Peut-on encore parler d’examens scolaires?
Chaque mois de juin, depuis des lustres, je vis par personne interposée – en l’occurence une personne qui m’est très proche et très chère – le stress des périodes d’examens…Pas comme celui que j’ai connu moi-même en tant ue lycéen ou étudiant…Mais un stress beaucoup plus douloureux et plus amer car les examens de fin d’année, à l’école, au collège, au lycée, à la faculté et dans les grandes écoles sont devenus une véritable mascarade
Copiage et triche sont devenus monaie courrante : ne jouez pas les offensés, nous le savons tous et nous ne faisons rien, personne n’agit, surtout pas les responsables….Pas de vagues, tel semble être le mot d’ordre.
Démission totale des surveillants devant les risques d’agression : ne nous voilons pas la face, cela existe, les journaux en parlent mais les sanctions sont rares….
Intervention éhontée des directeurs d’établissements dans les “magouilles” : remplacement des épreuves originales par des copies établies hors salle d’examen, désignation de surveillants bienveillants et conciliants dans les salles où sont réunis les élèves fils de notables et de ceux qui comptent dans la ville, etc…Ne criez pas au scandale : nous savons parfaitement que cette pratique est courante, qu’elle est née dans les petits établissements de province avant d’être adoptée par les grands collèges ou lycées au passé glorieux…
Utilisation de tecnologies de plus en plus sophistiquées comme “antisèches” : nous sommes loin des fameux “7erouza”, ces minables photocopies à 0.20 DH….Maintenant, nos chérubins sont passés au portable, au Ipod, à la clé USB, aux oreillettes minaturisées dissimulées sous le foulard ou derrière la taguiya….Ne pratiquons pas la politique de l’autruche : ce sont les parents qui achètent à leur progéniture ces appareils dont ils se doutent bien qu’ils serviront à autre chose……
Généralisation totale de ces pratiques, à tous les niveaux de l’enseignement, à tel point que tenter d’empêcher la “triche” est considérer comme anormal, comme une espèce d’atteinte aux droits des élèves et étudiants….Ne soyons pas choqués car la plupart d’entre nous auront sûrement entendu plusieurs de leur proche dire : “Mon fils ou ma fille a été lésé : le surveillant était très strict”!
Représailles souvent terribles de la part des staffs administratifs contre les rares et malheureux profeseurs qui refusent de jouer le jeu et de se prêter à cette comédie burlesque : ne croyez pas que je délire mais des emplois du temps absolument ubuesques ont été attribués à des professeurs pour avoir fait correcteement leur travail de surveillant, des notes administratives destinées à retarder leur avancement ont été distribuées, un harcèlement moral est orchestré contre ceux qui veulent sortir du rang en étant tout simplement consciencieux….
La litanie des anomalies peut s’allonger à l’infini, alors pourquoi continuer….
Si chaque parent s’occupait correctement de ses enfants au lieu de penser à “assurer leur avenir” en achetant un appartement ou une villa hors de ses moyens, si chaque parent prenait en main l’éducation de ses enfants au lieu de s’en remettre aux cours particuliers dispensés par des professeurs-mercenaires, si chaque parent consacrait un peu plus de temps à ses enfants au lieu de s’abondonner aux télés sattellitaires et de les abondonner à eux-mêmes et à Internet, si chaque parent jouait tout simplement son rôle de parent, nous ne serions jamais arrivés à une telle dérive!
P.S. : voir à titre de témoignage personnel un post paru dans attalib.org (portail de l’étudiant marocain)
http://www.attalib.org/modules/news/maroc?639_Bac-et-les-%E9l%E8ves-qui-trichent-?.html
