La littérature qualifiée de « carcérale » et  concernant les années de plomb qu’a connu le Maroc  est très fournie !

Le thème principal de ces ouvrages tourne autour des souffrances, absolument injustifiées, subies par les auteurs dans les commissariats et les prisons ou pire dans  les bagnes.

Cette littérature « carcérale » devait exister et elle a eu le succès qu’elle méritait, parce qu’elle a contribué à porter à la connaissance d’un large public des situations que peu de marocaines et de marocaines connaissaient.

Les signatures les plus prestigieuses se sont mêlées, par procuration,  à des noms totalement inconnus, mais marquées au plus profonds de leur chair et de leur âme,  pour contribuer révéler au  grand jour cette tranche obscure de l’histoire récente de notre pays.

Dernièrement, vient de s’ajouter à cette longue liste un livre signé Abdelaziz TRIBAK paru en juillet 2009 chez les Éditions Saad Warzazi, Tanger, sous le titre « ILAL AMAM – Autopsie d’un calvaire ».

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L’intérêt de ce livre, qui du point de vue littéraire n’est pas une réussite, réside dans le fait  qu’il aborde cette période sous un œil critique.

Ainsi après les livres-thérapie, après les livres-témoignage, est arrivé le temps des livres-analyse.

Abdelaziz Tribak appartient à  ceux  qui, dans les années 70, ont cru profondément en l’impossible « révolution ». Ils ont  fini en prison, derrière les barreaux où se sont brisées leur jeunesse et leurs illusions.

L’organisation « ILAL AL AMAM »  a été le fer de lance de ce courant politique canalisant  ce mouvement  autour d’un  marxisme-léninisme teinté de maoïsme et refusant  toute idée de compromission avec les autres forces de gauche jugées trop bourgeoises.

Dans son livre, Abedelaziz TRIBAK, militant activiste connaissant parfaitement l’organisation,  entreprend une démarche originale. Il tente de décortiquer les relations qui se sont établies entre  les membres de cette organisation et entre ces membres et leur direction,  une fois tombés entre les mains des forces de la répression.

Un passage de ce livre résume l’autocritique à laquelle s’est livré Tribak durant sa longue incarcération : « Dans les années 1970, nous avions mal apprécié les rapports de forces. Nous pensions que nous autres étions une élite en phase d’ascension, et que le régime, aux abois, s’affaiblissait. Nous avions mal interprété la réalité de l’époque ».

Certains pourront interpréter ce livre comme un règlement de compte, notamment avec Abraham SERFATY, dirigeant de ILAL AMAM.

Peut-être !

Mais la parution de cet ouvrage ouvre la voie à une nouvelle manière d’aborder les années de plomb.

Après l’approche émotionnelle tout à fait normale, après les témoignages nécessaires,  il est temps d’entreprendre de cette période  une approche idéologique et critique !

Au risque de démythifier certains rêves !

De toutes façons, les historiens finiront par le faire !

Alors autant que les acteurs concernés commencent le travail !

14 Responses to “ILAL AMAM : DU TEMOIGNAGE A LA CRITIQUE”

  1. mounir says:

    Tu m’as volé le billet cette fois :)
    Je pensais organiser une lecture de ce livre dans les semaines qui viennent.
    Mais, entre nous, à première lecture, le livre n’est pas objectif

  2. hmida says:

    @ Mounir

    Je crois dit avoir écrit :” Certains pourront interpréter ce livre comme un règlement de compte”.

    Un livre de ce genre n’est JAMAIS objectif!

  3. [...] This post was Twitted by MarocBlogs [...]

  4. mounir says:

    @Hmida : je ne fais partie de ces “certains”. J’ai essayé de lire le livre comme tous les autres sur la période carcérale. A la rigueur, qd c’est objectif, cela relate l’histoire, mais j’y ai trouvé un peu de “règlement de compte” comme tu dis. Du moins sur le plan moral :)

  5. Bluesman says:

    سلام
    لم أقرأ الكتاب بعد، لكن أعتقد أن الكتابة حول فترة قريبة من الناحية التاريخية ستجعل الكتاب دائما بعيدا عن الموضوعية لكن تعدد الكتابات من طرف اشخاص فاعلين في الاحداث هو الذي سيمكن المؤرخ فيما بعد من البحث من اجل استنتاج كتاب قريب من الموضوعية
    لكن هذا النوع من الكتابات مهم جدا خاصة ان التنظيمات اليسارية تتجنب الحديث اسرارها الداخلية

  6. hmida says:

    @ Mounir et @ Bluesman

    Il serait très intéressant de connaitre la version de Abraham Serfaty, car la seule vision de Aziz TRIBAK ne peut suffire à elle seule à cautionner la vérité.

    Si vous avez des références à ce sujet, elles seraient les bienvenues!

  7. Marzougui says:

    @réglement de cvomptes au pays le plus beau du monde!

    SUPPRIME PAR LE PROPRIÉTAIRE DE CE BLOG

  8. hmida says:

    @ MERZOUGUI

    Le sujet de mon billet tourne autour du livre de AZIZ TRIBAK et tout commentaire étranger à ce sujet sera écarté.

    Si tu as des éléments pouvant nous éclairer sur le sujet, ils seront les bienvenus.

    Si tu veux profiter de mon espace pour déverser tes idées – que je respecte sans les partager – comprends-moi que je ne peux te servir de caisse de résonance.

  9. Marzogui says:

    @Hmida

    le livre Tribak parle d’une situation sociale et politique, vécues au Maroc des années 70 par l’auteur, son incarceration et les conflits entre les leaders de la gauche marocaine.

    Avec toute la politesse et le respect que je doive aux autres, j’ai essayé de commenter ce livre selon son contexte historique et international.

    Il ne faut pas me dire que la gauche marocaine fut indépendante des circonstances du socialisme international, surtout au Cuba et en Europe de l’Est. Il ne faut pas me dire que l’obstacle de l’evolution et de la démocratie chez tel ou tel peuple ne sont pas relatives a la maturité de ces peuples. Il ne faut pas me dire que parlant de 75 % d’analpahabètes au Maroc est une atteinte contre Dieu. Il ne faut pas me dire que parmi les Harraga algériens et marocains il n’y a pas d’ingenieurs, pas d’instituteur, pas de médecins amères et ne voyant leurs droits qu’ailleurs, s’exposant souvent au danger de la mort. Il ne faut pas dire que Hassan II, ses gouverneurs, Oufkir, Dlimi, Basri furent des anges. Il ne faut pas nous dire que le Maroc a bien changé. Il nous faut pas nous prendre pour des irresponsables et des diffamateurs comme connu à traverrs les folles interventions de Doukkali.

    Quand on s’exprime sur les blogs marocains, on veut bien contribuer à démocratiser notre pays et faire éviter le retour des années de plomb qui l’ont mit là où il se trouve.

    Vous etes visé(s) comme nous par les menaces proférées par Doukkali en mission contre la libre pensée et la faculté d’écrire qui sont un devoir de tout citoyen capable d’apporter des arguments justes et vérifiés, dénoncant et mettant en cause tout système non démocratique. Vous ne devez pas ignorer le combat des autres nations qui ont changé, grace aux critiques des intellectuels et l’effort de leurs enfants, pendant des siècles en lutté contre la tyrannie.

    Selon leurs techniques tout va bien, les patrons de Doukkali veulent faire voir que personne ne se plaint. En plus on devrait leur envoyer des messages de félicitations. Pour cette raison, Lautiste tente à convaincre que seulement houssa qui ennuit l’ambiance, affirmant que tous les pseudos sur la toile sont uniquement invention de houssa, parce que les autres soit ils sont très contents, soit ils ne savent rien (analphabètes!!!)

  10. Imad & BB says:

    Interessant…
    Ou peut on acheter ou commander ce livre?
    Merci d avance

  11. hmida says:

    @ Imad et BB

    Au Maroc, il est en vente dans toutes les bonnes librairies. A l’étranger, je ne pense pas qu’il soit distribué, étant donné que l’éditeur n’est pas très connu.

    Voilà à toutes fins utiles les coordonnées de l’éditeur :
    Saad Warzazi Editions
    5, rue Mahatma Ghandi, apprt.8, 90.000 TANGER
    E-mail editionswarzazi.driss@yahoo.fr
    téléphone 05 39 33 61 68 – GSM 06 64 77 57 80

  12. [...] This post was Twitted by citoyen_hmida [...]

  13. omar rifi says:

    A Mounir
    J’ai lu le livre en question : “Ila Amam, autopsie d’un calvaire” de Abdelaziz Tribak. C’est un témoignage de plus. Donc, forcément subjectif dans la mesure où il raconte un itinéraire spécifique à une personne. Ce qui est tout à fait normal. Quand aux critiques, elles y en a qui ont trait aux positions d’Ilal Amam, qui sont connues et existent encore dans des livres, et celles relatives à des événements ponctuels. Là, le lecteur intéressé peut recouper les informations en lisant ce que d’autres ex-détenus ont écrit dont Serfaty lui-même, Fakihani(le couloir), Bouissef Rekkab (De la tyrannie ordinaire et à l’Ombre de Lalla Chafia)… L’intérêt du livre réside, entre autres, dans le fait qu’il est le premier à se livrer à une analyse totale et critique des positons politiques, et leur soubassement, de Ilal Amam; D’aautres livres devraient suivre pour permettre aux historiens de faire leur travail. Je ne vois pas de “réglements de compte” dans la critique politique, car les individus s’identifient à leurs points de vue en politique. il n’y a rien de personnel, il me semble, dans le traitement fait par le livre à Serfaty.

  14. mutuelle says:

    Merci pour cet article