El Mostafa BOUIGANE – (Marsam – 2006)
Les petits personnages miséreux du premier roman de Bouigane évoluent dans une ville bien différente de celle de Ahmed Séfrioui ou de Abdellatif Laabi.
Le quartier de Bab Ezzarhar est le fief de ces « gamins terribles et pathétiques de Fès », frères « des enfants de trottoirs de Rio, de Manille, des petits Sciuscia de Rome et autres Aoulad chawarii ».
Parler de ce Fèz-là n’est sûrement pas aisé et sûrement iconoclaste. El Mostafa Bouigane s’y est attelé avec un courage certain en contant les mésaventures de Dosti le boiteux, Grosse–tête, Petit–Vieux, en décrivant l’ennui des Anciens combattants d’Indochine, en relatant l’engouement des gamins pour le cinéma indien, en abordant bien d’autres personnages et situations.
L’auteur, professeur de français, écrit dans le français qu’il inculque à ses élèves. Dommage, parce que de ce fait, son roman manque un peu de vérité et d’émotion. On croirait lire une mauvaise traduction ou bien suivre un film mal doublé.
Dans ce premier opus de 115 pages, El Mostafa Bouigane tendait à un réalisme sans misérabilisme : expérience louable à renouveler, car pas tout à fait réussie !
