Abdellatif LAROUI (Editons Publisud – mars 2004)
Si vous ne craignez les questions directes qui se posent à nos sociétés arabes, je vous conseille très vivement de lire ce petit ouvrage de 124 pages, suivi d’une bibliographie intéressante.
Partant du constat historique, généralement ignoré sinon occulté, que les arabes ont négligé la technique de l’imprimerie et ses bienfaits pour perpétuer le monopole de ceux qui détiennent le savoir, l’auteur tente d’expliquer pourquoi le monde intellectuel arabe est bloqué.
On peut partager ou non l’analyse de Abdellatif Laroui, mais il n’est pas vain de réfléchir l’incapacité des arabes à réagir aux avancées de l’Occident malgré la très grande percée enregistré par les penseurs et les scientifiques arabes au cours de l’âge d’or de notre civilisation.
Ce blocage de la culture arabe serait dû selon l’auteur à la pauvreté qui frappe nos sociétés, à l’ignorance qui y est entretenue et à la coercition que lui font subir les détenteurs du pouvoir.
Abdellatif Laroui démontre pourtant que les textes sacrés, sur lesquels se basent les tenants de cette situation, avaient ouvert la voie la raison et à la connaissance. Seules les interprétations restrictives ont conduit au blocage intellectuel afin de préserver la suprématie de ceux qui savent !
Comment dès lors sortir de cette impasse ? Selon l’auteur, seules l’éducation et la liberté peuvent y contribuer.
Il faut pour cela d’une part miser sur le capital humain et sur le capital savoir et d’autre art ouvrir nos sociétés notamment en accordant les libertés aux individus, en respectant les droits de l’homme et en revalorisant la condition de la femme.
D’aucuns relégueront ce genre d’ouvrage à la catégorie des évidences, mais il est parfois nécessaire de marteler les évidences pour faire prendre conscience de leur gravité et de l’urgence à apporter pour y palier.
