbains que les campagnes, ayant subi l’influence culturelle de la France et dans une moindre mesure de l’Espagne, le Maroc terre d’accueil et de transit s’est imprégné également de la culture africaine. Notre langue vernaculaire – l’arabe dialectal – cohabite avec trois de types de berbère et l’arabe classique. Par ailleurs, l’étude approfondie du français, de l’anglais et plus récemment de l’espagnol et même de l’allemand connaît un engouement sans précédent.
Des institutions légitimes : La vie des Marocains s’organise dans le cadre d’institutions monarchiques séculaires. Bien que née sur des légendes – mais quel peuple ne possède pas ses légendes – et entretenue par une histoire officielle marquée de raccourcis malhonnêtes, la monarchie garantit en fait une unité à la diversité marocaine. Ce régime doit relever les défis de la démocratie, de la modernisation, de la croissance, de la redistribution et maintenant de la mondialisation. Malgré le désir de réforme de la répartition des pouvoirs, le pouvoir politique ne connaît aucun procès pour usurpation ou illégitimité. Le rapport au pouvoir s’avère variable, conflictuel ou antagonique : il se traduit par la politique, les choix, les arbitrages.
Mais la question ne se pose pas quant à sa légitimité. La monarchie, donnée historique et pérenne, a forcément une incidence sur notre culture ou notre identité.
En résumé, le pluralisme et une diversité culturelle unique et vécus paisiblement définissent notre marocanité. S’ajoute à cela un refus catégorique de la violence dans la gestion des conflits qui peuvent intervenir au sein de la société.
Maintenant, nous pouvons également définir cette marocanité réelle par les choix – sous la forme d’aspirations collectives solides et consensuelles – que nous avons fait et sur lesquels il n’ y a pas désormais de grandes controverses :
• un projet de société nouvelle. • la démocratie, les droits de l’homme, la liberté d’expression, • l’État de droit, • l’égalité des chances et de traitement, • le partage et la redistribution de richesses sont également aujourd’hui des éléments structurant à la fois notre identité projetée dans l’avenir et la modernité dans laquelle on veut l’inscrire d’une manière pérenne et universelle.

la question n’est pas d’être marocain aujourd’hui Mais la réalité et la vie d’un marocain du maroc je ne parle pas des R M E mais du petit marocain du pays qui trime à longueur de jour pour subvenir à ses besoins et qui travaille comme un condamné plus de 12 heures par jour sans sécurité sociale la plus part du temps au noir et avec un maigre sakaire le petit marocain qui se courbe devant les touristes et qui n’a plus de repaires ni d’honneur nide dignité ni de fierté Voilà le quotidien du pauvre peuple au maroc voilà le quotidien des citoyens de notre émir les mendiants du maroc mais à part çà tout va bien dans le royaume d’émir les mendiants
Écrivains d’ici et… d’ailleurs
Dimanche 22 mars 2009
L’écrivaine marocaine, Badia Hadj Nasser
participera au salon
« Écrivains d’ici et… d’ailleurs »
à la salle des fêtes de Saint-Germain sous Doué
de 10 h à 18 h.
Saint-Germain sous Doué se situe en Seine et Marne à 6 km de Coulommiers et 58 km de Paris.
Salutations cordiales,
Badr Ryadi,
http://badrryadi.centerblog.net/