Lors de la soirée organisée le vendredi 20 novembre au Théâtre Mohamed V, la 5ème rencontre internationale des musiques andalouses (ANDALUSSYAT) a réuni, avec bonheur et intelligence, deux ensembles musicaux dont le seul point commun est l’amour de la musique andalouse.
Dans la deuxième partie de la soirée, l’orchestre de feu Abdelkrim RAÏS, sous la direction de Si Mohamed BRIOUEL a présenté, avec sa maîtrise habituelle, quelques morceaux choisis qui ont mis en évidence la virtuosité vocale d’un trio de « mounchidines ». La prestation fut ce que l’on attendait, brillante dans sa perfection.
La divine surprise fut de découvrir sur scène l’ensemble MOLTAQA SALAM sous la direction artistique de Ali ALOUI.
Cet ensemble français, venu de Toulouse, avait déjà conquis le public marocain lors d’un passage sur les antennes de la deuxième chaîne.
Mais le plaisir est démultiplié de voir autour de Ali Aloui, une quinzaine de jeunes français venus d’horizons les plus divers interpréter le répertoire profane et sacré puisé dans le patrimoine marocain, dans un esprit d’ouverture à d’autres rythmes et d’autres civilisations.
Ce fut un moment magique – le mot n’est pas trop fort – que de se trouver au milieu du public du Théâtre Mohamed V, debout, emporté dans une transe quasi mystique par la voix envoûtante de la chanteuse IZDIHAR.
Du rebab à la harpe, des mystiques « All Nitgh, All day » et « Taha Rassoul Allah » aux langoureux et profanes « mouwals », la 5ème ANDALUSSIYAT à Rabat a réussi, encore une fois, l’harmonie entre le passé et le présent et la rencontre entre les cultures et les religions.

” feu Abdelkrim RAÏS ” ! Voilà quelqu’un que je ne peux pas blairer. Et pour cause!
Pour qu’il n’y ait pas méprise, je n’ai rien contre cette musique mais contre le musicien.
Je me rappelle qu’à Fès, l’institut français et la municipalité avaient organisé un spectacle musical avec exactement la troupe du dit Raïs et ce dans la magnifique enceinte du musée de Batha. Ce palais se trouve pas loin de plusieurs lycées. Cette proximité explique la présence exceptionnelle à ce moment là de jeunes collégiens et lycéens venus écouter la musique andalouse.
L’orchestre s’est installé. On a attendu le grand manitou. Et quand il a daigné enfin monter le bout de son nez, il a regardé l’assistance.., il est allé voir ses musiciens et d’un commun concert…ils se sont levés et tous quittés l’esplanade.
Surpris, je suis allé demander la raison pour laquelle le spectacle a été annulé! Deux responsables m’ont dit exactement ceci : “Monsieur Raïs trouve que le public est immature…”
No comment !
Il est mort depuis. Que dieu ait son âne.
Savoureuse description d’un maître qui a la musique andalouse dans le sang. Qui peut ne pas céder au charme de cette musique envoûtante où la poésie épouse la mélodie mêlant le sacré au profane ?
@ too banal
Je me rappelle …il y a bien longtemps ..du temps des A.T.F…les Amis du Théatre de France ….Un public tangérois assez bruyant alors la pièce à jouer c’était “Mithridate” de Racine ….Assez indigèste, je le reconnais pour un jeune public…..
L’acteur principal – si je ne m’abuse c’tait Louis Ségnier – se présente sur scène et déclare très simplement :
“Le silence est la page blanche sur laquelle joue l’acteur!”
Le public se tut immédatement et la pièce fut jouée, et les acteurs ovationnés!