LE 8 MARS : LA PAROLE EST A MES INVITEES.

Pour célébrer ce 8 mars, journée internationale de la femme, mon espace sera ouvert à quelques unes de mes invitées, mieux placées que moi pour traiter ce sujet.

Mais auparavant,  j’aimerais offrir à toutes mes lectrices ce bouquet de mimosas, fleur symbolique de cette journée.

mimosas_250.jpg

« ON NE NAIT PAS FEMME, ON LE DEVIENT »

Cette phrase de Simone de Beauvoir a été le slogan des féministes françaises des années 60. La féminité ne découlerait pas d’une fatalité génétique mais plutôt d’une fatalité sociale imposée à la femme.

C’est après la discussion avec une jeune nièce à propos de ses études que cette idée a germé puis a pris forme.

La gamine – je dis « gamine » alors qu’elle passe son bac dans quelques mois – m’avait parlé d’un travail sur la femme demandé par son professeur de français et dont elle semblait plutôt contente. J’en ai commencé la lecture par curiosité et je l’ai terminée par intérêt. Je me suis alors dit qu’il serait intéressant d’avoir l’avis de divers membres de la gente féminine à ce propos.

Après le point de vue de ma « gamine » préférée, j’ai voulu en recueillir d’autres.

Pourquoi pas demander celui d’une « célibattante », jeune cadre dynamique, mais plus féminine que féministe, jeune fille et fière de l’être !

Et celui d’une dame « hecha y derecha », qui a tracé sa vie et ses choix à sa façon, sans état d’âme : femme active et responsable s’assumant sans complexe.

Pour continuer, l’avis d’une dame qui a passé sa vie à exercer le métier qu’elle a choisi, très dur, très exigeant, un métier, qu’elle à exercé avec passion et abnégation, sans rien céder pourtant ni sur sa vie personnelle, ni sur sa vie de couple, ni sur sa vie de mère.

Et pour faire bonne mesure, l’avis plein de bon sens bien de chez nous d’une respectable vieille dame qui a connu d’autres temps que ceux que nous vivons.

Je vous livre donc ces différentes réflexions, émanant de générations successives. Ce cocktail n’est représentatif de quoi que ce soit, sinon d’une tendance d’un Maroc, traditionaliste certes en devenir constant depuis l’indépendance.

1/ L’avis d’une « gamine ».

« La femme. Nous nous contentons souvent de dire, surtout les Hommes, qu’une femme reste une femme. La femme certes est bien de ce dans ce monde mais n’y a pas une place ou une valeur aussi importante et primordiale que l’Homme.
Pour ma part, je trouve qu’être une femme aujourd’hui c’est se battre au quotidien face à une société ironique et sarcastique qui se moque bien de savoir que vous avez fait des études brillantes, de savoir que vous avez un avenir prometteur ou alors de réelles perspectives de carrière ! Non, pour elle, elle vous colle l’unique et seule étiquette de femme perdante : « ce n’est qu’une Femme après tout, sa place est dans un foyer à faire des travaux ménagers et passer ses journées à la cuisine ». Que devons-nous nous répondre à cela ? A cet acharnement contre nous, pauvres femmes que nous sommes !

Longtemps, l’esprit traditionnel a prévalu : l’idée qu’une femme doit se taire et garder ses opinions mais par contre subir les jugements des autres. Et des jugements ô combien dégradant !

N’oublions pas que la Femme incarnait la misère et la pitié comme il est si bien décrit dans le roman de Khair Eddine : « Un vieux couple heureux ». L’Homme battait sa femme, croyant battre la misère. Et la femme n’avait pas le droit de réagir ou de protester, car de toute façon la société ne serait d’aucun secours pour elle. Pour peu, elle l’enverrait en enfer !

Alors aller à l’école? Pourquoi faire ? La femme n’avait aucune chance de trouver un travail car l’étiquette de femme perdante persistait encore à nous coller à la peau. Ainsi, la femme se résumait à être: analphabète par tradition, peu communicative car sans moyen d’exprimer ses avis et pour finir battue.

Heureusement, il n’y a pas que ces cas qui font mal au cœur. Nous trouvons des fois des femmes qui sont en parfaite harmonie avec elles-mêmes et donc avec leur mari. Ces maris qui admirent et respectent leur femme, qui prennent soin d’elles comme le cas de Khoubane, qui leur laissent la possibilité d’exprimer leur opinion, partagent avec elles leur secret ou leur hobbies tout comme Bouchaib qui lisait ses poèmes à sa femme. Bref, une femme qui vit dans la communication. Et si cette femme est acceptée par son mari, dans ce cas elle est acceptée par la société. En effet, avouons-le, quand nous parlons de société nous parlons surtout de ces hommes qui constituent la société.

Venons-en à la situation actuelle.

La femme commence à se faire une place bien que le fait de s’y introduire constitue un réel challenge. La femme d’aujourd’hui a la possibilité de postuler pour les plus grands postes. La femme d’aujourd’hui ne se contente plus de séduire par sa façon de cuisiner et de tenir sa maison ! Non, maintenant elle séduit par sa façon de parler, par son niveau intellectuel et culturel. Elle s’impose, se développe, renaît, se révolte et tient tête à la société.

Enfin elle est mise en valeur et enfin elle est placée dans le même niveau que l’Homme. Donc, on peut conclure comme le dit Simone De Beauvoir : « on ne naît pas Femme, on le devient ».

La femme mérite le respect ! Elle mène une lutte sans merci du matin au soir pour se faire entendre ! Bien le fait qu’elle continuera toujours de la regarder de cet œil critique, la société ne pourra nier que la Femme s’est vraiment épanouie, qu’elle a changé au fil des temps et qu’elle peut même constituer un pilier essentiel pour notre société.

Rien ne peut nous freiner et rien ne nous empêchera d’avancer. »

L’avis d’une « célibattante ».

« Je ne fais jamais ce que l’on attend de moi. En ce 8 mars, je m’imagine que ce que j’aurais été si je n’étais pas née femme.

Si je n’étais pas née femme….

Je n’aurais pas été obligée de porter des jupes roses jusqu’à 6 ans…

Je ne serais pas devenue verte de jalousie devant les soutiens-gorge énormes de ma meilleure copine…

Je n’aurais pas récolté les foudres de mon père le jour où il m’aurait vu avec une fille …

Je n’aurais pas eu à mentir pour partir à ma première surprise-partie…

J’aurais peut-être eu ma mère comme confidente pour qu’elle me dise ce que je devais faire avec ma petite copine…

J’aurais apprécié les matchs de foot entre copains au lieu de servir juste de spectatrice…

Mais bon, tout ça n’est pas très grave …

Par contre si je n’étais née femme….

Je n’aurais pas eu à ramener mon père et mon frère comme gages de mon sérieux pour louer mon premier appart….

Je n’aurais pas à dire « Je viens de finir mon travail dans la société » quand je monte dans un taxi après une longue , une exténuante journée de travail …

Je n’aurais pas eu à me taire quand un policier arrête un ami qui conduit …

J’aurais pu foutre une tarte à la nana qui n’arrêtait pas de me draguer alors que je voulais seulement passer une bonne soirée …

Je n’aurais pas à me justifier ma volonté de garder mon indépendance, de rester célibataire en attendant sagement la princesse qui me mérite comme prince charmant …

Je ne mettrais mes écouteurs dans la rue que pour le plaisir d’écouter ma musique et non pas éviter d’entendre les phrases débiles supposées attirer l’attention.

Je n’aurais pas à continuellement retarder mon congé pour laisser ma collègue mariée se reposer avec son mari pendant les mois où il fait chaud…

Je n’aurais pas à justifier mes relations pas très stables.. … J’aurai été un mec … un vrai … pas une bonne à rien … pas une simple « nana » !

Je ne me sentirais pas un peu gênée quand je dirais « je ne sais pas cuisiner » … Au contraire, on me respecterait justement pour çà…

Je ne serais pas fatiguée d’être ce que je suis …

Mais surtout si je n’étais pas née femme, je ne serais pas aussi fière d’être ce que suis devenue ! »


L’avis d’une femme libre

« Née après plusieurs de sœurs aînées et quelques frères venus après, j’ai grandi sans jamais avoir à me poser de question sur ma féminité.

Mes sœurs vivaient leur vie sans que mes frères aient à dire quoi que soit sur cette façon de vivre. J’ai donc suivi le chemin tracé par mes aînées. Nous avions la chance d’avoir un père pour qui cette question n’avait aucun sens : seuls comptaient les résultats scolaires. Nous avons donc toutes et tous étudié, parce qu’il fallait étudier !

Mais une fois sortie de mon cocon familial, j’ai commencé à ressentir que « la femme » avait un statut spécial. Des taquineries verbales des adolescents en mal de machisme au harcèlement des mâles en manque de tendresse, j’ai eu à affronter ce que toutes les jeunes filles de mon âge devaient affronter.

Sauf que moi, j’étais blindée ! J’ai continué à vivre comme j’avais vécu au sein de ma famille, ne tenant compte que de la valeur humaine des personnes que j’avais à connaître !

J’ai eu à faire des choix professionnels et personnels en toute liberté, comme je l’avais appris.

Parfois ce fut difficile parce que la société n’accepte pas qu’une « femme » soit libre de ses décisions ! Face à certaines situations, je ne m’encombrais pas d’états d’âmes que je trouvais inutiles.

Cela n’a jamais été évident ni facile, mais pour moi, cela relevait de la logique de la vie.

Etre femme après tout n’est ni une tare ni un atout, quand on prend à bras le corps sa vie, que l’on a la chance d’y être préparée et que l’on assume la responsabilité de ses décisions. »

L’avis d’une autre femme libre

« Naître femme ? Devenir femme ? Le problème ne se pose pas en ces termes. L’énoncé le plus juste serait : ETRE FEMME !

Exactement, comme l’on dirait être homme, être petit ou grand, blond ou noir, fort ou faible !

L’important ne réside pas dans la féminité mais dans la place de la femme dans la société, dans la famille, dans le couple.

Nos mères, soumises et analphabètes, n’étaient-elles pas souvent « moulat achwar wa ray » dans des familles réputées patriarcales ?

Les mères actuelles, dans les quartiers les plus défavorisés, ne deviennent-elles pas des chefs de famille, quand les hommes démissionnent face aux difficultés de la vie ?

Etre femme !

En fait, le véritable problème se pose aux hommes, face à la place que la femme commence à prendre dans la société.

L’intérêt que portent les jeunes filles aux études et leurs succès scolaires et universitaires, l’envie enregistrée chez les femmes âgées de sortir de l’analphabétisme, la réussite des femmes chefs de famille corroborée par le succès de la formule des micro-crédits sont autant des signes qui ne trompent pas.

La réaction des hommes consiste alors à se recroqueviller sur leur passé ou pire à aller y chercher des justifications, plus ou moins fallacieuses, de leur machisme.

Naître femme ? Devenir femme ?

Les femmes ont dépassé ce questionnement qui fut pendant des siècles au centre de leur vie!

Maintenant, elles sont ! Et mieux encore, elles ont pris la place qui leur revient, et que les hommes continueront bien sûr à leur nier ! »

L’avis d’une femme d’un autre temps :

« Qui est ce bhal, ce débile, qui dit çà : « On ne naît pas femme, on le devient » !?! Mais, mon petit, de mon temps, on était femme dès la naissance !

Dès le moment où la sage-femme qui t’accueillait voyait que tu étais une fille, çà y est, le sort en était jeté ! Tu n’avais même pas droit aux youyous qui auraient accompagné la venue au monde d’un garçon ! Ta vie était tracée à partir de ce moment là !

Même ta mère s’arrangeait pour te le faire savoir ! Elle te recevait par une belle crise de larmes et des lamentations à te faire regretter d’être née.

Sans parler de ton père, qui tirait une tête d’enterrement quand on lui annonçait que sa femme venait d’avoir une fille ! Et il risquait de faire une tête bien plus triste et surtout plus hargneuse si tu avais le malheur d’être la deuxième ou pire la troisième fille à pointer son nez sous son toit!

Mais là, je te parle d’un autre temps, de notre temps à nous ! Quand les filles représentaient plus un poids pour la famille qu’autre chose ! Il fallait les faire grandir les plus vite possible pour les marier le plus vite possible aussi !

Les temps étaient différents : pas d’école, pas de liberté, pas de métier ! Walou, rien : il fallait juste apprendre à devenir épouse, c’est-à-dire savoir tenir une maison et devenir mère.

Nous naissions femmes et nous devenions épouses et mères ! Machi ki ma daba, ya oulidi ! »

P.S. 1 : Bien sûr, j’aurais pu recueillir d’autres avis émanant de profils plus divers, donnant de la femme une image plus pessimiste ! Mais aujourd’hui c’est jour de fête.

P.S. 2 : Je rappelle que la fleur symbole de cette journée internationale de la femme est bien le mimosa (et non la rose comme on a tendance à le croire)

 

26 thoughts on “LE 8 MARS : LA PAROLE EST A MES INVITEES.”

  1. J’aime pas le 8 mars. Je trouve cette fête opportuniste, ringarde, creuse et sexiste. Pourquoi pas une journée pour les hommes? Pourquoi une seule journée pour les femmes? Pourquoi ne pas livrer nos petits combats de tous les jours sans entrer dans un système formaté prêt-à-porter???

  2. Quelle belle hypocrisie que cette journée du 8 mars! Tout commentaire serait superflu.
    Merci Hmida pour les fleurs.

    Ps: Avez-vous lu mes mails?

  3. Je viens de lire ton post,je n’ai pas le temps d’y répondre tout de suite ,travail oblige!!!!mais je reviendrais faire un commentaire parce ce que, si effectivement je me fiche un peu de la journée du 8 mars par contre ce que je viens de lire m’a vraiment enchanté…..

    Merci Hmida mais aussi à celles dont tu publies le texte…
    Merci encore pour le mimosa c’est une si délicate attention de ta part, dans le pays froid où j’habite c’est un vrai rayon de soleil

  4. @ Aicha qandisha

    Le 8 mars n’est pas une fête,c’est juste une “journée” avec tout cela comporte comme symbole.

    Tu as raison les femmes doivent continuer leurs grands combats à chaque instant!

    Quant à une journée pour l’homme, je ne serai pas contre en effet …..Je te propose le 29 févirer ….On pourrait lancer une pétition dans ce sens :::::)))))))))

    @ Sarah

    Le 8 mars pour moi est une journée particulière en plus dans l’année pour rendre un hommage tout particulier à la femme.

  5. @ emanuelle

    Décidément, les femmes ne semblent pas trop apprécié cette attention particulière.

    Mais comme je le disais à Aicha Qandisha, c’est juste “une journée”…..qui ne change rien à la vie des femmes je le reconnais..mais c’est un symbole …

  6. Hmida avec des hommes comme toi, la vie est belle. Les mimosas c’est joli, elles ont tellement de personnalité.
    Bonne fin de journée à Citoyennehmidette!

  7. Salam et merci!
    Le 8 mars, les collègues à la fac deviennent amnésiques, c’est comme si ca leur coûtait de glisser un petit mot gentil même si au fond, je suis assez d’accord avec Aicha C.
    Il nous faudrait plus que de simples cérémonies pour enraciner le respect dans la tête des hommes marocains qui continuent hélas à fonctionner comme leurs ancêtres!
    Il reste que je ne suis pas contre une journée pour l’homme, rien que pour montrer à quel point les femmes peuvent être tolérantes!
    Outre le fait de briller partout (travail, ménage, éducation, coqueterie, sans compter le lit et bien d’autres choses encore…), elles doivent tjrs être au top pour maintenir leur “mal(e)” en position supérieur, sinon le pauvre il risque de faire une crise d’identité ou demander le divorce…
    Oui, je sais je suis de mauvais poil mais c’est normal c’est le 8 mars!

  8. @Hmida,
    On l’a echappé belle : Aïcha Q ne t’a pas reproché de parler des Femmes plutôt que de Gaza ! Même si cette journée ne lui convient pas non plus !
    Merci pour tes jolis mots.
    Les blogguers ont tendance à oublier que les femmes ont acqui leurs droits bien après les hommes et que dans plus de la moitié de la planète, elles sont encore loin, très loin de la liberté…

  9. @ lionne de l’atlas et @ soy

    Les femmes n’ont pas besoin que les hommes leur reconnaissent quoi que ce soit …Comme l’a écit une de mes invitées, les femmes SONT et j’ajouterai malgré les hommes.

    Car il faut bien avouer que certains hommes voient d’un très mauvais œil l’ascendant que commence à avoir la femme sur certains secteurs, comme celui de la culture et de l’enseignement entre autres.

    Ce qui explique en grande partie le retour aux sources profondes et historiques de notre civilisation prôné par cer certains!

    Le combat des femmes n’est pas termné : vous avez gagne quelques batailles, vous avez encore à en mener de longues etde difficiles.

    Mais la victoire est assuré, parce qu’une partie des hommes est avec vous!

    Ensemble, nous ferons vaincre l’humanité!

    @ soy

    Aicha Q. n’a pas parlé de Gaza….Mais je le ferais à sa place mais différemment : ce qui me marque dans le drame de Gaza ce n’est pas la mort des militants, ils onyt choisi de combattre et ils le font à leur manière! Ce qui me rend malade de douleur c’est les pleurs et l’impuissance de leurs MERES…..

  10. Dans mon enfance, je n’ai pas eu le temps de m’apercevoir que j’étais un enfant, ni que j’étais une femme, les drames de la vie m’ont enveloppé dans un noir total et les impératifs de survie ont tracé mon parcours sans que je puisse faire mes propres choix.
    Adolescente j’ai décidé de se soulever contre la tyrannie et j’étais prête à payer n’importe quel prix pour ce choix.
    Adulte je me suis rendue compte combien est important de construire la démocratie dans un pays plein de contradiction et j’ai fait le serment de combattre toutes formes de violence.
    Durant mon parcours de vie je me suis rendue compte de l’importance du rôle des femmes dans les changements dans le monde et au Maroc.
    Qui s’est occupé en premier des femmes célibataires : une femme
    Qui s’est occupé en premier des enfants de la rue : une femme
    Qui a soulevé en premier au Maroc la question de la disparition forcée : une femme
    Qui a milité pour un statut digne d’un être humain pour les femmes : des femmes mais aussi des hommes comme vous.
    Mille merci pour le bouquet de mimosas.

  11. @ Fatima

    Je crois bien que c’est la première fois que tu t’arrêtes sur cet espace et qui tu y laisses un commentaire …

    La lutte des femmes pour faire bouger le Maroc est en effet exemplaire et elle n’est pas finie.

    En effet, des freins très puissants et une inertie très marquée s’évertuent pour reléguer la femme au rôle inférieur sinon subalterne qu’on a voulu lui faire jouer dans l’histoire de notre nation.

    Le défi consistera à vaincre ces résistances sournoises, qui souvent se cachent derrière de nobles raisons puisées dans notre patrimoine.

  12. @ une marocaine

    Mais vous les valez bien, toutes tant que vous êtes ! et bien plus que cela!

  13. J’ai la chance de vivre dans un pays où le statut de la femme même s’il est encore perfectible, relève d’une liberté assez grande pour ne pas dire presque totale…..
    Bien que je sache que chez Simone de Beauvoir, c’est la féministe qui s’exprimait, je n’ai pas envie de me situer à ce niveau là parce que pour moi, au risque d’en faire hurler certaines et certains, il y a des composantes propres à l’homme et à la femme, et trop vouloir les nier c’est se condamner à mal se rencontrer.

    Issue d’une génération née après la guerre et ayant vécu mai 68, je suis ce que dans une chanson, Cookie Dingler nomme : une femme libérée !
    Je suis mère d’une famille dite nombreuse,je soutiens mes enfants dans leurs parcours universitaires et professionnels ,je travaille à un poste où j’ai des responsabilités et où les 35 heures n’existent pas,j’ai un salaire assez confortable qui me permet d’être autonome,je fais les courses,la cuisine,la vaisselle,le ménage,le repassage,j’assure le secrétariat de tous les papiers relevant de la vie de la famille,j’entretiens le jardin,je tonds,je taille,je plante,je sais changer une roue de voiture,je peux conduire 600 kilomètres d’une traite,je rentre quand je veux,je sors quand je veux…….mes journées ont, comme partout sur la planète, 24 heures mais chaque journée est finalement multiple : la journée des enfants,plus la journée de la maison,plus la journée du bureau,plus la journée du mari,plus,plus……. et même si tard en fin de journée , je n’en peux plus,je suis quand même ce que l’on nomme une femme libérée….!!!!

    Cela me fait légèrement sourire.

    Nous avons beaucoup gagné en autonomie de gestes, de paroles, d’actions, de prises de décisions propres, mais l’on peut s’interroger sur l’existence de notre part de fragilité et sur l’existence de la part, non pas féminine mais, de féminité profonde qui vivent pourtant en nous et qu’il est plutôt “correct” de masquer si l’on veut revendiquer pleinement la liberté????
    Ces parts là, à trop avoir voulu gagner, peuvent être, il faut le reconnaître fortement muselées et par forcément du fait des hommes……

    C’est pourquoi, je voudrais ici à l’occasion de cette “journée de la femme” remercier et rendre un hommage très fort à un homme extraordinaire , qui a su, en venant à ma rencontre en tant qu’homme et en me respectant en tant que femme, m’amener au fil des jours, doucement et tendrement à libérer les chaînes invisibles qui finalement au milieu de ce que je suis emprisonnent ma part de désirs, conditionnant depuis de nombreuses années ma vie de…..femme dite libérée !

    Cet homme se dit vieux parce que son état civil accuse plusieurs dizaines d’années mais il n’est pas d’un autre temps, bien au contraire il est bien de son heure.
    Il est d’un autre continent que le mien et sans nier sa culture (dont on dit que les femmes du moins certaines y sont encore « esclaves »), il laisse à la femme que je suis sa place et toute sa place …c’est sa façon de traiter toutes les femmes et elle est bien belle!
    Je ne suis pas née femme avec lui, je ne suis pas non plus devenue femme avec lui, je suis et il me laisse être simplement femme parce que nous nous sommes acceptés dans la complémentarité de nos ressemblances et nos différences, de nos forces et nos faiblesses. Plutôt que de les opposer et de vouloir à tout prix les rendre égales nous en avons fait des pépites qui brillent à chacune de nos rencontres …… ce dont je le remercie infiniment et avec un immense respect empreint d’une grande tendresse.

    Je suis désolée d’avoir été aussi longue, je termine juste par une question et une remarque.
    Voici la question : pourquoi ériger en combat la dualité homme/femme ?
    Voici la remarque : certes l’homme à une vision de la femme encore singulière, mais interrogeons-nous, nous aussi, en tant que femme sur la vision et les clichés avec lesquels nous accueillons les hommes …. ainsi que sur la manière, dans les cultures où le féminisme a pris racines depuis plusieurs dizaines d’années, dont nous les traitons…..

    Femme : je ne crois pas que ce soit une question de non naissance, ou de devenir ;c’est pour moi plus une question d’être et de rencontre…..

  14. @ emmanuelle

    Merci pour la confiance que tu fais à cet espace en y déposant ton témoignage plein d’humanité et de sincérité.

    La “question de la femme” reste, j’ai bien l’impression, bien réelle sous tous les cieux!

  15. @ homme

    C’est un véritable cri du cœur que tu lances là, pour ne pas dire un cri de détresse!

    Mais il me semble sonner creux, totalement creux car tu n’y exprimes pas une once, que dis-je un iota de RESPECT pour la FEMME, féministe ou pas, soumise ou rebelle, mais toujours active, qu’elle soit femme au foyer ou salariée.

    Respecte-la si tu veux qu’elle te respecte!

    P.S. : tu avoues transgresser les limites de ta religion, donc de ton dieu – quel qu’il soit – et cela pour des raisons purement biologiques, je suppose. Si tu ne respectes pas ton Dieu, tu ne respecteras surement pas la femme!

  16. @ homme

    Je suis désolé mais lors d’une manipulation j’ai effacé par inadvertance ton commentaire, qui méritait largement de figurer avec les autres ….Je laisse donc ma réponse et si tu repasses par cet espace essaie de remettre en ligne ton texte ….

  17. Salut Hmida

    Je suis déçue, rien pour le 8 mars cette année?
    De toute façon, tu as jusqu’à dimanche pour te rattrapper!!! si non, nous seront nombreuses à t’en vouloir!!!!
    En parcourant un site web spécialisé, j’ai trouvé cette information :

    Une marocaine nommée au Poste de Responsable
    du « Programme des Négociations Internationales sur l’Environnement et le Développement Durable» au sein de l’Institut de l’Energie et de l’Environnement de l’Organisation Internationale de la Francophonie à Québec (Canada).
    Ce genre de femmes marocaines, et elles sont nombreuses, méritent d’être connues; alors voici le lien vers cet article :

    http://evem.ma/index.php?option=com_content&task=view&id=63

    Je te propose alors, pour le 8 mars 2009, de parler des marocaines de la diaspora……elles sont nombreuses, et chacune d’elles est une véritable ambassadrice du MAROC dans le pays où elle exerce.
    Qu’en penses-tu?

    Bonne fête du 8 mars à toutes les femmes!!!!!

  18. @ shérazade

    Merci pour ton passage …Rassure-toi le billet pour le 8 mars est déjà prêt et il sera mis en ligne en temps voulu…

    Parler des femmes de la diaspora est un sujet très vaste ….Il nécessite une recherche sérieuse et documentée …Je te promets de m’y intéresser et d’essayer d’écrire un billet à ce sujet ..

    Repasse le 8 mars …..

  19. je voudrais ajouter mon grain de “sel”, sur ce billet qui a l’avantage de traiter un sujet oh combien délicat…pour le hommes !!!
    oh! femmes!!! si nous , hommes, tenons tant à vous protéger, c’est tout simplement qu’on vous aime tant et qu’on a peur pour vous et non pas de vous…
    nous avons en esprit, tout le temps telle une obsession , l’histoire de la chèvre de Mr Seguin,
    nous, pères, frères , oncles, grands-pères…
    nous avons peur que les loups vous dévorent,
    nous avons peur que les vautours vous picorent,
    nous avons peur que les renards vous séduisent,
    nous avons peur que vos particularités se réduisent,

    vous êtes aussi fragiles que du cristal,
    vous êtes plus belles que l’étoile boréale,
    vous êtes si précieuses et sans rivales,
    vous êtes nos espérances sans égales…

    pour se rendre compte de la place qu’occupe une femme dans la vie d’un homme,
    demandez-le à un homme qui a perdu sa mère,
    demandez-le à un homme qui a perdu sa soeur,
    demandez-le à un homme qui perdu sa femme,
    demandez-le à un homme qui les a perdues toutes…

  20. @ Ahmed Doukkali dit l’autiste

    Tu as fait couler mes larmes…..merci pour ce beau poème….

  21. @shérazade , belle des mille et une nuit,
    je ne sais comment vous remercier d’avoir bien voulu prêté attention à mon gribouillage,
    je voudrais juste ajouter une toute rectification au dernier paragraphe de mon post:
    “pour se rendre compte de la place qu’occupe une femme dans la vie d’un homme,
    demandez-le à un fils qui a perdu sa mère,
    demandez-le à un frère qui a perdu sa soeur,
    demandez-le à un mari qui perdu sa femme,
    demandez-le à un père qui a perdu…sa fille
    demandez-le à un homme qui les a perdues toutes…
    encore une fois Merci

Comments are closed.