Et la démocratie dans tout cela?
Les socialistes français seraient-ils en rupture avec la démocratie ?
La campagne pour l’élection du candidat socialiste à la candidature pour les présidentielles 2007 laisse pointer un goût amer de « perte de démocratisation » de ce parti.
D’abord, l’organisation des « débats » télévisés entre les trois candidats ne laisse aucune place au débat mais elle constitue une suite de propositions et de contre-propositions savamment présentées et orchestrées par des journalistes. Ainsi le deuxième débat face aux caméras n’a fait que renforcer ce sentiment de rencontre figée, malgré quelques timides escarmouches par présentateurs interposés.
Au niveau du fond, la première idée neuve proposée au débat par Ségolène Royale, celle des « jurys citoyens », a été immédiatement et violement vilipendée par les deux autres candidats à la candidature, avant toute analyse. Fabius et Strauss-Kahn préfèrent ne pas heurter les professionnels de la politique et faire confiance aux instituts de sondage plutôt que de débattre d’une nouvelle lanière de « vire ensemble » proposée par leur concurrente.
Cependant, il est clair que la présence de Ségolène Royal dans ces débats, malgré ses hésitations et ses confusions, constituent le seul élément novateur dans la démarche de ce parti. Dès que les deux autres candidats laissent de l’attaquer, ils ne trouvent plus d’idées à proposer en dehors du programme du P.S.
Par ailleurs, certains journaux ont fait état de la difficulté des photographes de presse à faire leur métier aussi bien lors de ces rencontres télévisées que lors des meetings avec les militants.
« Libération » a même titrait aujourd’hui : « Le PS en pleine censure d’images ». Et dans le corps de l’article, le journaliste pousse la critique jusqu’à une ironie assez cruelle. Commentant le meeting de Clermont-ferrand et l’interdiction des micros, caméras, appareils photo et téléphones portables, le journaliste n’hésite pas asséner : « le PS a rejoué Huis clos »
Le Parti socialiste français, grand donneur de leçon en matière de démocratie, semble dans le cadre de cette campagne interne ne pas donner l’exemple parfait de ce quoi être un débat serein et instructif, qui permettrait aux militants de choisir en connaissance de cause. Mais en politique, l’important est de gagner ! Et chez les socialistes français, quand on ne gagne pas, on subit le sort peu enviable de Lionel Jospin.
