L’une des institutions les plus puissantes du pays, mais aussi des plus réservées, célèbre le cinquantenaire de sa création, sans grande pompe !
« La grande dame », comme on la surnomme dans la profession, porte très bien son demi-siècle d’existence. Elle s’épanouit, en pleine maturité, traditionnelle et moderne à la fois, prestigieuse dans son rôle et discrète dans sa communication, fastueuse dans son architecture mais toujours méconnue du grand public.
De Tanger, qui fut le siège de son ancêtre la BANQUE D’ETAT DU MAROC, à Ouarzazate, en passant par Fez ou Safi ou bien Al Hoceima ou Kénitra, à travers tout le pays, se dressent fièrement, dans les points névralgiques des grandes villes, les agences de Bank Al Maghrib, sans compter bien entendu les immeubles imposants de Rabat et Casablanca.
Mais peu de citoyens et de citoyennes savent exactement ce qui se passe derrière ces façades, jalousement gardées par la police.
Le 2 juillet, BANK AL MAHRIB fêtera donc le cinquantième anniversaire de son inauguration officielle par le roi Mohamed V.
En fait, cette date marque la reprise par le Maroc, nouvellement indépendant, du privilège d’émettre sa propre monnaie, ce qui représente un des attributs essentiels de sa souveraineté nationale.
Une nouvelle monnaie, le DIRHAM, sera créé dès octobre 1959, dont la fraction – au départ dénommée franc - sera mise en circulation sous l’appellation CENTIME en 1974.
Sans entrer dans les détails techniques du rôle de BANK AL MAGHRIB, on peut les résumer ainsi :
• Exercer le privilège de l’émission des billets de banque et des pièces de monnaie ayant cours légal sur le territoire du Royaume.
• Mettre en oeuvre les instruments de la politique monétaire pour assurer la stabilité des prix.
• Veiller à la stabilité de la monnaie et à sa convertibilité.
• Veiller au bon fonctionnement du marché monétaire et à assurer son contrôle.
• Établir et publier les statistiques sur la monnaie et le crédit.
• Gérer les réserves publiques de change.
• S’assurer du bon fonctionnement du système bancaire et veiller à l’application des dispositions législatives et réglementaires relatives à l’exercice et au contrôle de l’activité des établissements de crédit et organismes assimilés.
• Veiller à la surveillance et à la sécurité des systèmes et moyens de paiement et à la pertinence des normes qui leur sont applicables.
• Assurer le rôle d’agent financier du Trésor.
• Conseiller le Gouvernement dans le domaine financier.
• Représenter le Gouvernement auprès des institutions financières et monétaires internationales créées en vue de promouvoir la coopération dans les domaines monétaire et financier.
• Participer à la négociation des accords financiers internationaux et à leur exécution.
Depuis 50 ans, l’histoire de BANK AL AMGHRIB a été émaillée de dates importantes qui ont marqué l’évolution de cette institution vers une plus grande autonomie de cette institution dans la conduite de sa mission monétaire.
• 1959 : Dahir n° 1.59.233 du 30 juin 1959 portant création de la BANQUE DU MAROC.
• 21 avril 1967 : loi bancaire visant à renforcer le rôle dévolu à la Banque du Maroc par ses statuts, notamment, en matière de contrôle de la profession bancaire.
• Mars 1987 : la Banque adopte la dénomination « Bank Al-Maghrib » et lance « Dar As-Sikkah » dotant ainsi le Maroc de son propre institut de frappe de monnaie, d’impression des billets et des documents sécurisés.
• Juillet 1993 : nouvelle loi bancaire offrant un cadre plus réglementé au système financier marocain, introduisant des mesures relatives à la protection des intérêts de la clientèle et conférant à la Banque un pouvoir accru en matière de réglementation et de contrôle de l’activité des établissements de crédit.
• 2002 : inauguration du Musée de la Monnaie, à Rabat.
• 2006 : nouveau statut, conféré par la loi n° 76-03 entrée en vigueur le 20 février 2006, visant à renforcer l’autonomie de la Banque Centrale en matière de conduite de la politique monétaire et à donner une base légale à sa mission de surveillance et de sécurisation des systèmes et moyens de paiement.
Pour finir, un rappel historique ne serait pas sans intérêt pour appréhender l’importance de la création de Bank Al Maghrib et de l’évolution de son rôle.
• 7 avril 1906 : Acte de la conférence internationale d’Algésiras en vue de sauvegarder l’indépendance et l’intégrité du Royaume du Maroc, d’y garantir la liberté commerciale et l’égalité économique entre les puissances étrangères et d’examiner un projet de réforme de son administration et de ses finances.
• Février 1907 : Institution de la Banque d’Etat du Maroc sous forme de société anonyme dont le siège social était à Tanger. Son capital était réparti entre les pays signataires, à l’exception des Etats-Unis.
• 1911 : la Banque d’Etat du Maroc a pris en charge la frappe des pièces de monnaie en argent de type « hassani » et l’émission des premiers billets de banque.
• Octobre 1919 : la Banque d’Etat du Maroc suspend le régime de parité forcée entre ces deux monnaies.
• Mars 1920 : démonétisation les espèces hassani et émission des billets et pièces en franc marocain dont la parité avec le franc français a été assurée, à compter de décembre 1921, par le biais d’un compte dit « d’opérations ».
• 1946 : Renouvellement, pour une durée de 20 ans, du privilège d’émission accordé à la Banque d’Etat du Maroc.
Je profite de ce billet pour souhaiter à cette honorable maison et à tous ceux qui y ont travaillé et qui y travaillent un bon anniversaire !
site Internet de Bank Al Maghrib (cliquez ici)

Salam
Je veux juste savoir pourquoi page concernant le topic des reéflexions desabusées sur les éléctions ne s’affiche pas?
@ livingmarocco
En principe, il doit s’afficher maintenant ..Un petit souci technique …
une “grande dame”?!!
ça dépend pour qui, et de l’angle où l’on se place
une grand dame ou une grande vache ,certainement pour ceux auxquels elle a offert généreusement ses mamelles à “traire” et à têter à grand lait et sans limitation,
une vache dévoreuse certainement pour ceux qui l’ont nourrie et gaver de leur sueur et de leur sang jusqu’à l’inanition,
il y a des anniversaires ou des vacheries qu’il vaut mieux célébrer discrètement, ne serait-ce que par décence
Hmida,
je suis bien naïve et ignorante …mais je viens de découvrir avec grand étonnement et surprise que avant 1959 le Dirham n’était pas la monnaie de votre pays?
Comment se nommait alors la monnaie d’avant? votre pays n’a pas toujours été colonisé et/ou envahi!!!
Pourquoi ne peut-on pas lorsque l’on quitte votre pays repartir avec des devises de chez vous?
@ une petite paysanne française
Tu soulèves là une question qui m’intéresse beaucoup et à laquelle je comptais consacrer un post prochainement.
Pour ce qui est de la question relative aux devises à rapatrier avec soi, je crois savoir que si le touriste justifie le montant en devises avec lequel il est entré au Maroc et les opérations de change qu’il a effectué lors de son séjour sur le territoire marocain, il peut soit réexporter son reliquat de redises soit re-échanger les dirhams qui lui restent dans la monnaie d’origine.
Ceci dit SOUS TOUTE RESERVE….
@ la grande vache
Il est facile de porter des accusations farfelues sur n’importe quelle institution. Cela fait moderne et tendance et permet de ne rien dire d’intéressant en croyant qu’on a tout dit!
@Hmida,
Même si je n’ai pas là dans l’instant l’information que cherchait ma question, merci de ta réponse. J’avais trop peur de passer pour une “idiote” en posant une telle question….
Par extension cela m’a amené à me demander si dans les colonies et les protectorats français nous avions et continuions chaque fois d’imposer notre monnaie?
J’ai plus d’un demi siècle et pourtant je n’avais jamais réfléchi, ni pris conscience que finalement la monnaie contribue à créer une identité collective dans un pays , le sens d’une appartenance à une communauté et aussi un moyen de nier l’identité de l’autre….!!!! …
Je suis une fois de plus contente d’être venue te lire… j’en repars,comme toujours , plus riche dans ma tête.
une petite pensée pour le grand messieur Abdellah Ibrahim et son gouvernement, malgré une année d’exercice il a laissé au maroc de nombreuses realisations (creation de bank al maghrib, sonasid, La samir ,signature du depart des base amiricaine…)
@ too banal
Désolé, mon ami, ce matin en éliminant les spams qui envahissent mon espace, j’ai par inadvertance supprimé ton commentaire.
Tu y parlais de la valeur du dirham dans les années 70…..Elle tournait autour de DH 1.20 …Tu semblais nostalgique de cette époque …
@ Moh
Tu as oublié la CNCA, le BRPM, la BNDE si je ne m’abuse …On était bien parti…..
Com 7 et 8
BAM et SONASID créées par A. IBRAHIM !!
Alors là ça m’en bouche un coin !!
Pourquoi pas Tanger Med !!!
@ Lixy
Je savais que tu ignorais complètement l’histoire même récente de ton pays et que pour toi le Maroc commence après la disparition de Basri ..
Mais pourtant mon jeune ami, BAM est bien une création du gouvernement de Abdellah Ibrahim …..
Rappelle-toi : Abdellah Ibrahim a été nommé, le 24 décembre 1958, président du conseil du gouvernement par le roi Mohammed V en concomitance avec le ministère des affaires étrangères. Il occupera ce poste jusqu’au 20 mai 1960.
Le projet d’une aciérie devant fonctionner avec le fer de Ouxane (Province de Nador) et le charbon de Jerrada (Province d’Oujda) était aussi dans les cartons de ce gouvernement. La Sonasid n’a vu le jour en effet que en 1974 après maintes hésitations.
@lixy
normal tu est algerien et tu ne connais que boukharouba boumediane.
@hmida
BAM est le prolongement de Banque du Maroc elle-même prolongement de la Banque d’Etat du Maroc.
BAM n’a donc pas été créée « ex nihilo » par le gouvernement A.IBRAHIM dans lequel siégeait A. BOUABID en tant que ministre des finances.
En politique monétaire , l’action décisive de ce gouvernement a été le « décrochage du dirham marocain de la zone franc » …et non la création d’une entité qui existait déjà !
Pour la SONASID…tu répond toi même!
PS : il y a lixy et lixy N° 2 ! Il ne faut pas confondre p
@ lixy n° 2
La BEM était une S.A. et la BM est un établissement public…La BM est bien une CREATION, avec des misions, des objectifs et un rôle totalement différents …
Le décrochage de la ZF n’est qu’un aspect du rôle dévolu à la BM…
Pour la Sonasid, je persiste et signe : c’est un projet A. IBRAHIM!
@Lixy nr. 2:
Wach 3la 9elet les combinaisons de lettres Latines?