Le jeu du yoyo commence! Mais chez nous?
Après une pré-campagne à la candidature où le pathétique a côtoyé le ridicule, les socialistes français ont finalement vu leur choix se focaliserr sur Ségolène Royal, Dominique Strauss-Kahn et Laurent Fabius.
Le premier débat télévisé a donc eu lieu dans la soirée de mardi devant les caméras de la « La Chaîne Parlementaire ».
En ce qui concerne la forme, la plupart des observateurs se sont accordés pour le trouver « encadré » et « policé ». « Gentil » même selon L’Express.
En ce qui concerne le fond, le débat fut-il décisif ? Loin de là ! Lieux communs, promesses, formules, sans plus. Problèmes essentiels escamotés, à part les 35 heures.
D’où le sentiment que la gauche présente une « plateforme incroyablement tristounette » et que « pas une seule innovation de gauche n’est venue titiller l’oreille ».
A l’issue de ce débat, Ségolène Royal est toujours la tête, Laurent Fabius commence à décrocher en faveur de Dominique Strauss-Kahn.
Ségolène Royale bénéficie auprès des militants d’une « préférence certaine mais qui reste très peu structurée » alors que la « cohérence du discours Dominique Strauss-Kahn peut faire la différence ». Par contre, l’image personnelle de Laurent Fabius empêche la crédibilité de son discours.
En fait le choix définitif dépendra plus des confrontations avec les militants en direct, sans caméra ni enregistreurs que des deux prochains débats télévisuels.
La réaction de la droite française à ce débat est assez inattendue. Jean-Pierre Raffarin dont le passage à Matignon n’a pas été marqué du sceau de la réussite, a affirmé que « cette élection n’est pas faite pour débutant ou débutante ». Le parti de Sarkozy, candidat unique à ce jour mais jusqu’à quand, relève que « le refus d’un vrai débat a certainement empêché une véritable confrontation d’idées ».
En écrivant ce papier, j’ai essayé depuis le début d’imaginer la transposition de ce genre de situation dans notre pays ! Pour une simple élection municipale, pour la préparation du congrès national d’un parti, ou pour les prochaines élections législatives ! Oui, pourquoi pas ?
Mais je vois mal El Yazeghi en découdre avec El Ghass qu’il considère comme un gamin ou avec la « jeunesse ittihadi » qu’il tient pour des débiles.
Je vois mal Fassi Fihri s’expliquer devant ses pairs sur son rôle et son action dans le gouvernent en tant que ministre d’état sans portefeuille et surtout sans attribution !
Je vois mal les leaders harakis tenter d’expliquer à leur électorat comment cette mouvance qui a toutes les chances de réunir une majorité confortable au parlement s’arrange depuis des lustres pour s’entredéchirer.
Je vois mal comment les leaders des anciens partis « de l’administration » peuvent expliquer à la poignée de militants qui leur reste que ces partis ont vocation à disparaître parce qu’ils ne représentent plus rien ni personne.
Je vois mal comment les leaders des partis islamistes – qui eux savent très bien parler à leurs militants mais là ils défoncent des portes ouvertes – pourraient convaincre le reste des marocains que la voie qu’ils préconisent est la seule qui puisse sauver le pays.
