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Le dernier roman de Mohamed LAFTEH : lu et vu par un twitto marocain.

Ce billet est né suite à une discussion que j’ai eu avec un twitto marocain à propos de l’écrivain marocain francophone Mohamed LAFTEH.

J’avais déjà consacré une note à cet auteur  dont je venais de découvrir l’exitence par la presse. Mais je n’ai pas eu l’occasion de lire son dernier roman LE DERNIER COMBAT DU CAPITAINE NI’MAT, paru chez Les Editions La Différence en 2010. L’ouvrage est introuvable au Maroc : censuré parait-il!

Notre ami twitto a pu lire l’ouvrage et nous livre dans ce billet ses impressions, que je vous invite à découvrir.  Je me permets juste de signaler que ce billet ne représente aucunement ma position, puisque –  je le répète – je n’est pas lu l’ouvrage en question.

“Une lecture du Dernier Combat du Capitaine N’imat”,

par Soufiane Sbiti”

“Mohamed Leftah, grand nom de la littérature marocaine d’expression française qui  s’est éteint au-delà des frontières nationales, au Caire, en un mois de juillet comme celui-ci. Il avait laissé derrière lui des textes, des nouvelles, des romans prêts plus que jamais, après édition chez Les éditions De La Différence, à être lus par un très large public. S’agissant avant tout d’un devoir national, chaque passionné des lettres comme l’auteur de ces lignes ne pourrait rechigner devant l’entreprise de partager cette petite page de l’histoire des lettres de notre pays, l’œuvre de cet auteur qui reste jusqu’à ce jour, plus ou moins, méconnu.

Le livre qu’il nous vient ici de présenter est «  Le Dernier Combat du Captain Ni’mat », livre auquel les autorités de ce pays n’ont, par je ne sais quelle idée frivole d’ignorance, toujours pas pensé à délivrer une autorisation pour être vendu au Maroc. Un livre qui pourtant a été récompensé par le prix Mamounia 2011.

Pour avoir eu pour lecture quelques autres livres de la  bibliographie de Mohamed Leftah, je puis dire sans trop m’y tromper qu’en matière de style, ce roman s’avère différents du reste, à bien des égards.  Il y a tout d’abord cette façon d’écrire, d’enchainer les phrases et de jauger le verbe assez éloignée du lyrisme commun aux œuvres Leftahienne. Ce lyrisme empreint d’une certaine mansuétude, nostalgie et mélancolie qui parvient ici à se métamorphoser littéralement en une prose plus adoucie, plus fluide et mieux adéquate au genre du texte qu’est le roman.

L’architecture du roman est toute aussi différente et se distingue bien nettement d’un « Au Bonheur des Limbes » ou encore d’un « Hawa » puisqu’elle permet ici de mieux repérer la chronologie des évènements. Chose essentielle ici, car au-delà de la forme des phrases, du lyrisme amoindri certes mais affermi des autres, il y a  le contenu du roman riche en sens et en enseignements.

L’histoire est celle d’un cairote. Un capitaine de l’armée de l’air à la retraite qui se la coule douce dans un des quartiers huppés de la capitale de l’Egypte. Tout va pour le mieux, un train de vie quasi monotone entre la piscine, sa maison et son épouse. Le tout est en parfaite harmonie avec son âge, un âge où le temps lui-même profite de l’instant présent et des minutes qui s’écoulent et qui ne sont pas comptées. Tout allait continuer pour le mieux jusqu’à ce que le capitaine ni’imat fasse la surprenante découverte d’une particularité en son être. Son homosexualité. Cela se manifeste à la piscine lorsque de jeunes éphèbes viennent à troubler les courbes ondulatoires d’une piscine mais aussi et surtout, lorsque le vieux cairote s’entiche d’un jeune nubien du nom d’Islam. Le tout bouscule, le tout change et une nouvelle vie se dresse devant cet ancien symbole de la virilité cairote, cet aviateur.

Ecrit il y a de là bien des années et tout juste paru en 2010, deux années après la disparirition  de Mohamed Leftah, « Le Dernier Combat du Capitaine Ni’imat » s’avère être prémonitoire, un livre futuriste abordant un sujet plus que jamais d’actualité en ces temps où la senteur des fleurs du printemps arabes n’a toujours pu se dissiper. Car c’est tous les régimes arabes, leur essence et leur pouvoir que Leftah vient ici ausculter. En mettant un aviateur comme personnage principal qui ira jusqu’à s’enticher d’un nubien pour découvrir au grand jour son homosexualité, c’est tout le symbole de la virilité que Leftah, avec sa plume bien délétère cette fois-ci, désacralise. Une virilité qui a, au fil des années, laissée apparaitre des patriarches, des dictateurs et des Zaïms cherchant à jouir du statut viril qui leur est conféré.  En se faisant homosexuel passif de l’histoire, l’aviateur symbole de la magnificence du sexe mâle est tout simplement cible d’une critique acerbe de la gouvernance arabe en notre siècle. Une gouvernance qui a toujours su être du côté du mâle, prônant l’ignorance bien loin du savoir et de la sensibilité et prônant aussi l’oppression de la femme, sa bassesse et son inutilité dans la société arabe. Le personnage principal vient aussi en l’histoire, à se faire sodomiser par son servant. Ici, Leftah vient à utiliser la sodomie pour expliquer leur impuissance face à l’occident, face à cette contrée lointaine qui ne cesse d’avancer

Ce fait de vouloir à tout prix porter atteinte à l’homme viril de la société arabe est aussi omniprésent dans toute l’œuvre Leftahienne. Preuve en est dans «  Demoiselles de Numidie » où un personnage vient à donner son corps pour un autre mâle, un danois rien que pour décrocher le précieux sésame et aller rejoindre d’autres contrées bien plus alléchantes.

Pour finir, je citerai cette phrase du très cher écrivain Mokhtar Chaoui qui résume à elle seule, la raison de l’interdiction non dite du roman :  «  Censurer Le Dernier combat du captain Ni’mat, c’est refuser de voir la vérité en face, c’est jouer à l’autruche, c’est continuer de se croire « étalon » alors qu’on est « tapette ».

 

23 comments to Le dernier roman de Mohamed LAFTEH : lu et vu par un twitto marocain.

  • @ hmida

    époustouflant billet de ce twitter magistralement inspiré ! on sait enfin à quoi s’en tenir sur l’ultime roman à scandale de MLeftah.

    Toutes ces considérations sur la virilité obsessionnelle des zou3ama, OK, mais pourquoi a-t-il baptisé son personnage d’éphèbe nubien du nom d'”Islam” ? ach jab toz lhamdoullaH aurait protesté ma grand-mère…

    à part ça, pourquoi mélanger la cause de l’homosexualité avec le militantisme politique ? au nom de la transgression que constitue encore dans les sociétés musulmanes l’évocation prosélyte de l’homosexualité, sans doute. dans ce cas pourquoi voudrait-on qu’un état officiellement musulman tel que le Maroc tolère qu’un livre aussi opportunément littéraire mais aussi rudement blasphématoire soit autorisé à la vente ? ce qui reviendrait à exiger des pouvoirs publics qu’ils organisent un trouble à l’ordre public. quelle mauvaise foi que cette récrimination !

    sans compter que voila un écrivain marocain qui va s’exiler en égypte et qui ne trouve rien de plus reconnaissant à faire à l’égard de sa nation d’adoption que de s’en prendre au symbole par excellence de la fierté égyptienne, sachant que bien des femmes fantasment sur les beaux uniformes des officiers pilotes de guerre 😉

    je me souviens du temps délicieux où les livres interdits circulaient sous le manteau comme on dit, ce qui n’empêchait pas les lecteurs vraiment intéressés de ses les procurer, c’était aux premier temps de l’apparition des photocopieuses, de les lire et encore moins d’en débattre en société…

    aujourd’hui le libéralisme politique, cache sexe du libéralisme économique, s’acharne à faire que tout, tout, absolument tout soit permis à la vente, au nom bien entendu de la maturité de principe du citoyen-consommateur, fut-il légalement mineur.

    cela dit, faudrait plutôt se demander ce qu’ils ont tous à se prendre pour Jean Genet ?

  • hmida

    @ salvadorali

    Je ne peux répondre à ton intervention : je n’ai pas lu le livre en question et je ne suis pas l’auteur de ce billet!

    Je me contenterai de te signaler qu’en la matière, la littérature arabe n’a pas attendu Jean Genet.

    Une deuxième remarque : le militantisme politique n’a jamais été exempt de comportements déviants.

  • Hatta

    Autant la premiere partie est passionnante, autant on se lasse tres vite des details des actes sexuels, et des projections de desir sur les enfants à la piscine, frolant la pedofilie…

    Mais ce n’est pas une raison de l’interdire.

    http://www.culturetoute.net/petition-leftah-2/

  • @ hmida

    évidemment, il faut avoir lu un livre pour en parler.

    mais qu’il aille donc se faire rôtir le c. en enfer, ce Leftah de malheur avec son bouquin que me voilà quasiment obligé de lire après tout ce que je viens d’en dire…

    pourquoi donc devrais-je me résoudre à me plonger dans ses turpitudes camouflées en littérature, jusqu’à l’obscénité des ébats de ses personnages et la perversité des fantasmes qu’il met en scène, à en croire ceux qui l’ont lu ? p. de corvée je te jure !

    voila bien ce que l’on peut reprocher à MLeftah, avoir pollué le débat artistique et littéraire, sans parler du débat sociétal et politique, avec ce livre nauséabond, quelle que puisse être sa qualité littéraire par ailleurs. la qualité littéraire mise au service d’une obscénité, ça n’en atténue pas l’obscénité au contraire… quand même il savait ce qu’il faisait en nommant son personnage de tapette nubienne comme il l’a fait ! il s’attendait à quoi, à un doctorat honoraire de la qarawiyyine et d’al azhar réunies ?

    il s’agit donc d’un livre à ne surtout pas mettre entre toutes les mains, d’où ma conclusion que la pétition que signale hatta doit davantage à des intérêts relevant d’un idéalisme foncièrement commercial : il faut que tout puisse se vendre et que même les amateurs de littérature à tendance pédophile puissent se déclarer satisfaits. sinon comment ils feraient les éditeurs pour faire leur beurre ?

    franchement, vive les imprimeurs courageux et la littérature sous le manteau. si le libraire de tanger qui mène la croisade était un peu plus futé, il s’arrangerait pour importer en douce un stock qu’il écoulerait tout aussi discrètement, sans faire ch. le populo et rameuter la maréchaussée… mais il lui a fallu son quart d’heure de gloire médiatico-citoyenne à lui aussi 😉

  • hmida

    @ salvadorali

    Comment peux-tu qulifier un livre dont tu as juste des échos de “nauséabond”? Ce genre de position m’est absolument incompréhen suible, surtout d’un amoureux des livres!

    Peut- dire que Abou Nouwass soit nauséabond, ou que Sade le soit?

    Par ailleurs, feu Leftah n’y est pour rien dans sa supposée glore médiatique : le pauvre a disparu dans l’anonymat et parait-il les difficultés les plus noires!

  • @ hmida

    je me suis basé sur les extraits que j’en ai lu et sur ce qu’en rapporte ton ami twitter, çad un minimum de factualité, en particulier le nom que l’auteur donne à l’inverti nubien. tu ne trouves pas ça nauséabond, de baptiser une personnage pareil “Islam” ?

    je ne connais pas assez bien l’oeuvre d’Abou Nawass mais pour avoir lu quasiment tout Sade, oui ce dernier était nauséabond, par exemple lorsqu’il décrit avec une complaisance toute sadique des soirées d’orgies où des femmes enceintes sont livrées aux plus affreuses pulsions sexuelles des convives avant d’être éventrées lorsqu’elles ont fini de servir…

  • hmida

    @ salvadorali

    Tu vois que le fait d’être nauséabond n’empêche pas avoir des lecteurs : tu sembles représenter l’exemple parfait du lecteur appréciant la “nauséabondité”, sinon tu n’aurais pas sauf obligation majeure (dans le cas d’espèce, la préparation d’une thèse par exemple)ingurgité tout Sade. Je me suis contenté de quelques pages de “JUSTINE” pour comprendre que le marquis ne sera jamais mon auteur préféré.

    Quant à prénommer un personnage Islam, aussi vicieux soit-il, cela relève de la pure fantaisie de l’auteur : à ton avis, l’aurait-il prénommer “Chitane” que cela aurait ajouté un iota à la qualité de son roman?

    C’est un faux problème que tu soulèves là!

  • @ hmida

    il est vrai que je suis ce qu’on peut appeler un lecteur professionnel 😉 j’ai découvert sade en classe de terminale, en marge de mon cours de philo et comme je voulais comprendre le phénomène dans toutes ses dimensions, j’ai fait méthodiquement le tour de l’oeuvre, comme je l’ai fait pour Zola, Steinbeck, Balzac, Dostoïevski, etc.

    pour ce qui est du goût de la nauséabondité, je te propose de méditer sur cette pensée de Julia Kristeva dans un traité intitulé “Pouvoirs de l’horreur”, ce qui renvoie à la fascination que l’horreur peut exercer sur l’esprit et l’âme humains :

    « Il y a, dans l’abjection, une de ces violentes et obscures révoltes de l’être contre ce qui le menace et qui lui paraît venir d’un dehors ou d’un dedans exorbitant, jeté à côté du possible, du tolérable, du pensable. C’est là, tout prés mais inassimilable. Ca sollicite, inquiète, fascine le désir qui pourtant ne se laisse pas séduire. Apeuré, il se détourne. Ecœuré, il rejette. Un absolu le protége de l’opprobre, il en est fier, il y tient. Mais en même temps, quand même, cet élan, ce spasme, ce saut, est attiré vers un ailleurs aussi tentant que condamné. Inlassablement, comme un boomerang indomptable, un pôle d’appel et de répulsion met celui qui en est habité littéralement hors de lui. »

    Julia KRISTEVA, extrait de Pouvoirs de l’horreur,
    Chapitre premier “Approche de l’abjection”.
    Editions du Seuil, Paris, 1980

  • hmida

    @ salvadorali

    Pour ma part, je me revendique lecteur délitant, qui a le droit absolu d’abandonner la plus grande œuvre qui soit, dès lors qu’elle ne chatouille pas ma fibre “lectorale”. C’est ainsi que je me suis épargné la lecture des grands classiques russes, car je me perdais dans les noms à triple vitesse.

  • @ hmida

    bon dimanche, citoyen ! des bords du lac de mehdiya, j’ai interrompu ma relecture des “Démons” de mon pote Fedor Mikhailovitch pour une séance de cybersurfing, j’en profite pour répondre à ta réponse :-)

    lecteur délitant moi-même ! il y a des livres que je m’amuse à lire une page sur deux, d’autres dont je lis la fin pour mieux apprécier le début, longtemps chez Balzac j’ai passé les pages de descriptions pour mieux me délecter de l’intrigue, chez Proust au contraire je me souciais très peu du méli-mélo de l’intrigue et de l’interaction psychosociale des personnages pour apprécier exclusivement la virtuosité du style d’écriture. donc je crois que nous voilà d’accord là-dessus.

    je te rappelle seulement mon argument concernant la publicité médiatiquement orchestrée de nos jours autour des livres “interdits”, consistant à regretter le temps où de tels ouvrages circulaient sous le manteau, dans un climat réel de répression, je souligne : réel, parce que le tapage fait aujourd’hui par exemple autour des romans de ATaïa ou de MLeftah relève il me semble de la pleurnicherie de très mauvaise foi, je souligne : très mauvaise… en réalité de l’activisme politique camouflé en liberté de l’expression littéraire.

    à part ça, tu as malicieusement raison, les noms russes à triple détente sont LA prise de tête à coucher dehors de la littérature russe ! bon mais après tout nous aussi, on fonctionne au “flane benflane elflani”, ton attitude c’est donc un peu celle du tamis qui se moque de la passoire 😉

    cela précisé, tu ne me dis pas ce que t’as inspiré le propos de JKristeva (qui est ou a été l’épouse et la partenaire d’un certain Philippe Sollers, grand manitou de la république médiatique des lettres française) ?

  • hmida

    @ salvadorali

    Ce genre de citation, sorti de leur contexte, me laisse nen général assez sceptique : que dire de ces propos de Julia KRISTEVA, qui pris ainsi semblent totalement décousu.

  • @ hmida

    rassure-toi je n’ai pas attendu d’aller pêcher cet extrait sur le net pour m’intéresser à la démarche de cette dame, connue notamment pour ses travaux sur la fascination que l’horreur peut exercer sur l’esprit ou l’âme humaines.
    quant aux propos en question, tu admettras qu’ils sont nettement moins décousus que ceux de certains de nos amis pas-amis 😉 donc pour illustrer mon commentaire, il m’a semblé que cet extrait-là suffisait largement.

    …plus que cinq jours avant de voir apparaitre le pédagogue ! je te souhaite quand même un heureux Ramadan :-)

  • Le Penseur

    @Hmida
    Pourquoi ne pas avoir titré tout simplement :
    “La dernière obscénité littéraire : lue et vue par un vulgaire twitto marocain”

    @Salvadorali
    A mon sens, utiliser twitter pour parler de littérature est encore plus vulgaire et dégradant que de lire puis raconter les obscénités en question.

  • hmida

    @ Le penseur

    Je ne permettrais jamais de traiter un de mes invités de “vulgaire twitto”, même si c’est un vulgaire penseur qui me le demande!

    Au fait, utiliser les blogs d’autrui pour distiller n’importe quoi n’est-ce pas vulgaire!

  • Le Penseur

    @hmida

    Oui, c’est vulgaire, mais moins que de parler de littérature en twittant.

  • @ Le penseur

    mon cher tu l’auras bien cherchée celle-là 😉

    mais pourquoi t’en prendre ainsi aux éclaireurs de la pensée ? qu’ils twittent ou qu’il bloguent, ça revient au même. je connais une dame, grande spécialiste littéraire de très gros calibre universitaire, qui ne jure que par les revues spécialisées pour tartiner sa science des livres qu’elle dissèque minutieusement, je lui ai un jour suggéré de tenir un blog, elle m’a ri au nez…

    pour ma part je suis reconnaissant à ce twitteur de m’avoir épargné la peine de lire ce roman de MLeftah. les obscénités de ATaïa m’ont largement suffi ;-(

  • Le Penseur

    @Salvadorali

    C’est justement à ce déclin civilisationnel que j’ai voulu faire allusion. Après les facebook, les iPad et toutes les débilités du genre, nous voilà poussés et embarqués par notre cher ami Hmida à un salon littéraire organisé autour de twitter … franchement !?

  • @ le penseur

    entièrement d’accord avec toi sur le déclin civilisationnel, quoique je ne parlerais pas de déclin mais d’aliénation à l’idéal fallacieux de la démocratie électronique. qui fait notamment que tous les propos finissent par équivaloir et que le moindre illuminé puisse se retrouver dans la posture d’un meneur d’opinion voire d’un gourou.

    mais tu vas trop loin en reprochant, ne serait-ce qu’au titre de la provocation malicieuse, à notre ami hmida de relayer les débats qui enflamment les réseaux sociaux.

    sachant que l’important c’est qu’il existe des salons littéraires ouverts aux débats.

    à part ça le problème crucial posé par l’électronisation de la communication humaine, c’est qu’il faut produire de plus en plus d’électricité…

  • Le Penseur

    @Salvadorali

    Tu sais bien qu’il m’arrive parfois d’accuser les gens à tord tout en étant de mauvaise foi :)

  • hmida

    @ salvadorali (ton com n° 16)

    Tu diras de ma part à cette dame qui semble si exceptionnelle que tenir régulièrement un blog sérieux demande une exigence intellectuelle certaine et procure un plaisir infini.

    Ce n’est pas en riant de ta proposition qu’elle fait preuve d’un grand courage intellectuel : elle doit se frotter au bloging et bien sûr aux autres blogueurs avant de porter un jugement de valeur sur cette activité!

  • @ hmida

    j’étais certain que le cas de cette dame te ferait sortir de ta réserve 😉
    j’avoue que j’ai un peu forcé le trait, en négligeant d’autre part que cette personne est menée de l’intérieur d’elle-même par une espèce de conviction idéologique qu’elle prétend militante et qui la pousse à tolérer de prostituer son académisme universitaire à des publications vulgaires à condition que ça soit pour la “cause” ;-( on viendrait donc m’apprendre qu’elle a ouvert un blog ou qu’elle contribue à un autre dont la ligne serait la sienne que ça ne m’étonnerait guère…

    @ le Penseur

    je suis loin d’avoir l’expérience chevronnée de notre api hmida en la matière mais je suis depuis quelques temps séduit par l’idée de réaliser une typologie du trollisme.

    à ce titre je serais tenté de te consacrer une catégorie toute particulière, hors cadre, parce que ce que l’on qualifierait dans ton cas de trollisme est de toute évidence exceptionnel, du fait de la nature si subtile de ta mauvaise foi, entre malice et perversité, courtoisie et imprécations, analyses distanciées et anathèmes à l’emporte-pièce…

    d’ailleurs il suffit de voir comment “le pédagogue” a bien du mal à surenchérir sur ton personnage, ce sont généralement les penseurs qui inspirent les pédagogues, rarement le contraire, ya qu’à voir combien d’émules de Rousseau courent les rues !

    à propos j’ai lu dans un journal très sérieux aujourd’hui que le ministre istiqlalien de l’enseignement a décidé de serrer nettement la vis du contrôle des prestations pédagogiques des écoles privées. fini le bon temps pour les profiteurs les abuseurs et les imposteurs du système on dirait…

  • Le Penseur

    @Salvadorali

    Je suis touché par cet hommage qui m’a poussé à réfléchir puis à penser que finalement je n’ai aucun mérite, puisque mon humour je le tiens de mon maître à penser qui n’est que le regretté Reiser, et plus particulièrement le personnage de “Gros Dégueulasse”, il fut une époque où je connaissais l’album au moindre détail, et qui avait même donné lieu à un film, très touchant je trouve, et dont voici un extrait
    http://www.youtube.com/watch?v=WJ7E6r8awRA

  • @ le Penseur

    de rien pour l’hommage, si c’était à refaire je n’hésiterais pas 😉
    je viens de voir les quinze premières minutes du fil, merci youtube ! quel chef d’oeuvre d’adaptation et de pur cinéma !! d’après des critiques que j’ai lues ici
    http://www.allocine.fr/film/fichefilm-109580/critiques/spectateurs/recentes/
    il paraît que la fin est vaseuse et médiocre. je vais donc voir ça de mes propres yeux.
    en tous cas la séquence de Gros Dégueulasse au Palm Beach au Sénégal est un sommet de grosse dégueulasserie et l’acteur est hallucinant de vérité pour ainsi dire 😉
    du coup je me rends compte que j’oublie à chaque fois de citer reiser lorsque je m’incline devant zola balzac dumas rabelais et compagnie… sans oublier franquin, il était belge mais ça ne fait rien 😉

    PS
    quand même ce film incite à réfléchir sérieusement sur le sort du Sénégal 25 ans après… grosse dégueulasserie, l’impérialisme touristique ;-(