……..Suite 2/3

Le brigand s’impose comme caïd.

Une fois libéré, Ahmed Raissouni reprend ses activités de brigand, avec plus d’audace.

Assuré de l’appui des populations Jbala, il a pu se livrer à un véritable bras de fer avec l’autorité du makhzen. En enlevant des personnalités étrangères, il se livrait à un véritable chantage consistant à négocier et surtout à obtenir une autorité administrative légitime sur la région qu’il contrôlait effectivement.

Parmi ses victimes les plus connues, il faut retenir WALTER HARRIS, le correspondant à Tanger du quotidien anglais TIMES, enlevé en 1903 et que l’on voit sur la photo suivante en costume local.

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Raissouni s’en est pris en 1904 à un citoyen américain d’origine grecque ION PERDICARIS, enlevé avec sa fille et son gendre.

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Cet enlèvement provoqua une réaction violente du gouvernent américain. Le département d’état U.S. déclara que « this government wants Perdicaris alive or Raissouni dead ».

Et une escadre américaine fut dépêchée sur place pour libérer par la force les citoyens étasuniens retenus.

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Ce rapt a laissé dans la mémoire collective des populations du Nord du Maroc la trace d’une idylle qui serait née entre le “Caid-brigand” et la “belle étrangère”.

En juillet 1907, il s’attaqua à Sir Harry MAC LEAN, l’instructeur anglais de la garde personnelle du Sultan. Sur la photo ci après, on le voit installé – en uniforme – avec des dignitaires du palais.

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Pour la libération de son otage, Raissouni a obtenu une rançon de 20.000 livres payée par la légation anglaise à Tanger en plus de la protection pour lui et sa famille ainsi que la possibilité d’achat de biens dans cette ville.

Ces actes de banditisme lui permirent d’imposer sa nomination par le sultan Moulay Youssef comme caïd du FAHS, c’est-à-dire de la région de TANGER.

Au début, il exerça d’ailleurs son mandat de caïd avec un zèle total qui inspire au marquis de Segonzac les appréciations très laudatives : « Les premiers mois du commandement de Raïssouni, furent idylliques : ce brigand devenu gendarme mit autant de zèle à faire régner l’ordre, la sécurité, l’honnêteté, qu’il avait déployé jadis à les violer. »

Mais Raissouni devint très rapidement gênant pour le makhzen et aussi et surtout pour les ressortissants étrangers. Il commença à intervenir directement dans la ville même de TANGER, d’où il fut, à la demande des légations étrangères, chassé manu militari.

Relevé de son poste de caïd en 1906 par dahir signé par le sultan Moulay Abdelaziz, à la suite de son intervention énergique dans la destitution du pacha d’Assilah, Moulay Ahmed RASSOUNI choisit de passer à la « résistance contre l’occupant français ».


• Le Caïd redevient « hors-la-loi »
.

Raissouni se réfugia dans son fief de Zinat et sous couvert de lutte contre l’envahisseur français, il se rallia à l’Espagne et à l’Allemagne, qui le fournissent en armes et argent.

Il dit d’ailleurs lui-même souvent : « Les Berbères sont mes serviteurs, les Espagnols sont mes esclaves. Les Français sont mes ennemis, et les Allemands sont mes alliés».

RAISSOUNI a pu ainsi, pendant quelques années, profiter de la fibre patriotique des tribus Jbala, en faisant valoir ses supposées racines chérifiennes. Il a pu rallier à sa cause un certain nombre de zaouias et de marbaouts, qui lui offrirent leur protection et ne le trahirent pas malgré les fortes récompenses offertes par le Makhzen pour sa capture.

Jouant la carte de l’alliance avec l’Espagne, Raissouni a voulu faire barrage à l’extension de la présence française dans le Gharb.

Mais bientôt, il apparaît comme un véritable danger pour ses alliés espagnols, tant son ascendant et son influence grandissent auprès des tribus Jbala.

Fort de l’aide que lui apporte l’Allemagne, Raissouni se proclame en 1914, « SULTAN DES MONTAGNES ».

La révolte des populations du Rif commençant à prendre forme sous l’influence de Mohamed Ben Abdelkrim KHATTABI, ni la France ni l’Espagne ne pouvaient accepter cette situation et décident en 1919 d’éliminer le rebelle devenu trop encombrant.

A suivre…………….

8 Comments on LE CAID MOULAY AHMED RAISOUNI : HEROS OU BRIGAND? (2/3)

  1. Aïsha Q. says:

    Hmida, ses origines chérifiennes ne sont pas supposées, elles sont incontestables dans l’esprit des Jbala qui connaissent bien les Benraissoun depuis leur ancêtre Moulay Abdeslam ben Mchich.
    Ensuite, j’estime personnellement que kidnapper des suppôts de l’impérialisme en plein battage pré-colonial relève vraiment de l’héroïsme. Il en va sûrement pas de même pour ces Caïds qui ont sévi pendant la colonisation, en matant leur tribu, en collaborant avec les ennemis de la nation, en recevant des décorations et médailles militaires françaises et dont les enfants se présentent aujourd’hui comme des fils de Héros.

  2. HMIDA says:

    @ aicha

    Je suis toujours très septique sur les origines prétendument “cherifiennes” dont certains se prévalent ….D’ailleurs, toi-même tu précises que celles de Raisouni sont “incontestables dans L ‘ ESPRIT des Jbala”….J’ajouterai pour ma part : “mais pas forcément dans les faits!!!!!”.

    Pour l’action contre les suppots de l’impérialisme, elle est légitime et héroïque! Mais si elle est détournée à des fins personnelles, elle risque d’être “disqualifiée moralement”.

  3. Aïsha Q. says:

    Dans les faits, seule l’analyse ADN peut le prouver. Mais plus important que les faits, la croyance et ce qui va avec dans les mentalités de l’époque.

  4. HMIDA says:

    @ aicha

    ……De l’époque…. seulement?

  5. aïsha q. says:

    Qui croit encore en la Baraka?

  6. HMIDA says:

    @ Aicha

    Crois-tu que sans la “baraka” le Maroc serait ce qu’il est?

    Non, je plaisante bien sûr…

    Pourant, beaucoup de nos compatriotes croient encore en la baraka….la “vraie”, celle des “saddatt”…mais aussi celle des charlatans…..

  7. Aïsha Q. says:

    Koun Kane L’khoukh Y Daoui,
    Koun Dawa Rassou !

  8. moh says:

    Merci Hmida pour l’effort

    J’espère seulement que dans tes prochain billets tu vas rendre hommage au Maroc inutile, a ces hommes et ces tribus oubliés par nos historiens ou l’espérance de vie ne dépassait 24 ans, leurs résistance a durée plus de 27 ans. Mais bon au Maroc l’histoire est écrite par les gens qui ont fréquenté l’école pas les autre qui étaient au maquis.