Les spectateurs privilégiés de Rabat avaient vécu ce moment unique de bonheur lors du dernier festival Mawazine. La R.T.M., pour une fois bien inspirée, a permis à l’ensemble de ses téléspectateurs d’en profiter. Voir sur la même scène lors de la même soirée les monstres sacrés de la musique marocaine des années 70.   Pour ce vendredi 22 août, notre RTM, d’habitude soporifique à souhait, nous a gratifiés d’un voyage dans le temps d’antan. Ce temps que les moins de vingt ne pouvaient pas connaître, lais qu’ils ont connu quand même grâce à une musique qui a survécu depuis les années 70. Cette musique que ni les modes ni les influences venues d’ailleurs, du nord comme de l’est, n’ont pu effacer de notre mémoire . La RTM a essayé de faire revivre cette décennie 70, ces inoubliables « seb3iniyates » durant lesquelles   la musique et les mots avaient pris le relais du discours politique, muselé, opprimé, cadenassé, pour exprimer le mal-être des marocaines et des marocains.  Dans un décor et une mise en scène marqués de l’influence présente et lointaine de Tayeb Seddiki,  le pari a été pris  de nous faire revivre en live cette période mythique. Dommage que le montage de la soirée enregistrée en direct  ait montré des signes évidents de faiblesse technique, oubliant notamment de montrer l’enthousiasme du public.   A travers les quatre groupes qui ont survécu à plus de trente ans, malgré les avatars et les difficultés et malgré surtout les disparitions successives des plus emblématiques de leurs membres. Avec les TAGADA, les LMCHAHEB, les JIL JILALA et les NASS AL GHIWANE, nous avons plongé dans cette période magique, dans une autre dimension.   Si les voix se sont un peu cassées avec le temps, si le souffle manque parfois, l’âge étant  impitoyable, le sens du rythme reste bien présent, l’émotion intacte. Les paroles portent toujours leur lourde charge d’un temps que l’on voudrait révolu. Si certaines orchestrations n’ont rien apporté aux anciens succès, elles font preuve cependant du dynamisme artistique de ces survivants du passé. Les visages ont changé. Les voix tout autant.   Certains fantômes  flottnt encore  sur cette musique d’hier, d’aujourd’hui et de toujours. Normal, car les fantômes sont éternels et leur musique aussi. Pour justement ne pas oublier, régalons-nous de ces quelques vidéos.   httpv://fr.youtube.com/watch?v=0WETxZmzk7w&feature=related httpv://fr.youtube.com/watch?v=3YPd8zJ5Ahc&feature=related  httpv://fr.youtube.com/watch?v=d8Ht4BFrLoc&feature=related httpv://fr.youtube.com/watch?v=JUjLrD-3MxI&feature=related httpv://fr.youtube.com/watch?v=7aBGSU3igoA&feature=related httpv://www.youtube.com/watch?v=mEdB2tjat_w 

3 Comments on ILS SONT TOUJOURS VIVANTS, LES ARTISTES!

  1. Aïcha says:

    Grand, grand, grand Merci l’artiste! Et longue vie…

  2. alibaba says:

    @ hmida

    Merci de rendre hommage à de vrais artistes engagés.

    Avec beaucoup de courage et énormément de talent, ces artistes là, NASS AL GHIWAN en particulier, ont su exprimer tout les ressentiments, les frustrations et finalement le “vécu vrai” que les gens de ma génération ont connu pendant ” cette fameuse décennie 70″ et ce à une époque …où il n’était même pas pensable d’émettre, en public, la critique la plus anodine contre le régime !

    Alors, tu penses bien chanter la mythique “FINE GHADY BYA KHOUYA “

  3. toobanal says:

    Une grande épopée musicale effectivement! Il faut dire que ces années 70 sont auréolées de beaucoup de magie à travers la planète!
    Le “fine ghadi biyya khouya ” est toujours d’actualité! Puisqu’il continue d’inspirer la nouvelle génération. J’aime particulièrement l’entendre avec les mots moins ésotériques des Hoba Hoba Spirit…