Tel Quel vs Al Massae, Am Massae vs Le Journal, Le Journal vs Libération……
La presse marocaine semble avoir épuisé ses cartouches et renoncé à tirer sur ses cibles favorites.
Après avoir pendant de longs mois choisi le palais comme proie préférée, cette presse s’est jetée sur les partis politiques et les a tellement harcelés et discrédités que les deux tiers des votants ont décidé de boycotter les dernières élections législatives.
Une fois formé le nouveau gouvernement – certes boiteux, bancal et à la merci de la moindre saute d’humeur de l’une de ses composantes – nos journaux se sont attachés très consciencieusement à le démolir, sans trop de succès.
Alors depuis quelques semaines, notre presse s’est trouvé un nouveau souffre-douleur : ELLE-MEME !
Ainsi assistons-nous à une véritable curée interactive, chaque publication s’évertuant à enfoncer son concurrent, réel ou supposé !
TEL QUEL de Réda Ben Chemsi et AL MASAE de Rachid Ninni se tirent dans les pattes à boulets rouges. Leurs ventes explosent, peut-être mais le lecteur n’y gagne rien au final !
AL MASAE de Rachid Ninni (tiens, encore lui ) et LE JOURNAL Hebdo sont à couteaux tirés. Résultat des courses : leurs affaires semblent profiter de cette guéguerre de la 25ème heure !
LE JOURNAL Hebdo (comme par hasard ) annonce que LIBERATION va disparaître et se transformer en hebdomadaire. Ali Amar craint-il un nouveau concurrent ? Et réponse de la bergère au berger : un article fielleux intitulé « LES FANTASMES DU JOURNAL » dans le numéro de Libération daté du 26 décembre 2007.
Notre presse nationale a-t-elle donc réglé tous les problèmes qui touchent le Maroc pour s’en prendre à elle-même ?
Notre presse a-t-elle compris que sa démarche de dénigrement systématique a fait long feu et qu’il est ytemps pour elle de prendre une pause pour réfléchir à un nouveau départ ?
S’était-elle rendu compte que le temps de la sélection naturelle est arrivé et que les plus forts vont devoir avaler les plus petits ?
Autant de questions – et d’autres que je vous invite à poser – auxquelles l’année 2008 nous donnera peut-être une réponse.

@hmida
La presse s’entredéchire certes. Mais je ne partage pas ton point de vue. On ne peut la rendre seule responsable du désintérêt des citoyens pour les urnes et pour la chose politique. La responsabilité est partagée et largement du fait du gouvernement et des partis.
De quelle presse parle t on ? et quel est le poids réel de cette presse. J’ai essayé d’en avoir le coeur net en consultant le site de l’ojd maroc (www.ojd.ma) qui certifie pour une partie de la presse marocaine (adhésion sur la base du volontariat) les tirages et la diffusion payante totale. Ci après l’analyse effectuée :
Presse quotidienne :
15 titres pour une diffusion quotidienne de 260000 exemplaires environ dont plus de 80% par 7 titres seulement dans l’ordre :
Assabah 62000; Al massae 41000; al ahdat 37000; le matin 23000; l’opinion 21000; l’economiste 17000; al ittihad al ichtiraki 14000 (chiffres arrondis au millier le plus proche)
Sur ces 7 titres on remarque la place prépondérante de la presse “dite” indépendante par rapport à la presse partisane (2 titres uniquement), le nombre de tirages importants en langue arabe. A signaler l’importance des trois premiers titres, récents au demeurant et qui dépassent la moitié de la diffusion. Les deux premiers à eux seuls représentent près de 40% de la diffusion quotidienne!
Presse hebdomadaire
La diffusion avoisine 160000 ex pour les 13 titres “généralistes” suivis. les 5 premiers représentent près de 60% de la diffusion totale. Il s’agit de Al Ayam 24000; Telquel 22000; Nichane 16000; le journal hebdo 16000; la vie eco 14000
En ce qui concerne le sujet même du post, je pense que les médias écrits les plus lus de la place sont qu’on le veuille ou non des “faiseurs” d’opinion et à ce titre ils doivent assumer la responsabilité qui est la leur : éclairer l’opinion, présenter des avis et des analyses de différents bords (s’il s’agit de presse indépendante en principe) tout en veillant à éviter les attaques personnelles, les atteintes à la vie privée ou à attiser des sentiments de haine ou de violence vis-à-vis de telle ou telle partie !
De bons articles existent ici ou là mais il me semble malheureusement qu’il y a de plus en plus de dérapages jetant gratuitement de l’huile sur le feu, poussant à cultiver la pensée unique, à s’enliser dans le défaitisme.
Il ne me semble pas citoyen de ne parler que des trains qui sont en retard ou de mettre en exergue les difficultés ou les faiblesses sans expliquer un tant soit peu le contexte, le pourquoi, la genèse d’une telle situation. Relater le fait est certes nécessaire et salutaire mais effectuer une analyse objective de la situation l’est davantage.
La presse a non seulement besoin d’un environnement législatif et réglementaire à même de défendre les intérêts des parties qui pourraient être lésées mais également de la mise en place et du respect d’une déontologie pleinement acceptée par les différents journaux.
@ lma3ti
D’abord merci pour le lien de l’OJD que je ne connaissais pas.
Pour ce qui est de la presse marocaine, on note qu’avec l’apparition des jeunes “patrons de presse” du genre Boukker Jamai, A.-R. Benchemsi, plus récemment Ninni, la presse est devenue plus une entreprise créatrice de revenus immédiat qu’une institution destinée à servir le pays.
Le problème réside dans le fait que cette nouvellepresse “alimentaire” (si j’ose dire) ne veut pas se reconnaitre comme telle. Et se cachant derrière le voile pudique de l’indépendance, elle se croit tout permis!
Par ailleurs, le manque flagrant de formation journalistique et l’absence criarde de déontologie d’une partie de la profession participent à la crise de la presse.
@hmida
L’indépendance affichée ou vécue se doit d’être comprise par les intéressés comme une charge et une grande responsabilité envers les lecteurs. On ne doit surtout pas les berner mais continuellement les informer et les éclairer par des analyses pertinentes.
Et pour cela, il nous manque malheureusement des journalistes au niveau ayant la maîtrise nécessaire de l’écriture et des sujets traités.
Un journal doit d’abord être fidèle à une ligne éditoriale et avoir des principes. C’est le rôle des journalistes. L’entreprise doit par ailleurs être gérée de manière saine c’est le rôle des gestionnaires. Il ne faudrait pas mélanger les torchons et les serviettes!
Bonjour les amis,
Je rejoins cette discussion fort intéressante.
Je ne trouve aucun inconvénient à ce qu’un journal soit managé comme une entreprise. Il serait même trés intéressant que ces derniers pensent à se doter de départements de marketing et de ventes extrêmement spécialisés et trés combatifs.
Pourquoi ? C’est ce qui permettrait aux journalistes de ne plus être à la merci de cette culture des enveloppes (d’ailleurs on en parle presque jamais) et c’est ce qui leur permettrait aussi d’avoir des formations et des stages de trés hauts niveaux au Maroc ou à l’étranger. Avant d’avoir des journaux indépendants, nous devons avoir des journalistes indépendants. Que pouvons nous attendre d’un journaliste dont le salaire ne dépasse pas 3500 Dhs et sans aucune perspective de carrière ?
Cette vision entreprenariale du journalisme n’est pas sans risques de dérapage bien évidement. C’est comme dans tout. Aux journalistes de s’armer des principes et des valeurs du métiers
simple remarque . les chiffres de l’ojd ne sont pas actualisés !!! si non ils ne sont pas independants. ces chiffres sont irronés.
@ tous je vous signale que j’ai vu sur AL AHTAD AL MAGHRIBIYA un appel aux lecteurs ppur qu’ils signalent à ce quotidien les problèmes et les dysfonctionnements qu’ils relèvent autour d’eux. J’avais même pensé écrire un post à ce sujet ..C’est voud dire ledecgré d’immaturité et le manque de sérieux de nos journalistes.
Au mlieu de travailler, de faire de l’investigation,ils se contentent dece que les gens leur rapportent…..
Affligeant…désolant ..minable
@fays : entièrement d’accord. chacun son métier. A condition de s’armer de principes, valeurs partagées et code de déontologie du métier
@hmida #6
On se contente de ce que rapportent les gens. J’écoutais une émission sur Atlantic “nouaddah likoum”. Les commentaires des auditeurs relatifs aux réalisations des collectivités locales sont très injustes et versent pour la plupart dans l’autoflagellation. Rien ne marche. C’est la faute à la corruption, au manque de contrôle, à la gabegie ambiante, à l’absence de conscience professionnelle et d’éthique “Addamir” ! On s’en délecte à longueurs de journée. Et pour quel résultat. Allah Iltaf bina.
#5 les chiffres sont ceux de 2006. Ils ne sont erronés. Il faudra attendre ceux de 2007 qui montreront certainement une évolution en faveur du journal Al Massae.
Le 14 juillet prochain, 1ère audience du Tribunal Correctionnel de Casablanca pour juger tous les dirigeants de la société SALAFI sur citation directe pour ESCROQUERIE AU JUGEMENT et ABUS DE CONFIANCE.
Enfin le système SALAFIN dénoncé! La presse osera-t-elle rendre public le scandale… à moins que ce soit le “CANARD LIBÉRÉ” mais vu ses liens avec l’un des co-inculpés, on en doute.