C’est une petite nièce de 15 ans qui l’affirme……
Nous la savions, c’était clair et net : la dictature, c’est “ferme ta gueule!” et “obéis!” ou bient “vote comme on te dit” ou encore “meurs pour le chef”, éventuellment “marche!” – peut-être vers un avenir meilleur! Cela avait l’avantage d’être sans ambiguité! Tu acceptes le jeu, tu seras alors un bon citoyen, profitant du système, te faufilant à travers les gouttes de pluie, sans te mouiller, te faisant tout petit! Tu n’es pas content, tu rues dans les brancards avec les risques de voir tomber sur toi les foudres des gardiens du temple! Ils feront leur travail sans état d’âme, parfois même sans haine! Et quand les circoantances changent, la dictature finit par se saborder, par se diluer dans ses propres contradictions, par céder devant la volonté du peuple et ainsi la démocratie s’installe. Ou plus exactement devrait s’installer…..
Mais, mais…il y a un grand MAIS : la démocratie, “le gouvernement du peuple par le peupleet pour le peuple” dixit ce bon vieux Lincoln, n’est pas aussi aisément définissable que la dictature. Les nuances sont subtiles, les cas de figures plus nombreux, les approches plus diverses. Démocratie occidentale, démocratie populaire, démocratie chrétienne (c’est bizarre comme ce concept a très bien été accepté dans les pays occidentaux qui refusent une démocratie qui se dirait musulmane), démocratie directe, démocratrie participative, démocratie représentative, etc, etc….La démocratie française – héritère des la Révolution de 1789 – serait-elle la même que la démocratie américaine ? La démocratie des pays scandinaves différe-t-elle de celle de l’Espagne post-franquiste? L’Iatlie pratiquerait-elle la même démocratie que la Grande-Bratagne? La Russie actuelle suit-elle une démocratie autre que celle appliquée dans les états qui furent naguère ses vasseaux? Je ne pose pas ces questions pour nos états africains, j’ai trop peur des réponses et puis la démocratie étant une notion si mouvante, si volatile, chacun trouvera le “midi démocratique” à sa porte!
Pourtant, malgré cette infinie diversité, les américains, ou du moins la clique néoconservatrice qui dirige les USA, ont une idée très spéciale de la démocratie et ils veulent l’appliquer au reste du monde, en commençant par l’Irak, avant de passer à la Syrie, éventuellement à l’Iran, en passant au coup par coup et en en utilisant des méthodes plus ou moins “soft” à l’Egypte, le Maroc et j’en passe. Ils ont d’autres ambitions “démocratiques” pour le Vénézuela, pour Cuba, pour la Colombie…..Quand on pense une seconde au grand bien que cette “démocratie” voulue par l’oncle Sam – encore vierge de l’influence des “néocons” – a pu faire pourle Brésil, l’Argentine et le Chili des années 1970, quand on voit les “bienfaits” qu’elle a apporté à l’Irak, quand on imagine ce qu’elle peut donner comme stabilité à l’Egypte, à la Syrie, je crois que on peut douter de l’efficacité de la démocratie “importée”.
D’autant qu ‘en termes de “démocratie intérieure”, nos amis héritiers de Abraham Lincoln ne donne pas un exemple très séduisant, ni un modèle très reluisant….D’autant qu’en termes de concepts qui doivent accompagner la démocratie pour lui donner tout son sens, à savoir la liberté et l’égalité – nos grands donneurs de leçons sont plutôt mal placés. Ils ne respectent rien de ce qui peut tenter de barrer la route de leur pouvoir : ni l’avis de leurs opposants internes (qualifiés de non patriotes à la moindre déviance), ni l’avis de leurs alliés auxquels une alternative est proposée : “avec nous ou contre nous”, ni le droit international (je me repète mais revoyons l’Irak), ni l’avis des instances intrnationales (dernier cas en date, la désinvolture avec laquelle a été rejetée la résolution de l’ONU sur le centre de Guantanamo).
Alors, démocratie, OUI mais cause toujours……Tant que l’Oncle Sam fait sa crise de “gigantisme” incontrôlé!
